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 And now I'm covered in the colors [H03-909]

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Qui es-tu petite abeille?

MessageSujet: And now I'm covered in the colors [H03-909]   Mer 29 Mar - 20:37

Quatre-vingt-six ouvre le robinet, passe sa main sous le jet pour en vérifier la température puis se tourne vers son camarade. L’Artiste est avec elle dans sa salle de bain. Du coin de l’oeil elle l’épie cherchant encore à comprendre les raisons qui l’ont poussé à la suivre. Son corps est une oeuvre vivante, ses tatouages s’animent à chacun de ses mouvements. Même lorsqu’il ne la regarde pas il l’observe de ses multiples yeux qui s’attachent à sa peau. Dès le départ ils ont attiré son attention, les formes l’ont fasciné et il lui a fallu toute sa volonté pour se retenir d’en dessiner les contours. Là encore elle les fixe avec attention cherchant à les mémoriser. Après tout peut-être va t’elle se découvrir un talent en peinture, ça lui sera alors bien utile d’avoir une idée de ce qu’elle veut dessiner. A contre-coeur elle détourne le regard consciente de le dévisager depuis bien trop longtemps. La baignoire est remplie à mi-hauteur, il est temps de se décider. “Tu as une préférence ?” Questionne t’elle en désignant du menton les différentes boites de teinture.

Plus tôt dans la journée elle a pris sa décision, elle ne pouvait plus supporter cette abondance de blanc. Elle s’est donc rendue à l’air de jeu à la recherche de peinture et pinceau. Malgré la peur qui lui retournait l’estomac elle s’était décidée à enfreindre le règlement : les murs de sa chambre allaient prendre vie. Les rumeurs qu’elle avait entendu ne l’en laissait pas moins craintive. On parlait d’abeille qui disparaissait sans raison, de bras robotique venant cueillir les rebelles et d’une prison. Rien de bien réjouissant. Pourtant ça en vallait le coup, elle en était convaincue. Elle avait besoin de s’approprier sa chambre, d’y apposer sa marque et cette règle ridicule ne l’en empêcherait pas plus longtemps. Une bonne partie de la matinée s’était écoulée tandis qu’elle fouillait le moindre recoin de ce niveau mais les trouvailles qu’elle fit changèrent ses plans : des boîtes de pigment et des feutres pour textiles. C’était encore mieux que tout ce qu’elle avait pu espérer. Enfin elle allait pouvoir porter autre chose que ce maudit blanc. Certe elle attirerait l’attention au milieu des autres mais au moins elle aurait le contrôle sur ce qu’elle porterait. Pour ce qui est des coupes de vêtements elle pourrait toujours utiliser la lame de rasoir pour donner différentes formes à ses habits. A partir de cet instant le sourire n’avait plus quitté ses lèvres. Elle reprenait le contrôle, enfin. Une pile s’était rapidement formée, elle entassait toutes les boîtes de teinture qu’elle trouvait dans deux de ses pulls, transformés en sac à main avec la seule aide d’une lame de rasoir. Une fois les étagères dévalisées elle avait ajouté quelques pinceaux et tubes de peinture au cas où elle vienne à trouver le courage de passer à l’acte. C’est sur le chemin du retour qu’elle l’avait croisé, il l’avait intercepté alors qu’elle était dans le couloir du niveau dix. Il faut reconnaître qu’elle pouvait difficilement passer inaperçu : les boîtes de teintures s'empilaient jusque sous son menton. Après avoir répondu à ses questions, non sans hésitation, il lui avait demandé s’il pouvait se joindre à elle. Elle avait accepté satisfaite d’avoir un peu de compagnie. Elle était rentrée dans son logement tandis qu’il retournait au sien chercher ses vêtements. Quatre-vingt-six avait profité de ce temps pour sortir de son sac une boite de chaque couleur qu’elle avait déposé sur le sol de la salle de bain. Celles qui lui restaient avait terminé avec les sacs sous son lit, une cachette bien prévisible mais ça suffirait jusqu’à ce qu’elle trouve mieux. Elle se demandait encore ce qui lui était passé par la tête. Pourquoi en prendre autant ? Sans doute la crainte d’être privé de ces couleurs qui la rassurait tant. Un trésor qu’elle comptait bien protéger. Elle n’était pas là depuis assez longtemps pour savoir si tous les objets à leur disposition était renouvelé. Autant assurer ses arrières en détenant le stock de pigment, elle ne se voyait pas y renoncer alors qu’elle venait tout juste d’en découvrir l’existence. Par contre partager ne la dérangeait pas aussi accueillit-elle avec un sourire le jeune homme lorsqu’il franchit la porte. Ses colocataires semblaient être sortis à moins qu'ils ne soient enfermés dans leur chambre. Quoi qu'il en soit, ils ne seraient pas dérangés.

Après avoir fermé le robinet, elle reporta son regard sur lui. “Prêt ?” Son visage s’éclaira d’un sourire impatient. Elle se décala pour lui laisser la place de mettre le produit. De son côté elle regroupait le linge prête à le mettre dans l’eau, un habit après l’autre. Pour patienter le temps de la coloration elle avait déjà tout prévu. Quelques cahiers et tubes de peinture patientaient dans un coin de la pièce. Elle avait déjà une bonne idée de ce qu’elle allait tenter de peintre, son regard dévia vers son acolyte dont elle examina une énième fois les tatouages."Tu voudras bien me laisser peindre tes tatouages ?"
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MessageSujet: Re: And now I'm covered in the colors [H03-909]   Mer 5 Avr - 15:29

And now I'm covered in the colors F03-086 & H03-909 Entourloupe. Qu’est-ce que c’était que ce mot ? Pourquoi est-ce qu’il m’était venu à l’esprit en voyant cette fille, les bras chargés de peinture, de feutres et d’un tas de bazar qui semblait venir de l’aire de jeux ? Bref, quand je l’avais vu avec tout ça dans les couloirs, je sortais de mon appartement, j’allais pour prendre l’ascenseur et aller dans le jardin pour voir autre chose que ce blanc omniprésent, on s’était arrêté tous les deux, elle devait probablement s’attende à ce que je l’arrête ou peut-être que je la dénonce, moi je restais là, essayant de comprendre ce qu’elle faisait avec ça. Et puis rapidement j’avais vu les couleurs, les pinceaux, dans ce qui semblait être des sacs avec des hauts déchirés, est-ce qu’elle avait dans l’idée de dégrader les lieux ? Est-ce qu’elle volait juste des couleurs pour se rassurer, ce que je ne trouvais pas autant bizarre que cela sonnait ? Quoi qu’il en soit, je n’allais sûrement pas la dénoncé. Non, à présent je me trouvais à ses côtés, dans sa salle de bain, avec une pile de vêtements propres dans les bras, prêt à les jeter dans la baignoire en même temps que la teinture qu’elle allait y mettre. En à peines quelques questions, j’avais fini par la suivre, totalement séduit par l’idée de pouvoir échapper un peu au blanc. C’était très séduisant, bien que dangereux, du moins, je me doutais qu’on risquait quelques problèmes, et étant donné qu’elle m’avait rapidement expliqué qu’elle voulait mettre un peu de couleur sur les murs. Ça, je me doutais bien que ce serait un gros souci, ça, c’était considéré comme une dégradation des locaux. Sauf que je n’avais pas peur. Enfin, ça me faisait peur, mais rester dans le blanc était bien plus terrifiant que le reste. Je finis donc par jeter mes vêtements dans la baignoire et regardais les boîtes de teinture avec un peu plus d’attention, essayant d’évaluer avec quelles couleurs je voulais me balader sur le dos. Lorsque je me tournais vers ma partenaire de coloriage, j’avais un large sourire sur les lèvres.

« Et si on les mettait toutes ? Ça peut faire un truc chouette, je suis sûr. Et puis, au moins, même si d’autres auront eu cette idée avant nous, on est sûr que personne n’aura notre look. »

Honnêtement, je m’en foutais du look que je pouvais avoir, ce qui me plaisait surtout c’était d’avoir plein de couleur sur le dos, surtout qu’avec le mélange des couleurs, avec ce blanc, ça pouvait rendre un truc plutôt artistique. Je ne savais pas trop pourquoi ça m’intéressait ce mélange, depuis que j’étais arrivé et que j’avais découvert l’existence de l’aire de jeux et que quelqu’un se mettait à peindre ou à dessiner, je ne pouvais m’empêcher de les observer, discrètement aussi, parce que je pouvais passer pour un psychopathe. C’était étrange, peut-être un relent de ma vie, ou une nouvelle passion qui était en train de naître dans cet endroit confiné. Quoi qu’il en soit, je pris les mains de 086 les boîtes de teindre et les ouvrit toutes pour les verser dans la baignoire, essayant de bien les étendre sur tout le linge. Je la laissais mettre le sien lentement, l’un après l’autre, ne pouvant m’empêcher de sourire à cette différence, moi qui jette tout en même temps et elle qui prend le temps de bien mettre chaque vêtement son tour dans l’eau. Est-ce que c’était une différence commune chez les hommes et les femmes ? En tout cas, ça m’amuser. Puis, à sa question, je retournais la tête vers elle, haussant un sourcil de surprise. En partie parce que j’avais un peu tendance à oublier que les autres pouvaient aussi voir mes tatouages, qu’ils n’étaient pas le fruit de mon imagination et qu’ils étaient bien réels, mais aussi parce qu’elle me demandait mon autorisation.

« Ouais, bien sûr, ne te gêne pas. Tu peux dessiner ce que tu veux. Si jamais tu veux que j’enlève le pull, dis le moi. »

J’étais en train de découvrir que je n’avais pas vraiment la notion de la pudeur. Alors que d’autres seraient gêné d’avoir des regards sur eux, de se mettre torse nu devant des inconnues, ça n’était absolument pas mon cas. Et vraiment. Il pouvait me demander de me mettre complètement à poil pour me dessiner, je n’en rougirais même pas, je n’en serais même pas ému. Je devais vraiment avoir un truc qui ne tournait pas rond. Bref, je m’asseyais sur le bord de la baignoire en observant notre mixture avec une moue sur le bord des lèvres.

« Il nous faudrait quelque chose pour touiller un peu, tu crois pas ? Ou alors touiller ferait un gros mélange vraiment moche… Non, faut peut-être laisser comme ça… »

J’avais parlé pour moi-même en réalité, les yeux rivés sur les teintures qui flottaient à la surface de l’eau et des vêtements qui faisaient de même, ne noyant bientôt dans ce liquide étrange, mais que je trouvais superbe. A tel point que j’avais envie de plonger les mains dedans pour toucher les textures, pour voir ce que ça faisait sur la peau, tout en sachant que c’était dangereux pour la peau. A la place, je finis par m’éloigner de la baignoire et me rapprocher de 086 pour m’asseoir sur le sol et attraper un des cahiers qu’elle avait laissé pour nous. Autant ça m’intéressait de voir les gens dessiner et peindre, autant je n’étais pas plus emballé que ça moi-même de le faire. Je préférais finalement posé le cahier sur mes cuisses pour reporter toute mon attention sur elle.

« Et sinon, tu dessines souvent ? Tu sens que tu as la fibre artistique ? »
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MessageSujet: Re: And now I'm covered in the colors [H03-909]   Mer 5 Juil - 15:05

Au départ dubitative, elle était maintenant assez satisfaite de la façon dont se mêlaient les couleurs. Elle avait au préalable espéré une couleur unie mais n’était pas plus troublé que cela de ses futurs vêtements multicouleurs. Ils seraient uniques comme l’avait si justement fait remarquer 909. De toute façon ils allaient forcément sortir du lot donc autant ne pas y aller par quatre chemins. Dans cet univers où tout se devait d’être uniforme, un semblant d'excentricité ferait le plus grand bien. Tout valait mieux que ce blanc omniprésent.

Son attention se reporta rapidement sur son compagnon auquel elle offrit un grand sourire en l’entendant accepter sa requête. Elle s’abstint cependant de répondre à sa proposition se contentant de le fixer avec insistance. Elle ne savait trop dire ce qui la dérangeait. Serait-elle intimidée ? Gênée ? Tout était possible. Lui semblait totalement dans son élément, affichant une décontraction contagieuse. Aussi écarta-t-elle cette impression et finit-elle par acquiescer de la tête. “Ce serait plus simple, oui”. Un peu plus tard, elle ajouta un timide “merci”.

Elle le regardait se perdre dans les méandres de ses pensées, toujours aussi fasciné par lui. Lorsqu’il revint vers elle, son regard s’accrocha au crâne qui prenait naissance sur le dos de sa main gauche. Il semblait appartenir à un tout plus important. Sa curiosité était piquée, elle n’avait plus qu’une hâte : découvrir quels autres secrets se cachaient sous ce pull. Sans attendre qu’il soit torse nu, elle attrapa un pinceau qu’elle trempa dans un flacon bleu marine. D’un mouvement maladroit elle se mit à tracer les premiers traits de ce qui devrait finir par ressembler à un crâne. Les yeux sur son cahier, elle était trop concentré pour prendre davantage de temps que de balbutier quelques mots rapides en réponse à sa question. “Heu..je ne sais pas trop. En fait c’est la première fois que j’essaie”. Elle s'interrompit quelques instants, le temps qu’il finisse de retirer son pull et que sa main lui soit à nouveau visible. Mais la vue de son torse changea ses plans.

La tentation était trop grande. Elle posa sa main sur son sternum et retraça les traits de la rose qui s’y trouvait. Elle n’oublia aucun pétale et quand elle en eut terminé avec eux, ses yeux se portèrent sur son bras gauche. Elle attrapa son poignet et dessina du doigt les formes incrustées dans sa peau. Il n’y avait plus de gène, elle ne le voyait plus comme un homme mais comme une oeuvre à part entière. Bien qu’elle caresse sa peau avec douceur cela ne se voulait pas sensuel et cette pensée ne lui vint même pas à l’esprit. Elle admirait simplement ce jeu de forme cherchant à en mémoriser le tracer. Une fois arrivée aux oiseaux elle s’arrêta un instant pour admirer leur envol. Puis elle fit le chemin inverse et positionna sa main de façon à avoir un meilleur visuel de son tatouage. “Tu es beau.. enfin non je veux dire tes tatouages sont beaux.. non pas que tu ne le sois pas toi aussi mais.. enfin tu m’as compris”. Termina-t-elle avec un sourire contrit. Voilà qu’elle était à nouveau mal à l’aise, aussi préféra-t-elle se réfugier dans la peinture, instaurant par la même occasion un silence. Penchée sur son cahier, elle ne se permit que quelques coups d’oeil rapide à la main de 909.

Progressivement de simples traits on passa à une forme plus complexe et profonde. Elle n’en fut néanmoins pas satisfaite et une moue dubitative et déçue s’empara de ses lèvres. “Bah il faut croire que je n’ai pas de talent caché en peinture”. Elle retourna son cahier de façon à lui présenter son essai. Elle l’observait avec attention cherchant l’instant où il se moquerait d’elle. Elle avait tout à fait conscience de ce que ça valait et ne se faisait aucune illusion mais le voir le confirmer abruptement ou au contraire chercher ses mots avec embarras ne la tentait pas spécialement. Autant le prendre de vitesse en prenant ça à la rigolade. Elle macula ses doigts de peinture. “En fait, si, je suis douée ! C’était pas le bon support, c’est tout.” Armée d’un sourire taquin elle passait au-dessus des tatouages de son bras les recouvrant d’un pâté de peinture. “Regarde-moi ça et ose me dire que ce n’est pas magnifique”. De son autre main elle retenait son poignet l’empêchant de s’échapper. Aussi vite qu’elle put, elle ouvrit plusieurs autres flacons, en renversant quelques-uns dans sa précipitation. Elle s’accroupit et en profita pour se rapprocher de lui. Avec de grands gestes, elle traça de large boucle sur son torse pour former un “909”. “Splendide !” S’exclama-t-elle en rigolant. Peut-être avait elle légèrement exagéré. Peut-être se braquerai-t-il. A moins qu’il ne rentre dans son jeu enfantin. C’est ce qu’elle espérait en tout cas. Elle avait besoin de se détendre, de façon aussi puérile cela puisse être.
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MessageSujet: Re: And now I'm covered in the colors [H03-909]   Dim 23 Juil - 7:24

And now I'm covered in the colors F03-086 & H03-909Après qu’elle ait confirmé, timidement, qu’elle voulait que j’enlève mon pull, je souris et m’exécutais sans attendre, ne sachant pas encore exactement comment elle allait réagir en voyant les tatouages sur mon torse. Autant j’avais été assez choqué quand j’avais découvert tout ce que j’avais sur la peau, enfin, pas tant que ça, mais un peu quand même puisqu’à mon réveil dans la salle vide et blanche, mon regard s’était posé assez vite sur mes mains et sur mes avant bras, autant je ne savais pas la tête qu’allait faire les gens en les découvrant. Après tout, il y avait de quoi être choqué, du moins à mon sens, surtout avec les armes enlacées sur mon sternum, elles pouvaient signifiées tout et son contraire, on pourrait se mettre à penser que j’étais quelqu’un de dangereux. Et peut-être que j’avais dû l’être. Oui, dû, parce que même si cela ne faisait que quelques jours que j’étais dans cet endroit étrange, si j’avais bien compris une chose sur moi, c’était que je n’avais pas une once de méchanceté. J’étais même plutôt le contraire. Qu’est-ce que ces armes voulaient bien dire, je n’en avais pas la moindre idée… Peut-être que j’avais seulement trouvé cela joli. Les goûts et les couleurs, tout ça tout ça. Ainsi donc torse nu, à nouveau appuyé contre la baignoire, ayant à peine frissonné au contact froid de la surface, je continuais de l’observer dessiner, mon cahier dans les mains. Je ne savais vraiment pas quoi en faire. Si visiblement j’aimais qu’on me dessine sur la peau, je n’avais pas du tout cette fibre du dessin en moi. Je trouvais mes tatouages très beaux, en plus de m’intrigué du fait de ne pas savoir leur signification, mais les reproduire ou tout simplement créer des images, je n’y arrivais pas. Dans mon esprit, ça avait du mal à ne serait-ce qu’être une ébauche de pensée. Tout ce que je voyais en regardant ce cahier, c’était les pages blanches et rien d’autre.

J’étais donc torse nu, mais le regard de mon comparse changea complètement. Tout ce que j’avais craint. Enfin, jusqu’à ce qu’elle pose la main sur mon sternum, contact auquel je ne m’étais pas attendu. Sauf que je ne la repoussais pas, je n’eus pas non plus un mouvement de recul. Juste… je ne m’y étais pas attendu. J’aurais peut-être dû lui dire de freiner un peu, quelques minutes auparavant, on ne se connaissait pas, et elle me touchait comme ça sans gêne. Sauf que. Sauf que je n’éprouvais là non plus aucune gêne. Vraiment aucune. A croire que j’avais l’habitude que ce genre de choses arrive. Docilement, je la laissais donc passer ses doigts sur la rose sur mon torse, puis mon poignet, et presque tous mes tatouages y passèrent. Il fallait croire qu’elle était aussi intriguée par mes tatouages que moi. Peut-être que nous n’étions pas nombreux à en avoir autant. Ou peut-être que j’étais le seul à m’offrir ainsi comme ça, peut-être un peu trop facilement.
A ses compliments, je souris, même si elle était en train de s’emmêler toute seule dans le seul but de ne pas créer d’ambiguïté dans ses propos et dans ces gestes. Ce qui ne m’était absolument pas venu à l’esprit à vrai dire, même si j’avais été surpris par son contact au début, ça ne m’avait pas posé de problème. 086 semblait honteuse de ses actes puisqu’elle me lâchait presque aussitôt après ses compliments pour reprendre son cahier et sa peinture. Haussant un sourcil, je l’observais sans trop comprendre cette fois-ci.

« Hé, t’inquiète pas, ça va. Oui, je t’ai comprise, et je te remercie. Pour les tatouages et pour moi. Il ne faut pas que tu te sentes gênée. Enfin, je veux dire, tu as le droit de les trouver beaux, tu peux les touché aussi, tant que tu ne cherches pas à me les voler, ça me va ! »

C’était de l’humour. J’essayais. J’avais ce besoin de la rassurer et de lui faire comprendre qu’elle n’avait pas à se brider avec moi. Je ne comprenais rien quand à cet endroit, qu’est-ce que c’était, pourquoi on était là, qu’est-ce qu’on avait fait, est-ce que c’était bien réel, mais je voulais aider. Quoi que l’on fasse ici, je ne voulais pas rester ici sans rien faire. Or, en quelques jours, j’avais eu l’occasion de voir que beaucoup de gens étaient abattus, avaient besoin de sourire, de rire, de se sentir soutenu. Et j’avais envie d’être là pour eux. C’était ma façon à moi de ne pas me poser trop de questions, de me sentir utile. C’était aussi simple que ça, j’avais envie de faire sourire les gens. C’était une envie naturelle. Ça et mettre de la couleur. J’ignorais pourquoi le blanc m’angoissait de cette façon, et elle venait tout simplement de me tendre une perche pour stopper cette angoisse en me proposant de mettre de la couleur, sur au moins nos vêtements. Alors autant la remercier à la mettant la plus à l’aise possible.
Du coin de l’œil, je voyais qu’elle avançait tout doucement dans sa peinture, de ce que j’avais cru comprendre, elle essayait de reproduire le crâne tatoué sur ma main. Je penchais et tournais la tête pour voir un peu mieux ses traits chaque fois qu’elle passait le pinceau sur la feuille de papier, mais quand elle me montra le résultat, en reconnaissant elle-même que ce n’était pas terrible, je fis la moue en continuant d’observer le résultat, de haut en bas, de gauche à droite, en le mettant à l’envers, puis à nouveau à l’endroit. Le but était bien évidemment de la faire et absolument pas de la vexer. Au bout de quelques minutes, je relevais le regard vers elle pour finalement répondre avec un grand sourire :

« On va dire que c’est de l’art abstrait ! »

J’avais à peine le temps de finir ma phrase que 086 avait prit de la peinture pour la mettre au final sur mon bras. J’ouvris de grands yeux sur le moment en ne réalisant pas tout de suite ce qu’elle venait de faire, je supposais qu’il fallait s’y attendre en fait, et rapidement je dû me rendre à l’évidence qu’elle m’avait fait prisonnier et que c’était bel et bien sur moi qu’elle allait peindre ! Je ne me débattis pas vraiment, juste histoire de dire, attendant de voir ce qu’elle allait faire maintenant. Et bien soit, ce serait moi sa toile ! Je n’aurais plus qu’à prendre une bonne douche après ça, ce n’était pas grave. Quand elle commença à peindre sur mon torse, je gigotais à ce contact avec la peinture et ses doigts. Apparemment, je pouvais être chatouilleux. Quand elle eut fini, je penchais la tête avant d’éclater de rire et de relever les yeux sur elle.

« Je suppose que c’est à mon tour maintenant ! »

Me détâchant de sa prise toujours en riant, j’attrapais de la peinture aussi pour en mettre sur mes mains et venir, doucement, je ne voulais pas non plus être brusque, lui peindre sur la joue droite un 8, puis sur la joue gauche un 6. Je l’observais un petit moment avant de rajouter sur son front un 0, histoire qu’elle ait ses trois chiffres. Voilà, j’étais fier de moi, même si j’avais écris à l’arrache et que j’en avais plein les doigts. Match nul.

« Le support humain, y a pas à dire, c’est le meilleur. »
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Pour les curieux:
 

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MessageSujet: Re: And now I'm covered in the colors [H03-909]   

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