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 [CAFÉTÉRIA] Just have a little faith... | Feat. H05-999

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MessageSujet: [CAFÉTÉRIA] Just have a little faith... | Feat. H05-999   Dim 28 Jan - 6:23



► Wonderful, wonderful life
Juste have a little faith
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Tu as hésité. Un peu trop longuement sans doute. Comme à chaque fois qu'il te faut quitter ta chambre. Sortir. Traverser ce logement que tu occupes et partages avec trois autres personnes. Jouant les fantômes. Telle une ombre dans la nuit. Te fondant dans le décor, invisible. Pourtant, tu ne portes plus de tenue de camouflage. Il est loin le temps où tu peignais ton visage pour te donner du courage.

Wonderful life…


Ouais, la vie est si merveilleuse que tu en aurais presque des vertiges. Et c'est dans ce drôle d'état d'esprit que tu as pris la fuite. Une fuite en avant. Ne t'en laissant qu'un peu plus suspendu au-dessus du vide. Pas encore prêt à tomber ni même à renoncer. Parce-que tu es combatif. Parce-que tu ne sais pas faire autrement. Bref. C'est d'un pas fébrile que tu es donc arrivé jusqu'à la cafétéria. Toujours sur le qui-vive. En alerte permanente. Balayant les lieux du regard. Cherchant quelqu'un, quelque chose, mais ne trouvant rien et surtout personne à qui te raccrocher. Le souffle court. Les battements de ton cœur résonnant puissance dix mille dans ta tête.

Ok. Juste détends-toi. Respire. Ils ne viendront pas te retrouver ici. Eux. Ces mecs, ceux d'Al-Qaïda ou peut-être ceux de l'état islamique. Putain. Est-ce que tu étais vraiment un djihadiste ?

Tu n'en sais plus rien. Tu imagines. Tu élabores des scénarios et tires des plans sur la comète. Tu supposes. Sûr de rien. Te basant uniquement sur tes impressions, sur ce que tu ressens et sur ces hallucinations qui parfois te déconnectent complètement de la réalité. Dans ces moments où c'est entre tes mains que tu te prends la tête. Les yeux fermés. Debout, tournant sur toi-même. Silencieux, quand tu voudrais hurler.

Seulement, hurler ça en reviendrait à crier à l'aide. À demander qu'on vole à ton secours. Or, tu ne peux pas te le permettre. Un homme ne pleure pas. Un homme se doit d'être fort, fort et solide. Intouchable. Inatteignable. C'est ce qu'on t'a appris, dit, encore et encore répété. Ouais. Les faibles ne méritent pas de vivre. A wonderful life. Tu n'en finis plus de te le répéter. Dont let go. Never give up it's such a wonderful life. Puis d'un coup, tu as senti comme un choc. Dans ton dos. Te forçant aussitôt à te retourner. Là, tout s'est mélangé dans ton esprit. Il ne pensait sûrement pas à mal ce gars. En fait, il n'a assurément pas fait exprès de te bousculer. Mais toi, tu l'as pris pour argent comptant. Comme une agression. Alors par pur instinct tu as réagi. Violemment. Avec agressivité. Le poussant à ton tour. Tes mains venant méchamment heurter son torse.

Le problème, c'est que bien sûr, ça a fait du bruit lorsqu'il est venu se fracasser contre le mur et que malgré toi, tu as attiré l'attention. Te laissant honteux. Pris dans un engrenage infernal dont tu ne parvenais maintenant plus à t'extraire. T'obligeant à aller jusqu'au bout. Les paroles de cette drôle de chanson tournant en boucle dans ta tête : But there 's something in the air. They share a look in silence and everything is understood. Susie graps her man and puts a grip in his hand. As the rain puts a tear in his eye.

Sauf que toi tu n'as pas de Susie pour prendre ta main et pour te rassurer. Seul. Paumé. Incapable de faire face à ton hypersensibilité. Réduit à subir et à être dominé par tes émotions. Avec la sensation d'en permanence te trouver sur un fil. En colère ou en larmes, en repli sur toi-même et hors de contrôle. Sans protection.

Ce qui avait eu pour répercussion de faire monter la pression d'un cran supplémentaire. Tout ça devant témoins. Sur le pas de la porte, au seuil de la cafétéria. Attirant les curieux et provoquant un attroupement. Toi, avec ton avant bras écrasant à présent la trachée de ce pauvre homme en train de te baragouiner des excuses. Tes yeux humides et tes pupilles dilatées. Tandis que de nouveau, le sol se mettait à trembler sous le passage des blindés. La plante de tes pieds recommençant à baigner dans une marre de sang. Lorsque subitement, ton ciel d'Orient se déchirait. En deux. Les rayons du soleil perçant tes ténèbres et t'inondant de lumière. Lumière chaude. Brûlante. Te rendant fiévreux. Tu délirais. Ici, et ailleurs. Présent, mais absent.

Et tu allais le tuer. Lui briser la nuque ou l'étouffer. Si personne ne t'arrêtait. Ta poigne bien trop ferme pour te faire lâcher prise. Que Dieu te vienne en aide. Tout autour de toi s'engouffrait désormais dans un trou noir. Tu ne maîtrisais plus rien. Wonderful, wonderful life. Ces groupes armés que tu t'inventais te servant d'excuse. Mauvais, mauvais, mauvais. Tu étais mauvais. Pourri de l'intérieur. Malade. Blessé et ressassant sans cesse les mêmes choses. Psychotique. Gambergeant à plein régime.

Le corps en fusion. Une chaleur artificielle t'irradiant et te consumant de l'intérieur. Tu n'aurais vraiment pas dû sortir. Quitter ta chambre. Raser les murs de ton logement pour t'engager dans les couloirs.

Tes oreilles bourdonnantes. Ton rythme cardiaque au bord de la rupture, en pleine fracture.
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MessageSujet: Re: [CAFÉTÉRIA] Just have a little faith... | Feat. H05-999   Mer 31 Jan - 17:34

Just have a little faith...H13-400 & H05-999La violence faisait partie de mon ADN, de mes gênes, c’était une évidence. Et ce, même si je suis obligé de la freiner en étant avec deux des personnes qui font parti de ma famille. Je n’avais aucune preuve en ce qui concernait Batman, nous ne nous ressemblions pas, c’était indéniable, mais à cause de son câlin surprise, à cause de mon ressentit vis-à-vis de lui, j’en étais certain. Il n’y avait qu’avec eux que j’essayais d’agir le plus normalement possible, être le moins possible ce que j’étais vraiment. Parce que ça leur ferait du mal. La violence, c’était mon domaine, et depuis que j’étais dans cette Ruche, je n’avais pas tellement été témoin de cette violence, j’en étais l’acteur. J’étais curieux. A présent que je retrouvais du poil de la bête, que je me retrouvais enfin moi-même, encore que ma stabilité intérieur n’était pas encore totale, j’avais envie de me divertir autrement qu’en agissant moi-même. Et en entrant dans la cafétéria, j’eus cette agréable surprise.

Depuis peu, j’avais appris en quelle année nous étions, 2042. Information intéressante bien que pour le moment inutile puisque que je ne savais même pas si cela été éloquent ou non, puisque justement, je ne pouvais pas savoir à quand datait mon dernier souvenir. Si cette information était véridique, et puisque c’était justement un bruit de couloir, une rumeur, je n’avais pas entendu ça moi-même. Mes motivations de sortir de là avaient elles aussi repris, mais je me retrouvais à nouveau sans issue. J’avais aussi entendu parler de cette nouvelle pièce, presque secrète, sous les casiers, avec des vidéos. Il me fallait aller là-bas, voir de mes propres yeux, il fallait que je m’assure cette fois que ce n’était pas qu’une rumeur. Mais ce que j’avais entendu me faisait douter. Si ces images semblaient être des morceaux de vies, nos vies, j’avais peur de voir ce que je cherchais à rejeter. Les cris de ma jumelle, l’explosion responsable du chagrin de ma famille. Beaucoup de nouvelles choses dans cette Ruche, le plan était donc de me lancer dans cette nouvelle découverte, bien que craignant ce que j’allais y voir. Dans mon esprit, j’étais prêt. Jusqu’à ce que cette scène se déroule sous mes yeux.

Un conflit. Une agression. Je n’avais pas vu ce qui avait mené à ça, j’étais comme tous les autres curieux en réalité qui en voyant ces deux hommes dans cette position s’étaient rapprochés pour mieux voir ce qui se passait. De suite, j’avais écouté l’appel de la violence. Enfin je pouvais la voir autrement que sur moi-même ou par moi-même. En être enfin témoin. Un léger sourire avait prit place sur mon visage, je voulais voir jusqu’où les choses allaient en venir, mais il se figea bien vite alors que j’observais avec attention l’agresseur. Son profil. Ses yeux. Son air. Cette instabilité. Je connaissais tout ça. Et ça me faisait l’effet d’une pierre qui tombe soudainement dans mon estomac. Pire, un morceau de falaise. Comme une soudaine douche froide, une pluie glaciale qui venait de me tomber dessus. Cet homme grand à la peau hâlée et aux yeux clairs, je le connaissais. Je ne pouvais dire si cela me réconfortait ou non. La voix des autres me firent réaliser une chose : l’homme à qui il s’en prenait n’allait pas tenir plus longtemps à cet étranglement si personne n’intervenait. La gorge nouée, et malgré l’insignifiance totale que ce type avait pour moi, je m’approchais d’eux pour poser mes deux mains sur les bras de l’autre, plongeant mes yeux dans les siens.

« Je n’ai pas envie de manger avec un cadavre en plein milieu de la cafétéria. Lâche-le. Quoi qu’il t’ait fait, il y a peau de chance qu’il recommence. »

Je ne savais pas pourquoi je parlais avec une telle fermeté, pourquoi est-ce que je voulais l’empêcher de tuer ce mec, il n’y avait pas vraiment d’explication. Tout comme je ne savais pas pourquoi le simple fait de le regarder créer une complexité en moi, une envie de fuir et une peur certaine tout comme une certaine réjouissance à le voir. Il n’allait pas faire ça, il ne devait pas faire ça. Ce que j’arrivais à lire dans ces yeux n’étaient pas ceux de… quelqu’un comme moi. Je voyais bien qu’il était en plein doute. Peut-être que si, il était comme moi, mais il n’en avait pas conscience. Il ne savait pas s’il devait écouter ses instincts ou s’il devait les éloigner. Pas tout à fait comme moi. Il était dangereux. La seule force que je sentais dans ce bras me le prouvait. Cette agression le prouvait. Mais ce n’était pas tout. Il y avait quelque chose. Quelque chose que nous avions en commun, peut-être. Quelque chose que j’avais connu, quoi que ce soit, ce n’était pas une simple folie passagère.

« Lâche-le. »

C’était presque un ordre que je lui donnais. Rien ne me prouvait qu’il allait écouter. Le type commençait à suffoquer. Il allait clamser, c’était sûr, si ça continuait comme ça. Sincèrement, manger à côté d’un macchabée, ça ne me donnait pas vraiment l’appétit. Lentement, je fis pression sur son bras pour le faire lâcher. Ce ne fut pas facile, il avait énormément de force.
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MessageSujet: Re: [CAFÉTÉRIA] Just have a little faith... | Feat. H05-999   Dim 4 Fév - 9:34



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Un cadavre : “Je n'ai pas envie de manger avec un cadavre en plein milieu de la cafétéria.” Un cadavre. Un de plus. Un de trop. Un cadavre qui te coupait à toi aussi l'appétit. Vision d'horreur. Te dévisageant de ses yeux exorbités. La figure ensanglantée et les traits déformés par la terreur.

Une terreur contagieuse. Preuve s'il t'en fallait encore une lorsque tu te surprenais à bondir sous le sifflement des balles. Des balles déferlant en rafales au même rythme que le feu des mitrailleuses. L'ensemble accentué par les cris de ceux que tu pensais être des membres d'une quelconque faction et qui hurlaient des ordres étouffés par le roulement mécanique des moteurs. Un cadavre : “Lâche-le.” Un cadavre parmi tant d'autres. Sans identité ni nom. Anonyme. Juste un cadavre en échange d'une vie. Pur marchandage. Mais tuer ne te paraît plus aussi facile maintenant. Un cadavre : “Quoi qu'il t'ait fait, il y a peu de chance qu'il recommence.” C'est sûrement vrai. Sauf que l'information a dû mal à monter jusqu'à ton cerveau.

En revanche, il n'a fallu qu'une seconde pour que la chaleur des mains de l'homme venu s'interposer entre toi et l'autre ne se propage dans tout ton corps. Et là, tu as eu comme un choc. Une espèce d'électrochoc te sortant de ta torpeur macabre. Comprenant intrinsèque que cette chaleur qui s'infiltrait en toi par tous les pores de ta peau n'avait rien d'artificiel. Il s'agissait juste d'une réaction chimique.

La lave s'écoulant dans tes veines en passe d'entrer en fusion. Par la faute de ses mains à lui sur tes bras. Puis d'un coup, c'est à son regard que tes yeux se sont ancrés. Initiant un besoin urgent d'intimité, de proximité. De contact. Et tremblant, tu t'es mis à transpirer. Ton torse se soulevant douloureusement. Le souffle brûlant du haboob ravivant tes envies de bouche à bouche, te laissant suffoquant. Pourquoi est-ce que sans prévenir, tu te mettais à sentir le poids de son corps écraser le tien ? Jusqu'à t'empêcher de respirer. Mais bien. Juste bien, en confiance et complètement abandonné à ses attentions. Des murs en ruines vous abritant du reste du monde. Tous les deux. Lui et toi. Le problème, c'est que le désir jaillissant de ton ventre n'a servi qu'à t'effrayer un peu plus. Désir brimé, assorti à un profond sentiment de honte. Saloperie de déviance. L'envie d'avoir envie, d'une violence inouïe. Peau contre peau. L'envie. Maladive, inacceptable, indomptable. Drunk in love. Entre-vous, il se passait quelque chose de bien trop fort. Ou peut-être que tu étais le seul à t'enflammer.

Te consumant de l'intérieur. De sorte que sans résister, tu obéissais à l'ordre qu'il te donnait pour la seconde fois : “Lâche-le.” Alors, tu as reculé. Relâchant la pression et libérant le malheureux t'ayant bousculé. Pour le laisser s'affaisser au sol. Le visage rouge, les lèvres violines, crachant ses poumons tant il toussait.

- Tu es mort…

Mort. C'est le premier truc qui t'est passé par la tête. Mort. Et toi, tu voyais des fantômes. Le prénom de cet homme s'évanouissant au bord de tes lèvres avant même que tu n'aies pu te le remémorer. Ton cerveau tournant au ralenti se mettant à trier les informations. La chaleur. Le sable et la poussière. Ta détresse. La solitude qui s'abattait sur toi, et la colère. Rancœur et rancune se mélangeant dans ton sang. Au point que sous l'effort, tu commençais à avoir mal à la tête. Mal de tête qui rapidement empirait et te faisait saigner du nez. Saignement dont tu te moquais. Revenant enserrer avec une toute nouvelle brutalité son visage dans tes mains, pendant que ton regard glissait de ses yeux à ses lèvres.

Ce type là te possédait. S'il te l'avait demandé, tu l'aurais suivi n'importe où. Vraiment n''importe où, aux portes de l'enfer si ce n'était pas déjà fait. Ta mémoire refusant encore de te donner accès à tous tes souvenirs. Des souvenirs enfouis, flottant à la surface de ton esprit sans pour autant briser ce plafond de verre qui t'empêchait de franchir l'étape suivante. Aussi, c'est dans un murmure que tu ajoutais :

- Ton prénom… j'arrive pas à m'en rappeler…

Et tu en crevais. De sorte que sans le vouloir, tu enfonçais tes doigts dans ses joues. Tes ongles courts éraflant sa peau. N'arrivant plus à différencier le présent du passé. Dans un amalgame inquiétant.

Toutefois, et au prix d'un effort surhumain, tu relevais les yeux. Te détachant de tes fantasmes. En songeant que cet homme était parvenu à te maîtriser. Avec simplicité. Rien qu'à l'aide de mots. D'une pression sur ton bras, réussissant ainsi à obtenir de toi ce qu'il voulait. Et toi, tu ne parvenais plus à démêler les nœuds de votre histoire. Si histoire il y avait eu. Tes pulsations cardiaques battant la cadence. Persuadé que dans une autre vie il avait compté, même si tout en toi rejetait cette possibilité.

Voilà pourquoi au final tu le repoussais. Rageusement. Le tenant à distance, aussi loin que possible. Comme si le toucher était synonyme de péché. Un peu comme si t'en éloigner pouvait te protéger. Plutôt ironique. Toi. L'agresseur. Toi qui nageait à travers les eaux troubles de ces rêves tellement réels que rien ne semblait pouvoir t'en délivrer. Puis lui tournant le dos, tu plaquais les paumes de tes mains sur tes yeux. Regrettant ton impulsivité. Faisant tout le contraire de ce que tu devrais. Tu le sais. En commençant par t'excuser auprès de ce pauvre type qui ne t'a rien demandé et auquel tu t'en es physiquement pris.

Le sang s'écoulant de ton nez maculant ta bouche et gouttant à présent sur ton menton.
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MessageSujet: Re: [CAFÉTÉRIA] Just have a little faith... | Feat. H05-999   Sam 10 Mar - 20:39

Just have a little faith...H13-400 & H05-999Tout se chamboulait dans mon esprit. J’éprouvais trop de choses en même temps. Des sentiments contraires pour la plupart, mais une chose plus forte que les autres. L’attraction. Non, c’était bien plus que ça. Le désir. Et ce n’était pas lié à cette violence dont j’étais témoin. En fait, elle ne m’atteignait plus autant que ce que j’aurais pu le penser, j’étais bien trop happé par cette vision du passé, ce visage inconnu et familier. Quelque chose me liait à cet homme, une chose particulièrement complexe et puissante. Complexe parce que je ne savais exactement ce que je devais écouter. En premier lieu, j’étais surpris, agréablement surpris de le voir, un mélange de ravissement et de soulagement, pour avoir un vague sentiment de… terreur. Une terreur qui n’était pourtant pas du à ce que je voyais, elle était sourde, mais profondément là. Et maintenant… ce désir. Mon regard se voila à mesure que je laissais les sensations de succéder, que je leur laissais la parole une fois que j’eus la certitude qu’il m’écoutait, qu’il obéissait. Drôle de ressentit là aussi à cette obéissance qui n’était pas naturelle, qui n’était pas dans ce sens là normalement, quoi que soit la normalité. Il avait réagit non seulement à mon ordre mais à mon contact aussi, dès que nos regards s’étaient croisés.

Ses premiers mots, je les prenais comme une claque. La même claque que celle du Batman avec ses pleurs et son câlin surprise. Des mots, une affirmation qui donnait un sens à un tas de choses. Le comportement de mon frère, son soulagement de me voir, cette culpabilité à son égard et celle de ma jumelle, et cette explosion. J’étais mort. C’était de toute évidence ce que j’avais fait croire à mes proches. Leur faire croire à ma propre mort, tout se connectait… mais pourquoi ? Et qui était-il ? Si je devais me fier à ce désir brûlant qui coulait dans mes veines… ce n’était pas un membre de ma famille. Un amant ? Un compagnon ? Quelqu’un de suffisamment proche pour que lui aussi croit à ma mort. Mais pourtant, je n’avais jamais eu ce manque de qui que ce soit depuis que j’étais dans cette Ruche. Jamais, mis à part après la disparition de 314, j’avais éprouvé le manque d’une personne qui me comblait. Presque par réflexe, j’avais tenté de voir l’ombre d’un tatouage, un tatouage qui répondrait à celui que j’avais au poignet, mais malgré la complexité de ce que j’éprouvais à son égard, il n’y avait rien qui convergeait dans ce sens.

Le reste, la cafétéria, ce type qui crachait ses poumons non loin de nous, les regards sur nous, je ne m’en souciais plus à partir du moment où j’ai vu ce sang couler de son nez. Ma vue en fut assez vite brouillé par deux mains, les siens qui encadrèrent mon visage, me laissant pour ainsi dire sans défense. Je ne supportais pas que l’on me touche sans mon accord, ma famille seule avait ce privilège évident. Lui… j’étais comme figé du simple fait qu’il retourne le contact contre moi. De cette façon, si brusque, si inattendue. Inconsciemment, j’avais un mouvement de recul, qui n’était pourtant qu’interne. Je me sentais… vulnérable. Vulnérable et pourtant, je ne me dégageai pas. Mon cœur s’était affolé en une fraction de seconde. Danger. Il était trop imprévisible. Même s’il était familier, même si je le désirais, même si… il était dangereux. Instable. Et c’était ma faute. Et ce sang qui coulait. J’avais envie de l’arrêter. Il était en souffrance, chaque geste, chacun de ses gestes le hurlait. Mais j’étais incapable de bouger, de faire le moindre mouvement. Trop aspiré, trop tétanisé. Pour la première fois depuis… probablement des années. A nouveau il parla, mais ce n’était qu’un murmure, qu’un souffle. Auquel je brûlai de répondre, mais j’avais peur. Peur de sa réaction si je lui disais mon prénom, ce prénom que je commençais tout juste à m’approprier. Et s’il ne voulait pas l’entendre ?

Sa réaction à mon silence, ou au fil de ses pensées me donnèrent raison. Il me repoussa avec la même violence qu’il m’avait attrapé le visage pour se reculer. La panique l’envahissait complètement, et j’étais désarmé. Dorénavant loin, dos à moi, je ne pouvais plus rien voir d’autre que sa silhouette, sa voix qui me semblait faible en direction du mec toujours par terre. Des excuses. Il n’était définitivement pas comme moi. Ni trop ni pas assez. Sur une brèche. Sur le point de tomber. Par mon simple regard et mon ordre. En quelques minutes, ou bien n’avait-ce était que quelques secondes, je l’avais vu passer d’un extrême à un autre. Tout ce qui me faisait prendre mon pied en temps normal. Sur un inconnu. Sur lui, je ne comprenais d’abord pas et surtout j’en souffrais presque. Pourquoi ? Que lui avais-je fais ? Et que m’avait-il fait pour qu’il parvienne à me terrifier de la sorte ? Prenant une profonde inspiration pour me calmer et chasser cette peur toujours omniprésente, je passais mes doigts sur mon visage encore bien gonflé pour reprendre la parole, sur le même ton que l’ordre que je lui avais donné dans l’espoir de le calmer lui aussi.

« Malik. Je m’appelle Malik. C’est tout ce que je sais de mon nom. »

Lentement, je me rapprochais de lui pour lui faire de nouveau face et prendre ses mains, très lentement afin de dégager son visage et de pouvoir l’observer. Le sang continuait de couler, sans doute à cause de la panique dans laquelle il était plongé. Lâchant une de ses mains et tirant sur la manche de mon haut, je la passais sous son nez pour le nettoyer un peu, bien que je sois particulièrement sur mes gardes et prêt à reculer au moindre geste trop brusque. Qui sait ce qu’il pourrait faire et je n’étais pas certain de pouvoir me battre face à lui. Malgré ma tentative, le bas de son visage continuait de se souiller de sang, et ne semblait pas vouloir s’arrêter. Le lâchant alors complètement, et poussant sans la moindre gêne ceux qui se trouvaient sur mon passage, je ramassais autant de serviette que possible pour venir le poser sur son nez, formant un garrot de fortune.

« Je ne me souviens pas de ton nom non plus, mais je sais que je te connais. Je sais que nous avons été proches. Calme toi maintenant où tu vas tourner de l’œil et t’affaler par terre. Est-ce que tu acceptes d’aller t’asseoir sur une chaise ? Tu peux continuer de tourner en rond au milieu de ces insectes, mais je doute que ça t’apporte quoi que ce soit, à part une nouvelle crise de colère si un abruti s’approche de trop près. »

Autant qu’il pouvait nourrir en moi cette terreur, je ne pouvais pas le laisser dans sa panique. Je ne pouvais pas le laisser dans son jus comme ça. J’étais automatiquement attiré vers lui, et quoi qu’il fasse, je ne pouvais qu’aller vers lui. Étrangement… je me sentais redevable et devais m’occuper de lui. Comme si l’animal que j’étais prenais pour une fois chair humaine, comme si je devenais volontairement vulnérable pour lui. Coupant à nouveau le contact visuel avec lui, je lançais des regards noirs à ceux qui ne s’étaient toujours pas désintéressés de la scène, détruisant au passage cette espèce de champ de corps qui s’était créer autour de nous, de lui, plus pour lui éviter de péter un nouveau câble que pour les protéger eux.
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MessageSujet: Re: [CAFÉTÉRIA] Just have a little faith... | Feat. H05-999   Mer 14 Mar - 15:44



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Tu te sentais seul...

Désespérément vide. Semblable à un trou noir qui absorberait la lumière pour ne recracher que du néant. Une âme en perdition. Pesant aussi lourd qu'un poids mort. Inutile. Sans attache. Incapable de garder la foi. Tel un cœur brisé qu'on aurait enterré auprès de celui que tu avais aimé. Dans cette autre vie contre laquelle tu n'en pouvais plus de te débattre. Il fallait que sa sorte. Par tous les pores de ta peau. Que tu le gerbes et que tu t'en débarrasses. Le voile recouvrant ta mémoire se levant peu à peu. Te laissant apparaître cet amour perdu que tu pensais ne jamais revoir, jusqu'à aujourd'hui. Sans réel ancrage dans ce monde-ci depuis lui.

Lui. Malik. Malik quelque chose. Ou peut-être Malik tout court. Alors oui, vraiment, tu te sentais seul. Trahi. Bien qu'entouré, mais pourtant isolé. Différent et à part. Te retrouvant prisonnier, au centre du cercle humain que les autres formaient autour de vous. Pas bien, si mal en vérité.

Ta détresse écrasant tout le reste sur son passage. Alors que toi tu aurais voulu penser, réfléchir, ordonner tes idées. Dessiner d'autres plans dans ta tête et te sortir de cette situation inextricable dans laquelle tu t'enlisais. Mais sous la lumière des néons, plus aucune carte topographique ne venait se graver sur tes iris. Le bleu-vert de tes yeux ne réussissant pas à détecter les reliefs des dunes. Tes yeux sur lesquels tu pressais plus fortement encore les paumes de tes mains. Prostré. Il t'avait menti. Il était mort. Mort! Et toi, tu les avais abattu eux pour le venger. Te condamnant à une vie de misère, jusqu'à devenir un fantôme. Sans visage. Sans identité. Ça te revenait, au fur et à mesure. L'organisation. Tes mensonges, cette nature meurtrière que tu cachais au fond de toi, en ayant pour toile de fond, ce sentiment d'horreur que tu éprouvais à chaque fois que tu croisais ton reflet de l'autre côté du miroir. Ces bribes de passé expliquant peut-être que tu te sois entendu marmonner ces fameuses excuses qui peinaient tant à franchir la barrière de tes lèvres : « Je suis désolé… tellement désolé...»

Désolé. De n'être qu'une machine de guerre. Un homme avorté. Un assassin, un tueur né. Pire qu'une bombe prête à exploser dès lors que ses mains, celles de Malik, prenaient tes mains dans les siennes. T'embrouillant. Il cherchait quoi ? Sans doute à te rendre cinglé. Ou à t'anéantir pour de vrai. Toi qui te considérais comme un survivant. Tu le haïssais. Il était tout ce que tu avais, tout ce pour quoi tu avais accepté de sacrifier une partie de toi-même. Et tout ton chagrin remontait, des éclats de colère venant le foudroyer.

Si tu avais pu, pour sûr, c'est du regard que tu l'aurais massacré. Quoique pas encore très sûr de toi. Ni de ces réminiscences qui émergeaient du simple fait de sa présence. Ne t'en rendant que plus froid, plus distant et des plus implacables. Sans pour autant le repousser, en demande. La peur de le revoir disparaître te tenaillant. Ce n'était pas juste tout ça. Pas humain, pas honnête de sa part. Un jour lointain, hier, tu avais su qu'il causerait ta perte. Visionnaire. Ce jour au cours duquel tu l'avais embrassé. Frôlant ses lèvres, intimidé. Et lui, il osait te dire en te regardant droit dans les yeux qu'il ne se souvenait pas non plus de ton prénom. Tout en t'avouant que tes impressions, que toutes ces émotions qui te traversaient, ces sensations inexplicables qui vous reliaient l'un à l'autre n'étaient en rien le fruit de ton imagination. Désaxé. Borderline. Le spectre des troubles et de ces comportements violents que tu tentais d'apaiser par tous les moyens reprenant le dessus. Or, pour ça aussi tu lui en voulais. Pour ça aussi, comme si tu savais exactement de quoi tu parlais. Foutaises de merde. Tu perdais la tête. À cause de lui putain. Par sa faute et tu restais planté là. Même pas foutu de lui faire payer. De lui en retourner une, de lui dévirer la tronche. Raison pour laquelle, lorsqu'il lâchait l'une de tes mains afin d'éponger le sang continuant à pisser de ton nez avec sa manche, tu laissais ton bras retomber mollement le long de ton corps. Incapable de bouger. Absorbé par la contemplation de son visage. Le toisant de toute ta hauteur. Un peu plus grand. Plus impressionnant, au vu de la tension et de l'attention qu'il te portait.

- Et tu feras quoi ? Malik… tu feras quoi si je tournais de l'œil comme tu dis, et que je m'affalais par terre. Tu feras quoi… qu'est-ce que t'en as a foutre au fond. Tout ça n'a aucun sens. Aucun… parce que tout est terminé. Toi, moi… eux. Je suis même pas sûr de savoir de quoi je parle… c'est un cauchemar…

Tu ne savais plus. Plus rien. En dehors de vous. Du coup, tu acceptais : « Oui », en fin de compte tu voulais bien aller t'asseoir avec lui. Ce cauchemar dans lequel il te fallait marcher à l'aveugle te coupant les jambes. Ton crâne douloureux, migraineux, ne te facilitant pas la tâche. Comme si le sang que tu perdais, t'affaiblissait. Te vidant de toute substance. Faible, à bout de force. L'entendre appeler et qualifier vos semblables d'insectes et d'abrutis te ramenant à de sales trucs. Pas certains de définir et d'identifier ce qui te gênait là-dedans.

Puis, clignant des paupières, tu attrapais le tas de serviettes qu'il venait de te coller sous le nez après avoir fait un tour de table. Pourquoi prendre soin de toi… pourquoi, pourquoi, pourquoi.

Une question t'évoquant un nouveau souvenir. Il aimait tant te demander pourquoi…

Donc, avec ton tas de serviettes pris entre les doigts, tu te mettais à avancer. Passant instinctivement devant lui. Comme pour faire écran face aux potentielles agressions, ou dangers. Le guidant jusqu'à toi, et lui intimant presque l'ordre pernicieux de te suivre. Parce-que c'était ton rôle de lui montrer la voie. Ton rôle de lui ouvrir le chemin, de le baliser. Te déplaçant au milieu des tables d'un pas plus bancal que tu ne l'aurais voulu. Ne mesurant pas toutes les conséquences que son retour chez les vivants impliquaient. Pour toi, comme pour lui. Et d'un geste rageur, tu balançais finalement ces foutues serviettes par terre.

Te passant ensuite les mains sur le visage. Ton sang s'étalant et se répandant sur ta peau. Avant de t’asseoir, sans plus arriver à détourner les yeux de tes mains. En plein choc post-traumatique. Tandis que tu comprenais que tous ces rêves que tu refaisais nuit après nuit n'étaient que la pure et l'exacte réalité.

- Pourquoi ? T'arrêtais pas de me répéter cette même question… tout le temps…

Tout le temps. Un temps révolu. Un temps dont tu ne maîtrisais ni les tenants ni les aboutissants. Un temps qui te paraissait être aussi proche que ce que vous aviez pu l'être tous les deux. De son propre aveu.

- Elias… je savais même pas quand tu allais venir… tu te rappelles de ce que je t'ai répondu? Que je viendrais toujours… et t'as voulu savoir pourquoi…

Tout remontait. Tout te débordait. Tu avais envie de hurler, de tout casser. De t'imposer. De rester ce leader en lequel il croyait. Cette tête pensante qui décidait et inventait des alibis. L'homme de la situation quoi, alors qu'intérieurement tu mangeais la poussière et qu'en tout état de cause, c'est lui qui te tenait par les couilles. Lui qui avait fait le ménage, contraignant les autres à rompre le cercle pour te permettre de sortir de la ronde.

Et les mains tremblantes, sanguinolentes, tu ne faisais plus tampon. Foutu pour foutu, tu ne cherchais plus qu'à crever l'abcès. À le percer pour en faire sortir le pus, pour enfin te sevrer de lui...
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MessageSujet: Re: [CAFÉTÉRIA] Just have a little faith... | Feat. H05-999   Mar 27 Mar - 17:16

Just have a little faith...H13-400 & H05-999Cette absence de souvenir, jusque là, je ne m’en étais jamais sentit coupable, c’était notre du à tous, nous n’avions pas le choix que de nous retrouver sans mémoire. Face à la colère de cet homme, qui était un proche, j’en étais sûr et certain, et puisqu’il s’appropriait mon prénom comme s’il l’avait toujours été ainsi, je me sentais comme jamais je ne l’avais été jusqu’à maintenant. En plus d’être ultra sur la défense, je me sentais comme un fautif de ne pas réussir à me souvenir de lui, ou au moins de son nom. Je ne savais pas de quoi il parlait, qui étaient ces ‘eux’ dont il faisait mention, je ne savais pas, du moins je n’avais aucune certitude de ce que ce ‘nous’ impliquait, mais je savais que j’étais entièrement responsable de la détresse qu’il ressentait, par cette révélation de ma résurrection. En fait, il n’y avait que Lina qui n’avait pas réagit aussi… violemment. Batman avait pleuré, il s’était jeté dans mes bras, ou plutôt m’avait collé dans ses bras vu sa taille à lui aussi. Et lui… Bordel, il fallait que je mette un prénom sur son visage ! Quelle que soit la raison pour laquelle je m’étais fait passer pour mort, j’avais avant tout blesser horriblement mon entourage. Mais finalement, il accepta de me suivre, il accepta de venir s’asseoir avec moi, même si je pouvais sentir qu’il voulait s’éloigner de moi. Ne serait-ce qu’avec son geste brusque d’attraper les serviettes que j’avais posé sous son nez. Mais ce fut le reste de son attitude qui me fit tiquer. Il s’était certes dégager assez vite, mais il avait de lui-même prit la tête du mouvement, il avait accepté ma proposition, mais il ne me laissait pas lui montrer la voie. Lui le faisait. Je me sentais comme… comme s’il essayait de me protéger. Je le suivais malgré tout, restant quand même à une distance de lui, craignant que tout à coup, il ne change d’avis, de comportement.

Bonne réflexion que je m’étais faite puisque tout à coup il jeta les serviettes ensanglantées sur le sol si blanc, mais il ne s’arrêta pas pour autant, il ne se retourna pas non plus vers moi. Il était perturbé, agité, il étalait le sang sur son visage encore plus, il ne semblait pas tellement dans l’instant présent. Et ça me rendait malade. Ce n’était pas là la culpabilité qui parlait, mais le désir. Je ne pouvais plus tellement l’appeler ainsi d’ailleurs, parce que le désir ne pouvait pas me faire me sentir si mal pour lui. Ce n’était pas de la pitié non plus, je n’avais jamais ressentis ça depuis que j’avais ouvert les yeux dans la Ruche, j’étais réellement peiné pour lui. Resté à distance, je le regardais s’asseoir sur un siège, je l’écoutais parler, et je sentais mon cœur se fendre un peu à chaque seconde à le voir ainsi. Jamais il n’avait été comme ça. Jamais il n’avait été dans un si piètre état. Il semblait se souvenir lui. D’un temps que ni lui ni moi ne pouvions retrouver pourtant. Un passé dont surgit un autre prénom. Le sien. Elias. Quel crétin j’étais. Comme pour celui de ma jumelle, pourquoi est-ce que j’avais été incapable moi de m’en souvenir ? Elias. Un prénom qui brûlait mes lèvres et qui voulait rouler sur ma langue. Ne tenant plus de rester sur place et surtout, de rester loin de lui, parce que malgré moi, j’étais appelé vers lui, je me rapprochais de lui, je m’installais en réalité sur ses jambes, prenant son visage entre mes mains. Je plongeais mon regard dans le sien, ses belles pupilles si claires, vertes et bleues, un magnifique mélange. Je n’arrivais pas à toucher ce passé dont il parlait du bout du doigt, je ne cherchais de toute façon pas à le chercher, et en voyant l’était dans lequel je le mettais, je ne voulais pas le faire. Le passé était le passé, c’était toujours ce que j’avais dit, c’était mon crédo. Mais avec lui… je ne comprenais pas pourquoi ça me semblait si difficile et douloureux.

En écoutant la chaleur au creux de mon ventre et de mes reins, peut-être bien de mon cœur aussi, le schéma de notre relation commençait à se définir dans mon esprit, à s’éclaircir. Un ancien amant, un ancien amour. La peine que je ressentais vis-à-vis de lui ne pouvait pas être seulement pour un partenaire sexuel, aussi bon soit-il. Lui et moi avions été un, dans tous les sens du terme. Mon corps ne semblait pas pouvoir l’oublier. Et une partie de mon cerveau non plus, puisque je ne pouvais pas m’en foutre. Impossible de m’en foutre. Mes doigts passaient sur ses joues, sous son nez, sous ses lèvres, j’hésitais à étaler son sang ou l’enlever, parce que le sang faisait parti de moi, mais pas seulement. Le sang était mon présent et mon passé, et le sien aussi. Il faisait parti de nous. Ce même nous qui me perturbait au plus haut point. Parce que oui, j’étais perturbé. Je ne comprenais plus ce qui m’arrivait. Beaucoup de choses se chamboulaient, et simplement par sa présence, parce que je commençais à réaliser certaines choses, comme l’attraction, le désir que j’éprouvais pour lui. Et pourtant, j’avais mon blond dans la tête, avec ce que je ressentais également pour lui. En plus de me poser d’autant plus de questions sur ma mort montée de toute pièce et surtout pour quelle raison est-ce que je l’avais fait. En même temps que j’essayais de recoller les morceaux et la chronologie de mon passé, non pas par désir de le découvrir, mais pour le mettre en ordre, ni plus ni moins.

« Je ne me souviens pas de ce que tu dis. Mais je sais que toi, je me souviens. Et ce que tu me dis, ce que tu aurais dit, quelque soit la raison, je vois que tu es bel et bien venu. Elias… Prends les choses comme elles viennent. »

Ces mots me semblaient particulièrement bien choisis, mais pas d’être juste de moi. Peut-être rapportés… par lui. Je n’en avais aucune certitude, mais il se pourrait bien que c’était de lui. Je ne lui laissais pas le temps de protester ni de répondre quoi que ce soit que malgré le sang sur son visage, sur sa bouche, je posais mes lèvres sur les siennes. Un baiser des plus doux et tendre. Parce que j’avais peur de céder à autre chose. J’avais peur d’écouter ce que le désir me disait réellement de faire. J’avais peur de lui céder. J’avais l’air d’être celui en position de force, mais ce n’était pas vrai. J’étais fébrile sur ses genoux. J’avais peur. Je me reculais doucement, léchant mes lèvres pour récupérer le sang qu’elles avaient récolté, parce que je ne pouvais pas faire autrement. Doucement, et lâchant son visage, parce que j’avais dans l’espoir que ce baiser l’avait calmé un peu, et sans quitter mon assisse confortable, je ramassais les serviettes pour continuer de sécher le sang qui coulait encore un peu de son nez, et surtout de nettoyer son visage.

« Je ne veux pas que tu tournes de l’œil et je ne veux pas que tu pètes les plombs, parce que… je ne peux pas faire autrement que m’inquiéter pour toi. Je m’en fais pour toi oui, et je ne suis pas sûr de le comprendre réellement. Je ne peux pas t’apporter la réponse que tu attends, à savoir pourquoi je ne suis pas réellement mort, mais je crois que je peux comprendre le chaos qui règne dans ton esprit. Si… nous avons un passé en commun, je pense que nous avons les mêmes choses terrifiantes en tête. Mais je les fais taire. A ma manière. Il faut que tu apprennes à faire de même. Je peux t’apprendre si tu le veux. T’apprendre ce que je sais, ce que j’ai appris à faire. Parce que maintenant je sais que je ne suis pas le seul. Parce que tu as l’air d’en avoir plus besoin que moi. »

La raison me disait que je n’aurais pas dût le lancer ainsi. Parce qu’il n’aimerait sans doute pas entendre qu’il était dans le besoin. Mais c’était un fait, et je ne pouvais pas lui mentir comme ça. Il n’était pas stable. Je pouvais l’aider. J’avais un équilibre, une stabilité que j’avais faillis perdre il y avait peu encore. Et qu’il était susceptible d’envoyer balader.
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MessageSujet: Re: [CAFÉTÉRIA] Just have a little faith... | Feat. H05-999   Sam 14 Avr - 16:48



► Wonderful, wonderful life
Juste have a little faith
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Tout remontait...

Sous forme de bile, jaillissant de ta gorge et exprimant ton mal être à coups de hauts le cœur. Dégueulasses et acides. Même si rien ne sortait d'entre tes lèvres. Comme si à trop vouloir ravaler ton amertume, c'est à peine s'il ne t'en devenait pas impossible de recracher ces hurlements déchirants qui te tordaient les tripes.

Et ça te faisait mal. Malgré toi. Donc forcément. Évidemment. Juste bien sûr en fait : c'est vrai – il va de soi que face à lui – tu as fini par perdre tous tes moyens. Quoi de plus normal et logique au bout du compte, de plus humain aussi. Parce-que par sa faute, tu te transformais en instrument. En un objet vecteur de violence, fonctionnant à l'instinct pur et chargé à l'adrénaline. T'exprimant dans l'urgence. Rejetant sur les autres toute ta frustration, brut, enfermé dans ton déni et cristallisant sur lui ton besoin d'abandon. Alors comment ne pas capituler dès lors que tu le voyais s'asseoir sur toi ? S'asseoir, ou te surplomber. Pour ensuite s'installer à califourchon sur tes jambes. En venant ainsi occuper et te réclamer une place qui désormais ne lui revenait pourtant plus de droit. T'écorchant à vif, à cause de cette sensibilité à fleur de peau qui te rendait sensitif à l'excès. Ton self-control habituel se retrouvant sévèrement ébranlé. Jusqu'à ce que l'affectif prenne le dessus sur ton côté défensif et que tu te retrouves salement amoché. Blessé dans ton amour propre.

Question d'ego. Un ego ne supportant pas que tu fasses preuve de faiblesse et qui te rappelait à l'ordre. Quitte à prendre pour des insultes chacune de ses approches. Toujours dans l'ambivalence. Soldat de Dieu, et garçon amoureux. Un fidèle pris à défaut. Un grain de sable dans le désert, ne voulant pas admettre que tout ça puisse être trop pour toi. Trop d'un coup. Trop, beaucoup trop. En sachant que depuis des semaines déjà tu faisais ton possible pour l'éviter. Afin de ne jamais entrer en collision avec lui. Jamais si ouvertement. Ni d'une manière aussi frontale ou directe. Uniquement parce-que ce qui venait de se produire à l'instant, tu l'avais redouté. La lumière jaillissant par tous tes orifices. Éclairant quelques-unes de vos zones d'ombres et ravivant de vieux brasiers que tu sentais lentement s'éteindre. Tandis que tout recommençait à flamber.

Te brûlant au troisième degré. Les flammes de la vengeance te ravageant, de sorte que tout ce qui te semblait acceptable jusqu'ici te paraissait à présent insupportable. À l'instar de ce blanc qui vous entourait, de partout. Agressant tes rétines, lorsque les reflets dorés donnant aux dunes un effet miroir se remettaient à jouer sur les murs. Des dunes de sable mugissantes, produisant un chant semblable au son d'une corne de brume et se propageant sur des kilomètres à la ronde. Bougeant tes lignes.

Et tout ça, tu l'entendais. Dans ta tête. Et tout ça, tu le revivais. Ici. Dans ce geste simple, anodin, qui voulait pourtant que cet homme que tu aimais autant que tu le haïssais prenne ton visage entre ses mains. Te privant de ton libre arbitre. Ses doigts redessinant les traits de ton visage, pendant que les tiens s'enroulaient autour de ses poignets. Qu'il aille se faire foutre ! Qu'il retourne de là où il venait ! Toi, tu ne lui avais rien demandé. Sans lui, tu avais réussi à survivre. Sans lui… tu… Elias… prends les choses comme elles viennent… comme elles viennent. Une phrase, une citation, quelque chose que tu croyais lui avoir dit. Croire, espérer, garder la foi et faire en sorte que quelque chose vous réunisse encore. Dans l'oubli qui l'habitait. Un oubli qui te rendait étranger à ses yeux, un étranger si précieux. Suspicieux. Un étranger ou un amant bafoué. Humilié. Le baiser qu'il te prenait voulant que ses lèvres viennent enrober ta bouche. Ce que tu t'apprêtais à lui répondre s'essoufflant dans la tendresse et toute la douceur qu'il y mettait. Achevant par la même occasion de dissiper ces derniers doutes qui te retenaient d'exploser. Sa compassion t'agressant. Les précautions qu'il prenait à ton égard se fracassant contre le peu de dignité qu'il te restait. Alors, tu l'arrêtais. Il n'avait pas a essuyer ton sang. Il n'avait pas à faire ça, à éponger les stigmates que d'autres avaient laissé s'incruster dans ta chair.

Tu n'étais pas faible. Tu ne l'étais pas. Tant pis si les larmes traçant des sillons de sel sur tes joues témoignaient du contraire. Mais il n'avait pas le droit. Pas le droit de te prendre à défaut. Pas le droit de te victimiser, de te plaindre, ni même de te prendre en pitié. Pas le droit, plus aucun droit. Ce n'est pas parce-que tu te mettais à chialer qu'il devait briser vos règles. Tu n'avais plus vingt-ans. Tu n'étais plus un gamin.

Grâce à lui tu avais goûté aux prémices de l'enfer. Dans une ampleur qui t'échappait. Un enfer au fond duquel il te replongeait. Le Dajjal personnifié se prenant pour le Saint sauveur. Et relâchant ses poignets, tu attendais. Qu'il termine de t'essuyer le visage, qu'il la ferme. Qu'il se taise. Mais voilà qu'il s'entêtait…

- Tu crois pas que c'est un peu tard pour t'inquiéter ?

Tu te savais injuste. Sincèrement. Tu culpabilisais de le traiter avec aussi peu de considération. Lui reprochant tout et n'importe quoi. Mais plus tu t'en voulais et plus tu éprouvais de la rancœur. Pour des raisons abstraites. D'accord, il t'avait laissé croire à sa mort. Seulement peut-être aussi qu'il n'avait pas eu le choix. Toi non plus tu n'avais pas toujours pu faire ce que tu voulais. Quand tu le voulais. Comme tu le voulais. C'était si facile de t'en prendre à lui. Alors que le sale type c'était toi. Le djihadiste, froid, calculateur, adaptable et capable de tuer des innocents rien que pour assurer ses arrières. Les remords, les regrets, la honte, tout ça, il te fallait l'endurer seul. Va savoir ce que tu lui avais fait toi. Va comprendre pourquoi il te donnait l'impression de te craindre et d'être terrorisé en ta présence. Sa façon de reculer, la prudence qu'il déployait pour ne pas te bousculer, ce trop plein de gentillesse à l'eau de rose qu'il t'avait communiqué en prenant le risque de t'embrasser.

Te gratifiant d'un baiser que tu lui avais rendu. Les yeux fermés, comme si on t'embrassait pour la première fois. Ton corps recommençant à trembler et les larmes s'échappant de derrière tes paupières fendues venant te noyer dans les flashs de ce nouveau souvenir qui t'aveuglait. Il t'avait fui. Cette mort n'était qu'un prétexte, un moyen détourné de disparaître. De te perdre dans le désert. Tu en avais la certitude.

Après tout, on n'attirait que ce qu'on méritait. Ce qui n'en rendait que plus légitime le dégoût que tu ressentais en te regardant dans une glace. Mauvais. Un gamin martyrisé. Conditionné. Et ça repartait.

- Tu crois comprendre ? Tu peux me dire toi peut-être pourquoi j'ai cette impression que je vais crever à chaque fois que je respire ton odeur… pourquoi je t'aime autant que je te hais… tu peux me le dire, vraiment ? Alors te gêne surtout pas ! Parce-que moi je comprends plus rien et j'ai pas l'intention de faire taire quoi que ce soit. Dégage maintenant !! J'ai pas besoin de toi, j'ai plus besoin de toi depuis le jour où tu t'es tiré…

Enragé, tu l'empoignais par le bras. Te relevant brusquement et le frappant rageusement, poing fermé. En le tenant toujours contre toi, à ta merci. Avant de le repousser. Pour l'encastrer contre la table, en le pointant du doigt. Hurlant à plein poumons. Complètement hystérique, en roue libre. Prêt à vriller. Ne percutant même pas que tu venais de lui dire que tu l'aimais. D'un amour entier, sans partage et destructeur.

- J'ai pas besoin de toi ! Je veux pas t'être redevable !! J'ai pas envie que tu m'apprennes comment me calmer. Je veux rien de toi… et toi et tes si, vous pouvez aller vous faire foutre ! Va au diable Malik…

Et te retournant, c'est contre le mur que tu frappais à coup de poings. Jusqu'à te briser les phalanges. Ton sang n'en maculant que davantage le blanc de ta peau, un syrien aussi pâle qu'un clair de lune. Puis tu t'écroulais. Dos contre ce même mur. En sanglots. Gerbant enfin ta bile. Recroquevillé. Lui ordonnant de ne pas approcher. Bras tendu vers lui. Lui collant un stop de ta main. Ta pauvre main meurtrie, pas loin de suffoquer.

Ton torse se soulevant piteusement, et ta cage thoracique se broyant sous l'effort. N'assumant pas. La tête basse, n'osant plus la relever. Te sentant ridicule de t'être ainsi donné en spectacle. Ridicule et puis épuisé. Vidé. Comme après chaque crise. Des crises, des attaques de panique, ou autre chose.

Le fait d'avoir embrassé un homme, de lui avoir crié ton amour et d'avoir pété les plombs devant témoin, ne t'aidant pas à te rétablir. Pour ça, ton père t'aurais condamné à la pire des agonies. Ton père...
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MessageSujet: Re: [CAFÉTÉRIA] Just have a little faith... | Feat. H05-999   Mar 5 Juin - 14:42

Just have a little faith...H13-400 & H05-999Mon erreur, mon manque de discernement sur mes dernières paroles furent payés. Une fois de plus, il me repoussa, attrapant mes poignets sans le moindre ménagement, avec cette poigne pourtant que je lui reconnaissais. Et pourtant, ça ne dura pas longtemps, quelques secondes à peine après, il me relâchait pour se laisser complètement faire, bien que je sentais son regard rivé sur moi. Quoi que je dise, il ne se calmerait pas pour autant. Il était beaucoup trop énervé, beaucoup trop tendu pour que le message ne passe. Je ne me doutais cependant pas à quel point. Je ne m’étais pas non plus attendu à ce que ses mots ne me fassent aussi mal. Trop tard… il avait sans doute raison, mais je refusais de le croire. Il avait répondu à mon baiser, il l’avait accepté, il y avait répondu. Ça ne pouvait pas être trop tard… Ceci dit, les mains autour de son visage sans pour autant le toucher, je baissais les yeux. Je baissais les yeux ! Encore une première depuis mon réveil dans la Ruche. Il ne devait pas se rendre compte à quel point il me bouleversait lui aussi. Mon regard sur son haut taché de sang, mon cœur se serrait douloureusement. Il était le premier à m’affecter comme ça. Bon nombre avant lui avait essayé de me blesser, de m’atteindre, au mieux ils avaient réussi à me faire rire, au pire à m’ennuyer. Et il avait ce blond qui m’avait cherché. Mais Elias… Elias parvenait à m’atteindre au plus profond de mon être, peut-être pas aussi volontairement que ça. Comment est-ce qu’il arrivait à faire ça ? Pourquoi est-ce que lui plus que n’importe qui d’autre. Même avec ma jumelle, même avec mon frère ça n’était pas aussi douloureux…

La suite ne fut pas mieux non plus, et pourtant, j’avais cette fois-ci soutenu son regard, même si je sentais mes pupilles brûler, je refusais de me montrer aussi faible, je refusais de me soumettre à la culpabilité et à la douleur psychologique. L’amour et la haine. Le besoin et le rejet. La douleur. J’étais déjà incapable d’expliquer ce que je ressentais moi en sa présence, alors pour son cas… La seule chose que je comprenais parfaitement, qui me faisait probablement autant de mal qu’à lui, c’était sa haine et sa colère. Parce que je m’étais fait passé pour mort, pour tout le monde, sans la moindre explication. La seule justification que je trouvais touché leur sécurité à eux. Eux, ceux que j’aimais, les miens. Mais la réflexion que je me posais à présent était autour de l’origine de ce danger. Je ne serais qu’à moitié étonné que j’en sois responsable, mais je doutais fortement d’avoir eu ce principe de les protéger de moi-même. J’étais un danger, un prédateur pour n’importe qui, ceci dit, je n’éprouvais aucun besoin, aucune folie qui me pousserait à m’en prendre à eux. Alors quoi, ou qui ?

Je ne m’étais pas non plus attendu à ce qu’il m’attrape aussi violemment, tout en se redressant, pour me repousser encore une fois. Bien que les choses aillent très vite, il ne me relâchait pas tout de suite. Il me frappait, fort, pour ensuite me rejeter vraiment. M’envoyant contre la table plus exactement. La douleur fut instantanée, brûlante, me coupant le souffle. Ceux qui étaient encore dans les parages se reculèrent complètement affolés. Si ces crétins étaient encore là, qu’ils ne viennent pas se plaindre après de devenir des dommages collatéraux. Pendant quelques secondes, peut-être même quelques minutes, je restais sur cette table, légèrement engourdi, peut-être un peu plus pour bouger, entendant à peine Elias qui hurlait, sans le moindre doute contre et sur moi, je ne réalisais qu’il avait arrêté que lorsque je le vis frapper de nouveau les poings contre les murs. Son état ne faisait qu’empirer. C’était ce qui me faisait le plus, et ce qui m’apportait le moins de plaisir. Ma douleur physique oui. Sa souffrance non. Je ne la supportais pas. Surtout pas alors qu’il vomissait, pleurait et suffoquait. Même dans cet état, il refusait que je l’approche. Pourtant, je n’allais pas obéir cette fois-ci, pas question.

Me redressant lentement, je continuais de le fixer, j’attendais le bon moment. Pas celui où il baisserait les armes, pas le moment où il accepterait que je l’approche. Uniquement quand sa crise prendrait la pente descendante. Accoudé sur la table, parce que je sentais bien que mes jambes étaient en coton et qu’elles ne me permettraient pas de rester debout bien longtemps, ni même sûrement pas jusqu’à lui, je repris la parole, bien que ma voix soit loin d’être assurée.

« Quelle que soit la raison pour laquelle je suis parti, je ne l’aurais pas fait sans toi. Et tu le sais, au fond de toi. Même si je n’ai pas les souvenirs qui suivent, je le sais. Si tu ne l’as pas fait… c’était un choix de ta part. Que tu le veuilles ou non, toi et moi, nous sommes pareil, Elias… Je ne peux pas te dire que je comprends tout, mais je sais ce que c’est, d’avoir cette violence en soit… Je…Tu ne le comprends pas, et pourtant, je… j’en sais rien, toi tu n’es pas comme les autres. Personne d’autre n’est comme toi, ou comme moi. »

En quelques secondes, je vins alors à penser à toutes mes cicatrices. Les marques dans mon dos, sur mes cuisses, mes bras. Toutes celles qui ne me semblaient pas volontaires. Lina en avait aussi, bien que ce ne soit pas les mêmes. Elle avait souffert un autre genre de martyr. Je commençais alors à me demander si lui n’avait pas été comme moi, blessé dans sa chair, marqué comme je l’étais. Glissant le long de la table et des sièges pour être en face de lui, au même niveau, je retirais mon haut, le laissant plus loin et lui montrant les lacérations de chaque côtés de mon estomac. Enfin, je lui montrais, mais je n’étais pas sûr qu’il allait regarder. Maintenant que j’avais cette théorie en tête, je me sentais encore plus mal d’imaginer ses mêmes marques sur son corps. Et pourtant, est-ce que ce ne serait pas tout ce que j’avais connu sur lui ? Toujours un corps abîmé contre lequel j’aimais me réfugier. Ravalant ma salive, mais prenant une un ton bien plus ferme, je poursuivais.

« Toi aussi, tu les as ? Toi aussi tu as ces marques, pas vrai ? Tu as soigné mes blessures. J’en suis certain. Tu étais là pour moi. Tu t’es occupé de moi. Laisse moi faire pareil. Laisse moi au moins te rendre l’appareil. T’as sans doute pas besoin de moi ouais, mais tu as besoin de soins. Je peux le faire aussi. S’il te plais, Elias... »

La fermeté s’était barrée très vite en réalité, j’en étais réduit à le supplié… Le supplier de me laisser rester à ses côtés. Le supplier de me laisser rester en sa compagnie. Même si je ne laissais rien paraître, du moins c’était ce dont j’étais persuadé, son rejet était douloureux. Trop douloureux. Maintenant que je le savais là, je ne pouvais pas le laisser partir. Je refusais de le laisser partir. Et s’il fallait que je le laisse me frapper pour ça, soit… Mais le plaisir ne serait pas forcément partager. Toujours aussi lentement, je me rapprochais de lui, bien que marchant surtout à genoux, les mouvements étaient lourds à cause de la rencontre avec la table. J’aurais des contusions et des bleus dans les jours à venir. Gardant quand même la distance entre nous avec son bras, je m’arrêtais vraiment en face de lui, prenant de longues inspirations. Je ne voulais tellement pas le laisser comme ça. Je ne supportais pas. Je ne pouvais pas rester indifférent à sa souffrance, ni même à lui tout court.

Alors, je m’asseyais en tailleur, à quelques centimètres de lui, cherchant à obtenir une réponse, un regard à tout ce que je venais de lui dire. Au fond de moi, j’étais défaitiste, mais je m’obstinais. Je n’allais pas tourner les talons et l’ignorer. C’était au-dessus de mes forces. Tout en continuant de le craindre quelque part. Même si j’étais décidé à subir ses foudres, et c’était une horrible sensation, je perdais totalement mes moyens. Je… dépendais de lui. Ça me rendait malade. Quelque part, j’aurais préféré ne rien en avoir à faire. Et puis… je l’entendais encore me dire qu’il m’aimait autant qu’il me haïssait… Mon premier amour, mon premier amant. Il n’y avait que cette solution qui pourrait justifier mon état. Ou… un amour impossible à oublier. Mais là encore, la question de ma mort se posait. Serrant les mâchoires, je murmurais :

« Je te demande pardon… Pour le mal que je t’ai fait. »

Décidément… il n’en avait pas conscience, mais il était vraiment exceptionnel pour que j’aille jusqu’à m’excuser. Il ne se rendait sans doute pas compte à quel point il était extrêmement important. Même si c’était flou et difficile à comprendre pour moi. Tellement important que je sentais tomber sur mes jambes des larmes. Mes larmes. Je pleurais, pour lui. Les dernières que j’avais eu remontais à… je n’étais même pas sûr d’en avoir déjà lâchais. La colère, la frustration, la haine… tout ça, ouais, je connaissais… Ce sentiment de dénuement, de… désespoir presque, jamais. Mon équilibre mentale était vraiment en train d’en prendre un sacré coup de nouveau, et là, je n’étais pas sûr de parvenir à me relever sans un appui solide. Je les chassais cependant très vite d’un revers, pour plonger à nouveau mon regard dans le sien.

« Si je m’en foutais, je ne serais pas là, je serais resté assis à admirer ce type se faire mettre en charpie. Et crois moi… je crois que j’aurais préféré que… qu’être dans cet état. »

Pourquoi est-ce que je lui disais ça ? Parce que je ne pouvais pas lui mentir. Parce qu’il fallait qu’il comprenne que tout ce que je lui disais était sincère.
© Crimson Day

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Definition of true trust ? Two cannibals giving each other a b**job.


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