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 The Brotherhood - ft H02-001

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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: The Brotherhood - ft H02-001   Lun 15 Mai - 0:15

The Brotherhood

H02-001 & H05-999


Comment est-ce que j’étais arrivé là déjà ? Ah oui, Adam. On était censé avoir rendez-vous… je ne savais plus trop où, parce qu’il m’avait dit qu’il avait absolument besoin de moi. Sauf que maintenant, j’étais dans son appartement, affalé sur son canapé, une bouteille de bière à la main, un verre cocktail de son œuvre aux pieds, si fort que je sentais la chaleur rien qu’en me penchant à peine au-dessus du récipient. Il m’avait enlevé pour une soirée, de ses propres aveux, pour au moins profiter une dernière fois avant un très long moment d’être ensemble, entre frangins. Encore que cette excuse me paraissait quelque peu injuste pour Adrian, il était notre frère après tout, même si, c’est vrai, on n’avait pas vraiment la même relation. C’était étrange d’ailleurs en y repensant, que dans une fratrie où pourtant nous étions élevés de la même façon, il y ait autant de… différends. Alors, oui, bon, Lina et moi avions droit à pas mal de ‘privilèges’ par rapport à nos frères, mais nous avions les mêmes valeurs, le même sens de la famille. Ou peut-être pas… peut-être que c’était juste ce que je m’étais mis en tête jusqu’à présent et que de réaliser que l’un de mes frères allaient me manquer… et pas l’autre, du moins pas autant, pas pour les mêmes raisons, m’avait en quelque sorte ouvert les yeux… Ou alors j’étais juste un putain de frère indigne. Ce qui était plus que possible, on ne peut pas dire que j’avais toujours été super sympa avec lui. Enfin, tout ça pour dire que quand Lina l’apprendrait, on allait probablement se faire engueuler tous les deux de ne pas l’avoir invité.

C’était assez le bordel en ce moment, Lina et moi nous prenions énormément la tête, non pas entre nous, mais avec de la paperasse pour notre départ, les parents nous aidaient aussi pas mal, mais avec tout ça, je n’avais pas eu un seul moment tranquille, et encore mois pût passer du temps avec Adam. Ça faisait plusieurs mois qu’il avait quitté la maison, comme Adrian, ils étaient majeurs à présent, ils étaient partis pratiquement dès qu’ils avaient pût. Et comme le départ était pratiquement imminent, il fallait que je profite au moins une dernière fois de mon grand frère avant de ne plus avoir de réels contacts avec lui. Les choses changeraient complètement une fois qu’on serait en Syrie, on ne pourrait de toute façon pas se parler tous les jours et faire des rapports à la famille, on ne savait même pas, Lina et moi, comment serait notre vie là-bas. Être avec Adam pour une soirée, faire une quelque sorte un adieu à cette vie confortable de gentil petit américain aux origines floues pour les autres avant de plonger dans l’inconnu total. Ce serait mentir que de dire que je ne flippais, mais j’avais pris cette décision, on avait pris cette décision, et puis, hé, avec des ex-militaires comme parents, qui défendent la patrie et tout le reste, difficile de ne pas suivre cet aspect. Ils avaient essayés de nous en dissuader avant de capituler effectivement et de nous aider dans nos démarches. Adam aussi avait essayé, il essayait toujours même si je le soupçonnais de s’être fait une raison, et c’était peut-être aussi pour ça que l’ambiance était un peu lourde à la maison. Quand j’avais donc réalisé que ce à quoi je pensais avait réellement lieu, j’avais finalement lâché prise, oubliant tout le reste pour juste m’éclater avec mon frère.

Étendu donc sur le canapé, je bu une petite gorgée de ma bière en observant mon frère avec un léger sourire, l’alcool faisant déjà son petit effet sur moi, me déliant la langue et me rendant légèrement nostalgie, mais des bons moments, je nous revoyais encore tout petits, tous. Ça pouvait donner une image glauque de revoir sa vie défiler devant ses yeux dans un sens semblable à la mort, et ce l’était peut-être dans un sens, rien ne me garantissait que je retrouvais la même vie, que je retrouverais cette vie, que j’y reviendrais. Rien ne garantissait non plus que j’allais survivre aux événements là-bas. Et je ne préférais pas penser à ce qui pourrait arriver à ma sœur. Même si je savais qu’elle n’était pas indestructible, je refusais seulement d’imaginer qu’il pourrait lui arriver quelque chose. Penser l’inverse, même une seconde, suffirait à me convaincre de ne pas faire se voyager avec elle et partir seul pour garantir sa sécurité. Et ce n’était pas non plus comme si notre père m’avait fait jurer de ne pas la mettre en danger. Et plus d’une fois. Bref. Au souvenir de nous petit, je ris en baissant les yeux au sol le temps que je me redresse sur le canapé, un peu mollement quand même.

« Tu te souviens quand on est arrivé en First Grade* tous les quatre ? Adrian et toi n’arrêtiez pas de répéter à notre maîtresse qu’on était bel et bien frères et sœurs, et jumeaux en plus. Lina et moi on était mort de trouille à l’idée de parler anglais. Que vous aviez passé tout le jardin d’enfant à dire à vos copains qu’on allait arriver, que vous aviez eu une petite sœur et un petit frère pour Noël ? »

Notre adoption remontait à nos 5 ans, et effectivement, peu après le mois de janvier qui avait suivi, nous avions nos passeports américains. Il avait fallut que les parents le confirme pour qu’on nous croit à l’école… Apprendre l’anglais avait été compliqué, surtout que Lina et moi ne faisions aucun effort pour le parler entre nous, restant à l’arabe dans toutes les circonstances. C’était notre langue code secret, même si parfois notre mère, ou notre père repérait certains mots qu’ils connaissaient. J’en avais appris plus tard quelques uns à Adam, comme tous les mots qu’on apprend dans une langue étrangère, les gros mots, c’était beaucoup plus drôle.

« Je me rappelle même que vous aviez pris notre défense un jour en pleine classe… Par contre, je me souviens plus pourquoi… »
© GASMASK


*First Grade, l'équivalent du CP, et le jardin d'enfant, la grande section en maternelle.

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MessageSujet: Re: The Brotherhood - ft H02-001   Mar 30 Mai - 6:46

C'est minuscule. Coquet pour le dire de façon un peu moins négative. Ça n'a dans tous les cas rien d'un palace ou d'un château. Bien loin de la demeure familiale qui devait être suffisamment grande pour accueillir quatre gamins hyperactifs en plus de leur parents. C'est plutôt juste assez grand pour me permettre de respirer et mouvoir la grande asperge que je suis sans me cogner sur tous les murs au passage. Non, cet appartement n'est en rien le grand luxe dont tout les gamins peuvent rêver. Un jour, j'aurai mon chez moi et il sera extra! On l'a tous pensé un peu trop fort à ces moments où les parents nous ont un peu trop fait chier à vouloir nous enfoncer des légumes au fond de la gorge. Dans mon cas c'était un peu différent. Je n'ai pas fuis la maison dès que j'ai été en âge de le faire parce qu'on m'a forcé à manger un peu trop de brocoli. Parce que fuir est le bon terme oui. J'ai plutôt passé le pas de la porte à grandes enjambés parce qu'il y a bien longtemps déjà que je ne me sentais plus à ma place dans cet endroit. Le clown de la famille. Celui qui dit un peu trop de bêtises et en a probablement trop dit aussi. Ce n'est pas un mal en soit normalement. Ça ajouter un peu de vie dans la maison. Un peu de positivisme démesuré même, mais pas dans ma maison non. Dans ma maison il régnait cette ambiance forcée par le stricte militaire des paternels. Ce qui faisait par défaut de moi le mouton noir de la famille. Là où Adrian était plus calme, les jumeaux adoptés... adoptés... moi j'étais visiblement une source de problème. Je les ai surtout soupçonné d'être un peu trop allergique à la bonne humeur. Un peu trop entichés de ce frère et cette sœur que j'adore malgré tout sous prétexte qu'ils les ont adopté. Ah les parents... Ça ne m'empêche en rien de les aimer, mais ça ne m'a pas empêché de me tirer vite fait pour autant. Dans ce logement un peu trop petit que j'occupe depuis quelques mois. Il est parfait.

Tout autant que cette soirée improvisée avec mon cher frère. C'était une nécessité. Une énorme nécessité pour laquelle j'ai un peu triché. J'ai dit que j'adore mon frère adoptif. Il serait difficile d'en être autrement avec ce crétin. Aller savoir pourquoi. Ça m'a frappé comme un coup de poing dans la gueule à quel point je l'aime le jour où il a dit vouloir quitter la maison à son tour. Pour un appartement bien trop loin pour moi. Si loin qu'il doit retourner dans son pays avec la sœur pour le trouver. Je suis probablement devenu blanc comme un pot d'huile de coco sur le coup. Ce n'est pas plutôt un fantôme? Bref, j'ai perdu quelques degrés de couleur. Totalement paniqué. Parce que c'était inconcevable dans mon esprit qu'il se tire sans que je puisse le revoir avant je ne sais combien de temps. C'était totalement hors de question que je ne sois pas en mesure d'aller prendre un verre avec lui à l'occasion. J'ai besoin de ça. Sans doute bien plus que la présence des parents. Perdre un ami et un frère du même coup c'est bien trop difficile. Beaucoup trop de chamboulement pour ma petite vie tranquille à servir des ivrognes parce que je ne savais pas quoi faire d'autre de ma peau. Oh j'ai bien essayer de l'en dissuader, mais quand ces deux-là ont une idée en tête...

Alors sans prétendre avoir accepté la chose, j'ai au moins décidé qu'on passerait un dernier moment ensemble lui et moi. Je l'ai donc kidnappé. Enfin, c'est une façon de l'exprimé. Je l'ai invité dans cet appartement trop petit pour deux pour lui coller une bière dans les mains et un cocktail explosif entre les lèvres. Histoire de l’assommer suffisamment pour qu'il n'ait pas d'autres choix que celui de mourir en ma compagnie dans le canapé. Je suis d'un sadisme. « Tu te souviens quand on est arrivé en First Grade* tous les quatre ? Adrian et toi n’arrêtiez pas de répéter à notre maîtresse qu’on était bel et bien frères et sœurs, et jumeaux en plus. Lina et moi on était mort de trouille à l’idée de parler anglais. Que vous aviez passé tout le jardin d’enfant à dire à vos copains qu’on allait arriver, que vous aviez eu une petite sœur et un petit frère pour Noël ? » Je souris bêtement. Ça remonte à loin tout ça, mais je me souviens trop bien. Nous étions euphoriques à l'idée de ce cadeau. On nous croyait un peu fou aussi du coup il faut dire. À 5 ans, on croit qu'on a imaginé les bébés arriver dans des cadeaux sous le sapin comme tout le reste. Adieu la cigogne et bonjour la boîte et son joli papier au motif coloré. Il faut dire que notre mère n'ayant pas le ventre caractéristique des mères attendant des jumeaux, encore, il y avait de quoi se poser des questions. Encore plus lorsque le dit cadeau s'est présenté un matin en notre compagnie. Bien loin d'avoir notre tête. C'est là qu'on voit toute la beauté de la chose. La naïveté des enfants. La facilité avec laquelle il font fit de l'apparence pour se concentrer sur le reste. Pour nous, ils étaient notre frère et notre sœur et le seront toujours. Aussi chiants aient-ils pu être à se faire dorloter par les parents alors que je me faisais gronder.

« Je me rappelle même que vous aviez pris notre défense un jour en pleine classe… Par contre, je me souviens plus pourquoi… » Je prends une gorgée de bière en roulant des yeux. « Oh tu sais, le classique des gamins méchants qui vous embêtaient et hurlaient que vous êtes pas notre frère et sœur. Déjà qu'on en prenait plein la gueule Adrian et moi à avoir la même tête... C'était une raison de plus de nous faire notre fête. Si je me souviens bien, ce crétin a eu une bonne baffe dans la gueule... et moi sur les fesses à la maison. J'étais certain de garder la marque bien gravé jusqu'à la fin de mes jours. Tu te souviens de cette énorme bêtise qu'on avait fait? J'ai cru que les parents s'en remettraient jamais. Ça et le jour où je t'ai coincé à... enfin tu sais. » Je termine ma bière d'un trait en rigolant avant de pointer la sienne des doigts. « Tu veux autre chose? Attends, tu vas avoir autre chose. Je ne t'ai pas kidnappé pour me bourrer la gueule seul une dernière fois avec toi. Tu veux quoi? Une autre bien? Un cocktail miracle pour te nettoyer les intestins? »

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MessageSujet: Re: The Brotherhood - ft H02-001   Dim 4 Juin - 21:09

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Quand je repensais à la fête que nous avions faits tous les quatre ensemble pour la fin du lycée, pour célébrer ce début de liberté, de toutes nouvelles aventures qui s’ouvraient à nous, et quand je nous voyais tous les deux comme ça, à ressasser les souvenirs, j’avais presque envie de verser une petite larme. A l’époque de cette fête monstrueuse, ou même si Lina et moi avions assurés aux parents que personne de moins de vingt-et-un ans ne boirait d’alcool, ce qui était totalement faux et eux-mêmes le savaient et je les soupçonnais d’en être parfaitement conscients, en constatant tous les privilèges que j’avais en étant devenu américain, alors que ceux qui n’avaient pas eu cette chance, du même âge que nous, en Syrie, vivaient dans la misère ou, pour les plus chanceux, sans toutes les libertés que nous avions, je m’étais sentis coupable. A cette époque, j’avais déjà pris ma décision, j’en avais parlé avec ma sœur depuis un moment, et nous avions glissé le sujet dans diverses conversations avec la famille. C’était juste après cette fête que nous l’avions annoncé véritablement. Enfin, après avoir survécu à la gueule de bois monstrueuse, évidemment. Je me souvenais encore de la réaction de tout le monde. Adrian était le seul à être resté impassible, ou du moins à être le moins choqué. Que je parte loin ou non, ça ne changeait pas grand-chose à notre relation. On s’aimait de loin, parce que oui, je l’aimais quand même le frangin. Quoi que quand il avait compris que Lina venait avec moi, c’était autre chose. Ils s’entendaient bien tous les deux. En même temps, notre petite sœur était un ange avec tout le monde, elle s’entendait avec tout le monde. Les parents étaient choqués, mais j’avais cette sensation qu’ils s’y étaient préparés, même si notre mère avait quand même pleuré discrètement. Quant à Adam… j’avais cru qu’il allait faire un malaise. Je ne lui avais jamais de mes états d’âmes, bien au contraire. Adam m’avait toujours permit de penser à autre chose, de rire, de m’amuser tout simplement. Il m’avait même fait douter, est-ce que c’était le bon choix ? Le mettre dans mes bagages était dans une solution viable ?

Je souriais alors qu’il évoquait lui aussi les souvenirs, oui, les choses nous menaient vers la nostalgie, sur la route de la mélancolie enfantine et les meilleurs de ma vie. J’avais très peu de souvenirs d’avant notre adoption, je ne me souvenais même pas de nos parents biologiques ni même de leurs visages, et quelque part… ce n’était pas plus mal. Comme tous les enfants adoptés, j’avais eu cette période atroce pour tous les parents ‘vous êtes pas mes vrais parents’, sauf que je n’avais jamais pensé ce que je disais, ils étaient mes parents, et ça ne changerait jamais. Si j’avais eu des souvenirs de ceux qui m’ont donné la vie… j’aurais probablement été très différent. A la mention donc des deux grosses bêtises, dont une dans laquelle j’étais victime dans l’histoire, je riais, revoyant effectivement la tête des parents, leurs visages rouge de colère. Qu’est-ce qu’on avait fait ? Si je me souvenais bien, c’était parce qu’on… avait enterré Adrian, dans la sable, un jour où on était allé à la plage, à un endroit où les parents nous avaient dit d’aller, sans doute pour être un peu tranquille, et ne pas se recevoir du sable dessus. Lina n’avait pas voulu nous aider, elle avait préféré faire sagement son château de sable. Le problème ? C’est qu’une fois, juste la tête de notre frère hors du sable, Adam et moi étions partis nous chercher une glace, jouer au ballon, jouer tout cout… Et on avait fini par l’oublier. Quand on s’en était souvenu, Adrian était sorti de son trou, en pleurs, notre petite sœur essayait de le rassurer et les parents nous attendaient de pied ferme. Le pire dans tout ça, c’est qu’on avait rit en comprenant ce qu’on avait fait, avant bien sûr de pleurer quand l’engueulade nous était tombé dessus, tout comme la punition. Est-ce que c’était à partir de là que ma relation avec mon autre frère s’était dégradée ? Peut-être… Riant donc, je m’étais redressé en regardant Adam, enfin, m’étant redressé difficilement quand même, finissant ma bière.

« Ils n’ont plus voulu nous laisser seul avec Adrian après ça pendant un long moment. Et c’est bien la seule fois où ils ont été aussi sévères avec toi qu’avec moi. Mais pour être honnête… j’ai tout fait pour me comporter comme un enfant modèle après ça pour qu’ils culpabilisent et qu’ils lèvent la punition… C’est la seule raison je crois pour laquelle ils se sont calmés… »

Et en même temps, je pouvais les comprendre. J’avais toujours profité du fait qu’ils étaient moins durs avec Lina et moi, quand j’en avais pris conscience, mais à présent, je trouvais ça injuste pour mes deux frères. Eux étaient la chair de leur chair, pourquoi est-ce que nous étions ceux qui avaient, et qui ont toujours un traitement de faveur ? Enfin bref, j’enchaîné ensuite très rapidement sur la seconde chose qu’il évoquait, avec un petit sourire en coin, même si sur le moment, ça ne m’avait pas fait rire du tout.

« Tu veux parler de l’épisode Walmart ? Quand tu m’as enfermé dans les toilettes du magasin ? Oh que oui, je m’en souviens très bien. On jouait à cache-cache tout simplement, et je ne sais toujours pas pourquoi, tu m’as enfermé depuis l’extérieur. J’étais tellement paniqué dans le noir que j’en pleurais. Même si après… je t’ai boudé le temps qu’on rentre pour le soir même jouer avec toi. M’enfin, je me suis vengé au lycée après ça. Quand je t’ai enfermé avec cette fille qui était dingue de toi et que tu ne voulais justement pas l’approcher. Elle m’avait remercié pour ça. »

Mes premières vraies bêtises, les volontaires, ce n’était pas exactement avec Adam que je les avais faites, c’était… un garçon de deux ans de plus que moi, que je voyais comme un modèle et qui avait disparu du jour au lendemain quelques années plus tard. Il m’avait convaincu que c’était plus drôle que d’être sage, surtout quand c’est avec son frère qui est le premier à vouloir s’amuser de toutes les façons possible. Une fois « débloqué », je m’étais éclaté comme un petit fou avec lui.
Lui tendant ma bière vide, je me penchais pour prendre le verre de cocktail encore à moitié plein, ou à moitié vide, et avant de répondre à sa question, je le bus cul sec. La brûlure de l’alcool commença par ma gorge avant de descendre jusqu’à mon œsophage et mon estomac, me réveillant un peu. C’était vrai qu’il avait bu plus que moi, mais il fallait dire aussi que je ne buvais pas depuis très longtemps, je ne tenais pas vraiment l’alcool. Je risquais fortement d’être bourré bien avant lui, mais après tout, c’était lui qui l’avait voulu.

« Vas-y, vends moi du rêve, fais moi un tord boyaux, chef ! »
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MessageSujet: Re: The Brotherhood - ft H02-001   Dim 11 Juin - 22:25

« Tu veux parler de l’épisode Walmart ? Quand tu m’as enfermé dans les toilettes du magasin ? Oh que oui, je m’en souviens très bien. On jouait à cache-cache tout simplement, et je ne sais toujours pas pourquoi, tu m’as enfermé depuis l’extérieur. J’étais tellement paniqué dans le noir que j’en pleurais. Même si après… je t’ai boudé le temps qu’on rentre pour le soir même jouer avec toi. M’enfin, je me suis vengé au lycée après ça. Quand je t’ai enfermé avec cette fille qui était dingue de toi et que tu ne voulais justement pas l’approcher. Elle m’avait remercié pour ça. » Cette fille... Ah bon sang cette fille. C'était mon pire cauchemar cette fille. Pour une raison obscure, elle se plaisait à me baver dessus en permanence. Presque littéralement. Pas sur Aidrian. Oh non. Ça aurait été trop simple. Il fallait évidemment que la fille s'entiche de celui qui réussissait à la faire rire plus que de raison sans réaliser le moindre effort parce que le petit clown de service je l'ai toujours été. Commentant les repas comme un commentateur à la télé qui a le nez rivé sur un match de sport quelconque. Faisant s'attaquer les aliments simplement pour embêter les parents qui n'arrêtaient pas de hurler qu'on ne doit pas jouer avec la nourriture. Je savais que j'allais être puni pour une raison ou pour une autre alors je préférais au moins avoir ne serait-ce qu'un peu de fun avant que la chose ne se produise. Puis avec le temps j'ai presque appris à apprécier la chose. Pas cette fille qui me collait à la peau alors que je fuyais le plus loin que j'étais humainement capable de le faire. Plutôt les punitions. Le calme. La tranquillité. Bon, c'était d'un chiant ça je ne peux pas le nier. Ça n'empêche pas au moins que durant ces moments-là j'étais seul avec moi même. Pas de jumeau trop stoïque pour renforcer cette impression d'être un vulgaire bouffon et pas de frère et sœur se faisant dorloter sous mes yeux à m'en filer une humeur de merde. Partiellement. J'ai toujours eu du mal à avoir une humeur de merde. On m'a probablement filer l'injection de bonne humeur à la naissance plutôt que le vaccin contre je ne sais trop quoi. On nous met tellement de merde dans le corps dans notre vie que c'est difficile à suivre à un moment. Moi y compris avec tout l'alcool que j'ingurgite et lui fait ingurgiter.

« En fait je pensais plutôt à ce moment où je t'ai coincé à t'amuser seul comme un homme et où j'ai éclaté de rire comme un con en commençant à t'encourager parce que j'étais trop plié de rire pour simplement faire demi tour et te laisser continuer. J'ai dû apprendre à cogner à la porte après ça. » Ah c'était le bon temps. Maintenant la seule personne sur laquelle je peux tomber entre ces quatre murs c'est mon propre reflex dans un miroir. Hey oui c'est si triste. Pas de fille pour me tenir compagnie. À croire que cet épisode au lycée m'a traumatisé. « Et ouais, je me souviens de cette fille. Je comprends qu'elle t'ait remercié. Je n'ai jamais goûté autant de bave en si peu de temps. Elle a agit comme si j'étais une glace qu'on dévore sans se poser de questions. Elle a de la chance celle-là que j'aie rien dit à personne quand j'ai réussi à m'échapper. Je suis trop sympa... Même si l'épisode du Walmart... Ah ça je l'ai jamais regretté... Bon d'accord c'était un accident en fait, mais je préférais dire que j'ai fait exprès plutôt que passer pour un con à dire que je l'ai pas fait exprès. Voilà. Maintenant tu connais la triste vérité. » Les traumatismes de l'enfance... Quoi que j'en dise, ce n'est tout de même pas la raison pour laquelle je n'ai pas de fille à la maison en ce moment. C'est plutôt parce que j'ai décidé de laisser libre court à ma véritable nature. Pas que les parents soient contre le truc, mais on sait tous la rumeur qui court concernant l'armée. Alors de leur dire que j'aime bien les mecs aussi... C'est un peu difficile à digérer. Ça n'en reste pas moins la raison pourquoi je vis seul à l'heure actuel. Période d'expérimentation. J'ai besoin de bien cerner le truc. Aussi souris de laboratoire que ça puisse sembler à l'instant.

Je soupire et me frotte distraitement le visage avant de tendre la main pour pendre sa bière et son verre. Coinçant les miens sous mon bras en me levant... pas tout à fait stable. « Vas-y, vends moi du rêve, fais moi un tord boyaux, chef ! » Rien de moins. « Oh tu vas être servis. » Et comme on va le regretter le lendemain matin. Si ce n'est pas cette nuit. Ce n'est pas parce que je commence à avoir un peu trop l'habitude de boire à pratiquer mes cocktails pour le boulot que je tolère à merveille l'alcool. Disons simplement que ma grandeur est aidante dans la présente situation. « Au fait. J'espère que t'es conscient que je ne te laisse pas sortir d'ici ce soir. Hors de question que tu rentres dans cet état. Les parents vont me tuer même si t'es en âge de faire ce que tu veux. J'aimerais survivre encore un peu tu vois. Avoir le temps de bouffer suffisamment d'oranges pour en faire une indigestion au moins. » J'aime un peu trop les oranges. « Le canapé fait lit. Tu vois. T'auras même droit à un minimum de confort. Je t'aurais bien proposer de dormir dans mon lit comme je le faisais gamin pour pouvoir essayer de te faire peur en pleine nuit, mais je crois qu'à notre âge c'est douteux. » Je me dirige vers ma minuscule cuisine pour admirer mon petit stock de bouteilles et chercher ce que je pourrais bien nous faire. Un tord boyaux qu'il a dit... Ah oui je sais. Une recette dont j'ai entendu parler à la télé une fois. Un truc à tuer l'estomac d'un savant mélange d'alcools forts et... de tabasco. Pour tordre ça va torde. « Tu sais que si je le pouvais je t'enchaînerais dans un coin de l'appartement que tu ne partes pas. Je vais m'ennuyer t'as pas idée. »

Les cocktails fait et quelques petits dégâts plus tard à commencer à bien le sentir, je retourne près de lui dans le salon. Lui filant son verre, je pose le mien sur la table avant de mollement me laisser tomber sur le canapé. « Rappelle-moi tu pars quand déjà? J'ai la tête qui baigne dans l'alcool et je n'arrive pas à m'en souvenir. » Plutôt j'aimerais ne pas m'en souvenir pour continuer de vivre dans le déni et faire comme si ce jour n'allait jamais arrivé.

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