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 Let's Kill Tonight || F01-555

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MessageSujet: Let's Kill Tonight || F01-555   Mar 23 Mai - 20:36

Il faut que tu le fasses. Il faut que ça vienne de toi. Tu n'oses pas même imaginer sa réaction si elle devait apprendre ça de la bouche de quelqu'un d'autre que toi. Tu ne veux pas même l'imaginer venant de la tienne. Une balle entre les yeux. Une torture que tu peines imaginer pour savoir si tu as parlé. Ouvert ta bouche qui sert trop bien votre cause à ton avantage plutôt qu'à celui de ta Boss. C'est ce que tu ne cesses d'imaginer depuis que tu as décidé d'assumer tes couilles pour aller lui parler. À cette femme que tu considère depuis bien longtemps davantage comme une amie que comme une patronne. Une figure d'autorité que tu respectes et devant qui tu plies l'échine sans une once d'hésitation. Même si tu apprécies simplement passer du temps avec elle hors du contexte de travail qui ne vous quitte que rarement . Attitude vous collant à la peau comme le métier. Sans doute est-ce la raison pour laquelle tu as demandé à la voir à son bureau ce jour-là. Un endroit où tu la sais en position de pouvoir. Où tu veux qu'elle puisse le sentir devant les traitres propos que tu t'apprêtes à lui offrir comme le parfait traitre que tu es. Tu sais que c'est ainsi qu'elle va te voir probablement jusqu'à la fin de tes jours. Aussi long puissent-ils être dès que tu ouvriras la bouche pour tout déballer. L'homme qui l'a trahi. Celui qui a osé la trahir alors qu'elle lui a tout donné. Qu'elle t'a absolument tout donné alors que tu en avais besoin. Une famille. Une amie à qui te confier. Une assurance de pouvoir t'occuper pour arrêter d'agir comme un gamin en pleine crise d'adolescence. Ce qui ne t'a visiblement pas empêcher de faire des conneries encore et encore jusqu'à atteindre l'apogée de la bêtise. La traîtrise... Tout ça pour une belle gueule. C'est ce à quoi la chose semble se limiter à première vue, mais c'est tellement plus. Beaucoup plus qu'une simple belle gueule dont tu abuses bien trop discrètement du lit en de trop rares occasions.

Ce n'est pas tout de t'en convaincre. C'est elle que tu dois convaincre. Convaincre que tu ne fais pas ça pour lui faire du mal. Que tu ne t'es pas jeté dans les bras de l'ennemi pour leur livrée des informations ou pire. Que tu n'as pas réalisé cet acte de mutinerie dans le but de faire du tord. Celle de qui tu approches du bureau d'un pas incertain. Les mains tremblantes. L'haleine teintée de ce fond de Rhum que tu as essayé de faire disparaître sous une montagne de dentifrice sans réel succès. Parce que tu sais qu'elle a horreur de te voir boire, mais tu en avais besoin. Pour gérer le stresse. Pour contenir tout le reste. Comme tu le fais bien trop souvent seul chez toi pour noyer ta misère. Espérant que l'abus de la bouteille saura te donner un quelconque réconfort ou t'achever que tu dormes comme un bébé. Tu presses tout de même le pas. Tentant de dissimuler ton malaise alors que la porte de son bureau se dessine devant toi. Porte que tu observes un moment en déglutissant avant de finalement y cogner puis entrer. Tu observes la Boss en t'efforçant de sourire un minimum. « Salut Boss. » La saluant comme à ton habitude même si tu ne doutes pas que ta voix trahi ton malaise. Tu avances de quelques pas pour venir te placer devant elle. Hors de portée de main, mais assurément à portée de flingue. « Ne dit rien. Juste... laisse-moi parler... Après tu feras ce que tu veux. »

Tu inspires profondément. Fixant le dessus de son bureau avant de lever le regard vers elle. Te disant que quitte à avoir les couilles de tout déballer il vaut mieux le faire en la fixant dans les yeux. Qu'elle puisse voir la panique profonde dans les tiens. Qu'elle puisse surtout voir comme tu es sincère lorsque tu t'excuseras. Tu l'espères sans doute trop. « J'ai demandé à te parler parce que j'ai quelque chose à t'avouer. J'ai fait quelque chose qui, je le sais, te plairas pas du tout et je voulais être celui qui te le dit... » Tu déglutis avant de continuer. « J'ai... une relation avec un homme de main de la mafia ennemie depuis quelques semaines... » Tu inspires de nouveau en serrant les dents avant de terminer. « Je sais que peu importe comment je vais expliquer la chose tu vois déjà le mot traitre placardé sur mon front... mais je t'assure Boss que je n'ai rien dit et je ne le ferai jamais. J'ai juste... pas été capable de contrôler ça... Alors fait-ce que tu veux de moi... » Tu baisses finalement les yeux. Silencieux. Attendant la sentence que tu as tant redouté. Parce que même si sur ce coup tu as fait le con, con tu ne l'es pas. Tu sais ce qu'il en coûte à ceux qui osent trahir la Boss...

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MessageSujet: Re: Let's Kill Tonight || F01-555   Lun 29 Mai - 18:17

Un son métallique grinça dans son bureau lorsqu’elle claqua pratiquement la porte du coffre-fort. La paperasse de la journée était enfin terminée. Plus de mission à revoir, plus de menaces à écrire, plus d’assassinassions à programmer, plus d’invitations à accepter, plus-ri-en. Chiara retourna s’assoir à son bureau, avec autant de grâce que possible, et se massa les yeux avec sa main. Dieu qu’elle détestait la paperasse. Une secrétaire serait tellement pratique. Malheureusement devoir l’égorger une fois le dossier finit, allait lui couter terriblement chère à la fin. Ce qu’il y avait dans ses dossiers était bien trop important pour qu’elle puisse confier cette tâche à d’autre. C’était d’ailleurs pour cela qu’elle les enfermait dans un coffre-fort multiple dont elle seule connaissait les codes. Une tentative de forçage, un seul mot de passe erroné, et boom, tout part en fumé. Ainsi que la pièce toute entière, et une partie du bâtiment. Sa famille avait pratiquement inventé le concept de la paranoïa.

Chiara regarda l’horloge près de la porte. 21h. Elle rentrerait bien chez elle essayer de rattraper ses trois jours de sommeil en moins et peut-être avaler autre chose que du café, mais elle ne pouvait pas pour l’instant : Nic avait demandé à lui parler en privé, et ça, ça signifiait encore une bonne dose de stress pour elle. Elle espérait très sincèrement que ce n’était pas encore les Bensetti, elle allait vraiment finir par mettre une balle entre les deux yeux de l’Enfoiré à la prochaine réunion sinon.

Quelqu’un frappa à la porte. « Entrez ! » L’on ouvre et elle aperçoit Nic entrer dans son bureau. Un sourire naquit sur son visage en voyant arriver son homme de main et son ami. Elle ne pouvait se permettre beaucoup d’amis, alors chacun d’entre eux lui étaient précieux. Elle savait qu’elle avait leur loyauté et leur confiance, et tant que ces deux choses lui étaient donné, ils avaient sa confiance également. « Salut Boss. » Il s’approche d’elle, et elle ouvre la bouche pour le saluer lorsqu’il l’interrompt. « Ne dit rien. Juste... laisse-moi parler... Après tu feras ce que tu veux. » 555 fronce les sourcilles. Elle déteste qu’on l’interrompe, et Nicola savait ça. Ça avait intérêt à être important s’il ne voulait pas se retrouver à patrouiller dans les bidonvilles pour les trois prochains mois. Chiara n’aimait pas la façon dont il parlait. Lorsqu’il parlait, Nic n’était que confiance, cependant elle n’en voyait aucune dans son attitude alors qu’il se tenait devant son bureau. On aurait même qu’il se forçait à ne pas courir hors de la pièce. Mauvaises nouvelles donc. Adieu sommeil réparateur.

Le regard de Chiara ne quitte pas la forme de Nicola, alors que celui-ci, les yeux rivés sur son bureau, tente de trouver les mots. Lorsqu’il la regarda enfin, elle se redressa sur sa chaise et sentit son visage se crisper. Une envie de meurtre la parcouru, lorsqu’elle vit le regard paniqué et pratiquement hystérique de Nicola. Qui l’avait rendu comme ça ?! Elle allait leur faire bouffer leur bite pendant qu’elle les ouvrirait comme des porcs ! Qui avait osé ? Qui- « J'ai demandé à te parler parce que j'ai quelque chose à t'avouer. J'ai fait quelque chose qui, je le sais, te plairas pas du tout et je voulais être celui qui te le dit... » Chiara se calma instantanément avant de froncer les sourcils. Ok, il avait surement bavé, quelque chose de magistrale s’il était persuadé qu’elle allait être furieuse contre lui. Mentalement, elle commença à calculer combien elle allait devoir payer la police cette fois pour qu’ils oublient ce qu’ils savaient. Son comptable allait encore râler, elle n’en doutait pas une seconde. Oh, elle trouverait bien une façon de la calm- « J'ai... une relation avec un homme de main de la mafia ennemie depuis quelques semaines... »

… Quoi ?

« Je sais que peu importe comment je vais expliquer la chose tu vois déjà le mot traitre placardé sur mon front... mais je t'assure Boss que je n'ai rien dit et je ne le ferai jamais. J'ai juste... pas été capable de contrôler ça... Alors fait-ce que tu veux de moi... » Il baissa les yeux, refusant de croiser son regard. Elle, elle ne pouvait pas le quitter des yeux. Il … quoi ? Qu’est-ce qu’il venait de dire ? Il … Il couchait avec un ennemi ? Nic l’avait … Nic l’avait trahi … Oh.

Le choc laissa place à la colère, qui laissa la place à la rage et la trahison. Nicola l’avait trahi. Son ami l’avait trahi. L’un de ses hommes l’avait trahi. Pire, l’homme chargé de la collecte d’information l’avait trahi. Avait-il parlé ? Avait-il lâché quelques confidences sur l’oreiller à son si charment amant ? Comment avait-il osé ? Oser la trahir, elle qui lui faisait confiance, elle qui lui avait donné cette vie, avait fait de lui l’homme qui était aujourd’hui, elle son amie ?! Mais avaient-ils vraiment été amis ? Etait-il en vérité un espion depuis tout ce temps ? Non. Elle avait personnellement fait des recherches à son sujet et n’avait rien trouvé, si ce n’est l’assassinat de ses parents suite à un différend avec une mafia inconnue en lien avec son frère ainé. Non, il n’était pas un espion. Il l’avait juste trahi.

« Va fermer la porte à clé … » Sa voix est douce (trop douce alors que le gout amer de la trahison lui brule la gorge), lorsqu’elle lui parle. Son visage, aussi froid qu’un vent d’hiver avant une tempête. Lorsqu’il obtempère, comme s’il avait le choix, elle ne le quitte pas du regard, alors qu’elle sort le pistolet de sous sa table. Chiara le charge, et le son résonne comme une explosion dans le silence du bureau. L’arme toujours en main, elle fait signer à Nicola de revenir. Elle a envie de lui tirer dessus. Ça la démange tellement que sa main se crispe instinctivement contre l’arme. En cet instant, elle le haïssait. Cependant, elle se contente de poser l’arme devant elle avant de croiser les mains sur son bureau. Plus tard. Sa voix se fit plus tranchante qu’une lame de rasoir. « Son nom. »

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MessageSujet: Re: Let's Kill Tonight || F01-555   Dim 4 Juin - 22:28

« Va fermer la porte à clé … » Tu acquiesces simplement de la tête avant de te détourner pour te diriger en direction de la porte. Ton droit de parole tu l'as utilisé. Tu l'as perdu dès lors que tu as admit ce que tu as fait. Cette chose qui n'aurait jamais dû se produire parce que tu le sais. Au fond de toi tu le sais trop bien que ce n'est pas comme ça que les choses fonctionnent dans ce monde. Tu ne peux pas simplement laisser ton cœur te dicter ta conduite sous prétexte que c'est ce que tu veux. C'est trop facile. Digne des films à l'eau de rose que tout le monde sait bien loin de la réalité. La réalité, ta réalité, ne te permets pas de faire ça. De te lancer corps et âme sur cet homme aux traits trop parfaits parce que tu apprécies sa présence et sa façon d'être. Parce que tu te pâmes comme un adolescent devant ce corps trop bien dessiné qui hante tes jours et tes nuits. Parce que tu t'es entiché de lui alors que vous avez eu à parler dans une situation dont tu ne te souviens même pas. Une situation que tu as laissé glisser hors de ton contrôle. Toi qui maîtrise pourtant trop bien toute situation règle générale. Il a suffit que ton cœur se serre plus que de raison pour que tu sentes tout de toi te lâcher. Tes jambes, ta raison et le peu de jugeote que tu as pu avoir. Tout ça pour en arriver à ce moment où tu as enfin semblé réaliser ce que tu venais de faire. Ce moment où ta tête t'a filé une baffe pour te faire comprendre qu'à trop vouloir tâter le bonheur te semblant proscrit depuis si longtemps tu n'as fait que précipiter davantage de malheur. Tu as précipité la mort que tu as senti te lécher l'échine en ce bruit sonore qui a retenti dans la pièce alors que ta main se fige sur le verrou. Le bruit de l'arme que tu sais qu'elle a toujours dans son bureau. Celle que tu as imaginé encore et encore creuser un trou béant en ton corps pour mettre fin à ton existence.

Sa voix était douce, mais pourtant tu sais qu'elle ne peut qu'être en colère. Bien pire. Tu la connais trop bien et c'est sans doute la chose qui t'effraie plus que toute autre. La chose qui t'a également motivé à faire le premier pas pour admettre ton erreur. La même qui te fait te retourner pour la fixer. Son visage glacial que tu as l'habitude de la voir poser sur d'autres. L'arme qu'elle tient à la main alors qu'elle te fait signe de revenir. Tu le fais sans même hésiter. Tu ne peux pas te permettre d'hésiter comme tu ne veux pas te permettre de trembler de peur. Même si effrayé tu l'es au possible en ces instants. Frigorifier tout entier à imaginer ce qu'elle va te faire pour l'acte que tu as posé. Tu es tout de même revenu te placer face à elle. Bien droit et silencieux comme à ton habitude même si tu as du mal à garder le regard posé sur elle. Tu attends. Inspire profondément en voyant sa prise se resserrer sur l'arme. Garde les yeux fermés quelques secondes de plus en déglutissant. Réprimant cette envie de compter jusqu'à trois avant d'entendre le coup de feu qui se fait désirer. On croirait presque que c'est ce que tu veux. Ce que tu espères voir arriver. Ce que tu attends avec tant d'appréhension que tu ne saurais pas quoi faire si le coup n'arrivait jamais. Tu ne sais pas quoi faire lorsque tu la vois poser l'arme et croiser les bras. Outre expulsé tout l'air que tu avais emmagasiné en un soupire de soulagement un peu trop sonore. Même si tu sais que ce n'est pas encore terminé et qu'elle peut changer d'avis à tout moment.

« Son nom. » Tu déglutis. Hésite. La part sensée de ton esprit te hurlant de cracher le morceau. Te rappelant que tu as fait le choix de parler et que ça implique de le faire jusqu'au bout alors que ton cœur te hurle le contraire. Te supplie de ne pas ouvrir les lèvres pour ne pas le mettre en danger. Parce que sa sécurité t'importe visiblement plus que la tienne. Parce que tu ne supporterait pas d'enchaîner les bêtises au point de vous conduire tous les deux à votre perte même si c'est déjà trop tard pour ça. Tu laisses quelques minutes passer avant de finalement te résoudre à ouvrir la bouche et lui donner ce qu'elle demande. Espérant sans doute trop arriver à lui prouver que traitre tu ne l'es pas. « Il s'appelle Caïn. » Tu aimerais la supplier de ne pas lui faire de mal. De ne pas envoyer personne achever ce qu'elle va peut-être commencer avec toi, mais tu sais que c'est trop demander. Beaucoup trop compte tenu de la situation. Tu poses simplement les yeux sur l'arme que dont tu n'arrives pas à détacher ton regard. Ruminant les paroles que tu ne te permets pas de prononcer.

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MessageSujet: Re: Let's Kill Tonight || F01-555   Mar 13 Juin - 14:33

« Il s'appelle Caïn. » Pour qui faisait suffisamment attention, le monde de la Mafia n’était pas si grand que ça. Certains noms, comme celui de Chiara, étaient inévitables, tout comme l’étaient ceux des Don et Donna des autres familles principales de cette ville. Mais ça c’était des noms que n’importe qui cherchant simplement pouvait trouver. L’information devenait plus difficile à trouver une fois que l’on essayer de chercher au-delà de la figure imposante du chef de famille, à commencer par les bras-droits et gauches des dits chefs. Mais la famille Vincenzo n’était pas spécialisée dans la collecte d’information pour rien, et Chiara s’était fait un devoir de se tenir informé sur ses familles alliées et ennemis. Et aucune famille n’était plus surveillé par ses hommes que la famille Bensetti. Tels les Montaigu et les Capulet, ces deux familles se haïssaient avec la passion de mille soleils. Personne ne connaissait la raison de cette haine, personne ne la cherchait, et tous s’en fichaient : c’était ainsi depuis des générations, et aucun vénitiens ne voyaient l’intérêt d’un rapprochement entre deux familles préférant se tirer eux-mêmes dans le pied plutôt qu’être cordial entre eux. Alors oui, Chiara était bien informée. Et c’était pourquoi elle dû user de tout son self-control longuement et douloureusement acquit, pour ne pas mettre une balle entre les deux yeux de Nicola en cet instant. « Caïn. » qu’elle lui chuchote, la voix aussi froide que la glace et aussi douce que du papier de verre. « Caïn de la famille Bensetti, bras-droit du Boss, CE Caïn là ? »

Elle rit doucement, mais il n’y a aucun humour dedans. Ses doigts tapent sur son bureau, la pressant d'attraper le pistolet juste à leur portée. « Bien sûr que tu as pris notre famille ennemie. Quand tu merde Nicola, c’est toujours de la pire manière qui soit. » Et il avait merdé depuis qu’elle le connaissait, oh oui il avait merdé. Et elle avait toujours été là pour nettoyer derrière, pour prêter une oreille attentive s’il le fallait, mais là non. Elle ne pouvait pas, elle ne voulait pas. On récolte ce qu’on sème, comme on dit, et Nicola avait planté du poison dans les champs de sa Boss.

Elle devrait le tuer. Là, maintenant. Avec une balle dans le genou pour le faire tomber, et deux autres dans le crâne. C’est ce qu’aurait fait son père, c’est ce qu’aurait fait son grand-père. Mais elle n’était pas eux. Elle n’allait pas le tuer. Pas tout de suite du moins. Elle avait besoin de savoir avant qu’est-ce que Roméo et Juliette c’étaient dit précisément. Mais comment croire un menteur professionnel qui venait de vous donner une très bonne raison de ne plus croire un mot de ce qu’il disait ? La loyauté. Nicola lui avait juré maintes et maintes fois qu’il ferait n’importe quoi pour elle, qu’il obéirait à chacun de ses ordres. Ils allaient pouvoir constater de ça.

Chiara décroisa les mains et poussa le flingue sur son bureau vers Nicola. D’une façon presque nonchalante, elle s’avachit dans son fauteuil avant d’attraper l’autre flingue sous son bureau et, caché à la vue de Nicola, de le pointer en direction du traitre. C’est d’un ton neutre qu’elle lui parla ensuite. « Tire-toi dans le pied. »

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MessageSujet: Re: Let's Kill Tonight || F01-555   Mer 28 Juin - 20:32

« Caïn de la famille Bensetti, bras-droit du Boss, CE Caïn là ? » Tu sens un frisson te lécher l'échine à ses propos. Semblant sentir à ce moment précis à quel point tu t'es réellement foutu dans la merde. La Boss ne pouvait que savoir à qui ce nom que tu as prononcé malgré ce brulement en ta gorge est associé. C'est son boulot de tout savoir. De connaître le moindre détail des membres des mafias ennemies parce que des gens comme toi ont pour boulot de tout lui dire. À la différence près que dans ce cas précis il n'y a pas une nécessité de tout savoir pour le boulot. Pas de traîtrise à tout rapporter. Il n'y a que cette bulle vous englobant toi et Caïn que tu espérais un peu trop ne pas voir se crever. Ce monde parallèle dans lequel tu veux t'engouffrer pour oublier tout le reste même si tu ne fais qu'y plonger davantage. Tête première dans les emmerdes comme toujours. Comme un addict qui a besoin de sa dose de bordel dans sa vie pour réellement se sentir vivant. À la différence près que vivant tu as du mal à sentir que tu l'es tant tout tend à s'effondrer sous tes pieds impuissants. Sous ton corps haussant les épaules pour te rappeler que la merde que tu as trouvé tu l'as bien cherché. Alors tu préfères t'empoisonner les veines à grandes gorgées en espérant que ça en viendra à un moment où un autre à t'achever. Même si tu essaies. Putain comme tu essaies de bien faire les choses malgré tout et finalement devant le moment que tu sembles chercher à atteindre depuis tout ce temps... tu veux faire marche arrière.

Tu meurs de trouille toujours un peu plus à chaque mot que ta Boss vient prononcer pour te rappeler comme tu es foutu. « Bien sûr que tu as pris notre famille ennemie. Quand tu merde Nicola, c’est toujours de la pire manière qui soit. » Et elle le sait. Elle sait trop bien comme tu arrives à enchaîner les ennuis à agir sur des coups de tête irréfléchis comme un enfant. Elle faisant office de cette mère que tu n'as pas eu assez longtemps à faire le ménage derrière toi parce qu'elle n'avait pas réellement le choix. Merdé tu l'as fait. Tu l'as fait une fois de trop. Une fois trop gros pour que cette fois elle puisse simplement tout effacer et agir presque comme si rien de tout ça ne c'était passé. Pas sans t'exploser la cervelle pour que tu oublies tout ce que tu as si férocement gardé pour toi durant un temps. Comme un cadeau trop précieux que tu avais peur de voir s'effriter avant que la peur de la vie ne te rattrape. La peur de ce moment précis qui fait pulser ton cœur à grands coups contre ton torse. Qui te fait baisser les yeux au sol à défaut de savoir où les poser pour ne pas systématiquement fixer l'arme trônant sur son bureau. Appréhendant ce moment où elle y posera la main pour faire ce qu'elle doit faire. Pas parce qu'elle ne t'apprécie pas à sa façon. Pas parce que vous n'êtes pas de bons amis. Parce que c'est son boulot comme ça aurait dû être le tient de ne pas faire une autre putain de bêtise.

L'entendant bouger, tu déglutis avant de lever les yeux dans sa direction. Surpris de la voir pousser l'arme dans ta direction plutôt que la prendre en main. « Tire-toi dans le pied. » Tu t'es senti déglutir difficilement. Entrouvrir les lèvres sans arriver à dire quoi que ce soit. Tu sais que tu n'as pas le choix. Que tu dois lui prouver que tu n'as pas dit n'importe quoi. Que ta loyauté ne sera pas salie par une belle gueule et tout ce qui vient avec. Le pied ou la tête. Il est là ton choix. Alors même si tu es terrorisé tu t'es approché du bureau. Posant une main hésitante sur le fusil sans arriver à la fixer elle. Tu as horreur des armes. Tu les as toujours détesté même si elles font malheureusement partie de cet univers dans lequel tu as posé le pied. Peut-être que tu n'aurais jamais dû le faire, mais il est trop tard pour faire demi tour. Trop tard pour oublier la folie du gamin qui voulait d'une façon où d'une autre venger ses parents. Sans savoir ce qu'il en coûterait ni même qui viser. Simple logique que oui parfois tu en viens à regretter. Comme la totalité de ton existence. Comme le geste que tu t'apprêtes à poser.

Prenant l'arme en main, tu fais quelques pas en arrière. Suffisamment pour qu'elle soit en mesure de voir tes pieds. Qu'elle ne croit pas que tu tires à côté. Tes yeux brûlent comme ta gorge que tu n'arrives plus à humecter à déglutir sans arrêt. À respirer trop vite en serrant les dents. Relevant les yeux, tu la fixes un instant. Silencieux et totalement terrifié avant de pointer l'arme sur ton pied. Fermer les yeux en essayant de te calmer. « Je suis désolé Boss... » Compter jusqu'à trois... 1... 2... et tirer. « PUTAIN! MERDE! » La douleur qui te scie le pied d'un coup. Remontre contre ta jambe alors que tu te laisse tomber assis au sol et attrape ta jambe entre tes mains. Posant le front contre ton genoux en geignant alors que l'arme trouve le sol près de toi. Ta tête te répétant en boucle qu'il vaut mieux ça que ta tête. Il vaut mieux ça que ta tête... Il vaut mieux...

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MessageSujet: Re: Let's Kill Tonight || F01-555   Sam 8 Juil - 13:36

Elle le regarde blêmir devant son ordre, et pendant un instant, elle crut qu’il allait refuser de lui obéir. Ça aurait été plus simple s’il l’avait fait. Une balle entre les deux yeux, et l’affaire était finie. Mais finalement, d’une main tremblante tellement qu’elle la voyait de son siège, il attrapa le pistolet en face de lui avant de reculer de quelques pas. La jeune femme le tenait toujours en joue sous son bureau lorsqu’il la regarda de nouveau. Nicola était terrifié, il n’y avait aucun doute dessus. Elle s’en fichait. Dès l’instant où il avait ouvert la bouche pour lui révéler son crime, elle avait cessé d’être son amie. Elle n’était que son patron à présent, et il savait quel sort elle réservait aux traitres. Mais fort heureusement pour lui, il lui était plus utile vivant que mort pour l’instant. Dans une tout autre situation, elle ne lui aurait pas donné le choix : c’était un allé simple dans l’antre d’Alberto. « Je suis désolé Boss... » Pas elle.

Le coup de feu résonne dans la pièce et vient se mêler au craquement des os. « PUTAIN ! MERDE ! » Chiara ne bronche même pas. Toujours loyal donc. Bien. Ils allaient pouvoir discuter alors. Derrière les gémissements de Nicola, elle entendit des pas précipités dans le couloir avant qu’on ne vienne frapper lourdement à la porte. « Boss, on a entendu un coup de feu, tout va bien ?! » « Le premier qui entre dans ce bureau aura le droit à une séance d’entrainement de six mois avec Alberto, est-ce que c’est clair ? » Le silence se fit pendant un instant, et elle imagina très bien ses hommes se regarder d’un air perdu. « Boss, est-ce que vous- » « Est-ce que c’est clair ?! » Le silence se fit plus long derrière la porte, et dans la pièce, l’on entendait plus que les gémissements de douleur de Nicola. « … Bien. » Elle entendit les hommes reculer, jusqu’à ce qu’il ne reste virtuellement plus qu’elle et Nicola. Exactement comme elle le voulait.

Sans un mot, Chiara se leva de son fauteuil. Elle attrapa une serviette qu’elle jeta à l’homme recroquevillé devant elle. « Arrête le sang avant que le parquet ne soit définitivement tâché. » Son ton est froid, désintéressé. Et son visage n’est pas plus expressif alors qu’elle s’accroupit à la hauteur de son sous-fifre. Et dans un sens oui, son était lui importait peu. Le jeune homme ne mourra pas. Pas avant qu’il n’ait finit de répondre à ses questions en tout cas. « Voilà comment ça va se passer Nicola. » Elle s’exprimait lentement. Comme pour être sûr que l’homme en face d’elle comprenne exactement ce qu’elle lui disait. « Je vais te poser des questions. Et je ne veux entendre qu’une complète honnête de ta part, autrement je vais être très, très, très irritée. Me suis-je bien fais comprendre ? » Elle attendit un instant, le temps de voir Nicola hocher la tête, avant de reprendre. « Bien première question : depuis combien de temps vous voyez-vous ? »

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MessageSujet: Re: Let's Kill Tonight || F01-555   Dim 23 Juil - 16:37

L'espace d'un instant tu n'entends plus rien. Tu n'entends pas les pas précipités de l'autre côté de la porte ou les voix raisonnant à proximité de toi. Tu n'entends pas les paroles de la Boss ou les couinements de douleur s'échappant de ta bouche. L'écho lointain du coup de feu que tu viens de tirer. Voilà la seule chose vrillant tes oreilles douloureuses. Ce bruit se répétant en boucle dans ton esprit pour te faire comprendre ce que tu viens de faire. Tu t'es tiré dans le pied. Tu viens de donner forme physique à cette douleur que tu as sans doute engendré chez ta Boss que tu ne voulais pourtant pas blesser. Tu ne le voulais pas et pourtant ça a été plus fort que toi. Tu as merdé encore une fois. Comme si c'était dans ta nature de le faire. Une obligation de ton être pour réellement te sentir toi-même. Multiplier les stupidités simplement parce que tu ne peux pas faire autrement. Alors forcément tu as su te mettre comme toujours dans la pire des situations en pleine connaissance de cause. Parce que stupide tu ne l'es pas malgré tes actes irréfléchis. Tu sais que ça ne se fait pas de se taper un membre de la mafia ennemie. Encore moins le bras droit. Encore moins lorsqu'on est un informateur pour sa propre mafia. Tu sais pertinemment que tu as su engendrer la pire des situations en croyant sans doute un peu trop à ta chance. En te disant qu'elle ne te tuerait peut-être pas et à pourtant visiblement chercher la mort pour mettre un terme à cette boucle infernale. Même si devant le fait accompli tu as choisi le pied. Tu as choisi de prouver que loyal tu l'es malgré tout parce que ça t'as semblé plus juste que fuir en optant pour la fin. Le néant. Tu as choisi de donner de la valeur à tes propos parce que malgré tout tu t'en veux d'avoir été si égoïste.

Ce n'est pourtant qu'en voyant la serviette lancée près de toi que tu reprends une once de contact avec la réalité. Que tu assimile la situation et la douleur alors que tu n'arrives pas à fixer la Boss. « Arrête le sang avant que le parquet ne soit définitivement tâché. » Tu te contente de prendre la serviette du bout des doigts avant de risquer un regard à ton pied et ne pas arriver à retenir les larmes se formant au coin de tes yeux devant le spectacle. Devant le sang et ta chaussure semblant s'être enfoncée dans le trou formé. Sans même savoir si la balle s'y trouve encore. Si le coup de feu n'était que le cadet de tes souffrances. « Voilà comment ça va se passer Nicola. » Tu prends une grande inspiration en essuyant d'un geste rapide les quelques larmes et écoutant avec attention les paroles de la Boss sans quitter ton pied du regard. « Je vais te poser des questions. Et je ne veux entendre qu’une complète honnête de ta part, autrement je vais être très, très, très irritée. Me suis-je bien fais comprendre ? » Tu fermes les yeux une fraction de seconde en déglutissant avant d'hocher de la tête. « Bien première question : depuis combien de temps vous voyez-vous ? » Tes lèvres s'enfonce dans ta lèvre inférieure alors que tu inspires. Retrouvant sans doute trop rapidement un minium de contenance. Te répétant que tu ne peux pas craquer à l'instant. Il faut que tu t'accroches à tes nerfs déjà bien abîmés de ta trop grande témérité.

Alors tu lèves enfin le regard dans sa direction pour l'observer. Pour qu'elle voit que tu n'oserais pas lui mentir. Pas maintenant. Pas alors que tu essaies de bien faire les choses avant qu'il ne soit réellement trop tard. « Quelques mois. Je ne pourrais pas te dire exactement combien parce que je ne sais pas. C'est... flou. » Ta voix tremble bien malgré-toi de la douleur en ton pied vibrant dans le reste de ton être. Davantage encore lorsque tu poursuis en t'appliquant à retirer ta chaussure en grimaçant pour mieux enrouler ton pied dans la serviette. Tâtant le dessous de ton pied du bout des doigts pour tenter de sentir si la balle y est toujours. « Ça a commencé un peu après un événement où je me suis retrouvé au même endroit que lui... Et je te jure que je te dirai tout ce que tu veux sans te mentir. Je m'en veux vraiment pour ce que j'ai fait et j'aimerais pouvoir bien faire les choses Boss. Même si ça implique de me faire tirer une balle dans la tête de ta main parce que j'ai merdé. Je ferai tout ce que tu veux. » Tes doigts se serrent un peu plus fortement autour de ton pied meurtri pour tenter de contenir le débit de sang te souillant les doigts. Ta chaire frissonnante de voir la couleur carmine contre les doigts même s'il s'agit de ton propre sang. Tu n'as pas fait informateur pour rien. Tuer des gens et faire usage d'un fusil ce n'est pas pour toi. La Boss par contre... tu ne doutes pas qu'elle le fera si elle juge que c'est nécessaire.

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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: Re: Let's Kill Tonight || F01-555   Lun 14 Aoû - 17:58

A bien y réfléchir, elle n’était même pas surprise que ça finisse ainsi. Ça finissait toujours ainsi. Maria, Frederico, Toni, Alessia, Massimo, Elena, Matteo et tous les autres qui suivirent. Chiara aurait dû savoir qu’elle finirait par rajouter Nicola à la longue liste des personnes l’ayant trahi. Voilà ce qu’il se passait lorsqu’elle s’ouvrait trop avec quelqu’un. Lorsqu’elle croyait se faire un ami. Elle pensait avoir appris cette leçon il y a bien longtemps, mais visiblement elle l’avait oubliée. Fort heureusement, la vie c’était chargée de la lui rappeler. Elle ne pouvait pas, et n’aurait jamais d’amis. Juste des subordonnés et des ennemis. Parce que c’était à quoi se résumait sa vie. Et elle y était tellement habituée qu’elle n’arrivait pas à se sentir seule.

Chiara regardait Nicola, et à la vue de son visage blême et contorsionné de douleur, elle ne ressentait rien. Pas de joie, pas de satisfaction, ni de colère, de regret ou de peine. Rien. C’était presque comme si elle s’en fichait ou qu’elle avait enfin réussit à arrêter de ressentir quoique ce soit. « Quelques mois. Je ne pourrais pas te dire exactement combien parce que je ne sais pas. C'est... flou. » « Flou ? » articula-t-elle lentement. Donc ça faisait tellement longtemps qu’ils étaient ensemble, que Nicola n’arrivait pas à se rappeler depuis combien de temps ils l’étaient. Bien. Parfait. De mieux en mieux même. Elle allait peut-être finir par la lui coller cette balle entre les deux yeux finalement.

« Ça a commencé un peu après un événement où je me suis retrouvé au même endroit que lui... Et je te jure que je te dirai tout ce que tu veux sans te mentir. Je m'en veux vraiment pour ce que j'ai fait et j'aimerais pouvoir bien faire les choses Boss. Même si ça implique de me faire tirer une balle dans la tête de ta main parce que j'ai merdé. Je ferai tout ce que tu veux. » Elle avait envie de lui rire au nez. Et ce ne serait pas un beau rire. Non, il serait surement acide, amer et brisé. Alors elle se contenta de continuer à s’adresser à Nicola d’un ton neutre. « Tu peux commencer par arrêter de me tutoyer. Et tu n’as pas merder, Nicola. Merder, c’est laisser un témoin en vie après avoir tué quelqu’un. C’est se tromper de cible, c’est paniquer au mauvais moment ou bien être responsable de la mort de ses hommes. Coucher délibérément avec le bras-droit de la famille ennemis pendant des mois alors qu’on est un informateur, ça ne s’appelle pas « merder », Nicola. Ça s’appelle de la « trahison ». Et si tu regrettais vraiment ce que tu avais fait, tu n’aurais pas passé tous ces mois en sa compagnie. Alors arrête de me dire que tu es désolé, quand tu ne l’es visiblement pas. » Chassant l’envie de lui ordonner de se tirer une nouvelle fois dans le pied, Chiara inspira un instant avant de reprendre avec un sourire vide. « Nous savons tous les deux qu’il y a certaines choses que tu ne feras jamais, Nicola, alors contente toi de répondre à mes questions que je puisse décider de ton sort. Deuxième question, est-ce que vous vous êtes échangé des informations entre vous ? »

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