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 Et s'il ne revenait jamais? || H01-003

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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: Et s'il ne revenait jamais? || H01-003   Lun 24 Avr - 16:57

Une heure. Peut-être même deux. Je ne le sais plus réellement au point où j'en suis. Il faut que je me fasse à l'idée cette fois. Que j'assimile cette saleté de réalité même si elle me donne envie de hurler. Je pourrais le faire, mais qu'est-ce que ça changerait? Rien. Ça ne changerait rien du tout. Tout autant que tourner en rond comme un con dans ma chambre ne change rien du tout non plus. C'est ridicule. Forcément je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est ma faute. Qu'il a dû faire une bêtise par ma faute et se faire attraper par cette chose qui sort de sous le lit comme le croque mitaine. Je lui ai fichu une trouille bleue avec ça en plus. Ah bon sang. Aller. On respire. On se calme. Tout va bien aller. Je vais juste... Je ne sais pas ce que je vais faire en fait. Être encore plus motivé à trouver comment sortir de cet endroit? Faire une bêtise pour me faire attraper aussi? Une douche. Je vais commencer par aller prendre une douche pour me détendre un minimum. Au moins essayer de le faire un minimum. Bon d'accord, je vais juste me laver et sortir vite fait avant de recommencer à paniquer. Ça va m'achever. J'étais zen et voilà que je ne le suis plus. Le beau portrait de ma personne. Cette façon d'appliquer un peu trop à la lettre le fait ce que je dis et pas ce que je fais. Ça va me rendre fou. J'ai bien essayé de me cogner la tête dans un coin de la douche, mais ça n'a pas été des plus efficaces. Pas plus que le brossage de dents pour faire passer l'envie de hurler. Pas même le fait d'être frivole un peu en omettant d'enfiler un haut et me contentant du pantalon. Premier geste de rébellion en sortant de la salle de bain et fixant la porte de la chambre de mon coloc. Bien sûr... le coloc... il va savoir lui. Il ne peut pas m'en vouloir de le réveiller à... 6h50 du matin. Situation d'urgence. C'est ce qu'il a dit non?

J'use donc de ma totale non subtilité pour entrer dans sa chambre. Pour aller me laisser tomber à côté de lui sur le lit. Juste avant de tout expulser en parlant vitesse grand V. Histoire qu'il me laisse le temps de parler un peu avant de me tuer avec son oreiller. « Faut que tu m'aides là parce que je sais pas quoi faire. Tu sais que je t'avais parlé que j'ai un jumeau? Forcément tu te souviens de ça. J'ai vu ta tête quand j'ai parlé de deux moi dans ton lit. Bref. Il a disparût. Juste... pouf. Et le voisin voyeur aussi d'ailleurs. Ça fait... deux semaines maintenant je crois que je ne l'ai pas vu. Peut-être plus. Je perds un peu la notion du temps. J'ai fouillé partout. Je suis allé dans le logement plus d'une fois. Même en plein milieu de la nuit depuis qu'on a plus le couvre-feu. Rien. Je le trouve pas. Personne l'a vu... C'est ce truc qui l'a pris... » Je lui file un petit coup de coude avant de continuer. « Tu es là depuis longtemps toi. Tu en as vu des gens disparaître. Ils sont revenus à un moment ou un autre? Parce que s'il ne revient pas... bordel je sais pas ce que je vais faire. C'était mon jumeau. Ma famille... Bon sang je déteste cet endroit. Il faut qu'on arrive à sortir d'ici. »

J'attrape l'oreiller sur lequel j'avais appuyé ma tête pour venir me le coller dans le visage. Au moins comme ça si j'ai envie de hurler ça va étouffer un peu le bruit. Il faut surtout que je la ferme deux minutes. C'est bien joli de lui demander son avis à mon super coloc, mais si je ne le laisse pas parler je ne suis pas plus avancé. C'est probablement pour ça que j'ai essayé de marmonner que c'est bon je me tais maintenant. « Ai... fini... cbon... »

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MessageSujet: Re: Et s'il ne revenait jamais? || H01-003   Mar 25 Avr - 0:45

Et s'il ne revenait jamais?
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Licornes. Arc-en-ciels. Bisounours. Lucioles et petites fées. Doux rêves enfantins. Amusante distraction nocturne. Ce n'était définitivement pas moi. Et définitivement par mes rêves. Pour une raison qui était bien loin de ma conscience, je courrais sur un tapis. Un tapis de course. Et je ne pouvais plus m'arrêter. Plus d'un mois était passé et cette séance de sport me travaillait à l'évidence encore. Ou peut être que ce n'était que l'effet de la Ruche? Ouais, c'était probablement ça. Quoi qu'il en soit je me voyais courir, je ressentais la chaleur dans mes jambes, la douleur dans mes muscles. Je me crispais. La tension. La peur. L'angoisse de m'arrêter. - « Faut que tu m'aides là parce que je sais pas quoi faire... »

Je sursautais, ouvrais subitement les yeux avant que ma main ne saisissent fermement son bras. Avant que je ne réalise que je ne risquais rien. Avant que je reconnaisse sa voix et que je retombe sur le lit, lourdement. J'aurais dû lui tordre le cou. Ouais. J'aurais dû. Je le laissais poursuivre, je le laissais déblatérer tout ce qu'il avait à dire même si sa voix sonnait comme une torture à mes oreilles. J'écoutais à moitié. Suffisamment pour comprendre, pas assez pour détailler. J'avais à nouveau fermé les yeux pour essayer de me rendormir malgré lui mais c'était bien impossible.

Il m'envoyait un petit coup de coude et je rouvrais les yeux. - « Tu es là depuis longtemps toi. Tu en as vu des gens disparaître.. » - J'en avais vu. J'en avais trop vu. Ou plutôt je ne les avais plus vu. C'était bien ça le problème. Sans mal ni surprise le visage de 4 s'imposait à mes pensées et je soupirais. Lui, 2, tant d'autres. Disparus du jour au lendemain. Évaporés à l'angle d'un couloir. Le bras mécanique qui vous emportait après une infraction, tout le monde le voyait. Toujours. Mais pas ceux là. La masse silencieuse, la masse absente. Celle qu'on ne voyait jamais disparaitre.

001 attrapait l'oreiller pour y enfoncer son visage et je me redressais, encore étourdi par le sommeil. Au moins cette fois je portais un boxer. - « Ai... fini... cbon... » - En temps normal je l'aurais étranglé. Étouffé dans cet oreiller. Attaché avec mes draps puis noyé dans la douche ou pendu au lustre qu'on avait pas. J'aurais été créatif. J'en étais capable. Mais c'était là ce dont on avait parlé. C'était important. Alors plutôt que du lui faire mal pour lui rappeler à quel point me réveiller aussi tôt était une mauvaise idée, mon bras passait par dessus ses épaules et je le ramenais contre mon. Je calais sa tête, ma main dans ses cheveux, sans rien dire sur le moment. Que ça paraisse bizarre, ou déplacé, ou gênant... je m'en fichais. De toute façon il était trop tôt pour que j'y pense seulement. Ce que je savais, comme un automatisme, comme un réflexe, c'est que c'étai la seule chose à faire.

Respire... - Parfois je me demandais jusqu'où mon expérience de la Ruche me mènerait. Mon passif ici. Ce que j'y avais vu, ce que j'y avais fais. Dans un an si nous étions toujours là, à quel point est-ce que ça m'aurait changé? Étais-je, auparavant, du genre à prendre un autre homme dans mes bras juste pour le rassurer? Pour tenter de le calmer? Étais-je ce genre de personne? Même si c'était trop tôt... Je crois que j'aimais être ce genre de personne.

Je pouvais le garder ainsi autant que je voulais, il attendrait toujours ma réponse. Et je ne voulais pas lui mentir. Je pouvais, mais je refusais. Pas sur ça. L'espoir était quelque chose de trop rare et de trop important dans la Ruche pour être gaspillé. - J'en ai vu oui, beaucoup. Des visages que je croisais tous les jours, disparaitre en une nuit... - Je ne voulais pas le brusquer bien sur, mais il me tirait de mon sommeil et lui comme moi savions que j'étais pas des plus subtil dans cette situation. - On les a jamais revu. - Je soupirais en m'appuyant contre le mur derrière moi. Je ne tenais plus 001, qu'il soit contre mon ou pas.

J'avais quelqu'un qui a disparu, quelqu'un de proche. Tu te souviens de 4? Qui étais venu passer la soirée ici? - C'était pas la seule soirée d'ailleurs, mais c'était peut être la plus mémorable. - Je ne l'ai plus revu depuis. Une fois la bouteille entamée il partait d'ici en titubant et c'est la dernière fois que je l'ai vu. - Ma main passait dans mes cheveux, contre mon visage. - Je l'ai cherché bien sur, comme toi. Son logement, les endroits où il était souvent... Mais rien. Rien à faire. - Je tournais mon regard vers lui en haussant les épaules. - Je préfère me dire qu'ils sont ailleurs, qu'ils vont bien. C'est utopique, je sais, mais j'aime pas les autres alternatives que mon cerveau propose. - Jusqu'à ce que mes proches s'évanouissent dans la Ruche, je pensais que les robots recyclaient les corps en nourriture... La simple idée de manger mon ami m'avait vacciné contre cette idée.

Je tournais la tête vers lui, captais son regard dans la lueur du couloir par la porte entrouvert, et lui lançais un petit sourire. Un sourire qui se voulait rassurant. - J'essaye de pas trop y penser. Je pense pas qu'on puisse y faire grand chose de toute façon. Je sais, je sonne froid mais... Je pense qu'il faut juste faire avec. - Je soupirais. Je voulais pas lui dire ça, juste ça, et rien d'autre. - On est sur de rien ici. Peut être un jour on les reverra mais en attendant, je préfère ne pas trop me bercer d'illusion. - Et ça faisait mal. Oui.

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MessageSujet: Re: Et s'il ne revenait jamais? || H01-003   Dim 30 Avr - 19:46

J'ai envie de hurler. Peut-être même de pleurer. Au vu des circonstances ça serait normal non d'avoir envie de pleurer? C'est ce que toute personne normalement constituée fait lorsqu'elle a perdu un être cher non? Le problème c'est que cette personne là, mon jumeau, je ne le connais toujours pas. Je ne le connais pas réellement plus qu'à ce tout premier moment où je l'ai croisé. Je sais brièvement comment il est... était. Je sais qu'il semblait à l'opposé de moi en tout point au niveau du caractère. Au niveau de sa personnalité que j'ai un peu trop brusquement voulu faire taire parce que je suis un imbécile chronique. Ce n'est pourtant que ça. Rien de plus. Pas de souvenirs de notre enfance. Pas de souvenirs d'une quelconque forme de lien autre que celui nous liant assurément par le sang. Alors pleurer... Je ne me sens pas de pleurer non. Je n'y arrive tout simplement pas. Verser des larmes inutiles pour un inconnu ça ne me semble pas logique. Un jour peut-être lorsque je vais me souvenir, si les souvenirs reviennent à un moment ou un autre, j'aviserai ce que je fais. D'ici-là... D'ici-là je panique simplement parce que j'ai besoin de paniquer pour une fois. J'ai besoin de savoir où il est parce que je veux les vivre les moments où les souvenirs vont revenir. Je veux les vivre avec lui. Je veux... Je ne sais pas ce que je veux d'autre que le trouver. Savoir qu'il va bien au moins. C'est la moindre des choses en ce moment. Me convaincre qu'il n'est pas devenu le sujet d'expérience de ce bras mécanique kidnappeur de personnes. L'imaginer se faire torturer ou même pire... Et c'est chose facile quand son visage je le vois à tous les jours dans le miroir de la salle de bain. Tous les jours jusqu'à la fin de mes jours. Ça ne s'oublie pas. C'est... C'est... son bras qu'il passe contre moi?

Je retire par réflexe plus que par réelle envie l'oreiller que j'avais dans le visage en sentant mon colocataire m'attirer contre lui. Juste faire ça. Sans un mot. Un geste que j'imagine avoir pour but de m'offrir une quelconque forme de réconfort. « Respire... » Ouais... que je respire... Je roule des yeux en inspirant et expirant bien fortement pour lui montrer que je fais l'effort. Qu'il y a un minimum de coopération de ma part. Je lui dois bien ça après le réveil un peu sadique que je viens de lui servir. Je ne bougeais pas même de cette drôle d'étreinte. C'est qu'il est presque confortable en fait. « J'en ai vu oui, beaucoup. Des visages que je croisais tous les jours, disparaitre en une nuit... » S'il veut se faire rassurant c'est assurément pas gagné là. « On les a jamais revu. » Ah bordel... Je me redresse lorsqu'il se cale contre le mur derrière lui, portant la main à mon menton pour le gratter. « J'avais quelqu'un qui a disparu, quelqu'un de proche. Tu te souviens de 4? Qui étais venu passer la soirée ici? » Quatre... Quatre... Ah ouais la bouteille. Il me semble que j'avais entendu plus d'une voix ce soir-là, mais il fait probablement référence à celui qui est resté un moment. Ils étaient difficile à ne pas entendre. « Ouais je me souviens... » Enfin, brièvement. « Je ne l'ai plus revu depuis. Une fois la bouteille entamée il partait d'ici en titubant et c'est la dernière fois que je l'ai vu. Je l'ai cherché bien sur, comme toi. Son logement, les endroits où il était souvent... Mais rien. Rien à faire. » C'est pas possible cet endroit. Le bordel. Les disparitions... « Je préfère me dire qu'ils sont ailleurs, qu'ils vont bien. C'est utopique, je sais, mais j'aime pas les autres alternatives que mon cerveau propose. » Et je sais que c'est que je devrais faire aussi, mais ça ne le fait simplement pas. Pas là. Pas en ce moment. Comme si j'avais un blocage naturel à croire ça en voyant de quoi cet endroit est fait. Je ne peux pas juste imaginer qu'ils ont pigé le bon numéro pour sortir d'ici sains et saufs vivre leur belle vie.

« J'essaye de pas trop y penser. Je pense pas qu'on puisse y faire grand chose de toute façon. Je sais, je sonne froid mais... Je pense qu'il faut juste faire avec. On est sur de rien ici. Peut être un jour on les reverra mais en attendant, je préfère ne pas trop me bercer d'illusion. » Je me gratte la nuque avant de me laisser retomber contre le lit de nouveau. « Donc c'est ça le truc. Faire comme si tout ça c'est normal. Imaginer qu'ils sont ailleurs et vont bien... Je sais que je devrais pas me prendre la tête avec tout ça, mais ça me semble pas humain de juste faire comme si de rien n'était. J'ai envie de te croire. Je suis pas venu chercher ta bonne parole de si bonne heure pour faire comme si tu n'avais rien dit, mais... bon sang c'est pas facile. » Un petit rire nerveux m'échappe avant que je ne soupire probablement trop fortement. « Le pire dans tout ça c'est que j'ai le sentiment de te connaître davantage que je le connaissais. C'était mon jumeau. Je peux pas réfuter ça, mais le reste... Je le connais absolument pas. C'est comme un inconnu avec la même tête que moi... » Je tourne le regard dans sa direction en souriant un peu. « Désolé pour le réveil... mais tu es tout de même étonnamment confortable tu sais. »

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MessageSujet: Re: Et s'il ne revenait jamais? || H01-003   Dim 7 Mai - 21:56

Et s'il ne revenait jamais?
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Je restais adossé au mur, la fraîcheur contre ma peau humide faisait du bien. Ce cauchemar, cette course effrénée ne m'avait pas laissée indemne et déjà quelques tensions musculaires se faisaient sentir dans mes jambes. Je tournais seulement la tête vers lui alors qu'il parlait, observais son visage bichromatique dans la pénombre. J'observais ses traits déformés par les ombres et la panique. Car s'il était une chose que je n'avais jamais vu chez lui, une chose que son humour et sa joie apparente avaient toujours camouflé, c'était bien ça. La peur. La panique. Oh il jouait de blague pour contrer sa peur, je le savais, beaucoup étaient dans son cas. Mais la panique n'avait jamais été visible sur son visage et là, je la voyais. Assez pour qu'un soupir ne m'échappe, discret, compatissant. J'avais paniqué au début, quand j'étais encore seul, et puis plus jamais. Est-ce que ça faisait de moi un homme sans cœur?

« Désolé pour le réveil... mais tu es tout de même étonnamment confortable tu sais. » - Ils disent tous ça.. - Je captais son regard, ses yeux noirs rivés dans les miens, et un sourire courbait mes lèvres. - Tu te souviens de ce que j'ai dis? Seulement en cas d'urgence. - Ma main se posait fermement sur sa cuisse et la tapotait avant de se retirer. - Quand tu vas mal, c'est une urgence. Alors pas besoin de t'excuser. - Je repoussais légèrement le drap pour sortir une jambe et la plier à la verticale, pour tenter de réguler ma température. - Je dis pas que c'est facile. Il ne faut pas oublier. Et si tu trouvais ça facile, je m'inquiéterais. Je dis seulement que c'est la seule façon que j'ai trouvé pour... Continuer d'avancer. Enfin autant qu'on peu dans un endroit pareil.

Mes mains se rejoignaient devant moi, mes bras posés nonchalamment. - La Ruche ne nous laisse pas de choix. Elle prend plus qu'elle ne donne et on ne peut rien y faire. Ce que je dis c'est que... Accepter que pour le moment, "pour le moment", on est impuissant est la meilleure chose à faire. - Car il ne semblait pas dans ma constitution de baisser les bras, ni de m'avouer vaincu d'une quelconque façon. Je soulignais bien que c'était temporaire, car si je donnais l'impression de m'être acclimaté à l'endroit, je n'avais pas perdu mon besoin de comprendre et mon envie de partir. Je voulais sortir, je le voulais depuis le départ, mais je savais que ce ne serait pas simple. Je savais sans l'ombre d'un doute que ça demanderait plus que de la force brute ou des raisonnements simplistes. Du temps. C'est ce que ça demanderait. Mais la patience semblait être quelque chose que je maîtrisais. Si seulement je pouvais la partager. - Je suppose sans mal que tu ne le ressent pas en ce moment, que tout te parait... Froid et inhospitalier. Plus comme avant. Ça reviendra. Après un peu de temps, ça reviendra. - Car après tout, c'était là la grande question. Combien de temps était passé. Combien de temps restait-il encore. A nous, moi, la Ruche. Il pourrait disparaitre dans l'heure comme jamais. Je pourrais disparaitre aussi. Combien de temps avions nous? Combien de temps serait nécessaire pour ce qui viendrait?

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MessageSujet: Re: Et s'il ne revenait jamais? || H01-003   Jeu 11 Mai - 12:39

Tu es confortable... je devrais être en pleine crise existentielle et je perd mon temps à commenter le confort de son grand torse musclé. « Ils disent tous ça... » Il en ajoute en plus... C'est l'évidence même que quelque chose ne va pas... ou peut-être tout le contraire en fait. Les commentaires inutiles et ridicules sont presque devenus ma marque de commerce personnelle. Oh je sais bien que j'en utilise à profusion fort probablement pour faire abstraction de l'environnement. Pour essayer de détendre l'environnement pour les autres. Peut-être un peu aussi parce que oui je suis un imbécile. Tout ça pour sous-entendre que c'est sans commentaires de ce genre que oui j'aurais eu de réelles raisons de m'inquiéter. Ça impliquerait que cet endroit a réussi à atteindre son but, me terroriser et ça... C'est quelque chose que je ne veux pas voir arriver. Pas de mon vivant. Il suffit donc de faire le nécessaire pour que ce jour n'arrive pas et visiblement ça doit passer par une discussion trop matinale avec mon coloc. Parce que si moi je suis un imbécile heureux et zen, lui il est juste zen. Semble l'être en tout cas. Je me suis tout de même excusé pour le réveil un peu brutal. C'est probablement la moindre des choses. « Tu te souviens de ce que j'ai dis? Seulement en cas d'urgence. » Je sens sa main se poser contre ma cuisses un instant avant qu'il ne continue. « Quand tu vas mal, c'est une urgence. Alors pas besoin de t'excuser. » Et là est tout l'essentiel de la conversation. Est-ce que je vais mal? Est-ce que je devrais me sentir complètement démoli au vue de la situation? Est-ce que je passe pour un beau connard de ne pas pleurer toutes les larmes de mon corps à l'instant? De plutôt envisager descendre du lit du bon pied pour continuer de faire ce que je fais le mieux ici. Être un imbécile qui fait sourire les gens ne serait-ce qu'un peu... Forcément, il me sert un superbe mélange de tout ça comme s'il m'indiquait le chemin à suivre. Ça en est presque perturbant. « Je dis pas que c'est facile. Il ne faut pas oublier. Et si tu trouvais ça facile, je m'inquiéterais. Je dis seulement que c'est la seule façon que j'ai trouvé pour... Continuer d'avancer. Enfin autant qu'on peu dans un endroit pareil. » Je ne sais pas quel boulot il avait hors d'ici, mais il se débrouille bien avec les mots c'est évident.

Je souffle comme un ballon qui se dégonfle. Pas que ça va changer quoi que ce soit, mais avec un peu de chance ça va faire tomber la pression que je me fou sur les épaules. « La Ruche ne nous laisse pas de choix. Elle prend plus qu'elle ne donne et on ne peut rien y faire. Ce que je dis c'est que... Accepter que pour le moment, "pour le moment", on est impuissant est la meilleure chose à faire. » Et il a probablement raison. « Je sais bien tout ça je t'assure. Je suis là depuis assez longtemps maintenant pour l'avoir réalisé. Ça n'en reste pas moins... troublant tout ce bordel. » Je fixe la plafond en tapotant mes cuisses des bras. « Je suppose sans mal que tu ne le ressent pas en ce moment, que tout te parait... Froid et inhospitalier. Plus comme avant. Ça reviendra. Après un peu de temps, ça reviendra. » Un fin sourire étire mes lèvres alors que je tourne brièvement le regard dans sa direction avant de le reporter sur le plafond. « Tu sais quoi en fait, je crois que c'est bien le pire dans tout ça. Je n'ai jamais vraiment senti cet endroit comme inhospitalier. Bon, un peu froid tout de même parce qu'avec tout ce blanc c'est difficile d'en faire autrement. Pour le reste... On est logé, nourrit, peut-être même protégé de quelques chose pour ce qu'on en sait alors je ne vois pas de réelle raison de détester cet endroit. Outre les disparitions fantôme et les autres choses que tout le monde déteste évidemment. » Je souris et soupire en me redressant pour le fixer. Une lueur probablement au fond du regard comme en ces moment où j'ai une idée derrière la tête. C'est-à-dire bien trop souvent.

« Tu sais quoi en fait? J'aimerais juste pouvoir... me permettre de repousser le moment où je vais peut-être éclater en sanglot. Outrepasser ça en ce moment et garder tout ce qui va me broyer le cœur le moment venu. Quand je vais me rappeler de lui et du reste de nos existences. Quand je vais avoir une réelle raison de le pleurer... » Quitte à passer pour un parfait connard en prononçant ça. « J'aimerais plutôt faire l'inverse. Ne pas être casse-couilles à offrir à tout le monde la vue de mes petits yeux rouges de misères et plutôt profiter. Parce que si lui et tant d'autres sont disparut sans laisser de trace... Il faut probablement profiter de ce qu'on a en ce moment. Aussi désagréable cet endroit puisse être par moments. Parce qu'on ne sait pas ce qui vient après et on ne sait pas combien de temps on a. »

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MessageSujet: Re: Et s'il ne revenait jamais? || H01-003   Dim 14 Mai - 22:29

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Ouais t'as pas tort, on est pas "si" mal ici. Y'a juste quelques... obstacles sur le parcours. - Erreurs, soucis techniques, accidents, meurtres... Quelques petits obstacles, rien de grave. Il se redressait et je souriais en voyant la lueur dans son regard. Cette lueur que j'avais déjà vu. Un bon signe. - « Tu sais quoi en fait? J'aimerais juste pouvoir... me permettre de repousser le moment où je vais peut-être éclater en sanglot. ... » - Je le laissais continuer, l'écoutais parler sans me défaire de mon petit sourire. Il semblait essayer de se justifier et même si c'était mignon, c'était tout de même inutile. - Tu sais, je te jugerais pas si tu ne pleures pas ton frère disparu. Après tout, vous vous connaissiez pas vraiment, enfin ici en tout cas. C'est normal de pas pouvoir le pleurer, tu n'as pas à t'en vouloir.

Je me redressais moi aussi, en soupirant parce que j'avais pas envie de bouger, et repliais mes jambes pour m'asseoir en tailleur face à lui. - Mais t'as raison, faut en profiter tant qu'on peut, on sait littéralement pas de quoi demain sera fait. Il faut essayer de s'amuser, passer du bon temps. - Je posais ma main sur sa cuisse, encore. - Donc toi, mon bel étalon... - Ma main glissait doucement sur sa cuisse avant de se retirer. - Tu vas aller prendre une douche, sortir faire rire des gens et prendre ton petit-déjeuner. Et moi je vais me recoucher pour dormir l'heure que tu m'as piqué. - Et je me laissais lourdement retomber sur mon coussin en sentant sa main taper ma jambe en guise de représailles. - « Gros flemmard! » - Je le sentais sortir du lit et l'entendais se rapprocher de la porte. - « Mais... Merci. » - Et j'entendais finalement la porte se refermer sur lui et le silence retomber. Merci... Comme si c'était nécessaire.

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