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 Une cicatrice pour deux [ Ft. 404 ]

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MessageSujet: Une cicatrice pour deux [ Ft. 404 ]   Dim 3 Déc - 8:27

La journée est plutôt calme. La vie est plutôt calme. La Ruche, comme tout le monde l’appelle… Finalement, à mes yeux, c’est juste un lieu de repos comme un autre. En tout cas, c’est ainsi que je le vois. La plupart des autres résidents ne le voient pas comme ça, ils se concentrent sur le mauvais, l’enfermement, les règlements, les événements étranges qui se déroulent entre ces murs - je me rappelle encore cette nuit perturbante où j’ai rencontré M. - mais ils se prennent la tête pour pas grand chose. S’ils se contentaient de vivre et de profiter du calme et de la tranquillité, tout le monde vivrait mieux. Il règne une certaine quiétude ici, pour peu qu’on ne cherche pas plus loin que ça. Personnellement, je n’ai pas besoin d’autre chose. Je lève les yeux les lignes de mon roman pour observer la jeune femme blonde qui se trouve de l’autre côté du lit.

Elle a des traits délicats, toute concentrée sur sa lecture. Un petit sourire me vient aux lèvres alors qu’une bouffée d’affection m'asphyxie presque. J’observe le phénomène avec curiosité. Ca arrive de temps à autre quand je suis en compagnie de la jeune femme. Comme une réminiscence des temps passés, un souvenir que je n’arrive même pas à toucher du bout des doigts ou à me remémorer clairement. J’ai acquis la certitude que j’avais déjà croisé M à un moment ou à un autre de ma vie, mais le souvenir ne veut pas revenir. Et peut-être que ce n’est qu’une impression fugace. A force de côtoyer un tas de monde qui ne se rappelle de rien, il est facile d’imaginer qu’on connaissait tout le monde avant. Ou alors c’est simplement que la mémoire ne me revient pas. Mais si c’est le cas, je ne vais pas chercher. Le passé refera surface à son rythme. Et si je la connaissais vraiment et que ça ne revient pas, tant pis. Construire de nouveaux souvenirs, ce n’est pas impossible.

M est une femme que j’apprécie vraiment dans mon entourage. Je n’ai pas eu l’occasion de me rapprocher de beaucoup de gens pour le moment, principalement parce que je reste un peu à l’écart. Je regarde tout ce qui se passe ici comme avec un oeil extérieur et ça ne m’atteint pas vraiment. Difficile dans cette situation de nouer des relations solides, quand tous les autres vous apparaissent comme des étrangers pour lesquels vous n’avez que peu de considérations. Pourtant, je suis certain que la plupart d’entre eux sont des personnes formidables qui mériteraient le détour, mais… Je ne suis pas vraiment quelqu’un de sociable. Sauf avec elle, mais la situation est différente. Notre rencontre a été assez marquante pour laisser une empreinte que j’aime à retracer du bout des doigts.

La jeune femme finit par lever les yeux de son livre et je rougis légèrement en revenant moi-même au roman. J’ai l’impression d’avoir été pris en flagrant délit d’observation et j’espère qu’elle n’a pas remarqué mon regard, tout en sachant que c’est probablement le cas. J’essaie de retrouver une contenance en arrivant au bout de la phrase que j’étais en train de lire.

J’ouvre les yeux. Mes sourcils se froncent alors que je secoue doucement la tête. Qu’est-ce que je suis en train de faire ? Je baisse le regard, il tombe sur le livre ouvert sur le lit. Une page est tordue. Est-ce que je me suis écroulé dessus ? Je me redresse en agrippant ma nuque qui me fait un peu mal. Je me suis endormi sans m’en rendre compte ? Je n’ai pas le temps de me poser d’autres questions que je pense à M qui était là, avec moi. Je la cherche du regard avant de la trouver, étendue sur le lit les yeux fermés. Mince.

Je me précipité sur elle, m’accroupissant à côté de son corps inconscient. Je pose une main sur sa joue, un peu alarmé.

“- M ?

Elle ne répond pas. Qu’est-ce qui nous est arrivé ? On a tout de même pas décidé tout les deux de faire une sieste à la même seconde sans y faire attention. Je viens apposer ma paume sur son front. Un réflexe idiot, peut-être, mais ça me paraît la chose à faire. Elle n’est pas spécialement chaude. Je la soulève délicatement pour l’allonger sur mes jambes tendues, calant sa tête au creux de mon coude. Elle est sur le dos et je compte bien rester là jusqu’à son réveil. Ca m’inquiète vraiment, mine de rien.

“- M, réveille-toi, s’il-te-plaît…

Au moins, elle vit encore. Je ne sais pas si c’est bon signe, mais en tout cas, il est meilleur que si son coeur avait arrêté de battre...
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MessageSujet: Re: Une cicatrice pour deux [ Ft. 404 ]   Ven 2 Fév - 12:59


F07-404 & H08-161

Une cicatrice pour deux.


Les pages qui se tournent, inlassablement. Le silence qui les entoure, apaisant. La présence en face d’elle de 161, réconfortante. M., allongée sur le lit du jeune homme qui lui fait face, un livre dans les mains. 161 fait de même. Ils ne parlent pas, se contentant de profiter de la présence de l’autre. C’est devenu une habitude entre eux, depuis qu’ils se sont rencontrés dans la salle de sport. Depuis qu’ils ont résolu cette énigme nocturne. Ils passent souvent des après-midi ensemble. Des moments qu’ils passent à lire, à peindre, ou encore à s’occuper l’esprit. Les jours sont longs, répétitifs et monotones dans les Ruche, alors il faut trouver des occupations pour ne pas s’ennuyer et devenir fou. Au fil des semaines et des mois, ils se sont apprivoisés. Ont appris à s’apprécier. M. tient énormément à 161, qu’elle veuille bien l’admettre ou non. C’est un garçon sensible et timide. Une âme solitaire avec un cœur pur. Elle le sait, elle le sent, et pour rien au monde elle ne voudrait le perdre. Alors ils se donnent régulièrement rendez-vous. Même s’ils ne parlent pas, elle apprécie ces moments. Savoir qu’il est à ses côtés à quelque chose de réconfortant. D’apaisant. À force ils ont appris à se connaitre. À créer ce lien particulier qui fait qu’ils savent ce que l’autre peut penser ou ressentir en un regard. Plus le temps passe et moins les conversations sont présentes, car de moins en moins utiles. C’est drôle, d’avoir une telle connexion. De connaitre une personne mieux que surement elle-même se connaisse. Et ça fait, peur, aussi. Mais ça, elle se garde d’y penser.

M. poursuit sa lecture, comme à son habitude. De temps en temps elle se permet de lever le regard vers son partenaire. Se surprend quelque fois à l’observer, à le fixer. Y’a ce petit rictus qui arbore ses lèvres quand il lit un passage qui l’intéresse. Ou bien cette petite ride entre ses deux sourcils quand il est perplexe. Quelque fois, 404 le surprend à faire de même, comme c’est le cas, en cet instant. Alors qu’elle tourne une page et qu’elle en profite pour le regarder, elle se rend compte qu’il fait de même. Qu’il l’épie. Un sourire amusé se peint sur ses lèvres tandis qu’elle l’observe faire comme si de rien était en faisant mine d’être plongé dans sa lecture. Il a les joues qui rougissent. Pris sur le fait. Elle s’apprête à en rire. À faire une réflexion. Elle ouvre la bouche, mais il n’y a aucun son qui en sort. Et sans qu’elle ne s’en rende compte, c’est le trou noir.

La douleur. C’est ce qui la réveille et qui la fait grimacer. La douleur au niveau de son flan, tandis qu’elle est mise sur le côté. Que quelqu’un s’empare de son corps pour le déplacer contre le sien. Elle aimerait gémir, mais elle n’y arrive pas. Car tout est encore trop flou. Tout est encore trop sombre. Elle émerge difficilement, M., les sourcils froncés par l’éclairage trop lumineux. Trop agressif. Elle met du temps avant d’ouvrir les yeux. Avant de se voir là, dans le lit de 161, allongée tout contre son corps. Y’a sa voix, lointaine, qui la supplie de se réveiller. Parce qu’elle s’est endormie ? M. réfléchit. Elle cogite, tentant tant bien que mal de se souvenir de la dernière chose qu’elle a faite. Elle revoit le visage de 161 empourpré. Se souvient qu’elle allait lui faire une réflexion. Et puis plus rien, mise à part cette impression d’être restée trop longtemps dans la même position et cette douleur lancinante au niveau de son flan. Elle a eu un malaise, c’est ça ? « Qu’est- … Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Elle tente de se redresser. De faire face à 161 qui la dévisage avec anxiété. « Je … Je me suis évanouie ? » M. ne comprend pas comment une telle chose aurait pu se passer sans qu’elle ne le sente venir. Mais il faut bien qu’elle se rende à l’évidence… Elle pivote la tête vers 161, cherchant des réponses dans ses iris azurés. « Combien de temps ? » Une minute ? Trente ? Une heure ? Bien plus que ça ? Non, quand même pas ?


AVENGEDINCHAINS


⬡ ⬡ ⬡ ⬡ ⬡

and now we are alive
Et dans un dernier souffle, je comprends tout : que le temps n'existe pas, que la vie est notre seul bien, qu'il ne faut pas la mépriser, que nous sommes tous liés, et que l'essentiel nous échappera toujours. •• ALASKA


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