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 Mettons un peu de lumière dans cette noirceur... - ft. H13-400

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MessageSujet: Mettons un peu de lumière dans cette noirceur... - ft. H13-400   Sam 27 Jan - 22:26

Mettons un peu de lumière dans cette noirceur...When you were here before. Couldn't look you in the eye. You're just like an angel. Your skin makes me cry. You float like a feather. In a beautiful world. And I wish I was special. You're so fuckin' special. But I'm a creep, I'm a weirdo. What the hell am I doing here?. I don't belong here. I don't care if it hurts. I want to have control. I want a perfect body. I want a perfect soul.Du sable. Toujours du sable. Du sable, et des baraquements délabrés. Il n’y avait plus que ça. Mais au moins, les tortures avaient cessé. La douleur était toujours présentes aux dernières blessures encore suppurantes, en particulier celle à mon pied. La balle qu’on m’avait forcé à tirer dans mon propre pied. Je ne savais pas par quel miracle je l’avais gardé entier ni comment est-ce que je faisais pour marcher. Encore que là… c’était difficile. Chaque fois que je passais mon poids dessus, la douleur devenait insupportable. Après ces deux dernières années, ou peut-être trois, je n’arrivais même plus à me souvenir, j’avais l’habitude de ressentir la douleur, j’avais l’habitude qu’elle soit là. Mon corps n’était plus qu’un énorme bleu, une énorme plaie encore ouverte qui se refermait difficilement. A l’image de la cicatrice circulaire sur mon pied. J’avais un énorme bandage sur le dessus, passant dans le creux, m’empêchant de serrer les lacets de ma ranger, qui m’aidait quand même à ne pas totalement l’appuyé au sol. Mais les longues marches dans le sable en longue ligne droite sous la chaleur, c’était de plus en plus douloureux, insupportable. Je ne voulais pas m’arrêter pourtant. J’allais dans un endroit précis, dans un but précis, et je n’allais pas m’arrêter au beau milieu du sable. Même si l’idée m’avait effleuré, à la fois pour me laisser mourir, mais aussi pour être une cible parfaite. Depuis longtemps, je ne savais plus où je me trouvais géographiquement parlant, on m’avait tellement bougé, j’avais tellement été trimballé que plus rien ne m’était familier. Je n’avais plus aucun repère, j’étais comme… une vulgaire marionnette, un pantin qu’on déposait là pour faire telle ou telle chose, sans aucune volonté…

Enfin, une petite habitation un peu tordue, sans doute à peine rescapée d’affrontements divers, apparue dans mon champ de vision. En fait, je n’étais pas réellement un pantin, pas totalement. Et je savais pourquoi, je savais grâce à qui. Ils ne m’avaient pas brisé, pas complètement. Grâce à une seule personne qui m’avait fait gardé espoir, qui m’avait permit de rester moi. De ne pas oublier. Je l’entendais encore me répéter ça alors que j’étais complètement dans le coltard, j’entendais même sa voix quand on n’était pas envoyé ensemble sur des missions, surtout la nuit. Il était comme ma veilleuse. Il m’empêchait de totalement sombrer. Il m’aidait à tenir debout, parfois littéralement. Je m’arrêtais bien avant d’atteindre la petite maison, la gorge sèche, les yeux rouges. Mon pied me faisait de plus en plus mal, il fallait absolument que m’assois, que j’arrête de me poser dessus. Une fois dedans, je serais à l’abri, je pourrais enfin m’allonger, me lover dans un coin, loin de l’enfer, loin de tout. Je pouvais me permettre de lâcher prise. Tout ce que je retenais depuis très longtemps maintenant, il n’y avait que là-bas que je pourrais me laisser aller. Et je n’étais pas le seul dans ce cas. Lui aussi, il le pouvait. C’était lui qui m’avait fait venir ici pour la première fois, il m’avait assuré que c’était le coin le plus sûr et le plus tranquille que l’on pouvait trouver. Le seul point de repère que j’aurais jusqu’au prochain mouvement du groupe. Ils n’étaient pas assez équipés pour nous tracer, ils étaient convaincu de leur réussite pour croire que nous serions capable de fuir. D’ailleurs… nous n’en étions pas capable. Ni lui, ni moins. C’était dans nos têtes. Dans ma tête. Ils avaient fait quelque chose, ils avaient réussi à entrer dans ma tête, ils avaient réussi à nous démolir salement comme nous le faisions des villages sur lesquels ils nous lançaient. Pour ça, ils avaient fait un beau boulot…

Quelques pas encore. Dans quelques pas, je serais à l’abri. Dans quelques pas, je pourrais m’écrouler… Mais la vue de ce sable à perte de vue, et une route défoncée au loin complètement déserte, pas le moindre signe de vie, pas le moindre son aux alentours. Je pourrais m’enfuir, personne ne m’avait suivit, personne ne me surveillait, c’était le moment où jamais, je pourrais toujours le contacter à un moment donné, lui dire où j’étais… L’idée était là, l’envie peut-être bien aussi, mais j’étais incapable de le faire. J’étais incapable de passer à l’acte. Une bonne partie de moi-même était complètement détruite, je commençais seulement à le réaliser. Et je n’étais même pas capable d’empêcher que tout s’écroule. Serrant les dents, je franchis la distance qui me séparait de la porte en bois en boitant, m’écroulant presque contre celle-ci alors que j’essayais de l’ouvrir. L’humidité l’avait faite gonflée. Trois couples d’épaules et je parvins enfin à rentrer, la refermant aussitôt derrière moi. Le confort était très minime, ni plus ni moins ce que je connaissais depuis ces dernière années. Un matelas défoncé posé à même le sol, une couverture poussiéreuse, d’autres plus petites qui servaient de coussins, et quelques bricoles qui devaient servir pour faire des repas. Mon estomac n’était pas plein, mais ça n’était pas mon principal souci. Je me laissais tomber sur le matelas, me redressant autant que possible en appuyant mon dos sur le mur, prenant de longues inspirations. Sitôt que j’étais loin des yeux de tous, je pouvais lâcher les vannes, laisser mes nerfs exploser, sauf entre ses quatre murs. Il n’était pas là, pas encore, il ne saurait tardé, du moins je l’espérais. En attendant, j’allais devoir tenir le coup tout seul avec mes démons et mes peurs. Combien de temps est-ce que je restais là, assis sur ce matelas à regarder le vide ? Peut-être une heure, peut-être plus, jusqu’à ce que je me décide à enfin retirer mes chaussures. Ou plus exactement une, celle qui comprimait mon pied blessé. Dans le peu de lumière qui régnait dans cette bâtisse, je pouvais voir que du sang avait encore était évacué de la plaie et dégorgé sur le pansement. Je n’avais rien sous la main pour désinfecter ça, je n’avais pas d’autre choix que de la nettoyer vite fait et d’espérer que ça ne s’aggraverait pas. Avec un fond d’eau dans la barrique pas loin du lit improvisé, je mouillais mon pied, touchant à peine la plaie du bout des doigts. Ma tête tournait, la douleur me prenait jusque dans la colonne vertébrale, tellement violemment que je m’écroulais sur le matelas, dans les vapes.

Quand je me réveillais, il y avait du bruit autour de moi. Enfin, en dehors de la maison. Un bruit de moteur. Je me redressais aussi rapidement que possible malgré la brume qui encombrait mon cerveau et la douleur toujours présente dans mon pied. Je n’étais pas capable de me lever, mais j’avais la peur au ventre. Prostré contre le mur, les bras autour de moi, je guettais les bruits. Une voiture était arrivée, mais qui était dedans ?


« Elias… ? C’est toi ? »

Peut-être que je venais de faire une connerie, que nous n’étions pas les seuls à connaître cet endroit, que c’était un autre membre du groupe, qu’on venait nous chercher… J’étais toujours terrifié jusqu’à ce que la porte s’ouvre, aussi violemment que je l’avais fait et de voir en plein soleil mon camarade apparaître. Aussitôt, j’éprouvais un énorme soulagement à le voir. Il était bien là… Tel soulagement que je me rallongeais sur le lit, mais cette fois bien recroquevillé sur moi-même, laissant juste mon pied en dehors du matelas pour éviter les frottements.

« Où est-ce que tu as trouvé la voiture ? »

Il y avait là un moyen de fuir, de partir loin. Mais là encore, je n’étais même pas capable de le faire, de ne serait-ce que partager cette idée avec lui. Tout ce que j’espérais, c’était qu’il ne me laisse pas là derrière lui.
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MessageSujet: Re: Mettons un peu de lumière dans cette noirceur... - ft. H13-400   Sam 3 Fév - 7:28



 
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Mettons un peu de lumière dans cette noirceur...
Malik & Elias


Le chemin qui menait à cet endroit tu le connaissais par cœur. Pour ne pas dire sur le bout des doigts en fait. En même temps, tu l'avais parcouru tellement de fois au cours de ces dernières semaines que le contraire aurait été assez surprenant. Si bien que tu aurais presque pu t'y rendre les yeux fermés. Guidé uniquement par ton instinct. Un peu comme à chaque fois que tes boussoles internes prenaient le relais sur ta raison et annihilaient toute autre forme de réflexion. Se mettant alors à orienter tes pas dans la bonne direction.

Malgré toi. Naturellement. Tandis que tu t'en remettais juste à Dieu et à tes capacités. Acteur de ton destin et confiant. Des capacités hors du commun, et sur lesquelles tu prenais garde de ne pas trop attirer l'attention. Question de sécurité. Encore que. Ils devaient bien se douter qu'au fond tu n'étais rien de tout ce que tu prétendais être. Eux. Les autres. Tes frères d'armes. Ces hommes qui un matin étaient venus t'arracher à la vie que tu menais pour faire de toi un soldat de l'ombre. Un terroriste. Ni plus ni moins. La face, tu ne te la voiles plus depuis longtemps déjà. Et ces types là, tu sais qu'ils ne sont pas dupes de ton petit jeu. Ils finiront tôt ou tard par te percer à jour. Par vous prendre sur le fait, toi et tes éclairs de génie. Sans doute que vouloir jouer au plus malin avec ces derniers n'est pas très intelligent de ta part. Tu le reconnais. D'ailleurs, à force de trop déformer l'image que tu leur renvoies, c'est toi que tu vas finir par embrouiller. Au risque de t'oublier. Toujours tout en contradiction. En contraste et dans la dénégation. Mais c'est un autre sujet. Un aspect de ta personnalité plus sombre que tu n'es pas encore prêt à explorer.

Ouais. Une fois que tu as pris conscience de ça, alors tu n'as plus à craindre ni à redouter ce qui pourrait arriver. Sûr de toi. Aussi paradoxal que ça puisse paraître au vu de ta situation. Victime. Otage et bourreau. Maître de toi-même et en totale perdition. Te raccrochant à ce gosse dont la seule présence fait à chaque fois vriller de son axe ton centre de gravité : Malik, pour lequel se dessinent des plans dans ta tête. Quitte à graver de véritables cartes topographiques dans ton esprit. Les reliefs des dunes devenant autant de refuges potentiels qui vous permettraient de vous cacher en attendant. Le moment venu. Si seulement tu avais le cran nécessaire. Sauf qu'il y a ce truc inexplicable qui te retient. Corporate. Endoctriné.

Sûrement pas aussi libre que tu voudrais le croire ou t'en convaincre. En souffrance. Secret. Écrasé par la réalité. Renfermé, et attiré par le danger. Tellement peu expansif et aimant cultiver le mystère. De sorte que perdu quelque part au milieu de ces régions géographiques hostiles et devenues familières, c'est à ta guise que tu te déplaçais. Sans laisser de traces à ta suite. Brouillant les pistes. Ingénieux. Ce qui expliquait en partie pourquoi à l'heure actuelle aucun membre du groupe n'avait jamais trouvé cette vieille baraque délabrée, ce tas de planches et de pierres tenant debout par miracle. Membre basique. En bas de l'échelle. Les neurones cramés et la cervelle grillée. Ceci étant dit, en fin tacticien tu n'es pas non plus complètement stupide. Il suffirait d'un pauvre claquement de doigts des têtes pensantes de la faction, pour qu'on te mette la main dessus. Sur toi et sur lui. Lui que tu as emmené ici. Lui auquel tu as remis les clefs de ton paradis. De ton havre de paix. Lui offrant un refuge et vous donnant à tous les deux un point de chute parfait. Un lieu de rencontre à l'abri des regards indiscrets. Voilà pourquoi tu fais ton possible pour essayer de repousser l'échéance et d'en profiter au maximum. Mais profiter de quoi ? Cette question tu la détestes.

Profiter de lui peut-être. De Malik, encore. Tout est si compliqué avec lui. Ce que tu ressens. Ce que tu ne lui montres pas. Cet état permanent dans lequel il te maintient. Rien n'est simple. Rien n'est facile ni évident. Et tu le lui fais payer. Cher. Pourtant, lorsque tu as garé ta jeep devant cette baraque en ruines, tu as pris conscience que celui qui a le plus à redouter de l'autre ce n'est pas lui. En dépit des apparences.

Peut-être que c'est pour ça que tu t'en tiens à ton rôle. Un rôle qu'on t'a attribué. Alors à ton tour, tu as donné un violent coup d'épaule dans la porte. Le soleil pénétrant à ta suite dans l'unique pièce et venant inonder de lumière le matelas sur lequel le corps meurtri de Malik reposait. Prostré contre le mur. Toi auréolé. Un turban de fortune sur la tête afin de te protéger de la chaleur et de la poussière. Une poussière humide te collant au visage, et rentrant dans tes yeux. Jusqu'à te faire battre des paupières. Les tripes tordues par la vision qui s'offrait à toi. Comment est-ce que des hommes pouvaient infliger de pareilles tortures à d'autres hommes…

Subitement, tu sentais comme un goût de sang dans ta bouche. Coupable. Tu avais assisté à ça, aux coups, aux brimades, aux privations, et tant d'autres choses innommables. Sans rien faire pour les arrêter. Observant, te tenant en retrait. Passif. Un brave petit soldat de plomb, droit au garde à vous. Retenant à l'intérieur ce que tu éprouvais. Te mettant des barrières, le ventre se soulevant sous chacun de leurs assauts. Parce-que sa douleur tu la ressentais. Par vagues. Tels de puissants échos. Bien que tu ne parviennes toujours pas à poser des mots sur ce sentiment d'horreur qui t'habitait. Si férocement que ton seul moyen de défense, c'était de t'emmurer vivant. Pour te protéger. Flippé. Paniqué rien qu'à l'idée de te retrouver seul avec lui. De le toucher, ne serait-ce que pour le soigner. Un cataplasme dans ton sac. Tes yeux trop clairs le recouvrant à présent tout entier. Qu'il vienne se noyer dans les profondeurs de tes eaux. Qu'il envoie au diable tous ces préceptes que ton père t'a inculqué. Qu'il te soulage et chasse le mal par le mal.

- Ouais. Encore une chance pour toi.

Ça, c'est ce que tu as répondu le plus froidement du monde à sa question : “ Elias… ? C’est toi ? ” Sèchement. Plus dur dans tes attitudes que tu ne voudrais te montrer. Sur quoi tu as refermé la porte, replongeant la pièce dans une semi-obscurité avant de venir t'agenouiller à ses côtés.

- T'as une sale gueule… et c'est moche.

Vraiment moche. La plaie s'était infectée, et à ce rythme là il ne tarderait plus à perdre son pied. De fait, tu as  repris les choses en main. Main que tu posais sur son front, histoire de vérifier sa température. Délicatement. Avec une douceur qui tranchait avec ta rudesse habituelle. Et bien entendu, comme une mauvaise nouvelle n'arrivait jamais seule, il t'a paru brûlant. Mais pas délirant. La preuve, puisqu'il t'a demandé : “ Où est-ce que tu as trouvé la voiture ? ” Ce à quoi tu as répondu à moitié tout en sortant le nécessaire de ton sac.

- Je l'ai louée. Dans un village, à environ trois heures de route d'ici. Détends-toi maintenant, tout va bien.

Non parce-que recroquevillé comme il l'était, tu ne pourrais jamais étaler correctement le cataplasme sur son pied et ensuite, l'envelopper de bandages propres. Pas que ça le guérisse par magie, mais au moins ça limiterait la propagation de l'infection. Le toubib du village en question te l'a assuré. Il sait que s'il a menti, il perdra la vie. Surtout que tu l'as payé un bon prix en échange de ses connaissances et de son silence.

Sans plus rien dire, tu t'es rincé les mains avec l'eau d'une bouteille. Concentré. Puis du bout des doigts, tu tâtais les rebords de la plaie. Pinçant les lèvres.

- Tu n'aurais pas dû marcher jusqu'ici. Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas attendu pour partir ?

Partir du camp de base. Vous auriez pu faire le chemin ensemble. Si quelqu'un d'autre que toi c'était pointé, Dieu sait ce qui aurait pu se passer. Or, cela tu ne voulais même pas l'imaginer. Pour X raisons que tu t'interdisais de formuler. Du haut de tes vingt et un ans. Lui reprochant tout et n'importe quoi.

Bloqué. Le maudissant de t'obliger à transgresser tous tes interdits. Toutes ces choses tabous et te promettant l'enfer. L'enfer… comme si ça pouvait être pire que ce que tu endurais ici-bas.
 
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MessageSujet: Re: Mettons un peu de lumière dans cette noirceur... - ft. H13-400   Sam 10 Mar - 13:56

Mettons un peu de lumière dans cette noirceur...Memories consume Like opening the wound I'm picking me apart again You all assume I'm safe here in my room Unless I try to start again I don't want to be the one The battles always choose 'Cause inside I realize That I'm the one confused I don't know what's worth fighting for Or why I have to scream I don't know why I instigate And say what I don't mean I don't know how I got this way I know it's not alright So I'm breaking the habit I'm breaking the habit tonightC’est drôle quand on y pense, en le voyant comme ça, il aurait pu être une apparition divine, l’apparition d’un ange. C’était comme ça en tout cas qu’ils étaient représentés sur les images que j’avais pu voir, dans une autre vie il me semblait, dans des églises immenses et froides, lugubres avec pourtant des vitraux si colorés. Auréolés, inondés par la lumière alors que les pauvres mortels étaient dans l’obscurité totale. Cette image qui nous allait si bien pendant quelques secondes à tous les deux, mon sauveur. Je n’avais pas assez lu le Coran pour savoir si oui ou non c’était l’image qu’ils avaient aussi. De toute façon, ce n’était pas comme si ces gars là l’avaient comme livre de chevet. Ils ne faisaient que nous répéter en boucle ce qu’on devait savoir selon eux, rien de plus. A savoir, la destruction et la mort de ceux qui s’éloigneraient du chemin de Dieu et qui ne font pas ce que Dieu à dicter. La voix d’Elias me sortit alors bien vite de mes pensées, cette voix qu’il prenait, si sèche mais à laquelle j’avais fini par m’habituer. Et la lumière s’échappa aussi rapidement qu’elle était arrivée, de son geste tout aussi sec, martyrisant quelque peu mes yeux qui n’avaient pas eu le temps de s’adapter à cette nouvelle clarté. Je n’eus pas le temps de répondre qu’il enchaîné avec un commentaire tout aussi piquant sur ma gueule, et sur ce que je savais déjà : l’état de mon pied. Mais l’entendre de quelqu’un d’autre que de ma propre voix, c’était autre chose. Je sentais alors la bile remonter dans ma gorge. Et si on devait me couper le pied ? Ce serait tout simplement fini, ils n’allaient pas s’encombrer d’un infirme. Les souffrances s’arrêteraient cela dit.

Une fois encore il éloigna mes sombres pensées, mais pas seulement avec ses mots, avec la main qu’il venait de poser sur mon front, si délicatement que j’en fus surpris. Ça ne lui ressemblait pas de faire ça. Cette main me quitta bien vite, geste que je ne comprenais pas, je n’étais pas en état de comprendre tout ce qui se passait, la douleur était trop forte, la chaleur, la poussière que je sentais coller à tous les pores de ma peau, mais les quelques frissons qui me prenaient aussi. Je remarquais quand même qu’il avait posé un sac et qu’il le vidait petit à petit autour de lui, alors qu’il répondait à ma question. Trois heures de route d’ici ? Je ne réalisais même plus si c’était une bonne où une mauvaise chose que ce soit si éloigné. Petit à petit, j’avais glissé à moitié le long du mur, encore, et bien qu’il essaye de me rassurer et me conseille de me détendre, mon corps ne voulait tout simplement plus me répondre. D’autant plus qu’il commençait à tâter la plaie, qu’il me reprochait même d’avoir en quelque sorte aggraver les choses en décidant de marcher. C’était vrai, j’aurais pût m’épargner cette douleur, mais au final, ça m’avait permis de me sentir vivant. Que malgré tout ce qu’on avait pu me faire, j’étais toujours là, et je tenais encore un peu sur mes jambes. Les bras toujours croisés autour de moi, comme si je pouvais à moi seul me maintenir à moitié assis par la seule force de ma volonté, je le regardais faire, tentant en même temps de ne pas retirer brusquement mon pied de là.

« Je supportais plus de rester là-bas… Pas après… je pouvais pas. Fallait que je bouge. Et que j’arrête de réfléchir. Je savais même pas quand est-ce que tu allais venir. »

Il n’était pas question que je lui avoue que la douleur m’avait fait du bien. C’était beaucoup trop tordu. J’avais souffert pour venir jusque là, j’en avais chialé, mais ça m’avait aidé à tenir bon. A ce que mon esprit ne craque pas. Je ne savais pas pourquoi il me venait en aide comme ça depuis le début, pourquoi est-ce qu’à moi il avait donné tout ces conseils, qu’il m’avait permis de le rejoindre ici, mais j’étais sûr d’une chose : s’il comprenait que j’étais à présent aussi tordu, définitivement dérangé, tout allait s’arrêter. Je ne serais plus qu’une peine perdue et il me laisserait probablement crevé comme le chien que j’étais devenu. Ce que je méritais, mais je ne pouvais m’en décrocher. C’était grâce à lui que mon esprit tenait encore, c’était grâce à lui que j’avais continué de me souvenir de qui j’étais, c’était grâce à lui que je n’étais pas complètement endoctriné. Il avait sauvé une partie de moi. Qu’il me voit comme une pauvre loque, il avait passé tout le temps qu’avaient duré les tortures ainsi, mais comme cette arme aussi merdique en apparence qu’à utiliser, non. Il était devenu mon seul repère ici, la seule chose à laquelle je pouvais me rattacher. Le seul que j’avais en fin de compte. Comme bien trop souvent, mes pensées allèrent vers ma sœur, ma jumelle, Lina. Morte. Je n’avais pas pu voir son corps, je n’avais même pas pu l’enterrer. Tout ça à cause de moi. J’avais été incapable de la protéger dans cette chambre d’hôtel. C’était bien la seule chose claire que j’avais gardé en tête malgré tout. Je n’avais pas su la protéger. Quand bien même mes parents m’avaient entraîné pour ça, j’avais complètement faillit à ma mission et… j’étais le seul en vie…

Ravalant tout cette douleur bien moins supportable que celle de mon pied, je détournais le regard dans cette cabane qui ne laissait pourtant pas grand-chose à voir, sursautant dès qu’Elias touchait un peu trop la plaie avec cette matière visqueuse. Pourtant, comme il me l’avait intimé, je restais tranquille et petit à petit, je me laissais aller à la fois contre le mur et contre lui. Il était là, et il tentait de me soigner. Alors, la question s’échappa d’entre mes lèvres, cette question que je me posais depuis le début, depuis le tout premier jour où il s’était penché vers moi pour me dire ne pas lutter, que ça ne ferait qu’augmenter la douleur. Je ne l’avais pas écouté, mais je m’étais bel et bien posé la question.

« Pourquoi ? »

Il allait forcément comprendre de quoi je parlais. Pourquoi moi ? Pourquoi est-ce qu’il avait pris la décision de m’aider moi ? Cette question, il n’y avait pas que pour lui que je me la posais. Récemment, je m’étais demandé aussi pourquoi mes parents m’avaient choisi moi. Enfin nous, Lina et moi. Pourquoi nous ? Les orphelins de guerre, ce n’est pas ça qui manque, alors pourquoi nous ? Pourquoi nous qui étions deux alors qu’ils avaient eux-mêmes des jumeaux qui les attendaient chez eux ? Pourquoi nous avoir pris tous les deux ? Pourquoi pas seulement Lina ? Les garçons ont plus de chance de s’en sortir que les filles au Moyen Orient, et puis, sans moi, elle serait resté aux États-Unis. C’était là-bas notre vrai chez nous… Pourquoi est-ce que ce n’était que maintenant que j’en prenais conscience ? Pourquoi. Ce mot qui était au cœur de toute mes questions. Mais pour le moment, je voulais vraiment comprendre les motivations d’Elias. Rien dans son comportement ne m’aidait à comprendre. Surtout que ce qu’il faisait actuellement pour moi le mettait tout autant en danger. Dans le pire des cas où nous serions pris, ce serait lui qui serait le plus en difficulté. Pourquoi avait-il décidé de se soucier de moi ? J’avais de nouveau posé mon regard sur lui, dans cette semi obscurité. De base, il était différent dans le groupe, physiquement. C’était un fait établi, et pas par moi. La peau et les yeux bien plus clairs que tous, mais il n’y avait pas que ça. Et c’était là-dessus que je butais, que je ne comprenais pas. Pourquoi être si différent ? Il avait pourtant lui aussi été formé, comme les autres avant moi, comme moi et comme ceux qui continuaient d’arriver. Bientôt, je devrais faire comme lui, assister à cet entraînement, participer… L’envie de vomir se fit de nouveau présente à cette simple idée. Là aussi j’avais envie de savoir pourquoi il était différent, mais je savais qu’il n’allait pas me répondre. J’avais déjà essayé. Il était sec et distant avec moi, à part maintenant, depuis que j’étais libre de mes mouvements, il se tenait toujours loin de moi. Alors qu’ironiquement, c’était lui qui était venu à moi dans un premier temps. Pourquoi ?

« Est-ce que tu as pitié de moi ou c’est un test ? Pourquoi?

Je n’arrivais pas à développer ma question, parce que ça partirait sur tant d’autres. Cette fois, je cherchais son regard, comme si ce serait plus parlant que ses mots, et ce même si je continuais de trembler, peut-être même plus que ce que je ne me rendais compte et même si mon esprit était toujours dans le flou, les étourdissements n’étaient pas bien loin. Venir ici était censé être notre endroit de perdition, pour oublier, mais sa présence me faisait me poser des questions autant que j’avais peur de le faire fuir avec.
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MessageSujet: Re: Mettons un peu de lumière dans cette noirceur... - ft. H13-400   Dim 11 Mar - 11:43



 
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Sans rien dire, tu t'es donc rincé les mains avec l'eau d'une bouteille. Focus. Puis du bout des doigts, tu as entrepris de palper les rebords de la plaie. Des rebords gonfles et douloureux. Les rebords d'une plaie chaude et rouge. Il n'était pas loin de le perdre son pied. De cela, tu ne doutais pas. Alors, tout en pinçant les lèvres tu as évité de lui faire peur. Préoccupé par la zone blanchâtre qui s'étendait maintenant de l'intérieur de la plaie jusqu'à la tête du métatarse. Un truc dégueulasse. Formant comme une poche sûrement rempli de pus et que tu allais devoir percer. Concrètement, vous étiez dans la merde. Tous les deux. Si ça se passait mal, tu ne serais plus en mesure de l'aider. De faire quoi que ce soit d'autre pour lui. Et l'abattre froidement pour soulager ses souffrances tu ne voulais même pas l'envisager. Ce serait au-dessus de tes forces.

Par conséquent, il te fallait réussir. L'échec n'étant pas permis. Toi qui aimait tant user d'ordre et de méthode, d'un genre à ne pas admettre que les choses ne puissent pas toujours frôler la perfection et que ta vision du monde ne soit pas aussi infaillible que tu le souhaiterais, voilà que tu te préparais à accomplir un acte auquel tu n'accordais aucune garantie de réussite. Pour vous sauver. Toi, autant que lui.

C'est ainsi que de nouveau, tu le regardais. Pris d'un élan d'affection. Prêt à tout pour le garder. Tout. Même à lui répondre n'importe quoi : «Je viendrais toujours…»

N'importe quoi ou pas. Mais juste, qu'il se rassure. Le mec qui assurait ses arrières ne lui planterait jamais un couteau dans le dos. Tu lui jurais. Lui promettant fidélité, lui offrant ton amitié et plus encore. Un encore qui engendrerait forcément un après auquel tu te refusais pour l'instant de penser. Sur quoi, tu lui souriais. D'un air piteux. En flippe. Les yeux brillants. Conservant cette image angélique à laquelle il t'associait. Parce-que tu n'étais qu'un jeune homme amoureux. Un garçon épris d'un autre garçon.

- Ecoute Malik, je vais pas avoir le choix. Il va falloir que j'incise ta plaie pour en faire sortir le pus. Alors ça va être douloureux. Et je suis pas certain que ça suffise à réduire l'infection. Puis même si ça réussit, on pourra pas bouger d'ici avant quelques jours. Alors tu vas sans doute devoir rester un peu seul pendant que de mon côté je nous fabriquerais un alibi. Puis pourquoi quoi ? T'as pas besoin de savoir putain. Tu fais chier avec tes questions !

Un alibi qui voudrait que tu te déplaces. Un alibi qui se porterait garant de votre survie à votre retour au camp de base. Un alibi qui coûterait quelques vies dans les communautés alentours. Revenir les mains vides ne vous rendrait pas service. Tout se justifiait avec eux. De fait, tu allais vous épargner des peines supplémentaires.

Bien. Te redressant, tu remontais te poser à hauteur de son buste. L'aidant à s'allonger en le voyant s'affaisser. Une main glissant derrière sa nuque pour le soutenir, et l'autre sous sa cuisse. Afin de l'accompagner du mieux possible. T'arrêtant une seconde pour soupirer, fatigué de devoir répondre à ses questions.

- OK. Pourquoi ? J'en sais rien. C'est comme ça, c'est tout. Tu cherches à me faire dire quoi à la fin ? Tu peux pas simplement prendre les choses comme elles viennent ? Et ouais, j'ai pitié. Maintenant ferme-là.

Pourquoi, pourquoi, pourquoi. Tu n'allais pas tout lui déballer aussi facilement. D'ailleurs, tu n'avais même pas la certitude de pouvoir lui avouer tes sentiments un jour. De fait, tu éludais le sujet. Te replaçant devant son pied et fouillant dans ton sac pour en sortir une autre bouteille. D'alcool ce coup-ci. Les yeux baissés, rompant tout contact visuel avec lui. Puis tu choppais le couteau coincé dans ta pompe. Désinfectant la lame, tes mains et son pied, en abondance. La brûlure devant être insupportable. Mais obligatoire. Pour aseptiser un minimum la plaie, avant que tu plantes la pointe de ta lame dans la boursouflure. La tournant et l'enfonçant plus profondément jusqu'à ce que le liquide visqueux n'en jaillisse. La bouche sèche. Des gouttes de sueurs s'écoulant de ton front et perlant tes cils. Priant pour qu'il tourne de l'œil et qu'il ne sente plus rien.

- Malik… ça va ?

Pas vraiment n'est-ce pas ? Tu le savais. En même temps, tu n'allais pas t'amuser à en rajouter une couche en le plaignant et en le victimisant. C'était bon pour les autres ça. Ceux qui pleurnichaient. Ceux qui cherchaient un ou des responsables à leurs malheurs. Lui il se battait. Lui il avançait, lui il ne s’appesantissait pas sur son sort, aussi misérable soit-il. Lui il te redonnait le goût de vivre. Tout bêtement. À bien faire les comptes, c'est toi qui lui étais redevable. Pas le contraire. Encore faudrait-il qu'il le comprenne.

Ce n'est que la chaleur gluante du pus sur tes mains qui t'a indiqué que tout était OK et que tu pouvais dès à présent appliquer le cataplasme. Ce que tu t'es employé à faire sans tarder. Étalant la matière, la malaxant et l'enveloppant de bandes. Propres comme dit. Soulagé. Partiellement. Puisque les heures à venir s'annonçaient décisives. Ne te restait plus qu'à attendre et espérer : « Ca y est, c'est fini. Tu vas te remettre Malik, il le faut…»

Dans l'expectative, tu lui retirais sa deuxième rangers. Enlevant les tiennes dans la foulée et te débarrassant de ton turban pour grimper sur le matelas. Te retrouvant à quatre pattes au-dessus de lui.

- T'es toujours avec moi… hey, tu m'entends ?

Tu n'en savais trop rien. Il n'empêche qu'à présent, ton visage se trouvait si proche du sien. Et que sans plus rien maîtriser, sans plus rien contenir, fatigué, usé, vidé, se sont tes lèvres que tu es venu poser sur les siennes. Furtivement. Les effleurant plus que tu ne les embrassais, avec pudeur. N'osant pas. Lui chuchotant à mi-voix, dans le silence de votre cabane, à coup de mots vibrants et ardents d'émotion : « Voilà pourquoi…» persuadé que de toute façon il ne se rappellerait de rien et que par conséquent, demain tout serait oublié.

Plus réellement en pleine possession de tes moyens. En chute libre. Lui tombant dans les bras. Ton corps traduisant physiquement cet émoi qui prenait ton cœur en otage, lorsque tu te laissais basculer en arrière pour t'allonger contre lui. Tes doigts courant dans ses cheveux collants et humides. Respirant à pleins poumons son odeur.

Les tremblements qui le secouaient se transformant en spasmes et résidus d'une passion morte avant même d'avoir vécu...
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MessageSujet: Re: Mettons un peu de lumière dans cette noirceur... - ft. H13-400   Mar 27 Mar - 17:12

Mettons un peu de lumière dans cette noirceur...Memories consume Like opening the wound I'm picking me apart again You all assume I'm safe here in my room Unless I try to start again I don't want to be the one The battles always choose 'Cause inside I realize That I'm the one confused I don't know what's worth fighting for Or why I have to scream I don't know why I instigate And say what I don't mean I don't know how I got this way I know it's not alright So I'm breaking the habit I'm breaking the habit tonightEn fait, même si je sentais la douleur, même si je sentais toujours ses doigts sur mon pied, et surtout sur la plaie, ce n’était pas tellement ce qui m’inquiétait le plus. Mais c’était sans doute à cause de la fièvre, je ne pouvais pas me concentrer sur autre chose que sur lui, son corps, et sur le simple fait de le retrouver. Mais ses mots… Je ne retenais que la moitié de ce qu’il était en train de me dire. Il parlait de mon pied, de la blessure. Et à part que ça craignait sérieusement, je ne saisissais pas grand-chose. Ah si, je crois qu’il avait parlé de douleur. La bonne blague. Ça allait être douloureux. La véritable question qui se posait était est-ce que ce serait plus ou moins douloureux que ça ne l’était déjà ? Je me retenais de faire éclater un rire cynique et pour toute réponse, je détournais le regard de lui. Je n’allais pas lui montrer que la douleur ne me semblait pas aussi affreuse que ça à endurer, il n’en serait que déçu et dégoûté. Malgré la chaleur, la moiteur infernale environnante, je me mis à frissonner et trembler, la sueur dégoulinait le long de mon front. D’accord, alors peut-être que c’était bien la fièvre qui me faisait délirer et qui était responsable de mon étourdissement et ma difficulté à tenir mon propre corps. Je m’accrochais un peu à sa veste avant qu’il ne se remette à parler.

Elias ne faisait pas tellement preuve de compassion ou de délicatesse. Par moment, il lui arrivait d’avoir quelques paroles plus ou moins douces, comme le fait qu’il viendrait toujours pour moi, mais ça n’était pas non plus un trait de sa personnalité. C’était justement grâce à ce côté bourru qu’il m’avait maintenu à flot. Dans ce flot d’horreur et de torture que j’avais connu ces dernières années, ce n’était pas de douceur dont j’avais besoin. D’un appui, mais pas tellement d’une épaule sur laquelle pleurer. J’avais besoin qu’il me rappelle en permanence que se battre valait toujours mieux que de devenir un de ses zombies qu’étaient nos camarades. Depuis le départ, je refusais de céder, de me plier à leur volonté, et il l’avait bien compris. En fait, s’il y en avait bien un à qui j’obéissais vraiment, c’était lui. Il m’avait sauvé la vie, je pouvais lui confier ma vie. Alors quand il m’ordonna avec sa brutalité habituelle de la fermer, ou tout du moins d’arrêter avec mes questions, je m’exécutais, tout comme je m’étais laissé allongé sur le matelas.

Quand il avait commencé à s’occuper de mon pied, je n’avais pas bronché non plus. En fait, je continuais de m’accrocher physiquement à ce que je pouvais, c’est-à-dire sa veste, ou la couverture sur le matelas pendant que la lame de son couteau grattait et curait ce trou dans mon pied. Tout mon système nerveux me forçait à réagir, à essayer de m’éloigner de cette douleur atroce, mais mon cerveau ne réagissait pas. La douleur était là, mais il y avait une autre substance qui contrôlait elle tous mes membres. La dopamine. Ou quelque chose du genre. En tout cas, ce qui donnait du plaisir. Enfin, je ne savais pas trop si c’était véritablement ça, mais ce n’était pas une réaction normale que je devais ressentir face à la douleur, c’était l’opposé même. Peut-être pas du plaisir, peut-être juste une pointe d’adrénaline qui me permettait d’oublier que je risquais tout simplement de perdre mon pied, cette pointe d’adrénaline qui me rappelait justement tout ce qu’on m’avait fait jusque là et que ce n’était rien à côté. Peut-être que c’était la façon que mon cerveau avait de ne pas flancher. Mais pourtant, le système nerveux fini par l’emporter sur tout le reste, je me sentais complètement partir à cause de la douleur. Je ne perdais pas totalement conscience, mais je perdais pas mal de mes repères, si bien que je ne me rendais même plus compte si Elias avait terminé de me charcuter ou si ça continuait encore pendant des heures. Il m’avait peut-être parlé entre temps, essayé de me dire quelque chose pour me rassurer, ou juste me tenir informer des choses, sauf que tout ce que j’entendais c’était mon sang battant à mes oreilles. Vaguement je pouvais reconnaître le son de sa voix, mais je ne comprenais pas, les boum boum de mon palpitant étaient trop forts. Je finis quand même par me rendre compte que je ne portais plus ma deuxième ranger et qu’il il y avait comme un poids au-dessus de moi. Posant une main sur mon front trempé, mon regard se posa très rapidement sur lui, et mon cerveau parvint lentement à faire les connexions. C’était lui qui était au-dessus de moi, penché vers moi. Très penché. Une proximité que je n’avais pas l’habitude d’avoir avec lui. Que je n’avais en fait plus l’habitude d’avoir avec d’autres garçons. Plus depuis que j’avais mis le pied sur mes terres natales. Plus depuis que je m’étais interdit ce genre de contact, et de proximité pour ma sécurité, mais aussi et surtout pour celle de ma sœur. Pas tant que je n’étais pas sûr d’être dans un endroit sûr et en compagnie de personne digne de confiance. Ce qui n’avait jamais eu lieu, de toute évidence. Alors là… je tremblais de nouveau, mais cette fois, ce n’était pas à cause de la fièvre ou de la douleur. C’était bien au-delà de ça. Je cru que mon cerveau avait complètement fondu alors qu’il posait ses lèvres contre les miennes, même si ce ne fut qu’un bref instant. Même si ça ne dura à peine que quelques secondes. Est-ce que c’était  bien réel ce qui venait de se passer ? Est-ce que ce n’était pas un délire de mon esprit en vrac ? Mais ses mots… son murmure. Je n’étais pas fou, il avait vraiment fait ça… Je n’avais pas encore bien réalisais ce qui s’était passé qu’Elias s’allongeait à mes côtés, comme si cet instant n’avait jamais eu lieu. Et pourtant sa main était dans mes cheveux, il se montrait ultra prévenant envers moi. Lentement, je tournais la tête vers lui, sentant encore son souffle chaud sur les miennes, que ses doigts jouaient avec mes cheveux. Mes yeux exprimaient sans le moindre doute ma surprise phénoménale, mais surtout, un léger sourire étira mes lèvres. Les morceaux du puzzle commençaient à prendre forme, autant que possible dans le brouillard qu’il y avait dans ma boîte crânienne. Mais ça ne me faisait me poser que d’autres questions encore, que je n’osais prononcé cette fois de peur qu’il ne finisse par me laisser là sur ce matelas, lassé définitivement de mes interrogations.

« Parce qu’on est pareil… tous les deux… C’est ça ? »

Mes mots n’avaient pas de sens, je ne leur en trouvais pas, je n’étais même pas certain de savoir ce que je voulais dire, ce que j’avais à dire à ça. Je ne savais même pas comment est-ce que je pouvais réagir sans qu’il ne réagisse violemment. Parce que c’était une chose que j’avais apprise sur lui, c’était son imprévisibilité, surtout celle de ses réactions. Et j’avais peur que ce que je puisse faire ne le fasse partir dans ce sens là. Très lentement, et de ma main la plus proche de lui, je saisissais la sienne, cherchant à emmêler nos doigts ensemble. Parce que j’avais peur que si je ne faisais pas quelque chose il ne croit à un malaise de ma part, une gêne. Et si je réagissais trop vite, brusquement, ça pourrait le faire paniquer. Ce qu’il n’avait pas l’air de comprendre c’est combien j’étais dépendant de lui. Combien j’avais besoin de lui. Combien ma vie lui était complètement liée. Je pensais que c’était par cette pitié, de me voir aussi dépendant de lui, qu’il veillait sur moi… Ma vision commençait seulement à s’éclaircir à présent, à comprendre ce qui se cachait derrière cette fidélité, cette inquiétude. Une simple fascination pour ma part ? Un besoin vital de s’attacher à la seule figure compatissante et douce ? Non. Depuis combien de temps est-ce que je dépendais autant de lui ? Depuis combien de temps est-ce que mon cœur réagissait à sa personne ? Depuis la toute première fois que je l’avais vu. Et ce n’était pas dans le cadre de cet entraînement obscur. Nous n’étions pas en Syrie depuis très longtemps Lina et moi… mais il était là, dans les rangs comme les autres. Sauf qu’il se démarquait avec ses yeux, avec sa peau plus claire. Ce n’était que depuis que l’entraînement s’était arrêté que je m’en étais souvenu. Nous n’avions pas pu parler beaucoup, quelques conversations seulement avant qu’il ne disparaisse. Je savais où. Je serrais toujours ses doigts mais cette fois j’essayais de me redresser, au moins sur mes coudes, bien que ma tête tournait de nouveau et que mon regard se voila violemment pour ne garder que des images très floues.

« Merci… merci pour tout ce que tu fais, et a fais pour moi, Elias. Si je dois claqué, au moins que tu saches combien je t’en suis reconnaissant... »

Même si j’avais voulu me poser tranquillement contre lui, je m’écrasais plus exactement contre lui, cherchant maladroitement son visage pour à mon tour poser mes lèvres sur les siennes. Pour lui rendre l’appareil. Pour lui faire comprendre des choses à son tour. Je n’avais de toute façon pas la force de lui en donner plus. Alors je m’installais confortablement contre lui, le mieux possible en réalité, même si bouger m’avait alors rappelé mon pied endolori jusque là, et bien douloureux, oui. Merde.
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MessageSujet: Re: Mettons un peu de lumière dans cette noirceur... - ft. H13-400   Mer 18 Avr - 14:13



 
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Mettons un peu de lumière dans cette noirceur...
Malik & Elias


Tu te demandais. Ce qui t'avait pris et puis aussi, comment tu avais pu te laisser aller à ce point. Pas bien. Très mal dans ta peau en fait. N'assumant rien. Surtout pas le baiser que tu venais de lui donner, ou de lui prendre. Au choix. Le tout en essayant de te persuader que dès demain matin, tout serait oublié.

Oublié. De son côté, à la limite pourquoi pas. Au vu de son état il n'y aurait rien eu de surprenant à ça. Mais pour toi, quand serait-il réellement ? Ce baiser te poursuivrait : où que tu ailles, quoi que tu fasses, amoureux, éperdument épris de cet homme que tout condamnait. Ta culture, ta religion, ton éducation. Poussant le vice jusqu'à t'interdire de l'aimer. Et on vous tuerez. Tous les deux, sans faire de distinction. Terroriste. Un infidèle. Homosexuel. Défiant et enfreignant les enseignements coraniques qu'on vous enfoncez dans le crâne.

Pas vraiment en totale possession de tes moyens. En chute libre. Lui tombant dans les bras, et donnant corps à cette passion dévorante qu'à peine quelques minutes plus tôt tu croyais morte avant même d'avoir vécu. Les spasmes que provoquaient les battements de cœur au creux de ta poitrine n'en finissant plus de se confondre avec ses tremblements à lui. Des résidus de fièvre courant à la surface de ta peau. Presque à t'en faire regretter ce moment d'égarement, tellement tu flippais. Figé. Tétanisé de le voir tourner la tête. Reprenant conscience, comme si le simple effleurement de tes lèvres sur les siennes avait suffit à le sortir de sa torpeur. Tes mots raisonnant et se fracassant contre les murs – voilà pourquoi – ce à quoi il te répondait par un sourire.

Tu le pensais innocent. Pur. Tu l'imaginais moins libre, moins assumé. Et en l'embrassant, c'est ta liberté à toi à laquelle tu te préparais à renoncer. Parce-que demain, il se souviendrait de tout.

De tes promesses, comme de tes caresses. Des caresses que son air surpris venait sublimer. Tandis que tout en toi se révoltait. Une dernière fois. Avant de te blottir un peu plus contre lui. Tes doigts toujours pris dans ses cheveux. Ton regard ne parvenant désormais plus à se détourner de ses yeux. Effrayé. Toi, tu n'avais connu que des femmes. Enfin, il serait plus juste de dire quelques filles. Sans importance. De passage. Ne servant qu'à assouvir tes besoins, tes pulsions, même s'il n'en ressortait qu'une frustration morbide. Un manque impossible à combler. Un sentiment d'inachevé. Via cette attirance contre nature que tu éprouvais pour Malik. Certes, tu aurais pu continuer à le nier. À faire semblant. Sauf que tu faiblissais. Sensible, hypersensible, sensitif. En total abandon. Et putain que tu détestais ça, autant que tu pouvais trouver excitante l'idée même de lui succomber. Physiquement, émotionnellement, aux prises avec ce syndrome de glissement qui en temps normal aurait dû t'entraîner vers le bas plutôt que de te tirer vers le haut. Si haut que tu planais.

Le crash ne t'en paraissant que plus douloureux. Fâché de l'entendre vous comparer l'un à l'autre, de te dire que vous étiez pareils. Pareils à quoi d'abord, à qui… c'est ça...

- Va pas te faire de film. Je sais pas trop ce que tu t'imagines, mais je suis pas ce genre d'homme là. Tu sais ce qu'on leur fait aux mecs qui baisent avec d'autres mecs ? Moi oui.

Vous ne pouviez pas. Vous n'en aviez pas le droit, et encore une fois tu te trahissais. Ta langue se déliant sans que tu ne puisses te réfréner. Parlant, plus loquace qu'au cours de ces six derniers mois réunis. Incontrôlable. Le débit et ton flot de paroles échappant à toute censure. Tu déconnais. Tu merdais, et quand il entrelaçait vos doigts tu esquissais un faible mouvement de recule. Engoncé dans tes fringues. En sueur à cause de la chaleur moite et humide stagnant dans cet espace réduit au sein duquel il vous faudrait cohabiter durant les prochains jours. Livré aux bons soins de la gangrène. Avec son pied, tel un cadavre en sursis.

Encore que. À bien vous regarder, c'est toi qui ressemblait le plus à un mort. Blafard. Les joues en feu. Tes doigts pris dans les siens, ses doigts à lui qui serraient les tiens. Tes doigts qu'un instant plus tôt tu étais venu glisser dans ses cheveux. Te laissant surprendre par sa réactivité.

- Fais pas ça Malik…

Mais déjà, tu le voyais fondre sur toi. Te rendant plus fragile et vulnérable que tu ne l'avais jamais été en sa présence. Lui dévoilant malgré toi, ton véritable visage. Ta main libre se posant dans son dos.

- Chut… dis pas de conneries. Tu vas pas crever… on va s'en sortir, tous les deux. Tant qu'on sera ensemble, rien ne pourra nous arriver. Tu sais pourquoi ? Parce-qu'on est là pour veiller l'un sur l'autre. Maintenant, tu vas dormir. Puis on décidera plus tard de ce qu'on fait ou pas… mais je te l'ai dit, je suis pas ce genre d'homme. Je pourrais pas assumer ça. C'est trop pour moi, beaucoup trop… je suis désolé.

Désolé de ne pas être ce héros sans peur et sans reproche, sexy, sûr de lui, conscient de son charme et expert en séduction, qui surgissant du désert dans sa tenue de Moudjahidin battait le sable du haut de son pur-sang arabe. Toi, tu avais beau te donner un genre, te fabriquer un style, porter un masque et puis te transformer en quelque chose d'autre, tu n'en restais pas moins une victime. Un jeune garçon désœuvré. Que son intelligence sauvait de la bêtise humaine et de la cruauté de ceux qui vous avaient propulsé au rang de chair à canon. Alors tu n'aurais pas dû leur accorder autant d'importance. De valeur. Pas à eux. Eux qui vous avaient battu, torturé, vous obligeant à assister à des scènes d'horreur. Des atrocités. Le viol, le meurtre, les menaces et les attentats. Rien que des actes manqués, auxquels tu refusais de prendre part pour certains.

Des actes traumatisants. Choquants. Des actes tatoués à vie sur votre peau, et qui à terme engendreraient des lésions plus profondes. Des lésions qui déjà te causaient des séquelles irréversibles, mais que tu ne payerais que bien des années plus tard. Tel un point fixe dans votre avenir. Et subitement, c'est sous la forme d'un second baiser que se matérialisait ce besoin de vengeance qui vous unirez et vous réunirez entre les murs d'une ruche. Un baiser dans lequel tu aurais voulu disparaître, mourir.

T'enfonçant un peu plus dans le matelas. Lui rendant ce baiser du bout des lèvres, en apnée. Ta main dans son dos s'agrippant à ses vêtements, avec tant de gravité que les jointures de tes doigts en devenaient blanchâtres. D'un baiser, il venait de te mettre à genoux. Appuyé sur ses coudes qu'il était. Son visage surplombant le tien et son regard se voilant alors même qu'il resserrait sa prise sur ton autre main.

- Dors...

Ne prêtant aucune attention particulière à ses remerciements. Remontant le fil des événements à ton rythme, et dans le désordre le plus complet. Inerte et fixé, après l'avoir reçu dans tes bras lorsqu'il s'était écrasé contre toi. Le serrant si fort que tu aurais pu l'étouffer. Calant sa tête sur ton torse et appuyant ta joue sur le haut de son crâne en fermant les yeux. Une main restant dans son dos, l'autre se posant dans le creux de son épaule. Il avait besoin de se reposer. De dormir. Pour récupérer, pour gagner du temps aussi. De toute façon, tu ne serais pas celui qui prendrait les devants. L'embrasser, le déshabiller, le toucher pour de vrai, tout ça te semblait hors de portée. Jamais tu n'aurais le courage. Jamais. Pas tout seul, pas si lui ne te forçait pas un peu la main.

- T'as besoin de te reposer. Ça sert à rien de lutter Malik, laisse juste la fatigue et la douleur accomplir leur œuvre. Fais moi confiance. C'est le seul moyen pour que tu puisses aller mieux. Dors maintenant. Obéis…

Humidifiant tes lèvres à la recherche du goût des siennes, tu prenais donc la décision d'en faire de même. Tout en battant des cils et en clignant des paupières. Surpassé par une vague d'émotion qui te submergeait.

Plus vraiment là. Sombrant. Tous tes sens se déconnectant. Languissant que la nuit tombe.

Rassuré qu'il ne te repousse pas. Simplement rassuré…
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MessageSujet: Re: Mettons un peu de lumière dans cette noirceur... - ft. H13-400   Lun 11 Juin - 14:28

Mettons un peu de lumière dans cette noirceur...Memories consume Like opening the wound I'm picking me apart again You all assume I'm safe here in my room Unless I try to start again I don't want to be the one The battles always choose 'Cause inside I realize That I'm the one confused I don't know what's worth fighting for Or why I have to scream I don't know why I instigate And say what I don't mean I don't know how I got this way I know it's not alright So I'm breaking the habit I'm breaking the habit tonightSi je savais ce qui arrivait aux hommes comme moi ? Bien sûr que je le savais. Dès le premier jour, dès que j’avais posé le pied sur la terre Syrienne j’en avais été témoin. Et choqué. Je ne m’étais pas attendu à autant de violence pour quelque chose dont on n’est même pas responsable, pour quelque chose qu’on ne contrôle pas. Alors ouais… je savais ce qui pourrait m’arriver. Nous arriver. Mais je ne cherchais pas à me battre avec lui, je n’avais pas envie de me lancer dans des débats ou des disputes. S’il voulait s’amuser à nier ce qu’il était avec moi, s’il voulait continuer de garder son air supérieur, soit. C’était un moyen de protection et de défense comme un autre. Malgré ses mots, Elias me gardait contre lui, dans ce brouillard, dans ce flou compact, je le sentais plus proche que jamais. Il ne me repoussais pas violemment, il ne s’éloignait pas, il me gardait contre lui. Ce qui aurait très bien pût arriver après le baiser que je venais de déposer sur ses lèvres.

A moitié affalé sur lui, l’oreille très proche de son cœur qui battait beaucoup trop fort pour un moment pourtant calme. Je me doutais cependant que ce que nous faisions, ce que nous avions échangés, était hautement perturbant. Ce qui se ressentait alors qu’il essayait de me rassurer, que ma mort n’était pas encore proche, mais qu’il… si je comprenais bien, il reconnaissait surtout être exactement le type d’homme dont il parlait un peu plus tôt pour ensuite assurer ne pas être capable d’assumer. Ce… qui ne me surprit pas tellement. J’étais plutôt surpris par son propre aveux que par le reste. Son aveu et le fait qu’il avait répondu à mon baiser. Je ne pouvais pas être plus heureux. J’étais trop bien. Peut-être était-ce dû à l’état dans lequel j’étais et mon cerveau complètement… absent. J’avais les explications, j’avais la réponse. J’étais rassuré. Elias… je n’osais même pas formuler cette pensée, mais j’en souriais. Confortablement, autant que possible du moins, et surtout toujours cramponné à lui, parce que quelque part, j’avais quand même peur qu’il s’en aille, je fermais les yeux. Trouver le sommeil, je doutais que ce soit seulement possible, même si j’étais totalement endolori, je ne me sentais pas assez bien. Je sentais que je tremblais encore un peu, surtout d’avoir bouger en réalité, la douleur était revenue, sans la dopamine.

Pourtant, il continuait de me dire que je le devais, il me l’ordonnait. Je lui obéissais en temps normal. Là… même en faisant le plus d’effort possible, je ne pouvais pas. J’étais trop mal. La chaleur, la douleur, le brouillard… Ce n’était juste pas possible. La fatigue était là, il avait raison, sauf que le reste l’emportait. Je sentais la sueur qui dégoulinait le long de mon dos, sur mon front, je sentais mes vêtements qui collaient à ma peau. Sa présence à mes côtés, contre moi, ses bras qui me tenaient… ce n’était pas suffisant. Soupirant avec ma respiration hachée, je tentais de me redresser encore, mais cette fois ce n’était pas pour l’embrasser, bien que l’envie y soit, j’essayais de le regarder plus ou moins dans les yeux, ma main libre se posant sur son torse.

« J’peux pas… j’ai trop chaud… Je suppose que… j’peux pas prendre de bain, hein ? »

C’était quand même ce dont j’avais besoin maintenant… de me rafraîchir. Dans notre toute petite planque, il n’y avait grand-chose à espérer, même si de toute façon, j’avais appris, depuis mon arrivée dans le groupe, que l’hygiène quotidienne était minime. Au moins le visage. Il fallait au moins que je me mouille le visage et que je retire toutes ces couches de vêtements que j’avais. C’était là la meilleure option que je voyais… et j’avais l’esprit complètement embrouillé. Je passais mon autre main sur mon visage pour chasser la sueur qui dégoulinait. J’allais avoir besoin de son aide encore, et j’espérais qu’il accepterait de le faire sans trop mal réagir. Avec ce qui s’était passé, ce que nous nous étions dit… et ce que je pouvais plus ou moins comprendre, ça allait quand même être délicat…

« Tu peux me donner un coup de main… J’ai plus de force... »

Pas sûr que j’ai réellement besoin de le dire, il devait bien le voir avec ma pitoyable tentative de retirer ma tunique lourde et épaisse qui me semblait peser une tonne avec les litres de sueur qu’elle avait absorbé. Le poids de mes bras était à la limite du supportable et j’avais la sensation que mes épaules allaient céder au moindre mouvement de trop. En ajoutant en plus que je restais difficilement assis, je tanguais comme si un vent violent ne s’abattait que sur moi. C’était horrible d’être à ce point faible, d’être aussi… vide. Vraiment horrible. Si je n’étais justement pas au bout de mes forces, j’aurais sans doute fondu en larmes de me sentir si vulnérable. Je continuais quand même de lutter, d’essayer, de me battre. J’essayais de rester le plus droit possible, j’essayais de me déshabiller seul sans m’écraser sur lui. Alors au final… j’essayais de me caler contre le mur, après avoir réussi à me redresser et m’écarter juste à peine de lui, je n’avais pour autant pas quitter son corps, je restais assis sur lui, m’emmêlant plus qu’autre chose. Mon cœur s’emballait, parce que la panique prenait part, parce que l’épuisement avait plus de part que le reste, parce que j’étais au bout du bout.

Avec tout ce qu’on nous avait bourré dans le crâne, avec ce que j’avais toujours essayé d’être, mon impuissance était encore plus douloureuse que le reste. J’étais entré dans un cercle vicieux lié à mon état, parce que j’étais aussi épuisé je culpabilisais d’être aussi faible et je me dégoûtais aussi quelque part, mais j’étais aussi parfaitement conscient que c’était à cause de ce qu’on avait subit, et surtout à cause de mon pied… A se demander comment est-ce que j’avais fait pour rester en vie jusque là… A la limite de l’étouffement, je me lassais retomber contre Elias, concentrant surtout mon énergie à gérer la crise de panique qui allait me tomber dessus si je continuais de ventiler tout seul pour un rien.

« S’il te plais, Elias… je suis un boulet… Désolé... »

Et dire qu’il courait de gros risques pour moi. Je pourrais lui dire de me laisser derrière lui, quelque chose me disait qu’il aurait bien envie de le faire aussi plutôt que de se mettre dans cette situation. Je m’en voulais vraiment d’être un poids pour lui. Mais je savais que si je comprenais bien ses sentiments… il n’y arriverait pas. Preuve supplémentaire que j’étais chanceux de l’avoir. Délaissant alors ma tunique, même si l’air était… comprimé, j’essayais alors de m’attaquer à mon pantalon, mais bien vite, je me rappelais de mon pied et probablement du pansement qu’il y avait au bout, alors je m’arrêtais au bouton et à la braguette. Un choix à faire… Mais j’avais besoin de lui dans les deux cas de figure. Déglutissant, je reprenais alors d’assaut ma tunique, tirant sur tout ce que je pouvais atteindre, les manches surtout, me faufilant, me tortillant pour enfin parvenir à la retirer, au moins dégager ma tête et pousser un soupir de soulagement. L’air était toujours aussi lourd, toujours aussi chaud, mais je me sentais déjà beaucoup moins lourd. Alors de mes lèvres franchit un rire. Un rire nerveux, un rire épuisé.

« T’as raison… faut que je dorme... »
© 2981 12289 0

⬡ ⬡ ⬡ ⬡ ⬡

Definition of true trust ? Two cannibals giving each other a b**job.


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