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 [NIVEAU 10] H05-999 ◊ 'Cause it's dog-eat-dog

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MessageSujet: [NIVEAU 10] H05-999 ◊ 'Cause it's dog-eat-dog   Jeu 4 Jan - 23:44

'Cause it's dog-eat-dog
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Première journée de ta nouvelle vie. Première page de ton histoire après une ellipse dont tu ignores la durée. Ici, le temps semble avoir perdu son emprise. Tout est blanc, tout est si lent. Il ne se passe pas grand-chose si on omet quelques dysfonctionnements disséminés au détour de quelques couloirs. Un incendie par-ci, un coup de froid par là. Cet endroit ne te plaît définitivement pas et le fait d’y être enfermé, sans apparente possibilité de s’échapper, y est en effet pour quelque chose.
Tu sors de ton logement pour te diriger vers l’ascenseur, décidé à explorer de fond en combles cette Ruche de malheur. Tout est désert et tu te demandes un instant s’ils ont tous l’habitude de manger aussi tard. Cette fois, tu sauteras le repas, ton estomac est bien trop perturbé pour être en mesure de digérer quoi que ce soit. Foutu coma.
Tu entres dans la machine étrangement silencieuse pour un appareil de cet acabit et tu t’adosses à la paroi, y apposant ton front à l’abri des regards. De la veille, il subsiste toujours une légère migraine qui te mets les nerfs à vif. Tu as du mal à réfléchir et ta patience a de sérieuses limites que personne ne devrait franchir, tout du moins aujourd’hui.
Tu appuies sur le bouton frappé du chiffre 10, te demandant si celui comporte autre chose que des appartements. Tu te rappelles vaguement du plan roulé en boule avant d’être abandonné sur ta table de chevet et tu résistes à l’envie d’aller le chercher. Te dégourdir les jambes en découvrant les lieux par toi-même ne te fera pas de mal.
Les portes s’ouvrent sur un niveau en tout point similaire au septième, celui où tu crèches et tu te retiens de lever les yeux au ciel, t’avançant sans te presser. De toute évidence, le décorateur d’intérieur laisse à désirer niveau harmonie des couleurs. On ne lui avait jamais appris qu’il fallait quelques nuances pour reposer des rétines trop sollicitées ? Tu te retiens donc de lever les yeux au ciel, et tourne à l’angle avant d’esquisser un soudain mouvement de recul, manquant d’entrer en collision avec un bien étrange individu.

Ton regard tombe presque immédiatement sur ses vêtements teintés d’un rouge carmin sur lequel tes yeux se perdent quelques instants. A cette vue, tu sens un long frisson parcourir ton échine. De l’adrénaline, de l’excitation. Une combinaison qui ne te laisse pas de marbre mais tu reprends bien vite tes esprits en chassant cette sensation. Tu ignores ce qu’elle signifie et ce n’est pas le moment d’essayer de la comprendre alors qu’un sentiment d’urgence secoue tes membres.
Ta main se tend soudainement et tu empêches du bout des doigts l’avancée de l’autre abeille, lui jetant un regard torve. Qui qu’il soit, il est dégueulasse et la petite tâche sanglante qui macule ta manche a le don de faire bouillir ton sang. Maniaque donc ? Intéressant.
« Tu me dois un chandail. » lâches-tu lentement, le visage calme malgré le profond agacement qui te vrille les tripes. « On dirait que tu viens de commettre un crime, tu devrais au moins faire attention à ne pas rentrer dans n’importe qui… »
Ton regard plonge alors dans le sien et tu ouvres la bouche avant de la refermer, analysant ce qui s’y trouve. Tu as beau être un novice sur pas mal de points, il en reste tout de même que tu arrives à déceler cet aspect de sa personnalité. De la violence. Tellement de violence que ton esprit vierge à encore du mal à l’assimiler. Cet homme est à lui seul un tourbillon d’émotions quand toi tu peines à ressentir autre chose qu’une simple colère muette. Intriguant. Fascinant.
« Me fixe pas avec ce regard-là, j’ai l’impression d’être face à un chien enragé qui voudrait me bouffer… » continues-tu en arquant un sourcil, retirant ta main pour porter le bout de tes doigts ensanglantés sous ton nez.
Une odeur de fer fait frémir tes narines et tu te retiens d’y apposer ta langue. Les expériences peu élégantes se feront loin des yeux de cet instable témoin. Tu finis par la laisser retomber le long de ton corps, bloquant toujours le passage à cet énergumène qui a su attiser ton intérêt. Il ne ressemble à aucune autre des personnes que tu as eu l’occasion de croiser depuis la nuit dernière et, c’est plutôt rafraîchissant quand tu y penses. Tu aimes ce que tu peux lire sur son visage et tu aimes encore plus son air brutal sous ses vêtements sales. Tu aimes cette couleur vive dont tu peines à détacher le regard. Tu aimes l’idée qu’il soit prêt à se souiller pour obtenir ce qu’il désire.
« Tu allais quelque part ? »
Question nonchalante alors que tu l’empêches de continuer son chemin, peu décidé à laisser s’échapper ton remède contre l’oisiveté.
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MessageSujet: Re: [NIVEAU 10] H05-999 ◊ 'Cause it's dog-eat-dog   Dim 7 Jan - 21:20

'Cause it's dog-eat-dogH13-002 & H05-999Un peu sonné, titubant et traînant un peu les pieds, je sortais tout juste de l’appartement. La douleur dans mon nez continuait de se diffuser dans chacun de mes nerfs, le sang coulait encore un peu, mais je sentais que le bas de mon visage était totalement souillé, comme le haut de mon vêtement. Lui-même était déjà tâché par mes expériences plus tôt de mon propre sang, et du sang de ce gars là, ce blond que j’avais bien amoché. Le vieux avait une sacré droite quand même, je ne m’attendais pas à autant de force de sa part. Il ne m’avait pas loupé, j’avais peut-être bien le nez fracassé, mais c’était bon… Tellement bon…

Est-ce que je me sentais mieux pour autant ? Je n’en savais rien. J’étais sonné, j’étais… comme stone. Comme drogué. Je ne sentais que douleur et apaisement physique, et un nuage opaque qui entourait mon esprit, m’empêchant pour le moment de penser à quoi que ce soit et de reprendre conscience. Parce que je savais que ça ne ferait que chasser les flashs, les cris, l’explosion et tout le reste que pour quelques instants. Quelques heures tout au plus. Mais bordel, ce que c’était bon. Je sentais les fourmillements dans mes doigts d’excitation quand je revoyais le visage du blond recouvert de sang. J’allais devoir éviter mon logement pendant quelques temps, mais ça en valait la peine.

Avec ce brouillard dans le crâne, je ne me rendais pas compte que je venais de croiser une autre abeille. Un homme. Lui aussi bien plus grand que moi. A croire que j’étais le plus petit de tous ici. Peut-être que je l’avais touché, je n’en avais pas la moindre idée, tout ce que j’étais en train de réaliser maintenant, c’était ses doigts sur mon front. De quel droit me touchait-il ? Pourquoi me touchait-il ? Mon sang ne fit qu’un tour alors qu’il prenait tout à coup la parole pour me réclamer un chandail. Sérieusement ? D’où il sortait celui-là ? Il ne s’arrêta pas là, mais je n’imprimais pas vraiment ce qui sortait de sa bouche. Le calme artificiel que j’avais eu tant de mal à créer était en train de foutre le camp à vitesse grand V, à cause de ce con.

Mais aucun mot ne sortait d’entre mes lèvres. Je restais là, planté. J’avais une très forte envie de m’en prendre à lui aussi, je le pouvais, après tout, rien ne m’empêchait de continuer sur ma lancée, je n’étais pas à une tête défoncée prêt. Son regard plongé dans le mien me collait sur place. Les autres étaient incapables de soutenir trop longtemps mon regard, mon véritable regard. Celui de qui j’étais réellement, celui qui était responsable de l’explosion, j’en étais sûr. Celui qui avait besoin de voir du sang, celui qui avait besoin de la douleur. Celui que ma sœur ne devait pas voir. Et sans doute pas le Cowboy non plus. Et voilà. Leur pensée, je repensais à eux, le nuage dans mon esprit n’était plus, à part peut-être quelques volutes.

Il ouvrit la bouche encore, mais cette fois, il retira ses doigts, et ce qu’il fit arrêta mes mouvements sur le champ. Tremblant légèrement, je le vis porter ses doigts à son nez, avec un petit truc dans les yeux. Il y avait un truc différent chez lui. Un truc que les autres n’ont pas. Un truc… comme moi ? Je déserrais un peu les dents, bien que tremblant toujours, je redressais la tête à sa nouvelle question. Même s’il ne me touchait plus, il restait devant moi, pile sur mon passage, et il ne semblait pas tellement disposé à bouger. Il était en train de jouer avec mes nerfs, et avec le peu qu’il me restait de calme.

« J’allais… »

Ma voix était rauque, la douleur, l’extase passée, mais à présent aussi, le doute. Où est-ce que j’allais ? Rectification, où est-ce que je pourrais bien aller ? La seule personne vers qui je pouvais me tourner c’était… le Cowboy. Si ma jumelle me voyait comme ça, elle craquerait, j’en étais sûr. Il ne fallait pas qu’elle me voit comme ça. 314… ouais, j’aurais aimé pouvoir me retourner vers lui… Le retrouver, ne serait-ce que pour quelques secondes… Il me restait que le Cowboy qui m’avait donné mon prénom. Sauf que je ne savais toujours pas qui il était et… réflexion faite, il ne valait mieux pas qu’il me voit comme ça…

« Laisse moi passer. »

Peu importe où j’allais. S’il continuait à jouer avec mes nerfs, ça n’aurait vraiment plus aucune importance, et il allait sans doute avoir plus qu’une tâche que je ne voyais pas sur son chandail. Passant ma langue sur ma lèvre ouverte et pleine de sang, je passais rapidement ma main sous mon nez, récupérant par la même occasion les traînées qui s’en échappaient encore. Deux zones douloureuses. Les entailles que je m’étais faites s’étaient peut-être arrêtées de saigner, mais elles me faisaient un mal de chien, c’était jouissif, mais inconfortable. Je ne pouvais pas plier les doigts correctement.

Je relevais les yeux sur l’abeille, croisant à nouveau son regard. Lui aussi avait quelque chose… d’animal. J’en étais sûr. J’étais curieux de voir à quel point. J’étais curieux de savoir pourquoi est-ce qu’il n’avait pas encore tourné les talons. Pourquoi est-ce qu’il faisait le mur devant moi. Une curiosité morbide ? Non… Le regard d’un chien enragé… C’est ce qu’il a dit… Qu’était-il pour ne pas avoir peur de ce chien enragé ?
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MessageSujet: Re: [NIVEAU 10] H05-999 ◊ 'Cause it's dog-eat-dog   Ven 2 Fév - 7:38

'Cause it's dog-eat-dog
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Tu ne connais personne et tu ne ressens pas l'envie de combler ce vide béant dans ta poitrine. Tu es juste calme. Trop calme. Eau qui dort, sa surface miroitant doucement. Eau qui n'attend que d'être troublée sans pour autant le demander. Tu ne sais rien de toi. Tu ne connais rien de ton identité ou des petites choses qui te font vibrer. Juste une toile vierge. Une toile d'un blanc aussi oppressant que celui qui macule les murs de cette Ruche. Une toile qui ne demande qu'à être teintée, explorée et finalisée.
Pourtant, quand tu croises ce gars que tu ne connais ni d'Ève ni d'Adam, tu ne peux t'empêcher d'être envahi par la curiosité. Une curiosité malsaine qui te fait frémir alors que tes poils se dressent sur ton épiderme. Cette couleur vermeille te plaît. Tu le sens dans cette façon qu'ont tes doigts de picoter, de t'inciter à l'effleurer. Y goûter. Tu te contiens cependant, te contentant de les porter à ton nez, frémissant quand l'odeur métallique envahit tes narines.
C'est nouveau et pourtant, si familier. Un véritable paradoxe qui te retourne les sens et te fout sens dessus-dessous. Tu sens ton cœur battre un peu plus sourdement entre tes côtes, signe de cette soudaine montée d'adrénaline qui fait gonfler tes veines et frémir tout ton être. Parallèlement, tu ne détaches pas ton regard du sien, si noir, plongé dans une sorte de désespoir, de fureur latente trop longtemps réfrénée. Une fureur qui fait écho au vide dans ta poitrine. Un vide qui semble soudainement moins pesant alors que tu sembles avoir trouvé un moyen de le combler ne serait-ce que temporairement.
Presque fasciné, tu étires un léger sourire, faisant fi de la colère qui continue de te vriller les tripes. Lentement, tu frottes tes doigts l'un contre l'autre, le sang s'y étalant avant de finalement quitter ta peau, n'y laissant qu'une vague empreinte rougeâtre. Face à toi tu sens l'homme fébrile, presque surpris et peut-être bien qu'il n'a en effet pas l'habitude de se faire interpeller de cette manière dénuée de toute gêne. De toute retenue.
Pourtant, tu ne peux te résoudre à le laisser partir, même après qu'il t'en ait intimé l'ordre de façon presque vindicative. Pas alors que tu sens ton corps réagir, s'animer enfin comme éveillé par une situation donnée. Tu te sens bien. Presque à ta place.

" Tut tut tut. On n'en a pas fini toi et moi. " lâches-tu en le coupant dans son élan. " Tu me dois toujours un chandail. J'ai horreur des tâches. "
Tu le dévisages d'un air qui ne laisse pas de place à un quelconque rejet, t'amusant clairement des tremblements qui secouent ses membres. De toute évidence, il a du mal à tenir en place. Peut-être est-ce dû à présence que tu lui imposes ou bien à l'adrénaline coulant toujours aussi vite dans son système. Toujours est-il que son état provoque chez toi un long frisson d'excitation et tu ne peux empêcher ta langue de se délier.
" Alors, qu'est-ce que tu as fais ? "
Curiosité malsaine alors que tes yeux courent à nouveau sur ses joues rougies par l'hémoglobine. Dents qui s'enfoncent dans la chair tendre de ta lèvre quand ses doigts viennent essuyer les tâches qui parsèment son visage. Doigts que tu meurs d'envie de capturer et de nettoyer aussi bien que tu aimerais les briser pour avoir osé retirer les traces de ce combat que tu aurais adoré voir.
" Laisse-moi deviner… Tu as tabassé un colocataire un peu trop collant. J'ai raison ? " demandes-tu, toujours aussi calme. " T'as pu planquer le corps au moins ? Ce n'est pas très malin d'exposer son méfait à la vue de tous, tu ferais mieux de te planquer et de te doucher. Ça empeste la culpabilité. "
Tu inclines légèrement la tête, pensif, avant de te décider à le dépasser, le bousculant d'un violent coup d'épaule. Le sol est encore parsemé de gouttes de sang et tu sens ton cœur s'emballer au fur et à mesure que tu t'approches de la porte où la trace s'arrête. Tu te tournes dans sa direction pour lui lancer un regard presque moqueur, les yeux luisant d'un intérêt non feint.
" Si j'ouvre cette porte… je risque d'être accueilli par un cadavre ? "
Ta voix est nonchalante mais tu sais que tes réels sentiments transpirent dans ton regard et cette façon dont tes mains frémissent d'impatience. C'est étrange. Cette envie presque morbide de contempler le méfait d'un autre. De plonger ton regard encore vierge dans l'horreur la plus absolue. Et pourtant, c'est si tentant. Tu n'es pas homme à résister à la tentation. Tu en donnes seulement l'apparence.
Tes doigts s'enroulent autour de la poignée tandis que tu continues de l'observer.
" Un. Deux. Trois... "
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MessageSujet: Re: [NIVEAU 10] H05-999 ◊ 'Cause it's dog-eat-dog   Ven 9 Mar - 20:32

'Cause it's dog-eat-dogH13-002 & H05-999Il ne bougeait pas, je ne bougeais pas mais mon agacement et ma colère continuaient de grimper, toujours plus haut, comme si la limite n’existait pas. Et pourtant, je n’arrivais pas à réagir plus qu’intérieurement. A l’intérieur, c’était un bordel sans nom, un capharnaüm d’émotions, de ressenti, une véritable… explosion. Je ne voulais pas rester là, m’éloigner un peu pour essayer de retrouver un peu de cette euphorie perdue, de m’éloigner un peu de la zone de conflit, j’y retournerai bien assez tôt et je serais bien assez vite confronter à ce qui m’attendait là-bas. La question se posait encore : pour aller où ? Rien ne me pressait vraiment à quitter le couloir, ce n’était pas comme si j’avais commis un crime, comme si on allait chercher à m’arrêter. A part le souhait de m’éloigner de ce regard animal qui m’énervait autant qu’il m’attirait. Surtout avec son chandail que je lui devais. Si bien que sans réfléchir, je retirais mon chandail et le lui lançais à la figure.

« Voilà, je ne te dois plus rien. Il est tâché de sang, mais maintenant je ne te dois plus rien. Au pire, patiente jusqu’à demain, tu en trouveras un tout nouveau, tout propre, tout blanc, si les tâches t’importunent autant. »

Vu son regard plus tôt sur le sang qui me recouvrait, je ne doutais pas une seule seconde qu’il allait aimait ce petit cadeau. J’étais quand même curieux de voir ce qu’il pourrait en faire, chassant quand même les quelques petites idées salaces qui se glissaient dans mon esprit sans que je leur ai demandé. Mais bien vite sa curiosité reprend le dessus et il commence à poser plus de questions, questions auxquelles je n’ai strictement aucune envie de répondre. Parce que je sais ce qu’il cherche, je sais ce qu’il veut faire. Me pousser à bout, me provoquer. Mes nerfs sont bien trop à vif pour que je ne me sente pas attaquer. Il savait que j’allais réagir, et bien entendu que j’allais le faire, mais j’essayais de retarder le moment. Et lui meurt d’envie de savoir. Sa curiosité n’est pas fausse, il a envie de voir la cause de tout ce sang sur moi. Je le laissais encore faire ses suppositions, toujours emmuré autant que possible dans mon silence, refusant de jouer son jeu, refusant de lui donner cette satisfaction de me faire réagir. Je sentais qu’il me voyait comme un moins que rien, comme si je n’étais qu’un… qu’une chose, qu’une bête incapable de réfléchir et de ne répondre à autre chose qu’à ses propres besoins. Rien que ça me donnait envie de lui arracher son si beau visage. Surtout à sa mention de la culpabilité. Moi ? Me sentir coupable ? Il ne devait pas bien regarder ou avoir de la merde dans les yeux. Me sentir coupable d’avoir fait un peu de chirurgie esthétique sur le blond qui s’était introduit chez moi ? Autant que nous étions sur une plage de sable si fin qu’il en était blanc avec un soleil de plomb.

Le suivant du regard, grognant alors qu’il me percutait et me donnait un coup d’épaule, nouvelle agression que j’encaissais, bien que ma tolérance allait finir par exploser. Trois fois qu’il me touchait sans en avoir la permission, ça commençait à être beaucoup. Le prochain faux pas allait être son dernier. Le prochain, je ne me retiendrais pas, attrayant et beau qu’il était, je ne m’empêcherai pas de lui montrer combien il avait tort de me sous-estimer comme ça. D’autant plus qu’il cherchait visiblement à me faire peur, il s’était approché de la porte de l’appartement, il avait la main sur la poignée, il crevait sur place de voir. Et là… un large sourire fendit mon visage alors que je riais à la fin de son décompte.

« Tout ce que tu vas trouver derrière cette porte c’est un colocataire furieux en train de jouer les infirmières pour le crétin qui est entré dans le logement. Il était au mauvais endroit au mauvais moment. Tu vas être déçu de ne pas trouver de cadavre. Et mon colocataire n’est pas du genre petit faiblard. C’est un vieux qui a une sacré droite et de la force, plus qu’on ne pourrait lui soupçonner. »

Plus que ce que je lui avais soupçonné en tout cas. Mais en ayant parlé ainsi, je m’étais rapproché en quelques enjambées, très proches de lui, même si j’étais obligé de lever la tête pour ça, même si je savais que je n’avais rien de physiquement impressionnant, ne supportant plus de me faire traiter comme il le faisait. Pourtant, il ne disait rien, mais son attitude le faisait bien assez comprendre. De mon côté, je l’avais bien identifié comme un égal. Un égal. Il ne m’était en rien supérieur. Lui aussi répondait à l’appel du sang, lui aussi était cet animal, ce prédateur, il ne le contrôlait pas autant qu’il le prétendait. Je voyais son regard briller, je voyais ses réflexes, je sentais qu’il s’empêchait de faire certaines choses. Moi au moins, je n’avais pas peur des tâches.

« Sous-entends encore une fois que je suis une chiffe molle, et je te promets le même sort que le sien. Vas donc voir dans quel état il est, tu sauras ce qui t’attends. Je n’ai pas besoin de recevoir des conseils d’un blanc bec trop propre sur lui. Je n’hésite pas à me salir les mains, ce qui n’a pas l’air d’être ton cas. Tes grands airs princiers ne te rendent pas meilleurs. »

J’avais craqué. Mon égo était bien trop blessé pour que je ne réagisse pas. C’était plus fort que moi. Je ne le supportais pas. Je ne supportais pas d’être rabaissé comme ça, je ne supportais pas cette façon qu’il avait d’agir. Et pourtant, il n’y avait pas que la colère qui faisait bouillir mon sang. Une grande part d’excitation était présente. Elle était là, parce que j’avais bel et bien un égal à mes côtés, un égal qui réagissait au sang.
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