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 “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)

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MessageSujet: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Mer 29 Mar - 21:20

“Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” - Benoît Gagnon
H03-271 & H02-494
Ses pas sont rapides, peu maîtrisés dans les couloirs où il ne cesse de bousculer les âmes vagabondes qu'il y croise. Il évite sciemment leurs regards étonnés et curieux. Jugement dont il ne veut pas être le témoin silencieux à ne savoir quoi répondre. Frasque de sa folie qu'il traîne avec lui comme un animal meurtri. Son poing serré qu'il tient fermement au point de n'en faire couler que davantage l'hémoglobine venant s'en écouler. La vitae qu'il laisse s'échapper de son corps sans se soucier du chemin qu'à petites gouttes il laisse derrière lui. Protestation face à cette blancheur le rendant déjà malade après à peine quelques heures. Trop de secondes comptées sans arriver à s'émanciper de la réalité imposée au réveil. Un monde dont il n'a pas le souvenir. Pas de nom auquel s'accrocher ni même d'existence à pouvoir se rappeler dans la masse brumeuse de son esprit. Rien de plus que ce même néant s'étendant à perte de vue devant son regard paniqué. Le plancher il ne cesse de fixer pour ne pas voir le monde qui l'entoure. Les couloirs qu'il a arpenté sans se retourner pour voir le fantôme le suivant comme son ombre. Spectre de la vérité il tente de le fuir sans y arriver. Pas depuis qu'il a infligé à sa chaire le tourment de se voir scindée dans sa perfection. Il a cherché un moment pour trouver l'arme au crime trop parfait. L'outil de destruction pour lui confirmer le fruit des palpitations emportée en son torse. Un cœur battant bien trop vite pour un simple songe où il se croit coincé. C'est tout ce qu'il aspire valider de son geste fort probablement désespéré. Une pelle trouvée dans le jardin où il a égaré ses pas après plusieurs minutes. Le métal glacé s'enfonçant sans retenue dans sa peau rapidement de carmin noyé. Sa tête refusant de croire à la douleur lui assaillant la main, le bras. Pourtant elle est bien présente cette aberration qu'il a de son propre chef laissé noyer ses cellules mortes qu'il tente de contenir de s’échapper.

Le crime parfait dont on ne peut que le blâmer. Voilà donc ce que sa tête a décidé de réaliser en guise de bienvenue dans cet endroit. La ruche c'est tout ce qu'il en sait. Ce nom et celui qui visiblement lui a été attitré. Une simple suite de chiffres qu'il peine déjà a se remémorer, car ça ne lui importait pas. Il a cru au rêve comme on aspire oublier le cauchemar. Rien de plus qu'une rêverie dont il va s'échapper. C'est ce qu'il a cru ce pauvre oiseau perdu. La réalisé est toute autre lui affirme son aile nouvellement meurtrie. La douleur est bien réelle, ne semblant en rien encline à le libérer. Souffle saccadé du besoin de se calmer vociférant sa plainte cruelle dans son être tremblant de la peur, de la terreur. Elle s'impose tel l'astre solaire le matin venu. Sans donner le choix de conserver ce calme irréel qu'il a pourtant tenter de préserver. Rien n'y fait à cet instant où il marche pour trouver ce que ce vulgaire morceau de papier a présenté comme un sanctuaire. Espace pour se reposer comme la chose semble l'indiquer. Repaire pour la solitude qu'il a besoin d'embrasser comme il l'espère. Bien trop fort probablement. Au point d'en perdre repaires et équilibre lorsque bien involontairement sa masse frissonnante heurta de plein fouet un individus si près du but.

Il n'arrive à parler ou ouvrir la bouche devant le spectacle qu'il semble voir pour la première fois. Sang ruisselant sur le blanc de ses vêtements en s'échappant de sa main blessée. Sa main bien trop profondément entaillée qu'il tient contre lui pour la protéger. Regard posé sur l'inconnu auprès duquel il n'arrive à s'excuser. Lèvres entrouvertes en un appel désespéré qu'il n'arrive à formuler. Trop jeune encore dans la maison mère où il a été lancé sans rien de plus que quelques indications pour le guider.
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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Ven 31 Mar - 23:15



☣ Le sang humain est
le ciment de l’autel de la liberté ☣


Un mois que j'étais dans la Ruche, un mois que j'arpentais ces couloirs blancs si semblables les uns autres, ces salles où l'ennui menaçait de me perdre. Chaque jour trouver quelque chose à faire, une occupation pour ne pas s'enliser dans la déprime, pour ne pas s'ankyloser dans la noirceur de notre âme si âme on avait encore en l'absence des souvenirs qui devaient autrefois nous habiter. J'avais pensé trouver une évasion dans les livres mais leur blancheur immuable m'avait laissé un amer goût en bouche et pas même la salle commune n'avait su m'éveiller si ce n'est ce piano qui avait répondu sous mes doigts des mélodies tant connues et sans doute mainte fois répétées. Je n'étais pas un homme prêt à rester dans un coin en fixant le mur et à attendre que les jours passent, je l'avais senti dès le commencement, dès mon réveil. C'est sans doute ce qui m'avait permis de découvrir cette anomalie dans une paroi de la Ruche, une irrégularité qui n'avait fait que m'offrir une bouteille de rhum, pathétique consolation dans un monde qui n'offrait que peu de variétés et pourtant je ne l'avais pas ouverte préférant la garder pour une occasion que je ne voyais pas venir.

Les jours passaient et j'aurai tout fait pour qu'aucun ne ressemble au précédent, malheureusement il était difficile de sans cesse trouver quelque chose pour se renouveler, pour se réinventer et je ne comptais plus les heures que j'avais passé dans la salle de sport à courir pour oublier ces heures interminables. Pour l'heure, si moyen d'évoluer dans ce monde il y avait, je n'en n'avais pas encore trouvé la voie. Un nouveau niveau s'était ouvert pour nous au cours des jours passés, une salle de jeux où je ne m'étais pas attardé et une infirmerie que je n'avais pas jugé bon de visiter encore. A quoi bon ? Je ne souffrais pas, et je doutais qu'il s'y trouve une fiole comme dans Alice au pays des Merveilles avec une étiquette ' buvez-moi pour faire revenir vos souvenirs '. Non vraiment... je ne voyais pas l’intérêt de visiter un lieu sans doute encore plus blanc que le reste des lieux de cet endroit. Seul le jardin avait un tant soi-peu de couleur et je souris à l'évocation de ma première découverte de cet étage. Ce jour où j'avais rencontré pour la première fois Trois, et aussi le jour où je l'avais vu dans le plus simple appareil. Un vraiment bon souvenir. Je m'étais demandé à cet instant si je préférais les hommes aux femmes et finalement j'avais préféré ne pas m'attarder plus sur la question. Le temps n'était pas alors au badinage et après j'avais juste tenté de laisser courir mon esprit dans d'autres directions.

Le repas que je venais d'avaler n'avait pas été mauvais, de la raie d'après le panneau d’affichage. Sur mon palais son goût ne m'avait rien rappelé mais j' en avais apprécié la saveur. Il m'avait semblé au cours des jours que je ne détestais pas le poisson même si je préférai la viande. La seule chose qui n'évoquait aucun écho de plaisir en moi était certainement la verdure que certains appelaient salade, roquette, ou nourriture végétarienne. Moi je préférais lui donner le nom de nourriture pour lapin dans mon esprit. Au diable ces pensées triviales... En cet instant je n'avais nulle envie de faire du sport, ma seule intention était de passer dans mon logement pour... oh et bien je ne savais pas encore, peut-être juste pour être un peu chez moi je suppose. Toujours faire semblant, toujours sourire et paraître devant les autres c'était fatiguant. Pourtant, je le faisais naturellement. Visage public, visage caché... Tout le monde était-il comme moi ?

En arrivant presque à ma porte, j'entendis soudain un souffle saccadé provenant de derrière moi, juste juste le temps de me retourner avant de me faire percuter de plein fouet par un jeune homme, jeune oui... en tout cas bien plus que moi. Il devait avoir la vingtaine, je ne savais trop. La violence de l'impact avait meurtri quelque peu mon torse et c'est par instinct que je le retins de tomber. Je me détachais quelque peu de lui tout en le fixant.

" Hé attention, tu vas où comme...ça  "

Le dernier mot que je prononçais tombait un peu après les autres alors que mon regard avait capté une couleur bien trop inhabituelle par ici et cette odeur... une odeur si caractéristique. J'ignorais comment je la connaissais, comment je le savais, mais... cette odeur faisait résonner en ma tête un seul mot : ' sang ', c'était du sang et cet homme devant moi en avait plein son t-shirt et son pantalon.

" Qu'est-ce que ?  "

J'aurai dû paniquer, j'aurai sans doute dû hurler et pourtant j'avais l'impression que la scène devant moi se déroulait au ralenti. Je distinguais chaque détail, je captais chaque inspiration et chaque expiration de mon vis-à-vis, je détaillais chaque grain de son visage et même le détail de ses lèvres entrouvertes et craquelées. Sa main serrée contre lui, presque recroquevillée comme une aile blessée, c'était d'elle que provenait tout ce sang. Je pris délicatement son poignet pour attirer sa main vers moi pour l'observer. La blessure était vilaine, énorme... Il allait falloir recoudre, désinfecter aussi. Je crois que cette fois l'infirmerie me tendait les bras. Plus qu'une invitation, c'était un devoir pour moi de m'y rendre. Je sentais le temps me presser.

" Tu vas venir avec moi  "

Ma parole ne souffrait d'aucune discussion. Qu'il le veuille ou non, il allait me suivre cet inconnu, quitte à ce que je doive le traîner. J'avais toujours sa main dans la mienne... Je ne pouvais pas le laisser ainsi se vider de son sang. Je ne savais pas comment je le savais mais... Je sentais, non je savais qu'il lui fallait un garrot. Il fallait que je stoppe cette hémorragie sinon on allait jamais arriver à la salle de soins.

" Prends une grande inspiration... "

Avais-je besoin de lui préciser que ça allait faire mal ? J'arrachais avec une force que je ne me connaissais pas un pan de mon vêtement et sans plus regarder son visage, je me fixais sur son avant-bras et je plaçais le bout de tissu correctement avant de serrer, de serrer fort, très fort...  Encore un peu et je pourrai faire un nœud, pourvu qu'il ne bouge pas, pourvu qu'il ne reprenne pas sa main ou me file une droite, ou une gauche, peu importe.

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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Mer 5 Avr - 21:21

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Premier affront réalisé dans l'irréel de la blancheur immaculée l'entourant. Première souillure pour marquer le jour de son arrivée qu'il espère bien trop être le dernier jour de sa vie ici. Pas au point de laisser la flamme de son existence lui glisser entre les doigts comme la situation à l'instant bien hors de son contrôle. Malgré l'acte délibérément posé pour calmer sa tête et ses idées qu'il n'arrive à fixer sur l'environnement tentant trop assidûment de le dévorer. Plutôt dans l'optique de passer le pas de cette même porte fantôme par laquelle il est arrivé pour sortir d'ici au plus vite. Fuir l'inconnu avant d'oser penser à s'y accommoder. Prétendre que tout ceci n'est que futilités qu'il pourra laisser derrière lui comme les vives gouttes marquant ses pas. Collision pour les stopper et réduire à néant le vaporeux des ombres se mouvant autour de lui. Une illusion qu'il a là encore bien trop essayé d'encourager pour se convaincre que le rêve va bien vite il l'espère se dissiper. Tout est là. Bien réel dans la chaire qu'il vient de rencontrer de son corps presque tremblant d'appréhension. Regard qu'il lève vers l'inconnu sans arriver à lui parler bien qu'il sache ne pas avoir perdu toute notion de contenance en ces circonstances. Il sait trop bien devoir murmurer l'ombre d'une excuse qu'il n'arrive à prononcer. Expliquer le flot sanglant marquant ses vêtements maculés du fruit de son acte d'une accablante stupidité. L'obstacle qu'il a trop brusquement rencontré ne manque pas de constater cette irrégularité dans l'aspect si parfait que cet endroit trop aseptisé dégage.

Une main qui se tend pour attraper doucement le poignet fermement serré qu'il laisse se faire capturer. Le regard incertain tout comme son souffle emporté dans son torse se mouvant au rythme de la panique palpable. Les doigts se détendant tout de même pour montrer la vilaine plaie au creux de sa paume suintante de l'hémoglobine fraîche et séchée sur la chaire meurtrie. Il glisse son bras libre contre son ventre pour retenir l'inévitable chute à la vision d'horreur que ce spectacle présente à son regard médusé de voir l'inconnu si calme. Une voix trop posée pour lui signifier qu'il doit le suivre sans possibilité de choix à réaliser. Il prit une grande inspiration pour calmer son cœur emballé en refermant les doigts sur la plaie d'un geste spontané. Bien vaine tentative de l'esprit d’insuffler la possibilité qu'il n'en faudra pas davantage pour mettre fin à cette épopée. Souffle désespéré s’immisçant en ses poumons compressés et meurtris de l'instant à les malmener. Nouvelle inspiration sans savoir ce que l'inconnu a préparé pour réaliser une telle demande à son attention. Lui gardant captive la preuve que tout ceci est réel. Tout autant que cette vive douleur s'éprenant de son bras serré du morceau de tissu précédemment vivement déchiré.

Poing se serrant pour compenser le désagrément qu'il essaie de faire passer de ses ongles s'enfonçant dans sa paume toujours épargnée. Dents serrées comme sa gorge déglutissant difficilement cette absence de salive que sa bouche sèche peine à faire affluer. Il fixe sans oser bouger cet homme semblant savoir le but des gestes qu'il pose. Homme dont il tente d'absorber le calme effrayant pour se convaincre que ça va aller. Le laisser réaliser peu importe ce qu'il tente de faire de cette action posée lui semble être la meilleure chose à faire.

- … pourquoi est-ce que vous m'aidez?

Murmure que sa gorge sèche n'arrive à plus fortement laisser s'échapper pour exprimer le fruit de son inquiétude malgré son apparente collaboration. Trop désorienté qu'il est pour s'échapper du savoir faire et la promesse de voir disparaître le sang s'abreuvant de l'attention qu'on vient trop vite lui porter. Plus que tout il veut voir disparaître cet immondice dans lequel le bout de ses doigts trempe si durement.
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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Mar 11 Avr - 21:19



☣ Le sang humain est
le ciment de l’autel de la liberté ☣


Je ne sais pas ce qu'il a fabriqué celui-là mais la blessure est pas jolie. Pas jolie du tout du moins de ce que je peux voir parce que le sang qui recouvre la plaie cache une bonne partie des dégâts. J'ai serré, serré fort et le flot de sang semble se tarir. Avec mon vêtement blanc, je nettoie un peu le sang comme je peux.  Ça se confirme, c'est profond. Il faut des points. Je ne sais pas comment je le sais mais ça me semble d'une telle évidence... Et pourquoi ce sang ne me fait rien ? Ce n'est pas normal d'être si calme si ? Je caresse gentiment le dos de sa main. Il a dû avoir mal quand j'ai serré, j'ai entendu sa respiration se figer avant de reprendre bruyamment et pourtant il n'a rien laissé échapper, par un cri. Je ne sais pas si cet homme est sous le choc, muet ou juste très fort.

" Comment tu t'es fait une blessure pareille ? "

Elle est mal placée, ou étrangement bien placée au contraire... mais je ne veux pas présumer d'une tentative de suicide alors que je ne sais rien de lui. J'ai l'impression que j'ai oublié quelque chose, de lui demander quelque chose comme... comme son nom en fait. Mais a-t-il un nom ? Enfin quelque chose d'autre qu'un numéro je veux dire parce que ici, qu'est-ce qu'un nom ? Quelque chose qu'on se donne ? Un surnom ? Un souvenir ? Je ne l'ai jamais vu ici mais cela ne veut pas dire qu'il est pour autant nouveau. Nous sommes tellement et chaque jour de nouveaux visages arrivent quand d'autres disparaissent. Je me demande si parfois certains sont ré-effacés pour revenir neuf à nouveau, vierges de tout. Laisser mon esprit divaguer n'est pas une option en cet instant et je freine vite mes pensées folles. Ce n'est ni le moment ni l'instant.

Ce geste que j'ai posté, garrot me souffle mon esprit, j'ai l'impression que ce n'est pas la première fois que je le pose, j'ai l'impression que ce geste m'est familier, habituel... Je regarde ce visage qui ne me dit rien. Non je ne peux avoir vu cet homme et pourtant j'ai cette sensation de déjà vu en moi... et cette odeur, cette odeur de sang. J'ai l'impression de sentir ma tête tourner mais ce n'est pas un début de perte de conscience, non, je sens que c'est différent. Par contre ma tête me fait mal, de plus en plus mal. C'est juste étrange. J'ai l'impression que quelque chose veut sortir de mon crâne, ou de mon cerveau, enfin je ne sais pas trop. En fait tout ce que je sais, c'est que toute cette situation est foutrement étrange et cette phrase qu'il me dit est sans doute une incongruité de plus.

" Parce que tu saignes "

Pourquoi est-ce que je l'aide ? Ça me semble si évident. C'était la chose à faire. Il est blessé bon sang pourquoi ne l'aurait-je pas aidé ? Qui ne l'aurait pas aidé ? Et là je me fais figure d'être stupide. Pour venir ici, il a dû en croiser des gens, à cette heure-ci, ce n'est pas possible autrement et personne ne l'a aidé, personne n'a tenté de l'aider avant moi. J'ai envie de leur hurler dessus à tous... c'est de la non-assistance à personne en danger, merde. Ça coûte quoi d'aider un homme ? A moins qu'il ne leur ai pas laissé les aider, qu'il n'ait laissé personne l'approcher avant moi, mais alors pourquoi me laisser faire ? Parce que je ne lui ai pas laissé le choix ? Parce qu'il m'est rentré dedans ? Est-ce que cela a vraiment une importance de toute manière ?

" Viens, tu t'appelles comment ? "

J'espère qu'il ne va pas s'évanouir, il m'a l'air bien pâlot... en tout cas je le tire par son avant-bras pour qu'il me suive mais pas fort, je n'ai pas envie de lui faire encore plus mal non plus. Il faut que je l'emmène à l'étage-infirmerie. Je sais où il s'est ouvert, bien sûr. C'est juste que je n'y ai encore jamais mis les pieds. L’ascenseur n'est pas loin et je ne nous vois vraiment pas prendre l'escalier maintenant. Espérons juste qu'il ne soit pas claustrophobe. Mais pourquoi je pense au pire moi ?

Il faut que j'occupe son esprit, que je lui fasse penser à autre chose mais je ne sais pas quelles banalités lui dire... lui parler de ce qu'il a mangé à midi ? Du temps qu'il fait ? Ça fait des mois que je n'ai pas vu le soleil enfin... des mois, depuis que je suis ici en tout cas et pourtant je sais ce qu'est le soleil... Je le sais et j'ai l'impression qu'il me manque. C'est étrange de savoir certaines choses évidentes et pourtant de ne même pas se souvenir de qui on est. Je ne sais pas qui a rendu notre esprit aussi vierge d'un disque neuf mais c'est sans doute un génie. Un génie du mal, peut-être, mais un génie quand même.

" Ça fait longtemps que tu es arrivé ? "

Question comme une autre pour le distraire un peu et ne pas lui faire penser à la douleur. Pour le gardé concentré aussi. Je sais que c'est la chose à faire bien plus que je ne le sens, je ne sais pas d'où me vient cette certitude mais c'est juste quelque chose qui me parait naturelle, normale. Pourquoi cette situation me parait-elle normale alors que tout crierait sans doute à tout le monde que rien n'est normal ? Bon sang un mec m'a percuté en sang, qu'est-ce qui peut-être normal dans une situation pareille ?

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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Lun 17 Avr - 21:25

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Frisson incontrôlé que celui secouant le tendu de son dos. Insoumission de sa chaire protestant cette légère caresse que l'inconnu inflige à sa main meurtrie. Trop grande douceur face à la fatalité de la réponse à cette question que l'homme en vient à poser. La raison de cette sauvagerie ne pouvant qu'attirer regards curieux face à la trop imposante blancheur du lieu qu'il n'arrive toujours à nommer. Inconnu qu'il ne veut pas s'approprier. Nier l'existence de cet endroit ne peut qu'en attiser la futilité. Trop d'aspirations à voir l'irréel prétendu s'écrouler pour ne laisser que la conviction. Malgré la douleur ne pouvant mentir à ce sujet. Preuve irréfutable de tout ceci. Sa langue en vient à glisser contre ses lèvres pour les maculer de cette trop rare salive en sa bouche asséchée. Sa voix d'une stabilité irréprochable malgré le palpable de sa panique pulsant en l'ouverture de la plaie trop béante. Coeur instable pulsant son appréhension d'une douleur ne pouvant que perdurer se répandant dans sa chaire.

- … je me suis coupé la main avec une pelle.


Évidence tintée d'une pointe de folie. Difficile de nier l'absence de normalité en ce geste désespérément posé. Simple recherche d'une preuve qu'il n'arrive tout de même à assimiler face à la situation. La perte de sa mémoire qu'il lui tarde de retrouver de nouveau. État qu'il ne veut pas perpétuel même s'il ne sait la raison de sa présence en cet endroit. Questionnement qu'il ne peut perdre de temps à approfondir. Pas avant d'avoir accompli la quête des réponses le concernant bien avant tout le reste. Un nom à mettre sur ce visage trop brièvement observé du reflet de la serre. Traits trop jeunes qu'il n'arrive à décrypter. Totale incapacité à y associer un âge ou une identité lui étant propre. Regard se posant au sol un bref moment à la recherche de la réponse ne venant pas. Une nouvelle interrogation à laquelle cette fois encore il n'arrive qu'à répondre d'une mordante honnêteté.

- … je ne sais pas. J'ai oublié. On m'a donné un numéro à mon arrivé, je crois, mais je n'arrive pas à m'en souvenir.

Choc de trop d'informations en sa tête précipitées. Voile qu'il n'arrive à repousser pour penser à autre chose que la vive douleur et tout ce sang sur lequel ses yeux en viennent sans cesse à se reposer. Admirer la couleur et la crainte y étant associé de par ce que cette blessure implique. Il doit l'admettre et le sait trop bien. Tout ceci est bien réel et à en juger par le calme de son vis à vis il ne semble pas même y avoir de raisons de laisser le souffle en venir à manquer. Raison pour laquelle il le laisse le tirer doucement il ne sait où. Il observe la porte de cet endroit où il comptait se rendre sans pourtant juger bon de faire demi tour. Persuadé peut-être à tord que cette blessure doit être prioritaire à la découverte de cet endroit où il présume devoir vivre. Suivre l'homme ayant répondu l'évidence même au questionnement lui ayant échappé. Pourquoi aider un homme à la main ensanglanté alors que personne d'autre n'a semblé s'en soucier? Pourquoi suivre un inconnu dans un endroit l'étant tout autant sans se braquer outre mesure? Aura apaisante pulsant hors de cette emprise.

- … quelques minutes. Peut-être quelques heures. Je ne sais pas. Et vous?

Inspiration se coinçant brièvement pour accompagner les dents serrées de la cuisante douleur cinglante à l'occasion. Contrôle bien trop particulier que celui qu'il arrive à appliquer à l'assimilation de ce spasme désagréable. Respiration en venant à se calmer. Corps qui se détend pour laisser une trop douce chaleur brûler les veines chauffées du picotement occasionné par ses doigts s'enfonçant de nouveau systématiquement dans la plaie.

- Où me conduisez-vous?

Question qui a tardé malgré son apparente nécessité. Où vont-ils pour régler ce désagrément laissant derrière-lui ce même sillage rougit qu'au cheminement vers le point d'impact?
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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Lun 1 Mai - 11:34



☣ Le sang humain est
le ciment de l’autel de la liberté ☣


" Avec une pelle ? "

Incongruité et évidence. Il est presque impossible qu'une inattention de sa part soit la cause d'une telle blessure. Agrandir la plaie de l'âme en posant la question rhétorique ? Stupide. J'imagine qu'il me parlera quand il sera prêt. La confiance est précieuse et la forcer n'apporte pour moi rien de bon.

" Ah oui, ils nous ont tous fait ça ici. Moi c'est Quatre Neuf Quatre, si tu veux en attendant tu peux te choisir un nom  "

Ça va aller, des mots que je ne prononce pas parce que je ne sais pas si ça va aller justement, parce que son geste est peut-être l'expression d'une désespérance. Comment ne pas se sentir perdu en arrivant ici ? Il y a tant de manières de réagir, je sais quelle voie j'ai choisi, il a peut-être subi la sienne mais au final pour l'heure il n'est pas seul, il n'est plus seul pour peu qu'il me laisse un peu m'approcher. Des mots pour le faire penser à autre chose, pour lui donner une occupation alors que je prenne le pas en l’entraînant avec moi. Une blessure pareille, il ne faut pas la laisser, il ne faut pas laisser filer le temps.

" Un peu plus d'un mois je pense, du moins si je ne suis pas un reboot "

Je lui souris un peu, j'aimerai l'apaiser mais je ne sais pas si je m'y prends de la bonne manière. Il me semble plus que tendu... il doit souffrir... Je n'ose imaginer la douleur qu'il doit ressentir. Le tissus déjà est bien rouge, trop loin de la couleur immaculée qu'il devrait avoir. Le temps presse.

" On va prendre l'ascenseur, il y a un étage de soins ici... On ne peut pas te laisser comme ça oh et ... tu peux me tutoyer "

Je le tutoie depuis le début et je me rends compte que lui ne le fait pas depuis le début aussi. Suis-je trop familier ? J'ai l'impression que ce n'est pourtant pas dans ma nature première de tutoyer directement les gens ainsi pourtant ça m'a semblé naturel avec lui. Peut-être parce qu'il est blessé ? Est-ce que c'est quelque chose de profondément ancré en moi ? Et si oui, pourquoi ? Malgré la situation, je me sens calme et c'est presque étrange. Du moins c'est ce que me souffle mon cerveau. J'ai toujours cette douleur sourde dans le crâne mais elle semble diffuse pour le moment alors je tente d'en faire abstraction. Je crois qu'il y a bien plus grave qu'un petit mal de tête...

L'ascenseur enfin. Notre bref parcours m'a semblé trop long et je l'appelle en passant mon doigt devant l'emplacement numérique prévu à cet effet. Un petit son et voila les portes qui s'ouvrent dans un silence presque glaçant. Je pousse gentiment mon compagnon en avant moi qui me trouve un pas  derrière lui et je passe mon doigt sur le numéro de l'étage-infirmerie. Rapides les portes s'ouvrent une nouvelle fois pour nous laisser la voie. Quatre pièces s'ouvrent désormais à mon regard et je laisse courir mes yeux sur ce blanc immaculé... Une odeur d'antiseptiques flotte dans l'air bien plus prononcée qu'ailleurs... Je sens la tête me tourner un peu mais je tiens bon.

" Viens on va sûrement trouver de quoi te soigner ici "

Dans ma tête les mots désinfectant, aiguille, fil semblent clignoter en lettres rouges. Je me fais l'effet d'un chercheur dans un jeu vidéo qui cherche ce qu'il lui faut. Tout semble si bien rangé ici... La première pièce ne m'inspire pas, je passe la seconde presque trop vite avant de crier une exclamation de joie dans la troisième où une armoire vitrée me laisse présager que j'ai trouvé au moins le premier élément de ma liste... enfin du moins il y a plusieurs flacons, j'espère que c'est bien ça et j'ouvre les portes pour en sortir un. Oui. Victoire.

Je me retourne pour voir si mon nouvel ami m'a suivi.

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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Dim 7 Mai - 18:51

“Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” - Benoît Gagnon
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Écho d'une réponse prétexte d'une folie qu'il espère toujours passagère. Propos qu'il regrette partiellement d'avoir prononcé. Quelle image dessinera-t-il ainsi au regard de son sauveur de l'instant? Une goutte carmine supplémentaire ruisselant dans la marre d'incertitude s'épanchant en son esprit tourmenté. Comme le liquide brûlant s'éprenant de cette paume toujours meurtrie de son insouciance. Cet acte délibéré qu'il n'arrive toujours assimiler avoir réalisé pour une cause perdue d'emblée. Blessure bien trop profonde pour prétendre à un simple accident. Si l'inconnu n'a pas remarqué ce détail dès lors que son regard s'est posé sur le chemin toujours tracé c'est chose qui ne tardera pas à se produire. Présumer être conduit en cet endroit permettant d'apaiser cette souffrance trop bien maîtrisée ne peu qu'être vérité. Comment peut-il en être autrement de par l'attitude de son vis à vis à son attention. Tant de délicatesse dans les gestes. Tissu posé contre le sang au risque de le souiller. Précipitation à le faire atteindre ce point précis qu'il n'a tout de même pas mentionné. En quête d'une appellation quelconque à énoncer bien avant de poser la question. Un nom cherché qu'il ne trouve toujours pas même s'il le sait trop bien d'incompréhension formé. Non sens que son esprit aveuglé par la blancheur démesurée n'a su ingérer à son éveil. Proposition de trouver le nécessaire à le désigner à laquelle il ne sait que répondre. Idées embrumées de trop de choses à assimiler en trop peu de temps. Une réponse au questionnement ne venant pas combler le trop court silence précédent une nouvelle question répondu dont il ne veut la réponse. Rapidité de bienséance poussant les mots hors de ses lèvres trop sèches qu'il n'arrive à humecter de la sècheresse panique. Évidence d'un coup de couteau dans son torse douloureux d'imaginer le temps passer. Un mois entier à errer dans cet endroit où il vient de poser le pied et veux déjà plus que tout quitter si ce n'est admettre son existence.

Mots coincés en sa gorge nouée d'une peur non assumée. Appréhensions croissantes de la confirmation de soins imminents en cette demande répondu d'un mouvement de tête. Acquiescement exprimant la compréhension de la situation autant qu'une collaboration palpable à le suivre dans l'ascenseur. Douleur toujours réprimée en chaque muscle tendu de son corps en souffrance de ses actions. Pulsations de son cœur emballé tiraillant la plaie effleurée du bout des doigts dès le pas de la boîte métallique passé. Tissu brièvement soulevé pour observer d'un geste tremblant la peau meurtrie figeant les gestes pour ne pas aggraver la situation lorsque le niveau de soin est finalement atteint. Premier regard réellement posé sur l'environnement englobant ne sachant se faire accueillant. Cette blancheur similaire à ce que ses yeux ont du coin observer en marchant tête baissée et regard perdu dans les méandres de l'objectif à atteindre. Si lointaine porte qu'il ne sait pas même quoi trouver de l'autre côté. Réconfort que cette odeur aseptisée ne sait procurer en cet instant? Frisson raisonnant jusqu'à la blessure frémissante en sa déchirure pressée des doigts dans l'espoir trop vain d'y changer quoi que ce soit. Pas doucement d'un pied devant l'autre transportés vers cette pièce qu'une exclamation de joie a engendrée chez quatre neuf quatre. Observation de traits déformés de la peur de cette suite imaginée des installations et du matériel environnant. Vertige maîtrisé de cette main contre le cadre de la porte appuyée.  De nouveaux pas guidant à cette chaise dans un coin posée où le bandage improvisé est délicatement retiré.

- ... deux cents soixante et onze. C'est ce que la voix a dit. Je crois.

Trop bref éclair de lucidité ne masquant la douleur faisant grincer les dents. Traits du visage de nouveau tirés comme les muscles douloureux de retenir les plaintes désespérées de sentir le mal se tarir du flot d'hémoglobine stopé.

- … j'ai cru que a douleur m'éveillerait. Que ce n'est pas réel. J'espère encore que ce ne l'est pas... Je n'ai pas vu d'autre solution.
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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Lun 8 Mai - 18:01

ERREUR SYSTEME
Erreur système

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A peine 271 a fini sa phrase que vous entendez un bruit étrange dans les murs. D'abord pas sûr de vous, vous finissez par reconnaître le son des battements d'une hélice avant de sentir une douce chaleur se répandre dans l'air. Quelques secondes. Avant que les choses se corsent.
La porte de la pièce claque et vous entendez le verrou. Impossible de sortir et c'est seulement quand vous commencez à tambouriner à la porte que vous sentez que l'air n'est plus chaud. Il est gelé.
Le choc thermique est immédiat et violent et la température ne fait que descendre, encore et encore. Ça dure longtemps, trop longtemps pour que vous puissiez le compter tellement le froid vous saisi et s'infiltre dans vos chairs et vos muscles.
C'est seulement lorsque la température atteint les -20°, lorsque vos corps tremblent et vos mouvements sont difficiles, lorsque votre peau est pâle et votre souffle court que la ventilation cesse et que vous voyez la porte s'ouvrir.




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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Lun 8 Mai - 19:46



☣ Le sang humain est
le ciment de l’autel de la liberté ☣


Je n’ose imaginer combien il doit être perdu, ce qui a pu traverser son esprit pour qu’il en arrive à se mutiler avec une pelle… Prouver que l’on est en vie, prouver que tout ceci n’est pas un rêve, oui, mais à quel prix ? Pour peu… il aurait pu se vider de son sang et ne pas se réveiller, jamais. Je ne sais pas s’il s’en rend compte, je ne connais pas les pensées qui peuvent habiter son esprit en cet instant mais au moins il n’est pas seul. Une personne s’est retournée sur son passage, je me suis retourné, je l’ai vu… vu alors que tous ont semble-t-il détourné les yeux. Je me demande si c’est cet endroit qui rend les gens égoïstes ou si les gens l’étaient déjà avant. Individualistes, seuls… des étrangers vivants côtes à côtes mais pas avec les autres. Pathétique micro-société où tout le monde semble ne se préoccuper que de soi.

Si une porte de sortie apparaissait soudainement, est-ce que les gens courraient vers elles sans se retourner piétinant allègrement ceux qui seraient tombés devant eux ? Je ne sais pas pourquoi mais j’ai comme l’impression que ce serait le cas. Ne l’est-ce pas déjà lors de grands évènements pour un autographe ou un objet rare quelconque ?

Des nombres à peine murmurés, un souvenir et un doute. Je lui souris pour l’encourager. Ces chiffres, c’est mieux que rien, une identité d’attente comme la mienne, quelque chose à quoi se raccrocher pour l’instant comme une réalité. Je sais que certains se souviennent maintenant de leur nom, ou d’un prénom. A moins qu’ils ne prétendent que ce soit le cas ou que quelqu’un ait décidé de leur implanter cette idée en tête. J’espère qu’un jour j’aurai une certitude moi-aussi.

" On s’est tous demandé à un moment ou à un autre si tout cela était réel, tu n’es pas seul tu sais… Moi je vois ça comme un jeu, même si je ne sais pas vraiment si j’ai signé pour ou non avant… Tu sais une sorte de télé-réalité pour riches, pour aliens ou pour barjot… ou alors … Je ne sais pas imagine qu’on soit tous des criminels à reprogrammer ou des victimes d’un virus qu’on a isolé et qu’on cherche à soigner ou… pour élaborer un vaccin "

Je venais de lui balancer une foule d’idées qui m’avaient traversé l’esprit à un moment donné ou à un autre depuis que j’étais arrivé dans la ruche. C’était autant pour le rassurer que pour lui donner matière à penser à autre chose. Parler, parler encore pour lui faire peut-être un peu oublier sa douleur même si je doutais que cela ne soit vraiment efficace.

" T’inquiète pas va, on va te soigner, réparer tout ça "

Je termine ma phrase au moment même où un étrange bruit sort des murs. Je me fige. Qu’est-ce que c’est encore que ce machin ? La dernière fois que quelque chose comme ça c’est produit… c’était dans la salle de sport, et c’était pas bon pour nous. Mon visage ne doit pas vraiment montrer que je suis rassuré mais je tente de faire tout de même bonne figure. J’ai l’impression qu’il fait plus chaud… est-ce moi qui panique ? Est-ce que seul mon visage chauffe ? Pourtant je n’avais jamais eu la sensation d’être un très grand stressé. La porte… j’ai entendu distinctement le verrou se fermer ou en tout cas le bruit avait vraiment l’air d’être celui d’un verrou qui se ferme. Je fonce sur la porte, j’essaye de l’ouvrir… sans résultat bien sûr. De rage je frappe un grand coup sur la porte qui reste de marbre et je me retourne vers mon compagnon qui doit surement me prendre pour un dingue.

" Ils nous ont enfermés… Putain… "

C’est là que je me rends compte… Je n’ai plus chaud, non… Je sens le froid. Je dirai même que la ventilation semble pétée. Il fait de plus en plus froid et je frisonne. Je ne suis pas vraiment vêtu pour un tel changement de température. Mon regard se pose sur la blessure de 271. On est mal… Quoi que peut-être que le froid va ralentir le saignement… On peut rêver après tout non ?

" Viens là "

Le froid… Il ne faut pas qu’on reste immobile… C’est quelque chose dont j’ai conscience. Le froid entraine l’immobilisme, et l’immobilisme la mort. Il faut qu’on bouge… ça ou se coller nu l’un contre l’autre mais je doute que l’idée de se coller à un parfait inconnu dans le plus simple appareil lui plaise. Du moins pour l’instant on a encore le choix… après…

Je continue de fouiller et je trouve enfin du fil et une aiguille. Lentement j’ôte son bandage et je regarde en tentant d’éponger au maximum son sang. Un évier… je fais tourner la molette du robinet et je nettoie la plaie avec l’eau claire. C’est déjà mieux. Je prépare alors le fil et l’aiguille.

" Je suis désolé je n’ai pas d’anesthésiant… "

Je fais une grimace qui se veut compatissante et sans plus le prévenir, je pique dans sa peau. C’est alors que je me fige, j’ai l’impression qu’un voile noir vient de passer devant mes yeux. Je n’entends plus rien, ou plutôt si… mais plus rien dans cette pièce où j’étais. Comme téléporté dans un ailleurs, des scènes de ce qui me semblent être mon passé passent dans mon esprit. Des flashs, des couleurs, des gens. Ces gens j’ai l’impression de les connaître, des blouses de couleur, des salles d’hôpital qui passent dans mon esprit, des inconnus aussi, tant d’inconnus…des masques, des souvenirs. Oui ce sont des souvenirs. Mes souvenirs.

♫  Des images me reviennent
Comme le souvenir tendre
Une ancienne ritournelle



Je me souviens il me semble
Des jeux qu'on inventait ensemble
Je retrouve dans un sourire
La flamme de mes souvenirs



Et au loin, un écho
Comme une braise sous la cendre
Un murmure à mi-mots
Que mon coeur veut comprendre
Une ancienne ritournelle
…  ♫

J’étais chirurgien. Oui. Une certitude, une évidence… J’ai la sensation que des larmes effleurent à mes yeux et de ma manche je les chasse avant de reprendre mon office. Je ne sais pas combien de temps je suis resté figé ainsi mais je ne dis rien, je travaille en silence alors que le froid se fait de plus en plus mordant. Contentieux, minutieux alors que je sens mes jambes s’alourdirent. Je travaille vite, je travaille bien et je mords mes lèvres comme pour me sentir encore un peu vivant, comme pour sentir que je suis toujours éveillé.

" Tiens bon, j’ai bientôt fini "

Enfin j’ai terminé et je noue le fil avant de le couper. Le froid est presque devenu insupportable maintenant. Je ne sais pas combien de temps on va pourvoir tenir ainsi mais ce n’est pas bon, pas bon du tout.

" Ça va toi ? "

Je viens près de lui et je commence à frictionner son dos, ses membres sans toutefois toucher à son poignet blessé. Je devrais ajouter un passement maintenant. Du regard, j’en cherche mais… Il y a sans doute un peu plus urgent pour le moment comme ne pas mourir de froid par exemple. Déjà ses lèvres deviennent bleue et j’imagine que les miennes le sont également… C’est alors que je l’entends… le déclic. Le silence aussi. La ventilation s’est arrêtée. Enfin !

" C’est… c’est fini "

Je lui fais un pauvre sourire.

" La ruche… cet endroit… il déconne parfois. On va te trouver un pansement et on part d’ici, d’accord ? "


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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Sam 13 Mai - 16:43

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Sursaut pulsant d'un rythme jumeau au palpitant en son torse. Précepteur d'une panique familière grinçant comme ongles au tableau sur l'échine courbée d'appréhension. Vrombissement inquiétant que celui répandant ce réconfort espéré en la présence de murs pour le protéger de l'inconnu. Chaleur subtile s'éprenant de l'air inspiré en ses poumons essouflés de la situation. Gonfflant le torse du malaise fiévreusement trahi. Accentué par les théories tôt fait d'être mentionnées par son infirmier improvisé cherchant trop vainement cette façon de le calmer. Lui faire comprendre peut-être à tord qu'il y a plus d'une explication plausible captivant l'esprit en sa spirale infernale. Flammes dévorantes brûlant toute trace d'espoir sur une route déjà pavée d'incertitudes. Visage de quatre neuf quatre silencieux témoin d'anomalie. Porte claquant du nouveau sursaut du corps manipulé par le sadisme de l'environnement. Ses jambes d'un mouvement efficace se sont tendus sans attendre le dénouement. Gorge déglutissant la nouvelle panique douloureuse en ses dents malmenées les unes contre les autres. Air frigorifié glaçant la moelle frémissante de voir tambouriner contre la porte verrouillée. Lèvres tremblantes d'un automatisme au froid dévorant. Dents claquant sans contrôle dans la bouche nouvellement sec de la salive manquante. Le spectre de la mort a tôt fait de faire ses salutations devant son regard médusé par la situation. Le corps figé de la glace semblant se former sur la trop fragile chaire édjà bien trop entaillée. C'est tout juste si l'appel de son sauveur parvient à son ouïe voilée de la peur.

De mouvements saccadés du glacial mordant son être il trouve néanmoins le chemin jusqu'à l'évier non loin. À contre cœur la paume ensanglantée est offerte comme offrande à une divinité sans attendre une rédemption en rien méritée. Visage se glissant au creux de son coude pour maintenir le bras grelottant. Physique cambré tentant de retenir les tressautements. Trop bref plainte de la douleur au contact de l'eau s'échouant sur sa peau comme vague sur la côte. Gueule ouverte se préparant à mordre sous l'absence de cette promesse de non douleur trop espérée. Hurlement à peine maîtrisé des douleurs combinées à la chaire bleuit du froid démesurée emplissant leur prison. Larmes ruisselant sur ses joues marquées du soudain regret de l'acte. Punition démesurée qu'il associe à l'acte en cette pièce et la fraîcheur glaciale s'y installant sans laisser le choix. Membres trop vite ankylosés d'une lourdeur qu'il peine à maîtrisée tant la douleur prenante approche son esprit de l'abandon. Tête tournant du brouillant de son regard sous ses paupières frigorifiées masqué.

Le souffle court et la fatigue grandissante semble avoir raison de lui. Absence de motivation à se battre pour ce cauchemar qui ne fait que commencer. Tentation de se laisser glisser dans les méandres de l'infinité lorsqu'il entend de nouveau la voix de son compagnon. Sensation de friction contre son dos et ses membres ne l'empêchant en rien de s'écrouler au sol. Assis et replié sur ce glaçon qu'est son corps douloureux de chaque mouvement et la plaie fraîchement refermée. Inspirations difficiles de sa volonté de garder les yeux fermés sans savoir quoi répondre à la question posée. Sensation d'incapacité à le faire même s'il le voudrait en ses lèvres soudées. Mourir ou sortir de cet endroit sont les choix à l'essence même de tes questionnements de l'instant. Le bruit de la porte raisonnant trop lointain dans le temps comme la voix faisant écho à ses oreilles.

- … d'accord...

Là est l'essentiel de tout ce que ses lèvres arrivent à murmurer. D'accord pour quoi il ne sait pas même le formuler. Confiance trop démesurée en l'expérience de cet espace clot de quatre neuf quatre.
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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Sam 3 Juin - 17:45



☣ Le sang humain est
le ciment de l’autel de la liberté ☣


C'est fini, deux mots, une certitude enfin. Je ne prends vraiment conscience de leurs poids qu'une fois que je les ai prononcé. On s'en est sorti, on va bien... ou presque mais surtout on est en vie. Ce froid aurait pu nous tuer, aurait sans doute dû nous tuer s'il avait duré ne serait-ce qu'un peu plus longtemps. Pour sa première journée ici, 271 a vraiment eu la totale. Je me demande comment il va survivre à ça... mentalement. Je veux dire l'enfermement, ne pas savoir, c'est déjà dur, mais un choc si grand en venant juste d'arriver ? Je crois que n'importe qui le vivrait mal. Je me demande si je ne devrais pas garder un œil sur ce jeune homme, juste au cas où, juste pour un si. Je ne sais pas vraiment ce qui me pousse à m'inquiéter pour un homme que finalement je ne connais pas. Est-ce que c'était dans ma nature avant ? Est-ce juste parce que je suis chirurgien ? J'ai l'impression que quelque chose dans mon esprit me brûle. Ces souvenirs qui s'éveillent en moi me perturbent, des scènes de ma mémoire me semblent étranges. Je suis certain qu'il a plus, beaucoup plus en moi, mais quoi ? Ma tête me tourne mais je fais bonne figure, du moins j'essaye mais alors que ma main tente de réchauffer mon compagnon de fortune, mon corps se rebelle contre le retour de la chaleur, je tremble, mes dents claquent et j'ai soudain presque trop chaud, un étrange paradoxe.

J'arrête un instant d'apposer ma main sur son dos aussi tremblant que le mien et je tente de frictionner mes propres bras, mes propres jambes. J'ai l'impression que mon corps revit peu à peu et je fais un pas presque hésitant, j'attends presque d'entendre mon corps craquer mais il n'en fait rien. Lentement, un pas après l'autre je me mets en branle. Attraper le pansement, doucement, patiemment le placer, tourner autour de la couture propre, ne pas trop serrer, fixer. Des gestes qui me reviennent avec une précision d'horloger, des gestes tant de fois répétés. Si familiers.

" Je pense que la cicatrice sera belle. J'ai... je suis chirurgien "

Ça sonne bien, ça sonne juste mais bon ce n'était pas vraiment de la chirurgie que j'ai fait, pas du haut niveau et avec des outils de base mais... Je crois que sa cicatrice sera fine. Malheureusement je crains qu'elle ne reste un tant soi peu visible. La plaie était profonde...

" Dans deux semaines je t'enlèverai les fils, mais... faudra que tu me montres ça régulièrement, que je change ton pansement... Ton logement c'était pas loin de où on s'est rencontré ? "

Une manière de m'assurer de le garder à l’œil, mais pas que. J'ai l'impression qu'il est assez jeune, je me demande quel âge il peut bien avoir. En tout cas il est...assez beau. Oui je le trouve beau et ce n'est pas le premier homme ici qui attire mon regard. Parfois je me dis que je préfère les hommes, j'avoue que je ne sais pas trop et... est-ce que j'ai vraiment le temps de flirter ? Ne devrais-je pas plutôt continuer de chercher une échappatoire à ce jeu ? Une porte de sortie, une façon de le gagner ? Depuis que je suis ici, j'en ai vu des gens qui avaient abandonné, j'en ai vu aussi qui ne pensaient qu'à s'amuser que ce soit avec d'autres ou avec les activités proposées... Moi j'avoue que tourner en rond ainsi commence à m'étouffer. J'aimerai tant voir de grands espaces... l'horizon au loin. Ici mon regard est toujours freiné par des murs blancs, tout est neutre, aseptisé, même les gens.

" Sortons "

Je lui prends sa ma main non blessée dans la mienne et je le tire un peu, j'ai la sensation qu'il est un peu perdu. Il ne me parle presque pas... On dirait qu'il ne va vraiment pas bien.


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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Dim 11 Juin - 17:01

“Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” - Benoît Gagnon
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Si faible probabilité de croiser en cet endroit de malheurs répétitifs l'exacte personne apte à soigner ce geste complètement insensé posé sans une once de réflexion. Pourtant les mots ne mentent les gestes si méthodiques réalisés contre sa main éprouvée comme son esprit de terreur et d'adrénaline. Pansement apposé avec minutie sur le fruit de sa stupidité promettant des souffrances qu'il ne peut que mériter en son insouciance. Bien qu'il ne croit possible davantage de souffrance que celle ressentie de cette aiguille s'enfonçant à de trop maintes reprises en sa peau tailladée et sanglante. Il pourra à cet instant profiter de ne pas voir son chemin de gouttes carmines ponctué en guise de seul réconfort de ce début de journée trop peu calme. Ce début de nouvelle vie qu'il n'a toujours pas assimilé trop peu enclin à s'approprier le néant de son esprit. L'incertitude quant à sa raison d'être ici. Vaste néant semblant s'amenuiser passé le choc du glacial commençant à vaguement délaisser sa peau malmenée de ses gestes. Il ne sait plus même mentionner l'état dans lequel il s'est éveillé ou le chemin emprunté pour arriver en cette pièce. Qu'un trou noir en sa tête perturbée tout autant que son visage prestement essuyé pour en faire disparaître les larmes de douleur. Manifestation trop peu révélatrice d'une quelconque force qu'il ne sait pas même pouvoir dire posséder en ne sachant pas même qui il est. Rien de plus qu'un fantôme ayant beuglé le torturant de sa douleur bien réelle même s'il aurait voulu ne pas y croire. Tout comme la présence trop bien tombé sur lequel il a posé un regard doutant en cherchant dans le fil des souvenirs qu'il arrive à récolter difficilement.

- … je crois. Je ne me souviens plus.

Un bref mouvement porte un froissement à ses oreilles. Rappelant ce minime détail de cette feuille qu'il y a glissé après avoir rapidement lu les inscriptions y étant. Des règles à respecter et un plan trop peu détaillé de l'installation dans lequel on l'a aveuglément lancé en plus du numéro d'un logement. Habitation qu'il se souvient vaguement avoir tenté d'atteindre pour obtenir l'ébauche d'un minimum de sécurité afin d'admirer son œuvre et prendre le temps nécessaire de réaliser le présent. Regard survolant le texte il trouve ce numéro trop précieux dont il ne s'est pas assez près approché. N'arrivant pas même à trouver le souvenir d'avoir atteint le bon niveau pour espérer y trouver la porte du sanctuaire promis.

- … le 610.

Difficilement de son corps encore ankylosé sa main retrouve la poche pour y glisser le papier. Tendant d'un naturel frappant les doigts en état en direction du chirurgien manifestant son intention de lui prendre la main. Regard voilé posé sur ce dernier en ce levant pour observer la pièce une dernière fois. Cherchant les souvenirs du récent qu'il a trop vite oublié. Respirer et se calmer sont mots d'ordre dans la présente situation bien qu'il n'arrive à s'en convaincre suffisamment. Fermer les yeux et se laisser sombrer lui permettant encore un peu d'espérer se pincer à s'en éveiller de ce cauchemar qu'il a trop peur de voir tout juste débuter en ces secondes s'écoulant trop lentement.

- … c'est réel tout ça?
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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Ven 16 Juin - 22:05



☣ Le sang humain est
le ciment de l’autel de la liberté ☣


Le premier jour que j'ai passé dans cet endroit me revient presque en pleine face. Moi aussi j'ai été aussi perdu que lui. Je me suis allongé malade comme un chien dans mon logement jusqu'à ce que la terre cesse de tourner. Si c'est son premier jour et que je le presse de toutes ces questions, j'imagine que cela ne doit pas être drôle pour lui. C'est sans doute un miracle qu'il tient encore debout après tout ça...

Je lui ai lâché son poignet au moment où il s'est mit en route pour me suivre et il en a profité pour tirer un bout de papier de sa poche. Le seul papier qui ne soit pas recouvert d'une écriture humaine par les habitants de cet endroit, le seul papier que nous avons reçu avec un semblant d'explication sur ce que nous étions désormais.

" Le 610, vraiment ? Alors nous sommes voisins, je suis au 609. Je ne croise pas souvent mon coloc... Le 610 il n'y a personne pour l'instant, je pense que c'est aussi un appartement de deux. Il y en a de trois personnes aussi et de quatre. Personne n'a d'appartement seul ici mais chacun à sa chambre "

J'espérais que mon babillage ne l'indisposait pas trop alors que nous marchions. J'étais sans doute trop enthousiaste pour lui alors qu'il venait de se réveiller dans cet endroit qu'il semblait déjà maudire. Il avait tenté de fuir cette réalité car il ne s'y retrouvais pas et moi j'en viens presque à me faire guide touristique. Enfin... mieux valait en savoir plus sur cet endroit que moins, non ? Moi je crois que j'aurai aimé être un peu informé en arrivant, ne pas devoir tout découvrir tout seul même s'il semblait que j'étais plus curieux que beaucoup ici. J'en avais vu des gens qui se laissaient juste porter par le courant ici mais c'était loin d'être mon cas et encore moins mon ambition. Je crois que je serai devenu fou à ne rien faire.

Alors qu'il remet son papier dans la poche, je vois s'élever sa main dans l'air comme hésitante. Je crois qu'il a besoin d'être rassuré et avec un sourire à son intention je referme ma main sur la sienne sans rien dire. Je ne crois pas que nous ayons vraiment besoin de mots pour l'instant. Ça briserait quelque chose de ténu et de fragile. Il ferme un plus longtemps les yeux que nécessaire alors que nous sommes encore qu'à quelques pas de la porte ouverte où nous avons failli mourir de froid et les rouvre une dernière fois sur moi avant que nous reprenions notre cheminement.

" Je crois... ou alors c'est un jeu vachement bien fait... réaliste. A vrai dire personne ne sait vraiment mais je pense que oui, on vit vraiment tout ça... J'ai pas l'impression que ce soit du virtuel... tout semble trop vrai "

Je le guide dans les couloirs pour faire la même route que nous avons déjà parcouru en sens inverse afin de rejoindre l’ascenseur et surtout le sixième étage, endroit où demeure notre chez nous ou ce qui s'en rapproche le plus. Baissant mes yeux sur nos deux mains jointes, je réalise que ce n'est sans doute pas une bonne idée de le laisser seul et l'attirant un peu plus près de moi, je le guide vers ma porte plutôt que la sienne.

" Tu veux rester un peu avec moi ? Parfois... c'est bien de ne pas être seul "

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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Lun 3 Juil - 21:53

“Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” - Benoît Gagnon
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D'une oreille trop peu attentive il écoute l'explication relative au sanctuaire de nouveau promis. Ce cocon si fragile qu'il se devra de partager avec des inconnus. Bien faible consolation que celle de savoir la seule personne connue à ce jour accessible à la porte voisine. Si loin et si près de cette naïveté ne poussant pas à se questionner sur la nature de l'homme. Trop grande bonté voilant sournoisement la méfiance pourtant innée dans le comportement qu'il adopte. Il marche de ce pas las et désespéré près de cette droite assurance sachant que faire dans ce cauchemar. Dirigeant les pas de sa démarche enthousiate des mots prononcés. Ébauche de jovialité à les savoir si près bien que le contact de leurs mains unies en vienne en surpasser cette impression de proximité. Aucun mur ne s'élevant entre leurs chaires communiant d'un geste simple. Pourtant rassurant en sa signification loin de la promesse de douleur engendrée par l'aiguille ce qui semble être une éternité plus tôt. Le temps s'éfrittant entre les mailles de la réalité. Plongeant l'esprit dans le sombre doute que 494 en vient à effacer de ses mots persuasifs. Tâchant probablement de l'être bien que non rassurant dans leur ensemble. Réalité qu'il ne sait réfuter de pas l'apparente véracité des sensations qu'il ressent lui même en ce contact. Chaire tiède se réchauffant contre la sienne en ce cœur y pulsant de concert.

- … ça semble vrai oui. Personne ne sait ce qu'il en est? Vous avez tous perdus votre mémoire aussi? Elle ne revient pas?

Questions à demi mot prononcé accompagnant les pas sillonnant dans les couloirs. L'esprit tentant de se dégourdir pour oublier la cuisante douleur vibrant jusqu'aux entrailles de l'anatomie toujours frigorifiée. Niant la possibilité d'être coincé dans cet endroit sans explications pour conforter la panique qui ne peut s'estomper malgré tout. Grandissant davantage à la vue de la porte enfin dessiné devant lui. Cette chambre mentionné de sa seule connaissance où il doit s'enfermer en solitaire dans le silence qu'il ne sait pas savoir trouver ou non. Il a prétendu savoir ne pas y trouver d'autre occupant à ses côtés, mais la véracité ne s'est pas encore confirmée malgré tout.

- … je ne sais pas. Est-ce qu'il y a des douches? J'ai horriblement froid.

Fraîcheur mordant sa relâche sa chaire comme celle de son compagnon de fortune s'accrochant à sa main en état. Un contact qu'il ne veut rompre comme un enfant effrayé en quête de la moindre once de réconforte apte à trouver pour se l'approprié. Nécessité de l'adulte de s'en détacher pour affirmer l'absence de la crainte suintant de tout part de son être. Bien trop tardivement pour ne pas avoir dévoilé l'essentiel de la terreur qu'il veut arriver à laver à grande eau bouillante.

- … je crois que j'ai besoin de temps. Pour réaliser et penser. Ne plus me couper stupidement sans raison maintenant que je sais.

Le stricte minimum coupant l'envie de réitérer le geste pour ne pas en payer le prix fort. Ne souhaitant en rien mettre fin à cette vie lui semblant débuter à l'instant même.
electric bird.

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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Mar 11 Juil - 21:41



☣ Le sang humain est
le ciment de l’autel de la liberté ☣


Les questions qu'il se pose, moi aussi je me les suis posées lors de mon arrivée. Suis-je le seul ? Pourquoi est-ce que je ne me souviens de rien ? Est-ce que je vais me souvenir de qui j'ai pu être et de ce que j'ai pu faire ? Pourquoi chez certains les souvenirs reviennent au bout d'une semaine tandis que d'autres restent des mois dans le noir sans rien savoir ? Oui toutes ces questions je me les suis posées et aussi sur le pourquoi nous sommes piégés dans cet endroit et dans quel but. A tout cela je n'ai malheureusement aucune réponse, que des suppositions, des idées, des pensées. Que puis-je lui dire pour le rassurer si ce n'est que nous sommes tous dans le même bateau ? Je ne suis pas certain que cette idée que personne ne sait soit justement la solution pour qu'il se calme. Je ne veux pas lui dire d'accepter, j'ai envie de lui dire de se battre mais il me semble tellement perdu qu'en cet instant j'ai juste envie de le serrer contre moi et de lui promettre que tout ira bien.

" Non personne ne semble détenir la vérité, ou alors si quelqu'un sait il se garde bien de nous dire et nous observe de l'intérieur comme si nous n'étions que des rats de laboratoire. Tu sais j'ai plein d'idées... certaines vraiment folles, mais... aucune preuve, et pas l'ombre d'une piste. J'ai l'impression qu'on est comme dans un jeu, il y a des niveaux qui se débloquent et des choses qui changent chaque jour. Des règles qui se modifient, tu sais j'ai vraiment l'impression que des gens votent quelque part pour que notre vie soit juste passionnante à observer, comme une sorte de télé réalité... "

Un petit sourire m'échappa. Je ne savais que lui dire pour le rassurer et j'avais bien conscience que mes suppositions n'allaient pas vraiment l'aider. Je ne savais rien de plus que lui, j'avais peut-être juste un peu plus l'habitude des bizarreries de cet endroit. Cela ne voulait pas dire que je les acceptais, mais en tout cas je me débrouillais pour ne pas devenir complètement fou et surtout pour ne pas abandonner.

" Les souvenirs reviennent petit à petit mais on ne sait pas à cause de quoi ni à quel rythme, c'est différent pour tout le monde. Certains se souviennent d'une petite chose au bout d'une semaine quand d'autres sont ici depuis des mois sans que rien de leur passé n'ait fait surface. Moi je ne me souviens que de quelques bribes, pas même de mon nom. Ils sont très peu ceux ici qui savent comment ils s'appelaient avant alors certains se donnent des surnoms pour éviter d'être juste un numéro "

Je haussais les épaules quelque peu fataliste.

" Moi j'ai préféré juste détacher chaque chiffre qu'ils m'ont donné pour personnaliser un peu, parce que j'avais l'impression que ça donnait mieux parce que ça ou autre chose de toute manière c'est pas moi... J'ai pas envie de me donner un nom, je voudrais retrouver le mien alors Quatre Neuf Quatre ou autre chose... Tu voudrais te donner un nom toi ? "

Il me demande s'il peut prendre une douche dans cet endroit et je regarde ce bandage que je viens de lui faire, ce bandage qui ne peut prendre l'eau sous peine de n'avoir servi à rien. Je voudrais lui dire que c'est un peu stupide, qu'il ne réfléchit pas mais pourquoi lui ferai-je du mal à ce point ? Il est perdu, effrayé, et sans doute a-t-il juste besoin de se raccrocher à quelque chose de normal. On a failli mourir de froid, qu'il veuille se réchauffer, n'est-ce pas juste normal ?

" Il faut faire attention à ton pansement, je te mettrai bien un sachet dessus mais... je n'en ai pas... Si tu laisses ta main en dehors de la douche ça devrait le faire, je peux t'aider à te laver si tu veux "

Laver un inconnu n'était absolument pas la chose que j'avais pensé faire en me levant ce matin. A vrai dire depuis que je l'avais croisé, il ne m'arrivait que des choses que je n'aurai jamais pensé vivre. Rester bloquer dans une infirmerie et faillir mourir de froid n'avait pas été dans ma liste des choses à faire un jour mais quelque part... j'étais heureux de l'avoir rencontré, grâce à lui, à ce qu'il avait fait, je m'étais souvenu d'une part de moi-même, de quelque chose d'important qui avait fait de moi ce que j'étais et j'espérais que je ne l'oublierai plus jamais.

Je lui souris quand il reconnut qu'il ne s'était pas blessé par accident mais pas que pour l’acceptation du geste qu'il avait posé, surtout parce qu'il disait qu'il ne le ferait plus, ou du moins qu'il pensait à ne plus le faire. Je ne savais pas s'il s'y tiendrait, s'il arriverait, mais une chose était certaine, j'allais veiller sur lui. C'était un but que j'avais bien l'intention de poursuivre avec ceux de me souvenir de qui j'étais et de parvenir à sortir un jour de cet endroit pour retrouver ma vie... ou en tout cas une vie qui ne soit pas entre ces murs blancs et stériles. Je passais ma main libre dans son dos en le frictionnant un peu. J'aurai voulu le serrer fort pour le réchauffer mais nous n'avions rien d'intime et j'avais peur de le brusquer déjà que je lui proposais de l'aider à se laver... de là à ce qu'il pense que je veuille plus de lui, il n'y avait qu'un pas. Pourtant pour l'heure je ne pensais vraiment pas à mal même si je ne pouvais nier qu'il avait quelque chose en lui qui m'attirait.

" On va te réchauffer, viens "

Plutôt que de le faire entrer dans son logement, je l'attirais vers le mien en le tirant gentiment, le guidant comme un petit enfant.

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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   Ven 4 Aoû - 16:09

“Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” - Benoît Gagnon
H03-271 & H02-494
Offrir le réconfort de la chaleur en sa normalité sembla le seul élément à effleurer son esprit vaporeux des émotions l'assaillant depuis les quelques minutes passées en ce lieu. Il ne visualise rien de plus que la douce étreinte humide des gouttelettes ruisselant sur sa peau à vif comme ses nerfs tendus en tout son corps. Les paroles de l'hommes ne le rassurant en rien sur ce besoin primaire de se souvenir du moindre détail le concernant pour cesser d'être un parfait inconnu pour lui même. Agissant à l'instant de mouvements saccadés d'incertitude qu'il ne peut calmer en se sachant prisonnier de son propre corps. Sans autre possibilité de trouver la clé que l'attente interminable le menant du même souffle en direction du logement dans lequel il a presque posé pied pour s'y laisser choir dans l'attente de se réveiller. Le rêve il sait ne pas devoir l'imaginer ou en faire partie malgré la toujours si présente nécessité d'y croire. La réalité le rattrapant de plein fouet tout comme les théories farfelues vaguement mentionnées par son sauveur improvisé. La perspective du temps pour théoriser laissant à elle seule présager la possibilité d'être coincé en ce lieu des mois durant sans possibilité de s'échapper.

- … je ne sais pas comment me nommer autrement. J'aimerais avoir un nom, mais je vais me contenter du numéro. Peut-être que je me souviendrai, un jour.

Les mots écorchent sa gorge nouée à la perspective de rester cet inconnu jusqu'à ce qu'un élément quelconque en vienne à le faucher pour de bon. Davantage nocif à sa vie qu'une trop minime coupure d'une pelle qu'il a envie de retourner chercher. Non pour commettre de nouveau l'impensable de la mutilation contre sa propre chaire littéralement vierge de toute chose. Plutôt pour lui assurer une protection contre ce qui peux lui vouloir du mal en ce lieu. De naïveté il peut s'admettre teinté, mais n'est pas imbécile au point de croire en la douceur de toute personne pouvant être croisée ici.

- … je vais garder la main hors de l'eau. Je ne me sens pas à l'aise de me faire laver. Merci pour l'aide.

Un sourire incertain déforme les traits apeurés de son visage en une ébauche de remerciement malgré l'énergie n'y étant pas. Ses pas suivant mécaniquement ceux de son prédécesseur en ce couloir lui semblant à l'image de tous les autres et affinant son incapacité à se repérer en ce lieu. Malgré la trop courte durée de temps où il a pu y évoluer en ce qui lui semble être une éternité cauchemardesque. Fermer les yeux posés contre un oreiller lui semble être la seule solution pour chasser ce mal éveiller rongeant la moelle de son dos crispé devant la porte s'ouvrant pour les laisser passer. Voisine de celle qu'il croit avoir visualisé au moment de se trouver perdu et déboussolé. Il se laisse néanmoins guider dans cet espace clôt de tranquillité dont il observe maladivement la porte par-dessus son épaule frissonnante à l'idée d'être de nouveau enfermé. L'air glacé contre sa chaire toujours si frais à sa mémoire. De pas succédés il parvient à la salle de bain qu'il trouve d'une rassurante normalité. La douche n'échappe en rien à son regard soudainement illuminé de le perspective d'enfin se réchauffer.

- … est-ce qu'il y a des vêtements que je peux emprunter?

La perspective de la douche lui rappelant que dans cette promesse de propreté il n'a que ses vêtements loin de leur blancheur immaculée étant plutôt souillés de terre et de sang.
electric bird.

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MessageSujet: Re: “Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)   

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“Le sang humain est le ciment de l’autel de la liberté.” ❖ Benoît Gagnon (H02-494)
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