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 smile so faking (H03-14)

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F05-678
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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: smile so faking (H03-14)   Jeu 11 Mai - 17:13

Smile so faking
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Il y avait du monde. Beaucoup trop de monde. Nus pour la plupart. Ou presque pour la totalité. T’avais pas osé te jeter à l’eau. T’avais pas osé enlever tes vêtements. T’avais encore trop honte de tes cicatrices, et t’étais pas prête pour les exhiber face aux premiers venus. Et puis ça jouait, ça criait, ça courait et sautait dans tous les sens. L’ambiance te plaisait pas. Te mettait mal à l’aise. Du coup t’avais rebroussé chemin. T’avais quitté le nouveau niveau et laissais de côté ton souhait de te baigner dans cette immense piscine. T’étais retournée dans ta chambre, d’où tu t’étais isolée pour le restant de la journée. Est-ce que tu t’étais assoupie ? Probablement, car quand tu avais émergé de ta somnolence, la nuit était déjà bien avancée. Parfait. T’avais quand même jeté un coup d’œil à la garde robe, juste pour t’assurer que la rumeur disait vraie : il n’y avait pas de maillots de bain disponibles. Dommage. Espérons qu’il n’y ait pas grand monde de tenté par une petite baignade nocturne…

T’as pris le chemin du niveau quatorze sur la pointe des pieds, à l’affut du moindre bruit et du moindre danger. T’es jamais très rassurée lorsque tu te ballades dans la nuit. Parce qu’on voit pas très bien devant soit, et qu’on sait pas trop sur qui ou quoi on peut bien tomber. Mais c’est aussi, dans un sens, plus reposant, d’arpenter ces lieux une fois la plupart des gens couchés. Au moins t’as pas tout le temps la désagréable impression d’être épiée et surveillée en permanence. Tu descends les marches rapidement, et tu pénètres dans la nouvelle salle. C’est vrai qu’elle est grande, cette piscine. Elle t’impressionne. Tu pousses un profond soupire lorsque tu constates que la piscine est vide à cette heure. T’avais peur de tomber sur un couple batifolant dans l’eau, mais Dieu merci ce n’est pas le cas. Tu t’arrêtes au bord de la piscine, la fixant avec perplexité. Y’a quelque chose chez toi qui te rebute. Qui te signale qu’il y a un danger. Et puis y’a ton cerveau qui s’emmêle. Et si tu savais pas nager ? Et si t’avais peur de l’eau ? Et si en sautant tu te noyais ? Là, comme ça ? Tu réprimes un frisson, tandis que tu retires ton pantalon –non sans avoir regardé à plusieurs reprises autour de toi pour être sûre qu’il n’y avait personne-. Tu soulèves ensuite ta jambe pour la porter au-dessus de l’eau. Le contact de cette dernière avec le bout de ton pied te fait avoir la chair de poule. La température est bonne. Et le silence règne. Tu pousses un discret soupire, te mordant la lèvre inférieure. Y aller ? Rebrousser chemin ? Ça serait dommage de ne pas tenter alors qu’elle est vide.

Tu t’assois au bord de la piscine, plongeant tes jambes dans l’eau. Tu les secoues lentement, créant un petit remous. Ça change de la douche. Et puis cette odeur de chlore te rappelle quelque chose qui ne t’ait pas désagréable. Alors pourquoi cette réserve ? Pourquoi cette appréhension ? T’es peut-être simplement peureuse de nature. C’est idiot. Tu te décides à enlever ton haut, n’étant à présent plus qu’en sous-vêtements. Tu sais que t’as pied à l’endroit où tu es. Enfin c’est ce que tu soupçonnes, vu que la profondeur semble aller en pente. Tu fermes les yeux un instant, cherchant un peu de courage en toi. Il ne peut rien t’arriver. Non ? Après une longue hésitation, tu finis par te jeter à l’eau. Tes muscles se contractent à son contact et instinctivement tu retiens ta respiration et tu fermes les yeux. T’avais vu juste quant à la profondeur du bassin, car l’eau arrive au niveau de tes hanches. Parfait pour un début. Tu peux enfin souffler et te détendre. Tu marches un moment là où t’as pied, puis tu te décides à aller plus en profondeur. Assez pour avoir de l’eau jusqu’à ta poitrine, et pour pouvoir t’essayer à la nage. Tu lances tes bras devant toi et propulses tes jambes derrière toi. Et tu nages. Une brasse assez incertaine et bancale, mais une brasse quand même. T’arrives à garder la tête hors de l’eau, et c’est le principal. Y’a un sourire qui s’étire sur tes lèvres, tandis qu’un rire cristallin rebondit contre les murs de la pièce. T’as eu peur pour rien. Et le pire, c’est que t’aimes bien ça, nager. Ça te vide l’esprit.

Tu fais plusieurs longueurs. Combien ? T’en sais rien. Tu vois pas vraiment le temps défiler. Le fait est que t’es sereine et détendue, tandis que tu fais tes allers et retours. Tu te sens bien. Comme quand tu es à l’espace vert. Épuisée, tu finis par te poser en plein milieu de la piscine, et te mets sur le dos. Tu écartes tes bras et tes jambes façon étoile de mer, et tu observes le plafond obscur. À ainsi flotter et te laisser aller, tu laisses vagabonder ton esprit. Tu t’endormirais presque. Mais un bruit de pas te fait sortir de ta stase. Tu sursautes et déstabilisée, tu manques de te noyer. Soudainement, tu paniques. Et tu perds tes moyens. Ton corps se tétanise, tandis que tes pieds cherchent en vain le sol. T’as pas pied. Et t’es en train de te noyer.


© Gasmask

⬡ ⬡ ⬡ ⬡ ⬡

Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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H03-14
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MessageSujet: Re: smile so faking (H03-14)   Lun 15 Mai - 19:34



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Encore une énième journée dans la Ruche à traîner à droite et à gauche. Rien de bien particulière comparé à d’habitude. Quatorze avait passé la journée avec les mêmes personnes que d’habitude à vrai dire. Il avait mangé avec Trois, puis il avait passé un moment avec Douze, avant de finalement se poser tranquillement dans sa chambre pour faire le point.

Il avait souvent des souvenirs qui lui revenaient à la figure sous forme de cauchemars. Enfin… depuis quelques temps il avait du mal à savoir si chacun de ses rêves et cauchemars concernaient réellement ses souvenirs du passé, ou si son subconscient jouait avec ses nerfs et ses émotions. Sûrement avec ses hormones aussi. Ce qui ne l’aidait pas du tout à y voir plus clair.

Il était donc resté sur son lit, un cahier à la main, crayonnant ce dont il arrivait à se rappeler de ses nuits. La tâche n’était pas simple, tout trier lui prenait beaucoup de temps et d’énergie d’ailleurs, mais c’était nécessaire. Il en avait besoin pour s’y retrouver et pour essayer de comprendre aussi. Il en avait besoin aussi pour s’occuper. Et puis dans un sens, il nous voulait plus oublier.

Alors après avoir terminé de trier ses derniers flash, il se demanda ce qu’il pouvait bien faire. Il était déjà plus de dix heure du soir, mais pour autant : il n’était pas fatigué. Il savait que s’il essayait de s’endormir maintenant, il n’arriverait pas à fermer l’oeil. S’acharner lui semblait stupide, en plus d’être une perte de temps.

Le bug du couvre feu n’étant plus effectif depuis déjà quelques jours, Quatorze avait finalement décidé d’aller se balader. Et pas n’importe où, non. Une nouvelle pièce avait fait son apparition il y a peu. Une piscine. Une piscine, ici dans la Ruche. Ca semblait un peu surréaliste, mais le nouveau niveau s’était ouvert et semblait faire la joie de pas mal de résidents.

Jusqu’ici, le brun n’y avait jamais été. Il n’était pas un adepte de la foule et s’était spontanément dit que la piscine allait ressemblé à un magasin de prêt à porter féminin le premier jour des soldes. Très peu pour lui ! Il n’y avait donc pas encore mit les pieds. Mais vu l’heure… Il ne mit pas longtemps à se décider. Il n’y aurait sûrement personne.

Il avait donc pris la direction du niveau 14, aillant prit connaissance du fait qu’il n’y avait aucun maillot de bain au préalable. Bon. Se baigner en caleçon ne serait pas bien différent. Le contact avec l’eau lui ferait du bien et le fatiguerait sûrement. Et puis mieux valait pour lui y aller lorsqu’il n’y avait personne…

Il n’en parlait pas, mais son corps ne lui plaisait pas franchement. Pas que sa carrure ou sa musculature le dérange, non. De ce côté là, il n’avait pas franchement à se plaindre, bien au contraire. Sans paraître narcissique ou vaniteux, il se trouvait plutôt pas mal foutu dans le fond. Mais tout était gâché par des marques. Des marques permanentes sur sa peau.

Il n’en avait pas partout, certes. Mais elles étaient quand même dérangeantes pour lui. Il les trouvait moches. Et puis elles lui rappelaient bien trop ses cauchemars, dans lesquels il commençait à comprendre comment il les avait eu… Alors ouais. Ses cicatrices le répugnaient.

Son bras gauche était couvert d’entailles plus ou moins grosses et longues. Certaines étaient même recouvertes de brûlures, ce qui lui indiquait clairement qu’on avait cautérisé ses plaies avec du feu. Chouette, idée. Très discret… Et sûrement pas douloureux, du tout. Souvent lorsqu’il se réveillait en pleine nuit en hurlant, il arrivait encore à sentir les brûlures… avant de filer sous l’eau glacée.

Il en avait quelques autres, beaucoup moins gênantes et voyants, sûrement dû à la guerre. Du moins c’est ce qu’il se disait. Il en avait une autre cependant, bien marqué et qui semblait un peu ancienne, sur sa cuisse. Elle était plus ou moins ronde. Il y avait de très fortes chances pour que ce soit un impact de balle d’ailleurs. Sauf que Quatorze n’en avait aucun souvenir.

Le brun sortit de ses pensées en s’approchant de la dite piscine. L’odeur de chlore l’avait ramené sur la terre ferme et il avait eu un sourire avant d’entrée… et de se rendre compte que quelqu’un occupait déjà les lieux. Mince. De ce qu’il voyait d’ici, c’était une jeune femme.

Il écarquilla bien vite les yeux ceci-dit en s’apercevant qu’il y avait du mouvement. Ou plutôt des éclaboussures non contrôlées. Merde ! La fille en question était en train de boire la tasse et même de se noyer puisqu’il n’apercevait même plus sa silhouette flotter.

Son cœur parti en embardée. Il avait du lui faire peur et elle avait sous la surprise perdue sa concentration. Ni une ni deux, il ne prit même pas le temps d’enlever ses vêtements blancs et se jeta à l’eau, tête la première. Il faisait sombre dans la pièce, mais il arrivait quand même à y voir.

Le brun arriva bien vite à hauteur de la jeune femme et plongea rapidement pour la remonter à la surface. Un bras autour de sa taille il la plaqua contre son torse pour la traîner avec lui jusqu’au bord de la piscine, près de l’entrée.

Une fois hissés tous les deux sur le bord, suffoquant, il paniqua. Merde. Pourquoi elle ne parlait pas ?

« Hey, ça va ? Réponds moi ! »

Il avait claqué doucement ses joues dans l’espoir de la réveiller mais rien n’y avait fait. Elle semblait inconsciente. Le cerveau de Quatorze tourna rapidement, avant qu’il ne surélève son menton et ne pince son nez. Y’avait pas trente six solutions dans ces cas là et il ne tenait pas à voir quelqu’un mourir devant ses yeux, dans cette Ruche.

Il commença un bouche-à-bouche et un massage cardiaque, stressé au possible. Au bout de quelques gestes, la jeune fille cracha de l’eau et inspira bruyamment de l’air. Ouf. Elle était encore en vie. Le brun l’aida à pencher la tête sur le côté avant de dégager des cheveux de son front, soufflant de soulagement.

« Purée, tu m’as fais peur ! »

Oui. Il avait eu peur. Peur d’être peut-être responsable de la mort de quelqu’un. Peur de ne pas arriver à la sauver et la faire revenir à elle. Ce qu’il détestait le plus, c’était de se sentir impuissant dans cette Ruche.

Il se laissa glisser finalement sur le sol, assit, alors qu’il ébouriffait ses cheveux trempés… comme le reste de l’intégralité de ses vêtements blancs qui lui collaient maintenant à la peau.

« Ça va ? »
Codage par Libella sur Graphiorum

⬡ ⬡ ⬡ ⬡ ⬡

The pianist man, i know him.
I don't remember my past. Just that I suffered a lot. I was tortured. He destroyed me ... But then I met him, I saw his smile, heard his laughter, touched his skin. I don't remember everything, but I know. I know I need him. I know he can help me. He can fix me
 
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F05-678
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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: Re: smile so faking (H03-14)   Dim 21 Mai - 13:21

Smile so faking
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T’es idiote. Tu te désoles. Tu vas mourir noyée parce que t’es pas foutue de garder ton calme et de reprendre tes esprits. Mais tu paniques. Et puis tu t’agites, plus tes mouvements deviennent désordonnés, et plus tu te noies. Tu pourrais essayer de te calmer. Essayer d’arrêter de gigoter. Pour réfléchir à où tu te trouves. Où est le sol et où est le plafond. Où est l’air et où est l’eau. Tu sais nager, en plus. C’est ça le pire. Certes, tu le fais pas très bien. T’étais pas une pro de la natation, mais quand même tu connais les bases. Et pourtant, c’est comme ça à ce moment précis, t’étais une débutante. Comme si c’était la première fois que tu te jetais à l’eau. La surprise et la panique t’ont fait perdre tous tes moyens. Et lentement mais surement, tu te sens glisser au fond de l’eau. Happer par les abysses obscurs.

Tu sens tes poumons qui sont sur le point d’imploser. À bout de souffle, tu tentes de prendre une grande inspiration. Mais y’a que de l’eau qui s’insinue en toi. T’essaies de tousser, mais y’a rien à faire. T’es prise au piège. Tu vas te noyer. N’y-a-t-il pas pire mort de la noyade ? L’immolation peut-être ? Tu sens la vie qui quitte ton corps. Et peu à peu, tu te détends. Tu flottes la tête sous l’eau. Ton regard vitreux observe autour de toi. Tu te sens bien. T’as lâché prise. T’as baissé les bras. T’as arrêté de luter. Et ça fait du bien. T’oublies la douleur. T’oublies la peur. Et devant tes yeux défilent des images. Des souvenirs. Des éclats de voix, des rires, de la joie. Trois garçons devant toi. Très jeunes. Des gamins avec toi qui jouent. Des gamins que tu considères comme tes frères. Y’a deux jumeaux, et un autre au teint hâlé. Vous courrez dans la forêt. Vous êtes heureux. Innocents. Un sourire éclaire tristement ton visage, tandis que tu fermes les yeux. Te laissant aller pour de bon pour retrouver l’inconscience.

T’entends pas le « plouf » qui surgit à ce moment là. Tu fais pas non plus attention au remous dans l’eau. T’es inconsciente. Le souffle court et le tracé cardiaque plat. Morte. Ou presque. T’es tirée hors de l’eau. Jetée sur le sol. Des lèvres au contact des tiennes. Un souffle de vie qui se fraie un chemin jusqu’à tes poumons. Des impulsions au niveau de ta cage thoracique. Une fois, deux fois, trois. Les secondes s’égrainent. C’est la douleur qui te fait reprendre connaissance. La douleur due aux probables côtes cassées dans le massage cardiaque. Tu tentes de reprendre ta respiration, mais y’a l’eau dans ta trachée qui t’en empêche. Alors tu tousses. Tu tousses beaucoup. Jusqu’à sortir tout le liquide. Jusqu’à pouvoir enfin respirer. Tant pis pour la douleur à chaque fois que tu tousses. Tu mets du temps avant de comprendre ce qu’il vient de se passer. Aux dernières nouvelles t’étais dans l’eau. T’étais en train de te noyer. Et là, t’es sur la terre ferme. Sauvée. Tu remarques enfin l’homme à tes côtés. Complètement trempés. Et habillés. Il t’a sauvé. Il est venu te sortir hors de l’eau. Il te demande si ça va. Est-ce que ça va ? Pas tellement. Mais déjà t’es en vie, alors tu supposes que c’est déjà le principal. « Je crois, oui. » T’as du mal à articuler. Tu sens ta gorge qui te brûle à chaque respiration. Et c’est pire quand t’essaies de parler. Mais tu te forces à le faire. Il le faut. « Merci, de m’avoir sauvé. Et désolée, pour tout ça. » Tu te sens ridicule. Te noyer toute seule. L’obliger à te sauver…

Tu te redresses difficilement. Remets tes cheveux en place pour éviter qu’ils ne te barrent la vue. Tu continues à prendre de longues respirations. Respirations qui se révèlent sifflantes, mais respirations quand même. T’en reviens pas d’être passée aussi près de la mort. De l’avoir caressé du bout des doigts. Et d’être finalement toujours en vie. T’as froid, soudainement. Tu te rends compte que t’es en sous-vêtements. Presque nue. Tu te recroquevilles en tremblant, tandis que ton regard accroche sur les nombreuses cicatrices qui ornent ton corps. Cicatrices qui d’ordinaire sont cachées, mais à présent visibles aux yeux de tous. Surtout des siens.


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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H03-14
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MessageSujet: Re: smile so faking (H03-14)   Mer 24 Mai - 17:51



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L’odeur du chlore qui emplie la pièce s’immisce toujours plus dans les narines de Quatorze, d’autant plus maintenant qu’il est complètement trempé. Il n’avait pas prit le temps de réfléchir deux minutes avant de sauter à l’eau. Ses vêtements lui importaient peu dans le fond. Il en avait tout le temps de rechange dans sa chambre. Service de blanchisserie gratuite dans la Ruche, si c’était pas merveilleux !

Alors voilà, quand il avait vu le corps de la jeune fille se débattre pour finalement flotter au dessus de l’eau, son cerveau et son coeur n’avait fait qu’un seul tour avant qu’il n’agisse. Heureusement il avait été réactif, il ne préférait pas penser à ce qui aurait pu se passer si la jeune femme était resté plus longtemps dans l’eau. Elle aurait sûrement perdue la vie, dans un dernier souffle et des bulles dans l’eau. L’horreur. Bien trop de résidents disparaissaient sans que personne ne comprenne pourquoi, alors des morts soudaines en direct, non merci. Il y avait déjà eu les tâches de sang de nettoyées devant eux : plus jamais.

Alors que la jeune femme toussé et tenait de reprendre connaissance, Quatorze avait tenté de se calmer, l’adrénaline ayant considérablement accentué son rythme cardiaque et sa respiration. Maintenant que la brune ne semblait plus en danger imminent, il devait reprendre possession de ses capacités, pleinement.

Elle parla enfin, même si sa voix était faible et éraillée. Normal après avoir presque faillit se noyer selon lui. Elle le remercia et le brun ne pu s’empêcher de faire un geste de la main pour lui faire comprendre qu’il n’y avait pas de quoi. C’était normal, il ne pouvait décemment pas la laisser mourir dans cette eau chloré, il n’était pas comme ça, il n’était pas un lâche. Il en avait aujourd’hui la preuve. Pour une fois, il avait enfin pu aider quelqu’un plutôt que se faire aider. Grande première. D’autant plus que pour une fois il n’avait pas causer de problème à quelqu’un d’autre…

Il reporta cependant son attention sur la jeune fille qui se redressait. Il restait attentif pour vérifier qu’elle n’allait pas tomber dans les pommes ou basculer, mieux valait prévenir que guérir. Elle se recroquevilla d’un coup sur elle-même, en tremblant. Il faisait certes un peu frais maintenant qu’il y pensait, mais pas tant que ça dans le fond. Du moins pour lui. Mais sa température corporelle devait être plus élevée que la sienne.

Il fronça vite les sourcils. Le froid n’était pas le seul responsable d’une telle réaction, non. Il voyait enfin les diverses cicatrices que la jeune rescapée avait sur la peau. Beaucoup de lacérations et de brûlures qui semblaient avoir été faites par des cigarettes. Partout sur le corps. Sans ne pouvoir le contrôler l’image de son cauchemar où lui brûler des plais ouvertes sur son bras lui revinrent en mémoire. Son bras recommença à le brûler de nouveau. Merde… Il se pinça les lèvres avant de commencer à se lever.

« Ne bouge pas, je ne quitte pas la pièce, je vais juste chercher des serviettes, d'accord ? »

Il s’était dirigé vers une pile de serviettes blanches dans un coin de la piscine. Il en avait attrapé quatre, jetant des regards réguliers à la demoiselle avant de revenir et de lui en tendre une. Il en déplia une autre pour entourer les épaules de la jeune fille avec.

Si elle était comme lui, elle ne devait pas aimé que d’autres voient ce qu’on lui avait fait subir par le passé. Lui-même trouvait ses cicatrices moches, horribles. Repoussantes et répugnantes. Encore plus depuis qu’il avait des flashbacks de comment on les lui avait faites… Il se racla la george avant de se sécher les cheveux avec une des deux serviettes restantes.

« Tu sais… Je ne te jugerais pas. Je sais ce que c’est. J’en ai aussi. »

Il avait hésité avant de finalement retirer son t-shirt et son pantalon mouillés, se retrouvant lui aussi en sous-vêtement. Il montra rapidement la cicatrice d’impact de balle sur sa cuisse et les nombreuses entailles et brûlures sur son bras. D’ordinaire, peu de gens remarquaient les cicatrices de son bras alors que les t-shirt de la Ruche les mettaient à la vue de tous… Lui, ne remarquait que ça sur sa peau.

« Les gens d’ici y font rarement attention. On est plusieurs, pour pas dire un bon paquet, à en avoir de ce que j’ai vu jusqu’ici. »

Il tenta un sourire réconfortant avant de s’emmitoufler sous les serviettes. La salle de la piscine était calme à cette heure là et l’eau avait reprit une surface lisse après leur passage.
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MessageSujet: Re: smile so faking (H03-14)   Sam 24 Juin - 13:41

Smile so faking
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Tu t’en veux d’avoir été aussi maladroite. Tu l’as obligé à plonger dans l’eau et à tenter de te sortir de l’eau. Qui sait, il aurait très bien pu ne pas savoir nager et se noyer à tes côtés… Tu ne voulais pas qu’il soit ton sauveur. Ton ange gardien. Tu ne voulais pas lui imposer ça. Mais bon, tu dois bien admettre que ça te fait plaisir. Que s’il t’avait regardé sans agir tu serais à présent morte. À présent, tu te sens redevable envers lui. Quand bien même il te fait un geste de la main pour te signifier que ce n’est rien. Tu lui en dois une, c’est comme ça. C’est un sentiment qui ne te lâchera pas quand tu n’auras pas payer ta dette. Faut croire que t’es quelqu’un d’honnête avec un certain honneur. Et que tu sembles bien décidée à tenir tes promesses quand tu t’en fais. « Je t’en dois une, maintenant. Donc si tu as besoin de moi un de ces jours… Pour ce que tu veux… » T’as un frisson qui t’hérisse le poil tandis qu’inconsciemment tu penses à une promesse sexuelle. Tu prends des risques en lui proposant de faire tout ce qu’il lui plaira. Parce que c’est un homme et que… Bref. Tu détournes le regard pour ne pas qu’il lise la gêne dans ton regard, et attend avec une certaine crainte sa réponse. Certes, il t’a sauvé. Mais ça ne veut pas dire qu’au fond c’est un saint et qu’il n’est pas au fond un psychopathe accro à ça.

Il te voit trembler, et se précipite pour aller chercher des serviettes. Il t’intime de ne pas bouger. Et c’est vrai que l’idée de fuir t’es venue à l’esprit. Dès qu’il t’a tourné le dos. Faut croire que c’est dans te habitudes, de prendre la poudre d’escampette. T’es pas franchement courageuse, et quand bien même c’est probablement un chouette type, dans le doute… Tu te contentes donc d’acquiescer sagement. Docilement. Tu le vois bien, qu’il te jette des regards réguliers. Soit pour vérifier que t’es toujours en vie, soit pour vérifier que tu t’es pas barrée. Dans tous les cas, il revient très vite avec quatre serviettes. Il t’en tend une, que tu t’empresses de mettre sur ton torse et tes jambes recroquevillés contre ton corps. T’as pas loupé ses regards sur tes cicatrices. Qui pourrait les louper de toute manière ? Quand bien même il voulait se la jouer discrète, ça n’avait pas été le cas. De quoi accentuer ton malaise et te pousser à couvrir ton corps le plus vite possible. Il te contourne ensuite pour déplier une autre serviette sur tes épaules. « Merci. » que tu souffles. Ça te fait bizarre qu’un homme te porte des signes de bienveillance.

Un silence s’installe entre vous, tandis que vous tâchez de vous sécher. Tu sais pas trop quoi dire. Tu l’as déjà remercié. T’es en train de te sécher les cheveux tandis qu’il te parle de tes cicatrices. Qu’il te dit qu’il ne te jugera pas et qu’il sait ce que c’est. Qu’il en a aussi. Tu fronces les sourcils « Ah oui ? » C’est sorti tout seul. Au début tu penses que c’est un mensonge. Que c’est juste pour essayer de te faire te sentir mieux et de te rassurer. Peut-être une sorte de technique de drague bizarre. Mais il mêle les paroles aux actes et commence à se déshabiller. Tout ça pour te montrer ses cicatrices. Une impact de balles. Des brûlures, semblables aux tiennes. Il n’a pas menti. Il a bel et bien vécu la même chose que toi. Des vestiges de tortures et de souffrances. Tu ne sais pas quoi lui dire. Les mots t’échappent. De toute manière qu’est-ce qu’il peut bien y avoir à dire ? Ton regard compatissant en dit long sur tes pensées. Il tente de te rassurer en te disant que peu de personnes les remarquent, et que vous êtes plusieurs à en avoir. « On est plusieurs à s’être faits torturer ? »  Vraiment ? Ils pourraient former le club des écorchés dans ce cas. Tu l’observes se couvrir avec ses serviettes, tandis que tu hésites à poser la question qui te brûle les lèvres. Il peut le prendre mal. Peut trouver que t’es indiscrète. Mais t’as besoin de connaitre la réponse, alors tu te lances. « Tu t’en souviens ? » Tu parles des cicatrices. Des séances de torture. Est-ce qu’il s’en souvient ? Est-ce que toi, tu vas t’en souvenir ?


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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H03-14
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MessageSujet: Re: smile so faking (H03-14)   Dim 25 Juin - 20:48



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La jeune fille qui se présentait devant Quatorze semblait tellement fragile et intimidée que le brun avait l’impression d’être en présence d’un animal apeuré. Certes, elle venait de frôler la noyade et ça avait dû la secouer… mais visiblement, c’était dans sa nature d’être craintive. Et dans cet endroit, il ne pouvait pas la blâmer pour ça, même s’il ne considérait pas comme l’un des résidents les plus imposant, flippant et impressionnant de la Ruche.

La rescapée lui fit comprendre qu’elle lui devait une fière chandelle et donc un service et dans le fond, cela gêna un peu le brun. Il savait qu’il n’aimait pas devoir des choses aux autres alors savoir que quelqu’un lui devait quelque chose était étrange. En soit, cela pouvait lui servir pour obtenir des renseignements, des objets ou d’autres choses… Cela lui semblait important et primordial ici, mais pas avec elle. Pas avec une fille qui semblait juste vouloir qu’on l’a laisse tranquille.

Il lui avait donc simplement fait un sourire en haussant les épaules avant de lui répondre.

« C’est gentil. Disons qu’en retour, si jamais un jour tu me vois à deux doigts de crever, je ne suis pas contre un peu d’aide ! »

Il avait lâché un petit rire avant de partir chercher les serviettes, de revenir et d’essayer de la rassurer en lui montrant ses cicatrices. Elle ne semblait pas le croire, mais son regard change à la minute où elle constate que le brun ne ment pas. Son bras gauche en est malheureusement recouvert et contrairement à l’impact de balle, elles ne proviennent pas de la guerre. Ou en tout cas, pas directement, il le sait.

Quatorze laisse du temps à la jeune femme pour assimiler les informations, mais les questions ne mettent que peu de temps à fuser. Normal, dans cet endroit. On commence par une question, puis un morceau de réponse en amène d’autres. Plein d’autres. La Ruche créer des questions à tout vas, mais n’apporte jamais le taux de réponse espérait.

« Hm, oui. On est au moins une demi-douzaine je dirais. Du moins de ce que j’ai vu. J’ai croisé un mec avec le dos remplis de cicatrices à la salle de sport, c’était vraiment moche, il a carrément des mots gravés à même la peau… J’ai vu d’autres gars avec des entailles. Des filles avec des cicatrices sur l’intégralité des avants bras… On n’est pas les seuls à avoir dégustés avant d’atterrir ici. »

Un petit silence s’installe, sans qu’il ne soit gênant pour Quatorze. La piscine est tellement calme et l’eau tellement apaisée que s’en est reposant. Ce silence est néanmoins vite brisé quand la jeune fille reprend la parole, une autre question au bout des lèvres. Cette question, bien particulière. Etrangement, une seule personne l’a lui avait posée. Trois. Et c’était plus une question générale quand il était sorti de prison complètement traumatisé et brisé, qu’une question ciblée sur les cicatrices de son bras.

Il s’en souvient, maintenant. De leur apparition, de comment on lui avait fait ça. Ce qu’il ne se souvenait pas en revanche, c’était le pourquoi et le qui de toute cette histoire. Il ne pensait pas les voir méritées, mais elles étaient belles et bien là. Il lâcha un soupire, plus pour se donner du courage qu’autre chose avant de resserrer les serviettes autour de lui. A chaque fois qu’il en parlait, son bras se mettait à le picoter désagréablement.

« Malheureusement, oui. »

C’était sorti un peu trop spontanément. Et c’était un peu trop maigre pour une réponse. Il pouvait bien s’étendre un peu sur les détails. La jeune fille voulait surement savoir si le fait de se rappeler était douloureux.

« Avant, je ne m’en rappelait pas. Elles étaient juste là, moches et gênantes. Puis il m’est arrivé plusieurs choses ici, plus ou moins… traumatisantes. Brutales. Et j’ai finis par me rappeler, par le biais de sortes de flashbacks et de cauchemars. C’est… pas plaisant. C’est toujours trop réel. Comme si je le revivais constamment. Je sais comment chaque cicatrice est arrivée. Je sais qu’on m’a torturé de bien des manières, qu’on a joué avec ma santé mentale aussi… Mais je ne sais pas qui m’a fait ça, ni pourquoi. »

Il avait raconté tout ça en regardant la surface de l’eau de la piscine, fixement. Les mots avaient eu parfois du mal à sortir, mais il avait réussi, sans pleurer même. La première fois, en sortant de prison, ça avait été autre chose. Il avait mis des heures avant de parler et il avait fallu la présence de deux personnes pour pas qu’il ne sombre et pour qu’il récupère, petit à petit. Les cauchemars étaient encore là, douloureux. Il se réveillait encore et toujours en sursaut et dans des cris parfois déchirants. Ses deux colocataires, compatissants ne lui faisaient pas de remarques, mais cela ne changeait pas les choses.

« Parfois c’est mieux de ne pas se rappeler. On peut s’imaginer des scénarios moins horribles qu’ils ne le sont en réalité. Peut-être que c’est pour ça qu’on est ici, pour oublier, pour nous faire avancer. »

Il avait finalement tournée son visage vers la demoiselle, affichant un sourire mi triste mi compatissant. Si elle lui avait posée cette question, c’est que peut—être elle n’en avait aucun souvenirs. Et si c’était bien le cas, Quatorze lui souhaitait de ne pas se rappeler toutes les horreurs qu’elle avait elle aussi dû subir.
Codage par Libella sur Graphiorum

⬡ ⬡ ⬡ ⬡ ⬡

The pianist man, i know him.
I don't remember my past. Just that I suffered a lot. I was tortured. He destroyed me ... But then I met him, I saw his smile, heard his laughter, touched his skin. I don't remember everything, but I know. I know I need him. I know he can help me. He can fix me
 
© sweet peach
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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: Re: smile so faking (H03-14)   Mar 27 Juin - 11:17

Smile so faking
F05-678 & H03-14

Quand il te répond qu’il ne souhaite rien si ce n’est de l’aide de ta part s’il venait à frôler la mort, et bien tu te sens rassurée. T’as un poids qui s’échappe de tes épaules tandis qu’il disparait aller chercher les serviettes. Il n’est pas comme tu l’imaginais. Comme tu le redoutais. Il est normal. Et visiblement pas intéressé par les courbes de ton corps. Par contre, tu doutes de vraiment pouvoir répondre à son attente. Parce que tu n’es pas comme lui. Parce que tu n’as clairement pas l’âme d’une sauveuse. Mettez-lui en danger devant elle, et elle fuira plus vite que son ombre. T’es pas téméraire. Bien au contraire. T’es une lâche. Ça te fait mal de l’admettre, mais c’est la simple vérité. Alors t’es pas sûre de réussir à tenir sa promesse. Quand bien même t’en crèverais d’envie. Tu te contentes de baisser le regard quand il te lance cette phrase, et tu ne rétorques rien. Mutique. Tu verras bien le moment venu. Mais t’as quand même espoir que lorsqu’il viendra vers toi, ça sera pour tout autre chose qu’un danger de mort. Parce que la Ruche n’est pas si dangereuse que ça. Si ?

Plus sérieusement, le voilà qui te raconte ce qu’il sait à propos des personnes qui traînent un quota de cicatrices en tout genre. Une demi-douzaine, rien que ça. Tu peux pas t’empêcher d’agrandir tes yeux sous la surprise à mesure qu’il te parle de ce qu’il a vu. De ce que probablement ces gens ont vécu. « C’est affreux. » que tu souffles dans un murmure tandis que tu baisses les yeux pour observer tes pieds. Visiblement oui, tu n’es pas la seule à trainer un lourd passé. Est-ce que tu dois t’en sentir rassurée pour autant ? Le fait que d’autres puissent ressentir ta peine te chagrine. Mais en même temps, égoïstement, ça te fait du bien. Parce que tu n’es plus seule. Parce que vous êtes plusieurs. Et qu’ensemble, vous pouvez peut-être vous serrez les coudes ? « Faut croire que non… Mais l’unité fait la force et peut-être que ce qui nous a fait souffrir autrefois nous rendra plus fort ? » L’espoir fait vivre, comme on dit. Parler de ses traumatismes, de ses cicatrices, avec d’autres comme toi, ça peut faire l’effet d’une thérapie de groupe et vous faire tous avancer. Ce n’est qu’une théorie, bien évidemment, mais peut-être qu’elle vaudrait la peine que vous la tentiez. Quoi que toi pour le moment, t’as trop rien à dire à ce sujet. Mis à part le malaise que ces cicatrices engendrent, t’as la chance de ne pas te souvenir. Avantage provisoire, tu supposes.

Quand son regard se voile à ta question, y’a un frisson qui te parcourt. T’aurais peut-être pas dû lui demander. Parce que rien qu’à voir la tête qu’il tire, tu as ta réponse. La culpabilité te tiraille, tandis qu’il confirme tes craintes. Malheureusement oui. Deux petits mots qui veulent tout dire. T’oses pas lui demander des détails, parce que tu sens que ça lui coûte. Que ça le replonge dans des souvenirs qu’il voudrait oublier. Mais c’est trop tard. Et contre toute attente, il continue. Il développe son histoire. Sur le comment ça s’est passé. Sur ce qu’il a vécu. Il est marqué par tout ça. Traumatisé. À juste titre d’ailleurs. Une fois de plus, les mots t’échappent. Et tout ce que tu trouves à faire, c’est poser ta main sur la sienne. Avec douceur et compassion. Tu sais pas ce que ça fait de se rappeler. Mais rien qu’à voir sa tête tu comprends que c’est douloureux. C’est comme revivre ce traumatisme enfoui, encore et encore. T’as encore moins hâte de te souvenir, maintenant. « Je suis désolée. Je ne voulais pas te faire souffrir. » Mais c’est trop tard à présent, le mal est fait.

Il finit par te dire avec un sourire mi-triste, mi-compatissant, que finalement c’est surement mieux de ne pas se rappeler. Et tu ne peux qu’être d’accord avec lui. « J’espère que ma mémoire me préservera encore un peu. » que tu commences, ta main toujours contre la sienne. « Mais je suppose qu’avec cet endroit, qu’avec tout ça, ils referont inévitablement surface. J’ai plus qu’à me préparer tant bien que mal. » Tu retires ta main de la sienne pour la porter contre ton torse. Tu vas t’en souvenir. C’est une certitude. Le plus tard sera le mieux, mais quoi qu’il arrive ça finira par arriver. Tu tends un de tes bras, caressant avec ta main de libre la longue cicatrice sur ton avant-bras. « J’ai déjà sombré une fois. Au point de penser qu’il serait impossible de remonter. Et si ça recommençait ? » T’as tenté de te suicider. Donc t’étais forcément au plus mal. Ce que tu redoutes, c’est qu’avec cette remontée de tes traumatismes tu te retrouves dans la même situation qu’avant. Et que cette fois tu ne te loupes pas. « Comment tu fais pour ne pas perdre pied ? » Tu ne le connais pas. Tu ne sais rien de lui. Et pourtant, il y a ces cicatrices qui vous lient. Qui ne te laissent pas indifférente.


© Gasmask

⬡ ⬡ ⬡ ⬡ ⬡

Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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smile so faking (H03-14)
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