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 The Brotherhood - ft F05-678 & H02-001

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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: The Brotherhood - ft F05-678 & H02-001   Lun 15 Mai - 0:15

The Brotherhood

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Comment est-ce que j’étais arrivé là déjà ? Ah oui, Adam. On était censé avoir rendez-vous… je ne savais plus trop où, parce qu’il m’avait dit qu’il avait absolument besoin de moi. Sauf que maintenant, j’étais dans son appartement, affalé sur son canapé, une bouteille de bière à la main, un verre cocktail de son œuvre aux pieds, si fort que je sentais la chaleur rien qu’en me penchant à peine au-dessus du récipient. Il m’avait enlevé pour une soirée, de ses propres aveux, pour au moins profiter une dernière fois avant un très long moment d’être ensemble, entre frangins. Encore que cette excuse me paraissait quelque peu injuste pour Adrian, il était notre frère après tout, même si, c’est vrai, on n’avait pas vraiment la même relation. C’était étrange d’ailleurs en y repensant, que dans une fratrie où pourtant nous étions élevés de la même façon, il y ait autant de… différends. Alors, oui, bon, Lina et moi avions droit à pas mal de ‘privilèges’ par rapport à nos frères, mais nous avions les mêmes valeurs, le même sens de la famille. Ou peut-être pas… peut-être que c’était juste ce que je m’étais mis en tête jusqu’à présent et que de réaliser que l’un de mes frères allaient me manquer… et pas l’autre, du moins pas autant, pas pour les mêmes raisons, m’avait en quelque sorte ouvert les yeux… Ou alors j’étais juste un putain de frère indigne. Ce qui était plus que possible, on ne peut pas dire que j’avais toujours été super sympa avec lui. Enfin, tout ça pour dire que quand Lina l’apprendrait, on allait probablement se faire engueuler tous les deux de ne pas l’avoir invité.

C’était assez le bordel en ce moment, Lina et moi nous prenions énormément la tête, non pas entre nous, mais avec de la paperasse pour notre départ, les parents nous aidaient aussi pas mal, mais avec tout ça, je n’avais pas eu un seul moment tranquille, et encore mois pût passer du temps avec Adam. Ça faisait plusieurs mois qu’il avait quitté la maison, comme Adrian, ils étaient majeurs à présent, ils étaient partis pratiquement dès qu’ils avaient pût. Et comme le départ était pratiquement imminent, il fallait que je profite au moins une dernière fois de mon grand frère avant de ne plus avoir de réels contacts avec lui. Les choses changeraient complètement une fois qu’on serait en Syrie, on ne pourrait de toute façon pas se parler tous les jours et faire des rapports à la famille, on ne savait même pas, Lina et moi, comment serait notre vie là-bas. Être avec Adam pour une soirée, faire une quelque sorte un adieu à cette vie confortable de gentil petit américain aux origines floues pour les autres avant de plonger dans l’inconnu total. Ce serait mentir que de dire que je ne flippais, mais j’avais pris cette décision, on avait pris cette décision, et puis, hé, avec des ex-militaires comme parents, qui défendent la patrie et tout le reste, difficile de ne pas suivre cet aspect. Ils avaient essayés de nous en dissuader avant de capituler effectivement et de nous aider dans nos démarches. Adam aussi avait essayé, il essayait toujours même si je le soupçonnais de s’être fait une raison, et c’était peut-être aussi pour ça que l’ambiance était un peu lourde à la maison. Quand j’avais donc réalisé que ce à quoi je pensais avait réellement lieu, j’avais finalement lâché prise, oubliant tout le reste pour juste m’éclater avec mon frère.

Étendu donc sur le canapé, je bu une petite gorgée de ma bière en observant mon frère avec un léger sourire, l’alcool faisant déjà son petit effet sur moi, me déliant la langue et me rendant légèrement nostalgie, mais des bons moments, je nous revoyais encore tout petits, tous. Ça pouvait donner une image glauque de revoir sa vie défiler devant ses yeux dans un sens semblable à la mort, et ce l’était peut-être dans un sens, rien ne me garantissait que je retrouvais la même vie, que je retrouverais cette vie, que j’y reviendrais. Rien ne garantissait non plus que j’allais survivre aux événements là-bas. Et je ne préférais pas penser à ce qui pourrait arriver à ma sœur. Même si je savais qu’elle n’était pas indestructible, je refusais seulement d’imaginer qu’il pourrait lui arriver quelque chose. Penser l’inverse, même une seconde, suffirait à me convaincre de ne pas faire se voyager avec elle et partir seul pour garantir sa sécurité. Et ce n’était pas non plus comme si notre père m’avait fait jurer de ne pas la mettre en danger. Et plus d’une fois. Bref. Au souvenir de nous petit, je ris en baissant les yeux au sol le temps que je me redresse sur le canapé, un peu mollement quand même.

« Tu te souviens quand on est arrivé en First Grade* tous les quatre ? Adrian et toi n’arrêtiez pas de répéter à notre maîtresse qu’on était bel et bien frères et sœurs, et jumeaux en plus. Lina et moi on était mort de trouille à l’idée de parler anglais. Que vous aviez passé tout le jardin d’enfant à dire à vos copains qu’on allait arriver, que vous aviez eu une petite sœur et un petit frère pour Noël ? »

Notre adoption remontait à nos 5 ans, et effectivement, peu après le mois de janvier qui avait suivi, nous avions nos passeports américains. Il avait fallut que les parents le confirme pour qu’on nous croit à l’école… Apprendre l’anglais avait été compliqué, surtout que Lina et moi ne faisions aucun effort pour le parler entre nous, restant à l’arabe dans toutes les circonstances. C’était notre langue code secret, même si parfois notre mère, ou notre père repérait certains mots qu’ils connaissaient. J’en avais appris plus tard quelques uns à Adam, comme tous les mots qu’on apprend dans une langue étrangère, les gros mots, c’était beaucoup plus drôle.

« Je me rappelle même que vous aviez pris notre défense un jour en pleine classe… Par contre, je me souviens plus pourquoi… »
© GASMASK


*First Grade, l'équivalent du CP, et le jardin d'enfant, la grande section en maternelle.

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MessageSujet: Re: The Brotherhood - ft F05-678 & H02-001   Mar 30 Mai - 6:46

C'est minuscule. Coquet pour le dire de façon un peu moins négative. Ça n'a dans tous les cas rien d'un palace ou d'un château. Bien loin de la demeure familiale qui devait être suffisamment grande pour accueillir quatre gamins hyperactifs en plus de leur parents. C'est plutôt juste assez grand pour me permettre de respirer et mouvoir la grande asperge que je suis sans me cogner sur tous les murs au passage. Non, cet appartement n'est en rien le grand luxe dont tout les gamins peuvent rêver. Un jour, j'aurai mon chez moi et il sera extra! On l'a tous pensé un peu trop fort à ces moments où les parents nous ont un peu trop fait chier à vouloir nous enfoncer des légumes au fond de la gorge. Dans mon cas c'était un peu différent. Je n'ai pas fuis la maison dès que j'ai été en âge de le faire parce qu'on m'a forcé à manger un peu trop de brocoli. Parce que fuir est le bon terme oui. J'ai plutôt passé le pas de la porte à grandes enjambés parce qu'il y a bien longtemps déjà que je ne me sentais plus à ma place dans cet endroit. Le clown de la famille. Celui qui dit un peu trop de bêtises et en a probablement trop dit aussi. Ce n'est pas un mal en soit normalement. Ça ajouter un peu de vie dans la maison. Un peu de positivisme démesuré même, mais pas dans ma maison non. Dans ma maison il régnait cette ambiance forcée par le stricte militaire des paternels. Ce qui faisait par défaut de moi le mouton noir de la famille. Là où Adrian était plus calme, les jumeaux adoptés... adoptés... moi j'étais visiblement une source de problème. Je les ai surtout soupçonné d'être un peu trop allergique à la bonne humeur. Un peu trop entichés de ce frère et cette sœur que j'adore malgré tout sous prétexte qu'ils les ont adopté. Ah les parents... Ça ne m'empêche en rien de les aimer, mais ça ne m'a pas empêché de me tirer vite fait pour autant. Dans ce logement un peu trop petit que j'occupe depuis quelques mois. Il est parfait.

Tout autant que cette soirée improvisée avec mon cher frère. C'était une nécessité. Une énorme nécessité pour laquelle j'ai un peu triché. J'ai dit que j'adore mon frère adoptif. Il serait difficile d'en être autrement avec ce crétin. Aller savoir pourquoi. Ça m'a frappé comme un coup de poing dans la gueule à quel point je l'aime le jour où il a dit vouloir quitter la maison à son tour. Pour un appartement bien trop loin pour moi. Si loin qu'il doit retourner dans son pays avec la sœur pour le trouver. Je suis probablement devenu blanc comme un pot d'huile de coco sur le coup. Ce n'est pas plutôt un fantôme? Bref, j'ai perdu quelques degrés de couleur. Totalement paniqué. Parce que c'était inconcevable dans mon esprit qu'il se tire sans que je puisse le revoir avant je ne sais combien de temps. C'était totalement hors de question que je ne sois pas en mesure d'aller prendre un verre avec lui à l'occasion. J'ai besoin de ça. Sans doute bien plus que la présence des parents. Perdre un ami et un frère du même coup c'est bien trop difficile. Beaucoup trop de chamboulement pour ma petite vie tranquille à servir des ivrognes parce que je ne savais pas quoi faire d'autre de ma peau. Oh j'ai bien essayer de l'en dissuader, mais quand ces deux-là ont une idée en tête...

Alors sans prétendre avoir accepté la chose, j'ai au moins décidé qu'on passerait un dernier moment ensemble lui et moi. Je l'ai donc kidnappé. Enfin, c'est une façon de l'exprimé. Je l'ai invité dans cet appartement trop petit pour deux pour lui coller une bière dans les mains et un cocktail explosif entre les lèvres. Histoire de l’assommer suffisamment pour qu'il n'ait pas d'autres choix que celui de mourir en ma compagnie dans le canapé. Je suis d'un sadisme. « Tu te souviens quand on est arrivé en First Grade* tous les quatre ? Adrian et toi n’arrêtiez pas de répéter à notre maîtresse qu’on était bel et bien frères et sœurs, et jumeaux en plus. Lina et moi on était mort de trouille à l’idée de parler anglais. Que vous aviez passé tout le jardin d’enfant à dire à vos copains qu’on allait arriver, que vous aviez eu une petite sœur et un petit frère pour Noël ? » Je souris bêtement. Ça remonte à loin tout ça, mais je me souviens trop bien. Nous étions euphoriques à l'idée de ce cadeau. On nous croyait un peu fou aussi du coup il faut dire. À 5 ans, on croit qu'on a imaginé les bébés arriver dans des cadeaux sous le sapin comme tout le reste. Adieu la cigogne et bonjour la boîte et son joli papier au motif coloré. Il faut dire que notre mère n'ayant pas le ventre caractéristique des mères attendant des jumeaux, encore, il y avait de quoi se poser des questions. Encore plus lorsque le dit cadeau s'est présenté un matin en notre compagnie. Bien loin d'avoir notre tête. C'est là qu'on voit toute la beauté de la chose. La naïveté des enfants. La facilité avec laquelle il font fit de l'apparence pour se concentrer sur le reste. Pour nous, ils étaient notre frère et notre sœur et le seront toujours. Aussi chiants aient-ils pu être à se faire dorloter par les parents alors que je me faisais gronder.

« Je me rappelle même que vous aviez pris notre défense un jour en pleine classe… Par contre, je me souviens plus pourquoi… » Je prends une gorgée de bière en roulant des yeux. « Oh tu sais, le classique des gamins méchants qui vous embêtaient et hurlaient que vous êtes pas notre frère et sœur. Déjà qu'on en prenait plein la gueule Adrian et moi à avoir la même tête... C'était une raison de plus de nous faire notre fête. Si je me souviens bien, ce crétin a eu une bonne baffe dans la gueule... et moi sur les fesses à la maison. J'étais certain de garder la marque bien gravé jusqu'à la fin de mes jours. Tu te souviens de cette énorme bêtise qu'on avait fait? J'ai cru que les parents s'en remettraient jamais. Ça et le jour où je t'ai coincé à... enfin tu sais. » Je termine ma bière d'un trait en rigolant avant de pointer la sienne des doigts. « Tu veux autre chose? Attends, tu vas avoir autre chose. Je ne t'ai pas kidnappé pour me bourrer la gueule seul une dernière fois avec toi. Tu veux quoi? Une autre bien? Un cocktail miracle pour te nettoyer les intestins? »

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MessageSujet: Re: The Brotherhood - ft F05-678 & H02-001   Dim 4 Juin - 21:09

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Quand je repensais à la fête que nous avions faits tous les quatre ensemble pour la fin du lycée, pour célébrer ce début de liberté, de toutes nouvelles aventures qui s’ouvraient à nous, et quand je nous voyais tous les deux comme ça, à ressasser les souvenirs, j’avais presque envie de verser une petite larme. A l’époque de cette fête monstrueuse, ou même si Lina et moi avions assurés aux parents que personne de moins de vingt-et-un ans ne boirait d’alcool, ce qui était totalement faux et eux-mêmes le savaient et je les soupçonnais d’en être parfaitement conscients, en constatant tous les privilèges que j’avais en étant devenu américain, alors que ceux qui n’avaient pas eu cette chance, du même âge que nous, en Syrie, vivaient dans la misère ou, pour les plus chanceux, sans toutes les libertés que nous avions, je m’étais sentis coupable. A cette époque, j’avais déjà pris ma décision, j’en avais parlé avec ma sœur depuis un moment, et nous avions glissé le sujet dans diverses conversations avec la famille. C’était juste après cette fête que nous l’avions annoncé véritablement. Enfin, après avoir survécu à la gueule de bois monstrueuse, évidemment. Je me souvenais encore de la réaction de tout le monde. Adrian était le seul à être resté impassible, ou du moins à être le moins choqué. Que je parte loin ou non, ça ne changeait pas grand-chose à notre relation. On s’aimait de loin, parce que oui, je l’aimais quand même le frangin. Quoi que quand il avait compris que Lina venait avec moi, c’était autre chose. Ils s’entendaient bien tous les deux. En même temps, notre petite sœur était un ange avec tout le monde, elle s’entendait avec tout le monde. Les parents étaient choqués, mais j’avais cette sensation qu’ils s’y étaient préparés, même si notre mère avait quand même pleuré discrètement. Quant à Adam… j’avais cru qu’il allait faire un malaise. Je ne lui avais jamais de mes états d’âmes, bien au contraire. Adam m’avait toujours permit de penser à autre chose, de rire, de m’amuser tout simplement. Il m’avait même fait douter, est-ce que c’était le bon choix ? Le mettre dans mes bagages était dans une solution viable ?

Je souriais alors qu’il évoquait lui aussi les souvenirs, oui, les choses nous menaient vers la nostalgie, sur la route de la mélancolie enfantine et les meilleurs de ma vie. J’avais très peu de souvenirs d’avant notre adoption, je ne me souvenais même pas de nos parents biologiques ni même de leurs visages, et quelque part… ce n’était pas plus mal. Comme tous les enfants adoptés, j’avais eu cette période atroce pour tous les parents ‘vous êtes pas mes vrais parents’, sauf que je n’avais jamais pensé ce que je disais, ils étaient mes parents, et ça ne changerait jamais. Si j’avais eu des souvenirs de ceux qui m’ont donné la vie… j’aurais probablement été très différent. A la mention donc des deux grosses bêtises, dont une dans laquelle j’étais victime dans l’histoire, je riais, revoyant effectivement la tête des parents, leurs visages rouge de colère. Qu’est-ce qu’on avait fait ? Si je me souvenais bien, c’était parce qu’on… avait enterré Adrian, dans la sable, un jour où on était allé à la plage, à un endroit où les parents nous avaient dit d’aller, sans doute pour être un peu tranquille, et ne pas se recevoir du sable dessus. Lina n’avait pas voulu nous aider, elle avait préféré faire sagement son château de sable. Le problème ? C’est qu’une fois, juste la tête de notre frère hors du sable, Adam et moi étions partis nous chercher une glace, jouer au ballon, jouer tout cout… Et on avait fini par l’oublier. Quand on s’en était souvenu, Adrian était sorti de son trou, en pleurs, notre petite sœur essayait de le rassurer et les parents nous attendaient de pied ferme. Le pire dans tout ça, c’est qu’on avait rit en comprenant ce qu’on avait fait, avant bien sûr de pleurer quand l’engueulade nous était tombé dessus, tout comme la punition. Est-ce que c’était à partir de là que ma relation avec mon autre frère s’était dégradée ? Peut-être… Riant donc, je m’étais redressé en regardant Adam, enfin, m’étant redressé difficilement quand même, finissant ma bière.

« Ils n’ont plus voulu nous laisser seul avec Adrian après ça pendant un long moment. Et c’est bien la seule fois où ils ont été aussi sévères avec toi qu’avec moi. Mais pour être honnête… j’ai tout fait pour me comporter comme un enfant modèle après ça pour qu’ils culpabilisent et qu’ils lèvent la punition… C’est la seule raison je crois pour laquelle ils se sont calmés… »

Et en même temps, je pouvais les comprendre. J’avais toujours profité du fait qu’ils étaient moins durs avec Lina et moi, quand j’en avais pris conscience, mais à présent, je trouvais ça injuste pour mes deux frères. Eux étaient la chair de leur chair, pourquoi est-ce que nous étions ceux qui avaient, et qui ont toujours un traitement de faveur ? Enfin bref, j’enchaîné ensuite très rapidement sur la seconde chose qu’il évoquait, avec un petit sourire en coin, même si sur le moment, ça ne m’avait pas fait rire du tout.

« Tu veux parler de l’épisode Walmart ? Quand tu m’as enfermé dans les toilettes du magasin ? Oh que oui, je m’en souviens très bien. On jouait à cache-cache tout simplement, et je ne sais toujours pas pourquoi, tu m’as enfermé depuis l’extérieur. J’étais tellement paniqué dans le noir que j’en pleurais. Même si après… je t’ai boudé le temps qu’on rentre pour le soir même jouer avec toi. M’enfin, je me suis vengé au lycée après ça. Quand je t’ai enfermé avec cette fille qui était dingue de toi et que tu ne voulais justement pas l’approcher. Elle m’avait remercié pour ça. »

Mes premières vraies bêtises, les volontaires, ce n’était pas exactement avec Adam que je les avais faites, c’était… un garçon de deux ans de plus que moi, que je voyais comme un modèle et qui avait disparu du jour au lendemain quelques années plus tard. Il m’avait convaincu que c’était plus drôle que d’être sage, surtout quand c’est avec son frère qui est le premier à vouloir s’amuser de toutes les façons possible. Une fois « débloqué », je m’étais éclaté comme un petit fou avec lui.
Lui tendant ma bière vide, je me penchais pour prendre le verre de cocktail encore à moitié plein, ou à moitié vide, et avant de répondre à sa question, je le bus cul sec. La brûlure de l’alcool commença par ma gorge avant de descendre jusqu’à mon œsophage et mon estomac, me réveillant un peu. C’était vrai qu’il avait bu plus que moi, mais il fallait dire aussi que je ne buvais pas depuis très longtemps, je ne tenais pas vraiment l’alcool. Je risquais fortement d’être bourré bien avant lui, mais après tout, c’était lui qui l’avait voulu.

« Vas-y, vends moi du rêve, fais moi un tord boyaux, chef ! »
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MessageSujet: Re: The Brotherhood - ft F05-678 & H02-001   Dim 11 Juin - 22:25

« Tu veux parler de l’épisode Walmart ? Quand tu m’as enfermé dans les toilettes du magasin ? Oh que oui, je m’en souviens très bien. On jouait à cache-cache tout simplement, et je ne sais toujours pas pourquoi, tu m’as enfermé depuis l’extérieur. J’étais tellement paniqué dans le noir que j’en pleurais. Même si après… je t’ai boudé le temps qu’on rentre pour le soir même jouer avec toi. M’enfin, je me suis vengé au lycée après ça. Quand je t’ai enfermé avec cette fille qui était dingue de toi et que tu ne voulais justement pas l’approcher. Elle m’avait remercié pour ça. » Cette fille... Ah bon sang cette fille. C'était mon pire cauchemar cette fille. Pour une raison obscure, elle se plaisait à me baver dessus en permanence. Presque littéralement. Pas sur Aidrian. Oh non. Ça aurait été trop simple. Il fallait évidemment que la fille s'entiche de celui qui réussissait à la faire rire plus que de raison sans réaliser le moindre effort parce que le petit clown de service je l'ai toujours été. Commentant les repas comme un commentateur à la télé qui a le nez rivé sur un match de sport quelconque. Faisant s'attaquer les aliments simplement pour embêter les parents qui n'arrêtaient pas de hurler qu'on ne doit pas jouer avec la nourriture. Je savais que j'allais être puni pour une raison ou pour une autre alors je préférais au moins avoir ne serait-ce qu'un peu de fun avant que la chose ne se produise. Puis avec le temps j'ai presque appris à apprécier la chose. Pas cette fille qui me collait à la peau alors que je fuyais le plus loin que j'étais humainement capable de le faire. Plutôt les punitions. Le calme. La tranquillité. Bon, c'était d'un chiant ça je ne peux pas le nier. Ça n'empêche pas au moins que durant ces moments-là j'étais seul avec moi même. Pas de jumeau trop stoïque pour renforcer cette impression d'être un vulgaire bouffon et pas de frère et sœur se faisant dorloter sous mes yeux à m'en filer une humeur de merde. Partiellement. J'ai toujours eu du mal à avoir une humeur de merde. On m'a probablement filer l'injection de bonne humeur à la naissance plutôt que le vaccin contre je ne sais trop quoi. On nous met tellement de merde dans le corps dans notre vie que c'est difficile à suivre à un moment. Moi y compris avec tout l'alcool que j'ingurgite et lui fait ingurgiter.

« En fait je pensais plutôt à ce moment où je t'ai coincé à t'amuser seul comme un homme et où j'ai éclaté de rire comme un con en commençant à t'encourager parce que j'étais trop plié de rire pour simplement faire demi tour et te laisser continuer. J'ai dû apprendre à cogner à la porte après ça. » Ah c'était le bon temps. Maintenant la seule personne sur laquelle je peux tomber entre ces quatre murs c'est mon propre reflex dans un miroir. Hey oui c'est si triste. Pas de fille pour me tenir compagnie. À croire que cet épisode au lycée m'a traumatisé. « Et ouais, je me souviens de cette fille. Je comprends qu'elle t'ait remercié. Je n'ai jamais goûté autant de bave en si peu de temps. Elle a agit comme si j'étais une glace qu'on dévore sans se poser de questions. Elle a de la chance celle-là que j'aie rien dit à personne quand j'ai réussi à m'échapper. Je suis trop sympa... Même si l'épisode du Walmart... Ah ça je l'ai jamais regretté... Bon d'accord c'était un accident en fait, mais je préférais dire que j'ai fait exprès plutôt que passer pour un con à dire que je l'ai pas fait exprès. Voilà. Maintenant tu connais la triste vérité. » Les traumatismes de l'enfance... Quoi que j'en dise, ce n'est tout de même pas la raison pour laquelle je n'ai pas de fille à la maison en ce moment. C'est plutôt parce que j'ai décidé de laisser libre court à ma véritable nature. Pas que les parents soient contre le truc, mais on sait tous la rumeur qui court concernant l'armée. Alors de leur dire que j'aime bien les mecs aussi... C'est un peu difficile à digérer. Ça n'en reste pas moins la raison pourquoi je vis seul à l'heure actuel. Période d'expérimentation. J'ai besoin de bien cerner le truc. Aussi souris de laboratoire que ça puisse sembler à l'instant.

Je soupire et me frotte distraitement le visage avant de tendre la main pour pendre sa bière et son verre. Coinçant les miens sous mon bras en me levant... pas tout à fait stable. « Vas-y, vends moi du rêve, fais moi un tord boyaux, chef ! » Rien de moins. « Oh tu vas être servis. » Et comme on va le regretter le lendemain matin. Si ce n'est pas cette nuit. Ce n'est pas parce que je commence à avoir un peu trop l'habitude de boire à pratiquer mes cocktails pour le boulot que je tolère à merveille l'alcool. Disons simplement que ma grandeur est aidante dans la présente situation. « Au fait. J'espère que t'es conscient que je ne te laisse pas sortir d'ici ce soir. Hors de question que tu rentres dans cet état. Les parents vont me tuer même si t'es en âge de faire ce que tu veux. J'aimerais survivre encore un peu tu vois. Avoir le temps de bouffer suffisamment d'oranges pour en faire une indigestion au moins. » J'aime un peu trop les oranges. « Le canapé fait lit. Tu vois. T'auras même droit à un minimum de confort. Je t'aurais bien proposer de dormir dans mon lit comme je le faisais gamin pour pouvoir essayer de te faire peur en pleine nuit, mais je crois qu'à notre âge c'est douteux. » Je me dirige vers ma minuscule cuisine pour admirer mon petit stock de bouteilles et chercher ce que je pourrais bien nous faire. Un tord boyaux qu'il a dit... Ah oui je sais. Une recette dont j'ai entendu parler à la télé une fois. Un truc à tuer l'estomac d'un savant mélange d'alcools forts et... de tabasco. Pour tordre ça va torde. « Tu sais que si je le pouvais je t'enchaînerais dans un coin de l'appartement que tu ne partes pas. Je vais m'ennuyer t'as pas idée. »

Les cocktails fait et quelques petits dégâts plus tard à commencer à bien le sentir, je retourne près de lui dans le salon. Lui filant son verre, je pose le mien sur la table avant de mollement me laisser tomber sur le canapé. « Rappelle-moi tu pars quand déjà? J'ai la tête qui baigne dans l'alcool et je n'arrive pas à m'en souvenir. » Plutôt j'aimerais ne pas m'en souvenir pour continuer de vivre dans le déni et faire comme si ce jour n'allait jamais arrivé.

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MessageSujet: Re: The Brotherhood - ft F05-678 & H02-001   Sam 1 Juil - 18:32

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Oh non… Il osait vraiment remettre ça sur le tapis ? Le moment le plus gênant de toute ma vie. En même temps, dans une maison habitée par six âmes, dont quatre enfants, devenant des ados aux hormones en ébullition, quelle merveilleuse idée que d’adopter des jumeaux du même âge que ses propres jumeaux ? Bref, quand on a l’habitude de rentrer dans les chambres comme ça sans gêne, à part celle des parents, où on savait de tout façon que c’était interdit d’entrer (et ce qui ne nous avait pas empêché d’y entrer de nombreuses fois en leur absence avec Adam), et que l’un de nous à commencer à découvrir son corps et… à se faire plaisir, il fallait s’attendre à ce genre de choses. Encore que le plus gênant vraiment à mes yeux était surtout le moment où les parents avaient pris le temps de nous expliquer tous les changements de la puberté, Lina avec notre mère, et les trois mecs avec notre père. Je ne l’avais jamais vu aussi rouge sans être en colère avant ça. Ni même après. Adam m’avait surpris en pleine séance de masturbation, encore heureusement fort loin du point de non retour. Je me souvenais encore d’être resté figé sur le moment, ne sachant absolument pas où me mettre, et lui riait, faisait la pompom girl avant de se barrer, toujours en se marrant comme une baleine. Suite à ça, j’avais demandé aux parents un verrou, qu’ils avaient évidemment refusé. Et c’était juste après que les conversations gênantes avaient suivis.

A ce souvenir donc, je ne pus m’empêcher de rire aussi, En fait, ce n’était pas si mal que de faire remonter à la surface des vieux souvenirs comme ça. De toute façon, on ne faisait que parler des bons souvenirs, il m’aidait déjà en quelque sorte à me préparer au départ. Et peut-être aussi à fertiliser le terrain pour qu’une fois loin de lui, je finisse par être ultra nostalgique et que je commence à regretter d’être parti ? Nan. C’était pas le genre d’Adam. Peut-être qu’Aidan pourrait faire ça, mais pas ce jumeau là. Ou du moins, si c’était bien ce qu’il faisait, ce n’était pas consciemment. Enfin, ça, je le réaliserai sans doute plus tard, mais pas maintenant, là, j’étais juste avachi sur le canapé, à nouveau ouais, en train de rire comme un con en repensant à cette scène et en revoyant la tête de notre père, rouge comme une tomate qui essayait de nous expliquer pourquoi moi je n’avais plus mon prépuce et pas mes frères… Un moment tout à fait charmant. Et en or quand j’y repensais. Et encore plus après qu’il ait avoué que l’accident à Walmart était un accident, à savoir donc que s’il avait dit la vérité dès le départ, les parents ne l’auraient pas punis… Je me souvenais encore de l’ouragan qu’il s’était pris alors que j’étais encore en larmes, qu’il était resté stoïque, même s’il avait un petit sourire au coin des lèvres. Pourquoi est-ce qu’il avait fait ça ? Une question d’orgueil ?

« Ouais… de toute façon, j’avais pas vraiment l’intention de rentrer ce soir. Déjà parce que si Lina apprend où est-ce que j’étais, elle va me tuer. Et venir te tuer ensuite. Et ouais… j’ai pas vraiment envie d’entendre Maman pleurer. En ce moment elle n’arrête pas… Elle essaye encore de nous convaincre que c’est dangereux et qu’on devrait attendre encore avant d’y aller… Mais sinon, merci pour tant d’hospitalité, cher frangin ! On va dire que de mon côté, c’est pas vraiment un souci, surtout si je finis complètement bourré, je vais juste m’endormir lamentablement et profondément, tu sais. C’est pas non plus comme si quelqu’un allait nous voir dans le même pieu. »

Je ne comptais plus les nuits qu’on avait passé ensemble dans le même lit enfant, avec Lina comprise. Les premiers temps, c’était courant qu’on aille le voir lui, pourquoi lui, alors qu’on ne le connaissait pas mieux qu’Aidan, j’en sais rien, pour qu’il nous rassure. Déjà de base, ma jumelle et moi dormions ensemble depuis… aussi longtemps que je me souvienne, mais là… Et puis après elle avait… disons grandit plus vite que moi et passait ses nuits dans son lit, alors que j’allais voir notre grand frère… qui s’amusait à me faire peur. Enfin, c’était évidemment un jeu, et on était mort de rire après, ramenant assez souvent les parents dans la chambre qui nous passait un savon et me faisait retourner dans ma chambre. Que je quittais une fois eux-mêmes dans la leur.

« Je sais… J’essayerai de t’écrire le plus souvent possible… Et dès qu’on le pourra de t’appeler. C’est promis. Crois-moi, si je pouvais me téléporter, pour pouvoir te voir tous les jours, je le ferais… Mais… enfin… on va pas repartir sur ce débat… »

Ouais, ce n’était pas une bonne idée. Non pas qu’on se soit engueulé avec qui que ce soit à la maison au sujet de notre départ, mais comme je venais de le dire à propos de notre mère, c’était toujours aussi délicat. Et je n’avais pas envie que ça refroidisse l’ambiance de notre soirée.

Quand Adam me rejoignit avec les deux verres, je me redressais en fronçant les sourcils. Ça sentait encore super fort. Et merde, pourquoi est-ce que j’avais dit ça ? Entre les bières et un peu d’alcool des épiceries, on ne pouvait dire que j’étais habitué à boire des trucs très… préparé et mélangé. Déjà, il n’y avait pas d’alcool à la maison, on ne devait pas boire à la maison, à part lors d’évènements spéciaux. Et disons que depuis la fin du lycée, je ne trouvais pas de temps pour picoler. C’était aussi pour ça que j’avais voulu passé un peu de temps avec mon frère, lui avait pris de l’avance de ce côté… Enfin, je supposais, vu son boulot, difficile de croire qu’il ne buvait pas un peu… Non ? Je relevais la tête vers lui, un air suspicieux.

« Mh… qu’est-ce que t’as mis dedans ? Non. En fait, non. Ne dis rien. J’men fous. Mais si je vomis sur ton canapé, ne t’étonne pas. »

Toujours méfiant, je reniflais le verre avant de boire une petite gorgée, vraiment petite étant donné que le liquide qui coula dans ma gorge me brûla encore plus fort que le verre précédent. Oh la vache. Ça piquait en plus. Ça piquait même grave. J’en avais presque les larmes aux yeux, sérieux. Je reposais mon verre sur la table pour retourner la tête vers lui, me sentant presque déjà planant avec le peu que j’avais avalé, un sourire un peu plus large que précédemment. J’avais une idée pour retourner sur le sujet des souvenirs gênants et amusant.

« Et sinon, tu te souviens aussi de la fameuse soirée, l’année dernière avec le joueur de foot ? Quand vous vous êtes, étrangement retrouvés coincé dans la salle de bain pendant une heure ? Et de ce qui s’est passé dedans ? »
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MessageSujet: Re: The Brotherhood - ft F05-678 & H02-001   Sam 15 Juil - 12:51

Oh merde Lina... Pas que je l'aie oublié non. Ça c'est impossible. Ce n'est pas parce que je voulais passer un peu de temps seul à seul avec mon frère que j'avais oublié Lina pour autant. Il y avait juste dans cette soirée de beuverie exponentielle un besoin de le faire avec lui uniquement. Sans doute pour nous éviter de marquer nos petits esprits de trucs qu'on ne voudrait pas véritablement voir. L'influence de l'alcool. L'influence si forte de l'alcool que sur le coup je n'ai pas même pensé au fait qu'elle m'en voudrait à mort. Pas seulement en sachant que je ne l'avais pas invité à venir boire avec nous, mais aussi parce que si elle doit voir son jumeau dans cet état... Ouais... On serait deux hommes morts je n'en doute pas même. Je pensais tout de même à la sécurité de mon frère avant toute chose. Ne pas prendre la voiture. Ne pas le filer à un chauffeur de taxis avec qui il pourrait arriver n'importe quoi alors que mon cher frère est dans les vapes alcooliques de la soirée. Ne pas avoir à supporter les pleurs de notre mère aussi visiblement. Je me demande si elle a pleuré lorsque c'est moi qui suit parti de la maison ou si elle a plutôt soupirée de soulagement. Oh je sais bien qu'elle reste ma mère. Je sais qu'elle nous aime Aidrian et moi. C'est seulement qu'à la différence de Malik et Lina nous sommes facilement accessibles si elle a envie de nous voir. Elle peut venir ici quand elle le désire pour me faire des gros yeux pas du tout convaincus de la taille de mon environnement de vie. Il faut dire qu'à côté du maison abritant une famille de six je semble vivre dans un trou à souris. Il n'en reste pas moins évident que si elle pleure toute les larmes de son corps en ce moment c'est parce qu'elle se sent comme moi. Déterminée à trouver une raison de les faire rester. Éperdument triste à l'idée de ne plus les revoir durant on ne sait combien de temps. Parce que c'est ça la réalité. On ne sait pas quand on va les revoir. On ne sait pas même à quel fréquence on pourra communiquer. Ça change une vie quand on a l'habitude d'y voir une gueule presque en permanence. Ça change bien trop quand c'est quelqu'un a qui on tient autant.

Ah bordel pourquoi est-ce qu'ils doivent partir!? Je sais que je me suis promis d'arrêter de les embêter avec ça parce que je sais que ça n'y changera rien. Je sais que peu importe ce que je vais dire ils vont partir. Pourtant... Ce que je donnerais pour arriver à trouver les bons mots ce soir. User de ma presque trop joviale franchise dans le pire des moments pour arriver à toucher la corde sensible. Avec un ou avec l'autre. « Écoute si t'en fait pas de cas ça me dérange pas moi de te filer la moitié de mon lit tant que tu promets de ne pas voler toute la couverture. J'admets qu'il est un peu plus confortable que le canapé lit. Surtout plus grand que celui que j'avais gamin. On devrait pas avoir à s'étreindre comme des peluches pour avoir assez de place. C'est un bon point non? » Je ne dis tout de même rien. Rien de plus qu'avoir signifié mon envie de l'enchaîner dans un coin et bouffer la clé pour le garder ici. « Je sais… J’essayerai de t’écrire le plus souvent possible… Et dès qu’on le pourra de t’appeler. C’est promis. Crois-moi, si je pouvais me téléporter, pour pouvoir te voir tous les jours, je le ferais… Mais… enfin… on va pas repartir sur ce débat… » J'écoute ses promesses en essayant sans doute un peu trop désespérément de m'y accrocher parce que ça me fait du bien. Ça me fait du bien de croire que oui il va m'écrire. Croire que je vais entendre sa voix à l'occasion pour lui dire des bêtises et en entendre en retour. Ouais, j'aimerais me découvrir de supers pouvoirs et arriver à voler comme Superman tous les jours que pour aller lui filer une petite baffe d'encouragement dans le dos, mais ce n'est pas si simple. Il a raison. Il vaut mieux ne pas repartir sur ce débat alors que je sais que leur choix est fait même si je vis dans le déni de la chose. Il vaut mieux profiter du temps qu'il nous reste. Passer un bon moment. Abuser un peu trop de l'alcool pour le principe. Nous remémorer avec un peu trop d'enthousiasme les détails embarrassants de notre passé.

Lui décaper l'intérieur à grandes gouttes de tabasco. « Mh… qu’est-ce que t’as mis dedans ? Non. En fait, non. Ne dis rien. J’men fous. Mais si je vomis sur ton canapé, ne t’étonne pas. » J'ai peut-être un peu abusé. « Tu vas pas vomir voyons. Enfin, si t'as bien mangé. Tant qu'il y a un fond dans l'estomac c'est bon. La toilette est qu'à deux pas. Tu ferras bien un effort! Sauf si c'est ça ton argument pour expliquer pourquoi tu dormiras avec moi, avoir vomi sur le canapé. La grande classe. » Je porte le verre à mes lèvres et m'étouffe bien évidemment en prenant ma gorgée parce que ouais j'ai définitivement mal dosé mon tabasco. On serait peut-être deux à vomir sur le canapé en fin de compte. On appelle ça l'apprentissage de son métier... à la dure. Et si je me suis étouffé avec ma première gorgée, ça a été pire avec ce qu'il a dit ensuite. « Et sinon, tu te souviens aussi de la fameuse soirée, l’année dernière avec le joueur de foot ? Quand vous vous êtes, étrangement retrouvés coincé dans la salle de bain pendant une heure ? Et de ce qui s’est passé dedans ? » Égalité! Entre moi qui parle de ce moment où je l'ai coincé à s'amuser seul et lui qui mentionne ça... C'est définitivement une belle soirée. « Le joueur de foot? Hum... Aucun souvenir d'un joueur de foot? » Je replonge les lèvres dans mon verre en affichant une mine pensive. PUTAIN LE JOUEUR DE FOOT. Le sujet à ne pas aborder. Imaginez la carrure d'un joueur de foot, ma carrure de poulet en plastique qui beugle quand on le presse, une minuscule salle de bain... Ouais en fait vous ne voulez pas vraiment imaginer la chose. Vous ne voulez pas imaginer... le pied... BON... changement de sujet. « Tu m'as toujours pas rappelé tu pars quand. Et t'as dit quoi exactement à Lina pour arriver à venir ici sans qu'elle le sache? Parce que t'as pas tord sur le coup. Si elle sait que je te fais boire comme ça et si elle te voit dans cet état... Écoute le bon côté de la chose serait que tu partirais pas vraiment. On pourrait être enterrés l'un à côté de l'autre. »

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MessageSujet: Re: The Brotherhood - ft F05-678 & H02-001   Lun 14 Aoû - 16:23

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Des pleurs. Encore et encore. Partagés entre la tristesse de devoir tous les quitter et l’excitation de découvrir un nouveau monde. De partir à l’aventure tout en les laissant tous derrière toi. T’as passé le début de soirée en compagnie de tes parents adoptifs. Ta mère semblait d’une humeur particulièrement nostalgique, car elle a décidé de ressortir tous les albums de famille. Elle a même sorti d’un carton poussiéreux votre vieux caméscope pour que vous regardiez tous les quatre les cassettes. Adrian, tes parents, et toi. Le compte n’est pas bon, car il manque Adam et Malik, mais c’est pas grave, ils ont surement mieux à faire ailleurs. Et puis ça ne gâche en rien le moment que vous partagez tous ensemble. Un des derniers avant un très long moment. D’ici quelques semaines tu vas prendre l’avion avec ton frère jumeau en direction de la Syrie, la terre qui vous a vu naitre. Vous vous étiez toujours promis qu’une fois grands vous y retournerez pour aider les personnes laissées là-bas à leurs sorts. Vous, vous aviez été chanceux. Orphelins à l’âge de cinq ans, et adoptés par une famille américaine presque instantanément. Tu ne gardes aucun souvenir de ton pays, de tous les bombardements, des souffrances et de la famine, et c’est surement mieux ainsi. T’as été élevée à l’abri de toutes ces horreurs, dans ta petite bulle dorée. Mais à présent, avec Malik, vous avez à cœur d’aider votre patrie. Toi avec tes aptitudes d’infirmière, et lui dans l’armée. Vous ne partez pas avec grand-chose, si ce n’est vos économies gagnées le temps des vacances à enchainer les petits boulots et une grosse valise avec le stricte nécessaire. Vous avez déjà vu pour louer un petit appartement, et maintenant que la date du départ approche, la plupart des formalités sont réglées. Ça aura pris du temps, mais ça y est. Et plus l’échéance approche, plus tu te sens d’une âme nostalgique.

C’est avec le cœur lourd que t’as passé en revu toutes ces photos et ces petites vidéos. Partagée entre les rires et les pleurs. Ils vont te manque. C’est souvent que tu te demandes si vous avez pris la bonne décision. Parce que c’est dangereux, la Syrie. C’est pas comme aux Etats-Unis. Ça ne sera pas le même style vie. Pas du tout. Est-ce que c’est vraiment ce que tu souhaites ? Est-ce que t’es prête à te lancer dans l’inconnu ? Dans tout ça ? Tu te rassures comme tu peux et te persuades que c’est le cas. Qu’avec Malik vous avez fait le bon choix. Vous allez aider ce pays aux aboies en faisant dans l’humanitaire. Vous allez donner, vous qui avez tant eu. Comment pourrais-tu regretter cette décision ?

La séance cinéma improvisée étant terminée, tu raccompagnes ton frère jusqu’au palier de sa chambre. Vous parlez de longues minutes, ponctuant vos phrases avec de petits sourires gênés et des regards pétillants de larmes. Il va te manquer, ça c’est sûr. Ils vont tous te manquer. Tu poses ton regard vers l’horloge dans le couloir. Il est tard. Où est donc Malik ? Il est parti un peu précipitamment tout à l’heure, bégayant une excuse bidon avant de prendre la poudre d’escampette. Adam, quant à lui, n’a pas pris soin de répondre à tes SMS. Malik non plus, d’ailleurs. Est-ce qu’ils sont ensembles ? C’est ce que semble suggérer tout ce petit manège. Pressentant les bêtises qu’ils sont capables de commettre une fois réunis, tu embrasses ton frère et tes parents puis tu prends la voiture familiale en direction de chez Adam.

Il n’habite pas très loin. Juste assez pour avoir un peu d’indépendance, mais pas trop non plus parce que tout de même la famille reste importante chez eux. Tu connais son appartement par cœur, ne comptant plus le nombre de fois où tu t’es incrustée chez lui pour parler de tout et de rien. Vous êtes proches, tous les deux. Pas autant qu’avec Malik, mais ça c’est normal, mais quand même. Vous êtes soudés, tous les trois. Un vrai petit gang. Au moment d’arriver sur le palier, tu poses ton oreille contre la porte. Les éclats de voix te font percevoir que tu as vu juste. Ils sont bien tous les deux dans l’appartement. Mais qu’est-ce qu’ils font ? À entendre les rires et leurs voix fortes, tu présumes qu’ils ont bu. Alala… Tu roules tes yeux jusqu’au plafond, avant de secouer la tête. Ces deux-là… Tu te décides à frapper à la porte. Trois coups. De là le silence se fait dans l’appartement. Tu ris intérieurement, imaginant leurs têtes complètement médusés et interrogateurs de savoir qui peut bien frapper à cette heure aussi tardive. C’est Adam qui se décide à ouvrir. Et voir sa tête choquée de te voir avec ses yeux exorbités est à mourir de rire. Tu te forces à garder un air un tant soit peu sérieux. « Surprise ? J’ai cru entendre mon nom et j’avais mes oreilles qui sifflaient, alors me voilà. » Tu décales ton regard, alternant ce dernier entre Adam et Malik qui est avachi dans le canapé. « On se fait une petite soirée avant le départ et on n’invite pas sa sœur préférée ? C’est du beau ! » Ça empeste l’alcool là-dedans, et à voir leurs joues toute rouges et leurs yeux vagues tu devines qu’ils n’en sont pas à leur premier verre. « Alors, ça parle de quoi ? Non ne dites rien, je vais deviner. À entendre vos rires à travers la porte ça devait être en lien avec notre enfance. Est-ce que vous avez parlé de la fois où vous avez enterré Adrian dans le sable ? Visiblement oui. Et… Du footballer d’Adam, peut-être ? Ohhh… Vous êtes prévisibles les gars. » Les têtes qu’ils tirent t’arrachent un sourire. Bah quoi ? Ils s’attendaient à ce que tu les grondes ou bien ? C’est surement une des dernières soirées que vous passez ensemble, alors tu peux bien t’amuser un peu avec eux, pour une fois. « Est-ce que vous avez parlé de la fois où Adam s’est trompé de voiture sur l’aire d’autoroute et qu’il a failli partir avec des inconnus ? » Tu pénètres dans l’appartement avec un grand sourire et vas t’assoir à côté de Malik, t’allongeant dans le canapé et posant tes jambes sur les siennes. Tu te penches pour sentir son verre et retrousses tes narines. « Oh ça pique. T’y es pas allé de main morte Adam… » Dans quel état ils vont être demain matin… Des déchets. « J’ai le droit à quoi, moi ? » Tu poses tes mains sur tes jambes , interrogeant Adam du regard à la manière d'une petite princesse. Parce que c'est ce que t'es, la princesse de la famille.


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: The Brotherhood - ft F05-678 & H02-001   Aujourd'hui à 12:14

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C’était tellement drôle de voir la tête de mon frère quand il comprit de quoi est-ce que je parlais. Il se pouvait que j’étais responsable de cette histoire, que la clé de la salle de bain avait été dans ma poche pendant un long moment avant que je ne décide d’aller les délivrer, avec un large sourire sur les lèvres, particulièrement satisfait de ma connerie et de ma vengeance, pour un coup bas de mon cher frère aîné. Mais là, tout de suite, je ne me souvenais plus vraiment ce que c’était. Ça avait été tellement drôle, bon sang. Lina ne savait pas ce que j’étais en train de manigancer, Adrian non plus d’ailleurs, s’ils l’avaient été, ils auraient tout fait pour me dissuader de faire ça ou de les délivrer plus tôt que prévu. Mais aussi parce qu’ils ne savaient pas que le joueur de foot avait un sacré crush sur Adam. Et Adam non plus en fait. Exactement la même façon que la nana qui rêvait de lui rouler des pelles, mais cette fois-ci, je savais qu’il allait ressortir de là en me remerciant. En même temps, ni lui ni moi ne clamions haut et fort que nous aimions les garçons. Déjà qu’auprès de nos parents ça passait de justesse pour moi… Nos parents l’ignorent totalement pour lui, et je comprends tout à fait son silence d’ailleurs. Et puis, ils auraient tendance à oublier qu’il aime les femmes aussi. Bref, ce n’était pas le sujet. Bordel, je partais loin dans mes pensées… Je sortais à temps de mes esprits pour pouvoir entendre sa question et faire une espèce de grimace. Quand est-ce que je partais déjà ? Je ne m’en souvenais plus… L’alcool était déjà en train de noyer mes neurones, il m’était difficile à présent de réfléchir correctement et surtout de penser à des choses très sérieuses. Et Lina… qu’est-ce que je lui avais dit déjà ?

Je fronçais les sourcils en essayant de me souvenir, me redressant un peu sur les coudes sur le canapé. Il y avait tout le monde à la maison, à part Adam évidemment, ça semblait partir sur une soirée nostalgie, du moins c’était ce qui m’avait semblé quand Maman avait sorti un vieux carton pour faire remonter les souvenirs. Ce qu’on faisait exactement avec mon frangin, mais sans les grosses larmes et à coup de grands verres d’alcool. C’était bien mieux. C’était la même chose, mais bien mieux quand même. Donc, qu’est-ce que j’avais bien sorti pût sortir à ma jumelle pour m’excuser et filer en vitesse hors de la maison ? La vache, c’est que ses cocktails étaient vraiment forts… ou alors j’étais trop feignasse pour chercher plus loin dans ma tête embrumée…

« J’sais plus… Ni pour ta première question, ni pour la troisième. Enfin, deuxième. Bref, j’sais plus. Repose moi la question demain que je serais en étant de réfléchir. Au pire, je te le dirais quand je rentrais, une fois que Lina m’aura incendié pour lui avoir mentit. Là peut-être que je signerai mon arrêt de mort qui sait. »

Que ne fut pas ma surprise quand nous entendîmes frapper à la porte. Nous échangeâmes un regard tous les deux, nous n’attendions pas de visites, du moins pas que je sache puisque c’était une soirée entre frère. Qu’est-ce que c’était ? J’avais bien une petite idée sur l’identité de la personne derrière la porte, mais je refusais de le croire. Est-ce que nous avions prononcer trop de fois son nom et maintenant elle était apparue ? Restant avachi sur le canapé, je regardais Adam se lever pour aller ouvrir. Et oui, c’était bel et bien notre sœur qui était là, toute souriante et qui en plus de ça, se moquait de nous. Visiblement oui, nous étions prévisibles. Mais en même temps, il y avait ce lien entre elle et moi qui était inexplicable et qui faisait que nous savions plus ou moins ce que l’autre faisait sans être dans la même pièce ou autre. Les mystères de la gémellité. Et de vivre ensemble depuis toujours, dans la même maison. Ça devait être pareil pour Adam et Adrian de toute façon. Je la regardais sans oser bouger, comme si le moindre mouvement allait faire exploser sa colère. Elle était la seule fille de la fratrie, une petite princesse adorée des parents, toujours très sage et très gentille, et même si ce n’était pas son genre d’être une rapporteuse, je craignais vraiment qu’elle ne dise aux parents que nous picolions sans avoir l’âge légal. S’ils nous avaient autorisé à le faire pour la fête de fin d’année, ça n’était pas pareil maintenant. Et notre père me l’avait bien fait comprendre, tant que nous vivions sous leur toit, nous nous devions de respecter leurs règles. La majorité n’était pas une excuse ni un prétexte pour lui.

Lina s’installa donc dans le canapé avec moi, posant ses jambes sur moi, tranquillement pour examiner mon verre, et en réclamer un aussi. Je m’empressais alors de protester en me redressant comme je pouvais.

« Hors de question que tu boives ! Les parents vont doublement me tuer si je te laisse faire ! Adam, tu lui sers un jus de tomate. Ou du sirop, ce que tu veux, mais tu mets rien d’alcoolisé dans son verre ! »

Sauf que je savais que c’était peine perdue. On ne refusait rien à notre sœur. Comme je l’avais dit, c’était notre petite princesse, très sage, très mignonne, qui faisait rarement des bêtises. Ni les parents ni nous mêmes étions capables de ne pas faire suite à ses demandes. Et puis vu le regard qu’elle était en train de jeter à Adam, je savais qu’il allait craquer. Me préparant donc à une mort certaine, je finis par m’allonger contre elle, emmêler nos jambes ensemble, posant ma tête sur son épaule.

« Bon, okay, faut qu’on reparle des places à dormir, frangin. Tu ne peux pas laisser une demoiselle dormir sur ton canapé. Donc tu lui donnes ton lit. Et comme il n’y a pas de place pour deux sur le canapé, je me dévoue pour dormir avec elle, et toi sur ton canapé. En plus, on est les invités, c’est la courtoisie qui veut ça ! »

Plus on est de fou, plus on rit, non ? J’étais en fait content de voir qu’elle n’était pas furax et qu’elle soit présente. On avait fait le déploiement de testostérone, que maintenant notre garde fou, notre équilibre en quelque sorte soit là, et qu’on soit là tous les trois pour s’amuser, c’était bien mieux. Une nouvelle fois, je me sentis coupable de ne pas être plus proche d’Adrian que ça, ça aurait été magique qu’il soit là lui aussi, si seulement nous avions de meilleurs rapports lui et moi… Peut-être qu’après ça je prendrais un peu de temps pour être avec lui aussi… J’avais quand même de bons souvenirs avec lui, et il était tout autant mon frère. Je sais que je finirais par culpabiliser en partant de ne pas avoir au moins consacrer une soirée aussi, une après-midi avec lui. La dynamique qu’il y avait entre Lina, Adam et moi, c’était tellement fort, notre relation était tellement étroite que j’en oubliais presque mon second frère. Je rattraperais ça une fois sobre.
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