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 [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678

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MessageSujet: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Dim 30 Juil - 10:50

N'aies pas peur, je suis là.F05-678 & H05-999Il y avait vraiment de quoi rire. Cet endroit, la Ruche, dont beaucoup étaient terrifiés, qui nous faisait poser tout un tas de questions, ce lieu qui était censé nous retenir avec ce sentiment de prison… est plongé complètement dans le noir, en plein bug et en redémarrage. J’avais vraiment envie de rire, de me foutre de la gueule de ce ceux qui avaient battit tout ça pour leur pointer du doigt leur insuffisance. Depuis mon arrivée, je n’avais pas connu grand-chose de ‘normal’ apparemment de la Ruche, mais je devais reconnaitre qu’au moins, c’était distrayant. Mais même si être plongé dans le noir le plus complet était une réelle source de danger. J’étais sans doute un peu trop sur mes gardes en temps normal, mais le simple fait de ne pas savoir ce qu’il y avait autour de moi me rendait encore plus méfiant. J’étais encore plus au aguets, je ne me guidais qu’au bruit, je gardais une main posée sur le plus proche mur, essayant de dessiner un plan dans mon crâne pour essayer de me guider. Il n’y avait pas grand-chose à faire avec ce blackout complet. Plus rien ne fonctionnait, la cafétéria était complètement hors d’usage, le niveau de la piscine était déconseillé à quiconque ne souhaitait pas mourir noyer… Où est-ce que je pouvais aller alors ? Déjà, j’avais perdu mes colocataires, l’un était parti avant que l’électricité se soit coupée et l’autre… je crois qu’il était allé rejoindre son mec. De ce que j’avais compris, Caïn avait un mec. Bon. Tant mieux pour lui, et quelque part pour 909, au moins il aurait un peu la paix. Oui, parce que je n’allais pas aller courir après ce dernier dans le noir juste parce que je me faisais chier. Si ça amusait l’autre colocataire, ça n’était pas mon cas.
Comme à peu près tous dans la Ruche finalement, je cherchais à rejoindre une personne qui m’était agréable et avec qui je voulais au moins passé le temps, si ce n’est attendre le retour à la norme. En ce qui me concernait, il n’y avait qu’une seule personne, celle que j’avais découvert il n’y a pas si longtemps. Ma sœur. Ma sœur jumelle. Alors certes, je n’avais pas de preuves concrètes pour valider cette théorie, mais c’était ce que je ressentais. Ce qu’on ressentait. Déjà de base, et c’était déjà suffisamment difficile à admettre pour moi, nous étions en accord, dans le sens où nous nous comprenions sans véritablement avoir besoin de se parler. Ouais, alors elle ne m’avait pas fait une bonne première impression, mais le fait était qu’avec de simples regards, nous arrivions à nous comprendre. Ça sonne très cliché, mais c’était pourtant vrai. Sauf que. Quand je passais du temps avec elle, j’avais une sensation très désagréable. Comme une forme de culpabilité. Quoi que soit réellement la culpabilité. La seule chose qui me permettait de dire ça c’était que je m’en voulais, sans savoir pourquoi, sans savoir ce qui en était la source.

Je savais qu’elle se trouvait au niveau six, c’était là qu’était son logement. Et même si je ne la connaissais pas vraiment encore bien, de ce que j’avais pût comprendre sur elle, avec ce qui venait de se passer, elle serait sûrement dans son appartement, dans sa chambre, cloîtrée. Quelque part, bien au fond de moi, j’avais envie de la rassurer. Je savais qu’elle serait terrorisée par les évènements actuels, qu’elle aurait besoin de quelqu’un sur qui s’appuyé pour ne pas s’effondrer. Et il n’y avait que moi qui serais capable de l’empêcher de craquer. Affronté donc les ténèbres et l’excitation, et terreur aussi, ambiants, la main bien à plat sur le mur après avoir refermer la porte de mon logement, je me dirigeais vers les escaliers que je savais être proche. Du moins, pas trop loin. Il allait falloir que je monte quatre étages pour la rejoindre, tout en ignorant complètement combien de marches il fallait monter pour arriver à l’étage du dessous. Foutu habitude de prendre l’ascenseur. Chaque fois que j’en comptais une dizaine je tendais les bras devant moi pour savoir s’il y avait une porte ou non, et ce fut d’ailleurs mon seul moyen de repère. Au final, et si je ne m’étais pas planté dans mes  comptes, je sortis des escaliers pour rejoindre ce que je pensais être le niveau six, je pris une profonde inspiration. Techniquement, j’étais arrivé au même endroit qu’au niveau dix. F05-678 était à l’appartement 602. Il fallait que je passe une porte et que je m’arrête à la seconde. Tu parles d’un parcours du combattant. Elle avait intérêt d’être bien là. Au pire je l’attendrais dans sa chambre, mais hors de question que je la cherche dans ce noir. Sauf qu’à peine ai-je eu cette pensée que je fus pris, encore une fois, par la culpabilité. La laisser toute seule angoisser dans le noir ? Je n’avais pas vraiment envie de le faire. Pas du tout. Elle avait besoin de moi. Et puis, je lui étais redevable, elle s’était occupé de moi quand je m’étais éclaté la main contre le miroir lors de notre première rencontre. Et puis… j’étais son frère. Je devais m’occupé d’elle.
Arrivé devant la porte, j’y frappais avant de l’ouvrir, histoire de prévenir. De ce que je savais, ma sœur y vivait avec une autre nana, et disons que je n’avais pas envie de me faire taper dessus dans le noir par deux furie terrorisées. Sauf que lorsque je poussais la porte, je fermais les yeux, mes pupilles furent agressées par un jet de lumière si soudain et surprenant que j’en reculais.

« C’est quoi ce bordel, baisse ça ! »

Qui que ce soit derrière cette lumière, elle ou il allait le regretter si je finissais aveugle avec sa connerie. Pour me protéger, je passais mon avant bras sur mes yeux, cherchant à retrouver leur utilité et optionnellement de découvrir qui jouait avec les lumières.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Jeu 3 Aoû - 7:45

N'aies pas peur, je suis là
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Noir. Tout est noir. Ce qui est ironique, après tout ce blanc. La Ruche, après avoir été d’un blanc immaculé, se retrouve à présent revêtue d’un noir intense. Privée d’électricité, vous étiez tous piégés dans l’obscurité la plus totale. Ce qui, dans un premier temps, t’avais fait paniquer. D’instinct, tu étais restée tétaniser dans ta chambre. Est-ce que c’était normal que tout s’éteigne ? Tu n’étais pas là depuis très longtemps, donc difficile à dire. Mais tu avais cette angoissante impression que non, ça ne pouvait pas l’être. La Ruche était cloisonnée dans la routine. Toujours les mêmes actions, toujours aux mêmes heures. Encore et encore. Jour après jour. Semaine après semaine. Mois après mois. Il n’y avait pas de place pour l’imprévu. Quoi qu’en y réfléchissant, il y avait eu ces bugs ces dernières semaines. Ces rumeurs des autres occupants comme quoi ils avaient assisté à des bras robotiques devenus fous. Est-ce que c’est pour ça, que la Ruche s’est éteinte ? Parce qu’il y a eu tous ces dysfonctionnements ? C’est ce qu’il y a de plus plausible. Mais combien de temps cela pouvait-il durer ?

Tu as espéré que ce ne soit qu’une question d’heures. Comme quand par hasard tu t’étais retrouvée enfermer avec ton frère jumeau, 999. À la base tu avais pensé que c’était un signe du destin. Que le Intelligences Artificielles avaient fait ça pour que vous vous retrouviez. Pour vous donner un petit coup de pouce. Mais quand les heures étaient passées, et que finalement vous aviez pu sortir de cette chambre, vous vous étiez rendus compte que vous n’étiez pas les seuls. Que beaucoup s’étaient retrouvés dans la même situation que vous. Et qu’ils n’avaient pas forcément de liens évidents entre eux. Quoi qu’il en soit, les heures ont défilé. Inlassablement. Sans que l’électricité semble revenir. Tu étais plongée dans le noir. Face à tes angoisses et à tes peurs les plus profondes. Tu n’aimes pas l’obscurité. Parce que tu ne sais pas ce qui peut se cacher dedans. Il pourrait y avoir une ombre rôdant dans ta chambre. Te frôlant les cheveux. Ou encore te soufflant dans la nuque. Tu as paniqué à ces pensées. Tu as hurlé. Parce que tu as peur du noir. Parce que cette situation, elle ne te plait pas du tout. Les larmes ont commencé à couler le long de tes joues, tandis que tu te recroquevillais sur ton lit et que tu te cachais sous tes draps. Pourvu que ça passe, pourvu que ça passe… C’est ce que tu t’étais répétée jusqu’à finalement t’endormir de fatigue.

Lorsque tu t’étais réveillée, tout était encore noir. La panique avait commencé à ressurgir, et tu avais sursauté en touchant quelque chose de dur posé juste à côté de toi. Au moment de t’endormir, tu étais persuadée qu’il n’y était pas. Est-ce que c’était une araignée ? Quelqu’un ? Tu avais mis plusieurs minutes pour te calmer et pour trouver le courage de toucher à nouveau. Quelque chose de froid et dur. Pas vivant, ce qui était une bonne chose. Tu l’avais pris entre tes mains. Relativement lourd pour un si petit objet. Métallique, surement. Et cylindrique, de par sa forme. Tu l’avais détaillé sous toutes ses formes et sous tous ses angles. Jusqu’à comprendre ce que c’était. Une lampe torche. À vrai dire tu t’en étais surtout rendue compte quand à force d’appuyer partout tu avais allumé l’interrupteur. Miracle. Qui t’avais déposé cette lampe ? Pourquoi toi ? Est-ce que les autres en avaient aussi ? Tu avais couru jusqu’à la chambre de 089, juste à côté de la tienne. Mais elle n’était pas dedans. Peut-être qu’au moment du blackout elle s’était trouvée ailleurs et qu’elle n’avait pas retrouvé son chemin ? Tu l’avais cherché pendant un moment, tombant sur des visages surpris par ce faisceau de lumière tombé du ciel. Certains avaient tenté de s’en emparer par la force, et tu avais fui. Finalement tu t’étais décidée à ne plus quitter ta chambre, pour plus de sécurité. Tu n’avais qu’une pile, donc il valait mieux économiser la lumière. Tu passais le plus clair de ton temps dans l’obscurité, à attendre que le temps passe. Tu n’avais plus peur du noir, parce que tu tenais fermement ta petite lampe entre tes mains. Jamais elle ne devait te quitter. Pas tant que tout ne serait que noirceur.

Le temps défilait d’une manière aléatoire. Difficile de se repérer sans montre et sans horloge murale. Des jours, surement, s’étaient écoulés, et ton estomac commençait à sérieusement crier famine. Les trappes à la cafétéria étaient closes, tu t’en étais assurée. Sans électricité, difficile de les faire fonctionner… Du coup tu t’étais rabattue vers l’espace vert. Ce dernier était peuplé de monde, parce qu’ici il y avait la certitude d’avoir de la nourriture à profusion. Tu n’avais pas utilisé ta lampe, ne voulant pas risquer de te la faire voler. Du coup tu avais fait comme tout le monde, tu t’étais agenouillée et tu avais cherché de quoi te nourrir. Rien de bien fabuleux, mais c’était certainement mieux que rien. Au final, rassasiée, tu étais remontée dans ta chambre.

T’es toujours en train d’attendre patiemment tout en priant pour que la lumière réapparaisse quand soudain tu entends quelqu’un frapper à la porte. Est-ce que c’est 089 ? Ou quelqu’un qui a suivi ton faisceau de lumière jusqu’à ta chambre ? Ou alors tout simplement quelqu’un qui s’est perdu ? T’as ton cœur qui s’emballe, tandis que tu réfléchis à toutes ces possibilités. Tu restes longtemps de marbre, toute ouïe. Tu retiens ton souffle, et te décides à te lever. Sur la pointe des pieds. L’avantage d’être dans le noir, c’est qu’il est facile de passer inaperçu quand on sait se montrer silencieux. La porte s’ouvre tandis que tu te trouves à proximité de cette dernière. Et sans crier gare, te voilà qui allumes la lampe torche, la braquant dans la direction de ton potentiel agresseur. Agresseur qui, après avoir hurlé d’arrêter ça en mettant ses mains devant son visage, se trouve être en réalité ton frère. « Oh, c’est toi. Dé… Désolée. » Tu t’excuses platement, tandis que tu baisses le faisceau au niveau de ses pieds. Histoire d’éclairer la pièce sans l’aveugler pour autant. « Entre, je t’en prie… » Tu lui laisses la place pour passer, et t’assures de refermer la porte derrière lui histoire que personne ne remarque la lumière. « Je me suis inquiétée pour toi. Tu vas bien ? » T’as un sourire timide qui éclaire ton visage. T’es réellement soulagée qu’il aille bien. Parce qu’avec la panne d’électricité, qui sait ce qui aurait pu lui arriver…


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Mar 15 Aoû - 9:17

N'aies pas peur, je suis là.F05-678 & H05-999Avant même que mes yeux ne retrouvent leur complète utilité, je reconnus qui était la personne qui venait de m’aveugler et de parler. Mais aussitôt, je me posais des questions sur le pourquoi du comment est-ce que ma sœur jumelle avait une lampe torche. Même lorsqu’elle eut baissé le faisceau de lumière, je gardais ma main devant les yeux pour essayer d’éviter d’autres agressions, je me détendais malgré tout de savoir que c’était elle et qu’elle allait bien. Cependant, je ris légèrement du fait qu’elle s’inquiète pour moi, je n’étais pas vraiment du genre à avoir besoin qu’on s’inquiète pour moi, je pouvais me débrouiller tout seul. Elle en revanche, je ne pouvais pas vraiment dire la même chose. De base, je la savais plus faible que moi. Non, bon, pas faible, j’aimais pas l’associé à ce mot, mais disons plus sans défense que moi. Je savais que tout ce qui se passait en ce moment la faisait paniquer et je savais également qu’elle aurait du mal à gérer une situation difficile. Alors certes, elle avait de la lumière, ce qui me rassurait dans le sens où elle ne se mettrait pas à paniquer et qu’elle avait quelque chose pour se rassurer, mais ça ne faisait qu’encore plus d’elle une victime potentielle. Certains seraient prêts à tuer pour avoir un peu de lumière.

Après son invitation à entrer, je me glissais donc à l’intérieur de l’appartement après avoir enfin retrouver l’usage de mes pupilles, me guidant avec le brin de lumière qu’elle avait dirigé vers le sol, et presque aussitôt, je passais un bras autour d’elle, la serrant contre moi. J’avais besoin de la serrer contre mon corps. Lui faire un câlin, ouais. Depuis que j’avais conscience de son existence, je me rendais compte que quand j’étais avec elle, j’avais besoin de la toucher, de sentir sa peau. Comme pour m’assurer qu’elle était bel et bien réelle, mais aussi pour être sûr qu’elle allait bien, que je ne sentais pas de blessures ou autres. Elle avait l’air saine et sauve, tant mieux. Et même après l’avoir relâché, je gardais une main sur son poignet, aussi pour lui faire sentir que j’étais là. Avant de répondre à sa question, je regardais autour de nous, essayant de guetter le moindre bruit, savoir si sa colocataire était là. Non parce que ça gâcherait certaines choses si 089 venait à débarquer. Et puis, je n’avais pas envie de la voir, tout simplement. Ce qui m’importait tout de suite, c’était ma sœur jumelle et savoir qu’elle allait bien.

« Je vais bien, ne t’inquiète pas. Je suis un grand garçon, je peux me défendre. C’est plutôt à moi de te poser la question. Tu vas bien ? Et surtout, c’est quoi ça ? Où est-ce que tu as eu ça ? »

Lequel de nous deux était l’aîné, c’était la question que je me posais, mais il me paraissait évident que c’était mon devoir de veiller sur elle. Parce que c’était une fille. Ouais, ouais, j’avais ce genre de pensée archaïque, et je ne me l’expliquais pas. Mais alors vraiment pas. Surtout que ce genre de choses ne m’était encore jamais arrivé à l’esprit, ce n’était pas ce que je pensais par nature quand je voyais des femmes. Alors déjà, je ne la voyais pas comme une femme mais comme une fille, mais en plus dans ma tête elle était plus faible que les autres. Face à 089, je n’avais pas ce genre de pensées par exemple. Cela ne provenait donc pas de mon éducation. A moins que j’ai effectué un traitement différent avec ma sœur qu’avec les autres femmes dans la vie avant la Ruche. Déjà, il aurait fallut que je parviennes à expliquer pourquoi maintenant que le choc de la nouvelle était passée, j’avais ressentis une joie et un soulagement immense. Qu’est-ce qui nous était arrivés avant ça ? Ma main descendit sur la sienne, j’emmêlais mes doigts avec les siens pour l’attirer sur le canapé. J’avais envie de la prendre dans mes bras encore, et même si elle semblait… moins en détresse que ce que je pensais, je me sentais obligé de la rassurer. Et… j’avais envie, tout simplement. Je profitais de sa lumière pour nous diriger dans le salon, la prenant ensuite directement sur mes genoux, l’enlaçant pour poser mon menton sur son épaule.

« Je dois reconnaître que je m’attendais à ce que tu sois plus en panique que ça. Mais ça me rassure en même temps, que tu es ta petite veilleuse. »

Je la taquinais bien évidemment, je ne me moquais aucunement d’elle, ça ne me serait pas venu à l’esprit avec elle. Je voulais juste son bien-être en fait. Lui prenant la lampe des mains, je la posais à côté de nous pour à nouveau jouer avec ses doigts. Là encore, c’était plus fort que moi. Je ne savais pas si nous avions toujours fonctionné ainsi, si c’était un réflexe de notre vie passée, si c’était quelque chose qui était en train de naître avec nos retrouvailles. C’était de toute façon très naturel pour moi, il n’y avait rien de forcé. Moi qui n’aimais pas que l’on me touche sans mon consentement, avec elle, c’était tout à fait différent. J’avais naturellement confiance en elle. Je l’autorisais même sans le dire, même sans avoir à lui en parler de faire ce qu’elle voulait. Même si au début, ça n’avait pas été le cas. Maintenant que je connaissais, et que j’acceptais ce lien particulièrement fort qu’il y avait entre nous, je pouvais la laisser faire faire n’importe quoi avec mon corps.

J’avais vraiment besoin de mon côté de ce contact avec elle. C’était une douceur toute particulière, juste… parfaite. Je savais que j’étais en accord avec elle, même si j’ignorais tout de notre vie, de ce que nous avions vécu, de nos rituels, nous étions des jumeaux, nous avions forcément des rituels, ce que je savais en revanche c’est que tout me paraissait différent. Je fonctionnais différemment avec elle. Je n’avais pas besoin d’être sur mes gardes, d’être vigilent, du moins beaucoup moins. J’aurais presque pût croire que nous n’étions plus du tout dans la Ruche, que c’était un tout autre univers, à la lueur de la lampe torche, on aurait pût se croire en plein camping.

« Est-ce que tu as mangé ? Tu as encore faim ? J’ai rapporté quelques trucs dans ma chambre au cas où et pour éviter de descendre tout le temps. Je n’ai pas pût prendre beaucoup de truc, et j’avoue que je ne sais pas quels légumes et fruits j’ai pris, mais c’est toujours ça. »

Si j’avais découvert mes goûts alimentaire, j’avais aussi appris dans la Ruche à manger même quand je n’aimais pas. Et en même temps, ça encore, ça m’avait paru naturel. Bref, le peu de victuaille que j’avais ramené, j’étais prêt à la partager avec elle.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Dim 27 Aoû - 13:33

N'aies pas peur, je suis là
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Il a l’air d’aller bien. Il a peut-être le teint un peu pâle et l’air fatigué, mais ça, tu supposes que c’est un peu le cas de tout le monde. Tu te trouves idiote, sur le coup, de t’être inquiétée pour lui. S’il y a bien quelqu’un capable de survivre qu’importe l’événement, c’est bien ton frère jumeau. Il est grand, baraqué… Il a de la ressource, clairement. C’est pas le genre de gars qu’on viendrait sciemment faire chier. Ou alors on s’en mordrait très rapidement les doigts et on rentrerait avec un nez cassé et deux dents en moins. T’as un léger frisson à cette pensée. Au fait que ton frère sache se défendre. Qu’il en impose et qu’il puisse faire peur aux autres. Tu sais qu’avec toi il est aussi doux qu’un agneau et qu’il est incapable de te faire mal. Mais avec les autres habitants de la Ruche, c’est différent. Y’a qu’à voir les regards qui se baissent à son passage. Et ça, ça te laisse perplexe. Tu ne sais pas trop quoi en penser. Parce que ta vision est biaisée. C’est ton frère, et quoi qu’il fasse, tu l’aimeras toujours. Mais est-ce que tu le connais vraiment ?

Il te prend dans ses bras. Spontanément. Et ça te fait sourire. Tu resserres la prise contre lui, posant ton menton contre son épaule. Vous vous tenez l’un contre l’autre quelques secondes, le temps que tu pousses un profond soupir et que tu profites au maximum de cet instant. T’as pas peur de lui. Plus depuis que t’as croisé son regard et que tu l’as reconnu. Qu’il y a eu cette connexion si particulière entre vous. C’est bien le seul avec qui tu apprécies avoir un contact. Le seul en qui tu ais entièrement confiance et à qui tu confierais ta vie sans hésiter. Tu prends de grandes inspirations, renouant avec son odeur. Elle t’avait manqué. Tout de lui t’avait manqué. C’était comme un manque, un trou béant dans ta poitrine. Tu t’en rends compte seulement maintenant qu’il est à tes côtés. Que vous vous êtes retrouvés. « Tu m’as manqué. » que tu souffles dans un murmure, passant tes doigts le long de sa joue râpante à cause de sa barbe mal rasée. Tu le fixes encore quelques secondes, d’un regard doux et attentionné. Vous rompez ensuite le contact, puis vous vous dirigez vers le salon.

Il te répond qu’il est un grand garçon et qu’il sait se défendre, et ça tu le crois sur parole. T’as un petit sourire quand il te retourne la question et qu’il te demande où tu as trouvé ta lampe torche. C’est clair que sans ta réponse aurait été complètement différente. « Ça va, j'essaie de m'habituer. Je reste majoritairement dans ma chambre et j’attends que l’électricité revienne. » En gros tu survies plus que tu ne vies. T’attends patiemment que le temps passe et tu pries de toutes tes forces pour que la lumière revienne et que tout recommence comme avant. Peut-être que c’est futile, et c’est clair que prier ne t’avancera pas à grand-chose, mais il faut bien que tu t’occupes. Sinon tu vas clairement devenir folle dans ce noir oppressant et tétanisant… « Je l’ai trouvé sur mon lit, je ne sais pas comment elle est arrivée là. » Tu la sers tout contre ton corps, la chérissant plus que de raison. Tu en avais cruellement besoin, tétanisée par tes terreurs nocturnes. Avec elle, tu te sens mieux. Tu pleures moins et tu vis le blackout un peu mieux. Est-ce que les Intelligences Artificielles ont senti tes peurs ? Est-ce que c’est pour ça qu’elles ont voulu t’aider ? Pour ne pas que tu sombres plus que de raison ? « Tu sais quelque chose toi sur ce qu’il se passe ? » Si ton jumeau a arpenté la Ruche, peut-être qu’il en a appris plus que toi. Ça ne serait pas bien compliqué, étant donné que jusqu’à présent tu n’es presque pas sortie et que tu n’as parlé à personne.

Il t’emmène jusqu’au canapé, et c’est naturellement que tu viens prendre place sur ses genoux. T’es en travers du canapé, les jambes étendues sur ce dernier. Ton frère pose sa tête sur ton épaule, et toi tu te laisses aller contre lui. Qu’est-ce que ça fait du bien de ne plus se sentir isolée et seule. De savoir qu’il est à tes côtés et que tu peux compter sur lui. T’espères qu’il restera avec toi, qu’il ne te laissera pas avec ta lumière seule dans le noir. Pas maintenant que vous vous êtes retrouvés. Tu fais taire tes craintes qui commencent lentement mais surement à ressurgir et te concentres sur la conversation qui reprend. T’as un petit rire qui perce au bout de tes lèvres quand il te taquine. C’est vrai que sans ta lampe torche votre rencontre aurait été totalement différente. Tu n’aurais pas cette espèce de sérénité. « Je l’ai été les premiers instants, avant de la trouver. Et heureusement qu’elle est à mes côtés, sinon je crois que je serai devenue folle. » Tu lui parles à cœur ouvert. De tes craintes et de tes faiblesses. Il sait que tu n’es pas une héroïne. Que t’as rien d’une vaillante et que tu n’as pas confiance en toi. C’est ton jumeau, et même avec vos mémoires effacées, t’es persuadée que c’est celui qui te connait mieux que personne. Il entremêle ses doigts dans les tiens, puis enchaines en te demandant si tu as mangé. Tu acquiesces lentement, te rappelant non sans une grimace ton petit tour à l’espace vert et la galère que ça a été pour trouver à manger. « Pour le moment ça va, merci. Je reviens moi aussi de l’espace vert. Je pense qu’il vaut mieux nous rationner, au cas où tout ça s’éterniserait… » Tu poses ta tête contre sa joue, la frottant doucement. Un instant paisible que tu voudrais se voir devenir éternité. Tu restes comme ça quelques secondes, avant de braquer à nouveau son regard dans le sien. « C’est comment, dehors ? » Sous-entendu en dehors de ta chambre, bien évidemment.


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Mar 5 Sep - 15:55

N'aies pas peur, je suis là.F05-678 & H05-999Être avec elle était vraiment le synonyme de paix. De tranquillité. Ce qui n’était pas arrivé depuis un petit moment. Voire jamais. Depuis que j’étais dans la Ruche, je n’avais pas réellement de souvenir d’avoir pût passer un aussi agréable moment. De loin sa présence dépassait celles de autres et rien ne l’équivalait. De sentir ainsi son corps tout contre le mien, de sentir sa tête contre ma joue, je me sentais merveilleusement bien. Perdu dans mes pensées, je baissais en revanche les yeux vers elle quand elle reprit la parole pour me questionner sur ce qui se passait dehors.

« Et bien c’est la panique. Certains essayent de profiter de toute cette pagaille pour trouver la sortie, d’autres se regroupent en attendant que ça passe, et d’autres s’enferment tout simplement. Il doit bien y avoir deux ou trois crétins qui essayent de terrifier les gens ou de vouloir se servir du noir pour s’en prendre aux autres. Jusqu’à présent, je suis pas mal resté dans ma chambre, je sortais dans le couloir pour écouter ce qui se passait, dans le noir personne ne se rendait compte que j’étais là. C’est ce que je fais en général, je passe juste le bout de mes doigts sur le mur depuis la porte de ma chambre et j’avance lentement comme ça. Dès que je sens une présence, une chaleur, j’arrête et j’attends. Ça prend du temps, c’est vrai, mais au moins ça permet d’écouter et d’avancer sans avoir de problèmes. »

Ça n’était pas nouveau, je ne faisais pas confiance aux gens. Surtout pas ici et encore moins dans une situation extrême comme celle-ci. L’être humain n’était pas forcément fait pour gérer des catastrophes dans ce genre, et autant dire qu’ici ça se vérifiait. Quant à savoir ce qui se passait réellement… Je n’étais sûr de rien, et même si, probablement comme tout le monde, j’avais bien entendu que la Ruche, ou du moins son système se remettait en route, tout cela s’apparentait à un énorme bug. Donc un outil informatique qui gérait la Ruche et l’Intelligence Artificielle. Probablement ce qu’il fallait atteindre pour pouvoir tout démonter et pouvoir rentrer chez nous. Ce qui n’expliquait pas en soit ces bugs qui étaient intervenues le mois passé. Je ne comprenais pas encore très bien comment fonctionnait l’endroit, bien que j’ai des millions de théories, je cherchais avant tout des informations de partout. Enfin, c’était le plan que je m’étais fixé. Avoir les bons contacts pour mieux se barrer. Et c’était plutôt compromis pour le moment.

Continuant de jouer avec les doigts de ma sœur, je fis la moue en reposant les yeux sur elle. Elle était bien plus en sécurité ici dans sa chambre avec sa lumière que dehors. Je préférais largement aller moi-même dans la gueule du loup si jamais elle avait envie ou besoin de quoi que ce soit plutôt que de l’imaginer se promener dans le noir toute seule. Et même, dans cette obscurité dévorante, je savais que si je sortais avec elle, je ne serais pas en mesure d’assurer sa protection. Sans possibilité de voir ce qu’il y avait autour de nous, je refusais tout bonnement de la mettre en situation de danger. Mes doigts glissèrent sur ses nombreux bracelets qui firent un léger bruit à leur passage. C’était assez beau, je devais le reconnaître, mais je ne comprenais pas pourquoi elle avait tout ça. Moi-même j’en avais quelques uns, mais c’était un bracelet de cuir à chaque poignet. J’étais certain qu’ils avaient une signification particulière, tout comme le yin que j’avais dans le creux du poignet. Sans doute les siens en avaient-ils aussi, mais laquelle ? En parlant de tatouage, est-ce qu’elle avait l’autre moitié, est-ce qu’elle avait le yang ? Délicatement, je pris son bras pour remonter la manche de son haut un peu avant la pliure de son coude, mais quand sa peau fut découverte, à la lueur de la lampe torche, je constatais tout autre  chose.

Pas de tatouage, mais une cicatrice. Une entaille profonde qui ne laissait pas de doute sur comment est-ce qu’elle était arrivé là. Lâchant doucement son bras, je pris l’autre pour m’assurer que lui était au moins vierge de cicatrice, mais le résultat fut le même. Et alors que j’avais sous les yeux une trace de la détresse profonde qu’avait été celle de ma sœur avant de nous retrouver là, mon estomac se contracta violemment. La culpabilité, encore. Pourquoi en arriver à cette extrémité là ? Qu’est-ce qui s’était passé ? Pourquoi ? Est-ce que j’avais été là pour arrêter ça ? Est-ce que c’était à cause de moi qu’elle avait fait ça ? Je me sentais en même temps furieux. Pas contre elle d’avoir essayé de mettre fin à son existence mais contre moi-même. Je n’avais donc pas su la protéger. Cette crainte que j’avais eu en la reconnaissance était vraie. Je n’avais pas su la protéger. De qui ? De quoi ? Pour la première fois depuis mon arrivée, je ressentais le besoin de me souvenir, de comprendre ce qui s’était passé. A nouveau, je reposais mon regard dans le sien, mes pouces passant doucement sur ses entailles, comme pour les apaiser, comme si mon contact pouvait les faire disparaître à jamais.

« Est-ce que tu sais ce qui t’es arrivé ? Est-ce que tu te souviens ? »

J’avais en même temps assez peur de la réponse. Peur d’apprendre qu’elle s’en souvenait. Peur d’apprendre que ce n’étaient les seules cicatrices qu’elle avait sur le corps. Apprendre qu’on avait osé faire du mal à ma sœur, à la chair de ma chair, à ma moitié. Peur d’apprendre que tout était de ma faute. J’étais à présent certain que j’avais merdé quelque part avec elle, que j’avais commis une erreur qui avait mit en cause sa sécurité et son bien-être. Tremblant légèrement, je posais mon front contre le sien sans cesser de caresser ses bras de mes pouces, sentant mon coeur se serrer violemment dans ma cage thoracique. J’aurais dû veiller sur elle. J’aurais dû mieux m’occuper d’elle.

« Pardonne moi… J’aurais dû être là pour empêcher ça. »

Rien ne disait que c’était bel et bien ma faute, et pourtant, j’étais certain d’être responsable de ça, d’une façon ou d’une autre. Elle avait souffert. Mon but était d’empêcher qu’elle souffre. J’avais faillis à mon devoir, c’était aussi simple que cela.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Ven 15 Sep - 12:12

N'aies pas peur, je suis là
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Il t’explique comment c’est, dehors, et tu ne peux pas empêcher un frisson de parcourir ton échine et de te donner la chaire de poule. T’imagines très bien comment c’est. Tu t’y vois clairement, à mesure que les mots fusent d’entre ses lèvres. Ça doit être l’horreur. L’anarchie. Ton esprit s’arrête devant une barrière que tu t’imposes lorsque ton imagination devient trop débordante sur toutes les atrocités que certaines personnes pourraient infliger à d’autres. Au final, t’as bien fait de rester dans ta chambre et de te faire froussarde. C’était surement la meilleure chose à faire et tu ne regrettes absolument pas ton choix. Car comme il le sous-entend, il est difficile de savoir qui est à ses côtés dans le noir. Et il est tellement aisé de se faufiler derrière une âme un peu trop innocente sur la pointe des pieds pour la mettre à sa merci… Tu fermes les yeux et les rouvres pour tenter de chasser tant bien que mal cette sensation qui parait plus vraie que nature. « Je vois… » seront les seuls mots qui réussiront à sortir d’entre tes lèvres vermeilles, ton esprit étant encore trop occupé à chasser l’ombre de souvenirs qu’il vaudrait mieux pour toi que tu continues à tenir à distance.

Ton regard se pose sur les doigts de ton frère qui jouent avec tes bracelets. Y’a un sourire triste qui se dessine sur ton visage tandis que tu te laisses bercer par la douce mélodie du métal frottant l’un contre l’autre. T’es tellement obnubilée par ce bruit qu’au final tu ne vois pas le coup venir. Ton frère qui agrippe la manche de ton pull et qui la remonte. Pourquoi fait-il ça ? T’es tellement prise de court que tu n’as même pas le réflexe de reculer ton bras pour l’en empêcher. Il est trop tard. Il l’a vu. Tu ne comprends pas son geste. Est-ce qu’il a eu vent de quelques rumeurs à ton sujet ? À voir son regard partagé entre la surprise et le choc, tu en doutes. Tu laisses ta bouche entrouverte, cherchant des mots qui ne viennent pas. Des excuses ? Une explication ? Ce n’est pas ce qu’il croit ? Alors c’est quoi ? Au final tu préfères te taire. Parce qu’il n’y a rien à dire. C’est explicite, la cicatrice au niveau de ton avant-bras parle pour toi. Tu ne lui en avais pas encore parlé, et pour dire vrai tu comptais le garder pour toi. Parce que tu ne voulais pas qu’il te voit comme ça. Qu’il ait cette image de toi. Qu’il ressente de la pitié à l’égard de cette sœur qui a tenté de se suicider en s’ouvrant les veines. Il ne dit rien non plus, mais il caresse ta cicatrice. Tu ne t’attendais pas à un tel geste de sa part, t’en reste pantoise. Il finit par découvrir ton deuxième bras, constatant sans surprise cette fois (du moins t’imagines) la même cicatrice. D’une voix tremblante il finit par te demander ce qui t’est arrivé. Si tu te souviens de quoi que ce soit. Tu secours négativement la tête face à sa deuxième question. « Non, fort heureusement pour moi. » Ton esprit semble maintenir ce mur infranchissable entre toi et tes souffrances. Entre toi et tes démons. Tu poses ton regard dans celui de ton frère, ampli de tristesse et de honte. Tu ne voulais pas qu’il le sache. Tu ne voulais pas lire en lui toute cette culpabilité dont tu ne comprends pas la source. « J’ai vécu des choses horribles. Des souffrances visiblement si intenses que j’ai préféré mourir plutôt que d’avoir à les supporter plus longtemps. » Ta voix est calme. Étonnamment. T’as accepté cette partie sombre de toi, pour le moment du moins. Ton regard passe de ton frère à tes poignets. Doucement, tu retires les bracelets de ces derniers, lui dévoilant ainsi les vestiges d’un emprisonnement. « J’ai été… Torturée. Si mon esprit semble toujours préservé, mon corps, lui, s’en souvient. » Tu lui tends tes mains, anciennement entravées par des cordes qui ont laissé des gravures dans tes chairs. T’as les mêmes marques au niveau des chevilles, ainsi que bien d’autres rappels douloureux de cette époque sur tout ton corps.

Il pose son crane contre le tien, et tu sens tout son corps qui tremble et qui se retient. T’as ton cœur qui se serre de le voir aussi mal. Il te fait de la peine. Et toi, tu te dégoutes. Il finit par murmurer de le pardonner. Qu’il aurait du te protéger et ainsi t’éviter tout ça. « Tu n’as pas à te faire pardonner. Tu n’y es pour rien, j’en suis persuadée. » Et tu y crois dur comme fer. Sinon tu n’aurais pas toute cette affection à son égard, tout cet amour pour lui. D’une manière ou d’une autre, tu lui en aurais voulu. T’aurais ressenti quelque chose de négatif à sa vue. Et ça, ça n’a jamais été le cas. Preuve qu’il est innocent dans cette histoire. Peut-être même victime tout autant que toi d’ailleurs. « Est-ce que… Est-ce que toi aussi, tu as des marques similaires ? » Tant que le sujet est déroulé, autant poser toutes les questions qui te viennent à l’esprit…


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Dim 17 Sep - 14:18

N'aies pas peur, je suis là.F05-678 & H05-999Elle n’en avait pas de souvenir. Et elle ne semblait pas vouloir en avoir. Vu les cicatrices, vu ce que ça sous-entendait, je pouvais le comprendre. Mais je voulais savoir. Je voulais comprendre ce qui lui était arrivé. Je voulais savoir pourquoi elle en était arrivée là. Fort heureusement, le Destin avait décidé qu’elle ne réussirait pas, elle était bel et bien là, avec moi. Elle me décrivait ce qui était encré dans sa chair, ce qui laissait comprendre ce qui lui était arrivé alors que mes doigts passaient sur ses cicatrices, sur chacune des traces insérées à jamais dans sa chair comme un baume pour apaiser ses souffrances, comme pour essayer de les effacer. Je me sentais trembler un peu plus, chacun de ses mots venant s’incruster dans mon être, autant qui sans vouloir le dire me répéter que je n’avais pas été là, que je n’avais pas su la protéger. Si j’avais été à ses côtés, j’étais certain que le corps de ma jumelle aurait été sauf, tout comme son esprit. Esprit qui, en plus de cette amnésie dont nous étions tous victime, semblait essayer de la protéger également. Autant j’avais le désir de découvrir ce qui s’était passé, autant je n’allais pas la briser pour le savoir. Ce besoin de savoir, cette vengeance qui commençait à naître en moi prenaient le dessus dans ma boîte crânienne, ne cessant de me répéter que je devais découvrir ce qui s’était passé et exterminé les responsables. Nouvelles tâches qui voulaient prendre le dessus sur tout le reste, sur cette pourtant urgence absolue qu’était de sortie de la Ruche. Et pourtant, le reste de mon être incitait ma tête au calme, de ne pas céder à l’impulsivité.

Malgré ses mots, malgré sa tentative pour me rassurer, la culpabilité reste bien là, venant elle aussi se graver sur ma peau, une encre invisible pour quiconque. Je lâchais ses poignets et ses bras doucement pour prendre son visage entre mes mains et déposer un baiser sur son front et sur le bout de son nez. Ça ne pourrait rien réparer, rien effacer, sauf dans son esprit. Elle savait maintenant que je ne la laisserai pas pour autant malgré tout ça. Mon instinct protecteur s’était même entièrement réveillé, s’il ne l’était pas déjà avant, c’était chose faite, en me faisant la promesse que celui ou ceux qui lui avaient fait ça payeraient. Mais ensuite à sa question, j’en oubliais presque cette vendetta, revenant au moment présent, et à cette fatalité qui m’était pour ainsi dire sorti de la tête. Mon corps aussi été marqué. Rien de comparable aux siennes et qui ne me donnaient pourtant pas le moindre fil directeur pour affirmer une partie de mon passé.

« Similaires, non, mais mon corps est abîmé aussi. Partout. Il n’y a pas une zone en particulier, pratiquement tout mon corps et touché. »

Sans plus d’explication, je déposais ses doigts le long de mon cou, les dirigeant vers ma jugulaire, là où il y avait celle qui semblait la plus récente, la plus fraîche. Une blessure qui aurait pût être fatale.  Je n’étais pas particulièrement fier de celle-ci, elle sous-entendait que j’avais été assez faible pour frôler la mort. Ensuite, et après avoir de nouveau lâcher ses doigts, je relevais la manche droite de mon haut pour lui faire sentir l’entaille qui s’y trouvait. Elle aussi tout aussi boursouflée que la première qui suggérait qu’elle avait été profonde. Pour la suite, je retirais complètement mon vêtement pour lui montrer et toucher les diverses cicatrices sur mon torse, sur mes côtes, au niveau de l’estomac, jusqu’à la ceinture. Et pour finir, je me tournais sur le canapé, lui dévoilant des marques aussi vives que celles autour de ses poignets. Des traces de fouets. Jusqu’ici, je ne m’étais pas questionné sur leurs origines, vu mon penchant pour la douleur, je soupçonnais des plaisirs charnels, mais avec cette information sur sa captivité… Je commençais à me demander si quelque chose du même acabit m’était arrivé.

« J’ai aussi des traces de brûlures sur les cuisses, et quelque chose qui ressemble à un trou de balle sur le pied gauche. Le reste sont des comme ce que j’ai sur le torse, sur les jambes. Et au niveau des fesses aussi. Mais je ne vais pas te les montrer celles-ci. »

J’avais tourné la tête pour lui parler, mais je lui fis à présent de nouveau face, sans remettre mon haut, lui laissant observer toutes ces marques. Dans son regard un peu plus tôt, j’avais sentit quelque chose que je n’avais pas aimé : le dégoût. Pas un dégoût envers moi, un dégoût envers elle-même. Et ça, je ne le supportais pas.

« Nous sommes tous les deux abîmés. J’ignore ce qui nous est arrivé, je ne sais pas si nous étions ensemble quand c’est arrivé, mais ça n’a plus d’importance maintenant, d’accord ? Jamais plus je ne laisserai quelqu’un te faire du mal. Je t’en fais la promesse. Je te protégerai. Toujours. »
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Sam 23 Sep - 14:18

N'aies pas peur, je suis là
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Lui aussi a été marqué. Potentiellement traumatisé. Ça te fait bizarre de te dire que ton frère aussi y est passé. Que lui aussi a vécu des sévices dans son passé. Parce que tu ne l’aurais pas soupçonné. Parce que dans son attitude rien ne laisse place à la souffrance ou à la peur. Toi ça se voit à deux kilomètres que t’es pas bien dans ta peau et que t’as des secrets bien enfouis en toi. Mais lui… Il parait tellement sûr de lui. Tellement imposant. Tellement invulnérable. Y’a de la surprise qui se peint sur ton visage tandis qu’il t’avoue avoir un corps abimé. Qu’il n’y a pas qu’une zone en particulier mais que c’est tout son corps. « Tout comme moi… » que tu souffles dans un murmure tandis qu’il baisse légèrement son pull pour te montrer sa jugulaire. La lumière dans la pièce est faible mais tu perçois sans difficulté la zone qu’il veut te montrer. Du bout de tes doigts te voilà qui caresses la boursoufflure. L’infime cicatrice révélant qu’il est passé à deux doigts de la mort. Y’a un frisson qui te parcourt à cette constatation. Il en est fallu de peu pour que jamais tu ne retrouves ton frère ici.

La démonstration s’enchaine et il te montre ensuite son épaule. Puis il enlève carrément son pull pour que tu puisses détailler toutes ses cicatrices. Toutes ses traces de violence et de souffrance. Il ne semble pas particulièrement touché par ces dernières. Ou pas autant que toi en tout cas. Il te les énumère avec calme, tandis que toi intérieurement tu te décomposes. Il t’impressionnera toujours. Avec sa retenue, avec sa sérénité apparente. Il assume son corps victimisé et probablement torturé. T’as presque les larmes aux yeux quand il finit par te montrer son dos. Le clou du spectacle. Tu restes sans voix face aux marques ancrées dans sa chair qu’il arbore. Des coups de fouet. Là encore tu caresses ses marques avec tes doigts, comme pour les mémoriser et les assimiler. Peut-être aussi pour te rassurer et te dire qu’elles sont réelles. Que lui aussi était dans le même bateau que toi, dans la même galère, et qu’il s’en est pourtant sorti.

Il finit par se remettre droit dans le canapé et par braquer son regard dans ta direction. Tu ne sais pas trop quoi penser de tout ça, de toutes ces révélations. Tu pensais être la seule à avoir subi ces traumatismes, mais visiblement tu te trompais. Tu culpabilises de te sentir aussi mal, d’avoir si peu confiance en toi quand bien même ton frère, lui, assume ce qu’il est. Tu te dégoutes. Encore et toujours. Ses petites attentions, ses caresses et ses baisers n’y pourront malheureusement rien changé. Toi tu es faible, tu t’es laissée happer par tes souffrances et tes traumatismes, alors que ton frère, quant à lui, a réussi à surmonter tout ça. Tu te fais honte. C’est tout. Y’a un petit sourire qui se dessine quand il te parle de ses fesses qu’il ne souhaite pas te montrer. Cette manière dérivée de faire de l’humour pour tenter de détendre l’atmosphère ne te réussit pas tellement, mais tu fais au moins l’effort de faire semblant. La vérité c’est que t’es complètement détruite par ton passé. Que tu t’en souviennes ou pas. « J’ai aussi des marques sur tout le corps. Des mégots de cigarettes éteints sur ma peau, des vestiges des liens qui entravaient mes membres, des cicatrices le long de mes cuisses et de mon bas ventre faites je pense au couteau… » Tu finis par te taire dans tes énumérations, parce que tu sens la colère monter du côté de ton frère. La liste de tes sévices serait trop longue pour lui et surement trop insupportable. Tu ne retires pas tes affaires pour les lui montrer, parce que t’es trop pudique et que tu ne t’acceptes pas tel que tu es. Et puis tu ne veux pas imposer cette image à ton frère. Déjà qu’il culpabilise alors qu’il ne devrait pas…

Ses mains viennent encadrer ton visage tandis qu’il essaie de te rassurer tant bien que mal. Son petit discours te touche, et tu te surprends à constater les larmes dévaler le long de tes joues. Tu ne voulais pas pleurer, tu voulais essayer d’être forte, comme lui. Mais tu n’as pas réussi. Encore un échec. Il te dit que tout ça appartient au passé, que ça n’a plus d’importance et qu’à présent plus rien ne t’arrivera. T’y crois à ce qu’il te dit, dur comme fer. Et pourtant tu n’arrives pas à te sentir mieux. Tu n’arrives pas à sentir tes épaules s’alléger d’un poids. « Je suis désolée… » que tu murmures tandis que tu essuies tes larmes à la hâte et que tu te détournes de son étreinte pour fuir son regard. « J’aimerai tellement être aussi forte que toi. » Cette constatation claque dans l’air tandis que tu croises tes bras au niveau de ta poitrine et que tu te renfermes sur toi-même à l’image d’une coquille. « Je n’arrive pas à faire comme si il ne s'était rien passé, à faire table rase sur le passé et à profiter de cette amnésie pour prendre un nouveau départ. Les souvenirs reviendront, je le sais. Ce répit n'est donc que de courtes durées, et je redoute de replonger dans les abysses de mes mauvais souvenirs... Je vis dans la crainte perpétuelle et je n'arrive pas à profiter. C'est idiot. » Faible un jour, faible toujours. Non ?


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Mar 26 Sep - 12:51

N'aies pas peur, je suis là.F05-678 & H05-999Est-ce que cela signifiait que nous avions été torturé ensemble ? Était-ce pour cela que je me sentais autant responsable ? Était-ce de cela dont je me sentais responsable ? Pourtant, j’avais l’intiment conviction que j’ignorais qu’elle avait été torturé. Cette effroi qui m’avait submergé en découvrant ses cicatrices était suffisamment parlant. Elle avait été physiquement entravé. Je n’avais pas de telles marques. Mes poignets et mes chevilles ne portaient aucune trace de chaînes, de cordes ou autre. Je n’avais pas été retenu prisonnier… ? Ces nouvelles découvertes ne faisaient que soulever plus de questions encore qu’auparavant. Que nous était-il arrivé ? Elle était beaucoup plus affecté que moi, mais au fur et à mesure qu’elle me dévoilé, verbalement, ce qu’elle avait découvert sur sa peau, ce que cela signifiait, je comprenais nettement pourquoi. Il y avait là quelque chose de révoltant, qui faisait encore plus bouillir la colère en moi. Pourquoi lui avait-on infligé tout cela ? La mention des traces sur son bas-ventre me fit serrer les dents. Bien que je ne le voulais pas, de nouvelles suppositions naquirent dans mon esprit, des choses qui donnèrent un sens au fait qu’elle avait essayé de se tuer, avant la Ruche. Elle ne le dit heureusement pas, mais il était certain qu’elle avait elle-même compris ce qui lui était arrivé. Et je n’arrivais pas à l’accepter. La culpabilité ne faisait que s’accroître après une telle nouvelle. J’étais responsable de tout cela. D’une manière ou d’une autre c’était moi qui avait provoqué cela, j’en étais certain. J’ignorais encore pourquoi et comment, mais c’était une certitude. Autant que l’était notre lien de sang.

J’essuyais les larmes qui coulaient le long de ses joues, répétant la chose autant que cela était nécessaire. J’étais totalement démuni face au chagrin et à la douleur de ma sœur. Je comprenais que trop bien qu’elle ne veuille pas ce souvenir de tout cela. A sa place, je ne le voudrais pas non plus. Et c’était bien parce que je n’avais pas connu ce qu’elle avait connu aussi que je ne craignais pas pour ma part de me souvenir. Si avant ça m’était égal, maintenant je souhaitais comprendre. Comprendre au moins pourquoi j’avais toutes ces cicatrices qui ornaient mon corps. Une minuscule partie de mon passé commençait à s’éclairer, et il semblait que ce n’était pas la partie la plus agréable. Alors que ma jumelle commence à s’excuser, doucement, j’embrassais chacune de ses joues, poursuivant ma chasse aux larmes, elle s’arracha pour ainsi dire à mes bras, se détournant complètement de moi. Je restais alors là, les bras ballants, face à mon incapacité la rassurer, à la réconforter. Je ne pouvais que l’écoutais, et me sentir d’autant plus coupable. Je gardais cependant mon calme autant que possible, ne voulant pas qu’elle prenne ma colère pour elle, et ne voulant surtout pas la retourner contre elle. Et puisqu’elle s’était complètement refermée, je comprenais que tenter de briser cette coquille qu’elle s’était créer n’aiderait pas. Je me penchais quand même pour embrasser son omoplate avant de me rhabiller.

« Sans te mentir, je ne sais pas pourquoi je suis tel que je suis. Je l’ai peut-être toujours été, ou j’ai été façonné comme ça, je n’en sais rien. Une chose est sûre, je ne te demande pas d’être aussi forte que moi. Je veux surtout que tu restes à mes côtés, peu importe la douleur des souvenirs qui reviennent. Sans toi… je sais qu’une partie de moi va disparaître à jamais. Je te le jure que je serais toujours là pour toi, je te protégerai, quoi qu’il en coûte. Je veux que tu vives, que tu survives. Je vais nous faire sortir de là. Je te le promets. On va sortir de là. »

Plus que jamais j’étais déterminé à sortir, même si je me doutais que le retour à la réalité serait synonyme de retour des souvenirs, et que ce serait quelque chose de difficile pour elle. Soupirant légèrement, je pris la lampe pour la braquer vers le mur face à nous, créant un véritable écran de lumière. Une idée alors me vint. Bien que je ne sache pas du tout si cela pourrait lui faire du bien ou non. Je posais la lampe sur le canapé à côté d’elle et me glissais par terre, mon épaule gauche au niveau de la lampe. Cette petite chose m’inspirait, me dirigeait à faire quelque chose. Peut-être que c’était quelque chose que nous faisions avant, où est-ce que c’était juste l’inspiration du moment ? Je passais une devant la lumière, souriant comme un enfant de la voir format agrandit sur le mur. Alors je commençais à la tordre légèrement, pour voir les formes possibles. Ça ne donnait pas grand-chose au départ, mais en rajoutant mon autre main, je parvenais plus ou moins à créer les images d’animaux. C’était plutôt intéressant en fait. Et ludique. Et les gestes me venaient presque naturellement. Après quelques essais, je relevais donc la tête pour voir si ma sœur regardait ce que je fais pour capter son regard avec un léger sourire.

« Regarde, petite histoire. Celle du petit lapin qui va se transformer en loup. »

Aucune cohérence, mais ce n’était de toute façon pas important. Je formais donc avec mes mains l’ombre d’un lapin, ou plus exactement la tête d’un lapin, la faisant passer de droite à gauche avant de faire une boule avec les deux mains pendant quelques secondes pour en faire ressortir la tête d’un chien avec une oreille pliée et la langue tirée. C’était étrange, mais faire ça m’apportait une forme de calme. Bien que je n’ai rien oublié de ce qu’elle m’avait dit et que la culpabilité ne s’efface de toute façon pas par magie, mais il y avait là dans cet espèce de jeu enfantin un réconfort que je n’expliquais pas.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Dim 19 Nov - 11:21

N'aies pas peur, je suis là
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Être à ses côtés. Peu importe les souvenirs qui refont surface et qui te submergent. Comment pourrait-il en être autrement ? Comment pourrais-tu ne pas sombrer s’il n’est pas à tes côtés ? Il est trop important pour toi, trop précieux. Vital. Tu ne te vois pas t’éloigner de lui, quand bien même des souvenirs douloureux pourraient revenir. Parce que c’est lui, ta bouée. Parce que si jusqu’ici tu n’as pas encore été engloutie par tes peurs, c’est en grande partie grâce à lui. C’est ton sauveur. Celui qui sait trouver les mots justes et t’apaiser. Avec lui, tu te sens plus forte. Plus sereine. Et ça, c’est pas rien. « Je m’imagine pas avancer sans toi. » Tu n’imagines pas la vie sans lui tout court. Tu te demandes comment c’était, avant. Comment tu as fait pour sombrer alors qu’il était à tes côtés. Tu portes un regard distrait vers les cicatrices qui ornent son corps. Et s’il n’était pas avec toi ? Et si vous aviez vécu des sévices différents ? Est-ce que c’est seulement possible ? Tu laisses cette hypothèse en suspend, préférant ne pas trop creuser dans ton passé oublié. Ne pas tenter le diable. Ne pas brûler tes ailes en t’approchant trop près de la lumière.

Sortir de là. Il te le promet. T’as un frisson qui te parcourt l’échine. Pour y découvrir quoi ? Des ruines ? Des malheurs, des souffrances ? De la solitude ? Qu’il y ait un risque d’être séparé de lui, encore une fois ? Tu ne sais pas ce que tu veux. T’es perdue. T’as la nausée qui pointe au bord de tes lèvres, à force de trop pleurer. Tu te sens mal. C’est profond, ancré en toi. Une blessure qui ne cesse de saigner et qui ne cicatrisera jamais. Un trou béant, insatiable. « Pour y trouver quoi ? » Un souffle. Un murmure. Du pessimisme, encore et toujours. Tu n’oses pas poser ton regard contre le sien. T’as peur d’y lire de l’incompréhension et de la déception. « Et s’il n’y avait plus rien pour moi, dehors ? » C’est ridicule de penser ça. Parce que Hive, cette Ruche, c’est clairement pas la vie. Ici, vous êtes emprisonnés. À la merci d’Intelligences Artificielles. Mais est-ce que c’est pas pire au-delà de cette infrastructure ? Et si la réalité, elle était trop dure à accepter ? Et si c’était pas mieux ici ? « Et s’il n’y avait plus rien du tout ? » T’y penses toujours, à cette hypothèse que tout ne soit que ruines et cendres dehors. Tu sais très bien que cette hypothèse a été mise à mal à bien des reprises et par bien des explications, mais toi, naïvement, tu t’y accroches encore. « Et si c’était pas mieux, de rester ici ? Dans notre amnésie ? Est-ce que je suis la seule à penser ainsi ? À autant redouter l'extérieur ? » Au fond, c’est bien ça, le problème. T’as peur de te souvenir. Du coup, t’oses pas imaginer pouvoir sortir. Tu préfères rester dans le déni et enfouir ta tête dans le sable pour ne pas accepter ce qui semble être une évidence.

Le silence s’installe. Puis il s’écarte de toi pour aller s’assoir par terre. Au début, tu penses l’avoir blessé. Tu penses qu’à trop l’avoir repoussé tu aurais eu ce que tu méritais. Tu t’apprêtes à le retenir, mais tu vois qu’il braque la lumière contre le mur et qu’il commence à faire des ombres chinoises. Tu restes un instant sans voix, fixant le mur qui s’anime au grès de l’imagination de ton frère. Ça titille ton esprit, cette histoire. Comme un souvenir latent qui ne demande qu’à sortir. Tu laisses ton frère parler. Observes ses doigts s’agiter. Et puis y’a comme un flash. Comme une explication qui surgit dans ton esprit. « Tu me racontais déjà cette histoire quand on était petits et que je n’arrivais pas à dormir parce que j’avais peur du noir. » Le petit lapin chétif qui apprend à accepter ses peurs et qui devient un loup fort et courageux. C’est stupide comme histoire et pas très réaliste, mais à l’époque, ça t’avait fait beaucoup de bien. Créature qui n’est plus la proie de ses démons mais plutôt le prédateur.


©️ Gasmask

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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Mer 6 Déc - 12:59

N'aies pas peur, je suis là.F05-678 & H05-999Ses peurs, ses craintes sur l’extérieur, je pouvais les comprendre. Je ne les avais pas, ni ne les avais eu, mais je m’étais posé des questions. En voyant, même si actuellement nous étions plongé dans le noir le plus complet, nous avions quelques avantages dans cette Ruche. Piscine, salle de sport, aire de jeux, espace vert, en dehors des quelques règles de vie strictes et absurdes, nous n’étions pas maltraités. Soumis à des conditions étranges, plongés dans des situations ironiques, comme actuellement, mais à mon sens rien de bien méchant. Le pire là-dedans était cet emprisonnement. Impossible de trouver la sortie, de sortir tout simplement. Et ça, je ne l’acceptais pas. Je n’acceptais pas de rester enfermer, je ne le supportais pas. Même si je ne laissais rien paraître et que jusque là, je me montrais patient, je n’avais pas l’intention de rester enfermer. Et si tout n’était que ruine dehors, et bien soit. Je ne doutais pas de ma capacité d’adaptation, après tout, je n’avais ressentis aucune difficulté en me réveillant dans la Ruche, je m’étais mis dans le bain assez vite. S’il fallait tout recommencer depuis le début, ce n’était pas un problème pour moi. Cette différence entre nous deux creusa encore une fois de plus des questions que préférais mettre de côté. Et pour le moment, je n’avais pas les bons mots pour la rassurer. Mais peut-être que j’avais les bons gestes.

Ma petite histoire avait l’air de lui plaire. Et quand elle expliqua la source de ce conte, je me retournais vers elle, abandonnant pendant quelques secondes pour la regarder. Quand nous étions enfant et qu’elle avait peur du noir… Oui… Mais oui ! Je n’étais pas plus rassuré qu’elle, mais suffisamment pour vouloir la rassurer et chasser ses peurs. Comme quoi, cet instinct de protection n’était pas nouveau. Avec un grand sourire, je me décalais pour me rapprocher d’elle, reformant le lapin avec mes doigts.

« Exact, avec une lumière plus faible qu’une lampe torche. On dormait dans le même lit à cette époque. »

C’était étrange. Je me souvenais de ça, j’en étais certain, c’était bien un souvenir réel, mais il me paraissait particulièrement flou. Et très lointain. Comme une image pleine de brouillard. Avec une peur qui était logé dans mon ventre. J’étais au final aussi terrifié qu’elle, mais dans ma tête, il fallait que je sois fort, pour elle. On vraiment petits. Un souvenir lointain mais doux. Témoin de notre complicité déjà particulièrement forte. Laissant mon esprit fouiller ces images, les yeux sur l’ombre, je faisais sauter le petit lapin, le faisant se tourner, même si c’était assez douloureux de contorsionner les doigts et les mains comme ça, pour ensuite le faire se changer de nouveau en loup, un loup qui hurle à la lune. Le tout accompagner de petits sons, pour agrémenter ma petite histoire. Pourquoi les ombres chinoises d’ailleurs ? Pourquoi pas en dessin, ou même un livre ? Enfin, c’était ce que tous les enfants devaient avoir chez eux, non ? Surtout que les ombres chinoises, pour des gosses, c’est pas ce qu’il y a de plus facile. D’ailleurs, pourquoi est-ce que j’avais cette facilité avec. Basculant la tête en arrière, qui se posa sur son genou, je plongeais mon regard dans celui de ma sœur, ou plutôt ce que j’en devinais, reposant mes mains sur mes jambes.

« Vas-y, raconte moi une histoire toi aussi. »

Peut-être qu’elle aussi avait cette facilité ? Peut-être que c’était une chose que nos parents nous avaient appris à faire ? Même si elle ne voulait pas se souvenir d’avant, les souvenirs d’enfance ne semblaient pas si terribles, peut-être que ceux-là, elle accepterait de les revoir faire surface. Et si en plus, ça pouvait chasser ses inquiétudes quant à l’extérieur, nous faisions une pierre de coup. C’était aussi ma façon de lui montrer qu’elle était importante pour moi, qu’elle pouvait aussi me soutenir et m’aider. Tout n’allait pas uniquement dans un sens. Même si j’avais cet instinct ultra protecteur envers elle, j’avais le très net sentiment qu’elle avait toujours les mots pour me remettre sur le droit chemin. Je la protégeais, elle me rassurait. Complémentarité évidente.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Dim 28 Jan - 17:43

N'aies pas peur, je suis là
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Il garde le silence quant à tes questions. Quant à tes doutes et tes incertitudes. Tu ne sais, dans un premier temps, pas quoi penser de ce silence. De ce refus de réponses. Bien évidemment, il ne doit pas savoir ce qu’il se passe dehors. Comme tout le monde ici. Mais le fait qu’il ne te tente pas de te rassurer te met mal à l’aise. Enfin, c’est difficile à expliquer. Mais disons que ça te rassure encore moins et que ça t’hérisse le poil. Et s’il pensait, tout comme toi, que tu n’étais pas prête pour aller dehors ? Et s’il pensait que tu étais une faible, une ratée ? Un boulet ? Le pessimiste et les doutes reviennent au galop, plus nombreux que la fois précédente. T’en aurais presque envie de pleurer. T’es qu’une nulle. C’est tout. Tu te fais pitié, et ça ne t’étonnerait que ton frère aussi, il finisse par avoir pitié de toi. Si c’est pas déjà fait, bien évidemment… Tu pousses un profond soupir tandis qu’il joue avec la lampe, tentant tant bien que mal de garder la face et de ne pas montrer que son silence t’a affecté plus que de raison.

Finalement, il se met à faire des ombres chinoises, et en regardant ses doigts s’activer devant la lumière chaude de la lampe tu te mets à oublier toutes tes craintes et tous tes tracas. Vous n’êtes plus dans cette chambre obscure, il n’y a plus ce blackout autour de vous et vous êtes à des années lumières de la Ruche. Vous êtes deux gamins, très jeunes, qui jouez dans une chambre des plus vétustes avec un petit lit à vous partager. Il a raison, ton frère, dans ses dires. Parce qu’à mesure qu’il parle, tu te revois là-bas. Dans un autre temps, une autre époque. « C’était une lampe à huile. » que tu murmures tandis que tu te rappelles la scène. Tandis que tu la vis. Ta voix semble lointaine, portée par les flots du souvenir qui t’assaille. « On l’utilisait quand il n’y avait plus d’électricité… » Un instant ta voix se perd, tes iris fixant le mur et laissant défiler les ombres chinoises qui se succèdent en silence. « Quand il y avait des bombardements… » Tu ne fais pas vraiment attention à ce que tu dis. Ou du moins pas sur le coup. Des bombes. Tu les entends siffler à tes oreilles. Souvent lointaines, mais pas pour autant moins effrayantes. Voyant que tu frôles un souvenir peut-être un peu trop douloureux, tu t’extirpes de tes pensées, posant ton regard vers ton frère. Tu n’ajoutes cependant rien, préférant te lover contre lui tout en plaçant tes bras sur son torse.

Il te demande de raconter à ton tour une histoire. Est-ce que tu en connais seulement une ? Sur le coup, il n’y a rien qui te vient. Rien qui te paraisse évident. Mais tu décides de te prêter au jeu. D’essayer. De laisser libre court à ton imagination. Tu quittes le corps de ton frère pour te rapprocher de la source lumineuse. Et tu t’exécutes. Tes doigts deviennent ourson, écureuil ou encore oiseau. T’es habile dans tes combinaisons. Précise. Comme si c’était intégré dans ton corps. Mémorisé depuis des années et enfoui profondément depuis. « Voilà maman ourse qui se ballade en forêt avec petit ours. En chemin ils croisent la route d’un écureuil et d’un cerf… » L’histoire continue tandis qu’avec agilité les personnages prennent vies au fil du récit. À la fin de ce dernier, tu portes ton regard vers ton frère, tout sourire. « Merci d’être venu. Ça fait du bien. » Ça te remonte le moral et ça te redonne de la force pour continuer à te battre pour survivre. Tu laisses la lampe prêt de vous tandis que tu t’allonges à ses côtés et que tu te blottis de nouveau contre lui. Tu te sens bien à ses côtés, t’es rassurée. Et c’est bien un des seuls moments où tu te sens aussi légère. Le silence prend rapidement place autour de vous, tandis que tes yeux se ferment avec une lenteur de plus en plus marquée. Tu vas finir par t’endormir, si ça continue.


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Ce n’est pas que je suis triste mais je n’ai pas envie de woupidouwa. Ce n’est pas à cause de lui qu’j’suis dans cet état. C’est pas parc’ qu’il m’a fait du mal que j’n’ai plus le moral. J’ai décidé de ne plus y penser mais j’crois qu’j’ai besoin d’avoir mal pour exister. J’ai fait le tour de tout ce qui me rongeait et j’ai fini par trouver. Y en a marre de m’faire avoir.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   Dim 4 Fév - 18:53

N'aies pas peur, je suis là.F05-678 & H05-999Malgré notre gémellité, malgré toutes nos similitudes, malgré notre complicité, malgré notre fusion, je savais qu’il y avait un gouffre entre nous. Je n’en connaissais ni la cause ni les conséquences sur notre vie passée, mais c’était indéniable. Le monstre et la victime. Et non pas sa victime. Aussi monstrueux puis-je être, j’étais certain d’être incapable de lever la main sur elle. Jamais je ne pourrais lui faire du mal. En fait, je me refusais même à lui montrer ce qu’il y avait vraiment au fond de moi, alors lui en apporter la preuve… Les souvenirs n’étaient pas nécessaire pour avoir cette certitude, ça aussi, ça faisait partie de moi. Tout comme le lien qui nous unissait. Il y avait des choses comme ça qu’on sentait, qui n’avaient pas besoin de preuves. Si moi-même je le sentais, elle aussi, même si elle ne devait pas se rendre compte de ce qui nous séparait, et sans doute pas pourquoi non plus. Malgré sa peur dévorante, sa fragilité, ma sœur n’était pas idiote, elle avait suffisamment de réflexion, elle était intelligente. Je n’avais pourtant pas le courage de lui faire part de la vérité. Je craignais de lui faire peur, de la perdre totalement. Ce serait la pire des choses qui pourrait m’arriver, perde ma moitié.

Je l’écoutais alors poursuivre l’évocation des souvenirs, la lampe à huile, les bombardements. Ça, je ne m’en souvenais pas. Et ce même si elle l’évoquait. Ou peut-être que dans mon cerveau, ce n’était qu’un détail. Un détail qui pour ce moment là ne me semblait justement que détail. Ou alors ce détail ne me faisait pas encore écho, parce que d’autres étaient bien plus important à mes yeux. La guerre faisait peut-être bien aussi partie de moi, peut-être même un peu trop pour que je m’en préoccupe. En essayant de pousser un peu les choses, je comprenais surtout que j’avais fait abstraction de cela, de cette chose, des horreurs que cela voulait dire que nous avions vu, peut-être connu. Un monde en guerre. Et pourtant, je doutais vraiment avoir grandit dans cet environnement. Je n’avais pas ce sentiment. Est-ce que nous avions été séparés tous les deux ? J’en doutais aussi. Enfin, sur l’enfance en tout cas. La vie avait fini par nous séparer, c’était certain, et c’était plus ce qui m’intéressait. Là encore, je ne disais rien, est-ce qu’elle en avait conscience ? Peut-être, peut-être pas. En tout cas, ce souvenir lui faisait peur à elle, elle s’était rapprochée, elle était à présent tout contre moi et serrait ses bras autour de moi. J’aimais ça quand on était aussi proche. J’aimais qu’on se faisait des câlins, quand on partageait des moments aussi tendres.

Nous échangeons presque nos places, elle proche de la lumière, moi je me poussais surtout, ayant posé une main sur son genou, à la fois pour lui montrer que je ne partais pas, mais aussi pour garder un contact avec elle. J’en avais besoin. Tant que j’étais avec elle, même si ce n’était que deux doigts liés, j’avais besoin de sentir sa peau contre la mienne, ou au moins une légère pression de son corps. J’écoutais son histoire, tout aussi simple que la mienne, mais je découvris alors qu’elle était très douée avec les ombres chinoises. Un nouveau fait. Ce jeu, ou cet hobby, nous l’avions toujours connu, il faisait partie de nous. Un moyen pour nous de se rassurer à cette époque, alors qu’à présent, ce serait un moyen de retrouver les souvenirs, la mémoire. Dans ce noir complet, il faisait les deux à la fois, même si nos peurs n’étaient pas les mêmes. Elle craignait quelque chose, peut-être quelqu’un, elle ne me donnerait pas la personne, je le savais. La preuve, elle n’avait pas voulu continuer d’évoquer ce souvenir, est-ce que sa peur datait de là ? Est-ce que les cicatrices sur ses poignets pourtant très fraîches étaient la preuve d’années de tourments qu’elle ne pouvait plus garder ? Quand elle laissa reposer ses mains, qu’elle s’allongea contre moi, je serrais automatiquement autour d’elle, ma si frêle petite sœur. Je caressais ses cheveux, son dos, ses bras sans rien dire après ses remerciements. Elle n’avait pas besoin de le faire. C’était naturel. Je me devais d’être là pour elle.

« Je serais toujours là pour toi. Toujours, et surtout quand tu as besoin de moi. N’hésite pas à venir me voir, même si tu n’as besoin de rien. Tu es ce que j’ai de plus précieux, je te protégerais toujours... »

Même si ça n’a pas toujours été le cas... ce que je ne cessais de penser tout en parlant. Mes mots étaient doux, presque murmurer alors que je la voyais en train de s’endormir. Raison supplémentaire pour que je veille sur elle, que je sois son bouclier. Je l’aiderais à lutter contre sa peur, je l’aiderai à affronter tout ce qui la fait trembler. Et nous pourrons ensemble sortir de là. S’il y a possibilité de survire dehors. Sinon, alors je l’aiderai à vivre dans cette hostilité, mais je ne ferais pas d’elle ce que je suis. Jamais.
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MessageSujet: Re: [Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678   

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[Blackout] N'aies pas peur, je suis là - ft F05-678
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