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 [17.5] Breathe again and again until you feel like you can finally stop struggling || H03-909

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MessageSujet: [17.5] Breathe again and again until you feel like you can finally stop struggling || H03-909   Dim 21 Jan - 9:40

Ce fût une véritable libération pour elle de pouvoir enfiler autre chose que les vêtements dans lesquels elle a eu l'impression de renaître. Cet immondice blanc qu'elle ne tardera pas à lancer hors de sa chambre à coucher dès qu'elle sera rentrée. Profitant pleinement du vaporeux de la robe noire qu'elle a enfilé. Noir. Cela pourrait sembler si morne voir même synonyme du deuil de son existence passée qu'elle aurait dû faire. L'affirmation même de sa rébellion contre cet endroit en enfilant le total opposé de ce qu'on tentait de lui imposer. Pourtant rien de tout ceci représentait la réelle raison du choix de sa tenue. Légère et tombant à merveille sur ses courbes sulfureuses qu'elle était plus que ravie de mettre en évidence. Pas qu'elle tienne absolument à exposer la moindre parcelle de peau qu'elle serait en mesure de dévoiler, mais simplement pour affirmer sa féminité qu'elle sentait étouffée par le trop grand de ses précédents habits. Le noir. Le synonyme de sa neutralité. Sa façon à elle de ne pas d'emblée sembler plus que joviale en revêtant des couleurs criardes. Sa façon de se présenter en toute sobriété dans un certain stricte dégagé sans pour autant brimer l'effet du sourire revêtant ses lèvres tandis qu'elle se déplace dans les escaliers. Profitant un peu de l'instant pour libérer son esprit avant de terminer de faire son shopping improvisé au sein des caisses qu'elle a trouvé merveilleusement garnies. Elle laisse ses pas la porter en direction de ce qui s'est avéré être l'objet d'une certain curiosité lorsqu'elle a pour la première fois passé près de ce niveau. Lorsqu'elle tentait de détailler l'étendu de cet endroit et ce qu'elle peut y trouver. Une salle emplie de casiers où s'ouvrait une trappe qu'elle n'a pas sur le coup plus amplement exploré.

Parce qu'elle ne voulait pas se presser et passer des étapes. Elle voulait prendre le temps nécessaire pour s'accoutumer à son environnement et s'y sentir plus à l'aise. Du moins autant qu'elle serait en mesure de le faire compte tenu de cette situation hors de son contrôle. Ce qu'elle ne comptait plus la laisser l'intimider désormais. La panique l'ayant terrorisé les premiers instants était un processus normal, mais n'ayant pas à être permanent. Elle en était convaincu. Bien trop certaine de son attitude. Bien trop réfléchie dans ses agissements et sa façon d'analyser la chose. Tout ceci avait assurément quelque chose à cacher, mais comme tout elle ne doutait pas que la chose arriverait en temps et lieux.

Arrivant sur le niveau elle pris le temps d'observer les cases et les matricules y étant noté. Admirant d'un regard septique celui portant une appellation familière. Celle-là même qu'on lui avait donné lorsqu'elle avait ouvert les yeux il y a quelques jours à peine. Proie d'une détresse à laquelle elle repense avec dédain. Parce qu'elle ne laissera pas cet endroit avoir une telle sorte d'emprise sur elle. Elle ne se laissera pas tenter par une vulgaire boîte portant son nom où la façon de la déverrouiller lui semblait trop évidente et facile. Curiosité manipulatrice qu'elle sentait néanmoins lui vriller les veines, mais pas au point de céder. Pas au point de craquer sous prétexte qu'une réponse pourrait s'y trouver. Elle poursuivit plutôt sa progression vers cette trape grande ouverte au sol et son invitation silencieuse. Observant le rayonnement étrange qui semblant s'en dégager en amorçant une descente dans les escaliers. Toujours doucement et sans se presser. Elle ne stoppa ses pas qu'une fois le sol atteint malgré la surprise de la découverte. Une multitude de films en boucle. Quelque chose d'à la fois hypnotisant et aliénant. Rien de particulièrement familier cependant. Même si tout ceci lui soutira tout de même un certain frisson. Le magnifique de certaines choses. Le plus sanglant ou perturbant de d'autre. Qu'est-ce que tout ceci pouvait bien représenter?

Une à une elle détailla les télévisions pour y observer les scènes. Sans doute un peu essayer de les déchiffrer. Y voyant de l'amour tout comme une profonde douleur. De la peine et de la misère. De la souffrance et une certaine envie d'en terminer. Ce qui semblait l'interdit et la finalité. Elle voyait bien plus de sentiments qu'elle ne l'aurait imaginé. Pinçant brièvement les lèvres au fil de ses découvertes. Emmagasinant inconsciemment les détails sur lesquels sont regard se posait. Comme si les informations pouvaient lui être utiles à un moment ou un autre. Comme si elle se devait de savoir et comprendre. Elle se dirigea de nouveau en direction des escaliers une fois sa tournée réalisée. Assise sur la dernière marche. Les jambes croisées. Le regard toujours observateur. L'esprit pensif. Cherchant ce que tout ceci tentait réellement d'exprimer. Sentant qu'elle pourrait aisément rester ici des heures dans le silence pesant à admirer.

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MessageSujet: Re: [17.5] Breathe again and again until you feel like you can finally stop struggling || H03-909   Mar 23 Jan - 16:49

Breathe again and again until you feel like you can finally stop stuggling.Dix mois. Voilà dix mois maintenant que j’étais dans cet enfer blanc. En dix mois, j’avais quelques bribes de souvenirs, toujours les mêmes, et mon nom de famille. Medicis. C’était un nom qui sonnait étrange dans ma tête. En fait, il me faisait mal. J’avais mal quand j’y pensais, mon estomac se tordait douloureusement. Il n’y avait pas grand-chose de joyeux qui me reliait à mon nom, c’était  une évidence. Mais j’avais besoin de plus. J’avais besoin de retrouver mon identité au complet. Plusieurs fois j’avais essayé de trouver la réponse dans mes tatouages, ils avaient forcément une réponse, ils voulaient forcément dire quelque chose. Ce n’était pas possible autrement. Mon identité, ma vie étaient forcément gravées dans ma peau… et pourtant, rien. Rien n’était sorti, rien ne me revenait. Et ça commençait à me rendre fou. D’autant plus que maintenant que 13 était dans les parages, que nous commencions à nous revoir, qu’il devenait un des piliers de mon existence ici, je ne devais plus avoir peur de me replonger dans mes souvenirs. Parce qu’au fond, je savais que ce que j’avais connu par le passé n’était pas extrêmement joyeux. Il était temps maintenant que je bouge. Où trouver une aide, un coup de pouce pour découvrir un peu son passé ? Les casiers. J’avais appris que dedans, il y avait un objet à nous, et même si je ne comprenais pas comment, pourquoi, j’étais décidé à aller trouver le mien, et découvrir ce qu’il y avait dedans. J’avais un tas d’idée de ce que je pouvais trouver, même si tout me paraissait idiot.

Le niveau 17. Dans l’ascenseur, je sentais mon estomac se contracter de nouveau, mais cette fois ce n’était pas à la mention de mon nom de famille, c’était plutôt l’inquiétude. La peur. Qu’est-ce que j’allais découvrir ? Est-ce que ce ne serait pas faire un gros pas en arrière ? Je commençais à apprendre à me comprendre, et surtout à réaliser que quelque chose clochait sur ce que je ressentais. Tantôt je pouvais être une boule de joie et ne penser que positivement, ce que j’avais toujours fait jusqu’à présent, tantôt je pouvais être l’exact opposé et me plonger dans une déprime interminable. Avec une colère et une violence que je ne me reconnaissais pas. Ça d’ailleurs, je l’avais découvert avec ce qui s’était passé il y a un mois avec 13… et les boules de neige que je lui avais lancé. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, ce que j’avais. Et ça aussi, c’était une source d’inquiétude. Mais bref, les casiers. Vêtu d’un sweat-shirt à capuche et d’un jean slim, depuis que j’avais découvert ce genre de pantalon, j’adorais ça, j’entrais dans le niveau, le découvrant ainsi pour la toute première fois. J’étais impressionné de voir tous ces casiers en réalité, tant de chiffre, tant de secret qui étaient enfermés. Mon regard se posa sur un chiffre que je connaissais. Un chiffre qui m’avait hanté pendant un long moment, que j’avais longtemps pleuré. Le voir maintenant… j’en éprouvais un très léger pincement au cœur, mais la douleur avait disparu. Mais aucune trace du mien… Le cou tendu, à quelques pas en arrière des casiers, mes yeux allaient partout, mais tout ce que je trouvais, c’était de faux espoirs en reconnaissant les matricules de mes colocataires.

Légèrement découragé, je reculais à nouveau de quelques pas, manquant en même temps de me rétamer. Qu’est-ce que… un trou. Enfin, une trappe. Il y avait une trappe. Comment est-ce que j’avais fait pour ne pas la voir ? Fronçant les sourcils, je me penchais légèrement en avant pour essayer de voir ce qu’il y avait en bas. Déjà, l’éclairage était très étrange, ce n’était pas le même que  dans tous les autres niveaux. Mais surtout, en bas de ce qui semblait être des marches, je vis qu’il y avait quelqu’un. Une femme. Une très grande femme, dans une tenue sombre. Elle aussi semblait avoir fait un tour dans l’entrepôt. Elle ne semblait pas bouger, et dans cette lumière c’était un peu inquiétant, faut bien le dire.

« Est-ce que tout va bien ? Vous avez besoin d’aide ? »

Elle était peut-être blessée, après tout, j’avais faillis me casser la gueule, peut-être qu’elle s’était tordue la cheville en voulant se rattraper. Je descendais quand même à mon tour, bien que je ne puisse pas aller plus en avant dans cette pièce. Et d’ailleurs, celle-ci attira très vite mon attention en comprenant d’où provenait cette luminosité si particulière. Des écrans. Il y en avait partout. Des petits écrans partout, sur tous les murs… Qu’est-ce que c’était que ça ? De là où j’étais, c’est-à-dire légèrement en hauteur, et à quelques marches d’écart de la femme assise en bas, je ne parvenais pas à distinguer ce qui se passait dessus. Mes yeux s’ouvraient en grand devant ce nouveau mystère, cette nouvelle incompréhension. Bien que je détournais enfin mon attention sur cette femme ici présente.

« Vous vous sentez mal ? Est-ce que vous avez besoin d’aide ? »
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MessageSujet: Re: [17.5] Breathe again and again until you feel like you can finally stop struggling || H03-909   Mer 14 Fév - 18:08

Fascinant est réellement le terme s'imposant sans répit à son esprit analytique observant toujours si curieusement le contenu des écrans. Ne parvenant à déterminer s'il s'agit là d'un divertissement ou une énigme à résoudre pour sortir de cet endroit. Un message à véhiculer peut-être ou la possibilité d'un réactif cherchant à animer une quelconque forme d'émotion en vos êtres meurtris de tant de façons. La vue du sang pouvait éveiller bien des choses. Une blessure enfouie bien profondément. Tout comme les apparents actes de violence. Pourtant ce qui captiva son regard plus que toute chose se trouvait dans les gestes affectifs. Les bribes d'une amour ou une folie interdite se matérialisant en une image passant en boucle comme si le début et la finalité n'avaient pas d'emprise sur ce court laps de temps. Et sans savoir pourquoi elle se sentait elle même touchée voir blessée par ce qu'elle pouvait en soutirer. Même si aucune des images à proprement parler n'arrivait à précisément éveiller en elle un souvenir particulier auquel se raccrocher. Elle n'en ressentait qu'une forte et douloureuse émotion rongeant ses tripes comme un os ronge un chien. D'une ferveur démesurée pour un élément si éphémère qui en viendrait à se terminer ou sauvagement lui être arraché. Pensée qu'elle laissa en suspend en entendant un bruit au haut des escaliers. Le bruit d'une personne retenant une chute presque assurée dans ce grand trou qu'elle ne doutait pas être un danger pour un imprudent un peu trop captivé par les casiers comme elle l'a été. Elle ne bougea néanmoins pas de son poste. Se contentant d'un faible soupire sous l'effusion sentimentale l'assaillant ainsi à ce point sans lui en livrer la raison. Avait-elle donc souffert à un point tel que la douleur était préférable au souvenir qu'elle ne se sentait pas de forcer? Chose qu'elle devra s'applique à découvrir plus tard. Lorsque le jeune homme dont la voix raisonna dans son dos ne serait plus à ses côtés.

Son commentaire la fit sourire il faut l'avouer. Titillant en elle cette fibre aidante qu'elle a senti déjà plus d'une fois à l'égard des autres sans la voir vers elle se tourner. Il était presque bon de voir que certaines personnes ici étaient encore pavées de bonnes intentions malgré la folie qui en viendrait à émerger en eux. Elle n'avait pas le moindre doute à ce sujet. La jeune femme l'entendit descendre quelques marches supplémentaire et se rapprocher. Jugeant bon de se retourner pour l'observer lorsqu'elle l'entendit se stopper et de nouveau s'enquérir de son état à propos duquel elle le rassura en le gratifiant d'un large sourire. « Tout va bien ne vous en faites pas, mais c'est fort gentil à vous de vous préoccuper de mon état. » Elle détailla ce petit oisillon semblant égaré un instant avant de reporter son attention sur les télévisions tout en se décalant légèrement vers la gauche pour lui laisser suffisamment de place à sa droite s'il souhaitait continuer de descendre dans la pièce. « Je dois admettre que je suis fascinée par cet endroit. Il y a tant d'émotions véhiculées dans ces images qu'il me semblerait presque péché de ne pas tous leur accorder une attention similaire. » Simple constatation du moment n'évoquant en rien le ressenti de son être face à tout ceci. Celui du nouvel arrivant lui semblant forcément bien plus intriguant à découvrir. Elle était de cette nature curieuse qui aime découvrir les autres sans pour autant forcer la parole ou les confessions. Tendre une oreille active au besoin tout en entretenant une relation lui permettant de cerner toujours un peu plus la nature des être coincés dans cette prison en sa compagnie. Lui permettant de se faire un portrait plus approfondit de leur profil général au fil des rencontres et propos échangés. Ce qui à son sens n'était en rien une information négligeable. Un indice même peut-être sur la raison de leur présence ici si certains traits tendaient à se répéter chez plusieurs sujets. Personnes qu'elle désigne presque comme les proies d'une expérimentation alors que ce n'est pas vraiment le pressentiment que son esprit tente de lui véhiculer.

« Que pensez-vous de tout ceci dite-moi? C'est la première fois que je viens dans cette pièce et je suis curieuse de connaître l'avis d'une seconde personne sur le contenu de ces écrans. Il me semble y avoir à la fois tant et si peu à mentionner qu'un point de vu supplémentaire me semble tout approprié. » Un nouveau sourire s'étire sur ses traits avant qu'elle ne reporte une nouvelle fois son focus sur le contenu de la pièce. « On me nomme 300 et vous? »

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MessageSujet: Re: [17.5] Breathe again and again until you feel like you can finally stop struggling || H03-909   Dim 11 Mar - 12:40

Breathe again and again until you feel like you can finally stop stuggling.A peine avais-je descendu ces quelques marches, et avoir eu droit à un sourire, j’entendis sa voix. Et cette voix, elle me faisait réagir. Sauf que je ne saurais dire si c’était une bonne ou une mauvaise chose. Je n’arrivais pas à donner dire ce que je ressentais, si ce n’était une certaine pression et… une intimidation certaine. Cette voix ne m’était pas inconnue. Étrange alors que le visage de cette femme ne me parlait pourtant pas. J’avalais lentement ma salive en essayant de me concentrer sur ce qu’elle me disait, saisissant à peine qu’elle était en train de me faire un compliment, du moins c’est ce que j’en comprenais. Et ce qui me fis monter le rouge aux joues quelques secondes. J’avais l’habitude de me préoccuper des autres, peu qu’on le remarque et encore moins qu’on me le dise. Heureusement, elle enchaîna assez vite sur cet endroit qu’elle aussi venait de découvrir si je comprenais bien, ce qui me permit également d’avancer un peu plus dans la pièce et de comprendre de quoi elle parlait. Quatre murs, tous recouverts d’écran. Des écrans dont des images tournaient en boucle. Là alors je comprenais vraiment ce qu’elle voulait dire, pourquoi est-ce qu’elle était si fascinée. Il y avait là sous nos yeux des bribes de vie. Les vies des personnes enfermées dans cet Enfer Blanc. Nos vies. J’en étais complètement estomaqué, ne comprenant à la fois pas pourquoi une telle pièce existait et surtout pourquoi est-ce qu’elle ne nous était dévoilée que maintenant.

Cette découverte était telle que j’en oubliais pour quelques instants cette femme et sa voix pour simplement observer ce que j’avais sous les yeux. En réalité, je ne savais trop où les poser, je ne savais pas quoi regarder. Trop de choses, trop de moments de vie, certains extrêmement violent d’apparence, d’autre d’une douceur étourdissante. Mais rien qui ne me semblait m’appartenir. Et je n’en étais pas tellement surpris. Au fil des mois, je n’avais plus aucun espoir de rencontrer quelqu’un de mon passé comme tant d’autres ici. Je n’avais aucun lien du passé en dehors de mes propres impressions et ressentis. Je n’existais probablement plus depuis longtemps aux yeux du monde, pas étonnant qu’il n’y ait pas un trace de ma vie. Ni vraiment déçu, ni complètement résigné, je me retournais vers cette femme à la robe noire qui prit de nouveau la parole pour me demander mon avis sur cette pièce. Mon avis ? J’étais encore plus surpris. Elle me demandait ce que je pensais de ça ? Totalement pris au dépourvu, je ravalais ma salive encore une fois difficilement pour faire un tour sur moi-même, ne sachant vraiment quel était mon opinion sur la chose. Avant d’avoir pu essayer de formuler quelque chose, elle se présenta, me donna son numéro, de but en blanc. Le genre de chose que je faisais habituellement, mais l’intimidation retenait beaucoup de mes habitudes.

« On ne… 909. H03-909. C’est mon numéro… Enfin, mon nom actuel… Je crois que mon nom de famille est Medicis, mais je n’ai aucune certitude là-dessus. »

La parole enfin revenue, après de longues minutes de silence, j’allais peut-être enfin pouvoir répondre à ce qu’elle me demandait, même si je n’avais aucune idée de comment lui répondre. En même temps, je n’exprimais que rarement mes ressentis sur cet endroit, et on ne me demandait pas tellement ce que j’en pensais. Pour une fois qu’on me donnait la parole sur le sujet, j’avais l’impression d’être un peu trop en avant pour une fois. Mes idées, mes théories n’avaient de sens que pour moi, elles avaient été bien vite démonté et je n’en formais plus tellement depuis que j’avais compris n’avoir aucun autre endroit où aller. Au moins, ce bunker blanc avait cessé d’essayer de me tuer depuis quelques temps. Je fis de nouveau face à un mur d’écran, m’attardant quelques instants sur les images d’une femme tendant les bras vers la personne vivant cet instant, une image qui ne manqua pas de me faire sourire. Un geste affectif entre mère et fils, j’en étais sûr. Ou mère et fille au style masculin, au choix. Mais intérieurement, je sentais un manque. Ce genre de geste n’avait pas été aussi présent que je l’aurais voulu dans mon passé, j’en étais sûr. Mais ce n’était pas le sujet. Mon regard se posa sur un autre instant de vie, une scène assez intime qui me fit pudiquement tourner les yeux.

« C’est… étrange. Comme tout ce qu’il y a ici en fait… C’est presque comme… espionner les propriétaires de ces instants de vie… Je ne sais pas… J’ai l’impression d’être plonger dans quelque chose de très intime et de… ouais, violer leur intimité... »

Vu tout ce qu’elle venait de dire, je n’étais pas vraiment sûr que c’était ce qu’elle avait d’entendre. Je ne réfléchissais pas vraiment à ce que je disais, c’était mon ressenti, tout simplement. Mais en continuant de réfléchir, ça allait peut-être venir. Je me déplaçais vers un autre mur où mes yeux cherchaient sans vraiment le faire quelque chose qui pourrait réveiller ma mémoire, sans trop savoir ce que ça pourrait être.

« Mais j’imagine que ça permet de connaître les gens… En admettant qu’on arrive à savoir qui a vécu quoi... »

Si toutes ces images correspondaient vraiment à tout le monde, j’étais surtout curieux de savoir ce qui appartenait à 13. Qu’avait-il vécu, quel moment avait-on gardé pour le lui mettre sous les yeux ? Inconsciemment, je me rapprochais des écrans, un en particulier, tout en haut, le premier de la série en hauteur, le premier du mur. Ce n’était pourtant rien à part l’image d’un papier abîmé. Une lettre. Et de quelques mots qu’on parvenait à lire. « Je ne veux pas que tu te laisses abattre par ces difficultés. » La suite me vint alors tout naturellement, ma voix me surprenant moi-même :

« Je sais que c’est égoïste de ma part, moi qui ne serai plus là, de te demander de continuer, de ne pas céder à la facilité. Tu me l’as déjà prouvé que tu pouvais être fort. Tu me l’as montré. Toute ta vie tu l’as montré, malgré ton jeune âge. Leo. Mon Leonardo, je t’en supplie. Ajoute de nouvelles histoires à l’encre sur ton corps. Rencontre de nouvelles personnes. Continue de prendre soin de ceux qui viennent à toi. Continue de te protéger, évidemment. Continue de te soucier des autres. Continue de les faire sourire. Continue de ramasser les animaux abandonnés dans la rue et de les donner à des foyers aimant. Continue de vivre... »

Ce n’était qu’une partie de la lettre, il y avait un début avant cela, et une suite… Je connaissais cette lettre par cœur… Pourquoi ? Est-ce que je l’avais écrite ? Très peu probable. Le souffle à présent très court, je plaquais une main sur ma bouche comme pour me faire taire. Pour ne pas aller plus loin dans cette lettre, et même si je le voulais, mon esprit bloquait. Je ne voulais pas me souvenir de la suite. Je ne voulais plus me souvenir. Lentement, je me tournais vers la femme à la robe noire, les yeux dans le vague, effrayé et pourtant à court de mots.
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MessageSujet: Re: [17.5] Breathe again and again until you feel like you can finally stop struggling || H03-909   Sam 24 Mar - 22:30

Medicis. Ce nom évoquait bien quelque chose à son esprit, mais pas forcément le souvenir de ce visage qu'elle s'efforçait de ne pas détailler de sa malsaine curiosité. D'autant plus que la peau ainsi marquée avait un don pour attirer les regards indiscrets. Chose qu'elle arrivait sommairement bien à maîtriser avec un minimum d'efforts. « Enchantée 909. » C'est ce qu'elle se contenta de répondre à son commentaire. Emmagasinant par le fait même les informations que le jeune homme lui fournissait. Comme une éponge plongée dans un liquide qu'elle s'empresserait d'absorber. Des informations dont elle se complait à s'imprégner. Ne souhaitant pas non plus le relancer sur une nouvelle discussion alors qu'elle attendait d'une toute aussi grande curiosité de connaître son avis sur la pièce et son contenu. Gourmande d'informations qu'elle apprécie sans doute patiemment attendre. Ce qui ne l'empêcha pas de remarquer cette hésitation ponctuant le silence précédant sa réponse. Comme s'il semblait incertain de l'attitude à adopter. Malaise face aux inconnus peut-être ou simple pressentiment sur son nom étant bien plus qu'une sensation de déjà vu. Les minutes passant arriveraient peut-être à le préciser. Peut-être même un ancien patient qui sait. Puisque s'il y a bien une chose que la patience a su lui révéler c'est la suivante. Cet emploi qu'elle semble avoir occupé de son temps passé à l'extérieur de cette prison aux barreaux javellisés. Ce qui ne manqua d'expliquer plusieurs facettes de son comportement dont elle suit tout naturellement la volonté sans se poser davantage de questions. Comme une seconde nature lui collant à la chaire sans qu'elle ne puisse s'en départir. Une façon de vivre imprégnée en son attitude bien davantage qu'un comportement qu'elle se forcerait à adopter. Elle laisse donc encore une fois son instinct la guider en cet instant. Appuyant son coude contre sa cuise. Le dos de sa main contre son menton pour s'y appuyer. Observant avec grande attention le jeune homme et ses réactions qu'elle ne voit que partiellement face aux écrans. Notant l'esquisse d'un sourire puis ce regard presque troublé devant un peu plus d'intimité. Intéressant.

Tout aussi intéressant que cet avis qu'il en vint à formuler au sujet de l'intimité de ces êtres qu'il est presque impossible d'identifier de simples actions en boucle. Pas sans en voir le visage ou reconnaître les traits. Pas sans avoir le souvenir bien précis de cette scène déjà ancré en sa mémoire. La notion d'intimité violée n'en restant pas pour autant obsolète dans ce contexte. Dans cet endroit où les rumeurs tendent à rapidement se répandre et où il y a toujours quelqu'un pour écouter les murmures. Connaître les gens. Raviver de douloureux souvenirs. Éveiller un sentiment quelconque en leurs âmes meurtries de tant de choses qu'ils n'arrivent à se rappeler. Tant de choses que ces écrans peuvent éveiller et tant d'interprétations différentes pouvant en être réalisées. De quoi lui donner envie de passer plus de temps en cette pièce. Non seulement pour analyser plus en profondeur le contenu des écrans se mouvant sous leurs regards témoins, mais également le comportement des gens qu'elle viendrait à y croiser. Comme celui du jeune homme en cet instant. Ce moment précis où son regard se porta sur un écran en particulier et où ses lèvres se mouvèrent un un discours poignant d'une certaine douleur. Ce qui lui semblait être le discours d'un mort ou d'un mort en devenir.

Elle scruta le contenu des écrans avec attention. Cherchant ce qui aurait pu être la source de ses propos et ne voyant qu'une bribe d'écritures comme seul indice. Comme seule prémisse possible à ses propos au sujet desquels elle ne s'empressa pas de le questionner. Se contentant toujours d'observer pour voir ce qui s'en suivrait. S'il parlerait. Fuirait peut-être. Ce qu'il ne fit en rien. C'est plutôt un visage empreint d'une profonde détresse qu'il posa dans la direction de la jeune femme. Le regard d'un animal apeuré accentuant ce sentiment émanant de son corps en entier. Sans un mot elle se leva pour s'approcher de lui. Lui touchant le dos avant grande précaution pour le conduire vers les escaliers où elle l'invita à s'asseoir. Massant délicatement l'arrière de son corps pour tenter de le conforter. Elle ne parla pas. Laissa les minutes s'écouler le temps qu'il en aurait besoin. Attendant simplement un signe de sa part ou un propos l'invitant à intervenir dans l'immédiat de la situation. Ce que son instinct lui dictait de faire en ce moment. Attendre. Lui laisser le temps de décider s'il souhaitait parler à une inconnue ou se renfermer dans ce moment troublant venant de se dérouler. Dans tous les cas elle était là. Elle était simplement là qu'il ne soit pas seul face à tout ceci. S'il s'en sentirait rassuré ne dépendait que de lui.

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MessageSujet: Re: [17.5] Breathe again and again until you feel like you can finally stop struggling || H03-909   Sam 31 Mar - 21:49

Breathe again and again until you feel like you can finally stop stuggling.Je l’avais complètement plongé dans le silence avec ce… souvenir ? Cette transe ? Quoi que ce soit, elle ne disait plus rien, mais elle ne semblait pas non plus effrayée ou choquée. En fait elle avait plutôt l’air… d’écouter. Il y avait quelque chose qui me rassurait chez cette femme à la robe noire. J’en fus d’autant plus convaincu qu’elle s’approcha en douceur de moi, ni trop lentement pour ne pas me faire penser que je pouvais être dangereux, ni trop brusquement pour me faire peur. Une main se posa toujours aussi doucement dans mon dos, une légère pression réconfortante, quelque chose qui n’était pas inconnu. Mais je ne bougeais toujours pas, j’avais toujours les yeux agars, je ne comprenais pas ce qui venait de se passer, en revanche, j’avais compris d’autres choses avec ses mots qui n’étaient pas les miens mais qui étaient sortis si naturellement. Je ne bougeais pas jusqu’à ce qu’elle m’accompagne aux escaliers et me fasse m’y asseoir, et elle avait vu juste, je ne m’en rendais pas compte, mais je tenais à peine sur mes jambes, je les sentais qui tremblaient fortement, pire que lorsque j’avais été face à ce Tyrannosaure. Assis sur les marches, sa main dans mon dos, je fixais le sol si blanc, et j’attendais, tout comme elle. J’attendais que le chaos dans mon esprit s’apaise un peu, qu’il me laisse suffisamment de marge pour que je puisse réfléchir.

Est-ce qu’elle comprenait ce qui se passait ? Peut-être, ou peut-être pas. Est-ce qu’elle pouvait comprendre que je me souvenais de quelque chose ? Oui, c’était sûr, elle ne me donnait pas l’air d’être stupide. Elle comprenait forcément. Mais est-ce qu’elle pouvait se rendre compte du bordel qui régnait à l’intérieur de mon crâne ? Non… même moi je ne comprenais pas. Cependant, les mots restaient bien gravé dans mon esprit, surtout un. Deux en fait. Leo. Leonardo. C’était moi. Cette lettre, parce que s’en était bien une, était pour moi. Et c’était douloureux. C’était un autre homme qui avait écrit ça. Une lettre de rupture ? Non, les premiers mots faisaient comprendre que c’était une autre sorte de lettre… Une lettre d’adieu, à cause d’une mort prochaine. Rien ne pouvait me l’affirmer, rien des mots que j’avais prononcé ne le disait, mais j’en étais sûr. Et ça sonnait comme un appel à la vie. Pourtant… j’en avais le cœur lourd, ça n’avait pas vraiment l’effet escompté. Je n’avais pas le sourire, je ne l’avais plus. Même si quelque part, je découvrais que qui j’étais actuellement n’était pas si différent de celui que j’étais en dehors de cet Enfer Blanc. Prendre soin des uns et des autres… Les faire rire et sourire… Bien que ce ne soit qu’intérieur puisque les muscles de mon visage refusaient de se mouvoir, j’eus un sourire. Je devais être bien innocent. Enfin, je relevais la tête pour regarder cette femme à la robe noire, croisant mes bras contre mon torse et mes jambes. Je n’étais pas plus calme pour autant, j’étais même terrifié parce que je ne savais plus comment réagir. J’avais envie de pleurer, de crier mais de rire aussi et de sourire. Je me sentais complètement… divisé.

« Je suis désolé… Je… j’ai l’impression de craquer… Je… je ne peux pas l’expliquer, c’est… Je n’arrive même pas à l’expliquer… J’ai peur… j’ai peur de mal réagir à ce que je comprends… C’est déjà arrivé il y a quelques mois, je réagis parfois bizarrement, même si je trouve ça légitime… Je crois que… ce que je viens de voir ne va pas m’aider... »

J’avais essayé de terminer sur le ton de la plaisanterie, mais un sanglot m’échappa alors que ma vision se brouillait. Je tentais d’étouffer tout ça en enfouissant mon visage entre mes mains, me recroquevillant sur moi-même, le chaos reprenait le dessus. Alors, sa main devenait le seul point d’appui que j’avais. Sa main et la douceur qui dégageait d’elle. Comme en apnée, et pour essayer de suivre les mots de cette lettre, je me redressais lentement, contrôlais autant que possible ma respiration, les yeux clos. Pas de pétage de câble, pas de crise. Je devais me calmer, je devais être fort. Peut-être était-ce quelques minutes après, ou juste quelques secondes, je finis par reprendre la parole, même si ce n’était qu’un faible son.

« Au fait… vous pouvez m’appelez Leo. Leonardo Medicis… C’est comme ça que je m’appelle… Je crois bien… Je ne sais pas… Mais… si vous préférez m’appeler 909, allez-y, je ne vous en voudrais pas… Je suis tellement habitué ça... »
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MessageSujet: Re: [17.5] Breathe again and again until you feel like you can finally stop struggling || H03-909   Mar 10 Avr - 20:24

Elle attend patiemment comme un fauve guettant sa proie. Analysant la situation de tous les points de vue possible avant de réaliser la moindre action. Détaillant sa victime d'un regard assuré et pourtant distant pour ne pas l’apeurer ou donner cette impression de dominance qu'elle ne veut pas établir. Elle ne veut pas le manger. Elle ne veut pas non plus lui tendre un piège dont il ne pourra pas s'échapper. Elle aspire simplement l'attirer suffisamment pour l'atteindre. Non de ses griffes, mais du creux douillet de sa patte tendue. Toucher ce point en son centre lui semblant si douloureux que l'écho de son mal frémit presque contre ses doigts. Contre sa main lui massant toujours si doucement le dos pour meubler le silence qu'elle laisse perdurer. Après tout elle n'est pas pressée de retrouver un néant sans divertissement digne de ce nom hors de cette pièce si attrayante. Tout autant que la réaction du jeune homme. Attrayante et source d'une curiosité qui ne semble se tarir au fil du temps. Elle se renforce plutôt dès lors qu'il entrouvre les lèvres pour parler. Quelques mots incertains et tout aussi empreints de cette douleur indescriptible que son attitude. Troublé il l'est à n'en point douter. Par cet élément qui a éveillé en lui un souvenir. Ça non plus elle ne peut en douter. Pas des suites de cette réaction instantané qu'il a eu sans autre élément déclencheur que les écrans se mouvants toujours. Suivant leurs boucles infinies sans se soucier des personnes pouvant les observer. Comme les animaux d'un zoo s'étant de trop habitués à cet emprisonnement forcé. Des bêtes de foires soumises aux jugements sans arriver à se défendre. Comme ce qui se trouve dans ces écrans qui n'arrive à s'expliquer. Exprimer la source de cette scène qui n'est pas totalement livrée à l'oeil. Une explication qui pourtant semble s'être formée dans cet esprit secoué d'émotions qu'il peine à énoncer alors qu'elle poursuit toujours son geste. Léger. Calme. Le laissant parler malgré le décousu de son rythme.  Ses propos passant de ses émotions à cette tentative de plaisanterie ou du moins ce qui semble l'être, mais elle n'est pas dupe. Pas au point de croire qu'il y a matière à rire alors que son attitude prétend tout le contraire.

Elle n'avait toujours pas parlé lorsqu'il mentionna un prénom puis un nom complet par lequel le désigner. Ce qu'il n'avait fait en totalité quelques instants plus tôt. Du moins pas avant d'énoncer cette suite de mots dont elle avait cherché l'origine. Mon Leonardo. Voilà ce qu'il avait dit dans le flot de la douleur pressentie dans les mots se succédant hors de sa bouche. Ce message lui était donc adressé semble-t-il. « Je vous nommerai comme il vous plaira Leo. » Un fin sourire s'esquissa sur ses lèvres alors qu'elle retirait enfin sa main du dos du jeune homme. Croisant les doigts contre ses cuisses tout en s'humectant doucement les lèvres avant de finalement parler. Ayant préféré lui laisser le temps d'assimiler ce qui venait de se passer en son esprit au préalable. Lui laisser le temps d'absorber le choc des émotions et se calmer. Sans calme elle savait pertinemment ne pas être en mesure de s'aventurer sur ce terrain glissant en toute sécurité. Celui-là même qu'il ne voudrait sans doute pas emprunter. Après tout il l'avait lui-même dit il y a à peine quelques secondes. Il n'arrive à expliquer ce sentiment le rongeant plus que de raison et le poussant à craqueler de toute part. Intérieurement. « Je peux vous aider à faire le tri dans tout ceci Leo. Si c'est ce que vous souhaiter. Je ne vous forcerai pas à parler de ce que vous ne voulez pas, mais des suites de vos propos il me semble que vous vous sentez perdu dans les sentiments s'étant épris de vous. »

Elle ne le quittait du regard. Pas tant pour le mettre mal à l'aise que pour qu'il puisse voir la franchise en son regard. Ce réel besoin d'aider en cette situation de crise. Sans pour autant le piquer à vif. Elle voulait y aller doucement et surtout le laisser parler plus qu'elle ne parlerait. Là était la clé. « En ce moment, vous me semblez avoir fait l'expérience d'un souvenir qui vous chamboule et engendre divers sentiments en vous dont vous peinez à faire le tri. Vous craignez de répéter un comportement que vous avez eu il y a quelques mois et ne semblez pas vouloir que la chose se produise de nouveau. Tout ceci semble mettre beaucoup de pression sur vos épaules et vous ne savez pas comment réagir. D'autant plus en vous sentant surchargé émotivement par tout ceci. J'ai bien compris jusqu'à maintenant? » Puis il ne restait qu'à attendre. Attendre de voir s'il accepterait de s'ouvrir. S'il expliquerait plus en profondeur ce qui le ronge ou si au contraire il se refermerait sur lui-même. Elle espérait simplement ne pas avoir perdu la main outre mesure dans ce domaine qui est supposé être sien.

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MessageSujet: Re: [17.5] Breathe again and again until you feel like you can finally stop struggling || H03-909   Mer 16 Mai - 23:17

Breathe again and again until you feel like you can finally stop stuggling.C’était sans doute stupide d’avoir peur de réagir, elle dirait que l’on ne peut pas s’empêcher d’avoir des réactions. Terroriser à l’idée de faire quelque chose de travers et ce sentiment d’injustice de m’entendre dire que je réagissais à l’excès, je faisais de mon mieux pour me retenir et rester bien sagement assis, alors que pourtant, j’étais tenté de me rapprocher un peu d’elle et au moins poser ma tête contre son épaule. Mais… j’avais une autre sorte de retenue. De l’avoir ainsi à mes côtés, la manière dont elle se comportait avec moi, cette main qu’elle avait finalement retiré de mon dos, bien que ça n’était en rien un geste pour s’éloigner… elle m’impressionnait. J’avais peur de me montrer trop familier avec lui. J’avais peur… encore une fois de ne pas me comporter comme il le faudrait avec elle. D’habitude, ça ne me posait pas de problème, j’étais comme j’étais, et puis c’était réglé, je me fichais de ne pas plaire à certain, mais c’était dans une autre dimension, un autre degré. Sans compter quand j’étais avec 13, alors là… Bref, j’avais comme la sensation que ce ne serait pas correct de ma part. La façon dont elle parlait, dont elle se comportait… rien de cela ne me semblait étranger, pourtant, connu ou pas, je ne voulais pas me souvenir plus. C’était déjà beaucoup trop pour moi en très peu de temps.

Elle parvenait elle à mettre au clair mes pensées exprimées, mes propos et ce que je ressentais. En fait, elle avait plutôt bien traduit ce que j’essayais de dire. Ça me soulageait, autant que ça m’inquiétait un peu. Comment est-ce qu’elle parvenait à rendre quelque chose clair qui ne l’était absolument pas dans mon esprit ? Je ne comprenais pas ce qu’elle était au juste, et en dehors de cet aspect réconfortant que je lui trouvais, je tentais de me convaincre de me méfier un peu. J’avais un peu trop tendance à vouloir faire confiance à n’importe qui, et qu’une personne qui parvienne à comprendre ce que je ressentais aussi facilement ne pouvait pas que vouloir du bien. A moins que ce soit Malik qui soit en train de me rendre paranoïaque en plus de mes autres tares. Mais je n’avais pas pour autant envie de me refermer ou de la fuir. Si elle parvenait à comprendre ce qui se passait dans ma tête, si elle pouvait m’aider à comprendre pourquoi est-ce que j’avais tendance à prendre les choses trop à cœur ou réagir trop excessivement, je ne pouvais pas cracher dessus.

« Oui… c’est… même surprenant que vous ayez tout compris… Je… je ne sais même plus par quoi commencer… »

Non, en fait, elle m’intimidait. Je sentais chez elle comme une forme d’autorité, bien qu’il me soit difficile de l’imaginer comme une professeur ou une profession du genre. Pourtant, il y avait une certaine distance non négligeable que je ne parvenais pas à nommer. Elle n’avait pas non plus l’air d’être quelqu’un de la police. Je ne m’expliquais d’ailleurs pas la crainte que je ressentais à cette idée, de croiser quelqu’un de la police, alors que notre présence ici en réduisait considérablement la nécessité ou même la gravité. Prenant une profonde inspiration, je tirais sur les manches de mon haut pour frotter mon visage avec, même si ça n’apportait pas un peu d’air frais pour se remettre les idées en place, au moins j’arrivais un peu à organiser mes pensées. Qu’est-ce qui me perturbait le plus, là tout de suite, maintenant ? Cette lettre. Ces mots. Qui étaient pour moi, qui me racontait quelque chose. On aurait dit des mots d’adieu. Et pourtant, ça n’était pas les mots d’une rupture. C’était aussi une déclaration d’amour. J’avais trop peur de comprendre ce que cela signifiait et de réveiller une douleur bien trop pénible à supporter. Mais elle expliquait pourquoi est-ce que j’étais parvenu à affronter la disparition d’un homme que j’avais aimé si fort pendant une courte période. J’avais déjà fait face à cela. J’avais cependant le sentiment que je m’en étais mieux sorti cette fois-ci qu’au moment de la lettre.

Cependant… je ne me sentais pas à l’aise de partager cela avec la femme en robe noire. Pour commencer, je ne savais même pas comment est-ce que je pourrais le formuler. Mais surtout, ce n’était pas quelque chose que j’avais envie de partager. Sur les images de l’écran, le papier avait l’air usé, d’avoir été lu et relu, mais ce n’était pas d’autres yeux que les miens qui s’étaient posés dessus. Et je ne voulais pas que cela change. Pas maintenant. Peut-être que… peut-être que j’en parlerai un jour à 13, mais pas pour le moment. Alors, il ne me restait qu’à lui parler de ce qui m’angoissait le plus.

« J’ai peur de mal réagir… Il y a quelques mois, j’ai eu une réaction… Je ne pourrais pas a qualifié en fait… Pour moi, elle était normale, et même maintenant que les choses se sont tassées, que j’ai pris du recul… elle me semble toujours aussi normale. Mais je sais que c’était trop… C’est la première fois que j’en prends conscience, mais ce n’est pas la première fois que ça arrive… Je… je n’aime pas cette partie là de moi-même. Je préfère quand je m’amuse, quand je fais sourire et rire les autres, quand je peux aider les autres plutôt que le moi qui… fais comme des crises. »
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MessageSujet: Re: [17.5] Breathe again and again until you feel like you can finally stop struggling || H03-909   Ven 1 Juin - 12:10

Un léger sourire s'esquissa sur ses traits lorsqu'il mentionna qu'elle avait particulièrement bien cerné la situation. Il ne s'agissait là que d'une simple base dans son cas. Une simple notion pratique retrouvant le chemin de son esprit au moment où elle en avait le plus besoin pour lui intimer la marche à suivre. C'est après tout paraît-il le domaine dans lequel elle se complaisait à évoluer jadis. Avant tout ceci. Bien avant de se retrouver esclave de son esprit vierge des informations qu'elle tente sans doute comme tout le monde de récupérer. Elle se faisait un devoir d'aider et pour aider il faut comprendre ou du moins sembler plus que convaincante dans l'art de le faire croire. Ce qui était un peu le cas dans la situation actuelle. Bien que les mots aient été énoncés avec une certaine clarté. Elle s'était pourtant contenté d'observer son comportement. Écouter les mots prononcés par la suite et voir comment le tout influençait son attitude. Il lui suffisait de reformuler le tout pour créer cette illusion parfaite. Donner au sujet le sentiment de la compréhension en entendant précisément ce qu'il voulait entendre. Une tristesse tout autant qu'un don, mais les preuves étaient là. En ces nouvelles paroles qu'il prononça pour le lui confirmer. Confirmant également la présence d'un chaos certain en son esprit tourmenté. Elle aurait pu parler encore. Tenter de le guider de nouveau. De lui montrer une nouvelle forme de compréhension de la situation, mais le but n'était pas qu'elle parle. Le but restait de le convaincre lui d'exprimer la nature de ses tourments pour ensuite voir comment il serait possible de les gérer. Il fallait le laisser parler pour mieux creuser. Laisser le silence se combler des propos auxquels il aurait songé puisque là était après tout le travail du silence. Pousser à la réflexion et permettre d'analyser la situation. Laisser le temps au cerveau d'assimiler le tout pour soigneusement choisir ses mots. Presser à la parole sans réellement le faire. Tout dépendant des cas et des situations, car si pour certains le silence était synonyme de plénitude pour d'autres il était un vide à combler à n'importe quel prix. Quitte à échapper quelques mots maladroitement ne serait-ce que pour relancer une quelconque forme de discussion. Ce qu'il ne tarda d'ailleurs à faire.

Elle croisa les jambes, prenant le temps d'écouter avec une grande attention ce qu'il lui expliqua de nouveau. Ne mentionnant pas plus amplement le message à l'écran qu'il a énoncé comme une histoire apprise par cœur. Une histoire cruelle et délicate qu'il ne semblait pas prêt à aborder pour le moment et c'était amplement son droit. Elle ne pouvait qu'apprécier qu'il ne s'était pas refermé sur lui-même pour autant. Poursuivant sur un autre sujet le tourmentant. Une problématique qui ne semblait pas en être une et une solution qu'il ne semblait apte à trouver sans doute pour cette raison. Des paroles laissant peut-être suggérer un doublon de personnalité si elle devait faire une analyse rapide et exagérée de la chose. Une non volonté d'agir d'une certaine façon sans arriver à maintenir la chose. Peut-être une impulsivité activée par un certain type de contexte ou d'émotion. Les possibilités étaient multiples il faut bien l'avouer et là était précisément la raison pour laquelle elle devait le pousser à parler. Elle devait être en mesure de récolter plus d'informations avant d'être en mesure de supposer un quelconque diagnostique plus fidèle à la situation et plus tangible qu'une simple supposition.

« Comment décririez-vous les crises que vous mentionnez? Comment vous sentez-vous lorsqu'elles ont lieu? Y a-t-il une émotion particulière qui semble vous envahir à ce moment-là? Le contexte est-il similaire ou la chose est-elle plutôt aléatoire, selon votre impression de la chose? Peut-être pourriez-vous me parler de cette réaction que vous mentionnez. » Elle sourit doucement. Ne se laissant distraire par les éléments environnants. Ne laissant pas les scènes en boucle la distraire de ce cas tout à fait fascinant. Elle fixe plutôt le jeune homme portée d'une attention non feinte dans l'attente de plus de détails. Fascinée par ses propos tout autant que par son envie véritable d'aider le jeune homme. Se sentant si bien. Se sentant dans son élément à n'en point douter et elle ne saura cracher sur tant de familiarité. Sur le confort de ce familier lui donnant enfin l'impression de mieux respirer dans cet endroit bien trop clos.

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