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 You're not alone anymore. [avec F07-404]

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MessageSujet: You're not alone anymore. [avec F07-404]   Lun 24 Juil - 17:40

You're not alone anymore.

Encore une journée à tuer. Dix longues heures à écouler avant de pouvoir revenir dans cette maison sans qu’on ne lui fasse une scène. Merci sa nouvelle famille d’accueil… Il préférait encore celle d’avant, avec les deux parents complètement dépassés. Ici, l’ambiance était trop stricte. On le fliquait comme s’il était le dernier criminel du coin. Certes, il n’était pas un ange, mais il ne fallait pas non plus exagérer !
Thomas réfléchissait donc à comment il allait bien pouvoir passer le temps sans devoir aller en cours… Il avait plein d’options à disposition en réalité. Trainer dans un parc, monter sur les toits et juste attendre que le temps passe, inter changer le courrier de la rue perpendiculaire à la leur, taguer le nouveau panneau d’affiche non loin du supermarché… Beaucoup de perspectives qui lui semblaient toutes réjouissantes. Et puis si un policier du coin le repérait, un peu d’adrénaline et une petite course poursuite à travers les ruelles ne lui ferait pas de mal. Le sport c’est bon pour la santé après tout, les spots télévisés ne cessent de le rappeler à longueur de journée. Il n’empêche qu’il faudrait que le jeune Haddison se décide à choisir son loisir du jour pour remplir son sac avant de partir, le tout avant que le père de sa famille d’accueil ne sorte de la douche.
Après avoir enfourné un beignet dans sa bouche, il décide finalement de remonter dans sa chambre pour s’activer un peu plus. Une bombe bleue, un bonnet et un sweat à capuche plus tard, il descend à grande enjambés les escaliers.
C’est non sans tomber sur la mère de famille qui le regarde, le nez dans une tasse de café. Il ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel, connaissant la chanson par cœur. Il a le droit, comme d’habitude, à une remontrance sur le fait de ne pas sécher les cours et de l’importance de prendre un bon petit déjeuner équilibré. Il sort un sourit clairement faux avant d’attraper la pomme qu’on lui tend et de couper court à la conversation.

« Ouais, ben faut que j’y aille. Ce serait con que j’arrive en retard en cours, hein. »

Et sur ce, il passe la porte, qu’il n’oublie pas de claquer. Il entend la mère de famille râler à travers le battant et se met à sourire en coin, fier de lui. Il n’a que quelques marches à descendre pour arriver dans la petite rue. L’air est frais ce jour-là et il remonte sa capuche sur sa tête, par reflexe. Alors qu’il allait mordre dans sa pomme et se mettre en route, il remarque une jeune femme blonde à quelques mètres de lui. Elle tient un papier dans la main et semble regarder les bâtisses aux alentours. Qu’est-ce qu’elle a, elle est paumée ? Il hésite un instant, mais ce dit que ce n’est finalement pas son problème et commence à tourner à droite pour continuer son chemin.
Mâchouillant un bout du fruit qu’il tient dans une main, il réfléchit. Les cours de la matinée ne l’intéressent pas. Ceux de l’après-midi un peu plus. Autant couper la poire en deux – puisque la mère de sa nouvelle famille aime les fruits – et n’aller en cours qu’après le déjeuner. C’était mieux que rien après tout.
Il soupire doucement, sentant le froid s’accentuer alors qu’il glisse sa main libre dans une des poches de son sweat. Bon sang, il aime l’automne, mais définitivement quand il peut rester au chaud, pas quand il doit se taper vingt minutes de marche à pieds. Il avait déjà fait plusieurs dizaines de mètres quand il entendit des pas précipités derrière lui. Intrigué, il tendit l’oreille, sans pour autant se retourner.

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MessageSujet: Re: You're not alone anymore. [avec F07-404]   Mer 26 Juil - 6:59


F07-404 & H07-223

 You're not alone anymore.

 

 C’était le bon quartier. Elle approchait du but. Elle le savait. Et elle stressait à mesure que ses pas la rapprochaient de la fameuse maison. Elle avançait lentement. Doucement mais surement. Parce qu’elle appréhendait ce moment où elle sonnerait à la porte et où elle serait face au gamin. Qu’est-ce qu’elle pourrait bien lui dire ? Beaucoup de choses. Trop, surement. Si elle se laissait aller, elle lui débiterait toute son histoire, et il serait perdu. Donc il fallait qu’elle se canalise et qu’elle se maitrise. Qu’elle choisisse avec précision ses mots. Et s’il ne voulait pas lui parler ? Et si, une fois qu’elle lui aura tout raconter, il décidait de lui claquer la porte au nez et qu’il refusait de prendre contact avec elle ? C’était une possibilité qu’elle ne pouvait oublier. D’où peut-être sa crainte mêlée à son impatience de le rencontrer. Elle ne pourrait pas lui en vouloir, s’il refusait de prendre contact avec elle. De nouer des liens. Dix ans de différence. Et une infinie de moments gâchés. Si seulement elle s’était décidée à reprendre contact plus tôt avec sa mère, peut-être qu’elle l’aurait découvert bien plus tôt, et que tout serait différent à présent. Mais ce qui est fait est fait, et la voilà finalement devant la fameuse porte. Il n’est plus l’heure de reculer.

Elle prit une profonde inspiration avant de monter jusqu’au perron. Il était tôt. Peut-être un peu trop… Mais elle ne voulait pas qu’il parte vers son lycée sans elle. Elle ne voulait pas louper le coche. Et puis, pour être honnête, elle était bien trop impatiente pour attendre la fin de la journée qu’il rentre de ses cours. Elle était arrivée la veille dans cette ville inconnue, et avait passé son temps à fureter dans les rues à la recherche du gamin. Elle était passée devant son lycée, et avait fait à maintes reprises le trajet jusqu’à chez lui. Enfin chez sa famille d’accueil. Mais bref. Faire ce chemin, voir où il vivait, où était son lycée… C’était une manière pour elle d’essayer de le découvrir. De voir un peu ses habitudes. Est-ce qu’en rentrant des cours il s’arrêtait dans ce petit café avec ses amis ? Est-ce qu’il faisait un crochet vers la bibliothèque non loin de chez lui pour emprunter des livres ? Comment était-il ? Des questions qui n’en finissaient pas de dérouler… Et dont elle avait l’espoir de bientôt avoir les réponses.

Elle sonna. Une fois. Elle n’eut pas à attendre longtemps. Ce fut une femme d’un certain âge qui lui ouvrit la porte. Chignon tiré à quatre épingles. Visage carré. Corsage impeccablement mis. Une femme stricte à n’en pas douter. Est-ce qu’elle était gentille avec lui ? Est-ce qu’ils s’appréciaient ? Elle lui demanda pourquoi elle était ici, et c’est hésitante que Margot lui expliqua sa venue. Elle cherchait Thomas. Son demi-frère. La nouvelle sembla surprendre sa mère adoptive, mais elle finit par se reprendre et par lui expliquer qu’elle venait de le louper. Qu’il était parti pour le lycée il y a quelques minutes à peine. Loupé. Crotte. Plongée dans ses pensées, elle ne l’avait même pas vu partir. Bref. Margot la remercia puis lui souhaita une bonne journée. Elle n’attendit même pas une réponse que déjà elle faisait volte-face pour retourner en toute hâte dans la rue. Heureusement qu’elle avait déjà fait le chemin jusqu’au lycée, sinon elle aurait galéré à le retrouver. Ce fut en courant qu’elle dévala la rue. En talons et avec une tenue décontractée, elle n’avait clairement rien d’une joggeuse. D’où les regards intrigués qui la suivirent dans sa course. Mais Margot n’y prêta pas tellement attention. Toutes ses pensées étaient focalisées sur le gosse. Où pouvait-il bien être ? Elle n’avait pas tant de retard sur lui que ça normalement…

Au bout de quelques minutes de course, elle finit par retrouver sa trace. Miracle. Alors qu’elle s’attendait à ce qu’il prenne à gauche pour se diriger vers son lycée, il prit à droite. Etrange. Où voulait-il aller ? Elle ralentit la cadence, histoire de ne pas lui sauter dessus comme une folle furieuse. Margot le suivit durant quelques minutes, accélérant petit à petit la cadence pour le rattraper lentement mais surement. Est-ce qu’il avait senti qu’elle le suivait ? Peut-être bien, car son trajet était des plus étranges. Rien à voir avec celui pour aller à ses cours. Donc soit il voulait noyer le poisson et tenter de la semer, soit il ne voulait tout simplement pas aller au lycée mais avait une toute autre idée en tête. C’est au niveau d’un feu que Margot finit par le rattraper. « Thomas Haddison ? C’est bien toi ? » Elle était quasiment persuadée que c’était lui. La capuche n’aidait pas trop mais les photos qu’elle avait dégotées sur les réseaux sociaux semblaient fidèles au visage qu’elle avait devant elle. « Désolée de te déranger, je suis Margot. Margot Cartwright. Est-ce que tu accepterais d’aller boire un café avec moi ? » La proposition est directe, mais elle n’avait rien trouvé de mieux à dire pour l’inviter à venir avec elle. Est-ce qu’il allait croire qu’elle le draguait ? Elle espérait que non… « À moins que tu ais mieux à faire ? J’ai remarqué que tu n’allais pas en direction du lycée… » Bon, comme approche, il y avait carrément des progrès à faire. Mais elle était flic, et, comment dire… Y’avait des habitudes qui lui collaient à la peau.


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MessageSujet: Re: You're not alone anymore. [avec F07-404]   Jeu 3 Aoû - 16:44

You're not alone anymore.

C’était étrange. Thomas avait très vite entendu des pas suspects derrière lui, juste avant qu’il ne tourne à droite dans une rue, mais ce qui était encore plus étrange maintenant, c’était le fait que les pas continuaient de le suivre. Il les entendait encore. En se concentrant un petit peu, il arriva à déterminer qu’il s’agissait d’une paire de talons, surement des escarpins. Une femme était en train de le suivre. Ou alors il devenait tout simplement paranoïaque. A cette pensée, Thomas ricana intérieurement. Voilà que maintenant il allait finir comme la vieille mère parano de sa nouvelle famille d’accueil. Encore quelques mois et il finirait écologiste, nutritionniste sur les bords, roi du zen et de la bonne conduite. Ouais… Non. Jamais. Plutôt fuguer. Encore une fois.
Il avait tout de même continué son chemin, sans accorder un seul regard en arrière. Ne pas se préoccuper des pas était la meilleure chose à faire. Après tout, il n’était pas le seul à se balader dans les rues du quartier, il fallait qu’il se détende un peu. Depuis quand il stressait comme ça hein ? Bonne question. A bien y réfléchir, depuis qu’il avait intégré cette nouvelle famille d’accueil qu’il aimait encore moins que les autres. Plus il y pensait et plus ça lui minait le moral. Il avait bien fait de choisir de ne pas aller en cours ce matin, il n’était vraiment pas d’humeur.

Il venait d’arriver à un feu tricolore, attendant de pouvoir traverser, quand il se fit aborder de la plus étrange des façons. Une jeune femme, celle qui lui semblait avoir déjà croisé un peu plus tôt, venait de l’appeler par son prénom. La question le frappa aussitôt : comment connaissait-elle son prénom et son nom de famille ? Il aurait pu lui répondre du tac au tac mais il s’était contenté de froncer les sourcils. La blonde ne semblait pas être sûr qu’il était bien le garçon qu’elle cherchait. Mieux valait ne pas répondre tout de suite et attendre de voir ce qu’elle lui voulait.
La suite ne tarda pas à venir puisqu’elle enchaîna en lui donnant son identité et en l’invitant à aller boire quelque chose dans un café. C’était… pour le moins incongru. Étrange. Trop pour être normal. Déjà que Thomas était de nature méfiante, là, tous ses sens étaient en alerte. Il se demandait bien qui était réellement cette femme et ce qu’elle lui voulait. Est-ce que… C’était un piège ? Une sorte de bonne femme qu’aurait envoyée sa nouvelle tutrice pour le surveiller ? Un flic infiltré qui serait chargé de le surveiller quand il ne va pas en cours ? Non. Quand même pas. Il n’était pas si dangereux pour qu’on lui colle une poulette aux fesses, non ? C’est ce qu’il pensait. Mais la situation restait pour le moins inattendue.

Thomas n’avait encore rien répondu, observant attentivement le visage de la jeune femme qui s’était présentée à lui. Elle semblait nerveuse, anxieuse. Comme si elle ne savait pas vraiment ce qu’elle faisait. Sa curiosité prit le dessus et elle l’intrigua tout de suite beaucoup plus. Voyant qu’il ne répondait pas, elle avait ajouté une remarque, concernant le fait qu’il ne prenait pas le bon chemin pour aller à son lycée. Il tiqua. Comment pouvait-elle aussi savoir ça ? Il avait la désagréable impression d’avoir été étudié de près, comme une espèce de sujet de sociologie et cela ne lui plaisait que moyennement. Il prit un instant de réflexion, lançant finalement son trognon de fruit dans une poubelle non loin avant d’enfouir ses mains dans les poches de son sweat. Il n’aimait pas en savoir moins que ses interlocuteurs. Il se contenta donc d’hausser les épaules.

« Il parait que tous les chemins mènent à Rome. »

Ça avait été plus fort que lui. Il n’était pas normal quand il s’agissait de communiquer avec un autre être humain. Il était maladroit, il le savait. Alors pour le cacher, il se contentait de répondre sèchement ou de manière sarcastique et désinvolte. Comme à l’instant. Néanmoins… Il avait envie de savoir qui était la jeune femme et ce qu’elle lui voulait. Car il était sûr d’une chose : elle n’était pas là juste pour boire un café. Sa proposition n’était qu’un prétexte.
Il finit donc par se dire qu’il pouvait lui aussi utiliser ce prétexte pour en apprendre plus sur elle et sur ses réelles intentions à son égard. D’autant plus que sa dernière remarque faisait très flic. Il devait savoir qui elle était pour anticiper et ne pas se mettre dans une situation délicate. Il finit donc par souffler en faignant de regarder une montre qui n’existait pas à son poignet.

« Je suis plus chocolat chaud. Le café, ce n’est pas vraiment bon pour ce que j’ai parait-il. Mais je connais un café sympa pas loin. »

Finalement il acceptait de la suivre. Du moins c’était sa façon d’exprimer qu’il acceptait sa proposition. Dans le fond, il était assez débrouillard et rapide pour se barrer par une petite rue puis par les toits si la situation dérapait. Ou si la jeune femme se trouvait effectivement être une personne chargée de le surveiller. Cette pensée le fit sourire mesquinement. Comme si quelqu’un pouvait veiller à ce qu’il se comporte correctement. Autant demander à quelqu’un de courir après un chat sauvage. Il ne se laissait jamais approcher plus que de nécessaire. C’était bien trop risqué. Il en avait fait les frais une fois, pas deux. Il se l’était juré, il ne briserait pas sa propre promesse.

« Et disons qu’entre écouter un vieux rabat-joie déblatérer comment de vieux sentimentaux écrivaient des poèmes pour faire la cour à leurs dames au Moyen-Age et boire un truc au chaud dans un lieu sympa, le choix est vite fait. Et non, je n’avais pas l’intention d’aller au lycée ce matin. »

Il avait simplement levé les yeux au ciel. Un jour, certains cours lui ramolliraient le cerveau, il en était persuadé. En particulier les cours qui mêlaient l’histoire et le français en même temps. Son professeur parlait en continu de tout ce qu’il s’efforçait de rejeter en bloc depuis déjà plusieurs années : le romantisme, les petites attentions, les écrits cul-cul la praline et les poèmes fleur bleue. Rien que d’y penser, il avait la nausée. Non. Ce n’était pas pour lui et ça ne le serait jamais plus.
Le feu était repassé au vert piéton et il emboîta le pas de la jeune fille, sans un mot. Le café dont il avait parlé n’était qu’à quelques rues et ils y arrivèrent en à peine quelques minutes. Minutes qui s’étaient écoulées dans un silence de mort. Thomas l’avait surement amené, plus par habitude que par réelle envie. Plusieurs questions lui avaient brûlées les lèvres durant le trajet et il mourrait d’envie d’obtenir des réponses. N’est pas si simple d’être curieux pour qui veut.
A cette heure, les lieux n’étaient pas bondés et Thomas prit instinctivement un coin reculé où personne ne pourrait les embêter. Il se plaça dos au mur et de manière à avoir la sortie en visu. Vieille habitude de fuyard. Une serveuse vint prendre commande et ils se retrouvèrent enfin seuls. Ce qui ne fit pas pour autant décocher un mot au jeune Haddison qui se contentant de regarder sérieusement la jeune femme. Ne jamais engager de conversation soi-même. Deuxième promesse.

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MessageSujet: Re: You're not alone anymore. [avec F07-404]   Ven 4 Aoû - 17:32


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 You're not alone anymore.

 

 Elle se décevait elle-même. Mais qu’est-ce qu’elle était maladroite et stupide quand elle était stressée… Déjà elle n’arrivait pas à camoufler ses émotions et ça l’agaçait plus qu’autre chose. Et ensuite, l’aborder d’une telle manière, à la sauvage et de manière complètement bizarre… Mais qu’est-ce qui lui était passée par la tête, sérieux ? Margot avait eu tout le loisir de préparer cette rencontre. Ça faisait des jours, pour ne pas dire des semaines, qu’elle se faisait dans sa tête tous les scénarios possibles. Ce matin-même, elle s’était encore entrainée à répéter devant un miroir. C’était idiot, ridicule et en plus, apparemment, complètement inutile. Elle avait perdu ses moyens et avait probablement toutes ses chances de l’approcher. Mais qu’est-ce qu’elle avait été stupide…

Margot s’en mordait la lèvre inférieure tandis qu’elle détourna le regard vers la rue histoire de ne pas avoir à affronter le regard soupçonneux du jeune garçon. Qu’est-ce qu’il pouvait bien penser d’elle, à présent ? Qu’elle était une de ces racoleuses qui était chargée d’amadouer les jeunes et jolis garçons pour ensuite l’entrainer dans une ruelle sombre où ils se feraient attrapés par des gros lourdauds pour être largués dans une camionnette puis emmener droit en Russie où il deviendrait un esclave sexuel ? Elle partait loin de son hypothèse, là. Peut-être un peu trop. Il fallait qu’elle se calme. Qu’elle se canalise et qu’elle reprenne ses esprits. Le garçon semblait intéressé par ce qu’elle lui disait. Quand bien même il n’en demeurait pas moins moins sur ses aguets. Alors il fallait qu’elle se ressaisisse, histoire de ne pas foutre en l’air le peu de crédibilité et d’intérêt qu’il lui restait encore.

Il lui avait répondu que tous les chemins menaient à Rome. D’une manière quelque peu froide et agacée. Il n’avait visiblement pas apprécié qu’elle lui parle de son lycée et qu’elle lui donne l’impression de le fliquer (ce qui était en fait la vérité, mais Margot resta de marbre, histoire de ne pas le faire fuir plus rapidement que prévu). Mais elle ne lui en avait pas tenu rigueur. Elle ne connaissait rien de son demi-frère mais elle soupçonnait qu’il avait eu un passif assez compliqué. Il n’y avait qu’à voir la liste déjà impressionnante pour son âge des familles d’accueils qui l’avaient accueilli. Si Margot s’était toujours montrée polie et docile, forcer de constater que dans le cas de son petit frère c’était une autre paire de manches. Qui plus est, il était actuellement surement en pleine crise d’adolescence. Difficile, donc, de le contrôler et de le maintenir dans la voie que ses tuteurs voulaient lui imposer. C’était un esprit libre. Un étalon sauvage qui ne voulait pas se laisser dompter pour le moment. Dommage pour Margot, car cela compliquerait considérablement ses démarches.

Alors qu’elle pensait sincèrement que tout était perdu et qu’il allait continuer sa route après l’avoir envoyé balader, Thomas accepta sa proposition. Elle ne put cacher la surprise de peindre son visage, puis se reprit rapidement en affichant ce même sourire chaleureux qu’elle essayait de maintenir depuis le début. « Je ne suis pas très café non plus, ça tombe bien. » Bon en fait elle adorait le café, mais elle ne sait pas pourquoi, c’était sorti tout seul. Il fallait qu'elle s'octroie sa sympathie, par tous les moyens possible. Mais en quoi aimer aussi le chocolat allait l’aider ? Allez Margot, ressaisis-toi, c’est qu’un gosse. Elle en avait vu des biens plus dangereux que lui. Mais l’enjeu n’était pas le même, bien évidemment. Les petits voyous qu’elle coffrait, elle voulait pas se les mettre dans la poche en obtenant leurs sympathies. D’eux, elle n’en avait que faire. Mais lorsqu’il s’agissait de Thomas, c’était une toute autre histoire.

Elle n’ajouta rien lorsqu’il parla de ses cours et de son lycée. Elle dut pourtant se retenir de faire un commentaire sur le fait que ce n’était pas très sage de sécher les cours. Elle était peut-être sa demi-sœur, mais certainement pas leur mère. Et puis pour le moment elle n’était qu’une inconnue à ses yeux… Du coup elle se contenta de le suivre à travers le passage piéton, gardant sagement le silence histoire d’être sûre de ne pas dire de bêtises qu’elle pourrait regretter sur le trajet. Ils arrivèrent au bout de quelques minutes au café, et y pénétrèrent en silence. Ils s’assirent là où le garçon le souhaita, Margot lui laisse la place face à la porte. Un choix stratégique pour fuir si la situation tournait à l’échec, elle supposait. À force de fliquer des petits rebelles dans son genre, elle avait appris à les décrypter. « Prends ce que tu veux, c’est moi qui régale. » avait-elle ajouté tandis que la serveuse était arrivée pour prendre leur commande. Comme elle lui avait dit, Margot pris un chocolat chaud. Aromatisé à la vanille avec des marshmallows.

Tandis que la serveuse partait transmettre leur commande, Margot toussa doucement. Le silence était toujours de mise entre eux, et Thomas ne semblait pas prêt à prendre la parole. Visiblement, ça serait à elle de faire le premier pas, dommage. Elle prit plusieurs secondes encore histoire de bien choisir ses mots, puis elle finit par se lancer. « Bon. Je ne sais pas trop comment te le dire, parce qu’il n’y a pas vraiment de bonne manière de le faire, mais je suis policière. » Elle vit ses yeux s’agrandirent devant sa phrase et ses membres se raidirent. Le regard de Thomas se décala légèrement pour fixer la sortie et elle comprit que si elle n’enchainait pas très vite elle allait le perdre. « Attend, s’il te plait. » Margot avait posé sa main sur celle du garçon pour tenter de le retenir dans son envie de prendre la poudre d’escampette. « J’ai profité de mon statut pour faire des recherches sur ma mère, qui m’a abandonnée lorsque j’étais toute petite. Je voulais reprendre contact avec elle après toutes ces années de silence. Et pendant que je menais mon enquête, j’ai découvert… » Elle se racla à nouveau la gorge, fixant Thomas droit dans les yeux. « J’ai découvert qu’elle avait eu deux autres enfants avec un autre homme. Et dont le plus jeune se nommait Thomas Haddison. » Elle se tut après son petit discours, fixant le garçon avec insistance et curiosité. Comment allait-il réagir, à présent ? Est-ce qu’il voudra toujours s’enfuir ?


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MessageSujet: Re: You're not alone anymore. [avec F07-404]   Dim 6 Aoû - 19:50

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Quand la jeune femme avait fait savoir qu’elle payerait la note, la manœuvre l’avait un peu étonnée. A sa connaissance, les petits flics ne gagnaient pas si bien leur vie que ça et ça l’aurait étonné que dans une mission de type « fliquer un gosse un peu chiant », les notes de frais de ce type soient remboursées. Si bien sûr, la blondinette était effectivement une flic. Si c’était juste la toutou à sa nouvelle mère de famille d’accueil, aucun doute qu’elle pouvait largement payer une collation dans un café. Qu’importe. Après ses mots, il avait commandé un chocolat chaud avec de la chantilly et il en avait aussi profité pour prendre un brownie. Le chocolat. C’était vraiment un truc qu’il adorait mais qu’il ne pouvait désormais plus manger dans cette famille de dégénérés de l’alimentation. Comme si un peu de chocolat pouvait le tuer, n’importe quoi… mais passons.
Thomas était restait de marbre, ne souhaitant encore une fois pas parler le premier. Ça pouvait paraître con mais cela faisait partie de lui. Il n’arrivait jamais à parler en premier, avec qui que ce soit. Il avait bien essayé au début, mais il avait été forcé de constater qu’engager la conversation n’était pas du tout son fort. Il ne disait toujours que des méchancetés ou des remarques désobligeantes, sans même parfois s’en rendre compte. Mieux valait ne pas parler sans y avoir été forcé. Et puis dans ce cas précis, ce n’était pas à lui de parler mais à cette Margot qui en connaissait bien trop à son goût. Alors il l’avait fixée, voyant à son toussotement que le silence la gênait, et puis elle avait craqué et elle avait commencé à parler.
Son dernier mot avait résonnait dans son crâne avant que les poils de ses bras ne s’hérissent par habitude et par instinct. Il s’était également crispé et avait jeté un regard vers la seule sortie possible du café. Merde. Voilà, il s’en était douté. C’était une flic et elle l’avait surveillé et suivi. Génial. Super. Dans quel merdier il s’était encore mis… Son cœur s’était légèrement emballé avant qu’il ne se reprenne en quelques secondes et qu’il ne commence déjà à amorcer un mouvement pour s’en aller. Il n’avait rien à faire ici et il était hors de question qu’il passe plus de temps avec un agent de police chargé de lui tendre un piège. Parce que pour lui c’était maintenant ça, un traquenard. Sauf qu’il n’avait pas eu vraiment le temps de réellement bouger, qu’il avait senti une pression et de la chaleur sur sa main posée sur la table. Elle lui avait demandé d’attendre, gentiment, avant désenchaîner très vite. Trop vite pour que Thomas ne trouve réellement le temps de partir. D’autant plus que son premier réflexe avait été de retirer sa main de sous celle de la jeune fille. Le contact l’avait perturbé plus qu’il n’aurait bien voulu l’admettre. Déjà qu’il ne parlait pas aux autres, alors avoir des contacts physiques autre que pour coller une droite, n’en parlons pas… Il ne savait pas faire, il ne connaissait pas les codes et ne savait jamais les interpréter sans partir dans des théories impensables et négatives.

Sauf que voilà, la jeune femme avait déblatéré plus vite que son ombre et Thomas n’avait eu d’autres choix que d’entendre ce qu’elle avait à dire. Au début, il avait simplement froncé les sourcils, se demandant pourquoi diable elle lui parlait de ses histoires de famille. Il ne la connaissait pas et n’en avait que faire de savoir ce genre de choses. Ce n’était pas son problème encore une fois. Enfin, jusqu’à ce qu’il comprenne réellement la portée des mots de la demoiselle. Le châtain avait un instant cru ne pas bien comprit ce qu’elle essayait de lui expliquer… Mais plus il repassait ses mots dans sa tête, moins il y avait de doutes.

« Qu’est-ce que vous dites ? »

Le poids de ses paroles venait de s’abattre comme une masse sur la tête de Thomas qui ne comprenait plus rien. Ce n’était pas possible. Est-ce qu’elle était réellement en train d’insinuer qu’elle et lui avait la même… mère ? Impossible. Elle semblait être adulte depuis déjà quelques années et lui n’avait que quinze ans. Ils ne se ressemblaient pas, si ce n’est peut-être quelques expressions faciales, peut-être leurs nez aussi… et encore. Non. Elle le faisait marcher, il n’y avait que ça.
Médusé, le jeune Haddison s’avachit un peu plus dans son siège, perturbé. Il se passa les mains sur le visage, constatant que la jeune femme ne répondait pas pour qu’il ait surement le temps d’intégrer son annonce. Ça ne rendait pas pour autant la chose plus facile. Elle essayait de le piéger. C’est ce qu’il se répétait. Il ne pouvait pas avoir de demi-sœur, il le saurait.

« Vous mentez. Vous essayez de me piéger c’est ça ? Ce n’est pas drôle. Ça vous fait marrer de raconter à un ado sans famille biologique, sans personne, qu’il a peut-être finalement quelqu’un ? C’est dégueulasse. »

Il avait serré la mâchoire violemment en la fixant méchamment dans les yeux. Non, ce n’était clairement pas drôle. Il s’était résigné à être seul depuis peu. De ne pas voir débouler son père d’il ne savait trop où, sa mère dont il ne savait même pas ce qu’elle était devenue. Même son frère qu’il avait tant espéré voir débouler un jour dans sa vie pour venir le sortir de là et s’occuper de lui comme lorsqu’ils étaient tous petits. Mais non, personne n’était jamais venu. Alors il était resté seul et avait fait en sorte de le rester, pour ne plus jamais être blessé. Parce que la seule fois où il avait essayé et qu’il s’était trouvé un ami, on lui avait arraché sans même se préoccuper de ce qu’il pouvait bien ressentir. Donc non. Ce qu’elle lui racontait : il le rejetait en bloc. Parce que l’acceptait, ce serait espérer ne plus être seul, ne plus compter uniquement sur lui-même et ne plus être ce gosse sans famille et sans attache. Il perdrait la seule identité qu’il avait eue jusqu’ici et qui le protégeait du reste : un orphelin vagabond que personne ne supportait. Personne ne pouvait l’atteindre parce qu’il était seul et qu’il se fichait du monde et de ce que les autres pouvaient bien penser.

« Vous êtes vachement plus vieille que moi, c’est pas possible. Et puis si j’avais eu une demi-sœur, m’a mère m’en aurait parlé ! Ou mon frère. Même lui je ne sais pas ce qu’il est devenu, s’il est encore envie. Il n’est jamais venu me chercher. J’ai plus de famille et je le sais. »

Il savait pertinemment qu’il avait tort pour sa mère. Elle ne parlait jamais de rien de son passé alors qu’il se souvenait pourtant avoir déjà entendu ses parents se disputer à propos de « sa vie d’avant ». Et puis elle consommait tellement d’alcool et de drogues, alternant ou cumulant, qu’elle n’aurait de toutes façons pas été en condition de leur racontait quoique ce soit. Déjà que c’était leur père qui prenait soin d’eux, jusqu’à ce qu’il disparaisse et que son frère prenne le relais… A l’époque il n’avait pas compris que sa mère était sévèrement malade, ni même que son père dealait, mais en grandissant, il avait fait les rapprochements qui s’imposaient.
Il n’empêche que cela ne changeait rien. Ce n’était pas possible. Il était en plein déni.

« Je vois pas pourquoi une hypothétique demi-sœur, qui n’existe pas, serait venue me chercher, moi. L’orphelin raté, qui passe sa vie à fuguer, pourrir ses familles d’accueil et faire des conneries en extérieur. Franchement, j’sais pas ce qu’on vous a payé ou promis pour me déblatérer des trucs pareils, mais passez votre chemin. Je suis pas un cadeau de toutes façons, ne vous infligez pas ça, vous ne gagnerez pas au change avec cette comédie. Avec moi. »

Il s’était collé au fond de son siège avant de croiser les bras. Il regardait durement la jeune femme dans les yeux. Une part de lui avait du mal à croire qu’une fille qui semblait si douce et gentille puisse être policière. Encore moins qu’elle puisse avoir accepté de lui faire croire une connerie pareille. Mais bon, les apparences pouvaient être trompeuses. Il le savait. Quand il ne faisait pas la gueule ou qu’il ne regardait pas le monde avec sa colère, il avait relativement une gueule d’ange.

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MessageSujet: Re: You're not alone anymore. [avec F07-404]   Sam 12 Aoû - 6:47


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 Il avait retiré sa main quand elle l’avait posé sur la sienne. Comme si elle était toxique. Comme si elle était un poison mortel. Margot avait remarqué ce détail. Un petit détail qui aurait pu être insignifiant et non remarqué par un œil expérimenté. Mais elle était aguerrie dans le domaine du comportement. Et ce petit détail n’était en réalité pas si petit et dérisoire que ça. Il n’avait pas confiance en elle. Il n’appréciait pas qu’on le touche. Que ce soit par nécessité ou pas réelle affection. Il semblait cloisonner dans sa bulle, avec sa carapace fixée tout autour de lui. Il se donnait l’impression d’être intouchable. D’être au-dessus de tout et de tous. Seulement guidé par une solitude qu’il semblait s’imposé. Margot avait lu les rapports de ses anciennes familles. Des comptes-rendus sur comment s’était déroulé son intégration. Sur pourquoi toutes avaient échoué. Les conclusions étaient toujours les mêmes : Thomas était une âme rebelle et solitaire. Il ne faisait aucun effort et s’évertuait à montrer toujours le pire de lui. C’était un petit con, doublé d’un vaurien. Mais bref. Margot ne pouvait pas lui en porter rigueur, car pour l’avoir vécu elle-même elle comprenait très bien les traumatismes que pouvait engendrer un abandon.

Il lui demanda de répéter, mais Margot garda le silence. Parce qu’elle comprenait parfaitement que sa question n’en était pas réellement une. Que c’était plutôt pour lui-même qu’il parlait. Parce qu’à voir la tête d’enterrement qu’il tirait, avachi dans le fond de son siège et sidérait par la surprise, Margot ne pouvait que comprendre que le message était clair. Elle était quelque peu déçue de le voir réagir de la sorte. Aussi négativement. Elle avait espéré que tout se passe mieux. Comme dans le meilleur des mondes. Qu’elle lui raconte son histoire et que le gamin se mette à sourire, tout content d’avoir retrouvé quelqu’un de sa famille. Ravi d’avoir découvert qu’il avait une demi-sœur qui venait renouer avec lui, alors que tous les autres jusqu’à présent l’avaient laissé derrière eux. Un genre de miracle, une petite Margot angélique tombée du ciel. Bref. Une illusion. Un rêve éveillé. Et absolument pas la réalité. Mais elle s’y attendait. Parce qu’aux vues du passif de Thomas il pouvait difficilement en être autrement.

Il était dans le déni, clairement. Et dans la colère, aussi. Des signes évident des étapes du deuil. Mais du deuil de quoi ? De son statut d’orphelin abandonné ? Margot était surprise de le voir si vindicatif. Si soupçonneux. Il niait tout en bloc, quand bien même la vérité était flagrante. Qu’est-ce qu’elle aurait bien à gagner à lui mentir et à lui sortir une telle histoire si ce n’est pour le faire souffrir plus que de raison ? Personne ne voudrait lui infliger ça, alors c’était ridicule de penser comme ça. Et pourtant, c’était ce qu’il faisait. Et cela déstabilisa Margot, qui resta muette comme une carpe devant toute cette colère et tout ce scepticisme. Lorsqu’il eut fini sa longue tirade qui eut tendance à plomber Margot, la serveuse arriva pour leur servir leurs chocolats. Un timing des plus mauvais, mais passons. Elle dut sentir l’atmosphère tendue et glaciale entre les deux protagonistes, car sans un mot elle déposa leur commande et s’en alla aussi sec. Margot la remercia de sa discrétion d’un petit sourire mal à l’aise mais gratifiant. Une fois la serveuse retournée derrière son bar, elle braqua son regard dans la direction du gamin, toujours aussi déterminée à lui faire admettre la vérité. « On ne m’a rien offert du tout, je viens vers toi de ma propre initiative. Je n’ai rien inventé, et j’ai ces trois photocopies de certificats de naissance pour le prouver. » Rapidement Margot sortit de son sac à main un dossier dont elle tira trois feuilles. Les trois certificats. Un pour chaque enfant, avec toujours le même nom pour la mère. Certes cela pouvait être facilement contestable par le fait que peut-être il pouvait y avoir deux femmes portant le même nom avec la même date de naissance. Elle s’attendait d’ailleurs à cette réponse. S’il était si dans le déni que ça, il ne verrait pas l’évidence. Elle tendit tout de même la feuille au garçon, avant de reprendre « Ma mère m’a eu alors qu’elle venait tout juste d’avoir seize ans. Déjà à cette époque c’était une alcoolique et une droguée. Elle avait fugué de chez ses parents à l’âge de quatorze ans, pour aller s’installer chez son petit-ami de l’époque qui avait dix ans de plus qu’elle. Au début c’était peut-être le rêve pour elle, jusqu’à ce qu’il se mette à la battre. Au début elle n’avait rien dit, se contentant d’aller aux urgences quand vraiment elle était en morceaux, mais sans jamais le dénoncer. Il a fait ça pendant des années. Jusqu’à ce qu’elle finisse un jour dans le coma. J’avais cinq ans quand c’est arrivé, je n’en garde pas vraiment de souvenirs. Pourtant, je me souviens très bien de la personne qui est venue me chercher et qui m’a arrachée à ma famille. Ma mère après ça a été hospitalisée et admise dans un centre de désintoxication. Mon père, quant à lui, est allé en prison. Bref. Je sais ce que ça fait d’être abandonné, d’avoir l’espoir qu’un jour ta famille revienne te chercher pour que tout redevienne comme avant. Moi aussi, j’ai longtemps attendu. En vain. J’ai fini par me faire une raison et grandir autour de ma nouvelle famille d’adoption. Et vu le passif de ma mère –notre mère-, je ne regrette rien. Parce qu’elle aurait été incapable de m’élever dans de bonnes conditions. Elle l’a montré avec moi, mais elle l’a aussi montré avec vous deux. » Elle finit sa phrase en poussant un profond soupire, avant de se mettre à touiller machinalement son chocolat.

Elle le porta à ses lèvres pour en boire une gorgée, avant de reposer sa tasse et de reprendre. « Ton père est en prison pour trafic de drogues, et ton frère est dans une autre famille d’accueil à l’autre bout du pays. J’ai ses coordonnées si ça t’intéresse. » Elle fouilla à nouveau dans son dossier avant de lui tendre une adresse avec un numéro de téléphone. « Je suis désolée d’arriver si tard, si j’avais su que j’avais deux demi-frères je serai venue plus tôt. Mais je suis là maintenant, et tu n’as plus à te sentir aussi seul. Parce que contrairement aux autres, moi, je ne t’abandonnerai pas. » Margot ponctua la fin de sa phrase par un sourire se voulant chaleureux et rempli de tendresse.


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MessageSujet: Re: You're not alone anymore. [avec F07-404]   Dim 13 Aoû - 17:49

You're not alone anymore.

Le temps avait semblait comme suspendu, l’espace d’un instant. Thomas n’avait pas bougé, toujours au fond de son siège, bras croisés à fixer sa prétendue demi sœur – si bien entendu elle lui disait la vérité. Il l’a regardait avec un regard qui se voulait plein de détermination, la mettant presque au défi de le contredire. Le duel de regard aurait peut-être pu durer longtemps si la serveuse n’était finalement pas apparue avec leur commande, déposant les chocolats et le gâteau que le châtain avait également demandé. Le contact visuel rompu, le plus jeune c’était finalement saisit de la sucrerie pour en couper de tous petits bouts qu’il portait doucement à ses lèvres. Faire quelque chose l’empêchait de penser à tout ça, à cette conversation, cette histoire de frère et sœur qu’il avait bien du mal à avaler. Pas parce qu’il n’en voulait pas, mais parce que dans le fond il avait peur. Cela bousculait le quotidien minable qu’il s’était construit, sans qu’il ne s’y attende et sans qu’il n’y soit préparé. Il avait jusqu’ici toujours été sûr de très peu de choses, mais le fait qu’il était seul et sans famille pour l’aider en faisait partie. Bousculer tout ça, revenait à le projeter dans l’inconnu, ce qui lui avait toujours fait peur, en son for intérieur.
Après quelques minutes, Thomas sentit de nouveau un regard braqué sur lui. Franc et déterminé, à tel point qu’il ne put pas le lâcher des yeux, continuant de grignoter son brownie. Margot avait repris la parole et semblait bien plus sûre d’elle qu’auparavant. Il ne savait pas pourquoi, mais quelque chose dans sa voix avait changé. Comme si elle n’acceptait pas vraiment qu’il lui dise que non, tout cela était impossible, que c’était un coup monté de toute pièce. C’était d’ailleurs la première chose qu’elle démentie. On ne l’avait pas payé et elle avait des preuves de ce qu’elle avançait. Intrigué, le jeune Haddison s’était arrêté dans son mouvement, fronçant les sourcils, un brin dubitatif. Elle avait parlé de trois photocopies de certificats de naissance, papier qu’il n’avait jamais vu, tous les papiers le concernant étant gardés dans le bureau fermé à clé de la mère de sa nouvelle famille Adams parfaite. Et pourtant, la jeune femme sortit effectivement des papiers de son sac, trois feuilles. Une le concernant, une autre concernant son frère et une troisième la concernant elle – du moins c’est ce qu’il en déduit en voyant son prénom inscrit à l’encre noire.
Il observa les papiers un à un minutieusement, comme s’il doutait de leur authenticité, alors que la plus âgé continuait de parler et de lui expliquer le pourquoi du comment. Les yeux rivés sur les documents, Thomas n’en restait pas moins concentré sur la voix de la jeune blonde, notant intérieurement les très forts traits de similitudes avec sa propre mère, du moins celle dont il se souvenait. Sa mère buvait et se droguait, effectivement. Mais il était aussi presque sûr qu’elle s’était déjà fait frapper, la fragilité de son corps et les quelques déformations qu’elle en avait gardé le prouvaient dans l’esprit de l’adolescent. Est-ce que c’était donc possible tout compte fait ? C’était tellement… improbable. Soudain. Impensable. Du moins pour lui.

Sans même s’en rendre compte, Thomas avait gardé le visage braqué sur les actes de naissance alors que ses gestes s’étaient figés. Il n’avalait plus de petits bouts de gâteaux pour s’occuper, ne regardait plus la jeune femme en face de lui. Il n’était même plus dans la provocation ou en pleine démonstration de mécontentement. Non, rien de tout ça. Il était juste perdu. Et sous le choc, aussi. Trop de choses correspondaient pour qu’il ne nie plus longtemps. Il aurait encore pu sortir tout un tas d’arguments pour la contrer, par pur esprit de contradiction… Mais la larme qui venait de glisser sur sa joue l’aurait trahie instantanément. Fichus yeux qui n’étaient pas foutus de contenir quoi que ce soit ! Voilà des années qu’il n’avait pas pleuré devant quelqu’un et son corps lui faisait défaut, là, maintenant. Génial, pour la crédibilité, il repasserait !
Mais il ne se laissa pas démonter pour autant. Il avait essuyait rageusement la traitresse d’un revers de manche avant de renifler un coup en attrapant de nouveau son morceau de brownie. Il commença à le martyriser plus qu’autre chose, mais ne voulait toujours pas reprendre de contact visuel. Pas maintenant, pas dans cet état. Mais là encore, le destin en décida autrement. Margot avait continué après avoir laissé un petit brin de silence, touillant son chocolat. Elle avait évoqué son père, puis son frère, lui apportant des réponses qu’il n’avait pas mais qui lui faisaient du bien, du moins partiellement. Sa tête s’était donc relevée brusquement quand elle avait parlé de lui donner les coordonnées de son ainé. Ce qu’elle fit en lui tentant un bout de papier qu’il attrapa sans hésiter. Une adresse éloignée, très éloignée. Et un numéro de téléphone. Inespéré pour Thomas qui n’avait rien trouvé de probant sur les réseaux sociaux. Il serrait le petit bout de papier entre ses doigts, comme un petit trésor qu’on lui aurait donné. Soit, son père était en prison, il ne pourrait pas le contacter comme bon lui semblait… Mais ce n’était plus le cas de son frère, qu’il pourrait donc essayer de joindre. Peut-être.
Un « Merci » était resté coincé dans sa gorge sous l’émotion, mais aussi à cause de l’improbable de la situation. Trop d’informations se bousculaient dans sa tête et il n’avait pas son carnet sous la main pour les ordonner et prendre le temps de les poser une à une dans son esprit. Il n’avait que son cerveau chamboulé et cette Margot devant lui, qu’il s’était finalement mit à regarder de nouveau. Elle continua de lui parler, s’excusant une nouvelle fois.

« Mais je suis là maintenant, et tu n’as plus à te sentir aussi seul. Parce que contrairement aux autres, moi, je ne t’abandonnerai pas. »

Ses deux dernières phrases raisonnent dans sa tête. Accompagné de son sourire qui semble sincère, Thomas a envie d’y croire. Vraiment. Il se demande si pour une fois, sa bonne étoile n’aurait pas fait son job. Ce n’était pourtant pas encore les fêtes de Noël, mais cette histoire aurait pu facilement faire l’objet d’un bon petit feuilleton de l’après-midi. Heureux, joyeux, avec une fin heureuse. Sauf qu’il n’était pas franchement sûr d’être le genre de gamin qui méritait une fin heureuse. Pas après tout ce qu’il avait fait en tout cas. D’autant plus que la jeune femme devant lui avait l’air gentille, douce, patiente bien que déterminée. Elle ne méritait pas franchement de se coltiner son cas comme frangin… Ce n’était pas vraiment juste pour elle, du moins c’est ce qu’il pensait. Il mit donc un moment avant de reprendre contenance, passant une nouvelle fois la manche de son sweat-shirt sur la joue d’où avait glissé plus tôt une larme. Il savait qu’il avait les yeux un peu vitreux et surement rougis, mais ce n’était pas une raison pour se montrer faible et vulnérable.

« P-Prouves-le. Si vraiment, tu ne m’abandonneras pas, prouves-le. »

Le passage tu vouvoiement au tutoiement n’était pas franchement calculé. C’était sorti ainsi. Comme une indication indirecte qu’il donnait concernant le fait qu’il envisageait une potentielle relation avec la jeune femme. Il n’en restait pas pour autant moins prudent et sur la réserve. Ce n’était pas parce qu’elle était sa sœur, demi-sœur, qu’elle ne le lâcherait pas du jour au lendemain. Il n’était pas un gamin facile et il le savait. On lui avait suffisamment répété qu’il était un fardeau, une plaie. Un petit con insupportable que personne ne pouvait apprécier ou vouloir dans les pattes. La blondinette pourrait très bien se rendre que finalement, il est trop pénible à gérer ou à comprendre. Pire, elle pourrait tout simplement se lasser. Mieux valait être sûr avant d’admettre pour de bon qu’elle serait là et qu’il ne serait plus seul.
Il avait donc enchainé rapidement. Autant expliquer ce qu’il avait en tête.

« Reviens… Reviens me voir. Plusieurs fois. Dans un café, au lycée, à la famille d’accueil, n’importe où, je m’en fiche de l’endroit. Juste, si tu reviens plusieurs fois, si t’arrives à convaincre l’espèce de dingo qui me sert de tutrice de te laisser me voir… Et si t’arrives à la convaincre de nous laisser faire un test de parenté… Alors là, là on verra. »

Il l’avait regardé dans les yeux, déroulant sa liste qui finalement ne comporter que trois choses : faire accepter à sa tutrice de venir le voir et de le laisser faire un test de parenté, venir le voir plusieurs fois et accepter de faire le fameux test. C’était surement beaucoup, mais c’était ses conditions. Comme ses barrières qu’il faudrait faire tomber avant de pouvoir enfin l’approcher, l’apprivoiser.
Thomas brisa finalement le contact visuel, reportant un instant son attention sur son chocolat chaud, désormais entre ses mains. Bon sang, cela faisait au moins 4 ans qu’il ne s’était pas senti aussi vulnérable.

« Je… Je veux juste être sûr. Tu acceptes ? »

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MessageSujet: Re: You're not alone anymore. [avec F07-404]   Ven 18 Aoû - 15:07


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 You're not alone anymore.

 

 Elle y a mis tout son cœur. Tout son cœur et tous ses tripes. Parce que c’est important. Parce qu’il le faut. Elle n’a pas le choix. Elle se l’est promis à la minute même où son cœur a défailli en découvrant qu’elle n’était pas seule. Qu’il y avait deux petits-elle quelque part. Deux âmes naufragées et victimes de l’incapacité totale de leur mère de les gérer. Elle leur en a voulu, à leur mère. Ô que oui. Elle l’a détesté d’avoir récidivé. Déjà de ne pas être venue la chercher elle, mais en plus d’avoir infligé la même sentence à deux autres enfants innocents. Pourquoi est-ce qu’elle a persévéré ? Pourquoi est-ce qu’elle les a aussi abandonnés ? N’avait-t-elle donc pas appris de ses erreurs de jeunesse ? Margot avait longtemps reproché à sa mère de ne pas être venue la seule à l’orphelinat. Mais forcer de constater qu’avec les années elle avait fini par comprendre que c’était mieux pour elle. Surtout après avoir retrouvé sa trace et apprit qu’elle avait enchainé les centres de désintoxication. Sa mère était en poison pour tous ceux qui l’entouraient. L’échec de sa seconde vie n’avait fait que l’attester.

Thomas en avait bavé. Elle l’avait lu dans son dossier. Et même au-delà de tout ça, ça se lisait dans son regard. Toute la colère et toute la rancune qu’il avait accumulé avec tous les échecs dans ses familles d’accueil ne faisaient que le prouver. Margot avait défailli en voyant cette attitude. Mais elle était déterminée. Résolue à tout tenter pour ne rien regretter par la suite. Et puis elle était de nature optimiste, si il ne voulait pas d’elle maintenant cela ne voulait pas dire qu’il la rejetterait toute sa vie. Un refus de sa part ne mettrait pas à mal sa détermination, mais lui plomberait surement pas mal le moral. Enfin bref. Elle vit la larme dévaler sur le visage de son demi-frère, et elle sentit son cœur s’emballer. Le rouge irradia sur ses joues, tandis qu’une bouffée de chaleur l’assaillait. Elle ne savait pas quoi penser de cette larme, mais ça la mettait dans tous ses états. Margot était submergeait par toute cette émotion, par tout ce que cette journée pouvait engendrer et par tous les enjeux qu’ils jouaient. C’était de sa vie qu’on parlait. De son quotidien. Et de la vie de son demi-frère. C’était pas rien. Elle comprenait la stupeur de Thomas et son désarroi. Elle-même se sentait complètement désarmée, quand bien même elle s’était préparée durant des semaines. Thomas, lui, c’était sa première fois. Il se prenait tout dans la tronche, sans avoir été informé de quoi que ce soit auparavant. Du coup elle se tut, lui laissant quelques secondes de répit. Le temps qu’il tente de digérer tout ça tant bien que mal.

Après la stupeur, il y avait eu la colère. Margot avait regardé le gamin martyriser son pauvre brownie qui n’avait rien fait de mal. Elle ne savait pas trop quoi penser de cette attitude. Autant avec la petite larme discrète elle avait eu espoir de le toucher et de venir à bout de sa carapace, autant là, elle était déconfite. Elle lui parla alors de son frère et de son père, histoire d’essayer de changer de sujet et de peut-être l’emmener vers une pente moins agressive. Le résultat sembla au-dessus de toutes ses espérances car il lui arracha presque le bout de papier des mains. Quoi qu’il en dise, il ne se voulait pas si solitaire que ça, car dans ses yeux brillaient milles petites étincelles d’espoir. Visiblement il désirait reprendre contact avec son frère, et Margot venait de l’aider dans cette démarche. Tant mieux. Elle lut de la gratitude dans le regard du gamin lorsqu’enfin il se décida à la regarder. Et ce regard lui fit l’effet d’un baume sur son cœur. C’est plus chamboulée que jamais que Margot s’excusa d’arriver aussi tard. Si il savait Ô combien elle regrettait et Ô combien elle aurait souhaité que le destin les réunisse plus tôt…

Une nouvelle larme glissa sur la joue de Thomas, qu’à nouveau il effaça rapidement. Il prit juste après la parole, bafouillant à cause de l’émotion. Il voulait des preuves qu’il ne l’abandonne pas. Qu’elle ne fasse pas comme tous les autres avant elle. Margot sentit un frisson la parcourir, tandis qu’elle réfléchissait à ce qu’elle pouvait bien lui dire. Car elle ne pouvait bien évidemment rien lui prouver là, maintenant. Elle était policière, et son boulot lui prenait déjà beaucoup de temps. Elle ne pouvait donc pas du jour au lendemain se proposer pour être sa tutrice et pour l’accueillir dans sa vie. Non pas qu’elle ne le désire pas, mais c’était juste impossible. Autant pour elle que pour lui, au final ils en souffriraient plus que de raison, elle en était persuadée. Plus tard peut-être, mais là encore elle n’en était pas sûre… C’est le cœur gros que Margot allait lui rétorquer que ça ne serait pas possible pour tout de suite, mais au final Thomas reprit rapidement la parole pour clarifier sa pensée. Au final, il ne voulait pas venir habiter chez elle. Il souhaitait simplement rester en contact. Chose que Margot pouvait lui promettre sans l’ombre d’un doute, car ça, c’était complètement dans ses cordes.

Un sourire chaleureux naquit sur le visage de la demoiselle tandis qu’il lui demandait si elle acceptait toutes ses conditions. Margot tendit sa main dans sa direction, la posant une nouvelle fois sur celle de Thomas. Non pas, comme la dernière fois, pour l’empêcher de partir, mais pour rendre ce moment plus solennel et plus réel. « Je n’aurai pas fait tout ça si c’était pour ne plus te revoir par la suite. Bien évidemment que j’accepte tes conditions. » Le contact ne dura pas plus longtemps que sa phrase et Margot se remit droite devant son chocolat, braquant toujours son regard dans celui de son demi-frère. « Pourquoi est-ce que tu penses que ta mère adoptive ne voudrait pas qu’on se voit ? Si elle est ta tutrice c’est parce qu’elle souhaite ton bonheur. » Elle essayait de le rassurer tant bien que mal. Certes sa vision de ses parents d’adoption semblait sombre, mais ça ne voulait pas dire qu’ils étaient si méchants que ça. « Et puis je suis flic, elle ne pourra rien faire contre moi. Maintenant que je t’ai retrouvé, je ne te lâcherai plus. Je veux être cette grande sœur aimante et surement un peu trop étouffante que tu n’as jamais eu. » Une grimace mêlée à un petit rire apparut sur son visage tandis qu’elle tentait un brin d’humour. Elle souhaitait avant tout détendre l’atmosphère et les mettre un tant soit peu à l’aise. Elle sortit son téléphone, le déverrouilla puis lui tendit. « Tiens, note-toi dans mon répertoire. À cause de mon travail un peu trop prenant je ne répondrai peut-être pas tout de suite, mais je te promets de le faire dès que je serai rentrée. » Et elle pensait vraiment ce qu’elle disait.


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MessageSujet: Re: You're not alone anymore. [avec F07-404]   Dim 27 Aoû - 18:45

You're not alone anymore.

La bombe était lâchée, les requêtes énumérées. C’était beaucoup, beaucoup pour une première rencontre, beaucoup pour une jeune femme qui ignorait surement comment il était réellement. Thomas en était persuadé, elle ne devait pas être au courant de tout ce qu’il avait déjà fait. Toutes les conneries qu’il avait faites. Les infractions qu’il avait déjà commises… Si Margot était effectivement policière, elle devait désapprouver son dossier, à moi qu’elle n’en ait pas pris connaissance avant de venir le voir. Peut-être qu’elle avait voulu se faire un avis sur lui avant de le juger par des bouts de papier rédigés par des personnes qui dans le fond n’en avaient rien à faire de lui, des gens qui ne prenaient pas la peine d’essayer de le comprendre avant de le juger. Peut-être. Thomas n’en savait rien.
Tout ce qu’il savait, c’est qu’elle était venu jusqu’ici et qu’elle l’avait abordé – certes étrangement – pour lui faire découvrir tout ça. Alors il attendait, silencieux, la mort dans l’âme et avec l’espoir que la jeune femme accepte ses conditions, aussi directives étaient-elles. Et pour sa plus grande surprise, se fut le cas. Un grand sourire avait pris place sur son visage alors qu’elle avait approché sa main pour la poser sur la sienne, comme précédemment. Mais cette fois-ci, le geste était moins désespéré, plus… doux ? Plus intime. Le jeune châtain n’avait pas cherché à retirer sa main brusquement, pas comme plus tôt. Non. Il n’avait pas bougé, la gorge nouée, fixant son regard dans celui de son aîné en attendant qu’elle ne réponde. Elle acceptait. Elle était d’accord avec ce qu’il demandait et elle voulait effectivement le revoir. Sans qu’il ne puisse le contrôler, Thomas soupira, soulagé. L’air pouvait de nouveau passer dans ses poumons, désormais moins stressé. Il avait une sœur et elle était prête à faire ce qu’il voulait pour qu’ils restent en contact. C’était inespéré. Mais bien réel.
Elle retira doucement sa main avant de finalement lui poser une question sur ses… parents adoptifs ? Non, ils n’étaient pas ses parents adoptifs. Ils ne le seraient jamais, il y veillerait. Aussi cons et incapables de s’occuper de lui qu’ils étaient, Tomas avait déjà des parents. Personne ne pourrait les remplacer, du moins c’était ce qu’il pensait. Encore moins l’autre folle qui le fliquait comme s’il avait 3 ans et l’homme d’affaire toujours overbooké qui se pliait aux quatre volontés de la marâtre de maison. Jamais. Il avait donc tiqué un peu avant de répondre, sèchement, mais pas méchamment.

« Ce ne sont pas mes parents adoptifs. J’en aurais jamais, j’en veux pas. Ce sont juste des tuteurs de passages, comme les autres. Mon bonheur ils n’en n’ont rien à carrer. Tout ce qui les intéressent c’est soulager leur conscience, faire une bonne action, aider un pauvre gamin mal éduqué et paumé. Ils ne savent même pas ce que j’aime faire et ce que je déteste. Si elle considère que tu nuis à ses plans pour me remettre sur le soit disant droit chemin, alors la vieille peau refusera de te laisser me voir. »

C’était aussi bête que ça. Pour le coup, cette fois-ci, il n’était pas tombé dans une famille laxiste qui se trouvait dépassée par l’attitude de Thomas. Non. Il était tombé dans une famille aux règles de vie stricte, à l’éducation quasi militaire et où le plaisir et les passes temps étaient remplacés par le travail et les corvées. C’était leur conception de la vie, mais pas celle du jeune homme. Quand il était revenu au domicile avec un tatouage sur les côtés « Only live once » pour « On ne vit qu’une fois », sa tutrice avait littéralement pété les plombs. Il avait été privé de sortie et accompagné en voiture à l’entrée et la sortie de son lycée pendant quinze jours… L’enfer. La mettre en rogne n’avait pas été une bonne idée. Si elle décidait que voir Margot était une mauvaise chose, alors il ne pourrait pas facilement la voir…
Heureusement pour lui, la jeune femme avait beau semblait être douce et patiente, elle semblait aussi déterminée et butée,  comme lui. Elle lui confirma qu’elle ne se laisserait pas faire si sa tutrice ne voulait pas qu’ils se voient. Indirectement, qu’elle ferait jouer ses relations policière si besoin. Elle ajouta même une remarque sur le fait qu’elle voulait être une grande sœur en bonne et due forme : aimante et étouffante à souhait. Elle avait rigolé et grimacé, ce qui avait décroché un sourire au châtain, suivi d’un petit ricanement. Il n’était pas habitué à ce qu’on soit aimant avec lui, étouffant un peu plus, surtout depuis qu’il était dans cette nouvelle famille d’accueil. Mais il était sûr de pouvoir s’y faire. Restait à savoir si la jeune femme arriverait à le supporter. Il allait le lui signaler, quand elle lui tendit son téléphone, lui demandant de rentrer son numéro pour qu’elle puisse l’appeler.
Il prit l’appareil doucement avant de commencer à entrer son numéro à l’intérieur, sous le contact « Thomas ». Elle en changerait le nom à loisir si le cœur lui en disait. Tout en l’inscrivant, Thomas s’était mordu la lèvre. Plusieurs questions lui brulaient les lèvres, mais il n’était pas sûr de vraiment vouloir les poser. Il lui rendit l’appareil et fini par craquer.

« Dis-moi… Si tu es vraiment flic, tu dois avoir les accès pour lire mon dossier. T-Tu l’as lu ? Je veux dire, t’as lu tout ce que j’ai… fais ? »

C’était idiot, mais si jamais elle ne l’avait pas lu, mieux valait crever l’abcès tout de suite. Margot devait savoir qu’il n’était pas franchement ce qu’on pouvait appeler un gamin sage et sans histoires. Il se mettait souvent dans les embrouilles. Il avait déjà été arrêté plusieurs fois pour TAG sauvages et même pour trafic de portefeuilles quand des pickpockets l’avaient embarqué dans leurs combines l’année dernière… Son jeune âge lui offrait une certaine immunité contre la prison, mais cela ne durerait pas éternellement. Thomas ne savait pas pourquoi il faisait tout ça, mais il le faisait. Peut-être que c’était parce qu’il n’avait rien à perdre, ou parce qu’il s’ennuyait, parce que c’était son seul moyen d’exprimer son mal-être, peut importait. Il fallait que Margot sache tout ça pour savoir dans quoi elle s’embarquait.

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MessageSujet: Re: You're not alone anymore. [avec F07-404]   Mer 13 Sep - 11:25


F07-404 & H07-223

 You're not alone anymore.

 

 Il y eut un soupire. Discret, mais tangible. Margot plissa les yeux, partagée entre la stupeur et le rire. Il pensait vraiment qu’elle allait refuser tout ce qu’il lui demandait ? Il aurait très bien pu lui demander la Lune qu’elle lui aurait promis de faire tout son maximum pour l’obtenir. Il était son demi-frère. Il était sa famille. Il en aurait fallu bien plus que ça pour qu’elle lâche l’affaire et qu’elle reparte à Boston les mains dans les poches. Elle ne comptait pas l’abandonner. Plus jamais. Alors qu’il ait pu penser une telle chose l’amusait autant que ça l’effarait. Avait-il été tant livré à lui-même que ça pour penser qu’il serait à jamais seul et sans attache ? Que personne ne voudrait jamais de lui et qu’il était de ce fait condamner à errer comme une âme en peine ? Margot préféra ne pas relever ce soupire, et poursuivit son sourire. Quoi qu’il en pense, quoi que cela sous-entende, c’était derrière eux. C’était du passé. Elle l’avait retrouvé, et elle ne le quitterait plus jamais. C’était aussi simple que ça. Quoi que ça lui en coûte. Alors qu’il dorme l’esprit tranquille, le gamin. Pour une fois.

Les paroles de Thomas assombrirent son regard. Son sourire se mua en une petite grimace. Elle n’aimait pas ce qu’elle entendait. Elle n’aimait pas entendre parler son frère de la sorte. Mais elle n’était pas là pour le juger, et encore moins pour condamner ses propos. Elle se devait néanmoins d'intervenir et de donner son avis. « Est-ce que tu leur as laissé une chance, au moins ? Est-ce qu’un jour tu t’es posé devant eux pour leur exposer qui tu étais ? Comment peuvent-ils savoir ce que tu aimes faire et ne pas faire si tu ne le leur as jamais expliqué ? » Elle ne savait pas comment Thomas prendrait son petit discours. Margot voulait être l’avocat du Diable, et ainsi ne pas prendre parti pour son frère. Surement lui en voudrait-il pour cela. Il semblait tellement fermé et obtus quand il était question de ses familles d’accueil… « Il y a des familles plus à l’écoute que d’autres. Certaines plus gentilles et plus aimantes. Si celle là ne te convient pas, et bien soit, ça arrive. J’ai moi-même eu des différents avec bon nombres d’entre elles et pourtant je n’étais pas si arrêtée que toi. Mais c’est important d’avoir une famille Thomas. C’est important d’avoir une base solide pour grandir et t’épanouir. J’espère que tout comme moi, tu trouveras une famille qui t’acceptera tel que tu es et avec qui tu seras heureux. Mais encore faut-il pour cela ne pas être fermé à cette éventualité. » Margot ponctua la fin de sa phrase par un petit sourire, cherchant en croisant le regard de son frère à tâter le terrain. « Je ne suis pas là pour te juger, ni pour te dicter ta conduite. Mais moi aussi, j’ai connu tout ça et je peux t’assurer que tu ne gagneras rien en te braquant de la sorte. » Au moins c’était dit, il savait ce qu’elle pensait de toute cette histoire.

Il prit son téléphone pour s’inscrire dedans. Pendant ce temps, Margot avait attrapé son chocolat chaud (qui commençait sérieusement à refroidir pour le coup à force d’être touillé sans être goûté) et l’avait porté à ses lèvres. Quand elle eut fini sa gorgée, Thomas lui rendit son téléphone. Elle lui gratifia d’un sourire, avant de percevoir un certain malaise chez lui. Avant qu’elle n’ait eu à poser la question, il se confessa. « Oui, je l’ai lu. » Et c’est presque la première chose qu’elle avait faite, pour être honnête. Dire que ça ne l’avait pas déçu serait mentir. Mais après, ce n’était pas à elle de le juger. Elle n’était pas sa mère. D’ailleurs, soit dit en passant, sa mère avait un casier plus chargé que le sien. De quoi donner un super exemple. Bref. « Je sais ce que c’est, d’être ballotée de famille en famille. D’être rejetée, encore et encore. Les enfants comme nous n’ont jamais de très bons souvenirs de cette période, et il n’est pas rare qu’ils s’égarent en chemin et fassent des bêtises pour extérioriser leur colère et leur mal-être. » Elle espérait que sa présence suffirait à le calmer à le remettre dans le droit chemin. Mais elle en doutait. Parce qu’elle sentait qu’il n’était pas prêt. Qu’avec son côté borné pour rejeter chaque nouvelle famille, il n’arriverait jamais à trouver la paix.


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Et dans un dernier souffle, je comprends tout : que le temps n'existe pas, que la vie est notre seul bien, qu'il ne faut pas la mépriser, que nous sommes tous liés, et que l'essentiel nous échappera toujours. •• ALASKA


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MessageSujet: Re: You're not alone anymore. [avec F07-404]   Lun 16 Oct - 12:43

You're not alone anymore.

A mesure qu’il parlait, Thomas voyait les expressions changer sur le visage de sa présumée demi-sœur. Visiblement, tous ces mots ne faisaient pas l’unanimité, loin de là. Tant pis. Il était comme ça, souvent sans filtres et cash, maladroit pour certains, inconscient pour d’autres mais il ne mâchait que rarement ses mots. Il n’avait jamais vraiment eu de figure pour lui indiquer des limites claires et normales pour un enfant de son âge, encore moins lorsqu’il était très petit. Son père avait été un exemple un temps, mais tout avait basculé si vite. Et sa mère, leur mère, trop rapidement dépassée. Même son grand frère avait eu du mal à tout gérer, lui-même devant gérer toutes ses émotions alors qu’il n’était pas si vieux que ça.
Alors c’était compliqué. L’idée même d’avoir une famille qui n’était en réalité pas la sienne était compliqué. D’autant qu’une partie de Thomas restait l’enfant d’avant, celui de l’époque où tout allait pour le mieux. Où ils étaient tous heureux, tous les quatre, ses parents et son grand frère. Sauf que cette époque était bien révolue et que ses nombreux changements de famille d’accueil le prouvaient. Tout comme cela pouvait témoigner de son état d’esprit. Tout en complexité et en ténacité. Il était têtu et ce n’était pas prêt de changer.
Il écouta tout ce que sa sœur avait à dire sur le sujet. Son avis concernant les familles d’accueil était bien différent du sien. Elle était fort optimiste, un peu trop à son goût. Mais c’était surement parce que son parcours n’avait pas pris la même tournure que le sien. Du moins c’est ce qu’il essayait de se dire en tentant de contenir des grimaces et des mous d’un enfant contrarié. Il n’avait pas envie d’une famille alors qu’il avait toujours des souvenirs et des images de sa vraie famille en tête. Il n’arrivait pas à s’en défaire et il ne voulait pas s’en défaire en réalité.

Il se contenta donc d’hausser les épaules, cherchant quoi lui répondre. Il n’avait pas spécialement cherché à expliquer ses passions et ses passe-temps à sa nouvelle famille d’accueil. A quoi bon ? La matriarche était tellement borné et psychorigide qu’il n’en voyait pas l’intérêt. Pour elle, il fallait constamment travailler. Le dessin ne faisait surement pas parti de la liste de choses intéressantes à faire pour parvenir à un vrai avenir.

« Celle-là elle est pas aimante. C’est un r-robot la mère de famille. A chaque fois qu’elle me voit dessiner, au lieu de me laisser tranquille, elle me gueule dessus d’aller bosser mes mathématiques. Je n’aime pas ça, j’y p-peux rien. »

Il prenait de plus en plus un air boudeur alors qu’il soufflait légèrement. Parler de ses gens le blasait. Il ne les aimait pas et ce n’était pas en quelques heures que cela allait changer. D’autant plus que parler d’eux lui donnait l’impression de perdre son temps, un temps précieux qu’il préfèrerait passer à parler d’autre chose. Ce n’était pas tous les jours qu’on rencontrait sa sœur après tout.

« J’ai déjà une f-famille en plus. Et même que toi t’en fais partie du coup. Je ne suis pas pressé d’en trouver une autre. On verra bien, je ne sais pas… »

Il n’était pas certain d’un jour réussir à débarquer dans une famille sans foutre d’entrée le boxon avec son caractère de tête cramée. Seul le temps le dirait, mais pour le moment, il voulait surtout clore le sujet pour éviter d’en parler. D’autant plus que sa sœur avait parlé de son dossier. Dossier bien fourni et pas très reluisant sur certaines pages, il le savait. Déjà parce qu’il était pleinement conscient de toutes les conneries qu’il pouvait bien faire, mais surtout parce qu’un jour, il l’avait subtilisé pour le lire, lors d’une réunion avec une de ses anciennes familles.
Merde, elle l'a lu...
Dans tous les cas… elle avait lu son dossier. Elle connaissait donc tout ce qu’il avait fait. Et il s’attendait donc au pire quant à sa réaction. Peut-être des remarques acerbes et des remontrances, puisqu’elle voulait jouer les sœurs étouffantes et protectrices. Peut-être que plus tard, quand ils se connaîtraient mieux, cela lui serait même bénéfique, d’avoir ce cadre avec une grande sœur. A voir. En attendant, il se demandait ce qu’elle en pensait et il n’eut pas à attendre bien longtemps pour le savoir. Etonnamment, elle ne l’engueula pas et ne lui fit pas un sermon non plus. Elle préféra lui expliquer qu’en tant qu’ancienne enfant du système des familles d’accueils, elle connaissait et savait par quoi on pouvait passer. Comment on pouvait finir également. C’était surprenant, mais plutôt rassurant aussi. Il se racla donc la gorge avant de jouer avec le bol de sa boisson chaude qu’il avait à moitié bu jusqu’ici.

« Alors… ça ne te dérange pas ? Que j’ai fait des conneries a-avant ? Je veux dire… T’as quand même envie de me connaître malgré ça ? »

Les questions étaient sorties toutes seules mais il commençait un peu à les regretter. Il n’était pas sûr de vouloir connaître toutes les réponses, même s’il se doutait que si la jeune femme était là, ce n’était pas pour rien. Toutefois, il y avait une différence entre le présumer et l’entendre, de vive voix. Il reprit une gorgée de boissons avant de tenter un changement de sujet un peu foireux.

« T’as dit que tu espérais que je trouve un jour une famille qui m’acceptera et avec qui je serais heu-heureux… T’en as trouvé une alors ? C-comment c’est ? Comment t’as fait ? C’est qui ces gens ? »

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