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 Tonight is The Night - ft. H05-0

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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: Tonight is The Night - ft. H05-0   Mar 23 Mai - 18:44

Tonight is The NightH05-0 &
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Cette nuit, c’était la bonne. Assis dans la voiture de location avec les fausses plaques, je prenais de longues et profondes inspirations. J’avais assez passé de temps à tergiverser comme ça, je n’avais plus d’autre choix que de passer à l’action. Ça faisait un mois que je le suivais jour et nuit, l’échéance arrivait à grand pas. Je n’avais plus le choix, il fallait que je tue Mikkey D. Nygård. Ce nom qui me semblait si familier. Je savais pourquoi il m’était familier, mais rien ne me disait que c’était lui. C’était il y a pratiquement vingt ans, il avait disparu à cette période, sans rien laisser derrière lui. Je savais très peu de choses de lui auparavant, je ne savais même pas où il habitait… Les personnes qui ont le même nom, ce n’est pas surnaturel aux Etats-Unis… Revenir dans la ville qui m’avait vu grandir réveillait des vieux souvenirs que je n’avais jamais cru voir revenir à la surface. C’était juste ça, rien qui ne devait me sortir de mon boulot. Mais quand même. Il y avait beaucoup de coïncidences. Beaucoup trop. Ces cheveux blonds, ces yeux bleus. Cette moto. Le père de Mikkey était motard. Non, c’était ma tête qui faisait des liens tout seul. Je n’allais pas laisser une chevelure et des beaux yeux ruinés mon premier contrat. Serrant le volant fermement entre mes mains, j’avais gardé le regard sur cette moto à l’arrêt, je l’avais vu rentrer dans l’immeuble, il était chez lui, tout seul. Sortir de la voiture. Monter jusqu’à l’appartement. Tirer. Montrer la preuve à mon employeur et partir. Ce n’était pas si compliqué. Il n’y avait même rien de plus simple. J’avais fait des trucs bien pires et beaucoup plus dangereux que ça. Après de longues minutes encore, je pris finalement la bonne décision et fermais doucement la portière, vérifiant au passage que j’avais toujours mon arme sur moi, les yeux fixés sur la fenêtre qui donnait sur l’appartement. Il n’y avait qu’une petit lumière, il était tard, il allait probablement aller se coucher.

La liberté. Ça faisait tellement longtemps que je n’y avais pas gouté. Depuis six mois maintenant, j’avais toujours autant de mal à le croire. Ils avaient estimé que mon entraînement était terminé, après dix ans, j’étais pour eux un bon élément. Ni eux ni moi n’avaient imaginé que je serais capable de me barrer comme ça sans rien, et surtout sans raison. Ou plutôt si. Après dix ans de torture, de souffrance et de morts, je ne voyais pas pourquoi est-ce que je devrais mourir pour eux. Ils avaient très mal choisi leur cible en y réfléchissant. Prendre un jeune naïf qui veut améliorer la qualité de vie de tous après avoir passé sa jeunesse dans le pays qui fait rêver tous les jeunes, pour défendre leur cause qui était tout l’inverse… Ils avaient surtout vu ma niaque, ma volonté d’agir… J’en savais rien en fait. Peut-être qu’ils n’avaient pas totalement détruit ce qui pourrait se retourner contre eux. Ou alors ils n’avaient pas réfléchis à la haine et la colère qui étaient nées de l’entraînement. C’était même sûrement ça. La liberté, je ne l’avais pas gagné pour reprendre ma vie où je l’avais arrêté. J’avais ouvert les yeux en dix ans. Le monde était moche. Super moche. Il n’y avait aucune justice. Je ne pouvais pas vivre comme si de rien n’était après tout ça.
Six mois que j’étais libre ? Pas tout à fait, j’avais galéré pour retomber sur mes pattes et trouver des clients en tant que mercenaire.  Enfin d’abord pour quitter la Syrie sans problème. Je n’avais plus de papiers, j’avais la gueule d’un clandestin pour tous les autres pays. J’avais donc du faire mon clandestin. Sauf que je n’étais pas parti les mains vides, je n’avais pas d’argent. J’avais eu la chance d’avoir quelques contacts, quelques noms dont le groupe avait parlé, les noms qu’utilisaient les ennemis. J’étais un ennemi à présent, je pouvais donc me tourner vers eux. Sans compter que j’étais toujours dans la crainte que le groupe me retrouve. Ils avaient plusieurs branches, rien ne me garantissait que j’étais en sécurité même ici. Il fallait que je disparaisse complètement à leurs yeux. Enfin, je m’occuperai de ça après cette mission. Mikkey D. Nygård. Le tuer.

Entrer dans l’immeuble et dans l’appartement était d’une simplicité enfantine. J’avais profité de son absence deux nuits différentes pour faire les moulages des serrures après avoir fait les repérages, le moment idéal pour ne pas être surpris par les voisins ou des curieux, mais il fallait reconnaître que pour la porte de l’immeuble, il suffisait de donner un simple coup de pied dedans pour qu’elle s’ouvre. Ce n’était pas vraiment le genre d’immeuble hyper entretenu et encore moins surveillé. C’était vraiment trop facile, les doigts dans le nez. Je montais les marches jusqu’au bon appartement, mais une fois devant la porte, j’avais encore des doutes. Un nom comme ça, ça ne pouvait pas être qu’une coïncidence… Stop. Ce n’était pas lui. La main sur la poignée, la clé tournée, même si ça avait été dans le vide, la porte n’était pas verrouillée, je tendais l’oreille. C’était le silence complet. Malgré la fabrication de la clé, je n’étais pas rentré dans l’appartement. C’était sans doute ma première grosse erreur. Sauf qu’elle s’expliquait assez facilement, avec mes doutes, j’avais peur. Peur d’avoir tord, mais peur d’avoir raison également. Je me fis violence pour enfin entrer dans l’appartement, très silencieusement, ma main libre sur mon arme caché dans mon dos, coincée entre la ceinture et mon jean. C’était petit, crade et minable. Pas vraiment l’idée que je me faisais du type, à savoir un voleur expérimenté. Je ne m’attendais pas non plus à un Arsène Lupin, ni un mec qui expose ses trophées, mais pas à ça non plus.

Sur le seuil, j’entendis des bruits d’eau, direction la salle de bain donc. Tout doucement, refermant la porte en silence derrière moi, j’allais en direction du bruit, le cœur battant à tout rompre, je sentais mon sang circuler au niveau de mes tempes. Ce n’était pas la première fois que j’allais tuer de sang froid (ou presque), pourquoi est-ce que j’étais en train de suer comme un débutant ? Les doutes continuaient, j’en perdais complètement ma concentration et mon attention. Deuxième grosse erreur. Alors que j’approchais de la salle de bain, la seule pièce où il y avait de la lumière, que j’allais y jeter un œil, avant que je puisse réagir et l’éviter, je reçu un violent coup dans le nez qui me fit reculer. Portant aussitôt mes doigts à mes narines pour stopper le sang avant qu’il ne coule à flot, je retirais mon arme de ma ceinture et enlevais la sécurité, reculant encore, mais cette fois pour me mettre à couvert. Le coup avait surgit de nulle part, je m’étais pratiquement attendu à en recevoir un autre, qui n’était pas venu. Mais pas pour très longtemps, la lumière dans la salle de bain s’était éteinte, plonger l’appartement dans la pénombre et aussitôt une silhouette fondit sur moi.
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MessageSujet: Re: Tonight is The Night - ft. H05-0   Ven 26 Mai - 2:12

Tonight is the
night.
La nuit avait grignoté le ciel tristement nuageux de Chicago à une vitesse ahurissante. Ce qui avait totalement échappé au couche-tard qui était penché sur son ordinateur. Le noctambule était dans sa bulle avec ses idées qui pullulent. Idées noires, déboires, dépotoirs. Un vrai bordel dévoré par la pourriture. Mikkey D. n'avait jamais cru à cette foutue destinée ou aux putains de dictons à la con comme "la pomme ne tombe jamais loin de l'arbre" ou "les chats font pas des chiens". Ce qui était sûr, c'est qu'il aimait son vieux mais qu'il a rapidement compris qu'un fossé faussé par un amour déphasé s'était creusé. C'était entre eux, c'était malheureux. Ce vieux con n'a jamais rien compris. Il a juste pris, il a juste mépris. Et Mikkey en a fait les frais, il est défait. Il était différent, pas un référent, pas une copie, pas une photocopie. On lui a jamais dit "t'es bien le fils de ton père" et pourtant, il en était là. Gosse élevé par une bande de motards, de vrais clébards en quête de roustes en écumant les routes. Il a jamais rien eu à faire avec cette bande gros durs, cette bande d'enflures, cette bande de raclures.

Mais il était là, face à l'évidence. Il aurait dû être devant la potence mais il a voulu faire pénitence. Il n'a pas touché au fric, il est resté ric-rac. Il a préféré se foutre en vrac. Finie la traque, maintenant il se détraque, il se matraque. C'était de sa faute, il n'a pas oublié de le lui dire. Et ça empire. Son premier mauvais choix a été de le suivre pour se faire poursuivre. Il ne s'en était jamais rendu compte mais il était comme son père. Jamais il n'obtempère, jamais il n'espère. Il prend et s'enfuit pépère. Ça fait peine à voir, cet illusoire semblant de vie peint de désespoir. En fait, t'es comme ton père, et ce mot a un goût de terre. Celle qu'il lui a fait mordre en découvrant une part de ce qu'il était.
En revenant ici, il a cru qu'il pourrait être ce qu'il est réellement. Il a cru retrouver cette part endormie. Mais ce n'est qu'un quart endolori. Une partie meurtri, à l'agonie. Se couler dans le rang, faire écran aux crasses d'antan. Vieil opportuniste qui devient journaliste. Inconnu à la langue de bois, cracheur de vérité sans foi ni loi, il était tout trouvé ce job rêvé. Sauf qu'à force d'enquêter, le journaliste à replongé. Des souvenirs, sans doute ou juste trop à l'écoute de cette déroute. Il s'est retrouvé dans ce réseau, à protéger ceux qui se battent pour survivre. Insensible aux lois, c'est aujourd'hui qu'il entrevoie dans quel merdier il s'est encore fourré.

Devant l'évier, le reflet renvoie une image qui lui déplaît. Il redresse brusquement la tête en entendant un bruit suspect. Circonspect, il inspecte les ténèbres qui objectent à son œil la possibilité de percevoir la provenance de cette intrusion infecte. Sur ses gardes, le gaillard prend rapidement les devants pour ne pas se faire surprendre. Il se cache et attends que l'inconnu rentre avec panache et crache la vérité qu'il l'a mené à cet enfer de tâches. Il se fie à son ouïe, il se veut précis mais un bourrin comme lui ne sait pas faire dans le subtile. Il prend le type par surprise, lui assénant un coup de coude dans le nez avant de brusquement effacer la lumière éphémère qui permet à cet enfoiré de prendre un avantage amer. Le blond vagabond n'excelle pas plus dans la blanc que dans le charbon. Il a l'avantage de connaître l'endroit, d'y circuler plus dans l'obscurité que dans la luminosité d'un soleil idéalisé. Il tend l'oreille pour localiser son agresseur. Punisseur ou simple envahisseur, il ne se demande même pas ce qu'il lui peut lui vouloir. La raison de cette attaque dans le noir. Il ne veut rien savoir. Il va simplement se battre pour ne pas se faire abattre. Les ennemis se sont toujours entassé, et il ne s'est jamais laissé enterré. Ce n'est pas aujourd'hui que ça allait commencé.

Un combat s'ensuit. Un combat aveugle, seulement éclairé par de timides rayons lunaires qui traversent ses fenêtres de prolétaires. Petites, crasseuses et mal orientées, mal isolées. Pourtant les coups s'enchaînent. Mikkey voit les qualités du combattant en face de lui mais impossible d'étudier sa technique. L'obscurité choisie lui en vole l'optique. C'est sûrement ce qui le mena à sa perte. Il avait trop présumé de ses avantages et maintenant, il était sur le carrelage. Le type le surplombait, il l'empêchait de bouger et il avait le canon de son flingue plaqué sur lui. A cet instant, des tas de choses auraient dû se produire. Comme un saint défilé de sa vie devant ses yeux, des regrets malheureux ou au moins un jet d'urine disgracieux dans son froc poussiéreux. Mais rien de tout ça. Trop habitué à ce genre de situation ? Trop résigné à voir un jour sa vie s'achever en une seconde ? Il a vécu dans le danger pendant si longtemps. C'est l'heure de la sentence et tout ce qu'il se disait à présent c'est que son historique de recherches ne reflétait pas assez son goût prononcé pour les pornos gay. Il s'était carrément pas assez astiqué le manche et c'était presque ça le plus navrant.

« J'peux au moins savoir pourquoi ? »

  
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MessageSujet: Re: Tonight is The Night - ft. H05-0   Ven 26 Mai - 21:56

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Un corps à corps, je ne m’étais pas préparé pour ça. Le plan était une balle dans la tête dès que je trouvais la cible dans l’appartement. Je ne voulais pas aller dans quelque chose de très élaboré, quelque chose de simple pour ce premier contrat. J’aurais d’ailleurs pût le réaliser d’une toute autre façon, à distance, depuis l’immeuble voisin. Mais j’avais besoin de voir son visage, besoin de voir celui que je devais tuer. Sans doute la troisième grosse erreur. J’étais complètement pris d’assaut, je n’avais pas d’autre choix que de rendre les coups, de tenter de maîtriser la situation. Depuis le départ, alors qu’il était primordiale que je garde le contrôle sur tout, la situation m’avait complètement échappé, je n’étais plus le maître en jeu. Dans un lien inconnu, il fallait que je m’adapte, que je prenne l’environnement en compte, mais l’obscurité compliquait tout. Cependant, j’avais un avantage face à ma cible qui était plus imposante, plus grande que moi, plus costaud, je pouvais me faufiler. Et je n’hésitais pas à faire mal, à tenter des coups qui pouvaient être fatal. Tout ne venait pas de mes dix ans d’ « entrainement », j’avais appris quelques trucs enfant avec… Mikkey. Non, non, non ! Ce n’était pas lui ! Ce n’était pas le moment de penser à ça. Et pourtant, certaines choses me perturbaient, certaines réactions. Enchaîner les coups, un coup dans le vente, un coup dans le nez, ou inversement, ça ne laissait pas le temps à l’adversaire de réagir. C’était exactement ce que j’avais en face de moi, et tout en étant ultra objectif. Je parvins malgré tout à le maîtriser, m’installant à califourchon sur lui et en sortant mon arme. J’armais, je pointais le canon sur son torse.

Et j’attendais. J’essayais de ne rien paraître mais j’étais complètement perdu. Les souvenirs continuaient d’afflués, se mélangeaient, me remuaient et me perturbaient. Le pire fut quand je découvris son visage. Sur les photos, de loin, c’était une chose, en vrai, c’était totalement autre chose. Et encore, la pénombre était là. Avalant difficilement ma salive, je tiquais à sa question. Sa voix. Grave, profonde, elle me faisait vibrer. Difficile à dire si c’était celle de Mikkey, les choses changeaient en vingt ans. Je ne lui répondais pas pour autant, je gardais mon regard fixé sur lui, ma main tenant l’arme étant bien ferme, elle ne tremblait pas. Il fallait que je chasse les doutes avant d’appuyer sur la détente. Elle ne serait de toute façon pas pressée avec eux, ils bloquaient mon doigt, ma volonté. Serrant les dents, je prenais chaque seconde pour chasser chacun des souvenirs. Pourquoi Mikkey ? Pourquoi est-ce que ça me perturbait autant ? Mikkey D. Nygård était mon amour d’enfance, je le connaissais depuis que j’avais six ans, j’étais fou amoureux de lui. Mais il était parti bien avant que je ne prenne conscience de ce que je ressentais, il avait disparu, j’avais eu pour la première fois le cœur brisé.

Ce petit blond aux yeux bleus avec des gros muscles et discret. Discret parce qu’il cachait un petit secret honteux, ou du moins qui lui faisait honte. Il avait prit ma défense alors que ceux de ma classe se moquaient de moi et m’avait révélé son secret : il était bègue. Je trouvais ça touchant, mignon. Et je me sentais redevable envers lui. Et puis... les amitiés d’enfance ne s’expliquaient pas. J’avais envie de l’aider. Je trouvais ça dommage qu’il refuse de parler à cause de ça. Des heures et des heures j’avais passé avec lui et à lui faire dire des phrases rigolotes de prononciations qu’on nous avait appris avec Lina. Ironique alors qu’à cette période, c’était la guerre à la maison pour nous faire parler anglais, on se cantonnait à l’arabe, peut-être une peur de parler anglais. J’avais eu du mal à lui faire prononcer les premières phrases, il ne voulait pas ouvrir la bouche. Et petit à petit, il m’avait fait confiance et on avait plongé tous les deux là-dedans, ça nous aidait tous les deux. Lui à vaincre son bégaiement et moi à prendre confiance en cette langue qui me faisait si peur à devoir absolument devenir ma langue principale. Sans compter que chaque fois que je parlais anglais, mon accent se faisait plus que remarqué, ce qui était justement le sujet de moquerie. Petit à petit, il s’était effacé, tout comme son handicap.
Je continuais de le fréquenter, même après, c’était une amitié improbable à en croire les adultes, mais pourtant, c’était naturel, et je ne voyais pas le problème. Je l’admirais. Je le voyais fort, il avait deux ans de plus que moi, il n’avait pas peur de calmer les petits crétins qui se moquait de moi, même s’ils étaient plus grands. C’était aussi un rebelle. Et oui, j’étais de ceux qui avaient un faible pour les rebelles. Il avait les cheveux toujours longs, ses fringues étaient des jeans, du cuir, certes souvent sales et déchirées, mais c’était tout ce qui faisait de lui le rebelle. Mes parents m’avaient interdit d’aller chez lui, de le voir. Mais il venait quand même à la maison, en secret. Avec Mikkey, j’avais appris à faire mes premières bêtises, sortir en pleine nuit, aller sur la plage pour aller voir les étoiles. En pleine nuit, en sa compagnie, c’était tout autre chose, ça prenait de suite plus d’importance alors qu’en famille, ce n’était qu’anecdotique. Avec lui, c’était merveilleux. Il m’avait même appris le nom des constellations, leurs emplacements, comment les repérer. J’étais surpris qu’il en sache autant sur le sujet, de ce qu’il m’avait dit, il lui arrivait de passer des nuits à la belle étoile.
Et il y avait eu ce fameux soir. Pour aller sur la plage, on avait fini par prendre les vélos de la maison. Enfin, il avait fallut que je lui apprenne à faire du vélo. Il n’en avait jamais eu un, j’avais pris celui d’un de mes frères, moi sur le mien, on avait passé pas mal de soirées ensemble, cachés sur un terrain vide un peu plus loin de la maison. En échange, il avait décidé de m’apprendre à nager. Je n’avais encore pas appris à nager, il y avait une piscine chez nous, mais je ne voulais pas y aller. Lina était comme un poisson dans l’eau, littéralement, Adam et Adrian aussi, les parents essayaient de me pousser, mais je refusais. Quand Mikkey me l’avait proposé, je n’avais pas réfléchi une seule seconde. On avait été idiot en y repensant. Les vélos dans le sable, nos sous-vêtements en guise de maillot de bain, il m’avait emmené avec lui dans l’eau, il me tenait, il essayait de me rassurer. Il m’avait ensuite laissé avancer tout seul. Au départ tout allait bien, mais dès l’instant où je ne pût plus sentir le sable avec mes orteilles, je me mis à paniquer, je m’agitais, j’essayais de revenir vers lui, de me rapprocher du bord, ce qui ne faisait que m’attirer vers le fond. J’avais assez peu de souvenir du reste, si ce n’est que quand je rouvrais les yeux, il était là, il m’avait sortit de l’eau, il s’excusait en boucle. Son bégaiement était même revenu sur le moment. Malgré tout, je ne lui en voulais pas. Il m’avait sauvé la vie. Et je ne l’avais plus jamais lâché après ça. Jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Ravalant ces souvenirs, je remontais l’arme sur la gorge du blondinet, cette fois, ma main tremblait. Il fallait que je sache, que je vérifie. Et si c’était bien lui ? Et si j’étais sur le point de tirer sur mon amour d’enfance ? Je ne l’avais jamais oublié, il était toujours resté dans une partie de ma mémoire, sans que je parvienne à l’y déloger. Je n’y avais pas repensé depuis des années, revenir à Chicago avait préparé le terrain pour le retour aux sources, et pourtant, en ayant le nom de la cible, je n’avais pas tout de suite compris, je n’avais pas fait le lien. C’était petit à petit que je m’étais souvenu du nom de Mikkey, puis petit à petit tout m’était revenu. Retrouvant finalement la parole, je pris quand même la peine de répondre à sa question, comme pour essayer de me convaincre que je me plantais.

« Un contrat sur ta tête. T’as volé le mauvais type. A plusieurs reprises. »

Ma voix était plus rauque que d’habitude, et… mon accent. Après dix ans à n’avoir parlé qu’arabe, il était à coupé au couteau. Il allait falloir que j’y retravaille. Les dents toujours serrées, je me redressais, toujours sur lui, mais en plongeant mon regard dans le sien, je sentis un long frisson me parcourir. Ce n’était pas le moment, et pourtant, j’étais d’autant plus fébrile, je sentais une chaleur m’envahir, en partant particulièrement du bas des reins. Oh non… sérieusement ? C’était vraiment pas le moment que ça arrive, que cette partie de mon corps se réveille, et à cette instant. Déglutissant, soulevant un peu mon bassin pour qu’il ne sente rien, je n’avais pas envie d’une humiliation en plus de tout ce bordel, l’arme toujours sur sa gorge. Je savais ce qu’il fallait que je fasse pour en avoir le cœur net. Si ce n’était pas lui, je n’aurais pas de réponse, et je pourrais presser la détente, finir tout ça une bonne fois pour toute.

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