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 From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez

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MessageSujet: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Dim 17 Sep - 16:56

From now,
you never will be safe again.
Les lumières de l’ambulance et des voitures de police. Celles poussées à bloc du temple pour facilité le travail des inspecteurs, plus les quelques bougies que je n’avais pas encore éteinte. Les conversations des personnes présentes, le bruit des flashs des appareils photos, les sirènes qui continuaient de rugir malgré les épais murs. Les bruits de pas. Et pourtant, tout ce que j’entendais, c’était ce coup de feu. Encore et encore. Et ce qui avait suivit. Le corps sans vie qui tombe. Et ce regard. Le regard du tireur. Malgré son arme, son but n’était pas de tué, je l’avais lu dans ses yeux. Pourtant, un homme avait bien perdu la vie dans la maison de Dieu.
Assis sur un des bancs du milieu, les mains tremblantes, je détournais obstinément le regard du corps étendu sur le sol devant l’autel. Mes mains tremblaient sans que je parvienne à les arrêter. Elles portaient la trace de l’impact, du sang du défunt quand j’avais essayé de prendre ces signes vitaux. Sur mon visage, je sentais également des projections de ce sang… et autre. Je n’avais rien touché. On m’avait demandé de ne pas me laver, de ne surtout touché à rien et d’attendre. Depuis, je n’avais tout simplement plus bougé, sonné, choqué, par ce qui venait de se passer. Je n’en croyais pas mes yeux. Je n’étais pourtant pas dupe, je connaissais la capacité de l’être humain à commettre des atrocités, mais je ne m’étais jamais dit que j’assisterai un jour à cela. La mort d’un homme, de façon si violente, si brutale. Et pourtant, involontaire. Je n’avais pas de mot pour décrire le sentiment d’impuissance, d’horreur que je ressentais. Le dos contre le dossier du banc, j’observais ces mains tremblantes qui ne semblaient même plus m’appartenir, elles seules traduisaient la panique qui m’envahissait. Il fallait que j’appelle à la maison… S’il venait à apprendre ce qu’il s’était passé sans savoir qui était la victime, il allait paniquer… Pourtant, je n’arrivais même pas à faire le mouvement pour reprendre mon portable dans ma poche. Par peur de le salir, étrangement aussi. Alors qu’il portait déjà des traces rouges sur son écran. Mes pensées partaient dans tous les sens, elles n’avaient plus aucune logique.

Le bruit des portes du temple qui claquent me firent sursauter. Un nouveau groupe de personne venait d’entrer. Je ne me retournais pas pour autant, craignant tout un tas de choses aussi absurdes que pourtant aussi réelles qu’un meurtre ayant lieu sous mes yeux dans mon église. Pour essayer de calmer mes mains, je les serrais entre elles entre mes jambes et baissais légèrement la tête, les yeux clos. Une prière. Non pas pour moi, mais pour le pauvre homme au sol que Dieu allait accueillir à ses côtés. Seigneur, il fallait que je prévienne sa famille ! Je le connaissais assez peu, ça ne faisait pas longtemps qu’il venait en ce lieu, à peine quelques fois les dimanches, ou juste le soir pour faire une prière. Dans ce cas de figure, il était toujours seul, dans son costume trois pièce comme tant d’hommes d’affaires en ville. Le dimanche, c’était en famille qu’il venait, une femme dans la quarantaine, qui elle venait me voir pour m’apporter des gâteaux ou autre, bien qu’elle prenne toujours garde à ce que ses enfants ne soient pas trop prêts de moi, sait-on jamais. Leurs enfants. Des bambins de cinq et huit ans, fille et garçon, toujours tiré à quatre épingles pour venir alors qu’ils passaient leur temps à tirer sur leurs vêtements trop serrés tout le long du sermon. Dans le dos de leur mère, je leur donnais des petits livres de coloriage pour s’occuper. Elle croyait encore qu’ils les volaient. Comment est-ce que j’allais lui annoncer ça ? Est-ce que nous pourrions toujours accueillir les fidèles demain ? Et dans les prochains jours ? Il allait falloir organiser les funérailles. Encore une fois je sursautais, mais parce qu’on venait de poser une main sur mon épaule. L’auteur de ce geste n’était que le policier qui m’avait dit quelques instants plutôt qu’on allait prendre mon témoignage, à moins que ce ne soit des heures auparavant… ?

« Révérend, voici le Lieutenant Rodriguez. Elle va vous posez quelques questions et écoutez votre témoignage. »

Je me levais aussitôt pour serrer la main de la jeune femme, rassemblant mes idées du mieux possible. Sauf qu’en me relevant ainsi, mon regard se posa sur le corps, pourtant entourer de plusieurs personnes. Instinctivement, je détournais le regard en cherchant mes mots.

« Bonsoir, Lieutenant… Je vous prie de m’excusez… je… n’ai pas encore retrouver tous mes esprits... Il faudrait que je prévienne mon époux… Le rassurer. Je ne sais pas si quelqu’un l’a déjà fait... »

Maintenant que j’arrivais à penser, c’était tout ce qui me préoccupait. Prévenir Mike. La nouvelle arriverait sans doute bientôt, il reconnaîtrait tout de suite le quartier et s’imaginerait le pire. Il savait que je fermais les portes tard, surtout un vendredi soir comme ça. A présent, je me mettais à trembler comme une feuille, tout le corps à présent était en proie à des secousses alors que j’imaginais mon époux apprendre cette terrible nouvelle. Ne me sentant plus aussi sûr sur mes jambes, je me rasseyais sur le banc, régulant ma respiration au mieux.

« Excusez moi... »
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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Lun 25 Sep - 14:51


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From now, you never will be safe again


Vendredi soir, heure tardive que Rodriguez ne prenait pas la peine de préciser. Dure journée passée, sa petite équipe était aussi épuisée qu’elle. Ses collègues quittaient un à un l’établissement, Margot et Tasha étant toujours les dernières à abandonner le poste. Leur métier leur collait à la peau, mais surtout, Tasha s’était renfermée dans son boulot, y mettant tout son corps et toute son âme, depuis que son frère était décédé. Elle voyait bien sa binôme s’inquiéter pour elle et tenter de la faire redevenir comme avant, mais Rodriguez n’était plus la même personne. La flamme de passion qui l’habitait avant avait laissé place à une flamme dansante dans son regard, le genre de flamme dangereuse qui contenait avec peine la haine profonde qui habitait désormais le lieutenant Rodriguez. Dévalant les marches pour retrouver sa voiture, Rodriguez allait pour dire à Margot de décrocher pour la soirée quand un appel par radio l’empêcha d’aller plus loin. Soupirant, la brune décrocha, non sans darder un regard las à sa partenaire. « Ici Rodriguez, j’écoute. » Un grésillement, puis une voix masculine : « Lieutenant, on aurait bien besoin de vos lumières. On a un cadavre sur les bras, et vous ne devinerez jamais où il se trouve… »

****

Sans un mot. Le trajet était silencieux, Tasha conduisant, Margot à ses côtés. Elle était comme ça maintenant. Le regard éteint quand elle ne songeait pas à se venger, l’humour l’ayant quitté également. Elle n’en restait pas moins un bon flic, efficace, toujours intéressée par son métier. Elle n’était juste plus complète. Anya en souffrait autant que sa collègue, mais la lieutenant n’arrivait pas à prétendre aller bien. Pas totalement du moins. Selon certains jours, elle allait mieux. Et pour d’autres, elle était au fond du gouffre. Dieu qu’Hernando lui manquait. La voiture se gara et les lieutenant Rodriguez et C. arrivèrent sur les lieux, franchissant les portes de la maison de Dieu dans une entrée en scène fulgurante, presque au ralenti, chacune poussant une porte de leurs côtés. Margot alla s’enquérir des informations que le légiste avait à transmettre tandis qu’un jeune policier conduisit Tasha vers le témoin du meurtre, lui expliquant brièvement la situation. Le remerciant d’un signe de tête, Rodriguez se présenta à l’inconnu, adoptant le ton doux et compatissant qu’elle usait habituellement avec les victimes et témoins de meurtres, vols ou autres événements traumatisants. « Ne vous excusez pas Révérend, après un tel choc, je ne peux que comprendre. » Lui serrant la main, elle posa une main sur son dos, rassurante, et lui indiqua de se rasseoir, ce qu’il fit sans attendre, ayant déjà entamé le geste avant qu’elle n’en émette l’idée. Pauvre homme. Pas besoin d’observer en long et en large le corps qui faisait face à l’homme, il avait dû être assez traumatisé comme ça. « Ne vous inquiétez pas, un de mes collègues s’est chargé de le prévenir au moment où vous avez décliné votre identité. Votre mari ne devrait pas tarder à arriver. » Sourire doux. En service, Tasha affichait toujours le meilleur côté d’elle-même, face aux victimes, lorsqu’elle s’embarquait sérieusement sur une affaire. Il n’y avait que comme ça qu’elle ne pensait plus à son échec vis-à-vis d’Hernando. « Je suis désolée de vous déranger avec ça, mais c’est une étape nécessaire pour avancer notre enquête. On prendra bien sûr votre déposition au poste, mais si vous pouviez répondre à mes quelques questions, je vous en serais reconnaissante. » Il avait déjà dû répondre à celles de ses collègues, mais c’était elle qui était en charge de l’affaire, et elle préférait entendre par elle-même ce que le témoin avait à dire.

Se râclant la gorge, Tasha jeta un regard entendu au loin à Margot, avant de se tourner vers le Révérend, attendant sa confirmation pour poursuivre la discussion. « Donc, j’ai cru comprendre qu’une personne a débarqué dans votre église, s’est énervée contre la victime, et l’a tué. Vous confirmez ? » Meurtre prémédité ? Apparemment non. Mais Tasha voulait s’assurer de ce qu’avait bien vu le témoin pendant que l’horreur était encore fraîchement inscrite dans son esprit, aussi horrible que cela pouvait sonner. Et cela devrait passer par une description de la scène auquelle le pauvre homme avait dû assister. « Connaissiez-vous beaucoup la victime, Révérend ? Je crois que vous avez omis de donner son nom à l’agent qui s’est occupé de vous. » Son identité n’avait pas encore été découverte par les agents, aucun papier ne se trouvant sur le corps du défunt. Rodriguez comptait beaucoup sur son témoin pour dévoiler les pans de mystère entourant ce meurtre brutal. Dans la maison de Dieu, quelle ironie. La brune n’était pas croyante, mais il y avait de quoi trouver cette histoire grotesque. Ne disait-on pas, tu ne tueras point ? Dieu avait décidément un sens de l’humour mal-placé. « La victime, l’homme, vous avait-elle paru nerveuse ce soir ? » ajouta t-elle en prenant des notes, prête à écouter patiemment le Révérend.

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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Jeu 28 Sep - 19:54

From now,
you never will be safe again.
Assis sur le banc de travers pour rester face à la jeune femme, je gardais le regard fixé sur le sol, m’imposant une respiration calme pour ne pas tourner de l’œil. J’avais envie de vomir. Je partais dans tous les sens. Il y avait une raison, c’était parfaitement justifié, mais je ne supportais pas d’être dans cet état où je ne contrôlais rien, où mon esprit était un chaos terrible. Chaos que j’avais passé une bonne partie de ma vie à chasser. Et d’apprendre que Mike allait arrivé, je ne savais si je devais en être soulagé ou inquiété. Je ne voulais pas qu’il voit ça, ni qu’il me voit dans cet état. Il avait vécu assez de choses atroces pour que je lui impose cela en plus. Pourtant, je serais nettement plus rassuré si je le voyais, si je pouvais pour quelques secondes le serrer dans mes bras en sentir son odeur. Fermant les yeux alors que le lieutenant avait continué de parler et attendait que je lui réponde, je prenais de longues et profondes inspirations avant de me redresser suffisamment pour pouvoir la regarder, peinant pourtant à suivre son regard. J’avais tellement de questions, d’interrogations, d’inquiétudes. Mais il fallait avant tout que je réponde aux siennes. Bon sang, une cigarette, voilà qui pourrait me calmer. C’était une des nombreuses choses qui surprenaient me concernant, mais oui, j’étais bien un fumeur, la seule addiction dont je n’avais pas pût me passer en me tournant vers la religion. Avalant difficilement ma salive, je repris enfin la parole, après avoir simplement hoché la tête en comprenant que la jeune femme attendant mon accord pour poser ses questions et avoir essayé de rassembler mes pensées.

« Le nom de… la victime… est Hills. Stanley Hills. Ça ne faisait pas longtemps qu’il venait ici. Deux ou trois mois. Les dimanches il venait avec sa femme et leurs deux enfants. Et de temps en temps il passait le soir en revenant du travail, de ce qu’il me disait en tout cas. Je ne sais pas dans quoi il travaillait. Les conversations que j’avais avec lui et sa femme étaient surtout centrées sur la religion. Généralement, il me faut un certain temps pour que les fidèles se sentent suffisamment en confiance pour se confier à moi… J’aurais dût pousser un peu plus les choses... »

Pourquoi est-ce qu’ils mettaient du temps à me faire confiance ? Ma vie privée, tout simplement. Un pasteur marié, il n’y avait rien de bien particulier. Un pasteur marié à un homme, l’était déjà beaucoup plus. Un homme qui lui-même n’était pas religieux, encore plus. Et depuis que la nouvelle de notre projet d’enfant était connu, alors là… Les plus ouverts d’esprit n’avaient pas besoin de tout ça, si ce n’est que s’assurer qu’ils se sentaient suffisamment à l’aise avec mon jeune âge. Les autres… c’était plus délicat. Mais j’avais su convaincre. Et en l’occurrence, c’était plus Mrs Hills qui avait quelques craintes. Et vu ce qui venait de se passer, je me sentais coupable de ne pas avoir chercher à savoir d’où l’homme venait et ce qu’il faisait dans la vie. Si j’avais su… Secouant la tête, j’osais enfin regarder le Lieutenant Rodriguez dans les yeux, serrant mes poings sur mes genoux, poursuivant mes réponses.

« Il m’a demandé d’appeler la police. Mais je ne savais pas ce qui se passait, je n’avais pas vu que l’homme était armé. Et même après, j’étais persuadé que j’allais pouvoir désamorcer les choses. Mr Hills était effectivement nerveux, je n’ai pas compris pourquoi ils se disputaient. J’étais dans mon bureau quand ça à commencer. »

Seigneur, j’avais vraiment besoin d’une cigarette. J’avais été un sombre idiot. J’aurais dû appeler la police quand c’était le bon moment ! Encore que… même si la mort de mon fidèle était accidentelle, que le regard choqué et affolé du tireur m’avait convaincu qu’il n’y avait rien de volontaire, j’aurais aussi pût me retrouver avec une balle dans la tête moi aussi. J’avais envie de passer mes mains sur mon visage, secouer un peu tout ça pour m’aider à me concentrer, mais je n’oubliais pas pour autant les résidus sur mon visage et le sang sur mes mains. Très mauvaise idée. Tant pis, je n’y tenais plus, je baissais les yeux sur les poches de la jeune femme.

« Je vous demande pardon, est-ce que vous avez une cigarette ? J’ai… j’interdis en temps normal de fumer dans l’église, mais… Je crois que ça m’aiderait à me calmer.. »

Mon paquet et mon briquet étaient restés sur mon bureau, mais je me sentais bien incapable de me lever pour aller les chercher, mes jambes ne me tiendraient pas jusque là. Et Dieu me pardonnerait bien de faire cette entorse aux règlements vu la situation. Même si pour dire la vérité, le Seigneur n’était pas ma réelle préoccupation pour le moment.

« J’ai été stupide... »
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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Dim 8 Oct - 6:42


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From now, you never will be safe again


Le lieutenant Rodriguez prenait des notes, écrivant des mots à la va-vite sur son carnet. Loin de mettre des phrases au complet, elle rédigeait deux trois noms, faisant naturellement confiance à sa mémoire pour conserver les détails importants liés à son affaire. Rodriguez avait toujours été du genre à y aller à l’instinct. Les informations importantes qu’elle pouvait récupérer en cours de route, c’était souvent sur sa main qu’elle les apposait, n’étant pas une flic très portée sur une organisation idéale et propre digne d’un parfait petit lieutenant. Elle vivait littéralement ses affaires, s’y imprégnait, les visualisait. Celle-ci n’allait pas changer la donne, malgré les ténèbres dans lesquelles elle s’enfermait de plus en plus. Tasha restait appliquée dans sa façon de gérer les crimes, plongeant tête la première dans les affaires les plus sordides dont on la chargeait, seul exutoir véritable qui lui permettait de fuir la mort de son grand frère. Et si son plus jeune était toujours présent, ils étaient si éloignés l’un de l’autre, qu’elle ne cessait de craindre un nouvel échec. Quelque part, depuis la perte d’Hernando, Tasha était brisée, et sa blessure intérieure semblait irréparable. Elle craignait de perdre son petit frère à son tour, elle craignait de ne plus pouvoir veiller sur personne. Alors elle redoublait d’efforts lorsqu’on lui assignait une enquête, se montrant plus efficace que jamais sur le plan professionnel, là où elle échouait sur le plan personnel. Hochant la tête face aux renseignements que lui prodiguait le Révérend, Tasha fit signe à sa partenaire de se ramener alors qu’elle lui fit lire le nom de la victime sur son carnet, murmurant doucement : « Cherche moi une adresse, va falloir qu’on s’occupe de sa famille et qu’on interroge sa femme. » Margot hocha la tête et disparut rapidement, déjà aux prises avec ce que lui demandait sa binôme. Cette dernière eut un sourire attristé face au Révérend qui semblait de plus en plus mal, et elle se sentit désolée pour lui. Sa main vint naturellement serrer son épaule en une pression qui se voulait compatissante, alors qu’elle remarquait : « Ne dites pas ça, Révérend. Vous passez votre temps à aider les autres, vous n’auriez rien pu faire de plus. Vous ne pouviez pas forcer la main à cet homme, ça ne l’aurait que fait fuir. Vous avez fait tout votre possible pour lui, vous n’aviez aucun moyen de savoir ce qu’il pouvait bien se passer avec Monsieur Hills. » Et c’était vrai. Quand bien même l’homme se serait senti suffisamment en confiance avec le religieux, Tasha doutait sérieusement qu’il puisse confier être en lien avec le monde criminel aussi facilement. Même s’il était encore tôt pour présumer de ce que faisait véritablement le dénommé Stanley Hills.

Le Révérend continua à lui donner quelques détails, et le lieutenant fronça les sourcils. La victime avait eu la présence d’esprit de lui demander d’appeler la police. Si vraiment il avait été un criminel, la jeune femme doutait que d’appeler les flics eut été son premier réflexe. Notant la réflexion dans un coin de son carnet, elle laissa son regard vagabonder au loin, s’attardant sur le corps qui n’allait pas tarder à être emmené au centre médico-légal. Le légiste avait sûrement déjà bien avancé quant aux conclusions de la mort, mais l’épreuve de l’autopsie serait inévitable. Le pire allait être de devoir annoncer à une famille entière, à deux enfants qu’ils n’allaient plus avoir de père désormais. Ce que le monde pouvait être merdique quand il s’y mettait. Soufflant, la jeune femme détourna le regard pour croiser celui voilé du témoin, et reprit la parole : « La dispute a duré combien de temps selon-vous ? Depuis votre bureau, vous n’aviez aucun moyen d’entendre quelques bribes de mots, n’importe quoi qui puisse nous aiguiller sur le motif du conflit ? » Pauvre homme. Espionner les gens ne devait pas être dans ses cordes, il ne ferait pas ce métier s’il en était réduit à ce stade. Se sentant presque ridicule après ses questions, Tasha ajouta : « Je suis désolée de vous demander tout ça… Je comprends que cela soit un moment difficile à passer. Est-ce que.. je peux faire quelque chose pour vous ? » L’interrogation, bien pensée, semblait aussi incongrue que de demander à un Révérend s’il croyait en Dieu. Mais il était difficile de faire mieux dans une affaire comme celle-ci.

Finalement, après quelques secondes de réflexion, l’homme lui demanda une cigarette. Haussant un sourcil surpris, Rodriguez ne fit aucun commentaire alors qu’elle sortit un paquet de sa veste. Elle n’était pas une grosse fumeuse, à l’origine. Mais depuis la mort d’Hernando, elle avait renoué avec une vieille habitude. Des années qu’elle avait arrêté de fumer, et désormais elle avait repris, pour se soulager. Quel exemple. Le laissant se servir dans son paquet, elle piqua elle-même une de ses clopes et alluma les deux de son briquet uni. « Non, vous ne l’avez pas été. » Rodriguez, tapota sur son banc, soudainement lasse. Désignant alors l’extérieur de l’église, elle demanda : « Vous voulez aller dehors ? On peut marcher pendant qu’on discute de tout ça si vous préférez. » Se levant en attendant sa réponse, elle ponctua son geste : « Je vous ramènerai auprès de votre mari quand il sera arrivé, on ne s’éloignera pas trop. Juste le temps d’évacuer tout ça, un peu plus au calme. » Tasha lui sourit alors que le Révérend décida finalement de la rejoindre, et ils s’écartèrent du lieu du crime, soufflant alors qu’ils retrouvèrent chacun l’air frais bienvenue de l’extérieur. Le lieutenant fit quelques signes à ses collègues pour dire que tout se passait bien, et les deux jeunes gens commencèrent à marcher côte à côte.Tasha aurait pu rester sur place, mais elle avait confiance pour visualiser la scène plus tard, quand elle la repasserait elle-même au peigne fin avec son équipe. « Et donc… cet agresseur, vous seriez capable de me le décrire ? » Désolée de lui imposer à nouveau cet interrogatoire, Rodriguez n’avait toutefois d’autres choix que de le continuer. Plus tôt elle en savait, plus vite elle concluerait cette enquête.

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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Mer 11 Oct - 21:26

From now,
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« Je n’en ai pas la moindre idée… du bureau, je n’ai compris aucun mot, surtout des éclats de voix. Quand je suis arrivé, il n’y avait plus de bruit. J’ai appelé, je ne savais pas qui était là, et c’est là que Mr Hills m’a répondu... »

Le paquet que me tendit la lieutenant me parut comme un soulagement divin. J’allais avoir concrètement la possibilité de faire quelque chose de mes mains, de souffler un peu, de pouvoir intoxiqué mon cerveau certes, mais lui donnait la chance de décompresser. C’était donc les mains tremblantes que je me servais dans le paquet pour ce bâton de nicotine plus qu’attendu, la laissant ensuite l’allumer. Cette première inspiration, quand la fumée se répandit dans mon corps, était tellement bonne. Les yeux clos, je gardais le silence, me déconnectant pour quelques instants. J’en avais vraiment besoin. Et même si elle était très gentille, qu’elle essayait d’être réconfortante, les paroles de la jeune femme me semblaient tellement… vides. Non pas parce qu’elle les rendaient vides, c’était moi qui l’était. Vide de tout, vide de tout ce qui pouvait toucher quelque chose en moi. Je n’étais plus qu’un gouffre noir, tout ce qui m’occupait en réalité c’était l’obscurité de mes pensées, des évènements passés et c’était tout. Si par le passé j’avais été dans la noirceur, ce n’était rien de comparable à ce que je vivais actuellement. Lorsque mes yeux se rouvrirent, ils se posèrent directement sur la croix installée sur le mur, juste derrière le pupitre où je faisais mes prêches et prières. Dieu avait décidé que je devais vivre une telle chose, mais pourquoi ? Il m’avait permis jusque là de ne pas commettre de telles erreurs, mes péchés n’étaient rien à côté, alors pourquoi affronter avec une telle violence ceux des autres ? Serait-ce parce que je n’avais pas assez conscience du danger qu’il pouvait y avoir dans notre société ? Serait-ce parce que contrairement à Mike, je n’avais pas eu à affronter la mort en face ?

Mes questions restèrent fatalement sans réponses, mais furent écartées alors que la jeune femme me proposait de sortir un peu. Excellente idée. Ça ne pourrait que me faire du bien. Je ne répondis pas, mais je me levais à sa suite en hochant la tête. Pour le moment, je n’avais pas envie de reprendre la parole. J’avais pourtant bel et bien ce devoir de tout raconter dans les moindres détails qui pouvaient me revenir, de rendre la justice à ce pauvre homme qui venait de mourir, ce ne serait pas moral que je me taise, en plus de se retourner contre moi, mais pour le coup, c’était un désir parfaitement égoïste. J’avais besoin de garder le silence pour mon bien être mental. Cette pause était nécessaire si je ne voulais pas faire une crise d’angoisse ou quelque chose de ce genre. Emboîtant donc le pas au Lieutenant Rodriguez, je tirais de nouveau sur la cigarette entre mes doigts, je l’écoutais parler, elle m’assurait que quand mon époux serait là, elle m’amènerait à lui. Cette fois-ci, elle réussit à me rassurer un peu.

« Merci Lieutenant. Mais s’il vous plaît, ne le laissez pas voir le corps. Il a assez vécu de terribles choses, je ne veux pas qu’il ait cette vision en plus. »

Je me doutais un peu que les agents ne lui permettraient pas de voir tout ça, mais je préférais quand même verbaliser cette possibilité. Moi-même, je n’avais pas envie de retourner dedans. Pour des raisons supplémentaires que l’horreur de ce qu’il y avait. Sauf que ce moment de paix pris tout à coup fin quand la jeune femme repris ses questions. J’aurais préféré attendre encore quelques instants, quelques minutes avant de me replonger là-dedans. Mais elle faisait son travail. Et Stanley Hills, ainsi que sa famille, avaient besoin qu’on leur rende justice. Tirant à nouveau sur la cigarette, je soufflais ma fumée au-dessus de ma tête, respirant déjà plus tranquillement maintenant que je sentais l’air frais du soir sur mon visage et qui passait sur mes avant-bras dénudés, cette sale manie que j’avais de relever mes manches.

« C’était un jeune homme. Il n’était pas plus vieux que moi, c’est certain, mais je ne saurais lui donner un âge… Entre vingt ans et… peut-être maximum vingt-huit ans ? A peine plus petit que moi. Hm… caucasien. Les cheveux brus. Les yeux… sombre, marrons probablement… excusez moi, je n’y ai pas tellement porté attention. Enfin si, mais ce n’était pas la couleur qui m’importait… Je veux dire… le coup est parti tout seul, vraiment. Il n’avait pas l’intention de tirer. Je l’ai lu dans ses yeux, je l’ai vu. Certes, il l’a dit aussi, qu’il n’en avait pas l’intention, avant tout cela, mais je suppose que c’est ce que chaque personne en braquant une autre droit dire… Là, il ne voulait pas presser la détente. Il… il y a eu un moment de flottement après que Mr Hills se soit écroulé. J’étais sous le choc, incapable de bouger, mais quand j’ai croisé son regard, lui aussi était sous le choc. Je ne sais pas combien de temps ça a duré… Et puis il est parti en courant... »

En fait, j’avais la quasi certitude, intérieurement, que le tireur était plus jeune que moi. Et je commençais à me demander ce qui avait pût le pousser à faire ce genre de chose. Qu’est-ce qui pouvait pousser un jeune homme à entrer dans une église avec une arme et de menacer un homme avec. Bon, après tout, nous étions aux États-Unis, l’accès aux armes était tellement facile, et c’était bien une chose qui m’avait choqué quand j’avais immigré ici. En France aussi il est possible de se fournir une arme, mais tellement moins facilement qu’ici. Et puis, quand je voyais les tueries dans les écoles et les lycées perpétuées par des mineurs ayant sur eux des armes lourdes… En parlant de cela, quelque chose me revint instantanément, quelque chose qui me semblait pourtant difficilement oubliable.

« Il avait un fort accent. L’anglais n’était pas sa langue maternelle. Plutôt un accent du Sud de l’Europe. Entre l’espagnol, le portugais et l’italien… je ne saurais dire lequel des trois. »

Ca me paraissait ironique que ce soit moi qui dise cela, avec mon accent qui était plus que repérable, même si je maîtrisais à merveille l’anglais. Cet accent dont je faisais au mieux pour me débarrasser mais que mon cher Mike aimait pourtant, et de ce que mes proches et fidèles me disaient, c’était ce qui faisait mon charme. Je me retournais vers le Lieutenant, écrasant mon mégot contre le mur le plus proche, le gardant entre mes doigts cependant.

« Je ne sais pas si je serais capable de faire un portrait robot, Lieutenant... »
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MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Mer 1 Nov - 6:46


F02-021 & H09-019

From now, you never will be safe again


« Je vous promets que votre époux ne verra rien de tout ça. Mes collègues ne le laisseront pas entrer sur la scène de crime. » De toute manière, la scène en question grouillait désormais de flics, et les bandes jaunes étaient d’ores et déjà apposées pour interdire l’accès au lieu du crime. Tasha doutait fort qu’un civil échappe à la surveillance de ses collègues pour admirer l’horreur, mais elle n’en rajouta pas plus. Le Révérend était concerné par son époux, et elle ne voulait pas l’embêter avec des détails des procédures policières. Pendant un instant, elle fut tentée de demander ce qu’avait vécu son mari pour qu’il s’inquiète autant, mais elle se ravisa. Non seulement elle n’avait pas à combler sa curiosité sur un homme qu’elle ne connaissait pas, mais en plus, cela n’avait aucun intérêt avec l’enquête. Du moins à sa connaissance. Le mari du Révérend ferait certainement l’office de quelques questions de routine, peut-être posées par Margot, mais à part décliner son identité, il ne craignerait rien. Toutefois, elle osa demander pour la forme : « J’imagine que votre mari ne connaissait pas la victime ? » Sous-entendu : était-il impliqué dans les affaires du Révérend ou non ? Rodriguez avait questionné son interlocuteur d’un ton doux, presque nonchalant, afin de ne pas énerver le témoin. Elle ne voulait pas qu’il s’offusque qu’elle puisse penser un seul instant que sa moitié pouvait être liée de près ou de loin à cette triste affaire, mais il fallait qu’elle pose la question pour s’en assurer. Néanmoins, l’enquêtrice, forte de son expérience, savait repérer quand quelqu’un mentait. Et à chaque fois qu’elle plongeait les yeux dans ceux de son témoin, elle savait qu’il disait la vérité. Et elle ne pensait pas ça seulement parce qu’elle interrogeait un homme de Dieu. Elle en avait vu, des monstres sous forme humaine, et elle savait qu’une profession ne signifiait rien, ne décrivait en rien un homme. Mais à voir le regard voilé et étrangement vide de l’homme, elle pouvait le sentir au bord des nerfs, et profondément sous le choc. Pauvre homme.

Tirant sur sa clope, Rodriguez continuait d’avancer à pas lents et mesurés aux côtés du Révérend. Elle jetait de temps à autres des regards par-dessus son épaule, simple réflexe de flic aiguisé. Sa radio grésillerait dès qu’on aurait besoin d’elle, toutefois elle devait prendre garde à ne pas trop s’éloigner. L’époux du Révérend pouvait arriver d’une minute à l’autre, tout comme on pouvait la demander d’une seconde à l’autre également. Alors ils se déplaçaient plus ou moins en cercle, aucun des deux n’étant trop désireux de s’éloigner, bien que les raisons différaient pour les deux jeunes gens. L’un voulait rejoindre son bien-aimé, l’autre devait faire son travail. Rodriguez ne pouvait qu’imaginer le soulagement lorsque le Révérend retrouverait son époux. Elle-même ressentait ce bien-être quand elle était avec Anya, bien que ces derniers mois de concubinage aient été gâchés par le deuil difficile de Tasha. Cette dernière s’enquit de l’apparence du tueur, et nota sans rien omettre la description faite par le Révérend. Il semblait bien persuadé que l’agresseur n’avait aucune intention de tuer, et pourtant, le coup était parti. Si le jeune homme était aussi choqué que ça, il n’y avait que deux possibilités qui s’offraient à lui : se terrer et appeler au secours, laissant ainsi une chance de le retrouver s’il demeurait dans les environs. Ou bien fuir le plus loin possible, et dans ce cas, les recherches pouvaient s’avérer compliqués. Néanmoins, tout le monde ne pouvait être un criminel affuté, et l’agresseur n’était pas à l’abri de faire une erreur. « Il a dit qu’il n’avait pas l’intention de tirer ? Si tel est le cas, alors j’imagine que Stanley Hills a du dire quelque chose qui l’a fait craquer. » Rodriguez haussait les sourcils. A entendre le Révérend, assassiner une personne n’avait jamais fait partie du programme du tueur. A tel point qu’il avait dit ne pas vouloir tirer. Et pourtant, il l’avait fait, ce qui signifiait que ses limites avaient été atteintes. Mais qu’est-ce qui avait bien pu mener à un tel craquage ?

Tasha s’arrêta brutalement alors que son témoin rapportait un indice crucial. Notant l’information sur son poignet, elle se mordilla la lèvre, soudainement pensive. Un accent ? Pendant un bref instant, elle eut envie que celui-ci soit russe. Mais elle se reprit rapidement, et prononça à haute voix, pensive : « Un accent vous dites ? Se pourrait-il qu’on ait cherché Monsieur Hills depuis l’étranger ? Le Sud de l’Europe, ça fait un bout. » Elle fronça les sourcils. Les choses se compliquaient allègrement avec cette déclaration. Et ça ne sentait pas bon. On ne dépêtrait pas un criminel d’un autre pays pour rien, en général. Mais à ce stade, ce n’était que suppositions, et Rodriguez ne pouvait encore rien prouver. Elle ajouta : « Et ce Hills, il avait un accent également ? Vous dites qu’il venait vous voir seulement depuis deux, trois mois. Il est donc possible qu’il vienne à son tour d’un pays étranger, non ? » Le lieutenant avait conscience qu’elle poussait légèrement le Révérend dans ses retranchements, mais à ce stade de son témoignage, il délivrait des informations cruciales, qu’elle se devait d’étoffer. Même si son équipe irait rendre visite à la famille de Hills, mieux valait qu’elle ait le plus de cartes possibles en main avant de tenter quoi que ce soit. S’arrêtant quelques secondes avec les questions, elle se tourna vers le Révérend et lui serra à nouveau le bras, lui souriant doucement. « Révérend, vous venez de me faire le portrait robot. Vous n’aurez qu’à dire exactement ce que vous m’avez dit au poste, et notre portraitiste fera tout le reste. » Rodriguez se doutait que ce n’était pas forcément ce qu’il avait envie d’entendre, mais le Révérend savait également qu’il ne pourrait échapper à une visite au poste de police. C’était la procédure qui voulait ça, et même si Rodriguez était parfois embêtée par toutes ces obligations, aucun des deux ne pouvaient y couper.  A son tour elle écrasa sa cigarette contre un muret et renchérit : « Avec un peu de chance, notre homme aura déjà un casier. Avec votre aide, nous pourront peut-être le trouver. Et s’il est aussi perturbé par son acte que vous semblez le croire, alors ce sera nous qui l'aideront ensuite à s’en sortir. » Rodriguez mesurait ses mots. Elle se doutait que face à l’homme d’église, appuyer sur la corde sensible et suggérer de venir en aide à une âme esseulée le ferait réagir. Peut-être même redoublerait-il d’efforts. Désignant un coin de rue qui les ramènerait à l’église, les deux jeunes gens recommencèrent à avancer, lorsque Tasha se tourna d’un coup vers son témoin : « Au fait, juste avant la confrontation… Y avait-il d’autres fidèles présents dans votre église ? Des possibles connaissances de Monsieur Hills que nous pourrions interroger ? » Le lieutenant tentait le tout pour le tout, bien qu’elle doutait obtenir une réponse positive. Son téléphone vibra soudainement, et elle s’en saisit pour lire le sms que Margot venait de lui envoyer.

AVENGEDINCHAINS

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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: Re: From now, you never will be safe again - ft. Tasha Rodriguez   Aujourd'hui à 10:46

From now,
you never will be safe again.
Énormément de questions. Beaucoup trop en réalité. S’en était beaucoup trop pour moi, mais je comprenais que le Lieutenant Rodriguez les pose. Je n’étais tout simplement pas en état de répondre. Je voulais que tout se termine, et vite, que je puisse retrouver Mike et également prendre une longue, très longue douche chaude pour me nettoyer et me débarrasser de tout ce qui me collait à la peau. Même si beaucoup n’était pas physiquement sur ma peau. Handicapé avec mes mains souillées que j’avais pourtant envie de glisser dans mes poches, ou tout simplement de m’en servir normalement. Elles étaient collantes, elles me semblaient peser bien plus que leur poids réel, presque étrangères, je n’osais même plus poser les yeux dessus. Concentration, Leroy, concentration. J’essayais tant bien que mal de répondre à ses questions, même si j’avais froncés les sourcils alors qu’elle venait d’évoquer Mike. Si, il connaissait Mr Hills, Mike vient tous les dimanches jouer de l’orgue, ils se sont déjà croisés et parlés quelques fois, mais rien de plus. Ce que je m’empressais donc de lui dire, ne voulant pas qu’elle s’imagine quoi que ce soit. Il n’était pas question qu’il soit mêlé à tout ça. Mais c’était sans doute une autre de ces questions nécessaires pour l’enquête. Je pris la peine cependant de quand même me répéter, qu’ils ne s’étaient vus que quelques fois, et c’était tout, rien de plus. Je sentais mes nerfs qui commençaient à flancher, je ne tiendrais pas très longtemps à ce rythme là. Une cigarette ne suffirait pas pour me calmer. Sauf que ce n’était pas le moment de songer à replonger dans ses vieux démons. Il était évident que ce genre d’envie se manifeste après un tel choc.

Les yeux sur la route non loin de nous, tristement vide à cause probablement du barrage de police, même si plus loin, je pouvais voir quelques curieux maintenus à distance du temple. Sans doute pas alertés par le coup de feu mais plutôt par les lumières des voitures de police et les bandeaux jaunes. Loin d’être un quartier difficile ou dangereux, on n’avait pas vraiment l’habitude de voir la police ici, ou tout du moins, s’arrêter ici. Les blocks plus loin en revanche, c’était autre chose. Parfois, les jeunes des autres quartiers venaient, très souvent pour être au chaud et les boissons gratuites, et de temps en temps juste pour discuter. Parce qu’ils se sentaient en sécurité ici. N’importe qui se sentait en sécurité dans une église, c’était un lieu sacré, un lieu où il ne pouvait rien nous arriver… Ces jeunes, tout comme mes fidèles, et… moi-même, nous n’aurions peut-être plus ce sentiment de sécurité après ça. Je n’étais même pas sûr de me sentir en sécurité à présent. Jusque là, j’avais toujours mis de côté la face la plus sombre de l’humain. Et pourtant, je savais que ce n’était pas un mythe, mais les choses ne m’avaient jamais touché directement. J’étais un des gardiens des sales secrets de monstres jusqu’à ce qu’ils soient frappés par la justice, humaine ou Divine. Sur certains points, ce n’était pas vraiment moral, mais les cas n’étaient pas si grave. Je savais parfaitement que je devais rapporter les comportements les plus dangereux pour la société, grâce à Dieu, ça ne m’était jamais arrivé. Et maintenant… ce n’était même pas exact. Je l’avais dit au Lieutenant, c’était un homicide involontaire, ce garçon, qui qu’il sait, n’avait pas voulu cela. Ce n’était même pas un réel monstre. Mais son acte en faisait de lui un être monstrueux, volonté ou non. Et cette peur… cette peur qui était logée dans mon estomac, cette peur qui me soufflait que même la plus pure des créations peut devenir un bête. Ce pourrait être n’importe qui, pour une raison qui peut sembler la plus juste qui soit. Pris de vertige, je m’arrêtais quelques secondes, appuyant mon front contre mon poignet. Non pas parce que j’étais physiquement touché, c’était du domaine émotionnel et spirituel. Je repris cependant ma marche pour répondre à sa nouvelle question, question sur le déclencheur, sur la détente.

« Non… non, vous ne comprenez pas. Le coup est parti tout seul. Vraiment. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé… les choses se sont passées trop vite… Je n’y connais rien en arme, mais c’était vraiment accidentel. Nous étions assez prêts les uns des autres… Mr Hills a essayé de partir en courant, je crois qu’il a bousculé le jeune homme et… le coup est parti… Vous comprenez ? »

Malgré tout, je tenais vraiment à rétablir la vérité. Et jusque là, je n’avais pas tellement réussi. Je ne voulais pas que ce garçon soit accusé d’avoir tiré pour une raison ou une autre. Il ne l’avait pas fait intentionnellement. Ce n’était pas sous le coup de la colère ou quelque chose de ce genre. Il ne l’avait pas fait ! Et puis, elle s’était arrêté quand j’avais parlé de son accent. Et son flot de questions reprit de plus belle. Je lui avais sans doute donné quelque chose d’intéressant, mais en l’état actuel, j’avais un peu de mal à suivre, je ne savais plus si elle me posait réellement des questions où si c’était des interrogations pour elle-même, j’essayais au mieux de me concentrer, mais chaque fois que je parvenais à centrer mon esprit sur un point, d’autres questions arrivaient, ou peut-être même que ce n’était pas tant des questions, qu’elle répondait simplement à ce que j’avais déjà dit. J’étais complètement en train de me perdre, et je n’aimais pas ça. Cette stabilité que je chérissais tant et dont j’avais besoin était en train de se fissurer. Alors que la jeune femme avait attrapé son téléphone, je reculais d’un peu et tendant les mains devant moi.

« Pardonnez-moi, Lieutenant, ça fait beaucoup de questions en même temps… Je suis désolé, et j’ai conscience que c’est très important, mais j’ai besoin d’une pause… J’ai bien trop peur de ne pas savoir vous répondre pour le moment… Mais non, il n’y avait personne d’autre dans l’église ce soir. Comme tous les soirs, et spécialement les fins de semaine, je ferme les portes moi-même, et les fidèles sont très peu nombreux à cette heure-ci. »

Mes jambes tremblaient, à tel point que je finis par m’asseoir sur les premières marches venues, prenant de longues inspirations. Du calme. Ce n’était pas le moment de faire une crise de nerfs ni de s’effondrer. Je donnerai n’importe quoi pour pouvoir serrer Mike dans mes bras là-tout de suite… C’était mon seul réconfort en toute situation, et plus que jamais, c’était de lui dont j’avais besoin actuellement. Fermant les yeux, je tentais vainement de dire une prière, mais mon esprit était tout simplement incapable de songer aux mots. Tout ce que je voyais, c’était mon époux. Mais ce n’était pas lui que j’entendais encore et encore.

« Il voulait un nom… Le jeune homme. Il voulait que Mr Hills lui donne un nom. Je… il disait qu’il ne pouvait pas sortir sans ce nom. »

J’avais relevé la tête vers le Lieutenant Rodriguez, les yeux sur elle, mais les sourcils froncés. Ma mémoire essayait autant que possible de fonctionner, mais je n’étais plus tellement sûr de savoir si c’était les faits ou si c’était ce que je pensais, ce que j’interprétais maintenant.
©️ 2981 12289 0

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