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 From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez

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MessageSujet: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Dim 17 Sep - 16:56

From now,
you never will be safe again.
Les lumières de l’ambulance et des voitures de police. Celles poussées à bloc du temple pour facilité le travail des inspecteurs, plus les quelques bougies que je n’avais pas encore éteinte. Les conversations des personnes présentes, le bruit des flashs des appareils photos, les sirènes qui continuaient de rugir malgré les épais murs. Les bruits de pas. Et pourtant, tout ce que j’entendais, c’était ce coup de feu. Encore et encore. Et ce qui avait suivit. Le corps sans vie qui tombe. Et ce regard. Le regard du tireur. Malgré son arme, son but n’était pas de tué, je l’avais lu dans ses yeux. Pourtant, un homme avait bien perdu la vie dans la maison de Dieu.
Assis sur un des bancs du milieu, les mains tremblantes, je détournais obstinément le regard du corps étendu sur le sol devant l’autel. Mes mains tremblaient sans que je parvienne à les arrêter. Elles portaient la trace de l’impact, du sang du défunt quand j’avais essayé de prendre ces signes vitaux. Sur mon visage, je sentais également des projections de ce sang… et autre. Je n’avais rien touché. On m’avait demandé de ne pas me laver, de ne surtout touché à rien et d’attendre. Depuis, je n’avais tout simplement plus bougé, sonné, choqué, par ce qui venait de se passer. Je n’en croyais pas mes yeux. Je n’étais pourtant pas dupe, je connaissais la capacité de l’être humain à commettre des atrocités, mais je ne m’étais jamais dit que j’assisterai un jour à cela. La mort d’un homme, de façon si violente, si brutale. Et pourtant, involontaire. Je n’avais pas de mot pour décrire le sentiment d’impuissance, d’horreur que je ressentais. Le dos contre le dossier du banc, j’observais ces mains tremblantes qui ne semblaient même plus m’appartenir, elles seules traduisaient la panique qui m’envahissait. Il fallait que j’appelle à la maison… S’il venait à apprendre ce qu’il s’était passé sans savoir qui était la victime, il allait paniquer… Pourtant, je n’arrivais même pas à faire le mouvement pour reprendre mon portable dans ma poche. Par peur de le salir, étrangement aussi. Alors qu’il portait déjà des traces rouges sur son écran. Mes pensées partaient dans tous les sens, elles n’avaient plus aucune logique.

Le bruit des portes du temple qui claquent me firent sursauter. Un nouveau groupe de personne venait d’entrer. Je ne me retournais pas pour autant, craignant tout un tas de choses aussi absurdes que pourtant aussi réelles qu’un meurtre ayant lieu sous mes yeux dans mon église. Pour essayer de calmer mes mains, je les serrais entre elles entre mes jambes et baissais légèrement la tête, les yeux clos. Une prière. Non pas pour moi, mais pour le pauvre homme au sol que Dieu allait accueillir à ses côtés. Seigneur, il fallait que je prévienne sa famille ! Je le connaissais assez peu, ça ne faisait pas longtemps qu’il venait en ce lieu, à peine quelques fois les dimanches, ou juste le soir pour faire une prière. Dans ce cas de figure, il était toujours seul, dans son costume trois pièce comme tant d’hommes d’affaires en ville. Le dimanche, c’était en famille qu’il venait, une femme dans la quarantaine, qui elle venait me voir pour m’apporter des gâteaux ou autre, bien qu’elle prenne toujours garde à ce que ses enfants ne soient pas trop prêts de moi, sait-on jamais. Leurs enfants. Des bambins de cinq et huit ans, fille et garçon, toujours tiré à quatre épingles pour venir alors qu’ils passaient leur temps à tirer sur leurs vêtements trop serrés tout le long du sermon. Dans le dos de leur mère, je leur donnais des petits livres de coloriage pour s’occuper. Elle croyait encore qu’ils les volaient. Comment est-ce que j’allais lui annoncer ça ? Est-ce que nous pourrions toujours accueillir les fidèles demain ? Et dans les prochains jours ? Il allait falloir organiser les funérailles. Encore une fois je sursautais, mais parce qu’on venait de poser une main sur mon épaule. L’auteur de ce geste n’était que le policier qui m’avait dit quelques instants plutôt qu’on allait prendre mon témoignage, à moins que ce ne soit des heures auparavant… ?

« Révérend, voici le Lieutenant Rodriguez. Elle va vous posez quelques questions et écoutez votre témoignage. »

Je me levais aussitôt pour serrer la main de la jeune femme, rassemblant mes idées du mieux possible. Sauf qu’en me relevant ainsi, mon regard se posa sur le corps, pourtant entourer de plusieurs personnes. Instinctivement, je détournais le regard en cherchant mes mots.

« Bonsoir, Lieutenant… Je vous prie de m’excusez… je… n’ai pas encore retrouver tous mes esprits... Il faudrait que je prévienne mon époux… Le rassurer. Je ne sais pas si quelqu’un l’a déjà fait... »

Maintenant que j’arrivais à penser, c’était tout ce qui me préoccupait. Prévenir Mike. La nouvelle arriverait sans doute bientôt, il reconnaîtrait tout de suite le quartier et s’imaginerait le pire. Il savait que je fermais les portes tard, surtout un vendredi soir comme ça. A présent, je me mettais à trembler comme une feuille, tout le corps à présent était en proie à des secousses alors que j’imaginais mon époux apprendre cette terrible nouvelle. Ne me sentant plus aussi sûr sur mes jambes, je me rasseyais sur le banc, régulant ma respiration au mieux.

« Excusez moi... »
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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Lun 25 Sep - 14:51


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From now, you never will be safe again


Vendredi soir, heure tardive que Rodriguez ne prenait pas la peine de préciser. Dure journée passée, sa petite équipe était aussi épuisée qu’elle. Ses collègues quittaient un à un l’établissement, Margot et Tasha étant toujours les dernières à abandonner le poste. Leur métier leur collait à la peau, mais surtout, Tasha s’était renfermée dans son boulot, y mettant tout son corps et toute son âme, depuis que son frère était décédé. Elle voyait bien sa binôme s’inquiéter pour elle et tenter de la faire redevenir comme avant, mais Rodriguez n’était plus la même personne. La flamme de passion qui l’habitait avant avait laissé place à une flamme dansante dans son regard, le genre de flamme dangereuse qui contenait avec peine la haine profonde qui habitait désormais le lieutenant Rodriguez. Dévalant les marches pour retrouver sa voiture, Rodriguez allait pour dire à Margot de décrocher pour la soirée quand un appel par radio l’empêcha d’aller plus loin. Soupirant, la brune décrocha, non sans darder un regard las à sa partenaire. « Ici Rodriguez, j’écoute. » Un grésillement, puis une voix masculine : « Lieutenant, on aurait bien besoin de vos lumières. On a un cadavre sur les bras, et vous ne devinerez jamais où il se trouve… »

****

Sans un mot. Le trajet était silencieux, Tasha conduisant, Margot à ses côtés. Elle était comme ça maintenant. Le regard éteint quand elle ne songeait pas à se venger, l’humour l’ayant quitté également. Elle n’en restait pas moins un bon flic, efficace, toujours intéressée par son métier. Elle n’était juste plus complète. Anya en souffrait autant que sa collègue, mais la lieutenant n’arrivait pas à prétendre aller bien. Pas totalement du moins. Selon certains jours, elle allait mieux. Et pour d’autres, elle était au fond du gouffre. Dieu qu’Hernando lui manquait. La voiture se gara et les lieutenant Rodriguez et C. arrivèrent sur les lieux, franchissant les portes de la maison de Dieu dans une entrée en scène fulgurante, presque au ralenti, chacune poussant une porte de leurs côtés. Margot alla s’enquérir des informations que le légiste avait à transmettre tandis qu’un jeune policier conduisit Tasha vers le témoin du meurtre, lui expliquant brièvement la situation. Le remerciant d’un signe de tête, Rodriguez se présenta à l’inconnu, adoptant le ton doux et compatissant qu’elle usait habituellement avec les victimes et témoins de meurtres, vols ou autres événements traumatisants. « Ne vous excusez pas Révérend, après un tel choc, je ne peux que comprendre. » Lui serrant la main, elle posa une main sur son dos, rassurante, et lui indiqua de se rasseoir, ce qu’il fit sans attendre, ayant déjà entamé le geste avant qu’elle n’en émette l’idée. Pauvre homme. Pas besoin d’observer en long et en large le corps qui faisait face à l’homme, il avait dû être assez traumatisé comme ça. « Ne vous inquiétez pas, un de mes collègues s’est chargé de le prévenir au moment où vous avez décliné votre identité. Votre mari ne devrait pas tarder à arriver. » Sourire doux. En service, Tasha affichait toujours le meilleur côté d’elle-même, face aux victimes, lorsqu’elle s’embarquait sérieusement sur une affaire. Il n’y avait que comme ça qu’elle ne pensait plus à son échec vis-à-vis d’Hernando. « Je suis désolée de vous déranger avec ça, mais c’est une étape nécessaire pour avancer notre enquête. On prendra bien sûr votre déposition au poste, mais si vous pouviez répondre à mes quelques questions, je vous en serais reconnaissante. » Il avait déjà dû répondre à celles de ses collègues, mais c’était elle qui était en charge de l’affaire, et elle préférait entendre par elle-même ce que le témoin avait à dire.

Se râclant la gorge, Tasha jeta un regard entendu au loin à Margot, avant de se tourner vers le Révérend, attendant sa confirmation pour poursuivre la discussion. « Donc, j’ai cru comprendre qu’une personne a débarqué dans votre église, s’est énervée contre la victime, et l’a tué. Vous confirmez ? » Meurtre prémédité ? Apparemment non. Mais Tasha voulait s’assurer de ce qu’avait bien vu le témoin pendant que l’horreur était encore fraîchement inscrite dans son esprit, aussi horrible que cela pouvait sonner. Et cela devrait passer par une description de la scène auquelle le pauvre homme avait dû assister. « Connaissiez-vous beaucoup la victime, Révérend ? Je crois que vous avez omis de donner son nom à l’agent qui s’est occupé de vous. » Son identité n’avait pas encore été découverte par les agents, aucun papier ne se trouvant sur le corps du défunt. Rodriguez comptait beaucoup sur son témoin pour dévoiler les pans de mystère entourant ce meurtre brutal. Dans la maison de Dieu, quelle ironie. La brune n’était pas croyante, mais il y avait de quoi trouver cette histoire grotesque. Ne disait-on pas, tu ne tueras point ? Dieu avait décidément un sens de l’humour mal-placé. « La victime, l’homme, vous avait-elle paru nerveuse ce soir ? » ajouta t-elle en prenant des notes, prête à écouter patiemment le Révérend.

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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Jeu 28 Sep - 19:54

From now,
you never will be safe again.
Assis sur le banc de travers pour rester face à la jeune femme, je gardais le regard fixé sur le sol, m’imposant une respiration calme pour ne pas tourner de l’œil. J’avais envie de vomir. Je partais dans tous les sens. Il y avait une raison, c’était parfaitement justifié, mais je ne supportais pas d’être dans cet état où je ne contrôlais rien, où mon esprit était un chaos terrible. Chaos que j’avais passé une bonne partie de ma vie à chasser. Et d’apprendre que Mike allait arrivé, je ne savais si je devais en être soulagé ou inquiété. Je ne voulais pas qu’il voit ça, ni qu’il me voit dans cet état. Il avait vécu assez de choses atroces pour que je lui impose cela en plus. Pourtant, je serais nettement plus rassuré si je le voyais, si je pouvais pour quelques secondes le serrer dans mes bras en sentir son odeur. Fermant les yeux alors que le lieutenant avait continué de parler et attendait que je lui réponde, je prenais de longues et profondes inspirations avant de me redresser suffisamment pour pouvoir la regarder, peinant pourtant à suivre son regard. J’avais tellement de questions, d’interrogations, d’inquiétudes. Mais il fallait avant tout que je réponde aux siennes. Bon sang, une cigarette, voilà qui pourrait me calmer. C’était une des nombreuses choses qui surprenaient me concernant, mais oui, j’étais bien un fumeur, la seule addiction dont je n’avais pas pût me passer en me tournant vers la religion. Avalant difficilement ma salive, je repris enfin la parole, après avoir simplement hoché la tête en comprenant que la jeune femme attendant mon accord pour poser ses questions et avoir essayé de rassembler mes pensées.

« Le nom de… la victime… est Hills. Stanley Hills. Ça ne faisait pas longtemps qu’il venait ici. Deux ou trois mois. Les dimanches il venait avec sa femme et leurs deux enfants. Et de temps en temps il passait le soir en revenant du travail, de ce qu’il me disait en tout cas. Je ne sais pas dans quoi il travaillait. Les conversations que j’avais avec lui et sa femme étaient surtout centrées sur la religion. Généralement, il me faut un certain temps pour que les fidèles se sentent suffisamment en confiance pour se confier à moi… J’aurais dût pousser un peu plus les choses... »

Pourquoi est-ce qu’ils mettaient du temps à me faire confiance ? Ma vie privée, tout simplement. Un pasteur marié, il n’y avait rien de bien particulier. Un pasteur marié à un homme, l’était déjà beaucoup plus. Un homme qui lui-même n’était pas religieux, encore plus. Et depuis que la nouvelle de notre projet d’enfant était connu, alors là… Les plus ouverts d’esprit n’avaient pas besoin de tout ça, si ce n’est que s’assurer qu’ils se sentaient suffisamment à l’aise avec mon jeune âge. Les autres… c’était plus délicat. Mais j’avais su convaincre. Et en l’occurrence, c’était plus Mrs Hills qui avait quelques craintes. Et vu ce qui venait de se passer, je me sentais coupable de ne pas avoir chercher à savoir d’où l’homme venait et ce qu’il faisait dans la vie. Si j’avais su… Secouant la tête, j’osais enfin regarder le Lieutenant Rodriguez dans les yeux, serrant mes poings sur mes genoux, poursuivant mes réponses.

« Il m’a demandé d’appeler la police. Mais je ne savais pas ce qui se passait, je n’avais pas vu que l’homme était armé. Et même après, j’étais persuadé que j’allais pouvoir désamorcer les choses. Mr Hills était effectivement nerveux, je n’ai pas compris pourquoi ils se disputaient. J’étais dans mon bureau quand ça à commencer. »

Seigneur, j’avais vraiment besoin d’une cigarette. J’avais été un sombre idiot. J’aurais dû appeler la police quand c’était le bon moment ! Encore que… même si la mort de mon fidèle était accidentelle, que le regard choqué et affolé du tireur m’avait convaincu qu’il n’y avait rien de volontaire, j’aurais aussi pût me retrouver avec une balle dans la tête moi aussi. J’avais envie de passer mes mains sur mon visage, secouer un peu tout ça pour m’aider à me concentrer, mais je n’oubliais pas pour autant les résidus sur mon visage et le sang sur mes mains. Très mauvaise idée. Tant pis, je n’y tenais plus, je baissais les yeux sur les poches de la jeune femme.

« Je vous demande pardon, est-ce que vous avez une cigarette ? J’ai… j’interdis en temps normal de fumer dans l’église, mais… Je crois que ça m’aiderait à me calmer.. »

Mon paquet et mon briquet étaient restés sur mon bureau, mais je me sentais bien incapable de me lever pour aller les chercher, mes jambes ne me tiendraient pas jusque là. Et Dieu me pardonnerait bien de faire cette entorse aux règlements vu la situation. Même si pour dire la vérité, le Seigneur n’était pas ma réelle préoccupation pour le moment.

« J’ai été stupide... »
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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Dim 8 Oct - 6:42


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From now, you never will be safe again


Le lieutenant Rodriguez prenait des notes, écrivant des mots à la va-vite sur son carnet. Loin de mettre des phrases au complet, elle rédigeait deux trois noms, faisant naturellement confiance à sa mémoire pour conserver les détails importants liés à son affaire. Rodriguez avait toujours été du genre à y aller à l’instinct. Les informations importantes qu’elle pouvait récupérer en cours de route, c’était souvent sur sa main qu’elle les apposait, n’étant pas une flic très portée sur une organisation idéale et propre digne d’un parfait petit lieutenant. Elle vivait littéralement ses affaires, s’y imprégnait, les visualisait. Celle-ci n’allait pas changer la donne, malgré les ténèbres dans lesquelles elle s’enfermait de plus en plus. Tasha restait appliquée dans sa façon de gérer les crimes, plongeant tête la première dans les affaires les plus sordides dont on la chargeait, seul exutoir véritable qui lui permettait de fuir la mort de son grand frère. Et si son plus jeune était toujours présent, ils étaient si éloignés l’un de l’autre, qu’elle ne cessait de craindre un nouvel échec. Quelque part, depuis la perte d’Hernando, Tasha était brisée, et sa blessure intérieure semblait irréparable. Elle craignait de perdre son petit frère à son tour, elle craignait de ne plus pouvoir veiller sur personne. Alors elle redoublait d’efforts lorsqu’on lui assignait une enquête, se montrant plus efficace que jamais sur le plan professionnel, là où elle échouait sur le plan personnel. Hochant la tête face aux renseignements que lui prodiguait le Révérend, Tasha fit signe à sa partenaire de se ramener alors qu’elle lui fit lire le nom de la victime sur son carnet, murmurant doucement : « Cherche moi une adresse, va falloir qu’on s’occupe de sa famille et qu’on interroge sa femme. » Margot hocha la tête et disparut rapidement, déjà aux prises avec ce que lui demandait sa binôme. Cette dernière eut un sourire attristé face au Révérend qui semblait de plus en plus mal, et elle se sentit désolée pour lui. Sa main vint naturellement serrer son épaule en une pression qui se voulait compatissante, alors qu’elle remarquait : « Ne dites pas ça, Révérend. Vous passez votre temps à aider les autres, vous n’auriez rien pu faire de plus. Vous ne pouviez pas forcer la main à cet homme, ça ne l’aurait que fait fuir. Vous avez fait tout votre possible pour lui, vous n’aviez aucun moyen de savoir ce qu’il pouvait bien se passer avec Monsieur Hills. » Et c’était vrai. Quand bien même l’homme se serait senti suffisamment en confiance avec le religieux, Tasha doutait sérieusement qu’il puisse confier être en lien avec le monde criminel aussi facilement. Même s’il était encore tôt pour présumer de ce que faisait véritablement le dénommé Stanley Hills.

Le Révérend continua à lui donner quelques détails, et le lieutenant fronça les sourcils. La victime avait eu la présence d’esprit de lui demander d’appeler la police. Si vraiment il avait été un criminel, la jeune femme doutait que d’appeler les flics eut été son premier réflexe. Notant la réflexion dans un coin de son carnet, elle laissa son regard vagabonder au loin, s’attardant sur le corps qui n’allait pas tarder à être emmené au centre médico-légal. Le légiste avait sûrement déjà bien avancé quant aux conclusions de la mort, mais l’épreuve de l’autopsie serait inévitable. Le pire allait être de devoir annoncer à une famille entière, à deux enfants qu’ils n’allaient plus avoir de père désormais. Ce que le monde pouvait être merdique quand il s’y mettait. Soufflant, la jeune femme détourna le regard pour croiser celui voilé du témoin, et reprit la parole : « La dispute a duré combien de temps selon-vous ? Depuis votre bureau, vous n’aviez aucun moyen d’entendre quelques bribes de mots, n’importe quoi qui puisse nous aiguiller sur le motif du conflit ? » Pauvre homme. Espionner les gens ne devait pas être dans ses cordes, il ne ferait pas ce métier s’il en était réduit à ce stade. Se sentant presque ridicule après ses questions, Tasha ajouta : « Je suis désolée de vous demander tout ça… Je comprends que cela soit un moment difficile à passer. Est-ce que.. je peux faire quelque chose pour vous ? » L’interrogation, bien pensée, semblait aussi incongrue que de demander à un Révérend s’il croyait en Dieu. Mais il était difficile de faire mieux dans une affaire comme celle-ci.

Finalement, après quelques secondes de réflexion, l’homme lui demanda une cigarette. Haussant un sourcil surpris, Rodriguez ne fit aucun commentaire alors qu’elle sortit un paquet de sa veste. Elle n’était pas une grosse fumeuse, à l’origine. Mais depuis la mort d’Hernando, elle avait renoué avec une vieille habitude. Des années qu’elle avait arrêté de fumer, et désormais elle avait repris, pour se soulager. Quel exemple. Le laissant se servir dans son paquet, elle piqua elle-même une de ses clopes et alluma les deux de son briquet uni. « Non, vous ne l’avez pas été. » Rodriguez, tapota sur son banc, soudainement lasse. Désignant alors l’extérieur de l’église, elle demanda : « Vous voulez aller dehors ? On peut marcher pendant qu’on discute de tout ça si vous préférez. » Se levant en attendant sa réponse, elle ponctua son geste : « Je vous ramènerai auprès de votre mari quand il sera arrivé, on ne s’éloignera pas trop. Juste le temps d’évacuer tout ça, un peu plus au calme. » Tasha lui sourit alors que le Révérend décida finalement de la rejoindre, et ils s’écartèrent du lieu du crime, soufflant alors qu’ils retrouvèrent chacun l’air frais bienvenue de l’extérieur. Le lieutenant fit quelques signes à ses collègues pour dire que tout se passait bien, et les deux jeunes gens commencèrent à marcher côte à côte.Tasha aurait pu rester sur place, mais elle avait confiance pour visualiser la scène plus tard, quand elle la repasserait elle-même au peigne fin avec son équipe. « Et donc… cet agresseur, vous seriez capable de me le décrire ? » Désolée de lui imposer à nouveau cet interrogatoire, Rodriguez n’avait toutefois d’autres choix que de le continuer. Plus tôt elle en savait, plus vite elle concluerait cette enquête.

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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Mer 11 Oct - 21:26

From now,
you never will be safe again.
« Je n’en ai pas la moindre idée… du bureau, je n’ai compris aucun mot, surtout des éclats de voix. Quand je suis arrivé, il n’y avait plus de bruit. J’ai appelé, je ne savais pas qui était là, et c’est là que Mr Hills m’a répondu... »

Le paquet que me tendit la lieutenant me parut comme un soulagement divin. J’allais avoir concrètement la possibilité de faire quelque chose de mes mains, de souffler un peu, de pouvoir intoxiqué mon cerveau certes, mais lui donnait la chance de décompresser. C’était donc les mains tremblantes que je me servais dans le paquet pour ce bâton de nicotine plus qu’attendu, la laissant ensuite l’allumer. Cette première inspiration, quand la fumée se répandit dans mon corps, était tellement bonne. Les yeux clos, je gardais le silence, me déconnectant pour quelques instants. J’en avais vraiment besoin. Et même si elle était très gentille, qu’elle essayait d’être réconfortante, les paroles de la jeune femme me semblaient tellement… vides. Non pas parce qu’elle les rendaient vides, c’était moi qui l’était. Vide de tout, vide de tout ce qui pouvait toucher quelque chose en moi. Je n’étais plus qu’un gouffre noir, tout ce qui m’occupait en réalité c’était l’obscurité de mes pensées, des évènements passés et c’était tout. Si par le passé j’avais été dans la noirceur, ce n’était rien de comparable à ce que je vivais actuellement. Lorsque mes yeux se rouvrirent, ils se posèrent directement sur la croix installée sur le mur, juste derrière le pupitre où je faisais mes prêches et prières. Dieu avait décidé que je devais vivre une telle chose, mais pourquoi ? Il m’avait permis jusque là de ne pas commettre de telles erreurs, mes péchés n’étaient rien à côté, alors pourquoi affronter avec une telle violence ceux des autres ? Serait-ce parce que je n’avais pas assez conscience du danger qu’il pouvait y avoir dans notre société ? Serait-ce parce que contrairement à Mike, je n’avais pas eu à affronter la mort en face ?

Mes questions restèrent fatalement sans réponses, mais furent écartées alors que la jeune femme me proposait de sortir un peu. Excellente idée. Ça ne pourrait que me faire du bien. Je ne répondis pas, mais je me levais à sa suite en hochant la tête. Pour le moment, je n’avais pas envie de reprendre la parole. J’avais pourtant bel et bien ce devoir de tout raconter dans les moindres détails qui pouvaient me revenir, de rendre la justice à ce pauvre homme qui venait de mourir, ce ne serait pas moral que je me taise, en plus de se retourner contre moi, mais pour le coup, c’était un désir parfaitement égoïste. J’avais besoin de garder le silence pour mon bien être mental. Cette pause était nécessaire si je ne voulais pas faire une crise d’angoisse ou quelque chose de ce genre. Emboîtant donc le pas au Lieutenant Rodriguez, je tirais de nouveau sur la cigarette entre mes doigts, je l’écoutais parler, elle m’assurait que quand mon époux serait là, elle m’amènerait à lui. Cette fois-ci, elle réussit à me rassurer un peu.

« Merci Lieutenant. Mais s’il vous plaît, ne le laissez pas voir le corps. Il a assez vécu de terribles choses, je ne veux pas qu’il ait cette vision en plus. »

Je me doutais un peu que les agents ne lui permettraient pas de voir tout ça, mais je préférais quand même verbaliser cette possibilité. Moi-même, je n’avais pas envie de retourner dedans. Pour des raisons supplémentaires que l’horreur de ce qu’il y avait. Sauf que ce moment de paix pris tout à coup fin quand la jeune femme repris ses questions. J’aurais préféré attendre encore quelques instants, quelques minutes avant de me replonger là-dedans. Mais elle faisait son travail. Et Stanley Hills, ainsi que sa famille, avaient besoin qu’on leur rende justice. Tirant à nouveau sur la cigarette, je soufflais ma fumée au-dessus de ma tête, respirant déjà plus tranquillement maintenant que je sentais l’air frais du soir sur mon visage et qui passait sur mes avant-bras dénudés, cette sale manie que j’avais de relever mes manches.

« C’était un jeune homme. Il n’était pas plus vieux que moi, c’est certain, mais je ne saurais lui donner un âge… Entre vingt ans et… peut-être maximum vingt-huit ans ? A peine plus petit que moi. Hm… caucasien. Les cheveux brus. Les yeux… sombre, marrons probablement… excusez moi, je n’y ai pas tellement porté attention. Enfin si, mais ce n’était pas la couleur qui m’importait… Je veux dire… le coup est parti tout seul, vraiment. Il n’avait pas l’intention de tirer. Je l’ai lu dans ses yeux, je l’ai vu. Certes, il l’a dit aussi, qu’il n’en avait pas l’intention, avant tout cela, mais je suppose que c’est ce que chaque personne en braquant une autre droit dire… Là, il ne voulait pas presser la détente. Il… il y a eu un moment de flottement après que Mr Hills se soit écroulé. J’étais sous le choc, incapable de bouger, mais quand j’ai croisé son regard, lui aussi était sous le choc. Je ne sais pas combien de temps ça a duré… Et puis il est parti en courant... »

En fait, j’avais la quasi certitude, intérieurement, que le tireur était plus jeune que moi. Et je commençais à me demander ce qui avait pût le pousser à faire ce genre de chose. Qu’est-ce qui pouvait pousser un jeune homme à entrer dans une église avec une arme et de menacer un homme avec. Bon, après tout, nous étions aux États-Unis, l’accès aux armes était tellement facile, et c’était bien une chose qui m’avait choqué quand j’avais immigré ici. En France aussi il est possible de se fournir une arme, mais tellement moins facilement qu’ici. Et puis, quand je voyais les tueries dans les écoles et les lycées perpétuées par des mineurs ayant sur eux des armes lourdes… En parlant de cela, quelque chose me revint instantanément, quelque chose qui me semblait pourtant difficilement oubliable.

« Il avait un fort accent. L’anglais n’était pas sa langue maternelle. Plutôt un accent du Sud de l’Europe. Entre l’espagnol, le portugais et l’italien… je ne saurais dire lequel des trois. »

Ca me paraissait ironique que ce soit moi qui dise cela, avec mon accent qui était plus que repérable, même si je maîtrisais à merveille l’anglais. Cet accent dont je faisais au mieux pour me débarrasser mais que mon cher Mike aimait pourtant, et de ce que mes proches et fidèles me disaient, c’était ce qui faisait mon charme. Je me retournais vers le Lieutenant, écrasant mon mégot contre le mur le plus proche, le gardant entre mes doigts cependant.

« Je ne sais pas si je serais capable de faire un portrait robot, Lieutenant... »
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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Mer 1 Nov - 6:46


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« Je vous promets que votre époux ne verra rien de tout ça. Mes collègues ne le laisseront pas entrer sur la scène de crime. » De toute manière, la scène en question grouillait désormais de flics, et les bandes jaunes étaient d’ores et déjà apposées pour interdire l’accès au lieu du crime. Tasha doutait fort qu’un civil échappe à la surveillance de ses collègues pour admirer l’horreur, mais elle n’en rajouta pas plus. Le Révérend était concerné par son époux, et elle ne voulait pas l’embêter avec des détails des procédures policières. Pendant un instant, elle fut tentée de demander ce qu’avait vécu son mari pour qu’il s’inquiète autant, mais elle se ravisa. Non seulement elle n’avait pas à combler sa curiosité sur un homme qu’elle ne connaissait pas, mais en plus, cela n’avait aucun intérêt avec l’enquête. Du moins à sa connaissance. Le mari du Révérend ferait certainement l’office de quelques questions de routine, peut-être posées par Margot, mais à part décliner son identité, il ne craignerait rien. Toutefois, elle osa demander pour la forme : « J’imagine que votre mari ne connaissait pas la victime ? » Sous-entendu : était-il impliqué dans les affaires du Révérend ou non ? Rodriguez avait questionné son interlocuteur d’un ton doux, presque nonchalant, afin de ne pas énerver le témoin. Elle ne voulait pas qu’il s’offusque qu’elle puisse penser un seul instant que sa moitié pouvait être liée de près ou de loin à cette triste affaire, mais il fallait qu’elle pose la question pour s’en assurer. Néanmoins, l’enquêtrice, forte de son expérience, savait repérer quand quelqu’un mentait. Et à chaque fois qu’elle plongeait les yeux dans ceux de son témoin, elle savait qu’il disait la vérité. Et elle ne pensait pas ça seulement parce qu’elle interrogeait un homme de Dieu. Elle en avait vu, des monstres sous forme humaine, et elle savait qu’une profession ne signifiait rien, ne décrivait en rien un homme. Mais à voir le regard voilé et étrangement vide de l’homme, elle pouvait le sentir au bord des nerfs, et profondément sous le choc. Pauvre homme.

Tirant sur sa clope, Rodriguez continuait d’avancer à pas lents et mesurés aux côtés du Révérend. Elle jetait de temps à autres des regards par-dessus son épaule, simple réflexe de flic aiguisé. Sa radio grésillerait dès qu’on aurait besoin d’elle, toutefois elle devait prendre garde à ne pas trop s’éloigner. L’époux du Révérend pouvait arriver d’une minute à l’autre, tout comme on pouvait la demander d’une seconde à l’autre également. Alors ils se déplaçaient plus ou moins en cercle, aucun des deux n’étant trop désireux de s’éloigner, bien que les raisons différaient pour les deux jeunes gens. L’un voulait rejoindre son bien-aimé, l’autre devait faire son travail. Rodriguez ne pouvait qu’imaginer le soulagement lorsque le Révérend retrouverait son époux. Elle-même ressentait ce bien-être quand elle était avec Anya, bien que ces derniers mois de concubinage aient été gâchés par le deuil difficile de Tasha. Cette dernière s’enquit de l’apparence du tueur, et nota sans rien omettre la description faite par le Révérend. Il semblait bien persuadé que l’agresseur n’avait aucune intention de tuer, et pourtant, le coup était parti. Si le jeune homme était aussi choqué que ça, il n’y avait que deux possibilités qui s’offraient à lui : se terrer et appeler au secours, laissant ainsi une chance de le retrouver s’il demeurait dans les environs. Ou bien fuir le plus loin possible, et dans ce cas, les recherches pouvaient s’avérer compliqués. Néanmoins, tout le monde ne pouvait être un criminel affuté, et l’agresseur n’était pas à l’abri de faire une erreur. « Il a dit qu’il n’avait pas l’intention de tirer ? Si tel est le cas, alors j’imagine que Stanley Hills a du dire quelque chose qui l’a fait craquer. » Rodriguez haussait les sourcils. A entendre le Révérend, assassiner une personne n’avait jamais fait partie du programme du tueur. A tel point qu’il avait dit ne pas vouloir tirer. Et pourtant, il l’avait fait, ce qui signifiait que ses limites avaient été atteintes. Mais qu’est-ce qui avait bien pu mener à un tel craquage ?

Tasha s’arrêta brutalement alors que son témoin rapportait un indice crucial. Notant l’information sur son poignet, elle se mordilla la lèvre, soudainement pensive. Un accent ? Pendant un bref instant, elle eut envie que celui-ci soit russe. Mais elle se reprit rapidement, et prononça à haute voix, pensive : « Un accent vous dites ? Se pourrait-il qu’on ait cherché Monsieur Hills depuis l’étranger ? Le Sud de l’Europe, ça fait un bout. » Elle fronça les sourcils. Les choses se compliquaient allègrement avec cette déclaration. Et ça ne sentait pas bon. On ne dépêtrait pas un criminel d’un autre pays pour rien, en général. Mais à ce stade, ce n’était que suppositions, et Rodriguez ne pouvait encore rien prouver. Elle ajouta : « Et ce Hills, il avait un accent également ? Vous dites qu’il venait vous voir seulement depuis deux, trois mois. Il est donc possible qu’il vienne à son tour d’un pays étranger, non ? » Le lieutenant avait conscience qu’elle poussait légèrement le Révérend dans ses retranchements, mais à ce stade de son témoignage, il délivrait des informations cruciales, qu’elle se devait d’étoffer. Même si son équipe irait rendre visite à la famille de Hills, mieux valait qu’elle ait le plus de cartes possibles en main avant de tenter quoi que ce soit. S’arrêtant quelques secondes avec les questions, elle se tourna vers le Révérend et lui serra à nouveau le bras, lui souriant doucement. « Révérend, vous venez de me faire le portrait robot. Vous n’aurez qu’à dire exactement ce que vous m’avez dit au poste, et notre portraitiste fera tout le reste. » Rodriguez se doutait que ce n’était pas forcément ce qu’il avait envie d’entendre, mais le Révérend savait également qu’il ne pourrait échapper à une visite au poste de police. C’était la procédure qui voulait ça, et même si Rodriguez était parfois embêtée par toutes ces obligations, aucun des deux ne pouvaient y couper.  A son tour elle écrasa sa cigarette contre un muret et renchérit : « Avec un peu de chance, notre homme aura déjà un casier. Avec votre aide, nous pourront peut-être le trouver. Et s’il est aussi perturbé par son acte que vous semblez le croire, alors ce sera nous qui l'aideront ensuite à s’en sortir. » Rodriguez mesurait ses mots. Elle se doutait que face à l’homme d’église, appuyer sur la corde sensible et suggérer de venir en aide à une âme esseulée le ferait réagir. Peut-être même redoublerait-il d’efforts. Désignant un coin de rue qui les ramènerait à l’église, les deux jeunes gens recommencèrent à avancer, lorsque Tasha se tourna d’un coup vers son témoin : « Au fait, juste avant la confrontation… Y avait-il d’autres fidèles présents dans votre église ? Des possibles connaissances de Monsieur Hills que nous pourrions interroger ? » Le lieutenant tentait le tout pour le tout, bien qu’elle doutait obtenir une réponse positive. Son téléphone vibra soudainement, et elle s’en saisit pour lire le sms que Margot venait de lui envoyer.

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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Mer 22 Nov - 10:46

From now,
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Énormément de questions. Beaucoup trop en réalité. S’en était beaucoup trop pour moi, mais je comprenais que le Lieutenant Rodriguez les pose. Je n’étais tout simplement pas en état de répondre. Je voulais que tout se termine, et vite, que je puisse retrouver Mike et également prendre une longue, très longue douche chaude pour me nettoyer et me débarrasser de tout ce qui me collait à la peau. Même si beaucoup n’était pas physiquement sur ma peau. Handicapé avec mes mains souillées que j’avais pourtant envie de glisser dans mes poches, ou tout simplement de m’en servir normalement. Elles étaient collantes, elles me semblaient peser bien plus que leur poids réel, presque étrangères, je n’osais même plus poser les yeux dessus. Concentration, Leroy, concentration. J’essayais tant bien que mal de répondre à ses questions, même si j’avais froncés les sourcils alors qu’elle venait d’évoquer Mike. Si, il connaissait Mr Hills, Mike vient tous les dimanches jouer de l’orgue, ils se sont déjà croisés et parlés quelques fois, mais rien de plus. Ce que je m’empressais donc de lui dire, ne voulant pas qu’elle s’imagine quoi que ce soit. Il n’était pas question qu’il soit mêlé à tout ça. Mais c’était sans doute une autre de ces questions nécessaires pour l’enquête. Je pris la peine cependant de quand même me répéter, qu’ils ne s’étaient vus que quelques fois, et c’était tout, rien de plus. Je sentais mes nerfs qui commençaient à flancher, je ne tiendrais pas très longtemps à ce rythme là. Une cigarette ne suffirait pas pour me calmer. Sauf que ce n’était pas le moment de songer à replonger dans ses vieux démons. Il était évident que ce genre d’envie se manifeste après un tel choc.

Les yeux sur la route non loin de nous, tristement vide à cause probablement du barrage de police, même si plus loin, je pouvais voir quelques curieux maintenus à distance du temple. Sans doute pas alertés par le coup de feu mais plutôt par les lumières des voitures de police et les bandeaux jaunes. Loin d’être un quartier difficile ou dangereux, on n’avait pas vraiment l’habitude de voir la police ici, ou tout du moins, s’arrêter ici. Les blocks plus loin en revanche, c’était autre chose. Parfois, les jeunes des autres quartiers venaient, très souvent pour être au chaud et les boissons gratuites, et de temps en temps juste pour discuter. Parce qu’ils se sentaient en sécurité ici. N’importe qui se sentait en sécurité dans une église, c’était un lieu sacré, un lieu où il ne pouvait rien nous arriver… Ces jeunes, tout comme mes fidèles, et… moi-même, nous n’aurions peut-être plus ce sentiment de sécurité après ça. Je n’étais même pas sûr de me sentir en sécurité à présent. Jusque là, j’avais toujours mis de côté la face la plus sombre de l’humain. Et pourtant, je savais que ce n’était pas un mythe, mais les choses ne m’avaient jamais touché directement. J’étais un des gardiens des sales secrets de monstres jusqu’à ce qu’ils soient frappés par la justice, humaine ou Divine. Sur certains points, ce n’était pas vraiment moral, mais les cas n’étaient pas si grave. Je savais parfaitement que je devais rapporter les comportements les plus dangereux pour la société, grâce à Dieu, ça ne m’était jamais arrivé. Et maintenant… ce n’était même pas exact. Je l’avais dit au Lieutenant, c’était un homicide involontaire, ce garçon, qui qu’il sait, n’avait pas voulu cela. Ce n’était même pas un réel monstre. Mais son acte en faisait de lui un être monstrueux, volonté ou non. Et cette peur… cette peur qui était logée dans mon estomac, cette peur qui me soufflait que même la plus pure des créations peut devenir un bête. Ce pourrait être n’importe qui, pour une raison qui peut sembler la plus juste qui soit. Pris de vertige, je m’arrêtais quelques secondes, appuyant mon front contre mon poignet. Non pas parce que j’étais physiquement touché, c’était du domaine émotionnel et spirituel. Je repris cependant ma marche pour répondre à sa nouvelle question, question sur le déclencheur, sur la détente.

« Non… non, vous ne comprenez pas. Le coup est parti tout seul. Vraiment. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé… les choses se sont passées trop vite… Je n’y connais rien en arme, mais c’était vraiment accidentel. Nous étions assez prêts les uns des autres… Mr Hills a essayé de partir en courant, je crois qu’il a bousculé le jeune homme et… le coup est parti… Vous comprenez ? »

Malgré tout, je tenais vraiment à rétablir la vérité. Et jusque là, je n’avais pas tellement réussi. Je ne voulais pas que ce garçon soit accusé d’avoir tiré pour une raison ou une autre. Il ne l’avait pas fait intentionnellement. Ce n’était pas sous le coup de la colère ou quelque chose de ce genre. Il ne l’avait pas fait ! Et puis, elle s’était arrêté quand j’avais parlé de son accent. Et son flot de questions reprit de plus belle. Je lui avais sans doute donné quelque chose d’intéressant, mais en l’état actuel, j’avais un peu de mal à suivre, je ne savais plus si elle me posait réellement des questions où si c’était des interrogations pour elle-même, j’essayais au mieux de me concentrer, mais chaque fois que je parvenais à centrer mon esprit sur un point, d’autres questions arrivaient, ou peut-être même que ce n’était pas tant des questions, qu’elle répondait simplement à ce que j’avais déjà dit. J’étais complètement en train de me perdre, et je n’aimais pas ça. Cette stabilité que je chérissais tant et dont j’avais besoin était en train de se fissurer. Alors que la jeune femme avait attrapé son téléphone, je reculais d’un peu et tendant les mains devant moi.

« Pardonnez-moi, Lieutenant, ça fait beaucoup de questions en même temps… Je suis désolé, et j’ai conscience que c’est très important, mais j’ai besoin d’une pause… J’ai bien trop peur de ne pas savoir vous répondre pour le moment… Mais non, il n’y avait personne d’autre dans l’église ce soir. Comme tous les soirs, et spécialement les fins de semaine, je ferme les portes moi-même, et les fidèles sont très peu nombreux à cette heure-ci. »

Mes jambes tremblaient, à tel point que je finis par m’asseoir sur les premières marches venues, prenant de longues inspirations. Du calme. Ce n’était pas le moment de faire une crise de nerfs ni de s’effondrer. Je donnerai n’importe quoi pour pouvoir serrer Mike dans mes bras là-tout de suite… C’était mon seul réconfort en toute situation, et plus que jamais, c’était de lui dont j’avais besoin actuellement. Fermant les yeux, je tentais vainement de dire une prière, mais mon esprit était tout simplement incapable de songer aux mots. Tout ce que je voyais, c’était mon époux. Mais ce n’était pas lui que j’entendais encore et encore.

« Il voulait un nom… Le jeune homme. Il voulait que Mr Hills lui donne un nom. Je… il disait qu’il ne pouvait pas sortir sans ce nom. »

J’avais relevé la tête vers le Lieutenant Rodriguez, les yeux sur elle, mais les sourcils froncés. Ma mémoire essayait autant que possible de fonctionner, mais je n’étais plus tellement sûr de savoir si c’était les faits ou si c’était ce que je pensais, ce que j’interprétais maintenant.
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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Dim 26 Nov - 19:27


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From now, you never will be safe again


Rodriguez prenait note de chacun des mots du Révérend, cessant de surenchérir à chacune de ses paroles. Ses questions étaient aussi bien balancées pour l’homme que pour elle-même. Elle était déjà en proie à de nombreuses réflexions quant au mobile du crime et au profil du coupable, mais elle sentait que plus elle insistait, plus elle perdait l’attention de son témoin. L’homme était en état de choc, et face à ses mains tremblantes et son regard qui n’arrivait pas à se poser sur un point précis, le lieutenant compris qu’elle devait arrêter d’insister. Elle leva les mains pour signaler qu’elle en avait momentanément fini avec ses questions, suivant le Révérend lorsqu’il finit par s’asseoir, épuisé. Tasha songea qu’il devait traverser un cauchemar, et son coeur se serra face à la détresse évidente de l’homme. L’homme de Dieu qu’il était avait certainement cru que son église ne serait jamais souillée par des humains aux attentions viles, et voici que ses convictions étaient remises en cause. Ce n’était en effet pas commun d’assister à un crime dans la maison de Dieu, et ce n’était pas pour rien si la police trouvait le meurtre assez risible. Mieux valait en rire dans leur branche, plutôt que de perdre le peu de foi que certains de ses collègues possédaient encore. Si Tasha n’était pas croyante, elle savait que nombre des siens n’étaient pas dans son cas. Et pourtant, leur foi était ébranlée tous les jours, à chaque nouvelle atrocité commise et dont ils devaient s’occuper. Tasha s’agenouilla face au Révérend, lui souriant doucement. Pour éviter de trop le presser, elle se contenta d’énoncer tranquillement : « Soufflez, Révérend. Je ne cherche pas à vous urger, je vais m’arrêter avec les questions. Ce qu’on va faire, c’est qu’on va revenir près de l’Eglise quand vous serez prêt, d’accord ? »

Tasha lui sourit, d’un sourire doux et confiant. Elle profita de la pause momentanée pour lire le sms envoyé par un collègue : Mr Leroy est arrivé. On le fait patienter en attendant votre retour. M. Sa partenaire Margot ne passait pas par quatre chemins pour annoncer les choses, et Rodriguez hocha la tête. Elle savait qu’en l’instant présent, Mike était sûrement contenu par ses collègues. Selon son état, soit on arrivait à tirer de lui quelques infos, soit on se contentait de le rassurer. Après quelques secondes passées à observer l’époux de Mike en face d’elle, Rodriguez opta pour la seconde option. De toute manière, le Révérend lui ayant confirmé que Mike et Hills s’étaient parlés à plus d’une reprise, il était forcé que le concerné soit entendu à un moment ou à un autre. Mais pas ce soir. Leroy était épuisé, et son mari devait sûrement être dans tous ses états, à se demander ce que faisait la police sur le lieu de travail de son bien-aimé. Rodriguez allait pour l’informer de l’arrivée de son époux quand elle se figea, face à l’information donné par le témoin. Un nom. Le tueur voulait un nom. Ele se focalisa quelques instants dessus, incapable de penser à autre chose qu’à ça, puis elle se dépêcha d’écrire l’info sur sa main, avant de reprendre : « Je vous remercie Révérend. Ce sont des détails cruciaux que vous venez de me transmettre et cela va nous aider à mener notre enquête. » Tasha avait emprunté un ton doux, contentée par les informations laissées par son témoin. Le travail était loin d’être terminé, mais au moins avait-elle un point de départ. Elle se releva et tendit la main à Leroy, poursuivant : « Je vais arrêter avec mes questions ce soir. Vous avez besoin de repos, on reparlera de tout ça au poste de police dès demain, d’accord ? Pour l’heure, votre mari vous attend. » Un sourire appuya sa dernière phrase, alors qu’elle lui faisait signe de le suivre. Aucun doute que le Révérend réagirait à l’annonce de son partenaire qui était enfin arrivé et qui l’attendait patiemment.

Attendant que Leroy se relève, Rodriguez en profita pour se griller une nouvelle clope et en proposa une au Révérend. Ils reprirent tous les deux la marche vers l’église, et le lieutenant continua de faire la conversation : « Rassurez-vous, votre mari va bien. Il s’inquiète pour vous, il sera content de vous voir. » Afin de calmer au mieux les nerfs de l’homme d’église, Tasha adopta une nouvelle tactique, s’enquérant d’infos plus basiques, plus tranquillisantes pour que le Révérend ne se focalise plus, du moins pour l’instant, sur le meurtre auquel il avait assisté. Il fallait au moins que l’homme pense à autre chose alors qu’il allait rejoindre son mari. « Dites-moi, ça fait longtemps que vous êtes mariés tous les deux ? » Elle le regarda de profil, soudainement curieuse alors qu’elle se demandait : « C’est assez exceptionnel de croiser un homme de Dieu marié à un homme. Cela ne pose pas de problèmes à vos fidèles ? » De crainte que sa question paraisse mal-placée, elle se dépêcha de détailler : « Enfin, je ne dis pas ça pour juger. Je suis moi-même en couple avec une femme. Dans ma branche, ce n’est pas toujours facile, alors je n’ose imaginer dans votre domaine les remarques que ça peut amener… » Rodriguez acheva son commentaire, nostalgique alors qu’elle repensait à son amante. Plus le temps passait, moins elle était avec elle. Il fallait qu’elle se reprenne, mais d’abord, elle devait se montrer dévouée envers Leroy et son mari, envers Hills qui méritait justice et vérité.

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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Mer 6 Déc - 18:44

From now,
you never will be safe again.
Assis sur les marches, les bras croisés et les coudes posés sur mes genoux, je posais mon front sur mes bras, prenant de profonde inspiration. Qu’est-ce qui venait de se passer ? Pourquoi tout ça ? Pourquoi une telle violence ? Je ne comprenais plus. J’étais perdu, je ne savais plus quoi penser. Comment est-ce qu’une telle chose avait pût arriver sous mes yeux ? Pourquoi est-ce que je n’avais rien empêcher ? Et d’autres questions encore de ce genre continuaient de m’envahir, de m’empoisonner l’esprit. D’autres pensées arrivèrent, des pensées qui dataient de mes plus sombres années, qui cherchaient des excuses pour me faire replonger dans mes vices. Des pensées contre lesquelles je luttais quotidiennement, mais qui jusqu’à présent ne m’avait jamais autant hanter qu’en cet instant. J’en tremblais, de frustration, de colère et de désespoir, comme emporté par le courant. Heureusement le Lieutenant Rodriguez s’était rapprochée de moi, elle parlait doucement, avec un ton calme, loin d’être condescendant et surtout, elle avait un sourire sur les lèvres. Le genre de sourire qui apaise. Pendant une brève seconde, je réalisais depuis que je lui parlais que je n’avais même pas fait attention à son visage ni à la couleur de ses yeux, un peu comme si je la rencontrais seulement maintenant. Sous son conseil donc, je pris plusieurs longues et profondes inspirations, en mon fort intérieur, soulagé que ce que je venais de lui dire l’aider pour l’enquête. Et pourtant, je ne savais pas ce que j’attendais pour le jeune homme. Justice évidemment pour Mr Hills, mais le tireur ne méritait pas non plus une justice trop sévère. L’image de sa femme et de ses enfants réapparu alors à mes yeux. Et une autre pensée coupable et noire me traversa.

Le Lieutenant m’annonça que Mike était arrivé. Ni une ni deux j’avais redressé la tête, oubliant tout et ne songeant en cet instant plus qu’à lui. Saisissant la main qu’elle me tendait pour me relever, et m’excusant au passage de la tâcher elle aussi de sang, même si maintenant, il n’était plus aussi humide, je tâchais de reprendre mon calme. Inutile de croire que mon époux ne serait pas en train de se faire un sang d’encre, si je pouvais lui épargner tout de suite le choc de mon état qui portait encore les traces de cette mort violente, et ma détresse, ce ne serait pas un luxe. Et avec ce qu’elle ajoutait, j’en étais à présent persuadé. Le désespoir et les états d’âme allaient attendre encore un peu. Je la remerciais pour la cigarette qu’elle me tendait, l’acceptant avec un certain plaisir. Il allait falloir que je fasse attention à cela, si je m’écoutais, le paquet qui m’attendait encore serait vide en un rien de temps. Marchant à ses côtés, je tournais quelque peu la tête alors qu’elle avait repris la conversation, mais cette fois-ci sur tout à fait autre chose, sur Mike et moi. Surpris, sans être choqué, je répondis à demi-voix.

« Nous sommes mariés depuis trois ans. Cela fait huit ans que nous nous connaissons, depuis que je suis arrivé aux États-Unis… Je… cela s’entend à mon accent, je suis français d’origine... »

Sa question suivante, victime de sa curiosité, et loin d’être inédite me fit légèrement rire, d’autant plus qu’elle se justifia tout de suite, dévoilant alors elle aussi vivre une relation homosexuelle, sans doute craignant que je n’interprète mal sa question. J’étais plutôt impressionné en fait qu’elle assume ainsi avec son métier dont les représentantes féminines étaient bien trop peu nombreuses à mon sens.

« Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude que l’on me pose cette question. Quand je suis arrivé dans cet église, et avant même d’être Révérend, j’ai toujours assumé mon amour pour les hommes, tout comme les femmes, ce qui m’a valut d’être au centre de nombreux préjugés et soupçons. Malheureusement, je pense que beaucoup de gens font encore le mélange entre l’amour homosexuel masculin et la pédophilie. Beaucoup on éviter d’entrer en contact avec moi à cause de cela. Mais je ne voulais pas me cacher pour autant, et je ne changeais pas mes prières et mon comportement. Quand je me suis retrouvé à la tête de ce temple lorsque mon prédécesseur à pris sa retraite, beaucoup de fidèles sont partis. En revanche, beaucoup sont venus, notamment des jeunes qui avaient pourtant la foi mais à qui on n’a jamais cessé de leur dire qu’ils étaient des monstres. La société évolue petit à petit, et je suis content de voir que certains retrouvent leur foi grâce à nous. Mon époux n’est pas religieux, loin de là, mais justement. Notre couple si particulier commence à ouvrir les yeux, et j’en suis très fier. Le respect est ce qui m’importe le plus, et tant que je peux aider mes prochains, je ne porte pas attention au reste. »

Me voilà bien plus bavard que ce que je n’aurais pensé. La jeune femme savait y faire pour détourner l’attention sur un sujet pour apaiser les esprits. Et je la remerciais mentalement pour ça. Surtout que pour une fois, j’avais pût répondre à la question sans tourner autour du pot, tout en sachant qu’elle comprendrait où je voulais en venir. Elle aussi devait connaître ce genre de chose dans ce domaine, les esprits fermés, les préjugés. Sans doute bien plus pour sa part. Sans même m’en rendre compte, j’avais fini ma cigarette, et nos pas nous avaient ramené au temple. Devant les bandeaux jaune et avec les collègues du Lieutenant Rodriguez je découvris mon époux qui m’attendait. Sans plus de cérémonie, je me précipitais vers lui pour le prendre dans mes bras, laissant de côté pour le moment tout ce que j’avais sur les mains et le visage.
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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Jeu 14 Déc - 0:00

From now,
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Est-ce qu’il avait jamais été autant nerveux ? Pas depuis des années en tout cas, ça il pouvait en être certain. Mike tapait nerveusement du talon, sur le sol, tenu à l’écart de la scène de crime par une femme de police en apparence calme et concernée. Il pouvait néanmoins voir que les officiers déroulaient leur fameux cordon jaune à l’intérieur du temple où officiait son mari, et il était mal à l’aise, Mike, a être témoin de ça sans pouvoir s’imposer. Il avait envie de dire que ce lieu était sacré, du moins pour son époux, et que seul ce dernier devrait décider de ce qu’il était bon de faire ou pas dans un cas comme celui-ci. Mais le jeune homme au teint hâlé savait que ses réflexions étaient ridicules, seulement émises parce que son esprit avait besoin d’être occupé. Du moins, occupé autrement que par son angoisse actuelle, ne cessant de demander à la personne en charge de lui où était celui qui faisait battre son coeur depuis maintenant des années. « Et vous êtes sûre qu’il va bien ? » Mike ne pouvait se retenir de harceler l’expert qui lui faisait face, et qui lui souriait doucement pour tenter de l’apaiser et de faire taire ses inquiétudes. « Le lieutenant Rodriguez est actuellement avec lui, il va bien, il n’était pas blessé. Ce n’est que la routine. » Une moue déchira son visage alors que le dernier mot fit tilter le mari concerné, ne pouvant garder sa remarque pour lui : « C’est la routine d’assister à un meurtre aussi ? » Aussitôt, Mike se prit la tête entre les mains, à la fois désolé et désespéré. Il n’était pas dans son état normal, depuis que la police de Boston l’avait contacté, le mettant au courant de l’horrible affaire dont avait été témoin son aimé. « Pardon, ce n’est pas ce que je voulais dire. » L’agent de police secoua la tête, toujours rassérénée, lui faisant signe qu’il n’avait pas à s’en faire. Elle devait faire face tous les jours à ce genre de tiers personnes en détresse, à force. Et aujourd’hui, Mike était l’une d’entre elle.

Il faisait les cent pas, incapable de vraiment patienter. Abel avait été emmené par un lieutenant, on lui posait quelques questions, voilà ce qu’on lui avait dit. On lui en avait posé quelques unes à lui aussi, mais il était tellement inquiet pour son époux, pour ce qu’il avait vu, qu’il n’avait pas vraiment été d’une grande aide. Il lui semblait qu’on l’avait laissé tranquille pour ne pas le brusquer ce soir, mais il avait bien compris qu’on n’en avait pas vraiment fini avec lui. Mais il n’en avait que faire, le pianiste, le chanteur qui avait enfin récupéré sa voix. Il n’avait d’yeux que pour son mari, alors aux abonnés absents. Pour cet homme qui faisait battre son coeur depuis des années, et qui venait de rencontrer l’horreur en personne. Mike n’en pouvait plus, à ainsi attendre, à souffler dans ses mains pour se réchauffer, son sang rendu glacial dans ses veines de par la situation dramatique. Une main se posa sur son épaule, ferme, mais il sursauta violemment face au contact imprévu. Ce n’était pourtant que la jeune femme qui revenait vers lui, cette fois-ci un sourire plus franc au visage. Elle pointa derrière son épaule et annonça, chaleureuse : « Tenez, les voilà. » Aussitôt, Mike se retourna, et un sourire déchira son visage, en même temps qu’une grimace douloureuse, peinée, alors que son aimé se rapprochait de lui, dévoilant le sang qui le couvrait quelque peu, dévoilant ses traits tirés. Le chanteur ne se fit pas prier pour se jeter dans les bras de son amant, se précipitant vers lui pour que ses mains rencontrent son dos, le serre tout contre lui. Leurs corps s’emboitant parfaitement, mais l’inquiétude prenant le dessus. Mike se décala en effet à peine de lui, passant ses deux mains sur les joues tachées de son époux, la voix tremblotante : « Oh mon… Tu vas bien ? Est-ce que tu vas bien ? J’étais si inquiet, je ne savais pas quoi leur dire… » Les mots s’enchaînaient à toute vitesse alors que Mike se rassurait en passant ses doigts délicatement sur le visage d’Abel. « Je suis tellement désolé, tellement… » Il ne savait pas de quoi, au juste, il s’excusait. De ne pas avoir été là, de ne pas avoir su quoi faire alors que la nouvelle lui était annoncée au téléphone. Mais soudainement, il était juste heureux de pouvoir tenir son amant dans ses bras, de s’assurer qu’il était bien là, en chair et en os. « Oh mon dieu, je suis tellement heureux que tu sois là et que tu ailles bien, si tu savais. » Il en rajouta, Mike, jurant sur le nom du Seigneur, chose qui n’était pas vraiment bien appréciée de son époux en temps normal. Mais c’était exceptionnel, ce soir-là, alors que les nerfs lâchaient pour le couple qui s’aimait tant.

Après quelques embrassades, mais se refusant toujours à lâcher son mari, Mike finit par se tourner vers la femme typée qui avait accompagné Abel. Elle était toujours là, se tenant quelque peu à l’écart, peut-être gênée par les retrouvailles. Ou tout simplement désireuse de les laisser se dire quelques mots, il n’en savait rien, à vrai dire, et il s’en fichait un peu. « Lieutenant, est-ce que… est que mon mari est hors de danger ? Qu’est-ce qu’il s’est passé, vous avez attrapé celui qui a fait ça ? On a rien voulu me dire, expliquez-moi ! » Les interrogations se multipliaient, malgré lui. Il voulait qu’Abel se remette de cette histoire, que cette affaire en question soit déjà derrière eux. Mais il était loin de se douter que ce ne serait probablement jamais le cas...


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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Jeu 4 Jan - 21:21


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Le lieutenant Rodriguez accompagnait tranquillement le Révérend sur le chemin de retour vers l’Eglise. Elle savait qu’il n’attendait qu’une chose : prendre son mari dans les bras. Mais elle se doutait également qu’il s’inquiétait de son état, de ce qu’allait penser son époux. C’est pourquoi elle avait voulu le remettre d’aplomb, le faire oublier son angoisse en s’intéressant plus sérieusement à lui, à son couple, à sa profession. Son intérêt n’était pas que pour le réconfort, au fond. Elle-même était vraiment curieuse d’en savoir plus sur la relation qu’entretenaient les Leroy et comment ils vivaient avec au quotidien. Rodriguez avait rencontré bon nombre de croyants qui maudissaient la plupart du temps la communauté LGBT+, alors elle devait bien s’avouer être surprise de voir que son témoin alliait religion et relation homosexuelle. C’était osé, c’était risqué. Mais c’était passionné, et cela faisait du bien de constater une telle évolution d’esprit, aux yeux de la jeune femme. « Toutes mes félicitations pour le mariage. Enfin, elles sont un peu tardives, mais je suis heureuse pour vous. » Tasha sourit, franche avec l’homme, et ajouta : « Vous avez l’air de former un beau couple, soudé avec les années. » Elle hocha la tête, impressionnée par le nombre d’années qui réunissaient les deux maris. Elle lâcha un petit rire quand le Révérend cru bon de préciser son origine, et elle-même se justifia : « Oh, m’en parlez pas ! J’ai peut-être masqué mon accent, mais je suis moi-même d’origine cubaine et syrienne. Vous parlez très bien la langue en tout cas. » Rodriguez fourra ses mains dans ses poches, laissant l’homme en dévoiler un peu plus sur sa relation avec Mike Leroy. Elle l’écoutait attentivement, concernée par chacun de ses propos, laissant même échapper un ou deux sifflement admiratifs. Une telle ouverture d’esprit, elle n’y était pas habituée. « Eh bien, prenez-le d’une lieutenant bisexuelle, je suis très impressionnée par votre chemin parcouru. Une telle évolution d’esprit, ça fait plaisir à voir. Notamment dans le domaine de la religion. Vous participez à un changement d’important, et je vous suis, comme de nombreux autres, redevable pour ce que vous faites. » Les deux jeunes gens se rapprochaient de plus en plus de l’Eglise, mais le lieutenant continua, toujours désireuse de maintenir son témoin dans un état plus assuré. « Je dois bien admettre qu’avec mon boulot, les choses ne sont pas toujours aussi aisées. Entre mes collègues croyants, les machos qui ne croient pas à la place de la femme dans les forces de l’ordre, et ceux qui allient les deux… c’est pas facile tous les jours. Mais des personnes avec votre parcours, qui arrivent à vraiment changer la donne… » Elle souffla, contentée. « C’est inspirant, ça fait vraiment chaud au coeur. Vous avez vraiment l’air de former un couple exceptionnel avec votre mari. » Et elle espérait bien que ce couple pérenniserait et participerait à changer les choses par la suite.

Mais pour l’heure, le couple en question devait d’abord se retrouver, retrouvailles émouvantes auxquelles assista Rodriguez, se tenant un peu à l’écart. Ils venaient de retourner à l’église, et les deux Leroy s’étaient littéralement jetés dans les bras l’un de l’autre, arrachant une moue réjouie au lieutenant. Elle était heureuse de voir les deux époux réunis, et leur laissait leur temps à eux, échangeant un regard plein de sous-entendu avec son binôme. Margot savait qu’elles auraient du pain sur la planche d’ici peu, d’ici que les Leroy auraient quitté les lieux pour mieux revenir au poste plus tard. Toutes deux savaient que leur enquête avait commencé et qu’elle était loin d’être terminée. Et à peine songeait-elle à tout ce qui l’attendait comme travail, que le couple se sépara quelque peu pour s’adresser à Tasha, qui revint vers eux. L’époux du Révérend, un certain Mike Leroy, à peine plus âgé que son mari, l’assailli de questions, probablement lui-même débordé d’inquiétude. Rodriguez leva les mains en un signe rassurant, faisant comprendre au mari qu’il pouvait ralentir son flot de questions et reprendre une respiration normale, tandis qu’elle répondait, pour le duo entier : « Calmez-vous, tout va bien. La Police de Boston prend la relève, et je suis en charge de cette enquête. » Elle s’arrêta, se composant un visage avenant et apaisé, et continua : « Pour l’instant, Mr Leroy est hors de danger. Néanmoins, étant donné les circonstances du meurtre, nous allons envoyer deux agents à votre domicile pour surveiller les lieux et s’assurer que personne ne vous attend là-bas. Ils resteront de garde toute la nuit. » Devinant les protestations qui allaient suivre, Tasha enchaîna aussitôt : « Je sais que ce n’est pas idéal, mais c’est soit ça, soit vous dormez dans un autre endroit. Nous ne savons pas ce que le meurtrier de Mr Hills désirait vraiment, ni s’il compte revenir pour achever son oeuvre, étant donné que Mr Leroy est un témoin imprévu et aux informations compromettantes. Nous faisons ça pour votre protection, en attendant d'en savoir plus sur l'affaire. » Rodriguez se tourna quelques instants, repérant Margot, toujours à proximité d’elle, qui l’encouragea d’un signe de tête à continuer. Ce qu’elle fit aussitôt. « Nous aurons besoin que vous reveniez au poste demain matin, pour prendre votre déposition officielle et faire un portrait robot de l’agresseur. Votre présence, Mike, est bien entendu bienvenue. Toutes informations que vous aurez tous les deux à partager sont essentielles pour l’enquête. » Tasha sourit, cette fois-ci alors qu’elle se plongeait dans le regard du Révérend tout en s’adressant encore à Mike. « Votre mari nous a déjà beaucoup aidé, et grâce à ce qu’il m’a dit ce soir, nous avons déjà un bon point de départ pour notre enquête. » Un point de départ seulement, mais on commençait toujours quelque part, après tout.

La brune se tut, reprenant son souffle quelques instants. Elle dévisagea le couple, impliquée dans leur histoire, par ce qu’ils avaient soudainement à traverser. Elle tendit ses deux mains pour se saisir de leurs poignets respectifs et les serrer, sans trop forcer sur le contact soudain, avant de reprendre : « Je vous promets de faire tout mon possible pour que le meurtrier soit arrêté et que vous puissiez mettre cette histoire derrière vous. Mais en attendant d’arriver là, je vais avoir besoin de votre coopération. Et surtout de votre confiance, vous me comprenez ? » Elle ne dit plus un mot, Tasha, attendant une réponse du couple. Elle savait qu’ils allaient vivre un enfer jusqu’à ce qu’ils obtiennent tous des réponses. Mais elle n’avait d’autre choix que d’être le Cerbère de leurs futurs instants, aussi horrible ce rôle pouvait-il être, alors que le meurtrier de Hills rôdait toujours quelque part, peut-être désireux de se débarrasser du témoin le plus gênant qui soit : un homme de Dieu.

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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Dim 7 Jan - 17:14

From now,
you never will be safe again.
Le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine, je serrais Mike contre moi, les yeux clos. Bien que je sois toujours aussi tremblant et peu confortable avec mes mains et mon apparence, j’avais besoin de le sentir tout contre moi. Ma cage thoracique pourrait bien exploser sous les battements de mon palpitant, sous l’énorme soulagement de pouvoir revoir son visage, de pouvoir sentir son odeur. Oh oui, j’avais plongé mon visage dans son cou pour sentir sa peau, pour que son odeur, son parfum envahissent mes narines et me transportent tellement loin de l’endroit où nous étions réellement, du moment que nous vivions. J’en aurais presque grogner qu’il se décale un peu pour pouvoir me regarder, et en croisant son regard, je me rappelais tout au coup que je n’avais toujours pas pu me laver le visage, que j’étais loin d’être présentable. Mais il était là. Non, j’étais là. J’étais bel et bien là, en face de lui, je pouvais serrer ses bras, je pouvais lui sourire et surtout, je pouvais le voir, je pouvais voir son soulagement.

Le laissant plusieurs fois jurer, ce soir serait l’exception, je finis par lui sourire en le reprenant dans mes bras, embrassant plusieurs fois sa joue et sa mâchoire, dans le faible espoir de pouvoir l’apaiser un peu. Mon cœur me poussait à lui donner bien plus que de baisers innocents, la pudeur, et surtout le drame qui avait eu lieu ce soir me forcer à contrôler mes envies. Je déposais mon front contre le sien quelques secondes, à nouveau les yeux fermés, une main dans son cou, l’autre encore bien accrochée à lui. Il m’était difficile de le lâcher, je deviens bien le reconnaître. Une certaine crainte en moi planait à présent, celle de le voir d’un instant à l’autre m’être arraché. Auparavant, j’étais bien conscient que cela pouvait arriver, surtout qu’à l’époque où nous nous étions connu, il avait frôler la mort, mais maintenant… la menace n’était pas seulement une menace floue, vague, comme toutes celles qui pouvaient mettre un terme à nos existences tant elles étaient nombreuses. Celle-ci était belle et bien réelle, et je n’y avais échappé que par miracle.

« Je vais bien… calme toi… Respire un grand coup. »

Craquant finalement, je déposais quelques baisers papillons sur ses lèvres, après avoir caresser tendrement ses joues, tant pis pour la pudeur. Mon pauvre Mike, je ne pouvais qu’imaginer son soulagement, sa place, je n’aurais sans doute pas tenu. Mais mes mots ne suffisaient pas pour le moment à l’apaiser puisqu’il fini par se tourner vers le Lieutenant Rodriguez, sans rompre le mélange de nos bras et nos corps. En un sens, je lui en étais reconnaissant, je ne voulais pas quitter la chaleur de son étreinte, ses questions n’étaient que le reflet de toute cette pression, toute cette inquiétude qui le rongeaient et qui attendaient des réponses. De mon côté, je n’aspirais qu’à pouvoir rentrer chez nous, loin de tout ça, de rester seulement avec lui et… attendre. Attendre que mon esprit ne soit plus embrumé, attendre que le choc soit passé, attendre que les vieilles tentations se taisent pour pouvoir réfléchir. Et pour la première fois depuis que je m’étais tourné vers lui, je voulais m’éloigner un peu du Seigneur. Pas le renier, pas le laisser de côté, non. Juste… prendre une pause. On va me dire qu’un Pasteur ne prend pas de pause, qu’il le veuille ou non, il est lié à Dieu, vision archaïque et poussiéreuse que je passais mon temps à chasser. IL venait de me plonger en plein dans une épreuve que je n’étais pas prêt à affronter, il allait me falloir du temps pour me remettre en cause. Et prier, méditer.

La jeune femme prit la parole à son tour pour répondre aux inquiétudes de mon mari, auxquelles je ne voulais pas répondre, ne voulant pas le perturber plus, et ce même s’il finirait par me les poser, pour avoir des réponses bien plus claires et concrètes que ce qu’elle lui donnait pour le protéger. Je posais d’ailleurs une main sur son torse, sur l’emplacement de son cœur, voulant par ce simplement geste faire comprendre à Mike que pour le moment, il avait le droit de se sentir paniqué et en colère, mais qu’elle n’y était pour rien, qu’il pouvait lâcher la pression qui pesait sur lui maintenant, que les choses allaient être prises en charges, qu’elles étaient entre de bonnes mains. Le Lieutenant Rodriguez m’inspirait confiance. De part la bienveillance qu’elle avait eut à mon intention jusque là, et parce que je savais qu’elle-même lutter contre d’autre facettes de l’humain, et qu’elle avait aussi eu sa dose d’horreur à voir. Elle ne prenait pas les choses à la légère, j’en étais persuadé.

Ce qui suivit, je ne pouvais pas dire que je m’en doutais, mais je n’en étais pas non plus surpris. Des agents chez nous. Ce n’était que la logique des choses, ils étaient là pour assurer notre sécurité. C’était pourtant bien le comble, puisque leur présence suffisait à renforcer mon sentiment d’insécurité qui s’était éveiller au moment où le coup de feu avait résonné dans mon temple. Mais il était certain que je préférais retourner chez nous avec deux personnes pour monter la garde que de me retrouver dans un endroit peu familier et sans doute encore plus oppressant après tout ça. Je grimaçais quand même aux quelques précisions qu’elle ajoutait, ça n’allait pas calmer mon époux. Et même si elle enchaîna avec un sourire à mon attention, je ne pu m’empêcher de recommencer à me poser tout un tas de questions. Est-ce que je serais capable de répondre correctement à ce qu’on allait me demander une fois au poste ? Est-ce que je me souviendrais de tout ce que je lui avais dit ? Est-ce que je pourrais de nouveau aider, réellement sans me perdre, sans rien oublier ? Le contact de sa main me surpris malgré tout, ne m’étant pas attendu à ce qu’elle venait de nous dire.

« Je comprends, Lieutenant, vous le savez, je ferai de mon mieux pour vous aider. Mais... »

Mon regard se posa sur l’Église, toujours occupée par la police, avec ce ruban jaune lourd de signification, des lumières des voitures. Et des personnes qui étaient en train de sortir le corps de Mr Hills dans un sac mortuaire sur un brancard. Ma gorge se serra violemment.

« Pendant combien de temps pensez-vous que l’accès sera interdit ? Les fidèles… ils auront besoin plus que jamais de se recueillir, de se réunir... »

De moi. Ils auraient besoin de m’avoir à leur côtés, de se tourner vers quelqu’un. Ces jeunes gens dont je lui avais parlé, vers qui pourraient-ils se tourner sans leur lieu de confiance, de recueillement ? Serrant les mâchoires, je me rapprochais de Mike, posant ma tête contre la sienne. Tous n’avaient pas la chance d’avoir un appui comme lui à leurs côtés. Il allait falloir que je trouve un moyen de les réunir ailleurs. J’expirais lentement en passant finalement une main dans mes cheveux, tirant sur quelques boucles pour essayer de me concentrer sur le moment présent, sur ce qu’on attendait de moi maintenant.

« Nous serons là demain matin, Lieutenant. Je vous remercie… vraiment. Si… si vous allez voir la famille de Mr Hills… pourriez-vous apportez mes condoléances, s’il vous plait ? »
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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Dim 14 Jan - 0:31

From now,
you never will be safe again
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Il était là. Il pouvait le sentir dans ses bras, tout contre son corps. Mike pouvait toucher celui qui était sien, celui avec qui il ne faisait qu’un. La pression retombait peu à peu, bien que cette angoisse, qui l’avait saisit depuis l’appel de la police, ne le quittait pas vraiment. Il avait eu trop peur de le perdre, le chanteur avait bien trop pensé au pire, s’était préparé au mauvais scénario. Maintenant, il avait besoin de temps. L’homme devait se reprendre, se ressaisir pour le bien de son époux, se rassurer alors qu’il ne cessait de l’embrasser. Il se fichait bien que le lieutenant soit là, à attendre après lui. Mike voulait juste profiter de son mari, du fait qu’ils étaient tous les deux bel et bien en vie. S’il avait déjà été au plus près de la mort, jamais l’artiste n’aura souffert autant que ce jour-là. Craindre pour sa propre vie était une chose. Craindre de perdre l’être aimé, le seul qui donnait un véritable sens à votre vie, en était une autre. Et quelque part, Mike le savait. Il ne serait plus jamais le même homme si sa moitié venait à trépasser. Il ne saurait pas ce qu’il deviendrait, ni même ce qu’il ferait à ce moment-là. Mais le chanteur serait un homme changé, il ne pourrait plus être celui qui avait un jour été aimé par Abel. Et si, jusque alors, il n’avait jamais eu la moindre raison de souffrir de cette peur soudaine, aujourd’hui venait de tout changer. Radicalement. Aujourd’hui, son époux avait été témoin d’un meurtre. Qui sait ce qui aurait pu se passer si Abel avait été plus impliqué, ou même s’il n’avait pas été “seulement” un homme de Dieu. Dans tous les cas, Mike ne voulait pas le savoir. Il désirait seulement se coller à son amant et ne plus le lâcher. Plus jamais. Parce qu’il n’était pas prêt de laisser quoi que ce soit, ni qui que ce soit, les séparer. Des années qu’ils avaient attendu de se connaître, de se rapprocher. Des années qu’ils étaient désormais mariés, couple uni qui faisait front contre toutes les médisances du monde entier. Ce n’était pas aujourd’hui qu’ils finiraient déchirés, le chanteur ne l’accepterait pas.

Front contre celui de son époux, le jeune homme au teint basané se refusait à quitter, ne serait-ce que d’un millimètre, le corps d’Abel. Il pouvait donner une impression légèrement possessive sur le moment, mais c’était plus fort que lui. Pouvoir ressentir la chaleur du corps de son aimé contre le sien était tout ce dont il avait besoin en l’instant. Sa main restait liée à la sienne alors que le lieutenant Rodriguez daignait prendre la parole, répondant enfin à ses questions. Ses mimiques ne lui échappait pas, pas plus que ses gestes qui se voulaient rassurant. Mais Mike avait du mal à se tranquilliser. Plus les informations tombaient et moins il se sentait en paix. Il y avait comme une épée de Damoclès qui pesait au-dessus de leur tête, du moins, c’est ce que l’artiste ressentait. Ne pouvant expliquer cette désagréable impression, il se contenta pendant un long moment de grincer des dents alors que la policière continuait de parler. Ses paroles semblaient parfois déformées alors que le chanteur avait l’impression de plonger dans un mauvais rêve. Ce ne fut que la main de son époux posée contre son propre coeur qui lui fit cligner des yeux et se reprendre légèrement. Mike se rendit compte qu’il était fatigué, l’anxiété dû à l’attente d’avoir des nouvelles de son mari l’ayant éreinté bien plus qu’il ne l’aurait cru. « Beaucoup de choses m’échappent, je vous l’avoue, et je ne suis pas certain d’avoir compris ce qu’il nous attend encore. Mais je vous fais confiance. » Sa voix était lasse. Quelque part, il songeait qu’on ne lui laissait pas vraiment le choix, d’accorder sa confiance à une telle inconnue, à la police en personne. Ce n’était pas comme si une meilleure solution s’offrait à lui, et le jeune homme en avait bien conscience.

Mike se tourna vers son époux, déposant un baiser au creux de sa mâchoire. Répétant la chose, contre son cou, contre son front, le rapprochant le plus possible de lui. Il soupira, fermant quelques instants les yeux, et finit par ajouter : « Je souhaite juste le mieux pour que mon époux soit enfin tranquille. » Même si ce dernier pensait bien entendu à ses fidèles, ce qui lui arracha un sourire contrit, mais quelque peu amusé. Son mari était la bonté même, et bien souvent, il se demandait ce qu’il avait bien pu faire pour le mériter. « Merci pour tout. Je ne vous serais pas d’une grande aide, je pense, mais je ferais de mon mieux pour vous apporter ce dont vous avez besoin. » Pour son aimé, pour son couple. Mike hocha une dernière fois la tête à l’intention de Rodriguez, puis se tourna vers son amant. L’embrassant délicatement, cette fois-ci sur les lèvres. Prolongeant le baiser, d’une pression passionnée et amoureuse. Amoureux, ce qu’il était depuis la première fois qu’il avait vu Abel, et sentiment qui n’avait cessé d’augmenter au fil des années. Il murmura, contre son oreille, sa main allant caresser la nuque de son mari : « Viens, rentrons. » Il n’avait qu’une envie, désormais. Profiter de l’amour de sa vie.


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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Dim 14 Jan - 1:19


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From now, you never will be safe again


Discret soupir. Les mains sur les reins, Tasha ne pouvait rien faire d’autre que de parlementer avec le couple, que d’observer celui-ci. Un pincement au coeur, elle songeait que cette affaire serait bien difficile à gérer pour eux. Comme pour toutes les autres victimes dans leurs genres. A vrai dire, il fallait bien l’avouer, il n’existait pas de cas facile dans la police. Pas dans sa branche, pas pour son équipe en tout cas. Les siens et elle, ils se chargeaient très rarement de cas insignifiants, comme d’un taggeur des rues chevronné. Non, eux ils voyaient le mal tous les jours. Les crimes, les vols qui tournaient mal, les criminels qui se sentaient pousser des ailes et qui cherchaient à les défier : c’était leur lot quotidien, et ce n’était jamais facile. Depuis son entrée dans la police, Tasha en avait vu, des recrues arriver et repartir, incapables de supporter le mal tous les jours. Et si elle-même était loin d’avoir accepter l’horreur ambiante de ce monde, elle avait appris à faire avec. Le plus dur, au final, c’était de faire la part des choses en rentrant à la maison. C’était d’oublier tous ces monstres qui vous hantaient la journée pour n’avoir à penser qu’à l’être aimé. Oui, c’était dur, et Tasha en souffrait parfois. Encore plus dernièrement. Et désormais, ce couple soudé avec les années, il aurait aussi à traverser cette épreuve. A repousser le mal qui avait frappé à leurs portes, à espérer trouver un peu de paix, après avoir fricoté avec le Diable en personne.

Rodriguez soupira, alors que le Révérend posait une nouvelle question. Mike et lui semblaient avoir accepté les difficultés qu’ils allaient affronter, semblaient n’avoir rien à redire sur la procédure qu’elle leur imposait. Mais l’homme de Dieu avait encore des priorités, qui pouvaient lui paraître moindres, mais à lesquelles elle devait répondre tout de même. « C’est difficile à dire. » finit-elle par reconnaître, à contre-coeur. Ce n’était pas comme si elle pouvait prédire une date précise de fermeture du temple. Pour l’instant, la demeure restait close, et Tasha songeait que c’était une bonne comme une mauvaise idée. Si jamais l’assassin venait à revenir en ces lieux, pour une raison inconnue, l’Eglise pouvait servir d’appât, tout comme elle pouvait desservir la police. Processus inévitable, en tout cas, qui servira seulement bien tardivement, pour une reconstitution du crime devant le tribunal. Les lieux resterons scellés jusqu’à ce que l’assassin soit retrouvé. Ce qui pouvait prendre quelques jours comme quelques semaines ou encore… quelques années. « Dans ce genre d’affaires, ça peut varier. Tout dépendra de l’avancée de l’enquête. » Elle se doutait que ce n’était pas forcément la réponse attendue. Mais le lieutenant était désolée de ne pouvoir faire mieux, de ne pouvoir rassurer l’homme et sa profession.

Un nouveau soupir émana de la flic, qui se résignait déjà à passer une nuit blanche. Entre cette affaire, son deuil encore non-achevé et son enquête personnelle en parallèle, elle dormait peu, le lieutenant, et ne dormirait pas cette nuit. Et c’est Anya qui allait encore en payer les frais. Toutefois, ce soir, elle ne pouvait penser à ça, elle ne pouvait penser à sa petite personne. Les Leroy devaient passer d’abord, ils primaient sur le reste. Elle pouvait déjà se rassurer de les voir si compréhensifs, probablement bien pressés de rejoindre leur nid douillet, qui serait pourtant surveillé par des officiers. La fatigue se peignait sur leurs visages, leurs voix elles-mêmes sonnaient lourdes. Un sourire doux vint se dessiner sur son visage, alors que chacun des maris venaient à prendre congé d’elle, son témoin ayant une dernière demande. Elle s’approcha une dernière fois de lui et lui serra la main, hochant la tête, une moue soucieuse sur le visage : « Je vous le promets, Révérend. Je leur transmettrai. » C’était son devoir, après tout. « Merci à vous, messieurs. Je vous vois demain. » Triste salutation pourtant inévitable. Rodriguez se positionna près de Margot alors qu’elle regardait le couple s’éloigner d’elle, des officiers sur les talons. Dure nuit qui allait s’achever, horrible enfer qui venait de déferler.

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