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 courir, courir toujours, fuir (F05-093)

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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: courir, courir toujours, fuir (F05-093)   Mer 17 Mai - 5:50

Courir, courir toujours, fuir
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Y’a ton estomac qui crie famine, tandis qu’un frisson parcourt ton corps. T’as faim. T’as froid. Mais tu t’y fais. T’es obligée. Tu ressers le drap miteux qui te sert de couverture contre ton corps frêle, tandis que ton regard se dirige irrémédiablement jusqu’au plafond. Les étoiles te manquent. L’air frais aussi. Depuis combien de temps tu n’es pas sortie ? Depuis combien de temps tu n’as pas profité des doux rayons du soleil ? Tu saurais même pas le dire. T’as arrêté de compter depuis bien longtemps maintenant. Tu dois faire peur à voir. Avec tes cheveux hirsutes et ton teint blafard. Heureusement qu’il n’y a pas de miroirs. Les joies de la captivité. Tu pousses un profond soupire, tandis qu’à nouveau tu sens ton ventre gargouiller. Mais t’as rien à manger pour combler sa faim. Ils ne t’ont pas apporté de nourritures aujourd’hui. Ni hier. Tu sais pas trop pourquoi. Mais t’as arrêté de te poser toutes ces questions. T’attends simplement que le temps passe. Ils ont besoin de toi en vie, alors ils finiront bien par t’apporter quelque chose. Ou sinon et bien tu mourras. Et au final, ça serait pas la pire des choses qui pourrait t’arriver. Au moins tu serais libre. Libre de t’envoler. Libre de t’évader. Elle serait loin, ta prison de pierres et de métal… T’as une pensée pour Malik. Qu’est-ce qu’il deviendrait si tu venais à disparaitre ? Ils n’auraient plus de moyen de pression sur lui. Alors peut-être qu’il réussirait à sortir de leur emprise ? À retourner chez eux et à reprendre une vie normale ? Est-ce que ta disparition ne serait pas un mal pour un bien, au final ?

Tu pousses un profond soupire, tandis que tu sens ton esprit vaciller. Tu veux pas dormir. Parce que pendant ton sommeil tu sais pas ce qu’ils seraient capables de te faire. Mais ça fait plusieurs jours que tu te retiens, et il semblerait tu ais atteint tes limites. Tu grelottes, tandis que tu te laisses glisser sur ton matelas de fortune. Tu ressers tes jambes le long de ton buste en position fœtale, resserrant encore plus ta couverture contre toi. Et puis tu te laisses aller. Tu te laisses bercer dans les bras de Morphé, tandis que tes rêves t’emmènent dans des endroits plus doux. Plus joyeux. Chez toi. Là où il y a des rires. Là où il y a du bonheur. Loin de cette grotte sombre et froide. Loin de tes ravisseurs. Dans ta maison, à Chicago. Avec tes frères, tes parents et tes amis. Tu rêves d’une de ces fins de journées d’été, où tes parents avaient décidé de préparer des hamburgers au barbecue. Tu salives en te remémorant l’odeur de la viande grillée. Depuis combien de temps t’as pas mangé à ta faim ? À quand remonte ton dernier burger ? À quand remonte ton dernier repas où tu as savouré ce que tu mangeais ? Lorsque tu te réveilles, tu sens les larmes chaudes couler le long de tes joues. Te voilà de retour à la dure réalité. Tu renifles discrètement, tandis que tu essuies rapidement tes larmes. Tu souhaites pas qu’ils te voient comme ça. Qu’ils te voient aussi faible. Tu veux pas leur faire ce cadeau.

Des bruits de pas te font te redresser subitement. « Ils arrivent. » que tu murmures, tes muscles se crispant instinctivement. T’as ton regard qui se porte vers un des murs de ta cellule. Tu sais que derrière ce dernier se trouve la cellule d’Amanita et qu’elle t’a entendu. Vous êtes prêtes. Quoi qu’il se passe. Tu retiens ton souffle, tandis que l’ombre de votre bourreau se projette à travers les murs de la grotte. Il s’arrête devant les barreaux de ta cellule et t’observe longuement. « C’est ton jour de chance, je t’emmène faire un petit tour ! » Ce qui au timbre de sa voix ne présage rien de bon. Mais soit. Il avance ensuite de quelques pas vers la cellule d’Amanita et poursuit « Et tu viens avec nous ! » Tu fronces les sourcils, avant de retenir ton corps de trembler comme une feuille. Sois forte. Respire un bon coup et garde ton calme. Il déverrouille vos cellules, et attrape les chaines qui lient vos chevilles au mur de vos prisons. « Allez allez, on n’a pas toute la journée ! » Son ton se fait impatient, tandis qu’il tire sur vos chaines pour vous faire avancer plus vite. Dès que tu sors de ta cellule, tu vas rejoindre Amanita, avec qui tu lies tes doigts aux siens. Unies pour l’éternité. Ensemble dans ce putain de cauchemar qui semble sans fin. Vous vous laissez guider dans les méandres de cette immense grotte. T’y mets tout ton tien pour tenter de mémoriser les divers chemins. Mais cette grotte, c’est un labyrinthe. Et malgré toutes vos sorties dans la grotte, vous n’avez jamais pu entrevoir la sortie. Par contre, tu reconnais le chemin qu’il vous fait emprunter. Et c’est sans surprise que vous entrez dans la chambre de votre garde. Une chambre sommairement meublée, mais c’est quand même pas comparable à votre cellule miteuse et humide. Il va s’assoir lourdement dans son lit, puis vous fait face. Vous vous observez pendant quelques secondes, avant qu’il ne s’exclame. « Vous attendez quoi ? Vous savez ce que vous avez à faire alors ne perdons pas de temps. Les autres ne vont pas tarder à revenir... » Ton regard bascule jusqu’à celui d’Amanita. Tu la sens frissonner. Tout comme toi. Tu mords ta lèvre inférieure, tandis que tu baisses la tête pour fixer tes pieds nus. « Enlevez vos vêtements. Ou sinon… » Il a pas besoin de finir sa phrase. Vous savez très bien ce qui vous attend si vous n’obéissez pas.


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: courir, courir toujours, fuir (F05-093)   Mar 23 Mai - 13:54


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Enfer et damnation. Elle ne pouvait qu’être damnée pour être enfermée ici. A force, elle avait perdue la notion du temps. Elle avait tout perdue en fin de compte. Sa famille. Son espoir. Ses rêves, désormais brisés. Jamais elle ne sortirait, elle commençait à le savoir. A force d’années écoulées, elle ne pouvait que le savoir. C’était presque ridicule de s’imaginer un jour quitter ses entraves, quitter ce lieu. Couchée, à terre sur un piètre matelas en très mauvais état, Amanita songeait. A quoi devait-elle bien ressembler maintenant ? Pas de doute qu’elle devait faire peur à voir. Avec ses traces de larmes et de sang sur le visage. Ses traits tirés, ses joues creusées, ses lèvres désséchées. Son corps frêle, si mince, amaigri par tant d’années de captivité. Si marqué également, mais dans l’osbcurité ambiante, elle n’y prêtait plus guère attention. Un soupire échappa à Amanita. Elle osait à peine bouger, à peine faire un bruit en se retournant sur son matelas, de peur d’attirer les monstres dans leur antre. Comment tout ceci avait pu devenir son quotidien ? Elle n’arrivait pas encore à le comprendre, et peut-être bien qu’elle n’aurait jamais la réponse à cette question. Qu’est-ce que ça lui apporterait au bout du compte ? Une peine supplémentaire peut-être, une raison d’en finir une bonne fois pour toute également. Des fois, à ne rien pouvoir faire d’autre que de réfléchir, elle y pensait sérieusement. C’était presque un miracle qu’elle n’ait pas craqué. Toujours cet espoir, cet infime espoir. Amanita, depuis le temps, ne devrais-tu pas te lasser d’attendre ? Elle devrait, pourtant.

Elle a mal. Si mal. Tous les jours ou presque ils trouvent le moyen de toujours s’amuser. Qu’est-ce que ça leur rapporte à force ? On pourrait croire qu’avec le temps, les géôliers se seraient lassés. Mais non. Jamais. Ils se jouent d’elle, la torture aussi bien physiquement que psychologiquement. Ces derniers jours, c’est avec sa faim qu’ils s’amusent. Leur faim, même. Parce qu’elle n’est pas seule, dans cette horreur. Elle l’a été, il fut un temps. Aujourd’hui elle s’en voudrait presque d’avoir souhaité ne pas être aussi seule dans sa misère. Maintenant que quelqu’un partageait son calvaire, elle se sentait mal. Coupable. Elle aurait voulu épargner cette souffrance sans nom à sa camarade. Mais elle ne pouvait pas. Pas dans sa position. Impuissante, enchaînée, comme une chienne. Voilà tout simplement ce qu’elle était, et le pire, elle s’était faite à l’idée. Cela n’enlevait rien à son désir de se battre, un minimum. Mais épuisée et à bout de force, que faire de plus ? Que dire d’autre, hein ? Un chuchotement, soudain, fait écho à ses pensées. Ils arrivent. Une peur sans nom figea Amanita, qui se redressa en un mouvement sec et douloureux. Non, elle voulait être en paix encore un tout petit peu plus longtemps. Des bruits de pas, plus conséquents. Ils sont là, ils viennent les chercher. Pas elle. Lina ? Cette fois-ci, elle est alertée. Pas question d’abandonner sa camarade à son sort, elle serait prête à leur crier dessus pour qu’ils l’emmènent elle aussi. Mais elle n’en a pas besoin. Bientôt sa porte s’ouvre, et leur bourreau du jour semble si fier quand il somme ses deux guests. Non, elle n’était pas chienne. C’était lui, eux, les chiens. Ses chaînes sont tirées, il faut qu’elle avance. Comme si elle avait le choix. Amanita quitte sa cellule, le pas traînant, faiblard. Quand les doigts de Lina se lient aux siens, elle pousse un discret soupir de soulagement. Elles ne se lâcheront pas. Dans cet enfer, elles étaient au moins deux, soudées jusqu’au bout. Amanita hoche doucement la tête en lui jetant à peine un regard, de peur de se faire remarquer. Elle se laisse juste faire, juste porter par cet homme qui désire beaucoup d’elles.

Bientôt, le dédale de cette grotte n’est plus que le cadet de leur souci. Les voilà arrivées à destination, et cela fait froid dans le dos. Toutes deux savent ce qui les attend, ce n’est pas particulièrement réjouissant, loin de là. C’était un cauchemar. En d’autres circonstances, la chambre aurait pu faire envie. Mais pas quand elle s’accompagnait d’un lourd prix à payer. Il n’y avait rien d’agréable à l’idée de se poser dans un vrai lit dans leur situation. Amanita glisse un regard à Lina, mal à l’aise. Aucune des deux ne veut se lancer en première. Aucune des deux ne veut rien faire. Leur échange de regards qui en dit long sur leurs pensées est toutefois interrompu par la voix nauséeuse de leur tortionnaire. « Vous attendez quoi ? Vous savez ce que vous avez à faire alors ne perdons pas de temps. Les autres ne vont pas tarder à revenir… ». A cette mention, Amanita frissonna. Les autres. Tous des monstres. « Enlevez vos vêtements. Ou sinon… ». Vos vêtements ? Ce n’était pas vraiment la dénomination appropriée pour désigner leurs deux couches de tissus, trouées et tâchées partout. Mais soit. Amanita commençe à enlever son haut, résignée, comme toujours dans ces moments là. Lina lui lançe un regard éloquent, l’observant faire. Bientôt, elles reprennent un échange de regards. Elles secouent la tête, et Nita avale avec difficultés. Cela ne pouvait plus durer. « Eh ben quoi ? Vous voulez vraiment me forcer à agir ? » Non. Pas vraiment. Mais qu’étaient-elles censées faire pour stopper le calvaire ? Les mots qui sortent de la bouche de Nita ne sont pas pensés au préalable, ils sortent malgré elle. Mais tant pis. Ils sont dit, avec difficultés. Faites que cela passe, par pitié. « Pp…peut-être que… Ce serait plus simple si on nous enlevait nos… chaînes à nos pieds. Ce serait plus …. Agréable pour vous. » Ah, elle se détestait. Aider ce déchet à ressentir du plaisir. Rien que d’énoncer cette idée à voix haute, Amanita se dégoûtait. L’homme les considéra un instant, dédaigneux, mais un sourire carnassier aux lèvres. Si cela allait dans son sens, alors pourquoi pas, qu’il se disait. Il commença avec Lina. La dardant de son regard monstrueux, elle qui n’avait pas encore esquissé un geste. Mais il lui retira quand même ses chaînes, murmurant des choses à son oreilles qu’Amanita savait être des menaces. Ou des promesses, cela revenait au même. Des choses salaces furent bientôt murmurées à son tour au creux de son oreille quand l’homme se baissa pour défaire ses entraves. Enfin. Soulagement. Libération. Non, loin de là. C’est quand il se redressait pour retourner s’installer confortablement qu’Amanita réagit. Un seul coup d’œil à Lina suffit. Elle poussa un hurlement guttural alors qu’elle se recula prestement pour saisir le premier objet qui passa dans sa main, un des seuls qui reposaient sur le mobilier si réduit : un vase à l’apparence totalement terne, surement destiné à une autre utilité. Lina l’accompagnant dans son geste, elles tenaient précieusement l’objet à deux mains, et ni une ni deux, le brisa sur la tête de l’homme qui s’en retrouva désœuvré. Malheureusement pour elles, elles étaient bien trop affaiblies pour qu’un coup pareil puisse assommer un tel homme. En cœur avec Lina, elles n’eurent plus le choix : il fallait se jeter sur l’homme, s’en débarrasser pendant qu’elles le pouvaient encore. Coûte que coûte. Se battre, encore et toujours, se battre. C’était leur unique chance. Il n’y avait pas de retour en arrière, cette fois-ci, elles étaient allées trop loin.    


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MessageSujet: Re: courir, courir toujours, fuir (F05-093)   Lun 19 Juin - 17:03

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Tu vas défaillir. C’est tout ton corps qui est pris de tremblements incontrôlables. Tu sens la terreur prendre possession de ton âme, tandis que vous êtes face au soldat qui vient de s’allonger dans le lit. Tu le sais très bien, ce qu’il veut. Et tu redoutes de le lui offrir. Encore une fois. Mais t’es une bête sage et disciplinée. Merci les années d’emprisonnement et de torture. Tu sais très bien que t’as pas vraiment le choix, de toute manière. Que d’une façon ou d’une autre, il obtiendra ce qu’il veut. De gré ou de force. Et à choisir, tu préfères plier l’échine et t’incliner devant ses ordres. Parce que c’est lui le chef, ici. Parce qu’en face de lui tu ne vaux rien. Tu n’es qu’une marionnette. Qu’une poupée de chiffon désarticulée. Il pourrait se ruer sur toi, t’assener un coup ou alors te broyer un os en une fraction de seconde. Et en un battement de cils, la douleur l’emporterait sur le reste. Tu es à sa merci, que tu le veuilles ou non. Et ça fait déjà un moment que tu t’es fait une raison à ce sujet et que tu as arrêté de lutter. Amanita est comme toi. Ou du moins c’est ce que ces derniers mois d’enfer ensemble t’a appris. Elle était là déjà avant ton arrivée. La pauvre. Vous échangez un long regard. La complicité que vous partagez depuis votre rencontre est flagrante. Vous avez vécu trop de traumatismes, subi trop de souffrances. À présent les regards dépassent souvent les paroles. Vous vous comprenez sans même avoir à ouvrir la bouche. Et tu sais ce que ce regard veut dire. Trop c’est trop. Mais êtes-vous seulement en capacité de lutter ? En capacité de gagner ?

Vous en avez souvent parlé, de reprendre ce qui vous a été arraché. De vous envoler d’ici. De fuir. Quand vous en discutiez, tandis que les gardes étaient loin et que vous étiez censés dormir, toutes ces paroles avaient un sens. Ça te donnait du courage. L’envie de te battre. Mais à présent que tu es face à lui, et bien tu doutes. Amanita est-elle dans le même cas que toi ? Est-ce qu’elle aussi, elle veut rebrousser chemin ? Tu ne saurais dire à cet instant précis. Mais tu redoutes d’avoir la réponse. Parce qu’à ce moment précis, et bien tu flippes. Tu te sens plus capable de rien, si ce n’est d’enlever tes habits et de lui faire tout ce qu’il désire. Parce que c’est la facilité. Et parce que c’est la sécurité. Qu’est-ce qu’il serait bien capable de vous faire, si vous tentiez une révolte et qu’elle éclatait dans l’œuf ? Tu frissonnes rien qu’à y penser. « Eh ben quoi ? Vous voulez vraiment me forcer à agir ? » Sa voix te fait sursauter, tandis que tu te reconnectes à la réalité. Il va falloir que vous preniez une décision, et rapidement. Et si toi tu sembles hésiter, Amanita, quant à elle, semble résolue. Elle lui demande qu’il enlève vos chaines. Qu’il vous libère pour vous permettre de mieux vous mouvoir. De mieux lui faire plaisir. Mais tu sais très bien ce qu’il en est en réalité. C’est un moyen pour vous de vous battre. De tenter de faire tourner la situation à votre avantage. Enchainées, vous ne pouvez presque pas bouger. Et surtout pas vous enfuir. Vous en avez déjà longuement parlé, du problème des chaines. Jusqu’à présent il n’a jamais été enclin à accepter votre requête. Mais cette fois, c’est différent. Parce qu’il a ce sourire carnassier qui veut tout dire. L’appât du gain. La faiblesse des hommes. T’es horrifiée par ce qu’il se passe. Par son accord. Parce qu’au fond, t’étais pas préparée à ça. Tu veux pas te battre. Tu veux pas risquer de te faire blesser. De te faire torturer. Il commence par toi. Comme par hasard. Tu restes paralysée. Incapable de bouger ou d’esquisser quoi que ce soit. Il s’approche de toi avec sa manière de dominant. Passe son doigt sur tes lèvres tout en s’approchant de toi. Ce qu’il te murmure ? T’es même pas en capacité de l’analyser. Parce que ton cerveau bloque. Tétanisé par l’opportunité qui se présente enfin à vous. Il se baisse ensuite pour enlever ta chaine tout en caressant ta jambe de tout son long. Promesse de tout ce qu’il va te faire. Puis il se dirige vers Amanita et fait la même chose. Un regard à cette dernière, et c’est parti. T’as même pas le temps de tenter de la retenir. Trop tard. Elle se rue en avant.

Ce qui se passe ensuite se déroule trop vite pour que tu puisses l’analyser. D’abord tétanisée par ce qui est en train de se passer, tu te ressaisis ensuite pour aider ton amie. Parce que c’est peut-être votre seule opportunité. Et parce que tu te dois d’être toujours là pour elle. En toute circonstance. Amanita a eu le courage de se lancer, et tu te dois de l’accompagner. Coute que coute. Maintenant il est trop tard pour reculer. Alors tu joins tes mains aux siennes tandis qu’elle attrape ce vase. Et à vous deux vous le fracassez de toutes vos forces contre sa crâne. Il y a le bruit de verre brisé, puis le grognement de l’homme. Malheureusement ça n’a pas suffi. Prenant une profonde inspiration, tu te jettes donc sur son dos, lui lacérant ce dernier tout en tentant tant bien que mal de le bloquer. Sonné par le coup, mais motivé par l’adrénaline, il se redresse et attrape ton bras. D’un geste vif et rapide, il te fait basculer vers l’avant. Et en moins d’une seconde, te voilà qui t’écroules au sol et qui mords la poussière. Mais ça suffit pas à te mettre au tapis, car te voilà qui te redresses et qui fonds à nouveau sur lui. Tu prends de l’élan et lui assènes un coup dans l’entrejambe avant de poursuivre avec un autre coup dans le visage. Le nez craque et du sang s’échappe de ce dernier. De quoi le faire enrager. Il fond à nouveau sur toi, t’agrippant au niveau de la nuque. Il te plaque contre le mur en pierre, te coupant la respiration. Il te soulève comme si tu ne pesais rien. Et il serre. Fort. « Sales garces, vous allez prendre cher. » Ça, tu veux bien le croire. Et tandis que tu sens la vie s’échapper de ton corps à chaque seconde qui s’égraine, tu repenses à Malik. Qu’est-ce qu’il va lui arriver…


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: courir, courir toujours, fuir (F05-093)   Mer 28 Juin - 1:23


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Elles venaient de commettre la plus grosse erreur de leur vie. L’était-ce vraiment ? La question semblait légitime. Les deux jeunes femmes avaient agit par instinct, et désormais, elles avaient toutes les chances de regretter leur acte. Amanita et Lina avaient souvent rêvé de ce moment. Elles l’avaient toujours envisagé sous un aspect faussement héroïque. Comme si elles avaient la moindre chance de s’en sortir, comme si elles se voyaient quitter ces grottes atroces à la manière des films américains qu’elles n’avaient jamais véritablement pu regarder ne serait-ce qu’une seule fois dans leur vie. Elles avaient maintenu ce fol espoir, dans leur cage, qu’un jour elles seraient triomphantes de leurs géôliers. Qu’un jour, le monde serait à elles à nouveau. Mais les années avaient passé. Leurs regards s’étaient ternis, leurs traits s’étaient durcis. Leurs membres leur arrachaient des grimaces et des couinements à chaque faux mouvement. Leurs poignets et chevilles étaient si marqués par leurs entraves que leur peau risquait fortement de ne plus jamais être de la même couleur que le reste de leurs corps. Leurs cheveux étaient horriblement longs alors que, parfois, Amanita elle-même se les arrachait en un geste nerveux. Oui, les plans d’évasions avaient permis d’aider leurs esprits à s’accommoder de la situation. Mais maintenant qu’elles étaient devant le fait accompli, il y avait de quoi regretter leur action.

Tout était allé très vite, si vite même, que Nita s’en mordait les doigts. Elle n’avait pas vraiment réfléchi, muée par une soudaine bouffée d’espoir. Une follerie qu’elle s’était autorisée et qu’elle avait imposé à Lina. Oh Lina, puisse t-elle pardonner la jeune femme si les choses tournaient mal. Qu’est-ce qui avait soudainement poussé la jeune femme à agir au juste ? Elle-même n’en était pas certaine. Des années à se résigner, des années à courber l’échine et à se conduire comme le parfait petit chiot que ses tortionnaires attendaient d’elle. Des années à pleurer son sort, à se lamenter et à se plaindre aussi bien pour elle-même que pour Lina. Et voici qu’elle prétendait être brave alors que le vase se brisait en mille morceaux sur le crâne de l’homme dominateur de la pièce. Sur celui qui venait de les libérer de leurs chaînes et qui, plus jamais, ne leur autoriserait la moindre chose. Peut-être même que les assauts sexuels auront lieu sur leur matelas, même si cela ruinait le plaisir de leurs géôliers. Amanita était terrifiée, désormais, alors qu’elle voyait l’homme se relever. Elle ne comprenait pas. Lina s’était pourtant joint à elle. A deux, elles avaient rassemblé leurs forces. Affaiblies, peut-être, mais elles n’en restaient pas moins déterminées à faire mal. Mais il était encore debout, titubant, en tendant les bras en avant. Ridiculement figée, cette fois-ci ce fut sa partenaire qui prit les devants. Montrant les dents, se jetant sur l’homme dans un mouvement vif et fluide. Trop rapide pour ses yeux embués de larmes et son visage peigné à l’incertitude pure. Elle avait soudainement envie de crier de se replier, d’arrêter les frais, ici et maintenant. Mais il était trop tard. Amanita avait entamé une guerre qu’elle n’avait pu arrêter au premier coup, et elle devait maintenant en subir les conséquences. Elle devait prendre part à tout cela, elle qui avait lancé l’assaut sans l’accord véritable de son amie.

Ne pouvant accepter l’idée de laisser son amie se débattre seule avec le monstre, elle se réveilla, enfin. Comme si on venait de lui asséner une gifle. Elle avait toujours peur, manquait de peu de se pisser dessus. Mais la vision de Lina écrasée contre un mur alors qu’elle s’était repliée dans un coin de la pièce eut le mérite de la secouer. L’homme l’avait laissé de côté, trop concerné par l’agressivité de Lina. Il lui appartenait donc de lui montrer à quel point il avait eu tort de la délaisser. S’avançant fébrilement, Amanita cherchait quelque chose du regard, n’importe quoi qui puisse sauver son amie. Et soudainement, son regard tomba à terre. Là. Sur les morceaux du vase brisé. Une main tremblante, mais vive, s’abaissa alors qu’elle arquait les genoux, et ses doigts, sans qu’elle n’ait l’impression de les maitriser, se refermèrent sur un morceau assez large, et assez pointu d’un côté. La vision floue, Amanita ne sentit pas ses jambes la porter, pas plus qu’elle ne sentit son bras se tendre. Tout ce qu’elle nota, c’est le visage de Lina, écrasée contre le mur, qui perdait de ses couleurs. Ses yeux prêts à se refermer et elle à défaillir. Alors, Amanita sut enfin qu’elle devait faire quelque chose. En un mouvement rapide, la métissée se retrouva collée à son géôlier. Ou plutôt son bras se retrouva mêlé à la chaleur du corps de l’homme, alors qu’un liquide chaud couvrait tout son membre. Les yeux écarquillés, elle recula prestement, sa main se retirant d’une profondeur incertaine, ses doigts toujours refermés sur son arme improvisée. Hébétée, il fallut quelques secondes à Amanita pour réaliser ce qu’elle venait de faire. L’homme oublia Lina, se retournant vers la jeune femme perdue, semblant aussi surpris et choqué qu’elle. Il leva une main vers ce qui s’apparentait être son cœur, ou quelque chose approchant, alors qu’une plaie béante laissait filtrer un liquide couleur vermeil sur ses habits à moitié défaits. Amanita venait tout simplement de le transpercer littéralement, mue par une soudaine colère à la vision de son amie aux bords de la mort. Et voici que la mort, elle venait de l’infliger en personne. La scène semblait se dérouler au ralenti alors que, dans un air grotesque, leur tortionnaire tomba à genoux et battit des bras. Un gargouillis lui échappa et les jurons qu’il s’apprêtait à cracher furent remplacés par une salve de sang qui atterit sur le sol. Lourdement, dans un bruit sourd, il tomba en avant, cette fois-ci complètement inerte.

Amanita ne bougeait pas. Immobile, son bras droit tendu en avant, elle avait les yeux fixés sur le corps de son géôlier. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux, roulant progressivement le long de ses joues. Elle tremblait avec violence et était incapable de faire quoi que ce soit d’autres. Les battements rapides de son cœur résonnaient à ses tempes alors qu’elle savait leur temps compté, à elle et Lina. Pourtant, elle était juste dans l’incapacité de penser, de réfléchir. Des murmures commencèrent à lui échapper alors qu’elle sentait la présence de son amie non loin d’elle. « Je… je ne voulais pas. Je ne voulais pas en arriver là. » Nita hoqueta, ses yeux se posant sur sa main qui tenait encore le morceau de vase ensanglanté. Dans un cri de frayeur, elle le lâcha brutalement et l’envoya au sol. Elle voulu l’écraser de son pied nu, mais elle ne réussit qu’à s’écrouler au sol, à genoux. « J’ai tué un homme. Je voulais pas, je voulais pas. » En état de choc, elle ne pensait plus logiquement. Il fallait qu’on vienne à son secours, il fallait qu’elle réagisse. Son esprit lui dictait de se bouger, mais son cœur et son corps meurtris refusaient de s’allier à sa logique. Sentant Lina se rapprocher d’elle, elle releva la tête et croisa son regard de ses yeux remplis de larmes. « Lina… qu’ai-je fait ? » Mais il n’y avait pas de temps pour se morfondre.

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MessageSujet: Re: courir, courir toujours, fuir (F05-093)   Mer 28 Juin - 17:06

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Y’a tout qui devient flou autour de toi. Tout qui vacille. Y’a tes yeux qui papillonnent, cherchant quelque chose à fixer qu’ils ne trouvent pas. Un instant tu regardes ton agresseur. Puis le sol. Puis le plafond. Puis Amanita, qui semble figée dans un coin. T’aimerais lui parler. Lui demander de l’aide. Mais y’a aucun son qui sort de ta bouche. Pas même une parcelle d’air. Tu suffoques, tandis que tes yeux semblent vouloir sortir de leurs orbites. T’aimerais tendre ta main dans la direction de ton amie. Mais même ça, tu n’y arrives pas. T’es à bout de force. À bout de souffle. Tu sens la vie qui te quitte toujours un peu plus à chaque seconde qui s’égraine. Il va aller jusqu’au bout. Tu le lis dans son regard. Dans ces flammes qui irradient dans ses iris. Il a le visage fermé. Les mâchoires contractées. C’est fou, tous les détails que tu peux déceler, quand bien même le moment n’est pas des plus opportuns. Ce filet de sang qui dégringole de son nez et qui vient perler sur ses dents jaunies par la cigarette et le manque d’hygiène. Cette cicatrice, ancienne, au niveau de son arcade sourcilière droite. Tu ne l’avais jamais remarqué, celle là. Tu te demandes fugacement comment il a pu se blesser. Dans un combat ? Dans un accident ?

Le manque d’oxygène te fait tressaillir. Un dernier sursaut avant que ton esprit ne s’embrouille plus que de raison. Tu vas pas tarder à t’évanouir. Puis à mourir. Tu entends ton cœur tambouriner dans ta poitrine. Il est de plus en plus lent. Et toi, tu te sens de plus en plus paisible. Enfin, ce calvaire va prendre fin. Pas de la meilleure des manières, mais au moins l’avantage c’est que tu ne souffriras plus. Tu la sens même plus, la douleur lancinante au niveau de ta gorge. Tes poumons semblent avoir cessé de calciner ta cage thoracique. Tu te sens bien, en paix. Et puis il y a Amanita. Ta chère et tendre Nita. Ta meilleure amie. Ta sœur de cœur et d’infortune. Que va-t-il lui arriver ? T’espères qu’elle va profiter que l’autre soit occupé avec toi pour s’enfuir. Parce qu’il lui reste une chance, à elle. De revoir la lumière. De sentir le vent dans ses cheveux. T’essaies de fixer la silhouette de ton amie, mais à vrai dire tu vois tellement flou que tu n’arrives à rien. C’est bientôt la fin, tu le sens. Alors enfuis-toi, Amanita. Et vis la vie que vous avez toujours souhaitée. En toute liberté. Pour vous deux.

Sans que tu ne comprennes pourquoi, l’autre lâche son emprise sur toi. Lourdement, te voilà qui t’écroules au sol. T’es pas encore assez consciente pour assimiler ce qu’il vient de se passer. Ton premier réflexe est de respirer. Profondément. Bruyamment. Comme si ta vie en dépendait. Parce que c’est le cas, non ? L’apport d’oxygène dans tes poumons te fait pousser un cri d’agonie. Dieu que ça fait un mal de chien. Mais c’est un mal pour un bien. T’as l’impression que tes poumons vont imploser. Que ta gorge râpeuse va se mettre à saigner tant elle est irritée. T’as tes yeux qui sont imbibés de sang et qui rendent ta vision floue. Tu mets plusieurs minutes avant de reprendre pleinement connaissance. Avant de te reconnecter à la réalité. T’es pas morte. Il t’a lâché à temps. Mais pourquoi ? Tu sais pas trop si c’est une bonne chose ou pas, qu’il t’ait lâché. Parce que le calvaire va reprendre. Parce qu’il n’y aura jamais de fin. Ou pas avant encore plusieurs années. Tu ne l’imagines pas autrement, ton avenir. Alors sur le coup, tu regrettes qu’il t’ait épargné. Qu’il t’ait laissé la vie sauve.

Ton regard se fixe devant toi. Vers une masse inerte. Lui ? Que lui est-il arrivé ? Prise de panique, tu tentes de te relever. Mais tu vacilles plus qu’autre chose. Tes jambes ne réussissent pas à te porter. Et tu t’écroules à nouveau lourdement au sol. Juste à côté de lui. Assez près pour sentir un liquide chaud sur tes mains. Un liquide carmin. Du sang ? Tu pousses un cri de surprise, tandis que ton corps se paralyse. Il est mort ? Blessé gravement ? Il ne bouge pas, c’est mauvais signe. « Est-ce qu’il est… » Tu n’arrives même pas à finir ta phrase avec ta voix déformée par la strangulation. Peu à peu, tu retrouves tes esprits. Tentes de reprendre ton souffle et de te calmer. Parce que ça ne sert à rien de paniquer. Parce que le danger semble de toute évidence écarté. Tu lèves ton regard vers Amanita, qui articule difficilement qu’elle ne voulait pas en arriver là. Elle lâche ce qu’elle a dans la main, et tu observes un morceau du vase brisé choir au sol. Tu fais vite le rapprochement, et assembles les pièces du puzzle sur ce qu’il s’est passé pendant que tu frôlais l’inconscience.

Amanita s’écroule au sol, non loin de toi. Elle fond en larmes, tandis qu’elle avoue qu’elle ne voulait pas tuer cet homme. En rampant dans la poussière, tu parviens à la rejoindre. À la prendre dans tes bras. « Il le fallait Nita. Y’avait pas d’autres solutions. C’était lui ou moi. » Et tu la remercies que ce ne soit pas toi. Parce qu’à présent vous êtes libres. Libres de courir dans les tunnels. Libres de tenter votre chance. C’est maintenant ou jamais. Et vous n’aurez plus jamais d’autres opportunités. « Il faut qu’on s’en aille. Et vite. Qu’on n’ait pas fait tout ça en vain. » Tu te relèves péniblement, aidée par ton amie. Le plus dur reste surement encore à faire, car dans ce dédale, il est aisé de se perdre.


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MessageSujet: Re: courir, courir toujours, fuir (F05-093)   Lun 17 Juil - 14:04


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Elle avait tué un homme. La réalisation de cette pensée manqua d’achever Amanita. Les choses n’étaient pas censées se dérouler ainsi. Elles avaient juste prévu de l’assommer et de courir après. Ca n’aurait jamais du se passer comme ça. Nita ne cessait de trembler, prise de sanglots violents. L’après-coup du moment, le choc suivant le meurtre. Parce qu’il s’agissait d’un meurtre, ni plus ni moins. Elle avait tout fait foirer. La liberté à laquelle elle aspirait depuis des années avait désormais un arrière goût désagréable. Un goût amer, un goût de rouille qui perlait sur sa langue alors que le liquide couleur rougeâtre semblait s’étaler sur toute la pièce, lui offrant une vision cauchemardesque. Comme si, même mort, son tortionnaire trouvait le moyen de lui faire un peu plus mal encore. Jusqu’où était-elle tombée exactement ? Jusqu’à quel point était-elle désormais enfoncée dans les ténèbres ? Amanita avait la sensation de ne jamais pouvoir se remettre de cet événement. Finalement, peut-être bien qu’elle ne méritait pas de sortir de cet endroit. Peut-être bien qu’elle avait été retenue captive depuis le début dans l’unique but que son chemin croise la route de Lina. Qu’elle puisse ainsi aider son âme sœur d’infortune à recouvrer sa vie normale en se sacrifiant. Oui, c’était forcément le but premier de son existence. Il ne pouvait en être autrement, la jeune femme n’avait plus aucun droit de réclamer son dû, pas après ce qu’elle avait fait. Oh Lina, fuis pendant que tu le peux.

Mais son amie entra dans son champs de vision, secouant doucement la jeune femme qui gardait des yeux écarquillés et une bouche semi-ouverte, encore sous l’effet de la surprise. Ses bras étaient légèrement tendus en avant, mas Nita se refusait à les regarder, à les bouger, de peur que le sang présent sur ceux-ci ne la fasse tourner de l’œil. Avec tout ce qu’elle avait vécu, on aurait pu croire la métissée bien plus renforcée avec le temps. Mais elle n’était pas aussi forte que ce qu’elle voulait croire. Elle était à bout, elle était en mille morceaux. Elle avait envie de se rouler en boule, de se bercer d’avant en arrière et de sombrer dans l’inconscience, pour ne plus jamais se réveiller. Bien plus tard, ses nuits seront hantées par cet événement. Bien plus tard, elle songera ô combien elle aurait voulu être à la place de Lina. Être étranglée, et ne pas y survivre. Criant à Lina de courir et de ne pas se retourner en arrière. Jamais elle n’aurait voulou imposer un tel fardeau sur les épaules de son amie. Mais les choses ne pouvaient tout simplement pas être défaites, et la Syrienne devait faire face à ses actes… et se prendre en main.

Levant un regard hagard vers Lina, Amanita réalisa à peine que celle-ci la prenait dans ses bras pour la réconforter tout doucement. Elle réalisait à peine que sa voix était cassée des suites de la strangulation, et qu’elle la tirait doucement pour qu’elle se relève. Bêtement, dans un premier temps, la métissée bougea son bras pour apposer sa main sur celle de Lina et s’en saisir, s’accrochant à elle comme à une bouée de sauvetage. « Je… je voulais juste te sauver. Je suis désolée. Je suis tellement désolée. Tout est de ma faute. » De nouveaux sanglots firent suite à cette déclaration, des larmes roulant sur son visage qui restait tourné vers le cadavre de leur tortionnaire. C’était ridicule, dans un sens, de se sentir aussi coupable. De s’en vouloir d’avoir éradiqué un monstre, de permettre d’en avoir un en moins sur cette Terre. Après tout le mal qu’il leur avait fait, ne devait-elle pas être heureuse de s’être débarrassé de lui ? L’humanité de Nita la dépassait elle-même. Aucune des deux femmes n’avaient toutefois le temps de mesurer l’impact de ce geste. Pas tout de suite du moins. Complètement perdue, il ne fallut à Nita que de plonger ses yeux dans ceux de Lina pour enfin ignorer sa détresse. S’appuyant sur sa sœur de cœur, elle se releva, lentement, manquant de trébucher. « Pardon Lina. » Elle murmura ces mots une dernière fois, avant de fermer les yeux et d’essuyer ses larmes. Plus tard Amanita. Ce n’est pas encore fini. Se reprendre était immensément compliqué pour la jeune femme qui enviait la paix qu’avait désormais trouvé leur géôlier. A moins que les enfers ne se soient déchaînés sur lui.

De longues minutes s’étaient écoulées. Du temps avait été perdu, et les deux captives savaient que les autres bourreaux étaient en route pour retrouver leur horrible collègue. Liant sa main à celle de son amie, Amanita murmura quelques paroles inaudibles, mélange de prières et de désespoir, alors que les deux jeunes femmes commençaient à avancer. Première étape, quitter cette chambre atroce. Jouant de prudence, un coup d’œil suffit pour qu’elles se mettent d’accord. Envisageant chacune un côté de la porte, elles s’approchèrent de la sortie et vérifièrent qu’il n’y avait personne aux alentours. Amanita l’avait ouverte pour que Lina se penche en première, vérifiant sa droite, tandis que sa partenaire se méfiait du côté gauche. Heureusement pour elles, leur tortionnaire n’avait pas été assez stupide pour hurler et prévenir les potentiels autres personnes présentes du carnage qui se déroulait dans cette même chambre. Les bruits de casse n’allaient pas inquiéter quelqu’un de sitôt, étant donné qu’il était bien trop coutumier d’entendre des sons similaires lorsque les deux captives étaient violentées. Elles avaient donc un délai devant eux, minime peut-être, mais cette fenêtre de temps était tout ce dont elles avaient besoin. Du moins elles l’espéraient.

Assurées de ne croiser personne dans l’immédiat, elles étaient prêtes à courir sans s’arrêter. Pourtant, une dernière fois, Nita se figea et plaça ses deux mains dans celles de Lina, la tournant vers elle pour lui faire face. « C’est notre seule chance. Tu es sûre de vouloir faire ça ? » La question était posée à Lina, mais cette dernière savait également que Nita avait besoin d’être rassurée. La réponse obtenue, la métisse donna une légère pression aux mains de sa partenaire avant d’annoncer : « On y est. Court. Sans t’arrêter. » Sans même revenir en arrière si Nita se perdait en chemin. Il fallait qu’au moins une des deux s’en sorte. C’était leur accord tacite, qu’elles ne pouvaient refuser, aucune des deux. Alors, enfin, lâchant leurs mains, elles le firent. Courir.

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MessageSujet: Re: courir, courir toujours, fuir (F05-093)   Ven 21 Juil - 6:10

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Que vous n’ayez pas fait tout ça en vain. Qu’il ne soit pas mort et qu’Amanita n’ait pas à avoir tout ce sang sur ses mains sans résultat. Que vous n’ayez pas risqué votre vie pour rien. Parce que si vous êtes découvertes, vous allez souffrir. Beaucoup. Jusqu’à mourir, très certainement. Les soldats ici sont loyaux entre eux. Et quand ils apprendront ce qu’il s’est passé pour leur collègue… Ils vont vouloir crier vengeance. Quand bien même il est important que les deux jeunes femmes restent en vie. Ça fait déjà bien longtemps que vous l'êtes. Surement trop. Vous auriez pu mourir bien plus tôt. De faim, de maladie, de vos blessures… Mais vous avez tenu bon, vous êtes accrochées l’une à l’autre. Jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce que vous commettiez l’irréparable. Après ça, peu de chances vous voyiez un lendemain. Mais ça, c’est si vous vous faite prendre. Et vous ferez tout pour que ça ne soit pas le cas. Pour vous réussissiez et que vous retrouviez liberté. Une liberté à présent tâchée de sang. Mais une liberté quand même.

Il faut que Nita se reprenne. Qu’elle se montre forte. Tu ne peux pas comprendre ce qu’elle traverse. Tu ne peux même pas l’imaginer à vrai dire. Tuer quelqu’un… Ça te parait tellement abstrait. Tellement affreux. Mais pourtant tellement nécessaire vu la situation. Comme tu viens de lui murmurer, c’était lui ou toi. Amanita n’avait donc pas vraiment le choix. Elle l’a fait par obligation, en tant que légitime défense pour te sauver. Est-ce qu’elle doit s’en vouloir de t’avoir sauvé la vie en supprimant un homme ? T’aurais tendance à dire que non, que de toute manière il fallait en passer par là vu la tournure catastrophique des événements. Mais tu te doutes que la situation est bien plus compliquée que ça et que c’est plus facile à dire qu’à faire. Ce n’est pas toi, au final, qui a son sang sur les mains. Ce n’est pas toi qui aura à vivre avec ce meurtre sur la conscience. Tu y as participé, certes, tu n’es pas blanche comme neige, mais ce n’est pas toi qui as porté le coup fatal. Ta culpabilité, dans cette histoire, est donc moindre.

Il faut laisser du temps à ton amie. Pour qu’elle refasse surface. Pour qu’elle se reprenne. Mais le problème, c’est que du temps, vous n’en avez pas beaucoup. Il vous est compté. Et même si ça te chagrine de la voir dans cet état, il va falloir que tu la secoues. Que tu la forces à reprendre contenance. Votre survie en dépend. Alors tu la secoues. Doucement. Jusqu’à ce qu’elle pose enfin un regard sur toi. Elle murmure entre deux sanglots qu’elle est désolée et que tout est de sa faute. T’as un petit sourire qui se dessine sur tes lèvres, se voulant réconfortant. Il ne faut pas qu’elle pense comme ça. Il ne faut pas qu’elle porte toute seule le poids de tout ce qu’il vient de se produire. C’est peut-être elle qui a commencé, mais à la base tu étais consentante. Tu le voulais autant qu’elle. Elle n’est qu’au tiers responsable. Tu as toi aussi ta part, et le soldat a la sienne. Il est trop tard pour revenir en arrière de toute manière. « Ne le sois pas. Nous étions d’accords pour tenter de nous évader si une occasion se présentait. Et grâce à toi, nous avons cette chance. À nous de la saisir. » Tu poses ta main sur son épaule, puis tu lui caresses doucement le dos pour tenter de la rassurer. Elle est toujours marquée par ce qu’il vient de se produire, et tu ne peux pas lui en tenir rigueur. Toi-même tu t’étonnes d’avoir soudainement autant d’assurance. Peut-être parce qu’il faut que l’une de vous soit forte. Que l’une de vous soit capable de pousser l’autre à se surpasser. Tout à l’heure c’était Amanita la plus forte. C’est elle qui a pris son courage à deux mains pour lancer les hostilités. À présent tu lui dois bien ça. De la soutenir et de l’aider à se relever. « Le temps presse Nita. Je suis désolée, j’aurai aimé que l’on est plus de temps, mais il va falloir y aller. Il faut être fortes. » Votre avenir en dépend. Amanita s’excuse une nouvelle fois, mais elle se relève quand même.

Tu poses une nouvelle fois un regard vers ce soldat. Il te fait de la peine. Quand bien même il vous a fait souffrir, Amanita et toi. Quand bien même c’était un monstre dénué de remords. Il n’aurait surement pas ressenti cette culpabilité si les rôles avaient été inversés. Il est déjà un meurtrier, il a l’habitude d’avoir du sang sur ses mains. Mais méritait-il de mourir de la sorte ? T’estimes que c’était pas à vous de choisir. Mais c’est comme ça. C’était une nécessité. Et il faut essayer de ne plus y penser. Pour tenter de cacher cette vision horrible de son cadavre entouré de sang, tu te penches pour attrapes la couverture sur son lit. Tu la déroules pour qu’elle couvre l’ensemble du corps. Au moins vous n’aurez plus à voir ça, même si au final c’est gravé dans votre mémoire à jamais. Tu reportes ensuite ton attention vers Nita et tu la rejoins devant la porte. Elle te demande si tu es prête à le faire. Si tu es prête à risquer une nouvelle fois ta vie. « Oui. On a attendu ce moment pendant une éternité. On ne peut plus reculer. » Et c’est la simple vérité. Ce qui est fait est fait, et quand même vous auriez des remords, jamais plus vous ne pourrez retrouver votre vie d’avant. Pas après avoir tenté de vous enfuir en tuant cet homme. Ils ne vous pardonneraient jamais.

Vous ouvrez la porte. Rien à signaler. Le tunnel semble vide. Tant mieux pour vous. Tu prends une profonde inspiration puis observes Nita une dernière fois. Cette dernière semble faire de même, avant de lâcher un « Cours » qui te fait avoir une vague d’adrénaline. C’est parti. Vous déboulez dans le couloir côte à côté, ne sachant pas trop quelle direction prendre et étant déterminées à ne pas vous arrêter avant d’avoir trouvé la sortie. Vous courrez pendant quelques secondes avant de tomber sur une intersection. L’éternelle droite ou gauche. « À ton avis ? » Les secondes comptent, il faut prendre une décision rapidement. Vous optez pour la droite, et courrez pendant encore un moment. À chaque intersection, vous prenez à droite. Allez savoir pourquoi. Jusqu’à ce que, à l’approche d’un virage, tu entendes des éclats de voix. « Stop ! » que tu siffles, lui agrippant le bras pour la forcer à s’arrêter. Tu l’entraines avec elle dans un petit renfoncement. Juste le temps que deux soldats en pleine conversation passent et disparaissent. Lorsqu’ils sont jugés loin, vous repartez de plus bel. Pourvu que vous trouviez rapidement la sortie…

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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: courir, courir toujours, fuir (F05-093)   Sam 22 Juil - 9:09


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Elle l’avait couvert avec un drap. Le corps. Amanita n’avait pas réagit sur l’instant, ça ne lui était même pas venu à l’esprit de masquer l’atroce vision qui s’offrait à elle. Peut-être parce qu’elle s’était résignée à être hantée par l’homme. Elle ne voyait pas les choses autrement, elle ne le pouvait pas. En fermant les yeux tandis que Lina dépliait le tissu, Nita revoyait la scène. La ressentait plutôt, tant les choses s’étaient passées bien trop vite pour que sa rétine enregistre toute la situation. Elle revoyait seulement le visage décomposé de Lina. Les mains épaisses aux doigts qui bleuissaient sous l’effort du garde à étrangler sa victime. Son rictus étrange. Ses propres doigts tremblants qui se refermaient sur le morceau de vase lui apparaissaient en gros plan. Elle les plia machinalement alors qu’elle rejouait la scène dans son esprit, se demandant fugacement comment elle avait bien pu faire pour ne pas se couper. Et le pire lui revenait à l’esprit. Cette sensation de chaud sur sa main et le début de son bras, presque agréable. Ce voile qui l’avait recouvert. La couleur rouge lui avait sauté à la figure lorsqu’elle avait baissé les yeux, et même à cet instant, elle n’avait pas encore réalisé. Et ce liquide qui s’écoulait du soldat, son visage étonné, jamais elle ne pourrait déloger cette image de son esprit. Jamais.

Lina a fini son œuvre. Achevé le travail de Nita, plus ou moins. Une façon de couvrir un massacre inévitable. Elle ne sait pourquoi, mais la métissée sourit. Un sourire triste, un sourire qui dévoile déjà son âme brisée. Brisée, pourtant, elle l’était déjà. Physiquement, psychologiquement, après des années de captivité. Mais son âme, elle l’avait toujours pensé intact, pure. Tenue à l’écart de l’horreur réelle de son monde. Mais elle s’était salie. Ses mains seraient toujours rouges à ses yeux, la crasse accumulée sous ses ongles n’aurait plus rien à envier au sang séché qui s’y incrustait déjà. Elle ne pourrait plus jamais dormir sainement, ou du moins pas avant des années, pas avant d’avoir trouvé le bon réconfort. Nita était déjà perdue, et elle évitait de peu de s’enfoncer, encore et encore. Elle se voyait déjà couler, elle qui voulait tant bénéficier d’un avenir meilleur, connaître l’autre côté du monde, cet aspect qui dévoilait beauté en chacun. Celui qui avait permis à Nita de survivre jusque là. Et maintenant, voulait-elle vraiment survivre ?

Oui. Au moins pour Lina. La promesse entre elles était scellée depuis bien trop longtemps pour se permettre de la rompre en ce moment même. La situation leur avait échappé mais elles avaient une chance unique de reprendre le contrôle. C’était simple, à vrai dire, il suffisait de courir. Si elles ne le faisaient pas, elles étaient de toutes manières mortes. Et dans le cas contraire, elles subiraient les foudres de leurs bourreaux et finiraient par succomber à un moment ou à un autre. Les deux jeunes femmes s’étaient juré solennellement de ne pas mourir dans ces conditions. S’il fut un temps, c’était une promesse en l’air, désormais elle se concrétisait. Alors elles n’avaient plus qu’à. Courir.

Nita sentait ses poumons s’embraser dangereusement. Elle se retenait de tousser violemment pour ne pas révéler leur présence. Des années à rester enfermée dans une cage, à être torturée sans jamais connaître de répit. Forcément que son état en avait pris un coup. Forcément qu’elle avait l’impression d’exploser à chaque nouvelle seconde qui passait, à chaque nouveau souffle arraché. Ses côtes lui faisaient mal, ses pieds nus et ensanglantés lui hurlaient de s’arrêter. Par moment dans sa course, Amanita tendait le bras pour être sûre de sentir Lina toujours à ses côtés. Elles ne devaient pas se lâcher. Si elle s’arrêtait, Nita se savait perdue, alors elle se giflait intérieurement. Parce qu’elle devait ça à Lina, au moins elle. Elle avait été moins longtemps prisonnière, mais sa souffrance était égale à celle de Nita. Il fallait au moins que chacune aille au bout de leur promesse, même si seulement une des deux ne devait survivre, elles se devaient de tout tenter.

Leur course est interrompue, plusieurs fois. A force de virer sur la droite, à force de parcourir des dizaines et dizaines de mètres, elles finissent par tomber dans des coins plus habités. Loin de leurs grottes, leurs geôliers se détendent autre-part, à des endroits plus calmes de ce tunnel sans fin. Sans fin il semble l’être, mais au final, la lumière est là. Elle pointe le bout de son nez, elles y arrivent enfin. Nita est prête à accueillir la sortie à bras ouverts quand elle saisit soudainement Lina par les épaules et qu’elle la plaque contre un mur, s’agenouillant à ses côtés. Deux gardes surveillent l’entrée, fermée elle-même par une grille maintenue par une chaîne et un cadenas. A la ceinture des deux gardes, les deux jeunes femmes repérèrent aisément une grosse clé. La seule qui puisse aller avec un cadenas vieux comme le monde, à en croire l’état rouillé de la grille. Nita avait l’impression de voir ses rêves s’effondrer. La sortie était si proche, plus que quelques pas et elles y étaient. Si peu, si peu.

Comment affronter deux gardes ? Déjà un homme, cela avait semblé relever de l’impossible. Alors deux ? Amanita lança un regard apeuré et désespéré à Lina. Elle ouvrit ses bras en un signe d’impuissance, n’osant parler de peur de faire trop de bruit. Le temps leur manquait. Cruellement. Si le corps de leur tortionnaire était découvert, elles se retrouveraient bientôt avec tout le groupe armé sur le dos. Ils seraient à leurs trousses, et auraient tôt fait de les arrêter. Plutôt mourir que d’y retourner, Amanita ne tiendrait pas une seconde fois sa captivité.

Gardant un doigt sur sa bouche, Nita fit signe à Lina de rester calme. Un conseil qui valait bien sûr pour toutes les deux, elle-même s’étant retenue de crier son désespoir quelques secondes plus tôt. Lina la tira par la manche et désigna une porte lourde, entrouverte. La salle des gardes ? Etait-elle vide ? Aucun moyen de le savoir, si ce n’était de s’y rendre. Mais il fallait faire vite, et discret. Plus encore qu’avant, car pour atteindre la pièce, il fallait entrer dans le champ de vision des gardes. Il fallait attendre le bon moment. Que les soldats se regardent, baissent les yeux, ou qu’ils se décident à sortir. Et s’ils ne sortaient pas ? Elles avaient besoin de la clé. En prévision de leurs futures actions, Nita s’arma. S’armer étant un bien grand mot. Le tunnel était inégal, à même le sol, le chemin était parsemé d’obstacles, de terre, et de rochers. Les cailloux et pierres ne manquaient pas sur le sol. Elles n’étaient pas en plein désert, et l’endroit devait être constamment en train de subir des modifications. Ce n’était donc pas une surprise pour les jeunes femmes de trouver des pierres grosses comme leurs deux mains réunies aussi facilement. Nita désigna les petits rochers à son amie, puis fit un signe de tête vers les Gardes. Une idée silencieuse venait de germer dans son esprit, alors que Lina elle-même regardait l’endroit d’où elles venaient. Les choses étaient en train de se mettre en place, doucement. Elles ne pouvaient plus se permettre de pleurer et de se lamenter. Elles allaient devoir encore agir, avant de franchir la sortie. Encore une fois.

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MessageSujet: Re: courir, courir toujours, fuir (F05-093)   Mar 25 Juil - 12:25

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Est-ce que ces tunnels ont seulement une fin ? C’est la question qui tambourine à tes oreilles depuis que tu t’es aventurée loin de la chambre du garde. Tu savais déjà que cet endroit était immense et qu’il vous faudrait de la chance pour trouver la sortie. Mais en réalité tu ne t’imaginais pas que la tâche serait aussi difficile. Que la chance pourrait peut-être ne pas être de la partie. Quand bien même vous méritez de vous évader, après toutes les tortures et toutes les souffrances que vous avez subies. Dieu n’est-il pas avec vous ? Est-ce qu’il vous a tourné le dos à la seconde même où Amanita a planté son morceau de verre dans la gorge de l’homme ? Certes, vous avez pêché. Mais vous n’aviez pas le choix. Il fallait faire ça pour votre survie. Pour retrouver votre liberté. Dieu ne peut-Il pas le comprendre ?

T’es à bout de souffle. Ta vision se fait de plus en plus trouble. Tu peux pas empêcher des râles douloureux de percer par-delà tes lèvres. Avec la strangulation récente et ton manque de condition physique, tu ne pouvais pas espérer mieux. Déjà tu es en état de courir, ce qui relève presque du miracle. Parce qu’avec tes genoux cagneux et ton souffle saccadé… Finalement, l’arrêt volontaire d’Amanita résonne comme une libération. Tu te laisses avec joie choir au sol tandis que tu fais du mieux que tu peux pour ne pas faire trop de bruits. T’as bien compris que si vous vous arrêtiez, c’est parce qu’il y avait un problème. Mais pour le moment tu te sens trop mal pour vraiment t’y intéresser. T’es à deux doigts, voire même de carrément sombrer dans l’inconscience. T’en peux plus. Tout ça semble au-dessus de tes forces. Alors pour le moment tu restes au sol, et tu te concentres pour récupérer le plus rapidement possible. Parce que c’est ce qu’il va falloir faire. Rester allongée par terre reste pour le moment la meilleure des solutions, mais à terme ça se résumera à un acte suicidaire.

Au bout de quelques minutes tu sens déjà que ça va mieux. Ton regard est moins flou et t’as plus l’amertume au fond de ta bouche. Tu peux donc te reconnecter à la réalité pour comprendre ce qu’il se passe. Tu penches légèrement ta tête vers l’endroit caché. Déjà, tu manques de sauter de joie. Parce que tu vois de la lumière, et donc une potentielle sortie. Mais tu défailles vite fait bien en voyant la grille, le cadenas, et les deux gardes devant. Merde. Ça aurait été trop simple une sortie à l’air libre sans garde ni grille. Tu pousses un soupir de désespoir, croisant le regard d’Amanita qui n’est pas un meilleur état psychologique que toi. Elle parait tout aussi abattue et résignée. Alors, vous aurez fait tout ça pour rien ? Tu ne peux pas y croire. Impossible. Alors ton regard parcourt le couloir, analysant chaque détail. Déjà, les gardes ont la clé sur eux. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, vous n’aurez pas à la chercher dans tout ce labyrinthe. Par contre, les gardes sont armés. Les neutraliser ? Ça semble au-dessus de vos capacités. Déjà le garde de tout à l’heure c’était un miracle… Eux ne se laisseront pas duper. Il faut donc trouver autre chose.

Une porte un peu plus loin entre-ouverte. Qu’est-ce qu’elle peut bien contenir ? Des armes peut-être ? Un moyen de les neutraliser ? Ou simplement de vous cacher en attendant qu’ils se décident à bouger ? Tu vois bien qu’Amanita est aussi intéressée que toi par cette porte. Vos regards se croisent et elle te montre du doigt les petits cailloux. Message reçu. Tu acquisses tandis que tu te penches pour en saisir un gros dans ta main. Assez pour le manier aisément et pour qu’il fasse du bruit en tombant. Tu attends l’aval de Nita avant de reporter ton attention vers les gardes. Il te faut quelques secondes pour te concentrer sur ton tir. En soit rien de bien compliqué mais ta fatigue extrême et les récents évènements ont tendance à te mettre la pression. Tu n’auras droit qu’à une seule chance, alors autant ne pas te louper. Une fois que tu te sois prête, tu retiens ta respiration et lances le caillou qui rebondit plus loin contre un mur. Les gardes échangent un regard, déconcertés par le bruit. Ils partent dans sa direction, qui est à l’inverse de l’endroit où se trouve la porte. Parfait. Une fois que vous êtes sûres qu’ils ne vous regardent pas, vous partez à toute allure jusqu’à la porte. Rapidement, tu regardes à l’intérieur. Histoire que si il y a quelqu’un vous ne fonciez pas dans la gueule du loup bêtement. Mais il n’y a forte heureusement personne. Surement est-ce là que les gardes postés à l’entrée viennent se détendre quand ils en ont marre de faire le pied de grue. « Bon, on fait quoi maintenant ? » Parce que certes vous êtes relativement en sécurité ici, mais vous n’êtes pas tirées d’affaire pour autant. Il reste encore cette histoire de gardes à gérer.


© Gasmask

⬡ ⬡ ⬡ ⬡ ⬡

Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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courir, courir toujours, fuir (F05-093)
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