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 A friend in need is a friend indeed. [F03-086]

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MessageSujet: A friend in need is a friend indeed. [F03-086]   A friend in need is a friend indeed. [F03-086] EmptyLun 27 Mar - 21:24



 
 
A friend in need is a friend indeed
Levée comme à son habitude à une heure matinale, quarante-quatre est hors de son lit, prête à passer une autre journée dans la ruche. Elle avait appris à détester rester dans son lit pour ruminer tout ce qui lui trottait dans le fond de sa tête. Le fait de se poser des questions n’était pas une bonne chose à faire et elle l’avait appris à ses dépends. La seule fois où elle se permettait de telles rêveries, c’était quand elle se glissait sur l’un des fauteuils de la salle commune afin de laisser sa créativité opérer dans les pages vierges de son journal. Au fil des jours, elle avait rempli ces pages incolores et tristes pour les remplacer pas toutes sortes de choses différentes. Des portraits réalistes de ses congénères, des théories folles sur ce qu’elle pensait qu’il se passait ici, le nombre de jours qu’elle avait passé ici, les choses qu’elle avait vécu où encore ce qu’elle pensait pouvoir se rappeler de sa vie antérieure. C’était une mine d’or, pour elle. Elle ne voulait pas le perdre ou même le délaisser parce qu’elle avait beaucoup investi de temps et d’imagination, dans le fond de ces pages autrefois déprimantes. Maintenant, elle apprenait à mieux se contrôler et à laisser ses pensées sombres pour elle seule, souvent quand elle était certaine de ne pas avoir a agressé d’autres personnes. Elle soupira légèrement, tandis qu’elle senti l’eau chaude couler sur son corps. Elle ne mettait jamais longtemps dans la douche. Bien trop empressée de sortir. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle détestait rester des heures enfermé dedans, parce qu’elle avait l’horrible impression qu’ils pouvaient la voir, même dessous. Elle ne savait pas si cette hypothèse était vraie ou non, alors dans le doute, elle prenait des précautions, aussi maigres soient-elles.

Sortant de la douche quand elle jugea qu’elle fut restée assez longtemps pour être convenablement réveillée, elle s’enroula dans une serviette, alors qu’elle glissa sa main le long du miroir afin d’y effacer la buée qui s’y était réfugiée. Parfois, elle se surprenait même à dessiner des trucs à travers la buée. Ca la faisait toujours sourire d’y donner la forme d’un sourire, ou quelle qu’autre chose adorable. Elle esquissa un fin sourire en repensant à cela, tandis qu’elle se dirigea vers sa chambre pour se vêtir des nouveaux vêtements qui venaient d’apparaître sur son lit comme par magie. Elle s’était toujours posé des questions quant à leur apparition et leur disparition, mais elle avait fini par trouver un jour réponse à ses questions qui semblaient toutes rester en suspend. Elle leva les yeux au plafond, délaissant ces interrogations.

Elle traversa le long couloir du niveau six, abandonnant son cher journal sous son matelas. Elle pris l’ascenseur, trop feignante de grimper le peu d’escaliers qui la menaient à l’espace vert. Elle n’était jamais venue à cet endroit. Certains disaient que c’était la « pièce » qu’ils aimaient le plus et qui semblait totalement être sortie de son contexte. Elle n’avait pas encore ce dont ils devaient parler, parce qu’elle n’était pas impression par la verdure qui pouvait s’y trouver. Néanmoins, elle était une personne qui aimait découvrir de nouvelles choses et pour une enquêtrice comme elle, il fallait qu’elle connaisse tous les recoins de la Ruche, si elle comptait un jour pouvoir trouver un moyen de s’en aller. Alors quand les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur l’espace vert, elle entra doucement, laissant son regard circuler dans la pièce de façon attentive. Elle voyait une espèce de jardin de plantation, vers le haut droit, tandis qu’une serre et un immense jardin remplissait le reste de l’espace. C’était joli, ils n’avaient menti. Elle ferma un instant les yeux, inspirant l’air qui semblait avoir changé soudainement. Il avait… de la fraîcheur. Et qu’est-ce que c’était au plafond ? De la lumière artificielle ? Ca ressemblait tellement à une échappatoire. C’était tellement trompeur, qu’elle se serait sans doute laissée emportée par l’ambiance séductrice que l’ensemble pouvait avoir. Elle garda quand même en temps que ce n’était pas réel, tout ça. Pas plus que ne l’étaient ce jardin vert parfaitement bien entretenu, ou cette bouffée d’air frais qu’elle avait l’impression de respirer. Un petit gémissement de douleur, lui sembla t’elle, la tira de sa rêverie. Dans le fond de la pièce, elle n’avait même pas remarqué la présence de la jeune brune qui venait de sortir de la serrer. Elle semblait s’être blessée avec la pelle, si elle en jugeait pas la situation. Elle se pressa de venir à sa hauteur pour l’aider. « Est-ce que ça va ? Tu t’es pas ouvert quelque chose, j’espère ? »

 
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed. [F03-086]   A friend in need is a friend indeed. [F03-086] EmptySam 29 Avr - 13:15

On cherche toujours une raison, à tout. Un “pourquoi” qui menace de franchir nos lèvres à chaque choix que nous faisons, à chaque chose qui nous échappe. Ne pas comprendre. Est-ce la crainte de tout Homme ? Pourquoi le serait-ce ? Pourquoi tout devrait il avoir un sens ? Avons-nous seulement raison de demander ? Ne vaudrait-il pas mieux rester dans l’ignorance ? Après tout ne dit-on pas que toutes les vérités ne sont pas bonne à entendre. Pourquoi ces soudaines interrogations ? A cause d’un simple “pourquoi” murmuré à son oreille. Un pourquoi qui restera sans réponse n’ayant nul fondement. Les pieds enfonçaient dans la sol, elle sale cette terre sans vie. Sans raison, sans “parce que”. Elle pleure en tout simplicité.

De sa main droite elle retourne la terre à l’aide d’une petite pelle. Certains crient de rage, cherchent la confrontation ou enfoncent leur poing dans le mur. Elle, elle pleure. Elle en a honte, elle se dégoûte. Comme si ces larmes étaient la preuve ultime de son incapacité à gérer la situation. A demeurer cet être faible que lui renvoie le miroir chaque matin. Un teint maladif avec des yeux craintifs et un corps frêle. Elle renifle avec mépris à cette simple pensée. Elle ne veut pas être cette personne qui a un mal fou à dire non, celle qui veut prendre la fuite dès qu’on élève la voix. Elle admire tellement la force des autres, cette confiance qu’elle voit dans leurs yeux. Ils n’ont pas peur ou tout du moins pas comme elle. Chaque seconde elle hésite, elle tremble de vivre. Elle ne veut pas être cette femme là, cette gamine. Car c’est ainsi qu’elle se voit : une enfant terrifiée par ceux qui l’entourent. Elle est paralysée par ses peurs, spectatrice des choix des autres. Elle n’est pas dupe pour autant. Dans ce labyrinthe qu’est leur vie les numérotés se trompent parfois d'embranchement, tombent, se blessent mais pour la plupart se relèvent. Elle ne peut même pas dire qu’elle a chuté, elle est toujours immobile à l’entrée du labyrinthe. Hésitante, craintive et apeurée. Elle patiente, elle attend. Qui ? Quoi ? Elle ne sait pas et parfois ne veut même plus savoir. Aussi vient-elle se réfugier dans le seul lieu de la ruche qui lui semble un brin rassurant. Il lui est familier ce qui explique certainement cette sensation. Un souvenir écrit à la craie si facilement épongé que ne reste que les émotions. Un passé auquel elle se raccroche, espérant y découvrir les raisons à celle qu’elle est. Et peut-être, peut-être à ce moment là pourra t’elle avancer.

Sa main s’agite avec efficacité tandis que son esprit s’emmêlent dans ses idées. Son corps essaie de mettre de l’ordre, retirant les mauvaises herbes pour laisser la place aux bonnes tandis que son esprit retient ses sombres pensées en rejetant toutes les autres. Le corps et l’esprit, l’ordre et le chaos, l’un compensant l’autre. Quatre-vingt-six relève la tête en reniflant et s'essuie les yeux d’un geste brusque. Quelles idées stupides. Quel lieu à la con. Heureusement elle est seule et personne n’assiste à sa pitoyable prestation. Cette idée la frappe alors, elle est seule. Sa main se referme avec davantage de fermeté sur la poignée en bois de la pelle, elle lève haut l’outil et l’abaisse avec rapidité vers ce sol qu’elle chérissait tant il y a encore quelques secondes. Elle poignarde encore et encore cette terre qui lui rappelle bien trop ce qu’elle n’a plus, ce qu’elle ne connaîtra peut-être jamais plus. Elle gémit. La sol se met à saigner. Paralysé, elle admire cette couleur si puissante, si vitale. Sa main droite relâche la pelle qui goutte encore avant de se tendre vers sa jumelle. Elle appuie sur la plaie cherchant à arrêter le flux, son corps agit par instinct. Quatre-vingt-six, elle, est bien loin déjà, des années en arrière pour tout dire. C’est la douleur qui la ramène à l’instant présent et une longue plainte résonne en elle. Elle a l’impression d’étouffer, qu’elle ne pourra plus jamais respirer. Sa vision est tachetée d’encre noire. La vue de ce sang, son sang, la rend encore plus craintive et terrifiée qu’elle ne l’est habituellement. Elle a cette sensation inexplicable qu’elle va mourir si elle ne bouge pas rapidement. Des bruits de pas lui font tourner la tête vers l’extérieur de la serre lui promettant un échappatoire. Elle avance chancelante vers l’inconnue avec l’impression de marcher au bord d’un toit. Arrivé à sa hauteur, elle baisse la tête vers ses mains. Enlacés l’une avec l’autre, la coagulation semble se faire progressivement mais le liquide s'accroche à sa peau faisant remonter bien trop de souvenir qu’elle ne peut supporter. Ca fait un moment qu’elle a abandonné l’idée de retenir ses larmes, sa fierté n’est plus à ça prêt de toute façon. Aussi se contente t’elle d’énoncer à l’orale une simple constatation. “Je.. saigne”. Le silence se fait. Un temps pour elle, pour se ressaisir peut-être ? Dans un sursaut de courage, elle redresse la tête allant à la rencontre de cette inconnue. “Tu.. tu vas m’aider ?”. C’est davantage une supplique qu’une question et la voix tremblante qui l’accompagne ne laisse pas de doute planer.
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