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 ferme les yeux et oublie (H05-066)

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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Dim 7 Mai - 6:25

ferme les yeux et oublie
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Tu ouvres les yeux. Et la première chose que tu fais, c’est observer les objets qui sont autour de toi. La brosse à cheveux que tu as laissé la veille au soir sur ta table de chevet est toujours là. Un soupir s’échappe d’entre tes lèvres, tandis que doucement ses muscles se détendent. T’es bien chez toi. Dans ta chambre. T’as pas bougé de ton lit. Les Intelligences Artificielles t’ont laissées tranquille. Depuis que tu t’es réveillée avec une inconnue dans une chambre qui n’était pas la vôtre ; et depuis que deux nuits plus tard les intelligences artificielles t’ont changé de logement ; tu ne dors plus sur tes deux oreilles. Déjà qu’auparavant tu étais sujette aux insomnies, à présent c’est encore pire. Tu n’oses plus fermer l’œil, de peur de te retrouver Dieu sait où. Il y a des bugs en ce moment, ce qui te fait envisager le pire. Qui sait, peut-être que la prochaine fois tu te réveilleras en prison ? Ou dans une pièce isolée dont tu ne pourras plus jamais sortir ? Ou alors, comme tes colocataires avant toi, tu disparaitras, comme ça ? La veille tu seras là, tranquillement installée dans ton lit, et le lendemain ta nouvelle colocataire retrouvera ta chambre vide avec ton lit fait et tes affaires auront disparu de l’armoire ? Et on entendra plus jamais parlé de toi ? Fin de l’histoire ? T’arrives pas à accepter cette idée. T’arrives pas à faire taire cette angoisse qui se tapie en toi. Cette angoisse qui ne t’a jamais quitté depuis que t’es arrivée ici, et qui ne fait qu’accroitre depuis que tu t’es rendue compte que les choses ne tournaient pas rond ici.

Plus tu restes dans ton lit, à fixer le plafond, et plus tu réfléchis. Plus tu réfléchis, et plus tu te poses des questions. Plus tu te poses des questions, plus tu sens la paniquer monter. Alors tu décides d’arrêter de penser. Et de sortir de ton lit. Dans un soupire contraint, tu te redresses et quittes tes draps. Tu te laisses porter jusqu’au salon, d’où le silence règne. Par excès de paranoïa, tu décides d’entrouvrir la porte de la chambre de ta colocataire. Juste assez pour distinguer sa silhouette dans son lit. Puis tu refermes la porte comme si de rien était. Elle est toujours là. Et toi aussi. Une nouvelle journée peut commencer.  Tu te diriges vers la salle de bain, et tu fais couler l’eau de la douche. T’y restes un long moment. Assez longtemps pour que la pièce soit emplie de buée. Mais ça te fait du bien, le contact de l’eau chaude ruisselant sur ton corps. Ça te détend. Ça vide ton esprit. C’est la voix de ta colocataire qui te fait te reconnecter à la réalité. Apparemment elle est réveillée, et elle a aussi envie de se doucher. Tu grognes un moment, puis sors de la douche. Le temps de te sécher, et tu lui laisses la place.

Une fois préparée, tu te diriges vers la cafétéria. Inlassablement les mêmes journées. Tu te lèves, tu te douches, tu vas manger quand le repas est jugé mangeable, puis tu te diriges vers la salle de sport. De là tu te mets dans ton coin de prédilection, en face du grand miroir qui tapie un des murs de la salle, et tu fais tes étirements. T’es toujours tranquille, dans ton petit coin. Parce que les autres personnes qui viennent dans la salle se concentrent surtout autour des machines. Personne ne vient s’exercer à la danse, à la gymnastique, ou au yoga. Ou pas souvent, en tout cas. Y’a surtout que toi. Toi et ton reflet dans le miroir. Une fois que tu te sens assez échauffée, tu commences tes mouvements de danse classique. Harmonie. Elégance. Agilité. Tes mouvements sont gracieux, tes pas fluides. La musique résonne dans ta tête, tandis que tu reproduis de mémoire la chorégraphie jadis mémorisée. Tu regrettes qu’il n’y ait pas d’instruments dans cette salle. Qu’à défaut du bruit métallique des machines il n’y ait pas quelque chose de plus harmonieux. De plus stimulant. « Tu sais, je vais pas te manger. » T’as remarqué depuis quelques minutes déjà qu’un jeune homme t’observe. Il semble captivé par ce qu’il voit, parce qu’il ne t’a jamais quitté des yeux. Comme subjugué. « Tu peux venir si tu veux, y’a de la place pour deux. » Pour trois, quatre, cinq, voire six même. C’est vrai qu’à force de toujours te voir dans cet espace les autres pensent qu’il t’ait réservé. Mais ce n’est pas le cas. Même si, au fond, t’es bien contente de toujours être seule. Au moins t’es tranquille.
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Courir. Courir toujours. Sans s'arrêter. Fuir. Fuir ce putain de passé qui nous colle à la peau, nous pourri notre journée, notre avenir, tout ce qu'on pourrait envisager d'être, de devenir, nous empêche de changer. Sombres. Sombres Pensées. Sombres Cœurs. Sombres Passés.


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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Dim 7 Mai - 14:14


   

   
Ferme les yeux et oublie
❝Dans les caveaux d'insondable tristesse où le Destin m'a déjà relégué; Où jamais n'entre un rayon rose et gai; Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse, je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur condamne à peindre.❞
Appartement 704, tu te réveilles en sursaut. T'es vraiment pas serein depuis que t'es là. Qui le serait hein ? Toi qui était persuadé de rêver, tu te rends compte doucement que t'es réellement prisonnier. Oh t'es pas trop mal lotis, tu as un... « toit », à manger, de quoi te défouler, des draps propres, un appartement privatif, une jolie colocataire, ça pourrait être pire ! Évidemment tu ne vas pas te contenter de manger la bouffe qu'on te sert et tu ne vas pas Les laisser te rendre plus fou que tu ne l'es déjà. Tu sautes du lit et t'empresses de rejoindre la petite salle d'eau de l'appart pendant que ta coloc ne l'occupe pas. Sous la douche, tu ne t'attardes pas, tu dois partir en exploration. Cet endroit va devenir ton terrain de jeu à toi et tu dois faire le tour du propriétaire. Serviette de bain autour de la taille, tu dégueulasses le chemin jusqu'à ta chambre, des gouttes d'eau que tu sèmes, les empruntes de tes grands pieds qui craquent presque à chaque pas. T'ouvres ton dressing, bordel t'en peux déjà plus de ces fringues blanches, identiques et sans personnalité, sans âme. Ils te réduisent à l'état d'objet qu'Ils décorent : les Intelligences Artificielles. C'est comme ça qu'on les appelle, t'as entendu un gars en parler hier dans un couloir. Tu t'habilles et refais le fond de tes poches: vides, évidemment. T'as rien à te raccrocher et ça te rend fou. Où sont passés tous te souvenirs? Etaient-ils si insupportables que tu aurais payé cher pour trouver quelqu'un qui t'en débarrasses? Es-tu un criminel cherchant à fuir ses actes? Dans ton ancienne vie, avais-tu des yeux un peu trop curieux et un nez trop long qui fouillaient des dossiers classés confidentiels? Peut-être bien qu'Ils t'ont chopés parce que tu en savais trop... T'es peut-être de la C.I.A ou une connerie comme ça! Si seulement tu pouvais te souvenir de ton nom, au moins de ton nom... Tout ce que tu as c'est cette petite croix autour du cou et ce tatouage sur l'omoplate... Tu réfléchis encore activement même si t'as remué ça toute la nuit. Mince c'est que ça devait compter pour toi pour te faire tatouer ce piaf glauque! Et c'te croix là... T'as pas souvenir d'avoir déjà prié dans ta vie. Tu la gardes précieusement, pas parce que tu penses que Dieu te sauveras, mais parce que c'est tout ce qu'il te reste de ton ancienne vie. Elle te tint tellement à cœur parce que tu l'as oubliée justement... Tu donnerais n'importe quoi pour la retrouver, même si elle était à chier, qu'à cela ne tienne, tout était mieux qu'ici. Tes avants bras sont couverts de cicatrices encore fraîches, bien à vif après la douche. Le reste de ton corps est... Impeccable. Tu l'as observé sous toutes ses coutures, pas un pli: tu es musclé, beaucoup mais étonnement svelte. Ta peau est blanche, laiteuse sans tâches, sans rougeurs, cireuse, une vraie poupée de porcelaine si on oubliait ces trucs sur tes bras, seules ombres au tableau. Tu t'imagines que t'as plus ou moins la réponse à une partie de tes interrogations, ces cicatrices t'es pas né avec, ta vie devait pas être si funky que ça... Tu passes un doigt hésitant dessus, délicatement... ça brûle encore, tu grimaces. Allez, tu baisses tes manches, te donnes un peu d'entrain et te casse de ce trou. Tu fais un peu le tour et tu sais pas trop pourquoi mais tes jambes te mènent naturellement vers la salle de sport. C'est franchement pas le lieu que tu pensais visiter en premier ce matin, mais après tout, tu te laisses guider par ton instinct, tu sens qu'il ne va pas te décevoir. Ton instinct t'as plus que ça.

Beaucoup de machines dans cette salle. Tu grimaces. Tu as une sainte horreur des machines. à quoi ça rime de courir là dessus quand tu as tout l'horizon pour te défouler? Ridicule. Quelques tapis, des punching ball, des casiers en pagaille, d'autres trucs et... Un grand miroir avec une immense barre en bois. Là, une fille drôlement bien roulée est en train de s'échauffer. Tu t'approches un peu comme un animal craintif et elle commence à danser... ça te fait quelque chose de bizarre de voir ça, tu sais pas pourquoi mais tu trouves ça beau... Tu te dis à cet instant que t'es peut-être une de ces fiottes qui chialent devant des ballets de danse classique, mais franchement t'es ébahie. C'est une jolie façon de te souhaiter la bienvenue tous ces pas gracieux qui s'enchaînent sous tes yeux. Sa jambe droite s'élance, tu entends sa respiration concentrée accompagner ses mouvements et surtout tu sens tes muscles... Tes muscles se tendre doucement. C'était comme s'ils anticipaient ses mouvements et qu'ils voulaient l'imiter. Un truc de fou, tu SAVAIS son enchaînement, tu le prédisais et ça te paraissait si simple...

« Tu sais, je vais pas te manger. Tu peux venir si tu veux, y’a de la place pour deux. »

Tu retrousses un sourire en coin, ton petit sourire arrogant, tu l'affiches comme une signature.

« Quoi, tu veux dire où t'es, là? Tu m'as pris pour une fiotte ou quoi? Non, non j'danse pas moi, navrée princesse! ».

Néanmoins tu t'approches encore. T'es encore méfiant, mais elle n'a pas l'air dangereuse, elle n'est pas l'une d'Eux, clairement pas. Elle est comme toi. C'est cool. Tu enfonces tes poings dans tes poches et fais mine de jouer avec un petit gravier égaré là sur le sol, au bout de ta chaussure, au bout de la pointe de ton pied parfaitement galbé et tendu en suspension...

« J'imagine que c'est pas ta première nuit ici si tu trouves le temps de danser, hum? »
   
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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Dim 7 Mai - 17:04

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Tu continues tes pas de danse, inlassablement. Quand bien même tu sais qu’il t’observe. Quand bien même tu sens qu’il t’admire. Tu le ferais presque exprès, d’accentuer tes mouvements. De te donner à fond. De lui montrer de quoi tu es capable. Parce qu’il est réceptif à ce que tu fais. À ce que tu projettes. T’envoies de la grâce et de l’élégance à qui veut bien les prendre. Et lui, il est là, devant toi, les bras grands ouverts. Ça change. C’est nouveau. De voir quelqu’un qui est réellement captivé par ce que tu fais et pas par la paire de seins qui s’agite en rythme. Tu sens qu’il est pas là par besoin sexuel, mais plus par passion. Il aime la danse. Tu le sais. Tu le sens. Y’a qu’à voir son petit sourire en coin qui se dessine sur ses lèvres -qu’il n’a peut-être même pas remarqué tant il est captivé- et ses pupilles qui brillent et qui pétillent. C’est la première fois que quelqu’un ose enfin s’approcher du miroir et de la barre. Enfin quelqu’un qui est comme toi. Qui partage la même passion. Tu commençais sérieusement à désespérer de ne voir que des musiciens, des peintres ou des athlètes de haut niveau. Du coup, c’est pour ça que tu t’es permise de l’inviter à te rejoindre. Toi qui d’habitude à tendance à montrer les crocs et à sortir les griffes devant le premier inconnu qui t’aborde.

Il a ce petit sourire arrogant qui te fait te stopper. Il refuse ton invitation. Avec dédain. Il est hautain. Ou du moins c’est le masque qu’il semble arborer. Mais t’y crois pas un mot, à ses paroles. C’est que du vent. Que de la poudre aux yeux. Il nie, mais à entendre son timbre de voix qui se veut virile et son sourire dédaigneux, tu le soupçonnes de penser tout le contraire. Mais il veut pas être cette petite fiotte dont il semble tant se moquer. Du déni, probablement. Dans un sens, tu comprends ce rejet. C’est pas vraiment sexy pour un homme de faire de la danse classique –ou du moins d’être attiré par cette dernière-. Ça te rappelle ce film, Billy Eliott. T’y avais jamais repensé avant. Tu savais même plus jusqu’à présent qu’il existait. Mais voir ce type en face de toi rejeter ce qui pourtant te frappe aux yeux, ça t’a fait t’en souvenir. Tu vas l’appeler Billy à partir de maintenant. Ça sonne en toi comme une évidence. « Si tu le dis. » que tu lui réponds, avant d'allonger une de tes jambes devant toi et de te pencher pour t’étirer. Ta voix est emplie de scepticisme. T’y crois pas un mot, à ses paroles, et tu souhaites pas du tout le cacher. Tu lui lances un regard taquin à la dérobée, tandis que tu continues à t’étirer. Qu’il se la joue pas macho avec toi, ça marche pas du tout. Ça en serait presque ridicule. Enfantin.

À défaut de retourner avec les autres rois de la gonflette, il reste à tes côtés. Il s’est même approché du miroir. Comme si il était inlassablement attiré. T’as un petit sourire amusé qui se dessine dans un coin de tes lèvres, tandis qu’il semble jouer avec un caillou invisible au bout de sa chaussure. Il sait pas sur quel pied danser. Il hésite entre se lâcher ou rebrousser chemin. Entre s’accepter ou continuer à se faire passer pour le crétin qu’il n’est visiblement pas. Il décide de changer de sujet en insinuant que tu es ici depuis longtemps. « En effet. On pourrait presque dire que je fais partie des anciens maintenant. » Tu ponctues la fin de ta phrase par un rire jaune. Une des plus anciennes, parce qu’à force de disparaitre il ne reste plus grand monde à être arrivés avant toi. Un frisson parcourt ton échine à cette pensée. Pensée que tu chasses d’un battement de cils en te concentrant de nouveau sur lui. « Par contre toi je suppose que tu es nouveau ? » T’as jamais vu son visage. Et avec ta mémoire photographique, si tu l’avais vu ces derniers jours, tu l’aurais reconnu.
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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Lun 8 Mai - 14:04


 

 
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❝Dans les caveaux d'insondable tristesse où le Destin m'a déjà relégué; Où jamais n'entre un rayon rose et gai; Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse, je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur condamne à peindre.❞
« Si tu le dis ». Elle a l'air cash et elle fait pas de manières, t'aimes bien ça. Elle va pas te prendre la tête cette nana, peut-être même qu'elle est dans le même délire que toi : sa casser d'ici au plus vite, pourtant... Elle a l'air d'être dans ce merdier depuis belle lurette.

« En effet. On pourrait presque dire que je fais partie des anciens maintenant. », qu'elle te dit pendant qu'elle s'étire au sol. Bon sang ça te rend fou ça ! Combien de temps fallait-il rester dans ce système pour en être libérer ? Une chose est sûre, tu vas pas attendre d'être un « ancien », toi !

« Par contre toi je suppose que tu es nouveau ? ». Tu grommelles dans ta barbe. Nouveau ouais.

« Hum... ça se voit tant que ça ? », tu demandes en posant délicatement tes mains élancées sur la barre de danse. Tu as comme des... Frissons qui te traversent à ce contact, c'est particulier. Tu te dis que tu dois être un genre d’ébéniste.... Quoi, c'est possible !

« Mais t'attaches pas trop à moi, je compte pas m'attarder. Bon, dis moi, c'est quoi ce délire. Toi qui est là depuis un bail, on est où, là ? Non mais franchement, c'est quoi cette mascarade ? C'est des travaux d'intérêt généraux ou bien quoi ? J'ai du mal à piger le concept ! ».

Tu soupires et t'assois de tout ton poids à ses côtés. Tu te places naturellement dans la même position qu'elle, bon bien sûr tu n'étires pas ta jambe comme elle, mais tu t'assois en tailleurs et attrapes ta cheville. Elle tourne naturellement entre tes mains comme si tu étais toi aussi en plein échauffement. C'est comme si ton corps était étrangement conditionné, tu fronces les sourcils et lâche immédiatement ton pied.

« Faut que j'me tire d'ici... Toi non plus tu ne te souviens de rien ? Est-ce que ça revient à un moment ? Est-ce que leurs expériences nus ont définitivement grillé le cerveau ? », tu as trop de questions et pas assez de salive. « Est-ce que tu te souviens de ton nom... ? Je crois que c'est ça qui me perturbe le plus... Ici je suis, visiblement, H05-066, je l'ai appris par cœur. Ces chiffres ne m'évoque rien du tout... T'es qui, toi ? ».

Tu souffles, pauvre fille, tu la noies sous ton débit de parole mais eh, elle aussi elle a été nouvelle ! Tu lèves haut tes bras comme si tu t'étirais et une fois en l'air, tes deux poignets tournent sur eux même pour chauffer tes articulations.

« Tu es danseuse... ? », t'as appris qu'avec les filles, valait mieux les faire parler, elles se sentait plus en confiance ensuite. Tu sais plus d'où tu tiens ça, mais tu as tout ton temps libre devant toi à l'heure actuelle, autant essayer de gratter un peu d'infos !
 
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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Lun 8 Mai - 15:35

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Oui, ça se voit tant que ça. Tu saurais pas dire pourquoi, mais c’est comme ça. Tous les nouveaux ont ce même air, ce même regard. Ce même petit truc qui fait que. Peut-être que c’est l’impression d’être perdu. L’impression de nager entre deux eaux et de se noyer. Peut-être. Dans tous les cas, il confirme ton hypothèse. Il est bien nouveau. Depuis combien de temps ? Un jour ? Deux jours ? Plus que ça ? Tu l’observes avancer jusqu’à la barre. Et t’as ton sourire qui n’en démord pas. Il fait même pas gaffe que tu le regardes, parce qu’il est complètement captivé. Ailleurs. Ça dure pas longtemps, une fraction de seconde peut-être, mais ça te suffit pour te convaincre que t’as raison. Qu’il est dans le déni. Qu’il partage la même passion que toi. Qu’il se l’avoue ou pas, aucune importance. La vérité finira par éclater, d’une manière ou d’une autre. Instinctivement, ou parce qu’il sera forcé. À lui de voir, les cartes sont dans ses mains. Il reprend le fil de la conversation comme si de rien était. Et toi, tu ries intérieurement. Il se la joue cow-boy. Du genre à se croire plus fort que les autres. Comme si lui, petit homme lambda parmi tant d’autres, il allait réussir là où une bonne centaine d’autres avaient échoué. Tu le laisses parler, continuant tranquillement tes étirements. L’espoir fait vivre. Ouais, clairement, ça se voit qu’il est nouveau. Qu’il a pas encore pigé que c’est impossible de partir. Quand bien même t’en crèves d’envie et que t’es prête à tout pour y arriver. La frustration. « Moi je parie sur l’émission de téléréalité. Ou sur l’expérience scientifique. J’me tâte encore. Dans tous les cas, y’a des gens qui disparaissent. Régulièrement. Pour pas dire tous les jours, parce que sinon tu risquerais de flipper. Donc fais gaffe à toi. Les anciens se font de plus en plus rares, et il ne semble pas y avoir de logique dans les disparitions. » Tous tes anciens colocataires sont bien partis petit à petit. Les anciens comme les nouveaux que tu as. Et toi, pourtant, t’es toujours là. Pourquoi ? Parce que t’as une tête qui revient aux spectateurs ? Parce que tu fais de l’audimat ? Ou bien parce que les scientifiques ont encore besoin que tes organes mûrissent avant qu’on te les prélève ? Tant de questions. Tant d’hypothèses et de possibilités. Ça faisait longtemps, tiens, que t’avais plus repensé à tout ça. Et dans un sens, tu t’en portais pas plus mal.

Il s’étire et s’assit à côté de toi. Discrètement, tu continues de l’observer. De l’épier et de l’analyser. Il s’échauffe. Sans s’en rendre compte. Comme quoi c’est son subconscient qui agit pour lui. Quand il s’en rend compte, il se stoppe, et poursuit votre petite conversation. Si tu te souviens de quelque chose ? La bonne blague. Lui qui jusqu’à présent semblait rester sur la réserve et se montrer discret se révèle être en fait un véritable moulin à paroles. Clairement, ça fait pas une semaine qu’il est là. Tu parierais même sur le fait que ça soit son deuxième ou son troisième jour dans la Ruche. Pas plus. « Elles m’ont appelé F02-222. Mais je déteste qu’on m’appelle comme une vache, du coup appelle-moi par autre chose. Ou ne m’appelle pas. Pour ma part je vais t’appeler Billy. Comme le film, Billy Elliot. Ça te dit quelque chose ? À vrai dire je m’en souvenais pas jusqu’à ce que je te vois. » T’arques ton sourcil, le regard pétillant de malice. À voir s’il comprend le message, ou pas. « Pour le moment je ne me souviens pas de grand-chose. J’ai eu un flash fugace d’une personne se trouvant dans la Ruche. Visiblement on se connait d’avant tout ça. Et puis j’ai eu des sentiments étranges en la compagnie d’un homme. Comme si on était connectés, d’une manière ou d’une autre. Mais j’ai pas peu approfondir tout ça, parce qu’il a disparu. » Ton ton se fait tranchant et sec. Il est parti. Et ça te reste encore dans la gorge. Mais à force, faut bien que tu t’y fasses. « Mais je connais deux filles qui ont retrouvé leurs identités. Elles s’appellent Tasha et Adélaïde, tu les croiseras peut-être un jour. Si elles elles ont réussi à se souvenir, pourquoi pas nous ? » Une note d’espoir dans cet univers des plus obscurs.

Ses étirements se poursuivent avec ses poignets, tandis qu’il te demande si tu es danseuse. Faut croire qu’à force de parler et de se concentrer sur toutes ses interrogations il en oublie son corps. T’ étires à ton tour tes bras puis tes bras, l’imitant. « J’en ai aucune idée. Mise à part le fait que je connaisse des mouvements et des chorégraphies, je n’ai aucun autre souvenir. Peut-être que je l’étais. Ou peut-être pas. Mais dans tous les cas, c’était ma passion. Ça je le ressens jusqu’au plus profond de moi. C’est la première chose que j’ai découverte ici d’ailleurs. » T’as un sourire qui s’étire sur tes lèvres tandis que tu te remémores ta première fois dans la salle de sport. Quand tu te revois être attirée par cette barre en bois et par ce miroir. Ce jour-là t’avais fait tes premiers pas en tant que danseuse. Et Dieu que ça t’avait fait du bien.

Mais assez parlé. Assez attendu. Il t’a assez fait poireauter en tentant de changer de sujet. Mais t’es pas née de la dernière pluie, et faut avouer qu’il t’intrigue. T’as envie de le tester. De repousser ses limites. Et de faire jouer ses réflexes. Parce que y’a que ça de vrai, dans cette Ruche. Le corps parle de lui-même et révèle souvent des choses que l’on ignore. T’as à maintes reprises pu le constater déjà. « Allez lève-toi. » que tu lui intimes d’un ton autoritaire. Un ton qui ne permet pas le refus. Tu te redresses sur tes jambes et te positionnes au milieu de votre espace réservé. Il te suit, à quelques mètres de toi. « Et toi, est-ce que tu es un danseur ? » Question dont bien évidemment tu n’attends pas de réponse. Ou pas verbale, en tout cas. Tu ne lui laisses d’ailleurs pas le temps de s’exprimer. « Attention, reflexe ! » Et sans crier gare, tu te redresses et t’élances vers lui. S’il s’y connait vraiment, il va comprendre ce que tu t’apprêtes à faire. Et il va anticiper. Tu le souhaites de tout cœur, parce que sinon, tu vas te rétamer. Arrivée à quelques pas de lui, tu bondis dans les airs, les muscles tendus et le cœur battant la chamade. C’est un porté simple, que même les débutants apprennent à faire. Alors s’il te plait, souviens-toi-en, et n’ais pas peur de montrer ce dont tu es capable. De révéler aux yeux de tous ta véritable nature.  
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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Mer 10 Mai - 13:45



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❝Dans les caveaux d'insondable tristesse où le Destin m'a déjà relégué; Où jamais n'entre un rayon rose et gai; Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse, je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur condamne à peindre.❞
L'avantage avec cette petite blonde c'est qu'elle avait l'air... Dégourdie ! Et tu n'utilises pas ce compliment souvent. On sent qu'elle a longuement roulé sa bosse et elle a l'air de connaître les pièges et les rouages du système. Si ça trouve elle l'a trouvé la faille, avant toi ! Tu lui poses naturellement la question, t'aimerais t’enquérir de son avis, alors, dans quelle merde vous êtes ? A quelle sauce vous allez être bouffés ?

« Moi je parie sur l’émission de téléréalité. Ou sur l’expérience scientifique. J’me tâte encore. Dans tous les cas, y’a des gens qui disparaissent. Régulièrement. Pour pas dire tous les jours, parce que sinon tu risquerais de flipper. Donc fais gaffe à toi. Les anciens se font de plus en plus rares, et il ne semble pas y avoir de logique dans les disparitions. »

Tu laisses échapper un petit rictus. Ouais, le jour où ils te choperont c'est que... Non, en fait, ils ne te choperont jamais. T'es bien trop malin pour les intelligences artificielles. Elles peuvent bien te piquer tous tes souvenirs, t'as encore tes jambes et elles ont l'air de courir vite. Oh, tu peux courir des heures c'est pas un soucis, s'il faut tu ne dormiras même plus. Faut pas jouer au plus con avec toi !

« Des disparitions ? Tu penses que je vais m'en inquiéter ? Bien au contraire ! Ça veut bien dire que des gens trouvent la sortie à ce labyrinthe. Moi j'te parie qu'ils ne sont pas morts, nooon ! Ils sont dehors en train de gambader dans les prés et ils ne portent pas ces... Espèces de merdes ! », tu grognes en tirant sur le haut élastique de ta combinaison de ruche. « Et puis ils ont un nom... Un vrai nom... », c'est fou que ça soit ça qui te manque le plus. C'est vrai que t'as l'impression de... Disparaître, de devenir anonyme et tu ne supporte pas.

« Alors qu'elles viennent me chercher, juste pour voir ! », tu t'approches d'elle et baisse d'un ton le volume de ta voix. « Eh, je sais qu'on s'connait pas bien toi et moi, mais t'aurais pas quelques tuyaux à filer au nouveau ? J'te promets que si je sors, je reviens te chercher ! », et quand tu fais une promesse, tu la tiens ! T'es un mec loyal et ça, les IA ne te l'ont pas pris !

Enfin... Tu veux bien aller la chercher c'est pas un soucis, toujours présent pour secourir une jouvencelle en détresse (bien qu'elle n'a pas l'air si en détresse que ça...), mais tu sais même pas son nom !


« Elles m’ont appelé F02-222. Mais je déteste qu’on m’appelle comme une vache, du coup appelle-moi par autre chose. Ou ne m’appelle pas. Pour ma part je vais t’appeler Billy. Comme le film, Billy Elliot. Ça te dit quelque chose ? À vrai dire je m’en souvenais pas jusqu’à ce que je te vois. »

Tu affiches un petit sourire complice et d'une voix aguicheuse, tu murmures.

« Eh, F02-222, t'es à quel étage... ? », tu pouffes de rire. « Eh mais excellent comme concept ! », tu es tout content de ta vanne jusqu'à ce que tu réalises qu'elle t'a donné un surnom.

« Billy ? », tu fronces les sourcils. « Billy Elliot ? Euh... J'vois pas là tout de suite, tu sais j'ai pas vu beaucoup de films, enfin.. D'après ce dont je me souviens, hein ! Pourquoi j'te fais penser à un personnage de film ? Il doit être sacrément sexy, je présume ! », t'es vraiment con et lourd quand tu t'y met, tu te fais mal aux oreilles tout seul mais c'est comme ça, tu contrôles pas. Ce « billy-machin-truc » ça te parle quand même, c'est sûrement truc à l'eau que tu as du voir avec une de tes nanas pour lui faire plaisir. Après, elle t'appelle comme elle veut, c'est déjà mieux que 066. Tu prends ! Pis t'es pas mécontent d'avoir un contact ici, à défaut d'avoir des amis. T'es pas très affectueux de toute façon, les amis c'est pas trop ton truc. Et elle, était-elle solitaire, comme toi ?

« Pour le moment je ne me souviens pas de grand-chose. J’ai eu un flash fugace d’une personne se trouvant dans la Ruche. Visiblement on se connait d’avant tout ça. Et puis j’ai eu des sentiments étranges en la compagnie d’un homme. Comme si on était connectés, d’une manière ou d’une autre. Mais j’ai pas peu approfondir tout ça, parce qu’il a disparu. »

Intéressant... Si ça trouve tous les mecs dont elle s’éprenait sortaient de la Ruche... T'as une idée de gros bâtard qui fuse dans ton cerveau mais tu la balaye d'un geste de tête. Tu te concentres sur ce qu'elle dit.

« On a le droit de s'envoyer en l'air ici, d'ailleurs ? », question tout à fait naturelle qui te vient comme si tu demandais l'heure du dîner. « Je suis navré pour ton chéri, sincèrement ! », aussi sincère que tu peux l'être en ce qui concerne un éventuel sentiment amoureux, c'est à dire environ 2%.

« T'es déçue ? », tu supposes que c'est le genre de sentiment qu'on doit ressentir dans ces circonstances. Est-ce que tu as déjà au moins une fois été amoureux ? Ou même éprouvé des sentiments amicaux ? Tu te souviens plus... T'as du t’envoyer en l'air pas mal de fois parce que t'as envie d'être comme ça et parce que ça te manque, mais rien n'en était moins sûr. T'as envie de lui proposer un pacte... Une amitié ? C'est comme ça qu'on dit, mouais. T'es pas chaud encore, tu viens de la rencontrer.

« T'inquiète, y'a d'autres abeilles dans la Ruche ! Bloque pas sur un, les sentiments ça... ça encrasse ta logique et tes pensées, ça sert à rien. Ton objectif doit être de te barrer d'ici ballerine !»


« Mais je connais deux filles qui ont retrouvé leurs identités. Elles s’appellent Tasha et Adélaïde, tu les croiseras peut-être un jour. Si elles elles ont réussi à se souvenir, pourquoi pas nous ? ».

Tu hoches la tête. « Pourquoi pas nous ? », tu répètes avec aplomb. T'es certain que tu vas te souvenir même si deux filles sur tu-ne-sais-pas-combien c'est peu. ballerine 222 continue ses étirements, c'est quand même beau ce corps de femme qui se gaine parfaitement. Tu admires discrètement sa cambrure et le moindre de ses mouvements. Il n'y a pas que la beauté, tu reconnais aussi le travail, l'effort. Tu détailles avec fascination chaque articulation de son dos, ses épaules qui se meuvent, ses os qui se dessinent. T'as envie de... La dessiner ? Non pas exactement. Poser tes mains sur ses articulations en mouvement ? Peut-être bien... Mais pas seulement. C'est comme si t'avais envie d'elle, sans en avoir envie. C'est pas sexuel, c'est... Tu sais pas, ça te rend fou. Elle doit être une sacrée pro en danse.

« J’en ai aucune idée. Mise à part le fait que je connaisse des mouvements et des chorégraphies, je n’ai aucun autre souvenir. Peut-être que je l’étais. Ou peut-être pas. Mais dans tous les cas, c’était ma passion. Ça je le ressens jusqu’au plus profond de moi. C’est la première chose que j’ai découverte ici d’ailleurs. », dit-elle en souriant.

Toi t'as pas encore découvert ta passion, mais t'es arrivé hier. T'aimerais avoir cet engouement pour quelque chose, n'importe quoi, pourvu que tu prennes du plaisir. Tu paries pas sur le sport en tout cas, tu te vois assez mal faire le coq au milieu de ces gorilles au QI d'huître qui gonflent leurs pectoraux, très peu pour toi. La musique ? Le dessin ? La peinture sur soie ?? Phhh Réfléchis 066, réfléchis...

« Allez lève-toi. »... Tu arques un sourcil en la toisant de haut en bas. Elle est sérieuse là ? Nan parce que ça ressemble à un ordre. Elle se relève et... Quand même t'as pas trop envie de faire le malin parce qu'une toute petite part de toi se dit que peut-être elle va te montrer un truc qui va te permettre de te tirer d'ici. Tu te lèves, t'écoutes attentivement.

« Et toi, est-ce que tu es un danseur ? »

WHAT ?! Bordel elle va te tuer à force de te teaser comme ça !

« Bon sang mais sérieusement ? J'ai cru que t'allais me montrer un truc de la Ruche. Franchement, est-ce que j'ai l'air d'un danseur ? », en fait... Oui, un peu. Carrément même avec ce costume bien moulant. Parfait ! T'as envie de te baffer mentalement.

« Je pense pas que je passais mes journées à soulever de la fonte, mais de là à dire que je suis danseur, y'a des limites ma petite ! »

« Attention, réflexe ! », et là... Juré craché, elle s'élance vers toi. Elle bondit comme un chat en te tendant les bras et t'as à peu près un quart de seconde pour réfléchir. En fait c'est bien simple, t'as pas le temps de réfléchir et tu agis... Tu agis étrangement à vrai dire.... Tu gaines tes bras, ton corps entier et merde, c'était comme si son bassin avait été fait pour s'encastrer parfaitement dans tes paumes. T'sais comme un genre de jeu de construction, la pièce de puzzle, c'était ici qu'elle allait, pas ailleurs ! Tu aurais pu tenir de longues minutes comme ça, t'as même envie de tenter d'autres poses mais là tu trouves ça trop chelou pour toi. Tu la laisse tomber comme une... Enfin tu la laisses tomber par terre. Boum.

« Mais t'es malade toi !!! T'as de la chance que les IA ne m'ont pas retiré mes réflexes parce qu'au lieu de tomber sur les fesses, j'peux t'assurer que c'est ton nez qui aurait chargé ! », non mais t'auras tout vu ! Était-ce une façon d'accueillir les gens ici ? T'es pas convaincu !
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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Ven 12 Mai - 7:28

ferme les yeux et oublie
F02-222 ✧  H05-066
Il renchérit à tes paroles en insinuant que s’il y a toutes ces disparitions, c’est parce que ces personnes ont trouvé une sortie. Qu’elles ne sont pas mortes et qu’elles sont juste… Libres ? Et en vie ? T’as un sourire amusé qui se dessine sur tes lèvres. Tendre naïveté. Si seulement ça pouvait être la réalité. Mais c’est comme la mort et ce qu’il y a après. Y’a qu’une fois arrivée à cette étape qu’on le sait. Hors, il n’y a aucun moyen de faire machine arrière pour le dire aux autres. Alors morts ou vivants, t’as déjà ton idée sur la réponse. Ça serait trop beau, que certains trouvent la sortie. Mais t’en doutes profondément. Sinon deux de tes colocataires auraient pas disparu sans vous prendre avec eux, toi et H01-983. Sinon, cette même nuit, il n’y aurait pas eu toutes ces disparitions de toutes ces petites abeilles dans leurs lits. Non, la coïncidence serait trop grosse. C’est pas eux, qui ont décidé de s’enfuir. Ce sont les Intelligences Artificielles qui ont décidé de leurs sorts. Quel qu’il soit, mais à ton humble avis, il ne peut être que funeste. « L’espoir fait vivre. » sera donc la seule phrase qui émergera d’entre tes lèvres devant toute son hypothèse. Il n’est pas au courant de tout ce qu’il s’est passé dans la Ruche avant lui. De tous les petits indices qui laissent à penser que ces abeilles ne se sont pas échappées. Mais il aura tout le loisir de se faire son propre avis au fil des semaines et des disparitions.  

Tu le regardes s’approcher de toi, tandis qu’il baisse d’un ton et qu’il te demande si tu as des tuyaux à lui filer. T’as un petit rire qui s’échappe de tes lèvres, tandis que tu écoutes sa question et qu’il te promet que s’il sort, il reviendra te chercher. Et bien, il doute de rien celui là. Mais soit, c’est toujours bon à prendre. Juste au cas où où tu ais tort et lui raison, et qu’il trouve bel et bien cette putain de porte de sortie. En partant du principe que ce soit pas des paroles en l’air, bien évidemment… Mais ça, seul le temps pourra répondre à cette question. « Suis les règles. Fais-toi discret. Et lorsqu’une opportunité de sortir se présentera, n’hésite pas et fonce tête baissée. » Voilà les seuls conseils que tu peux lui donner. Parce que c’est ceux que tu as appliqué jusque là. Et t’es toujours en vie. Dans cette Ruche. Donc c’est que potentiellement ils sont bons. Ou alors c’est juste que pour le moment t’es pas sur leur liste et que tu ne les intéresses pas. Dans tous les cas, il n’existe pas vraiment de tuyaux. Du moment qu’il évite de passer par la case prison, après, il fait ce qu’il veut de ses journées longues et monotones.

Il te sort son petit numéro de drague après tu te sois présentée. Il est curieux. Intéressant. T’as du mal à le cerner. Mais tu l’apprécies. Tu saurais pas vraiment dire pourquoi, mais c’est comme ça. Il a pas cet humour lourd que certains ont. Le sien est particulier, et un peu bancal. Mais t’aimes ça. Dans tous les cas, tu gardes le silence. Parce que ça serait trop facile sinon, non ? Il ne connait pas ta référence à Billy Elliott, dommage pour lui. Mais il s’en souviendra bien assez tôt, t’es prête à le parier. « C’est pas vraiment le terme que j’emploierais… » que tu lui rétorques en pouffant de rire, tandis que tu imagines Billy Elliott sexy. Non, clairement pas. « Mais je dirais qu’il est plutôt attachant. À sa manière. » T’en dis pas plus. À lui d’en déduire ce qu’il veut.

Après que tu ais abordé le sujet de tes souvenirs, et plus précisément de 010, il te demande si c’est autorisé de s’envoyer en l’air. Il semble avoir compris le fond de l’histoire. Mais bref. « Oui. » sera le seul mot qui fusera d’entre tes lèvres. Oui, c’est autorisé. Et t’es clairement pas la seule à l’avoir expérimenté. T’as ton regard qui s’obscurcit lorsqu’il s’excuse pour ton chéri. C’était pas ton chéri. Enfin peut-être que si, mais de toute façon t’en sais rien et vu qu’il est pas surement que tu t’en souviendras jamais. T’apprécies pas le timbre qu’il emploie. Cette moquerie. C’est pas drôle. Et ça a le don de te faire grimacer. Mais t’ajoutes rien. Tu préfères braquer ton regard droit devant toi, et marquer ton désaccord face à cette remarque que tu trouves pour le coup particulièrement déplacée et non venue. Il verra ce que ça fait, de perdre quelqu’un qu’on pensait être proche mais dont on n’en saura jamais plus. Il te demande ensuite si tu es déçue. « Plutôt frustrée. » serait l’expression la plus appropriée. Frustrée d’avoir touché un de tes souvenirs du bout des doigts et de l’avoir laisser s’échapper sans jamais pouvoir le retrouver. C’est comme une part de toi qui avait disparu avec lui. Ou du moins c’est ce que tu redoutais. Tu écoutes son conseil de ne pas bloquer sur les sentiments et de te concentrer sur la sortie. T’as juste un demi sourire qui s’accroche à tes lèvres, mais tu n’ajoutes rien. Parce que c’est plus facile à dire qu’à faire. Clairement.

Il est temps de changer de sujet. De revenir à l’essentiel, c'est-à-dire que son déni pour la danse. Ça te fait du bien de te lever, et de changer de sujet. Parce que penser à 010… Tu préfères éviter pour le moment. Voire même complètement l’oublier. Tu te délectes de la tronche qu’il fait lorsque tu lui demandes s’il est un danseur. Tu sens la panique et l’incompréhension dans son regard. Oh que oui, que ça t’amuse. Tu gardes le silence face à toutes ses remarques. Il stress, alors il parle. Il tente de te faire changer d’avis, mais il est pas crédible. Lui-même doit s’en rendre compte. Le déni a ses limites. Tu t’élances vers lui, et comme tu l’espérais, il te retient. Te maintient dans les airs. Et toi tu planes, l’espace de quelques secondes. T’avais jamais dansé avec quelqu’un. Enfin pas ici. Mais avant, surement que oui. Parce que tout ça, ça t’est familier. Mais t’as pas le temps de creuser plus que ça, car brusquement le voilà qui te lâche. Et toi qui tombes sur les fesses. T’as essayé de te réceptionner, mais vu la brutalité de son geste, t’as rien pu faire, mise à part amortir la chute. Enfin, c’est pas grave, parce qu’au final, t’as réussi. Tu lui as fait ouvrir les yeux. « Donc tu admets avoir des réflexes de danseur. » que tu conclues avec une voix triomphante. Tu te relèves avec agilité, avant de t’approcher de lui et de son oreille. « Mais ne t’inquiètes pas pour ta virilité, ça sera notre petit secret. » que tu souffles dans un murmure. « T’auras qu’à me rejoindre dans la nuit, y’a jamais personne et on pourrait s’entrainer tous les deux ? » Une proposition lancée comme ça. À lui de voir s’il veut tester sur ses réflexes ou s’il préfère continuer à fermer les yeux.   
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Courir. Courir toujours. Sans s'arrêter. Fuir. Fuir ce putain de passé qui nous colle à la peau, nous pourri notre journée, notre avenir, tout ce qu'on pourrait envisager d'être, de devenir, nous empêche de changer. Sombres. Sombres Pensées. Sombres Cœurs. Sombres Passés.


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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Ven 12 Mai - 19:18



Ferme les yeux et oublie
❝Dans les caveaux d'insondable tristesse où le Destin m'a déjà relégué; Où jamais n'entre un rayon rose et gai; Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse, je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur condamne à peindre.❞
« L’espoir fait vivre. »

Tu clignes trois fois des yeux. Tu fronces les sourcils. Cette phrase passe en boucle dans ta tête, comme un écho du passé. Tu la dévisages un moment et tu entrouvres la bouche mais aucun son ne s'en échappe.

« C'est marrant... C'est la première fois que ça me fait ça mais... J'ai l'impression d'avoir toujours entendu ça... Et clairement ça vient pas de moi ce genre de conneries ! », oh ça va, elle ne va pas se vexer pour si peu, si ? « Je l'ai souvent entendu, avant... », ton cœur palpite, t'as l'impression de brûler, c'est comme si tu allais te souvenir, mais ta mémoire fait marche arrière, tu tapes du poing de colère sur le sol sur lequel tu es assis.

Faut vraiment que tu te tires d'ici, t'espères qu'elle va te filer un sage conseil à suivre.

« Suis les règles. Fais-toi discret. Et lorsqu’une opportunité de sortir se présentera, n’hésite pas et fonce tête baissée. »

Tu lèves les yeux au ciel, comme si t'avais besoin d'entendre ça. Toi tu veux pas attendre, tu veux pas être discret, tu ne veux pas faire le sourd, faire l'aveugle, faire le chien heureux et bien dressé. Toi tu es H05-066 et tu t'imagines déjà que c'est un nom de BADASS. C'est qui elle pour te dire de rester discret ? 222 ? Ouais bah...Elle est jolie, heureusement ! Jolie même si elle t'appelle « Billy », visiblement tu lui fais penser à un mec de film. Si tu pouvais te rappeler ne serait-ce que d'un titre de film, tu serais à moitié heureux. Tu espères au moins que c'est pas un nom de tapette, manquerait plus que ça ! Un mec viril, sexy ça t'irait bien !

« C’est pas vraiment le terme que j’emploierais… Mais je dirais qu’il est plutôt attachant. À sa manière. », elle pouffe de rire, MOUAIS, ça ne présage rien de bon.

Tu la gratifie du regard le plus méprisant dont tu es capable en ce moment et enchaînes la conversation. Attachant, pitié qu'on n'utilise jamais cet adjectif pour te caractériser et puis quoi encore ?


« Oui. », on pouvait s'envoyer en l'air ici. C'était le sujet de la conversation suivante. A la bonne heure ! Tu auras peut-être une occasion de lui montrer que « attachant » n'est pas vraiment le genre de type que tu es, mais là... Tu te rends compte qu'elle t'excitait davantage lorsqu'elle dansait parce qu'elle se met à faire pseudo la gueule. Ahhhh, mais t'as touché un point sensible. Visiblement y'avait ce type qui s'est barré ou qui, selon elle, a disparu, elle a l'air hyper déçue qu'il soit parti.

« Plutôt frustrée. », dit-elle, la mâchoire crispée. T'insiste pas, tu vas pas commencer à te faire des ennemis. Enfin... ça c'était AVANT qu'elle décide de se lever et de s'élancer dans tes bras à bras le corps, juste pour tester tes réflexes, comme si tallais la rattraper, la soulever, tout ça tout ça. Bon... T'as des réflexes de champion alors tu as la réaction qu'elle attendait, mais... T'aimes pas ce qu'elle est en train d’insinuer avec son regard, tu la lâches.

« Donc tu admets avoir des réflexes de danseur. Mais ne t’inquiètes pas pour ta virilité, ça sera notre petit secret. T’auras qu’à me rejoindre dans la nuit, y’a jamais personne et on pourrait s’entrainer tous les deux ? ». TROIS PETITS POINTS. Tu hésites très franchement entre éclater de rire ou t'énerver, mais tu restes coi. Cette nana fait une fixette là dessus tu sais pas trop pourquoi. Sans doute parce que t'es gaulé comme une sauterelle et cette combi blanche moulante n'agit pas en ta faveur, mais... Non mais en plus t'as RIEN contre les danseurs au masculin, si c'est leur truc pas de problème !

« Tu sais... J'ai aucun problème avec ma virilité, comme tu dis. Peut-être que j'aimais la danse, peut-être que j’aimais l'art, peut-être pas. Mais les danseurs j'ai rien contre eux ! Si tu veux qu'on se retrouve en pleine nuit en secret ça me donne envie de tout sauf de danser ! Franchement 222, ou peu importe comment tu veux que je t’appelle, je te dis ça parce que...-», tu te marres en te massant la nuque « - Parce que je ne pense pas être un danseur, c'est tout. Je ne me rappelle pas... Je pense que j'étais un type cultivé et... Très intelligent sans vouloir me la péter. Je viens de battre un type au billard sans le moindre effort, tout s'est dessiné sous mes yeux, j'avais compris toutes les combinaisons, tous les coups simples, secs et efficaces qui me mèneraient à la victoire. C'est tout ce que j'ai pu déduire, mais peut-être que je me plante ! Mais... C'est sans doute un indice sur le fait qu'avant, j'étais un type plutôt... », tu soupires « ouvert. Cultivé. Un mec cultivé s'intéresse sans doute à la danse ! J'ai pas de problème avec ça et le fait que je t'ai rattrapé ne veut rien dire, je suis p'têtre très gentleman si ça trouve... », ou pas.

« Bon, soyons sérieux et changeons de sujet... », tu la regarde dans les yeux, longtemps... C'est fou comme son visage te parle. Ses yeux peut-être ou ses pommettes. C'est aussi dingue ce que tu imagines juste pour tenter de raccrocher n'importe quoi, n'importe qui à ton passé. T'es prêt à tout croire, t'es fatigué.

« La bouffe est bonne ici ? »
, autant parler comme des gens normaux, après tout...

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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Lun 22 Mai - 16:58

ferme les yeux et oublie
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L’impression d’avoir déjà entendu ça. D’avoir déjà vécu cette scène. D’avoir déjà vu ce visage. D’avoir cette sensation singulière que tu sais d’avance ce que ça fait de toucher sa peau. L’impression de reconnaitre son odeur. De laisser parler ton corps et de savoir à l’avance quoi faire. Tu les connais, tous ces signes du passé. Tous ces indices parsemés ça et là en fonction des situations que tu rencontres. Tu l’as déjà vécu à maintes reprises. Avec 27. Avec 010. Avec la découverte de la danse. C’est frustrant au début. C’est déstabilisant aussi. Mais quand on y fait attention, on peut apprendre à déceler les signes. À séparer la réalité de la fiction. De par ces sensations plus ou moins désagréables, on peut réussir à reconnaitre quelqu’un. À comprendre qu’il nous est familier. À caresser du bout des doigts un souvenir qui ne demande qu’à refaire surface. T’as un sourire mystérieux qui se dessine sur tes lèvres tandis qu’il te fait part de son impression de déjà vu. Ton regard se fait plus lointain. Plus distant. Tu réfléchis à la situation, à ce qu’il vit. Tu fais des similitudes avec ce que toi-même t’as vécu à ton arrivée. Tu braques ton regard dans sa direction tandis qu’il frappe d’un point rageur le sol. Il n’a pas réussi à se souvenir. Mais ça viendra. Ça finit toujours par revenir. Ça prend juste son temps quelque fois. Et plus il se familiarisera avec la Ruche, plus il prendra ses marques, et plus il augmentera ses chances de se souvenirs. Tout vient à point à qui sait attendre.

Tu le sens bien qu’il est mécontent de tes réponses. Qu’il s’attendait pas à ce que tu lui conseilles de se tenir à l’écart et d’être sage comme une image. Parce que ce n’est clairement pas le genre à l’être. C’est un rebelle dans l’âme. Du genre à transgresser les règles. Un cheval fou. Indomptable. Et pourtant, il faudra bien qu’il s’y fasse. Des âmes fougueuses, il y en a eu. Beaucoup. Et tu n’en connais pas une qui n’est pas rentré dans le moule. Car il le faut. Les Intelligences Artificielles ne rigolent pas. Et elles ne pardonnent pas. L’apprentissage des règles doit se faire. Dans le calme ou dans la douleur. Tu l’as très vite compris, que c’était marche ou crève. Qu’il fallait que tu baisses la tête et que tu fasses comme les autres. Quand bien même en toi tu bouillonnais. Quand bien même tout ça te révoltait. Mais à l’heure d’aujourd’hui, t’es toujours en vie. Et t’as pas eu à passer par la case prison pour en arriver là. T’es indemne de tout mauvais traitement. Est-ce que lui, dans plusieurs mois, pourra en dire autant ? Tu gardes le silence face à sa révolte intérieure. Tu l’auras prévenu. À lui à présent de faire ses propres choix. De faire ses propres erreurs. T’es pas sa mère après tout, et tu ne lui dois absolument rien. S’il veut n’en faire qu’à sa tête, et bien soit. Tu seras curieuse du résultat, et intérieurement tu te promets de le tenir à l’œil. De le suivre de loin. Pour voir comment il évolue. Ce qu’il devient. S’il reste cet étalon indomptable. Ou si, comme tu t’y attends, il finit par rentrer dans les moules et qu’il ne commet pas de vagues.

Il est clairement dans le déni. Il n’ose pas s’avouer ce qui pourtant sonne en toi comme une évidence. Il se cherche des excuses, se perd dans de longues explications qui au final n’ont ni queue ni tête. Ça te fait une belle jambe, qu’il ait réussi à battre un gars au billard avec une facilité déconcertante. Il a de l’esprit, certes. Mais il ne s’en sert pas tellement à bon escient t’as l’impression. Il te déçoit, dans un sens. À vouloir faire l’autruche et à ne pas réussir à admettre la vérité. Qu’est-ce que ça fait, s’il aime la danse ? S’il la pratiquait avant ? Il dit qu’il respecte les hommes qui dansent, mais vu tout son petit laïus, t’as plutôt l’impression du contraire. Il se ment. Et ça ne lui apportera rien de bon. Pourquoi renier une partie de lui ? Pourquoi faire comme si de rien était ? Comme si ce porté ne voulait rien dire ? Tu ne comprends pas sa réaction, mais tu la respectes. T’es pas du genre à vouloir forcer les gens. Ou pas dans cette situation, en tout cas. Tôt ou tard, il finira par se rendre compte de l’évidence. Ou alors il ne sera jamais entier. Il manquera toujours une partie en lui. « Si tu le dis. » que tu lances avec un haussement d’épaules désinvolte. T’en as rien à faire, qu’il soit un petit génie ou tu sais pas trop quoi. Tout ce que tu retiens, c’est qu’il se ment à lui-même. « Si tu changes d’avis, tu sauras où me montrer. » Tu lui tends quand même une perche. Tu lui laisses une chance. Peut-être qu’aujourd’hui il est trop choqué pour se rendre à l’évidence. Mais peut-être que dans les prochains jours il reviendra. Y’a que les cons qui changent pas d’avis, comme on dit.

Il change de sujet. Comme tu t’y attendais. Tu lèves discrètement tes yeux vers le ciel et pousses un petit soupir. Et bien soit. Ça sera pas pour aujourd’hui que tu trouveras un partenaire de danse. Peut-être plus tard. L’espoir fait vivre, comme tu l’as si bien souligné tout à l’heure. « Est-ce que la bouffe est bonne en général dans les cantines ? » Tu décides de lui répondre en arquant un sourcil. Tu te portes au jeu. Tu décides toi-aussi de tourner la page sur ce qu’il vient de se passer. Y’a plus rien à faire de toute façon, et si c’est pour envenimer la situation, ça ne t’intéresse pas. T’as encore espoir qu’il change d’avis, donc mieux vaut ne pas foutre en l’air tes maigres chances restantes. « La réponse est non. Souvent c’est des semaines par thème. On a eu deux fois la semaine chocolat, c’est drôle au début mais à la fin t’en peux plus. La plus mémorable reste la semaine insectes sous toutes ses formes et à toutes les sauces. Là j’ai dû perdre au moins trois kilos. » T’as ton estomac qui se sert rien qu’en y repensant. Les Intelligences Artificielles ont des goûts plus que douteux. Et elles aiment bien vous torturer avec leurs plats infâmes. « Et je te parle pas des bugs qui semblent s’être insinués dans la matrice ces temps-ci. Des fois y’a des repas qui sautent… » que tu conclues avec un haussement d’épaules. Très étrange, ces derniers temps à la cafétéria.
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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Mar 23 Mai - 13:15



Ferme les yeux et oublie
❝Dans les caveaux d'insondable tristesse où le Destin m'a déjà relégué; Où jamais n'entre un rayon rose et gai; Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse, je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur condamne à peindre.❞
« Est-ce que la bouffe est bonne en général dans les cantines ? »

Qu'est-ce que tu en sais finalement ? Est-ce que t'as déjà fichu les pieds dans un tel endroit ? Tu ne te souviens ni de copieux dîners familiaux, ni de ridicules portions de bouffe immangeable dans des cantines. Tu ne te souviens plus de ton plat préféré, tu n'as pas l'impression d'être très gourmand en tout cas. Depuis que t'es arrivé, t'as pas encore réclamé à bouffer. Tu sais pas ce qu'il y a à se mettre sous la dent ici, mais pitié, pourvu que ton palais se souvienne de quelque chose, que ça soit délicieux ou infecte ! T'as pas encore donné ton point de vue quand 222 répond pour toi.

« La réponse est non. Souvent c’est des semaines par thème. On a eu deux fois la semaine chocolat, c’est drôle au début mais à la fin t’en peux plus. La plus mémorable reste la semaine insectes sous toutes ses formes et à toutes les sauces. Là j’ai dû perdre au moins trois kilos. »

Tu affiches une tête scandalisée. C'est une blague ? C'est quoi cet endroit de tarés sérieusement ? Tu sais pas si t'es plus écœuré par le chocolat ou les sauterelles d'ailleurs... Tu ne te souviens plus d'avoir goûté du chocolat, oh, sans doute ! C'est un grand classique, non ? Tu visualises différents desserts, tu ne les a pas inventés à la seconde hein, ils sortent bien de tes expériences culinaires passées. Tu vois du chocolat bien sûr, des Syrniki, des crêpes, des milkshakes... ça c'est pour le sucré ! Franchement ça ne te met pas l'eau à la bouche, tu penses être plus « salé » que « sucré », bref !

« Le pire truc que t'ai mangé c'était quoi ? » t'es quand même un peu inquiet, le but c'est pas non plus de crever de faim et ce que va t'annoncer 222 ne te rassure pas.

« Et je te parle pas des bugs qui semblent s’être insinués dans la matrice ces temps-ci. Des fois y’a des repas qui sautent… »

Parfait....

« Des repas qui sautent ? »
, tu répètes ébahis. « Comment tu peux annuler un repas ? Genre t'arrives à la cafet' et tout est fermé c'est ça ? Elles veulent nous faire dérailler les IA, simplement. », tu t'allonges sur le dos, bras croisés derrière ta tête.

« T'as l'air de t'être acclimatée en tout cas... J'me demande ce que j'ai bien pu foutre de ma vie pour me retrouver là-dedans, encore une fois, mais... C'est une discussion vaine, on a chacun nos théories ! En tout cas, si c'est de la télé réalité comme tu le penses, mon plan c'est de faire le buzz ! On se fait vite fait virer de l'émission. T'as jamais songé à t'attirer les foudres de l'audimat ? », non... Franchement un TV Show, plutôt crever que de passer dans ce genre de conneries !

« Tu sais faire quoi ? J'veux dire... Tu t'es découvert des compétences ici, outre la danse classique ? », t'es assoiffé d'histoires, de véracité. T'as faim de l'Humain tout entier, tout ce qui peut vous différencier des machines, tu veux l'entendre. T'as encre besoin de croire en l'humanité des pauvre âmes prisonnières de ce merdier innommable. Alors pourvu qu'elle te raconte des choses, que tu aies encore un peu d'espoir comme elle l'a si bien dit tout à l'heure.

« Je sais que j'ai un tatouage, des cicatrices, pas mal de muscles. Je sais que je suis gaucher, que certains noms me reviennent mais je ne sais pas si ce sont des prénoms communs ou des personnes célèbres. Je sais que je suis très souple, je sais que j'ai plusieurs connaissances plus ou moins basiques sur pas mal de matières, je sais que j'ai ça.. », tu tires ta petite croix en or blanc qui pend autour de ton cou et dont tu ne te sépare jamais. « Je ne sais pas d'où elle me vient, je ne suis même pas croyant, enfin... Je ne crois pas. Grâce à toi, je sais que je ne suis pas gourmand et que... J'ai de bons réflexes ! », tu lui adresses un clin d’œil amical. « Rien de bien concret encore. », tu la fixes en espérant qu'elle se confie davantage. T'es à l’affût du moindre signe distinctif, de la moindre imperfection, mais rien ne te permets de dire si tu as déjà vu cette personne ou si tu as déjà croisé des gens qui pouvaient lui ressembler. Ton cerveau balayes la moindre similitude avec tout ce que tu as pu connaître. Pourtant...

« Ta voix est agréable. », tu sais pas si c'est vraiment un compliment hein, c'est pas trop le but, c'est un fait, c'est tout. Elle a quelque chose de ferme mais doux, quelque chose de familier.

« Excuse-moi... J'ai plus rien alors... Je me rattache à tout ce qui me tombe dessus. », tu souffles bruyamment pour manifester ta frustration.
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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Mar 30 Mai - 12:01

ferme les yeux et oublie
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Depuis que t’as posé les pieds dans cette Ruche, la cafétéria semble être la pire pièce qui soit. Déjà parce que c’est là où il y a le plus de monde. Les gens ont besoin de manger, normal. Donc c’est pas étonnant que vous vous retrouviez tous au même endroit au même moment. Et c’est précisément ce que tu détestes. Le monde. Tu te sens pas à l’aise avec eux. Alors tu les fuies autant que possible. Qui plus est, c’est pas rare que la bouffe soit dégueulasse. Raison de plus pour que tu sautes régulièrement des repas. Ton corps t’en a jamais trop voulu, de cette privation imposée. À croire qu’il était déjà habitué avant d’être propulsé dans cette prison. Donc s’il t’en veut pas trop de pas te pointer à certains repas, autant en profiter comme il se doit. De toute façon tu ne loupes pas grand-chose, si ce n’est de sentir la déception sur ton visage en voyant la tronche dégueulasse de ton repas (quand il veut bien se pointer) qui se confirme lorsque tu ingères la nourriture et que tu sens le dégout dans ton palais. T’as des papilles délicates, et forcée de constater que y’a beaucoup de choses que tu n’apprécies pas. Donc soit ça vient de la Ruche qui n’a pas de cuisiniers compétents, soit ça vient tout simplement du fait que même avant, t’étais compliquée.

T’as un sourire qui s’affiche lorsqu’il te demande le pire truc que t’ais bien pu manger. Sourire qui se transforme en grimace à mesure que tu pioches dans tes souvenirs pour sélectionner le plus horrible. Est-ce que ce sont ces deux semaines à ne manger que du chocolat alors que tu détestes ça ? Très probablement. Mais y’a aussi eu cette semaine à manger des vers et des sauterelles. Et celle là aussi, a été particulièrement horrible. T’es d’ailleurs pas la seule à être traumatisée par les insectes. Au moins l’avantage cette semaine là, c’est que beaucoup désertaient les lieux et préféraient jeûner. T’étais donc bien pénarde avec ton plateau. Même si, au final, tu mangeais pas grand-chose dedans. Un souvenir finit cependant par refaire surface. Le cauchemar absolu en matière de repas. « C’était du chili con carne au chocolat. Déjà parce que je ne supporte pas le goût du chocolat, mais aussi et surtout parce que j’ai eu le malheur de me trouver en face d’un gars qui a trouvé drôle de me cracher tout son repas à la figure. » Petite dédicace à 517, que t’aurais pu tuer sur le champ si la peur de te faire emprisonner n’avait pas été plus forte. Jamais encore tu ne t’étais sentie aussi en colère contre quelqu’un. Combien de scénarios avaient défilé devant tes yeux sur le comment tu pouvais le faire souffrir et comment tu pouvais le tuer ? Tu lui en avais voulu pour cette humiliation. Longtemps. Mais tu t’étais vengée. Et depuis tu le vivais mieux. T’en rigolerait presque à présent, de cette histoire.

Il semble surpris quand tu lui parles des repas qui sautent. Genre choqué. Bah quoi, il s’attendait vraiment à ce qu’ici ça soit la belle vie ? Que vous soyez logés et nourris au frais du contribuable ? C’est ce que vous croyiez tous, au début. Et puis il y avait vu ces disparitions bizarres. Et maintenant ces bugs en tout genre. C’était quoi, la suite ? « En fait quand tu vas à la cafétéria y’a des trappes qui s’ouvrent et qui te donnent ton repas. Et là, en l’occurrence, elles restent fermées. Même pendant les temps de repas autorisés. Je vois pas très bien l’utilité, si ce n’est nous affamer. Peut-être qu’elles veulent qu’on finisse cannibales… » Ses questions ont tout de même l’intérêt de te laisser croire qu’il n’y a toujours pas mis les pieds. Quoi, c’est sa première journée ici ? Ou jusqu’à présent il s’est contenté de jeuner ? Tu tiques à cette remarque. « Mais ça fait combien de temps que t’es arrivé au juste ? T’as jamais mis les pieds dans la cafet’ ? » T’es obligée de poser cette question. C’est plus fort que toi. Parce que ça t’étonne. En général l’appel de la faim est le plus fort, et c’est un peu le premier endroit que tu visites quand tu atterris ici.

Il s’allonge sur le dos, et pour ta part, tu t’assois à côté de lui. Tu continues tes étirements, comme si de rien était. Quitte à perdre du temps sur ton entrainement, autant parfaire ta souplesse. Il se demande ce qu’il a bien pu faire pour être catapulté ici. C’est un peu la question que tout le monde se pose à un moment ou à un autre. Mais les hypothèses sont nombreuses, comme il dit. Il parle de faire le buzz. C’est pas une mauvaise idée. C’est d’ailleurs ce que tu t’emploies à faire au quotidien en tentant tant bien que mal de ne pas être un de ses prisonniers ennuyés et ennuyant. Par contre, ce qu’il dit par la suite, tu n’es pas tellement d’accord avec. S’attirer les foudres de l’audimat, sérieusement ? « Et tu comptes t’y prendre comment ? » Ça te parait pas être une bonne idée. Parce que t’es pas du tout certaine que disparaitre est synonyme de reprendre sa liberté. Donc dans le doute, tu préfères éviter. Mais t’es curieuse d’entendre ses plans.

Il te demande ensuite si t’es douée pour autre chose d’autre que pour la danse classique. « Je suis un bon coup il parait. » Tu réponds au tac au tac, lui lançant un œillade langoureuse avant d’éclater de rire. Non, plus sérieusement. « Et je sais me battre. » Tu sais pas tellement si c’est une bonne nouvelle pour lui ou pas. Mais c’est la vérité. Après, est-ce que tu as d’autres compétences ? Bonne question. Tu sais en tout cas que tu n’as pas la fibre artistique. Et que tu n’es pas du genre très patiente. Tu sais aussi que tu perds rarement ton sang froid, et que tu aimes le contrôle. Mais après, tu comptes pas lui faire une analyse détaillée de ta personnalité. Il est pas ton psy. « Et toi, t’as découvert quoi ? » Tu te doutes bien que ça doit pas être grand-chose, vu qu’il vient très probablement d’arriver depuis peu de temps, mais on ne sait jamais. Le listing qu’il te fait par la suite te fait sourire. Oui, ce n’est pas grand-chose. Mais c’est mieux que rien. « Tu verras, ça viendra avec le temps. » Ça tu pourrais lui jurer, parce que c’est comme ça que ça se passe. En fonction des rencontres, en fonction des situations, vous apprenez tous à vous découvrir. Enfin, à vous redécouvrir. Tu n’ajoutes rien d’autres, préférant en rester là pour le moment. T’as du mal de te confier à quelqu’un. De t’ouvrir pour qu’on puisse te lire comme un livre ouvert. T’es plus du genre mystérieuse à accumuler les mensonges et les faux-semblants.

Il te dit que ta voix est agréable. Et c’est bien la première fois qu’on te le dit ici. Ça te surprend, qu’il te dise ça. Qu’il te fasse ce genre de compliments. T’avais pas l’impression que ça puisse lui arriver. Mais jusqu’à présent il a tendance à être honnête avec toi et à dire tout ce qui lui passe par la tête. Alors tu ne lui en veux pas. Comment est-ce que tu pourrais ? « T’as pas à t’excuser. On est tous perdus au début. » Tu fixes la croix qui continue à pendre mollement à sa chaine. Y’a un détail qui te fait froncer les sourcils. Insignifiant pour la plupart des gens, peut-être même pour lui, mais pas pour toi. « C’est drôle, j’ai exactement la même croix tatouée sur la nuque, regarde. » Les mêmes détails. Ce qui a le don de te troubler. Tu inclines ta tête, attrapant tes cheveux pour les relever et ainsi dégager ta nuque.
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Courir. Courir toujours. Sans s'arrêter. Fuir. Fuir ce putain de passé qui nous colle à la peau, nous pourri notre journée, notre avenir, tout ce qu'on pourrait envisager d'être, de devenir, nous empêche de changer. Sombres. Sombres Pensées. Sombres Cœurs. Sombres Passés.


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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Lun 5 Juin - 11:04



Ferme les yeux et oublie
❝Dans les caveaux d'insondable tristesse où le Destin m'a déjà relégué; Où jamais n'entre un rayon rose et gai; Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse, je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur condamne à peindre.❞
Franchement toi, quand t'es en présence d'une jolie fille tu deviens totalement un type « bas de gamme » ! T'es con à poser toutes ces questions dont tout le monde se fout royalement ! Franchement t'es pas trop mal physiquement, t'es intelligent, et toi tu trouves rien d'autre à lui dire que « quel est le pire truc que tu aies mangé ici ? », sérieux... Mais visiblement, elle se prête bien au jeu.

« C’était du chili con carne au chocolat. Déjà parce que je ne supporte pas le goût du chocolat, mais aussi et surtout parce que j’ai eu le malheur de me trouver en face d’un gars qui a trouvé drôle de me cracher tout son repas à la figure. »


Tu arques un sourcil. T'hésites entre une moue de dégoût ou une hilarité flagrante mais tu n'affiches aucun des deux finalement.

« y'a l'air d'avoir la grosse ambiance dans la cafet', c'est cool... », tu te frottes la nuque, lassé. D'ailleurs, elle t'explique comment ça se passe là-bas, ça pourra te servir car même si t'as un appétit de moineau, ça commence à creuser. Va falloir que tu t'y rende, peut-être même dans l'heure qui va suivre.

« En fait quand tu vas à la cafétéria y’a des trappes qui s’ouvrent et qui te donnent ton repas. Et là, en l’occurrence, elles restent fermées. Même pendant les temps de repas autorisés. Je vois pas très bien l’utilité, si ce n’est nous affamer. Peut-être qu’elles veulent qu’on finisse cannibales… »

Ta bouche se tord dans un sourire malicieux. L'image te plaît, tu sais pas pourquoi. T'imagines un truc bien cruel, bien gore. Ce monde souterrain, oppressant et trop propre pour que rien ne soit suspect, où tous les habitants de cette merde grouillante se bouffent entre eux, genre... Se bouffent LITTÉRALEMENT ! Tu te dis que tu es certes fin comme un cure dent, mais que y'en aurait à bouffer sur ta carcasse, musclée sans que tu ne te rappelles comment ni pourquoi.

Tu acquiesces et la laisse poursuivre. Tu sais qu'elle va te poser une question parce que t'as remarquer que ses yeux, en un quart de seconde se sont voilés d'un air interrogatif.

« Mais ça fait combien de temps que t’es arrivé au juste ? T’as jamais mis les pieds dans la cafet’ ? »

Tu t'allonges sur le dos et prends quelques secondes pour réfléchir. C'est vrai que tu ne t'es pas empressé d'aller visiter le seul endroit où tu pourrais te sustenter. T'étais tellement impatient de trouver dans quelle guet-apens t'étais tombé que t'as juste zappé.

« Hier soir... », tu te racles discrètement la gorge et reprends « Je ne suis clairement pas un gros mangeur... Ne me demande pas pourquoi j'ai préféré venir à la salle de sport plutôt que dans la cafet', j'ai juste pas réfléchi ».

En réalité, tout ce qui fait turbiner ton cerveau c'est l'idée récurrente, obsédante, de te casser d'ici. Pendant un instant tu suis son raisonnement : t'es coincé dans un jeu bidon de reality show et des têtes de nœuds tapotent sur leurs téléphones pour vous éliminer au fur et à mesure. T'as jamais autant voulu perdre un jeu de ta vie, tu veux déplaire, tu veux sortir.


« Et tu comptes t’y prendre comment ? »

Bah... « J'en sais rien, j'ai pas de souvenir d'avoir regardé ces merdes, avant. Je ne sais pas trop comment m'y prendre pour sortir d'un classement, mais je suppose qu'on peut... », tu te relèves en position assise, et te rapproches de son oreille pour soumettre une idée que les caméras potentielles ne pourraient pas entendre.

« Simuler une grosse prise de bec, on se chamaille, on eut même être violents ! », tu finis par t'allumer, transporté par ton idée parce qu'en fait, même si finalement elle n'est pas très intelligente, t'as l'impression qu'elle te rappelle des choses familières... « Voyons ! C'est comme un ballet finalement, non ? », tu te lèves et tends ta jambe bien à l'horizontale, parallèle au plancher pour faire mine de lui donner un coup de pied agile dans la tête. La pointe tendue de ton pied s'arrête gracieusement à quelques centimètres de son visage et retombe avec lenteur au sol, c'est presque... Géométrique !

Ton cerveau est à sec, tu le sens bien. Tes idées pédalent dans la semoule, ça sert à rien. Tu sais qu'il te fut plus d'infos avant de te lancer. Tu te doutes bien que des tas de petits effrontés avant toi ont essayé de se la jouer caïd et qui l'ont du sévèrement le regretter. T'as pas envie d'être eux. Certes t'es un insoumis, mais tu as aussi un cerveau, et mourir pour l'honneur, ça te branche pas trop. Autant vous trouver des centres d'intérêt pour le moment, des passions. Peut-être vous êtes vraiment bons à faire quelque chose de vos dix doigts !

« Je suis un bon coup il parait. »


Tu manques de t'étouffer avec ta salive. Tu t'y attendais pas. Elle se marre, te lance une œillade d'amie pas très orthodoxe, et reprend plus sérieusement.

« Et je sais me battre. »

Tu te demandes si t'es pas un combattant de l'extrême finalement parce que t'as quand même filé un (faux) coup de pied avec une agilité et une précision sans pareille y'a pas cinq minutes, c'est troublant... Quant au sexe euh... Impossible de te souvenir de la dernière fois que t'as touché une fille, ça t'aide pas non plus ça !

« Tu sais... Moi je ne crois que ce que je vois hein... », tu lui adresses le même regard. Oui après tout, pourquoi tu n'essayerais pas de la séduire, hum ? Tu te poses deux secondes, tu t'imagines là, juste à la commissure de ses lèvre, tu t'imagines soulever ses longs cheveux et susurrer à son lobe et... Tu grimaces. Bah mince... ! Quoi, ça te branche pas ou quoi ? Elle est canon pourtant ! Ta peau semble brûler rien qu'à l'idée même de la caresser ou de la voir nue... ça te fait un peu l'effet d'imaginer une scène torride avec... Ta sœur ou ta cousine ! Bon ok, parfois tu peux avoir une cousine un peu hot tu présumes, mais là ça te fait franchement un effet d'inceste franchement pas délectable !

« Je présume que je sais aussi, sans savoir pourquoi. J'ai zéro souvenirs de m’être déjà battu, mais j'ai l'impression d'avoir des notions », ce ci dit, t'es sûr de rien.

« J'imagine que ça n'a pas du être un moment agréable quand tu as du découvrir que tu savais te battre, on ne se bat jamais pour rien, enfin... », tu retrousses un sourire et baisse d'un ton le volume de ta voix « sauf quand on simule dans une émission de télé réalité ! ».


« Et toi, t’as découvert quoi ? Tu verras, ça viendra avec le temps. »



Tu te grattes la tête et prend une inspiration.

« Voyons... Je sais que je déteste les hôpitaux mais je suis pas sûr de savoir pourquoi, ça m'angoisse, pourtant j'aime quand... Enfin je suis un peu maniaque. J'aime quand c'est ordonné, propre, à sa place. Et pourtant j’abhorre cet endroit. Je suis une contradiction ambulante ! J'ai de bons réflexes, je suis musclé, j'ai... Oh ! J'ai un tatouage, puis j'ai ça... », tu tires davantage sur ta petite croix que tu es en train de triturer autour de ton cou. Elle la dévisage en fronçant ses sourcils. Quoi ? T'as un truc sur la gueule ou quoi ?

« C’est drôle, j’ai exactement la même croix tatouée sur la nuque, regarde. » , elle relève ses lourds cheveux et...

« C'est... », tu déglutis et écarquilles grand tes yeux. Est-ce que toutes les croix religieuses sont dessinées comme ça ou est-ce que tu assistes à l'un de ces hasards hyper flippants qui n'arrivent qu'au sein de la Ruche ? Tu reconnaissais au millimètre près les mêmes rainures, les mêmes striures, ces petites incisions soignées qui lui donnait un petit effet diamanté sous une lumière vive. Les mêmes finissions et formes aux extrémités, la même finesse, c'était une copie conforme...

« Les bras m'en tombent je... », t'hésites à toucher mais tu te retiens. « Tu penses qu'elles sont toutes comme ça, les croix ? », tu demandes pendant que ton assurance te fuit et ton cœur bat la chamade. Un regain d'adrénaline, enfin !
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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Lun 26 Juin - 17:46

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Tu t’attendais à le faire rire avec ton histoire. Ou à le dégouter. Finalement, c’est aucun des deux. T’es un peu déçue, mais tu ne le montres pas. Il reste stoïque, sans dégager un quelconque sentiment, avant d’ajouter avec sarcasme qu’il y a une grosse ambiance dans la cafétéria. Et il ne croit pas si bien dire… Enfin bref. Il est bizarre ce type. Enigmatique. Déstabilisant. Ses réactions t’intriguent car elles sont aléatoires et imprévisibles. Quand tu penses le faire rire tu obtiens l’inverse, et pour un rien il s’emballe. Vraiment étrange comme personnage. Mais ça change. C’est original. Et Dieu sait Ô combien après toutes ces pâles copies inintéressantes tu avais besoin d’un gars comme lui. Qui sache te surprendre. Qui sache te déstabiliser. Qui t’intéresse et qui aiguise ta curiosité, en somme.

Il est arrivé hier soir. Et il n’a toujours pas mangé. Ouais, la bouffe, c’est clairement pas sa spécialité. Tu notes que t’avais raison quant à tes doutes sur sa longévité dans la Ruche. En même pas vingt-quatre heures on n’a pas vraiment le temps d’assimiler grand-chose. Mais c’est un grand curieux qui ne cesse de se poser des questions, c’est déjà bien. C’est mieux que tous ces loosers qui mettent une semaine à s’en remettre d’être enfermé ici et qui passent leur temps à pleurnicher. Lorsqu’il se demande pourquoi il a préféré aller à la salle de sports plutôt qu’à la cafétéria, tu peux pas t’empêcher de glisser un « L’appel de la danse a été le plus fort. » tout en regardant le plafond l’air de rien. Bah quoi, c’est pas parce que vous avez changé de sujet que tu peux pas de temps en temps en remettre une couche…

Il t’expose ensuite sa vision des choses. Sa manière à lui de se faire éliminer. Et tu ne peux pas t’empêcher d’en rire. Surtout lorsqu’il se lève et qu’il te balance son pied dans ta figure. Pour ta part, tu restes stoïque, continuant tes exercices comme si le coup n’était pas parti. Pourquoi ? T’aurais très bien pu sursauter, le contrer, agir quoi. Mais non. Peut-être parce que tu savais qu’il ne te toucherait pas ? « Permets-moi d’en douter. » que tu commences, te redressant pour braquer ton regard dans sa direction. « Les bagarres, à mon avis, ça donne plutôt l’effet inverse. Y’a qu’à voir les foules qui se forment autour des combattants quand ça se produit. Tout le monde aime la violence. C’est palpitant. Exaltant. Savoir qui va gagner, qui va perdre, et dans quel état ils vont finir… » Se battre, c’est faire le buzz. T’en es persuadée. Parce que ça change de l’ordinaire. Ça casse la routine. Mine de rien, les prisonniers ici sont bêtes et disciplinés, et les combats sont rares. « Si tu veux te faire éliminer, alors sois comme tous ces idiots. Va te prostrer dans ton coin, ne parle à personne et devient une de ces abeilles insignifiantes. » Y’a du dégout qui perce dans ta voix à mesure que tu débites tes paroles. Parce que ces gens là tu peux pas les encadrer. Ils sont tellement… Inintéressants. Désespérants. Ils te désespèrent. Et souvent, d’ailleurs, ce sont les premiers à partir. Pas si étrange que ça quand on suit votre théorie sur le show télévisé.

T’as réussi à le surprendre avec le fait que tu sois un bon coup. Quoi, ça l’étonne ? T’en serais presque vexée qu’il puisse en douter, mais c’est peut-être ta manière franche d’en parler qui l’a surpris plutôt que le fait que tu sois une bête de sexe. Tu préfères partir sur cette théorie, question de fierté. Il te rétorque qu’il ne croit que ce qu’il voit. À ton tour de rire. Quand tu lui demandes ce dont il se souvient, il t’explique qu’il pense avoir des notions de combat. C’est vrai qu’avec son coup de pied c’est ce qu’il semble dégager. Pendant un instant t’hésites à lui dégainer ton poing dans sa figure, histoire de voir s’il l’arrête ou pas. Mais assez de réflexe pour aujourd’hui. Il aura tout le temps de connaitre la réponse dans les jours ou les mois qui vont suivre. Il te dit qu’ici on ne se bat pas pour rien. Et y’a un petit sourire énigmatique qui se peint sur ton visage. Parce que la première fois que tu t’es battue, c’était juste avant une étreinte charnelle. La seconde fois par contre, c’était un peu plus justifié. « Ça c’est sûr… Je me suis déjà battue avec un type qui me suivait dans les couloirs. Je l’avais pris pour un prédateur sexuel. On sait jamais, avec tous ces gars louches qui trainent… » Tu ponctues la fin de ta phrase par un haussement d’épaules. Des raisons de se battre, vous en trouverez toujours. Et ça sera pas pour simuler et faire le buzz. Y’a qu’à voir tous les tarés qui se baladent et qui ne demandent que ça.

Tu l’écoutes quand il te parle de lui et de son côté maniaques. T’acquiesces par moment. C’est toujours intéressant à savoir. T’allais lui demander ce qu’était son tatouage quand il te montre sa chaine en or. Et ça, ça capte toute ton attention. Parce que ça te rappelle avec exactitude ton tatouage. Ta propre croix cachée au creux de ta nuque. La coïncidence est étonnante, et tu tardes pas à lui faire part de ta découverte. Il est surpris à son tour après avoir regardé ton tatouage. Comme quoi tu es dans le vrai. Mais alors, qu’est-ce que ça signifie ? Que vous vous connaissiez avant ? « Non, je pense pas… » Sa théorie sur le fait que toutes les croix sont les mêmes ne tient pas la route. Et lui-même n’y croit d’ailleurs pas. « Peut-être qu’on faisait partis de la même paroisse ? Même si je ne me suis jamais sentie l’âme d’une catholique… Mais en tout cas, je ne crois pas aux coïncidences. » Mystère, mystère. « J'imagine qu’on finira par avoir la réponse à cette question un de ces jours… » Parce qu’il y en a forcément une. Il faut juste se montrer patient. Dommage que ça ne fasse pas parti de tes qualités.  
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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Jeu 29 Juin - 9:14



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« L’appel de la danse a été le plus fort. » … Drôle de façon de justifier ton choix pour la salle de sport! Elle ne va pas lâcher l'affaire, t'en es sûr... Elle est tenace, t'aime bien ! Si ça lui fait plaisir que tu sois potentiellement danseur, qu'elle l'imagine, c'est pas ton problème. Tu souris.

« ça doit être ça ! », clin d’œil.

Parlons de choses sérieuses.

Il fallait trouver un moyen de vous tirer d'ici, t'aimes pas vraiment l'idée de faire partie de la multitude de petits rats de laboratoire à attendre sagement qu'on t'ouvre le bide. T'as l'ide un peu primitive, naïve de semer la zizanie, donner vie à une bonne vieille bagarre des familles pour te faire virer de la team car t'as semé le trouble, mais 222 n'est pas de ton avis.

« Les bagarres, à mon avis, ça donne plutôt l’effet inverse. Y’a qu’à voir les foules qui se forment autour des combattants quand ça se produit. Tout le monde aime la violence. C’est palpitant. Exaltant. Savoir qui va gagner, qui va perdre, et dans quel état ils vont finir… »

Tu hoches la tête, elle est pas con la petite blonde. Ça se tient comme réflexion. C'est vrai que vous êtes entourés d'une grande majorité de boulets sans cervelle ici, un groupe de moutons bien dociles qui mastique la bouffe infâme de la cafet' car ils n'ont rien d'autre à faire, rien d'autre à penser. Ils seraient ravis de voir un peu d'animation, tu ne vas pas leur faire ce plaisir, oh non !

« T'as sans doute raison. Bordel, on est vraiment des animaux. J'arrive pas bien encore à déterminer si ça m'amuse ou me file la gerbe, l'un dans l'autre... », tu hausses les épaules.

« Si tu veux te faire éliminer, alors sois comme tous ces idiots. Va te prostrer dans ton coin, ne parle à personne et devient une de ces abeilles insignifiantes. »

Tu aimes sa façon de parler, elle te ressemble cette fille. Elle a ce même cynisme, ce dégoût des conventions, de l'obéissance. Dans vos crânes l'anarchie règne et pourtant vous restez là, à votre place, à observer. Toi tu es comme ça, l'impétuosité t'anime sans cesse, mais tu n'est pas celui qui mène le troupeau, t'es pas un putain de berger, toi. Tu vis pour toi, c'est peut-être égoïste encore une fois, mais tu n'aimes pas trop le tapage que tes idées pourraient provoquer. Là, tu as trouvé la personne qui semble comprendre à quel point la routine, la constance, la servitude sont des poisons inventés par les machines et donc, par extensions, par l'Homme. C'est écœurant. Tu ne te souviens plus de ce que tu étais, avant, mais tu SAIS que tu étais libre. Dans ta tête tu avais trouvé la petite porte de sortie qui te permettais de lever bien haut ton majeur au reste de la société, et c'est cette raison de vivre que tu recherches ici, désespéramment, d'arrache-pied.

« Bien sûr oui... Plutôt crever. »
, tu grommelles dans un silence de plomb. Plutôt crever, sincèrement. Bon... Tout ça pour dire que finalement, vous n'avez pas de plans ! Alors t'apprend à la découvrir, elle sait se battre, cette fille vaut de l'or, elle aurait sans doute pu être le genre de personne que tu aurais fréquenter dans ton ancienne vie.


« Je me suis déjà battue avec un type qui me suivait dans les couloirs. Je l’avais pris pour un prédateur sexuel. On sait jamais, avec tous ces gars louches qui trainent… », tu lèves les yeux au ciel. Tu ne vas pas lui expliquer comment marche la vie. T'es soit prédateur soit victime, point final, et si ça te va pas, tu restes cloîtré chez toi. C'est plutôt pathétique mais tu penses que ça fonctionne comme ça, ni plus ni moins.

« T'as un sacré avantage sur les autres proies, du coup... », évidence que tu déblates platement en jouant machinalement avec ta croix autour du cou. 222 se fige en la dévisageant. Quoi ?

Oh... Effectivement ce bijou que tu portes comme un talisman qui te rattache à l'Avant Ruche est la copie CONFORME de son tatouage. Creepy... Tu bugues un truc comme trois bonnes minutes, tu ouvres la bouche, la referme, t'as l'air idiot.

« Peut-être qu’on faisait partis de la même paroisse ? Même si je ne me suis jamais sentie l’âme d’une catholique… Mais en tout cas, je ne crois pas aux coïncidences. »

La même quoi ? Mais de quoi elle parle ?

« Je ne supporte pas l'idée de ne pas être au contrôle de ma vie, tu penses sincèrement que Dieu a sa place dans une organisation mentale comme ça ? Franchement c'est déjà flippant que je porte ce truc autour du cou, mais que tu aies la même, ça l'est encore plus... »



« J'imagine qu’on finira par avoir la réponse à cette question un de ces jours… », mouais... T'aimerais en être convaincu car des histoires à trous t'en a ta claque !


« Tu connais une prière ? »
, tu demandes en fronçant un sourcil. T'as le sentiment déplaisant que tu connais quelques tartines de ces conneries, il te manque une petite impulsion et tu pourrais réciter ton beau poème. Bordel mais tu viens d'où ?
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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Lun 17 Juil - 13:53

ferme les yeux et oublie
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C’est troublant. Consternant. Qu’il ait la même croix que toi. Que vous ayez ça en commun. Tu pensais pas le connaitre. D’ordinaire y’a comme un feeling qui s’installe d’emblée entre toi et l’autre. Un lien qui se crée et qui résonne en vous comme une évidence. Alors que là… Mise à part vous taquinez et parler de tout et de rien… T’es perplexe. Qu’est-ce que vous pouviez bien avoir en commun d’autre que cette croix ? Pourquoi ce symbole en commun ? Qu’est-ce que ça voulait bien dire ? Jusqu’à présent tu t’es jamais réellement posée la question de la signification de tes tatouages. Parce que ça veut tout et rien dire. Y’a cette lettre, ce « A » tatoué sur ton poignet. Surement qu’il appartient à une autre personne. Une Alice ? Un Adam ? Parce que ça serait ton frère ou ta sœur ? Ou ton père ou ta mère ? Ta meilleure amie peut-être ? Ou ton fils qui sait ? Toutes ces questions te font perdre la tête. C’est à chaque fois pareil. Et c’est bien pour ça que t’as arrêté de chercher, attendant patiemment que les réponses viennent d’elles-mêmes, quand bien même ce soit possible.

Cette croix, tu pensais pas qu’elle avait une réelle signification. Parce que t’as vu plusieurs personnes dans la Ruche avec une croix dans la nuque. À croire que ça va bien à cet endroit du corps. Et puis ça fait un peu fun, un peu classe, d’avoir ça. Non ? C’était ce que tu t’étais dit à ton arrivée dans la Ruche. Que c’était un style plus qu’autre chose. Que ça n’avait pas de réelle signification. Parce que merde, t’as pas l’âme d’une catholique. À peine arrivée ici que tu t’envoyais en l’air avec deux mecs différents. Et puis ta soif de te battre, de faire couler le sang… À combien de péchés capitaux tu t’es adonné ces derniers mois ? Non, impossible. T’es pas une bonne chrétienne. Et t’es même pas sûre de croire en un Dieu. Tu vis la vie que tu souhaites. T’es libre comme l’air. Et pas enchainée à une quelconque croyance. Non, non, non. Un grognement contrarié s’échappe de tes lèvres vermeilles tandis que tu réfléchis à la question. Ce pourrait-il que tu ais tort ? Qu’en réalité tu sois une des fidèles du Tout Puissant ? Ça te parait ridicule. Mais pourtant tu as cette croix de tatouée. Et lui il l’a autour du cou, alors…

C’est à son tour de clamer que la foi tout ça c’est pas son délire. Tu partages ses doutes et ses incertitudes, mais tu sembles plus sceptique que lui compte tenu des résultats qui sautent aux yeux. C’est vrai que si il y avait un Dieu, il n’accepterait surement pas qu’une telle prison soit mise en place. Mais après tout, il y a eu bien des malheurs dans le passé, ça tu en es persuadée, et c’est pas pour autant qu’il s’est interposé. Ça ne veut donc rien dire… Même si c’est vrai que dans cette Ruche difficile d’avoir la foi en quoique ce soit. Surtout privés de vos souvenirs et de vos potentiels liens avec Dieu. Qui sait, peut-être que t’es une miraculée ? Que t’avais le cancer et que du jour au lendemain t’as été guérie ? Peut-être que c’est ce souvenir qui t’a donné la foi, et que vu que tu l’as oublié et bien t’es sceptique quant à y croire ? « Et pourtant tu continues à la porter, cette croix. Quand bien même tu dis ne pas avoir la foi. Pourquoi tu l’as pas balancé ? » Valeur sentimentale ? Poids qui rattache au passé oublié ? Ou simplement la foi refoulée ? Ça serait pas la première fois qu’il refoule quelque chose, celui-là… « Qui sait, peut-être que dans ton passé t’as vécu un évènement qui t’a fait croire en Dieu, quand bien même à la base t’étais sceptique… Et que vu qu’ici tu l’as oublié et bien tu recommences à douter ? » Une hypothèse qui lui va aussi bien à lui qu’à toi. Tu rabats tes genoux au niveau de ta poitrine, les entourant de tes bras. Tu poses ensuite la tête sur ces derniers, perplexe. Il te demande alors si tu connais une prière. T’aurais tendance à répondre non au tac au tac. Mais maintenant que t’y réfléchis… « Je vous salue Marie, pleine de grâce… » Et les paroles semblent couler toutes seules. C’est un flot intarissable qui s’envole d’entre tes lèvres. La prière dure quelques minutes tout au plus, jusqu’à ce que tu prononces un dernier « Amen. » T’aurais même le réflexe de faire un signe de croix si t’étais pas aussi perdue. Maintenant c’est clair que t’es une catholique. Croyante ou pas, t’as quand même appris les paroles. « Je pensais pas en connaitre une… J’y avais jamais pensé… Et toi, ça te parle ? » Tu poses ton regard dans sa direction, sourcils froncés. Est-ce que lui aussi il se souvient de cette prière ? Ou d’une autre ?
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⬡ ⬡ ⬡ ⬡ ⬡

Courir. Courir toujours. Sans s'arrêter. Fuir. Fuir ce putain de passé qui nous colle à la peau, nous pourri notre journée, notre avenir, tout ce qu'on pourrait envisager d'être, de devenir, nous empêche de changer. Sombres. Sombres Pensées. Sombres Cœurs. Sombres Passés.


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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Mer 26 Juil - 12:43



Ferme les yeux et oublie
❝Dans les caveaux d'insondable tristesse où le Destin m'a déjà relégué; Où jamais n'entre un rayon rose et gai; Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse, je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur condamne à peindre.❞
Bon bon d'accord, t'as une croix autour du cou et alors ? On va pas en chier une pendule tout de même, si ? Ça veut pas forcément dire que tu crois en Dieu, si on va par là est-e que tu te fais tatouer parce que ça a forcément une signification ? Non, t'es presque certain que des imbéciles heureux se font encrer après une soirée bien arrosée ! … D'ailleurs ça te parle cette hypothèse, c'est bizarre... Disons que c'est un truc qui te plaît bien, tu trouves ça marrant ! Oh tu te formalises pas, c'est sans doute pas ce que tu as fait toi, car si tu avais été stone le jour où tu t'es fait tatoué, t'aurais sûrement choisi autre chose qu'un piaf noir... Tu t'extrais de la conversation avec 222 un instant en imaginant sur ton épaule un appareil génital masculin ou un morpion.. Ouais, finalement, tu l'aimes bien ton corbeau !

« Et pourtant tu continues à la porter, cette croix. Quand bien même tu dis ne pas avoir la foi. Pourquoi tu l’as pas balancé ? »

Tu soupires d'un air un peu trop sentimental à ton goût.

« Parce qu'elle est à moi. », c'est vrai quoi ! Tu sais pas où tu es, ni dans quel but, tu ne sais pas qui tu es, d'où tu viens, mais tu as quelque chose que personne n'a pu t'enlever. Ça te fait quelque chose finalement, à tel point que t'as une petite chair de poule qui se dresse sur tes avant-bras.

« Tu comprends, je suppose que c'est comme toi avec ton tatouage, t'es pas plus avancée de sa signification, mais t'es contente de l'avoir, non ? », tu demandes en fixant son poignet marqué de la première lettre de l'alphabet.

« Qui sait, peut-être que dans ton passé t’as vécu un évènement qui t’a fait croire en Dieu, quand bien même à la base t’étais sceptique… Et que vu qu’ici tu l’as oublié et bien tu recommences à douter ? »... Hum. Croire en Dieu, c'est un concept tellement abstrait et puérile pour toi, mais après tout... T'es pas vraiment en position de la contredire, tu te souviens pas ! Non mais wait wait... ! Si t'étais un fervent croyant, Dieu t'aurais pas laissé tomber dans cette merde, si ? Il n'était pas censé s'entourer de potes banals fans de lui pour ne pas se faire chier tout seul au paradis ? Nan mais attends, d'où tu sors ces conneries au juste ?

«-  ça se tient comme raisonnement, mais... Je ne crois pas être croya...- 
- Je vous salue Marie, pleine de grâce […] Amen. », Naaaaaan... Attends là c'est pas drôle par contre ! Tes lèvres bougent en silences, elles sculptent mot pour mot le tissu d'inerties que répète presque naturellement 222. Tu connais ce truc !

« Je pensais pas en connaitre une… J’y avais jamais pensé… Et toi, ça te parle ? ». Abasourdis, bouche béante, tu secoues vigoureusement la tête pour reconnecter les synapses de ton cerveau. La prière sonne comme une petite ritournelle qui t'agace. Tu répètes la sienne sans desserrer les dents pour que ta mémoire revienne au galop, tu pensais en connaître une autre, mais c'est sans doute la même... Frustration.

« Attends... Y'a pas un truc avec un Père dans les cieux ou je sais pas quoi ? », tu hésites en répétant tout ça. « Mon Père des Cieux.. Pourvu que votre nom soit... » juron de frustration « Arrrgh ! Non. Ta volonté soit faite... Merde ! », non, ça faisait pas parti de la prière ça, mais là t'es saoulé parce que tu l'as sur le bout de la langue !

« Dis-moi que tu t'en souviens, je sens qu'on est pas loin ! »
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MessageSujet: Re: ferme les yeux et oublie (H05-066)   Mer 26 Juil - 16:55

ferme les yeux et oublie
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Ça sera donc le poids le rattachant au passé, aux vues de ses paroles. Il garde la croix autour de son cou parce que c’est un souvenir de la personne qu’il était avant. Que c’est un objet symbolique, au-delà de ce que la croix peut signifier. Ça aurait pu être un cœur ou un soleil, ça aurait signifié pareil à ses yeux. Certes. Toi t’as que tes cicatrices et tes tatouages pour te souvenir. T’es arrivée ici dénuée de tout pendentif, bague ou autres boucles d’oreilles. Presque vierge, en somme. Dans tous les cas, il se raccroche à son pendentif. Quand bien même il n’est peut-être pas à lui. Qui sait, peut-être que ce sont une idée des producteurs du jeu télévisé. Peut-être qu’en leur refourguant des objets en tout genre ils pourront les diriger vers ce qu’ils veulent. Pour Billy, ça serait de croire en Dieu. Pour une alliance, ça serait de se croire marier. Vous voyez le genre. Ça reste une possibilité, bien qu’au fond tu en doutes. Sinon il n’y aurait pas ces alliances en commun avec les souvenirs qui vont avec. Des maris et femmes qui se retrouvent, c’est pas si rare que ça. Et c’est tant mieux pour eux, d’ailleurs.

Tu descends ton regard vers ton poignet lorsqu’il te parle de ton tatouage. C’est vrai qu’il n’a pas tort. À choisir entre avoir toutes tes cicatrices et tes tatouages ou rien, tu choisirais la première option. Parce que même si encore aujourd’hui la plupart ne veulent rien dire, et bien c’est évident que ça te rattache à la personne que tu étais avant et que ça te montre la voie. T’étais pas une fille calme et disciplinée qui travaillait dans un bureau et qui avait une petite vie tranquille. Sinon t’aurais pas toutes ces cicatrices –et t’aurais pas Myron qui t’aurais tiré dessus alors que tu venais de le poignarder-. Sans toutes ces marques, tu aurais surement mis plus de temps à te retrouver. Probablement même que tu te serais perdue en chemin. « C’est pas faux. » que tu te contentes donc d’avouer. Pour une fois qu’il a raison, autant qu’il le sache. Bref.

Ça semble le sidérer autant que toi, ta prière qui vient de sortir toute seule d’entre tes lèvres. Tu pensais pas être comme ça. Tu pensais pas en connaitre une. En même temps, tu t’étais jamais posée la question. Mais quand même. Tu sais pas quoi penser de tout ça. Et lui n’en mène pas large non plus. Parce que tu les as vu, ses lèvres osciller, tandis que toi tu parlais. Il la connait aussi, y’a pas de doute là-dessus. Et si elle n’est pas venue d’elle-même dans sa mémoire, et bien tu l’as aidé en lui montrant la voie. Olalala mais qu’est-ce que c’est que cette histoire encore… T’es vraiment une croyante, alors ? Est-ce qu’il faut que t’arrêtes tous tes déboires à partir de maintenant ? Franchement, ça te ferait bien chier.

Il te parle d’un Notre Père et de cieux. Sur le coup tu te contentes de froncer les sourcils. Là, ça ne vient pas. Est-ce que c’est bon signe ? Tu fronces les sourcils, te concentrant sur ses paroles. Père. Cieux. Que votre nom soit. Volonté soit faite. Ce sont des mots qui résonnent dans ton esprit et qui ne demandent qu’à sortir. C’est sur le bout de ta langue, tu le sens. Tu pousses un grognement en écho à celui de Billy. Putain, t’as la réponse toute proche. Mon Père. Non c’est pas ça. Notre Père ? Oh purée. « Non c’est Notre Père, qui es aux cieux. Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel… » Et la prière déroule de nouveau. Une autre prière enfouie. Merde alors. Tu poses ton regard vers Billy, partagée entre l’excitation et le désappointement. « Pourtant j’ai rien d’une chrétienne, j’en suis persuadée. Je suis bien trop peu chaste pour ça. Merde alors. Peut-être que ça vient de notre enfance ? Qu’on a été éduqués comme ça ? » Ton regard se pose vers Billy. Vers ses yeux bleus, comme les tiens. Vers ses cheveux blonds. « Tu crois qu’on peut être genre de la même famille ? » La sentence claque dans l’air, et le silence tombe autour d’eux tandis que chacun réfléchit à cette hypothèse qui au fond expliquerait bien des choses.
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