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 les âmes lanternes (F04-089)

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F05-678
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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: les âmes lanternes (F04-089)   Lun 8 Mai - 6:17

Les âmes lanternes
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Ça y est, t’es calmée. T’es remise de tes émotions. Enfin, pas tout à fait. T’as encore les jambes flageolantes et la nausée qui perle au bout de tes lèvres. Mais t’as arrêté de pleurer. T’as arrêté de crier. Et t’as arrêté d’être tétanisée. T’as fait le point sur la situation. Sur ce que tu sais et ce que tu ne sais pas. T’as accepté de ne rien savoir, qu’il y ait beaucoup de zones d’ombres autour de toi. Parce qu’il faut croire que ça fait parti du jeu. Ils sont tous passés par là, les autres. Et ils ont tous surmonté ça. Toi tu seras pas le petit mouton noir, tu seras pas l’exception qui confirme la règle. Tu vas gérer ça. À ta manière. Tu fermes les yeux et tu prends une profonde inspiration. T’es prête à aller de l’avant. À aller découvrir l’inconnu. Cet inconnu qui te fait si peur, mais dont on t’a dit du bien. Il parait que c’est cool, ici. Que vous êtes nourris, logés, et on peut dire blanchis. Y’a une salle de sport, une aire de jeux, une infirmerie, un couloir mystérieux, une salle commune avec beaucoup de livres et un espace vert. T’as hâte de le découvrir, cet espace vert. Vraiment hâte. Parce que tout ce blanc t’oppresse. Tous ces gens te font te sentir mal à l’aise. T’en es pas à être claustrophobe, mais presque. Ton corps réclame de la liberté. Du soleil. Du vent. Des plantes. Un endroit paisible où s’allonger pour méditer. Pour faire le point. Bon, tu sais très bien que y’a pas de soleil et que le vent c’est juste un conduit d’aération qui donne cette impression, ça on te l’a expliqué direct histoire que tu sois pas trop déçue. Mais bon, c’est quand même la pièce qui se rapproche le plus du dehors, et juste pour ça, t’as envie de la visiter.

Mais il est tard. Trop tard. Et ton corps exténué de toutes les péripéties de la journée réclame d’aller se coucher. T’as passé beaucoup de temps dans la petite pièce où tu es arrivée. Combien de temps ? Tu ne saurais trop dire. Mais le fait est qu’en y sortant, et après qu’on t’ait un peu expliqué ce qu’il se passait ici, et bien c’est déjà la nuit. Heureusement que y’a pas de couvre-feu, sinon tu serais dans la merde. Quoi qu’apparemment la nuit précédente il a été remis en place. Ça les avait étonnés, parce que d’après eux c’était pas normal. Apparemment y’a des bugs dans la machinerie ces temps ci. Enfin, t’auras tout le loisir de t’en rendre compte par toi-même. En attendant, il est temps pour toi de prendre le chemin de ta chambre. Tu traines un peu des pieds, profitant d’être la seule dans les couloirs à cette heure. Ils sont rares, ceux qui se baladent. Soit parce qu’ils ont eu peur qu’il y ait comme la veille un nouveau couvre-feu, soit parce qu’ils ont décidé de se rejoindre dans une salle pour faire Dieu sait quoi. Les journées ont l’air longues et monotones ici, et tu espères rapidement t’y acclimater.

Chambre 602. Visiblement tu es arrivée à destination. Tu caresses du bout des doigts le papier qui te sert de plan de la Ruche qu’un bras robotique t’as tendu à ton arrivée. Tu passes plusieurs fois ton regard du papier où est inscrit le numéro à la porte qui se trouve en face toi. 602, oui. T’as demandé aux gens autour de toi s’ils savaient qui logeait ici. Mais ils n’ont pas su te répondre. Trop de monde, trop de numéros, difficile de tout retenir. Ça promet. Tu restes de longues minutes devant cette porte, ne sachant trop comment aborder la discussion si tu devais cohabiter avec quelqu’un. Une, deux, trois autres personnes ? Ça en fait du monde dans un si petit logement. Enfin bref. Tu finis par taire tous tes doutes et tu prends une grande inspiration. Il va bien falloir que tu rentres dans ton logement un jour ou l’autre, alors autant ne pas faire attendre ton besoin de sommeil trop longtemps. Tu pousses délicatement la porte, tendant l’oreille à l’affût du moindre bruit. Personne dans ce qui vous sert de salon. Tu pénètres dans l’habitation sur la pointe des pieds, ton regard tentant de capter et de mémoriser chaque détail. « Y’a quelqu’un ? » Trois chambres. Donc deux autres potentiels colocataires. Les secondes s’égrainent sans qu’il ne se passe rien, et t’en viens à espérer qu’en effet tu sois seule. Mais une des portes finit par s’ouvrir et une brune d’à peu près ton âge fait son apparition. « Ah. Hm. Bonsoir. Je m’appelle F05-678 et je suis nouvelle. » Tu balbuties. T’es mal à l’aise. Tu sais pas si trop l’autre va t’accueillir à bras ouverts ou si elle va te bouffer toute crue et te virer à coups de pieds au cul. « Apparemment j’habite ici. » Et pour preuve, tu tends le plan que tu détiens entre tes doigts. Histoire qu’elle ait la preuve que tu ne mens pas si elle a un doute. « Désolée pour l’arrivée tardive. J’ai mis du temps à… À accepter cet endroit. » Autrement dit t’as passé beaucoup de temps à pleurer et à espérer que tout ceci soit un affreux cauchemar, en vain.


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: les âmes lanternes (F04-089)   Mar 9 Mai - 15:36


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Je ne faisais que penser à lui. La nuit, le jour. Aujourd’hui, plus que jamais. Ils nous étaient arrivés quelque chose de flippant il y a quelques jours, quelque chose qui m’avait rapproché de lui instantanément. Il fallait que je le revoie car cela avait créé un manque en moi. Comment étais-ce possible ? Ici, je réalisais des rencontres et des connaissances régulières, mais jamais elles ne m’avaient à ce point fait perdre mes moyens. C’était un morceau de mon passé, c’était une évidence. A quel moment de ma vie l’avais-je rencontré ? Question franchement bizarre vu que je ne me souvenais plus vraiment de qui j’étais et d’où je venais. Toutefois, depuis mon arrivée ici (qui avait été compliquée) je m’étais aperçue qu’un changement s’opérait en moi. J’étais un peu plus détendu, prête à d’autres surprises de la part des robots et ordinateurs. Et j’arrivais à plaisanter alors qu’au départ, l’angoisse ne m’abandonnais pas. Elle était présente à toute heure et le blanc qui nous entourais était un supplice, surtout les premiers jours dans la ruche. Alors oui, j’avais changé peut-être en bien et ça me procurait un certain bien être et un sacré soulagement. Il fallait juste être préparé à ce que la ruche perde le contrôle et à ce que nos souvenirs se fassent attendre. Ce serai l’occasion de voir si en étant détendue, ma mémoire me revenait.

Je rentrais enfin dans mon appartement en fin de journée après avoir errait dans les différentes salles et couloirs dans le but de recroiser celui qui occupait mes pensées. Malheureusement, je ne le trouvais pas. On avait dû se louper de peu ou il était rentré plus tôt chez lui. J’essaierais la prochaine fois de lui demander son numéro de chambre, enfin si le courage revenait au galop ...

Après une bonne douche, je rejoignais ma chambre. J’avais dû m’endormir car en en ouvrant les yeux j’entendis une personne appeler. Et c’était une voix féminine. Bizarre. Mes deux colocs sont des hommes et encore je ne les voyais pratiquement jamais ! Je fini par ouvrir la porte et découvre une jeune femme brune aux cheveux longs, au teint halé mais avec une mine déconfite. Elle avait dans sa main un papier. Elle semblait fatiguée, perdue ou même angoissée.

C’est en bafouillant qu’elle se présenta. Tout ces indices ... Je comprenais qu’elle s’était réveillée il y a tout juste quelques heures. Ces yeux, un peu gonflés, gardaient certaines traces dû à la fatigue, l’incompréhension et les larmes. Je me souvenais de mon propre moment à cet instant. J’aurais souhaité dans ce moment douloureux, que les anciens colocs me rassurent. Alors c’est avec une aisance surprenante que je lui répondis gentiment et en souriant :

« Salut, moi c’est 89. Bienvenue chez toi, je ne pensais pas qu’un de mes colocs serait remplacé d’aussi tôt. »

Elle n’osait pas trop, je le voyais. D’ailleurs, elle s’excusa pour la gêne et sa présence ici.

« Tu n’as pas à t’excuser je t’assure. Je comprends ce que tu ressens, nous avons tous traversé ce dur moment. »

Après un long moment de silence gênant, je fis « Tu voudrais un verre d’eau ? Ou peut-être tu souhaites que je te montre ta nouvelle chambre ? Ou autre option, on peut aller faire un tour pour te vider l’esprit de toute façon le couvre-feu est levé depuis plusieurs jours. »

Peut-être que j’allais trop vite pour elle, qu’il lui fallait juste du temps. Elle seule saurait me dire ce dont elle aurait besoin à cet instant. Je me souvenais qu’à sa place, je voulais juste fermer les yeux, oublier ce qui m’entourais pour essayer de retrouver mes souvenirs … qui n’avaient jamais refait surface.  



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MessageSujet: Re: les âmes lanternes (F04-089)   Jeu 11 Mai - 13:24

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F05-678. Une suite de chiffre et de lettre sans logique apparente. Est-ce qu’il y avait 677 personnes avant toi ? T’as du mal avec ce matricule. Avec cette identité que cette voix t’a imposée. Alors tandis que tu l’énonces à la femme en face de toi, tu peux pas t’empêcher de frémir. Parce que c’est pas toi, ce numéro. T’es pas cette coquille vide. C’est pas possible. T’arrives pas à t’identifier à ce numéro. Et bordel qu’est-ce que tu donnerais pour n’avoir ne serait-ce que ton prénom. Que sa première lettre. Qu’un indice. Mais t’as rien. Rien de rien. Le néant total. Le flou artistique. T’es que l’ombre de toi-même, et quoi que tu dises, quoi que tu penses, il va falloir que tu t’y fasses. Parce que c’est pas comme si tu avais le choix. Quoi que tu pourrais trouver un surnom. T’inventer un prénom. Te faire appeler Chloé ou Freya. Mais ça changerait rien au problème. Ça changerait rien au fait que ça soit toujours pas toi. Que ça soit qu’un masque. Qu’une illusion. Tout le monde ici s’appelle par des chiffres. Quand bien même personne ne semble apprécier cette méthode. Mais c’est comme ça que ça marche, dans cette Ruche. Alors si les autres l’ont accepté, et bien il va falloir que tu t’y fasses aussi. C’est tes premières heures dans cet enfer, tu supposes donc que c’est normal d’être aussi perdue et aussi dubitative sur tout. Donc va pour 678.

Elle sourit. Et ça te fait l’effet d’un baume au cœur. Elle a un joli sourire. De ceux qui te font sourire à ton tour. C’est communicatif. Elle dégage quelque chose, cette fille. Quelque chose de bienveillant, de chaleureux. Du coup, ça te met à l’aise. Est-ce qu’elle le fait exprès ou est-ce que c’est naturel chez elle ? Tu saurais pas le dire. Mais en tout t’es bien contente d’être tombée sur elle. Parce que tu pressens qu’elle sera gentille avec toi, et que vous allez bien vous entendre. Dans la mesure où au fil des jours tu ne te découvres pas sociopathe avide de violence et que tu ne te jettes pas sur elle, bien évidemment. Parce qu’après tout, qui es-tu vraiment ? Quels sont tes véritables traits de caractère ? Est-ce que t’es comme elle, douce comme un agneau ? Ou est-ce que tu es aussi sauvage et sanguinaire qu’un lion ? Tu peux pas vraiment savoir à l’heure actuelle. Mais tu supposes que tu le sauras bien assez tôt, avec les jours qui vont passer. Y’a une partie en toi qui redoute ce moment où tu découvriras qui tu es. Et si tu étais déçue ? Tu chasses ces pensées d’un battement de cils tandis que ta nouvelle colocataire prend la parole. Elle se nomme 089. Et ce qu’elle te dit te fait froid dans le dos. Parce qu’elle parle de remplacement. Comment ça ? Tu tiques face à ses paroles, mais elle ne semble pas s’en rendre compte, car elle enchaine sur le fait que tu n’as pas à t’excuser. Que ton comportement est tout à fait normal et qu’ils sont tous passés par là. Dans un sens, ça te rassure. T’es peut-être pas la bête de foire que tu redoutes d’être.

Tu sais pas quoi lui répondre mis à part un « Merci. ». Tu sais pas quoi lui dire, et pas quoi faire. T’es complètement larguée. Tu sais pas trop s’il faut rire ou s’il faut pleurer de la situation. S’il faut que tu te réjouisses d’être ici. D’être dans cette Ruche avec tous ces gens. Tu te perds dans tes interrogations silencieuses, à tel point qu’un silence gênant s’installe entre vous. C’est 089 qui décide de rompre ce silence en te proposant bien des choses. Elle parle vite. Elle s’emballe. Et toi, t’as juste envie d’aller te coucher. Mais t’oses pas lui dire non. T’as trop peur de la contrarier. Que son sourire devienne grimace. Tu sais pas pourquoi t’as peur qu’elle le prenne mal, mais c’est comme ça. « Je veux bien un verre d’eau. » que t’arrives à balbutier entre deux pensées. C’est vrai qu’à force d’avoir hurlé et pleuré, t’as la gorge sèche. Tu t’en rends seulement compte maintenant. « Merci. » que tu lui murmures, tandis qu’elle s’exécute et qu’elle te rapporte un gobelet. Tu portes le gobelet à tes lèvres et bois une gorgée. « Ça fait du bien. » Et c’est la réalité. T’as un demi-sourire gêné qui s’installe sur son visage. T’arrives pas à être à l’aise, quand bien même elle semble être à tes petits soins. C’est peut-être ça, qui te dérange. Qu’elle soit si gentille et si serviable. T’as pas l’habitude. « Tu as parlé tout à l’heure de ton colocataire qui serait remplacé. Je ne comprends pas très bien. Il est parti ? Il a décidé de changer de chambre, ou quelque chose comme ça ? » Tu fronces les sourcils, réfléchissant à mesure que tu parles sur des hypothèses pouvant expliquer ses paroles. Il est parti. Genre parti parti ? Il a pris ses affaires et il a trouvé une autre chambre ? Ou une sortie ? Ou on l’a enlevé ?  Ça arrive souvent ce genre de choses ? Elle ne semble pas avoir peur, mais être toujours aussi détendue. Genre comme si c’était normal. Est-ce que ça l’est ? « Ça fait longtemps tu es là ? » Une question fréquente, tu supposes, venant des personnes nouvelles qui cherchent à savoir depuis quand cet endroit existe et ce qu’il s’est passé entre temps.


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: les âmes lanternes (F04-089)   Dim 14 Mai - 7:42


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La femme en face de moi était plus que perdue. Elle était hésitante, elle avait sûrement peur de l’inconnu, peut-être de moi et de tout ce qui nous entourait. C’est bien pour ça que je restais calme avec elle car au fond de moi j’étais excitée qu’une femme puisse devenir ma colocataire.

Je ne voulais pas qu’elle ait peur de moi. Mais si elle s’était réveillée il y a plusieurs heures, alors elle devait être larguée et achevée par ce qu’il se passait. Au fur et à mesure, on pensait tous que c’était « normal » ce qui se passait ici. En fin de compte, on apprenait à vivre avec les autres dans un monde qui avait sûrement été créé pour nous. Il est impossible de dire à l’heure actuelle, si nous étions des prisonniers ou des rats de laboratoire. Lorsque j’en discutais autour de moi depuis mon arrivée, les théories étaient nombreuses et plus loufoques les unes que les autres. Ça aurait pu me pourrir la tête et l’esprit, mais heureusement j’avais fait de belles rencontres qui m’avaient permis de garder la tête au-dessus de l’eau. Lorsque j’étais arrivée dans la ruche, je me posais une multitude de questions, mon tatouage au poignet ne voulait rien me révéler. Mais j’avais appris à vivre avec et à suivre le cours du temps. Je me disais que mes souvenirs, un jour me reviendraient. Peut-être grâce aux personnes qui m’entouraient. Peut-être grâce à lui car je savais au fond de moi, que je le connaissais.

678 accepta mon verre d’eau que je m’empressai d’aller lui chercher. Je remplis le gobelet de la salle de bain pour le lui tendre un instant après. Ça lui faisait un bien fou et cela ne faisait que renforcer mon sourire. Même si le sien était tout fragile. Je comprenais parfaitement ce qu’elle ressentait. J’espérais vraiment qu’elle comprenne que c’est tout à fait normal de ressentir ça.

« Sache que tu n’as pas à avoir peur. Si tu ressens beaucoup d’émotions en ce moment c’est normal. C’est normal de pas se sentir bien, d’être perdue que ce soit autant dans cet endroit que dans toi-même. Mes souvenirs ne sont pas encore revenus. Mais on apprend à vivre avec. Les gens ici ne sont pas farouches en général et vont t’aider à te sentir mieux ».

Je voulais la rassurer. Je voulais qu’elle dorme bien cette nuit. Je voulais qu’elle se sente accompagnée et soulagée. Parce-que moi, lorsque je suis arrivée, aucun de mes colocataires n’étaient présents pour moi. Ils avaient leur vie. Quelques fois on se croisait, on se parlait et on mangeait ensemble. Mais c’était du passé. D’ailleurs elle me posa la question sur le coloc absent.

« Je ne le connaissais pas vraiment en fait, les deux étaient très souvent absents, ils avaient leur vie et leurs amis. Ils ne m’ont pas vraiment accueilli si je puis dire … » Dis-je en m’asseyant sur le canapé et en l’invitant à faire de même si elle le voulait bien. « Je pense qu’ils l’ont changé de chambre en tout cas c’est ce que je me suis dit. Il n’était pas très bavard donc il ne m’a rien dit. Sa chambre et vide donc à mon avis ils l’ont changé d’appartement peut-être parce qu’ici il n’était pas bien ici… ». Je n’étais pas sûre de moi. Depuis quelques temps, les robots nous avaient souvent changer de chambre à cause de dysfonctionnements. Il y avait beaucoup d’appartements et à mon avis, certains n’étaient pas fait pour s’entendre comme moi avec eux. Mais en la regardant toute fragile, j’étais heureuse à cet instant de parler pour la première fois avec une de mes colocs depuis longtemps.

C’est avec plaisir que je répondais à ces questions, elle devait en avoir tellement …

« Je suis là depuis quelques semaines. Mon nom a toujours été 89. Je ne me souviens que de quelques sensations ou émotions que j’ai pu éprouver par le passé et qui sont similaires à certains que je ressens aujourd’hui surtout auprès de quelques personnes de la ruche. Mais je n’ai pas de souvenirs réels auxquels je peux m’attacher pour comprendre qui je suis vraiment… ».

Cela pouvait faire peur, mais je ne voulais pas lui mentir.


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MessageSujet: Re: les âmes lanternes (F04-089)   Dim 21 Mai - 10:54

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Tu n’as pas à avoir peur. Tu es en sécurité ici. Dans cette chambre, et avec elle. C’est le message qu’elle tente de te faire passer. Elle ne te fera aucun mal. Et les autres qui habitent cette Ruche en feront très probablement tout autant. Parce que vous êtes tous dans cette même galère peut-être ? Parce qu’il faut savoir se montrer solidaires les uns les autres pour former une unité ? Une entité soudée capable de venir à bout de cette Ruche ? T’en sais trop rien. T’es dispersée. Tes pensées partent dans tous les sens.  Mais une chose est sûre, c’est qu’elle a le don de te mettre en confiance. De te faire sentir un tant soit peu plus légère. Plus sereine. Tout ce que tu vis est normal. Ça ira probablement mieux demain et dans les jours qui suivront. Alors il faut que t’arrêtes de paniquer et de pleurer. Que t’arrêtes de te sentir aussi mal et aussi déstabilisée. La Ruche n’est peut-être pas un endroit aussi néfaste et aussi dangereux que tu le penses. Peut-être qu’au contraire c’est une Arche. Le dernier berceau de l’humanité ? Pourquoi pas, après tout. Peut-être qu’il y a eu une fin du Monde, et que la seule façon de vous préserver de cette catastrophe c’était de vous mettre à l’écart. Mais pourquoi vous avoir ôté vos souvenirs, votre identité ? Pour ne pas commettre les mêmes erreurs que dans le passé ? Et ça allait durer combien de temps, cette Ruche ? Si y’avait bien une fin du monde, alors les ressources alimentaires allaient bien finir par s’épuiser ? En soit cette théorie tient pas la route. Même si ça passe mieux que celle sur le fait que vous êtes tous enfermés dans cette prison pour payer pour les crimes que vous avez fait.

Dans tous les cas, elle t’explique les choses. Dans le calme et la bienveillance. « C’est rassurant. » Et c’est la vérité. De savoir que les autres ne vont pas te vouloir du mal et qu’au contraire ils vont chercher à t’aider te rassure. Tu te sens moins complètement démunie. Parce qu’à présent, elle est là. Ta colocataire de fortune. Tu saurais pas dire à quel point vous êtes liés, et à quel point votre relation compte pour elle, mais en tout cas, pour ta part, et bien c’est important. C’est ta colocataire. Celle avec qui tu vas passer tes nuits. Les Intelligences Artificielles ont décidé de te mettre avec elle, peut-être parce qu’il y a une raison ? Parce que vos caractères semblent bien s’accorder ? Ce qu’elle dit par la suite semble entailler ta théorie. Parce qu’elle ne s’entend pas avec ses autres colocataires. Ça t’attriste qu’elle te parle de son expérience avec les deux autres. Que ce se soit mal passé, et que jusqu’à présent elle ait eu l’impression d’être seule et laissée à l’abandon. Peut-être est-ce pour ça qu’elle est si gentille et si douce avec toi. Parce qu’elle ne veut pas que la même chose se reproduise avec toi. Ton estime pour elle ne fait que s’agrandir à mesure qu’elle parle. « C’est triste que tous ne soient pas comme toi… » Tu fronces les sourcils, secouant doucement la tête. Tu ne comprends pas qu’on puisse réagir comme ça, et tu te jures intérieurement de faire comme 089. De rassurer de tout nouvel arrivant. « Merci en tout cas de ne pas faire les mêmes erreurs et d’être là pour moi. » Tu ponctues la fin de ta phrase par un petit sourire, sincèrement touchée de son geste.

Elle a dit « qu’ils l’ont changé de chambre ». Qui c’est, ils ? Les Intelligences Artificielles ? On t’a dit que c’était elles, aux commandes. Mais tu préfères poser la question pour en être sûre. Au cas où tu ais loupé une information… « Ils ? Les Intelligences Artificielles ? Ce sont bien elles qui dictent les lois ici, n’est-ce pas ? Ou alors j’ai mal compris ? » Elle va s’assoir sur le canapé et t’invite d’un geste de la tête à la rejoindre. Tu t’exécutes sans broncher. Tu vides d’un trait le restant d’eau dans ton verre, avant de braquer à nouveau ton regard dans sa direction. « Dans tous les cas s’il est parti c’est tant pis pour lui. Il ne sait pas ce qu’il perd. » Parce que cette fille c’est la bonté incarnée. Comment pourrait-on ne pas s’entendre avec elle ? T’as du mal à l’imaginer, mais il faut croire que c’est possible.

Elle est là depuis quelques semaines. Pas bien longtemps en soit, quoi. Quoi que ça dépend depuis combien de temps cet endroit existe. Si ça fait tout autant de temps, ou un peu plus… Elle pourrait faire partie des plus anciennes… T’es déçue quand elle te dit que par contre elle n’a encore retrouvé aucun de ses souvenirs. C’est que ça met forcément du temps ? Ou c’est juste qu’elle n’a pas de chance ? Tu n’oses pas vraiment lui faire part de tes hypothèses, parce que tu ne souhaites pas la démoralisée plus que nécessaire. Elle-même doit déjà en avoir notion. Tu rebondis donc sur l’autre partie de sa phrase, soit le fait qu’elle ait quand même ressenti de vagues impressions. « Quel genre de sensations ? Tu penses que tu connais d’avant certaines personnes ?   »  Il est donc possible d’avoir des liens avec des personnes provenant du passé ? Toi aussi tu pourrais être concernée ?


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: les âmes lanternes (F04-089)   Mer 24 Mai - 10:09


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De la voir rassurée petit à petit et au fur et à mesure que l’on discutait me faisait un bien fou. C’était revigorant de voir que l’on pouvait rendre des personnes moins stressées et plus à l’aise juste par les gestes et la parole. J’étais bien avec elle. De savoir qu’elle devenait ma colocataire me comblait car j’espérais vraiment depuis mon arrivée parler avec ceux qui partageraient l’appartement. Ce n’était pas le cas avant elle. Elle tombait à pic comme on dirait.

Elle me faisait quelques compliments qui m’allaient droit au cœur. Ils ne faisaient que renforcer mon sourire.

« C’est avec plaisir. Tu sais chacun est différent face aux situations que nous présentent la ruche. Certains sont plus égoïste que d’autres. Tu verras tu trouveras ici des personnes qui aide leur prochain. Si l’on ne m’avait pas aidé je ne serais peut-être pas ici en train de te parler tu sais. Au début j’étais aussi perdu que toi ». Je voulais qu’elle comprenne que je m’étais déjà vu dans son état. Je me souviens de ce blanc éclatant qui me faisait mal aux yeux et à ma tête, de se besoin incessant de me souvenir. Aujourd’hui, tout cela est moins puissant. On s’y habitude. C’est dingue comme notre corps et notre esprit peut s’habituer à un lieu et à ses habitudes en quelques jours.

Elle me posa la question sur mes colocataires qui étaient partis. Je répondais simplement « Je pense oui, je n’en suis pas vraiment sûre, mais oui ces ordinateurs peuvent nous changer de chambre et elles régissent les lois de la ruche. » Je ne sais pas si je devais lui en parler ou pas mais dans tous les cas elle le saurait tôt ou tard. Et lui dire la préparerait à ce qu’il pourrait bien se passer à l’avenir dans la ruche. Alors je me mordis la lèvre avant de me lancer : « Il faut que tu saches, que leurs ordinateurs des fois déraillent et provoquent des dysfonctionnements. Il n’y a pas longtemps le couvre-feu a été réinstallée une nuit alors qu’ils l’avaient annulé depuis un mois. Et pas plus tard qu’hier, en salle commune la porte s’est verrouillée et les lumières se sont éteintes. Mais bon ça n’arrive pas tous les jours » terminai-je avec le sourire. « Mais ne t’inquiètes pas ces problèmes au sein de la ruche ne nous touche jamais directement. D’ailleurs, ça amuse certains et j’ai fait des connaissances grâce (ou à cause) des soucis engendrés par les ordinateurs. Il faut apprendre à vivre avec ». Si elle avait besoin d’être rassurée davantage, je serais là pour elle.

Je me souviens encore de ce moment que j’ai partagé avec lui durant le dernier dysfonctionnement de la ruche. J’ai énormément eu peur mais avec le recul, je pourrais en rire. Cet homme blond qui me regardait de ses yeux bleus, je l’ai déjà vu dans une autre vie. C’était réel et puissant. D’ailleurs, 678 me demanda quels genres de sensations me traversaient : « Ce sont des émotions, une vague de chaleur qui traverse mon estomac. Je suis à la fois stressée mais plus que tout j’ai envie de découvrir la personne. Ça me la fait à plusieurs reprises. Comme si je les connaissais déjà de quelque part en réalité. C’est bizarre de te dire ça comme ça, tu dois me prendre pour une folle. »

Je me rendais compte que nous parlions depuis quelques minutes déjà mais qu’elle avait l’air épuisée émotionnellement. A part un verre d’eau je ne lui ai rien proposé d’autres. J’espère que je ne la forçais pas à parler …

« Tu n’es pas fatiguée ? Parce que je parle sans vraiment te laisser te poser depuis que tu es rentrée dis-moi si tu veux aller te reposer surtout je ne voudrais pas t’empêcher de dormir » dis-je avec un sourire honnête.


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MessageSujet: Re: les âmes lanternes (F04-089)   Sam 24 Juin - 13:12

Les âmes lanternes
F05-678 & F04-089

Elle était comme toi. C’est ce qu’elle essaie de te faire comprendre avec un sourire et un air compatissant. Elle a vécu exactement la même chose que toi. Donc tu n’as pas à paniquer et à pleurer. Parce que tu n’es pas différente des autres. Ou en tout cas pas différente d’elle. T’as pas à croire que t’es un monstre, une abomination ou encore une espèce de folle. Parce que contre toute attente, ton comportement est normal. C’est pas parce que tu as ces cicatrices immondes le long de tes avants bras que forcément tu es plus déprimée que les autres. Ici, ça ne veut rien dire. Donc il ne faut pas que tu te focalises sur ça. Que tu te croies différente. Parce que visiblement, tu ne l’es. Et ça ne fait que te rassurer. Au final, ça te fait un bien fou d’être avec elle. Et plus les minutes passent, plus tu décomplexes et tu te sens mieux. « On verra dans les prochains jours comment j’évolue dans ce cas… Mais avec toi à mes côtés je pense que ça ne pourra qu’être positif. » Et tu penses ce que tu dis. T’espères simplement que tout ça n’est pas qu’une facette. Que sur le coup elle est contente de t’aider mais que demain elle aura autre chose à faire et qu’elle te laissera tomber. Elle ne semble pas être comme ça, tu saurais pas dire pourquoi, mais t’as tendance à toujours aller dans le pessimisme.

Elle confirme ensuite tes dires à propos des Intelligences Artificielles. Ça te fait bizarre de te dire que toute ta vie à présent est dirigée par des ordinateurs. Par des codes et des câbles qui ont été programmés pour nous comprendre. Elles n’ont pas besoin de manger, de se reposer, n’ont pas de sentiments propres. Pas de qualités, ni de défauts. Elles sont… Carrées. Rigides. Froides. Et d’après ce qu’elle dit par la suite, elles sont sujettes à des bugs. Génial. « Difficile de dire si on doit en rire ou en pleurer… » que tu souffles dans un murmure. Est-ce une bonne chose que ces Intelligences aient quelque fois des problèmes ? En soit tu penses pas. Parce que si cet endroit est régi par des Intelligences qui dysfonctionnent… Et si par malheur il y avait un court-circuit qui créait un incendie ? Et si il y avait un bug qui faisait que les trappes amenant les plateaux à la cafétéria restées fermer ? En fait ce qu’elle te dit te fait plus paniquer qu’autre chose. Car tu n’es pas si en sécurité que ça ici… Et si au début tu pensais que les dangers seraient les autres, forcée de constater qu’en réalité ça pourrait venir de la structure elle-même. « De toute façon je suppose qu’on a pas vraiment le choix et qu’en effet il faut vivre avec… » Tu ponctues la fin de ta phrase avec un haussement d’épaules. Tu auras tout le temps de te rendre compte que ces fameux dysfonctionnements au fil des prochains jours.

Le sujet dérive ensuite sur les souvenirs et les sensations qui se manifestent au contact d’une personne. Tu l’écoutes parler et c’est comme si elle avait des étoiles dans les yeux à mesure qu’elle racontait son histoire. Tu secoues la tête lorsqu’elle t’avoue que tu dois la prendre pour une folle. « Non, bien au contraire. Je pense que tu as raison. Peut-être qu’en effet tu connais cette personne… Tu lui as fait part de tes ressentis ? Est-ce qu’ils sont partagés ? » T’es curieuse, subitement. À l’image d’un film ou d’un roman t’as envie d’en savoir plus. Qu’elle te fasse rêver, espérer. Elle te demande ensuite si tu n’es pas fatiguée. Et tandis que tu analyses ses paroles, tu sens toute la fatigue peser sur tes épaules. « C’est vrai que cette journée n’a pas été de tout repos. » T’as une grimace qui se dessine sur tes lèvres. Quand tu seras à l’aise dans cette Ruche, t’espères que quand tu y repenseras tu le prendras avec humour. Que tu réaliseras que t’as été bien bête de te mettre dans tous tes états et qu’en effet 089 avait raison sur le fait que tu irais mieux par la suite. « Mais au moins elle aura eu l’avantage de se terminer sur une note positive. » Tu ponctues la fin de ta phrase par un sourire bienveillant. Tout ça grâce à elle. « Je voudrais pas abuser de ta gentillesse, mais est-ce que ça te dérangerait de m'accompagner demain et de me faire visiter la Ruche ? Si tu n'as pas mieux à faire bien sûr... » L'éternelle peur du refus te guette et te fait discrètement te mordre la lèvre inférieure.


© Gasmask

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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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