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 Rilakkuma lasagnas [F03-009]

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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: Rilakkuma lasagnas [F03-009]   Ven 31 Mar - 21:28

Devant ses yeux, un carré de trucs indéterminés, ça ressemble vaguement à du vomi rassemblé pour faire croire que c'est comestible. Son estomac à l'agonie vit probablement ses derniers instants, le moment de l'acceptation. Car il s'est étrangement calmé, silencieux, il a cessé ses hurlements et la vue du repas du soir ne semble pas lui redonner l'énergie pour crier sa famine. Tandis que les autres, autour de lui semblent paniqués, perdus, hagards, lui, lui et son estomac observent d'un oeil vide les lasagnes qui trônent dans l'assiette ainsi que les couverts en plastique. Même sensation qu'avec le douche dans la salle de bain à son réveil. Cette fourchette en plastique cache quelque chose. En revanche, pourquoi il ne se rappelle pas de son nom, pourquoi il se retrouve ici, quel est le but de tout ça ? Sur le moment, il en a absolument rien à carrer. Ce que peut cacher un couvert comme terrible secret, ça oui, ça trotte dans sa tête. L'attaque des bacs de douche et des fourchettes en plastique. Un conte terrifiant ! Une épopée palpitante ! La saga dont vous avez toujours rêvé qu'elle n'existe pas.

Soudain, son âme d'artiste s'éveille. Avec la fourchette, instrument dirigeant son génie créatif, il aplatit les coins des lasagnes, consciencieusement et avec minutie. Après avoir séparé deux morceaux et formé deux petites boules qui deviendront des oreilles, il forme une tête ovale semblable à un ballon de rugby et avec des haricots il crée un visage. Quand il assemble le tout, inconsciemment il dit à voix haute “Rirakkuma.” Un (vaguement) ours lui fait maintenant face dans l'assiette mais il s'en est déjà désintéressé. L'excitation est de plus courte durée que l'ennui qui le gagne instantanément chaque fois qu'il tente quelque chose pour le tromper. Y'a rien ici. Le blanc, c'est l'ennui. Le repas, c'est l'ennui. La seule chose à laquelle il peut tenter de s'intéresser c'est ces êtres qui se débattent dans l'inconnu, les autres humains pourtant, eux et leurs interrogations stériles, il les trouve ennuyants. Il mange une oreille de son ours sans conviction alors que soudain, il se souvient du cahier coincé élégamment dans son pantalon; à coup sûr une pointe de classe enviée de tous; subtilisé aujourd'hui à l'aire de jeux. Dessus, y'a déjà quelques gribouillis. Une représentation grossière du douzième étage. Des sketchs de deux mecs. Instinctivement, il s'était emparé d'un crayon tandis qu'une soif de dessiner s'était emparée de lui. Quoi qu'il fut ou fit, il avait l'habitude de dessiner, il le sait. Pas une information capitale mais ça permet de s'occuper en toutes circonstances alors plutôt que d'écrire, il a décidé de réaliser des sketchs avec quelques annotations. Il cherche maintenant un sujet avec une nonchalance déprimante. Personne ne l'inspire. Tous pareils. Devrait-il dessiner cette fourchette en plastique pour tenter de percer son mystère ? Et puis, soudain, une chevelure flamboyante deux tables plus loin, en face, lui envoie des signaux forts. “Dessine-moi” est la mélodie chantée par les cascades enflammées qu'il trouve splendides. Kimatta. Il n'a peut-être jamais vu de rousse de sa vie, quelque part, il le sent et enrage sur le moment de n'avoir qu'un crayon de papier mais commence à dessiner un portrait approximatif.
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Qui es-tu petite abeille?

MessageSujet: Re: Rilakkuma lasagnas [F03-009]   Dim 30 Avr - 13:27




rilakkuma lasagnas
H03-605 & F03-009
Espace aseptisé et conversations stériles.

Les Neiges Eternelles de l’Asepsie se déposent comme un limon sur l’esprit des habitants de la Ruche ; et il ne tient qu’à l’individu de ne pas se laisser endormir, pour ne pas prendre pour acquis sa présence dans les lieux. Parfois, il ne faut que d’un seul écart par rapport au règlement pour disparaître des couloirs – et si certains apparaissent de nouveau dans l’enceinte de la Ruche, d’autres, au contraire, disparaissent de la mémoire collective comme s’ils n’avaient jamais existé.

Et sans jamais avoir retrouvé leur identité.
Parce qu’une série de chiffre, pour toi, ne définit personne.
T’es 03-009 ; et tu ne sais toujours pas ce que tu fais ici, ni même où se trouve ici.

Une seule certitude : tu ne vas pas laisser la routine s’installer, tu ne vas pas arrêter de penser aux questions primordiales : comment sortir d’ici, définir ici, trouver la sortie ou trouver l’entrée, entrer dans le monde, celui que tu connaissais avant mais qui, encore, t’échappe.
F03-009. Juste des chiffres, sans nom ni prénom. Juste des surnoms, comme celui que 117 t’a affublée l’autre jour, au bout de cinq repas : Firefox. Du renard, t’en partages la ruse. Du feu, t’en gardes le côté flamboyant. Et dans l’Immaculé, ta chevelure crie au parjure.

Aujourd’hui, t’es âgée de vingt-sept repas.

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Et des vingt-sept repas, tu retiens une chose essentielle : t’aimes pas la sauce tomate. Couvert en plastique en main, tu joues avec le contenu de ton assiette, pousse la viande hachée en retenant un air dégoûté. Pourtant, tu te forces à avaler, consciente qu’il pourrait s’agir de ton dernier repas. L’air absent, tu ne participes que très peu à la conversation qui anime ta table. Oui, t’es là depuis un peu plus d’une semaine. Non, t’as encore vu personne se faire happer par les bras métalliques, mais dis-moi quand t’arrêtes de parler car je tente d’apprécier mes lasagnes. Ton voisin se marre un coup, ne sachant comment interpréter tes propos. Puis, d’un signe de tête, il désigne un mec aux traits différents à deux tablées de la tienne.
« T’as gagné un autre fan … », se marre-t-il avant de piocher gaiment dans sa gamelle.
« M’dis pas qu’t’es le fan n°1, 007 ? », lui demandes-tu, désintéressée par les lasagnes qui te font pâle figure dans ton assiettes. T’arques en sourcil, mais l’autre brun se contente d’hausser les épaules en retour. Belle équipe de bras cassés. « N’bouge pas », lui lâches-tu, laissant le plateau repas derrière toi, embarquant juste ta pomme.

Lourdement, tu te laisses choir sur la chaise (inconfortable) en face de ton deuxième fan. T’arques en sourcil, découvrant qu’il a commencé à te refaire le portrait. Un vague sourire fleurit à la commissure de tes lèvres avant que tu ne partes d’un petit rire.
« Une chose est certaine, l’ami : tu possèdes plus de talent artistique qu’moi. » Tu hoches la tête, te rappelant tes dernières tentatives (ta dernière et unique) avec le matériel de peinture au douzième étage. Même un gamin de cinq ans pouvait mieux faire que toi … les crayons, tu ne les maîtrises que lorsqu’il s’agit de faire des traits droits ; comme pour aller du point A au point B.

Puis, d’un signe de tête, tu désignes son assiette où l’oreille de l’ours est abonnée absente.
« Pas fan de la bouffe du quoi, eh ? »

 
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Rilakkuma lasagnas [F03-009]
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