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 ( H01-315 ) but innocence is gone and what was right is wrong.

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MessageSujet: ( H01-315 ) but innocence is gone and what was right is wrong.   ( H01-315 ) but innocence is gone and what was right is wrong. EmptyMar 3 Jan - 17:08

tout est blanc au paradis. c'est la première pensée qui lui traverse l'esprit quand elle se réveille pour la seconde fois. comme un mantra. une mauvaise comptine qui tourne et tourne et tourne comme le carrousel d'une enfance disparue.
elle s'est réveillée comme après une soirée bien arrosée mais comme le lui a gentiment dit le gars qu'elle a croisé, elle est bien jeune pour boire des quantités.
faut dire qu'elle est assez mignonne, la garce, pour demander des verres, les obtenir et se les faire payer par-dessus le marché.
elle se dit qu'elle doit être ce genre de gosse là, qui ne travaille pas et se fait tout offrir. c'est beau de rêver quand on est sapé comme un patient d'hôpital psychiatrique et que tout, autour d'elle, est de ce blanc crade qui remonte juste la bile.
tout est blanc au paradis. ce qui est surement pour ça que son estomac se retourne et ses poings se serrent: elle a jamais voulu y aller, au pays des chérubins.

mais vient la question des ailes qu'elle a tatouées dans le dos. les deux grands traits artistiques noirs dont la base apparaît à la chute de ses reins. le pinceau délicat d'un artiste appliqué, tout contre sa peau, comme une caresse, comme une promesse. elle sent que c'est un rappel. qu'il faut qu'elle se souvienne. que c'est important.
mais elle n'est rien que du blanc, du vide, du néant.
alors elle passe à autre chose et la môme erre.

elle passe de salle en salle sans trop savoir où elle va parce qu'elle a jeté le plan dans un coin dès qu'elle est arrivée. elle a vite compris qu'elle n'était pas le genre à se courber sous les règles et les restrictions: le simple mort interdiction lui donne envie de montrer les dents.
ça lui donne le temps de penser.
la chambre vide. la terreur trop vite remplacée par la rage: l'automatisme du monstre qui vient lui dévorer ses démons. c'est trop facile, quand on y pense. vu son tempérament flamboyant, elle est surement une jeune sociopathe ayant produit la plus belle oeuvre du siècle. (des tonnes et des tonnes de cadavres sanguinolents priant pour un peu de bonté.)  ils ont dû décidé de l'installer dans une réalité artificielle où elle n'est rien.
peut-être qu'ils attendent sa rédemption.

elle se dit que si tout ça est un jeu, gigantesque et fabuleux, il faut simplement qu'elle finisse ses quêtes et qu'elle en sorte. simple comme bonjour.
elle essaie de se souvenir de tous les jeux auxquels elle a joués, ce qui va assez vite quand on y pense: aucun.
du coup, elle erre.

puis elle tombe sur 315.
alors lui, c'est une grande histoire. enfin, elle s'est réveillée y'a pas tellement longtemps donc grand, c'est relatif. mais en gros (vraiment très gros), 315 c'est son joker. il est presque marrant, sympathique et il sait quelles sont les magouilles qui font vibrer la petite caboche de 157.
grace, elle n'a pas mis longtemps avant de lui demander de l'accompagner dans ses fabuleuses aventures contre le gouvernement invisible. (elle est presque sûre que c'est le genre de choses que les héroïnes comme elle font, elle suit juste les partitions. vraiment.) et comme il est pas bien plus futé qu'elle, 315, il a dit oui au démon.

pour revenir sur ce qu'on a dit, elle ne lui tombe pas exactement dessus. déjà, ça serait douloureux mais en plus, elle le cherchait. elle a eu un début d'idée.
pour suivre la fameuse idée, c'est un peu compliqué. il faut se rappeler que tout est blanc au paradis et que le serpent s'est caché là, entre les branches paradisiaques et les pommes appétissantes. (comment elle sait ça, faut pas lui demander. peut-être qu'elle y est déjà allée, au septième ciel. qu'est-ce qu'elle en sait, franchement.)
donc s'il devait y avoir une arnaque, un méfait, si quelqu'un devait les surveiller, quoi de mieux qu'un robot portant leur visage, mimant leurs actions, prétextant qu'il est tout aussi amnésique qu'elle et 315.
c'est pour ça qu'elle veut le retrouver: pour qu'ils aillent chercher des indices chez les autres.
faut pas se voiler la face: s'il y a deux idiots capables d'aller piquer des trucs à leurs camarades de prison, c'est bien eux.

bref, elle tombe sur 315, pas littéralement, yaddi-yadda, l'explication a déjà été faite.
« j'ai envie d'aller fouiller des chambres. promis on touche à rien - » instinctivement, elle croise le doigt dans son dos parce que bon, faut pas mentir quoi. « - on va peut-être trouver des trucs sympas. ça te tente? »
puis elle attend pas bien longtemps qu'il réponde, 315, qu'elle est déjà sur la route.
«  j'espère que les portes vont pas se refermer sur nous. je suis sûre que ça m'est arrivée, une fois, dans une autre vie. c'était pas cool du tout. » et elle hausse les épaules. parce qu'elle ne se souvient de rien mais techniquement, c'est possible.
donc bon.
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MessageSujet: Re: ( H01-315 ) but innocence is gone and what was right is wrong.   ( H01-315 ) but innocence is gone and what was right is wrong. EmptyMar 3 Jan - 22:36

Elle a débarqué comme une tornade, comme à chaque fois. Ça fait pas beaucoup, chaque fois, mais suffisamment pour que tu l’aies noté dans un coin de ta tête, entre le souvenir des burgers et l’image un peu obsessionnelle d’yeux bleus tout comme les tiens. T’as pas grand-chose à retenir, pour le moment, c’est pas trop compliqué. Masse de cheveux blonds, air angélique et poigne d’acier (t’as grimacé, la première fois qu’elle t’a saisi par le bras). Des idées aussi pourries que les tiennes, voire plus, et pourtant t’aurais juré que personne ne te dépassait dans ce domaine-là.
Et t’as vraiment grimacé, quand elle t’a empoigné. D’où elle sort cette force, putain ?
T’as appris à un peu éviter sa main, de peur qu’elle finisse par t’écraser les os dans un élan enthousiaste. T’es sur tes gardes, tout le temps. T’aimes bien, ça te tient éveillé, mieux que tourner en rond tout seul comme un con, mieux que te balader en interviewant tout le monde comme si t’étais en plein reportage. Y’en a qui se rappellent de leurs chiens, d’autres qui se souviennent du bruit de la pluie qui s’écrase contre leur fenêtre, certains chanceux qui ont obtenu leur prénom, et t’as pris des notes, et ça t’a épuisé, quand même, de t’intéresser autant à eux.
Donc ouais, c’est mieux. Vous faites pas grand-chose, à élaborer des théories à dormir debout et à jouer à vous faire peur, mais au moins vous êtes deux et t’as quelqu’un pour t’écouter te plaindre. Tu savais pas que ça te tenait autant à cœur, mais t’es ravi d’avoir pu remédier au problème. T’oublies que t’es sans doute un peu plus âgé qu’elle, quand tu lui parles de tank et de pvp. Elle a pas l’air de comprendre, toi t’es pas sûr non plus, mais vous êtes tous les deux plutôt motivés. Des nouveaux mots qui apparaissent, chasse aux indices qui devient chasse au trésor, dans ta tête, parce qu’il y a toujours un trésor. Et pour garder ce trésor, bien sûr, un combat. L’ennemi premier. Les murs qui t’enferment, auxquels t’oublies jamais de penser. T’es assez sûr de toi, pour le moment, que le coupable ne doit pas être très loin de toi. Un instant, t’as même soupçonné Grace, qui me dit que tu veux pas m’entraîner dans un cachot et faire des expériences sur moi, mais t’as vite changé de point de vue. T’as appelé ça une intuition, pour te justifier, mais en vrai c’était sûrement parce que t’avais vachement envie de la suivre dans ses conneries.
Elle a débarqué, donc, sortie de nulle part, mais c’était qu’un grand nulle part, ici, alors t’as pas été trop surpris. « J'ai envie d'aller fouiller des chambres. Promis on touche à rien. » Tu remarques pas le geste qu’elle fait, dans son dos, et si tu l’avais vue t’aurais de toute façon rien dit. T’es pas contre le fait de t’introduire quelque part pour explorer, et t’aurais pas rechigné à l’idée de te servir si quelque chose te plaisait. Mais y’aurait rien, évidemment, à part du linge blanc, partout. Beaucoup moins intéressant, d’un coup, et t’aurais bien riposté mais elle t’en laisse pas le temps. « On va peut-être trouver des trucs sympas. » Elle a l’air plus convaincue que toi, et tu te laisses persuader sans trop de difficulté. C’est pas comme si t’avais quelque chose d’absolument urgent à faire. Au pire, t’allais manquer les légumes au curry (grosse tragédie, vu ton amour pour les légumes) servis gracieusement par le personnel invisible de la cafétéria. « Ça te tente ? » Peut-être qu’elle croit vraiment avoir posé la question, mais elle se retourne sans plus de cérémonie. Sans t’agripper, cette fois. T’hésites entre être soulagé ou râler qu’elle t’attende pas. T’aimes pas trop, devoir trotter derrière elle, t’as plutôt l’impression que ça devrait être l’inverse. Tu finis par opter pour la plainte, t’élançant à ses côtés. Tu la rattrapes vite, grâce aux dix bons centimètres que t’as en plus, ce qui te permet de lui lancer un regard en biais. « Ça t’est pas venu à l’idée que j’puisse dire non ? » Tu grognes par principe, rabat-joie inoffensif, t’arrives pas trop à rester sérieux. « J’ai des choses à faire, t’sais. » Une seconde plus tard, tes lèvres s’étirent en un sourire débile, un peu dépité de même pas avoir réussi à être convaincant.
Le niveau six ressemble à tous les autres, fait de longs couloirs blancs et de portes affublées de numéros. « J'espère que les portes vont pas se refermer sur nous. Je suis sûre que ça m'est arrivée, une fois, dans une autre vie. C'était pas cool du tout. » Tu marques un temps d’arrêt, peu rassuré. T’es pas très courageux, malgré tous tes beaux discours et il t’en faut peu pour te dégonfler. « Quoi, tu veux dire qu’on se retrouve coincés ? Ça t’est déjà arrivé ? Comment t'es sortie de là ? » L’idée te fout carrément mal à l’aise, maintenant. Aucun traumatisme ne ressurgit, toutefois, juste ton côté frileux qui ressort légèrement. Tu te secoues, pour t’en débarrasser, et hausses les épaules. « J'pense que y'a un détecteur, pour s'ouvrir et se fermer au bon moment, théoriquement. » Intonations traînantes, moqueuses, comme si tu te foutais de son stress à elle ; tu préfères oublier que l’idée d’être enfermé dans une pièce blanche, coincé entre la porte et le mur, t’a donné envie de partir dans l’autre sens. Comme pour te le prouver, tu traces jusqu’à l’une des chambres avant de lever une main, comme pour réclamer le silence, en tendant l’oreille. Tu tiens pas trop à rentrer dans un dortoir déjà occupé, et encore moins à devoir t’expliquer. Après t’être assuré que la voie était libre et avoir vérifié à gauche et à droite que personne n’allait débarquer, tu pousses la porte avec un sourire satisfait, puis t’engouffres tête la première dans la pièce. Qui ressemble exactement à celle que tu côtoies tous les jours à 22h, quand le couvre-feu t’oblige à regagner tes quartiers. Le même mobilier blanc, les mêmes murs blancs, les mêmes portes qui mènent aux lits. Pas de grand trésor ici, à première vue. Meh. Tu te retournes vers 157, un sourcil haussé. C’est elle qui a voulu venir, après tout, elle a qu’à avoir une idée. « On cherche quoi, Sherlock ? » Le surnom t’est venu d’un coup, et tu clignes des yeux le temps de saisir ta référence, étonné par ton propre trait d’esprit (non pas que tu sois stupide, mais t’étais définitivement pas au courant d’avoir lu ce bouquin-là – ou n’importe lequel, en fait). « Watson. Pas Sherlock. T’es Watson. » Tu corriges directement, passé la surprise. Qu’elle se trompe pas de rôle, surtout.
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MessageSujet: Re: ( H01-315 ) but innocence is gone and what was right is wrong.   ( H01-315 ) but innocence is gone and what was right is wrong. EmptyVen 6 Jan - 12:05

elle avance d'un pas décidé, ses pieds flottant doucement au-dessus du sol avec une agilité effacée: un vieux réflexe, peut-être, de placer ses appuis au bon endroit. une vieille manie, sans doute, de prendre l'espace avec l'air un peu féroce. elle sautille, frivole, enfant et on lui pardonne ses mauvaises manières. mais elle a toujours cette légère tension dans les épaules qu'on peut facilement remarquer: les ailes tatouées sur son dos en dessinent les lignes principales.
si on l'effrayait, nul doute qu'elle aurait la main sur la gorge de son adversaire avant qu'il n'ait pu dire 'bouh'.

« ça t’est pas venu à l’idée que j’puisse dire non ? J’ai des choses à faire, t’sais. » et elle hausse un sourcil parce que la question, comme le ton, l'étonne. elle n'y a pas pensé, pas une seconde: son esprit s'est concentré sur la proposition sans évaluer la possibilité d'un refus. ce qui, dans son cas, semble presque une habitude: tout comme son premier jour où elle a jeté les règles dans un coin pour visiter seule le petit univers blanc.
elle ne pense jamais longtemps, la môme.
quand elle entend sa seconde exclamation, un son inattendu monte dans sa gorge, comme un microbe, une maladie: il se fracasse contre ses dents et sa bouche s'entrouvre pour le laisser passer. puis elle l'entend, le son maudit -
son rire.
c'est idiot, quand même, de ne pas savoir à quoi il ressemble. il vibre dans sa gorge, fait danser ses cordes vocales et elle se sent sourire avant même d'ordonner ses lèvres de le faire. c'est un son fascinant quand il résonne pour la première fois dans les murs froids d'une ruche blanchâtre. puis elle secoue la tête, le sourire se transformant en un rictus moqueur. « que tu dises oui ou non, j'y allais, hein. » puis petit regard vers lui, tête penchée. « je t'ai proposé de venir par pure politesse. » et un clin d'oeil, avant qu'elle ne continue sa marche légère.

elle ne sait pas bien ce qu'ils pourraient trouver, autre que des draps blancs. mais il y a toujours une possibilité, l'infime chance que quelque chose arrive et leur dévoile un secret. elle ne s'attend pas à grand-chose, 157. au mieux, ils auront fait un détour et au pire, ils seront punis par les dieux pour avoir manqué au règlement. mais ce n'est pas vraiment ça qui l'arrêtera de faire ce dont elle a envie: au contraire.
« quoi, tu veux dire qu’on se retrouve coincés ? ça t’est déjà arrivé ? comment t'es sortie de là ? j'pense que y'a un détecteur, pour s'ouvrir et se fermer au bon moment, théoriquement. » la gamine se tourne vers lui, deux grands yeux tournés vers les siens, le même sourire moqueur et sourcil haussé que quelques secondes plus tôt alors que sa tête, doucement, se penche sur la droite. « j'ai dit, une vie passée. c'est possible que, théoriquement, ce soit arrivé. du coup, je suppose que ce n'était pas cool. » puis elle soupire un peu dramatiquement. « faut suivre le délire, chochotte. » et avec ça, un sourire frappant. presque aussi violent que sa poigne.

son stress à elle, il est plutôt minime: 157, elle a vite compris que rien ne l'effraie trop. ni les mots méchants, ni les cris acides, ni les pleurs désespérés. elle a cherché dans sa mémoire mais aucun traumatisme ne vient. aucune preuve de sa faiblesse, donc.
pour en venir au fait, la gosse, elle n'a peur de rien.

la seule chose qui la fait trembler, peut-être, c'est d'être dans le blanc. de disparaître dans les murs et d'être aspirée par le silence. elle se dit qu'elle a encore une chance tant qu'elle est en vie. mais qu'est-ce qu'il adviendra de cette chance si la ruche la dévore, morceau par morceau? ils lui ont volé tout ce qu'elle était, tout ce qu'elle ne sera jamais. ils lui ont volé des chances, des tonnes et des tonnes de chances et rien, jamais, ne les lui rendra.
imaginez s'ils essayaient de lui voler sa raison, son corps.
imaginez si elle n'était plus rien du tout que du blanc,
du silence
et du vide.

elle laisse 315  faire ce qu'il fait de mieux: après s'être avancé vers la porte en ayant réclamé un peu sauvagement le silence, il regarde à droite et à gauche que personne ne vienne ruiner leur source d'amusement. puis la porte s'ouvre et sa tête s'y engouffre. ce qui laisse largement le temps à 157 de s'approcher dans le plus grand des silences et de se placer dans son dos pour regarder à son tour dans les appartements. il n'y, à première vue, rien de magique dans le coin. ce qui explique sans doute la grimace que 315 est en train de lui faire.
« mais je reste la sociopathe du groupe. », qu'elle répond sans trop savoir pourquoi: c'est du tac au tac. elle ne sait pas bien comment elle connait cette référence, ni même si elle a été le genre de personne à lire et regarder ce genre de choses.
mais le pire, peut-être, c'est le calme olympien frôlant l'effrayant avec lequel elle s'exprime alors que ses yeux clairs scannent la pièce. « on cherche quelque chose qui sort de l'ordinaire. un câble, une trappe, un objet qu'on est pas censé avoir. j'en sais rien. »
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MessageSujet: Re: ( H01-315 ) but innocence is gone and what was right is wrong.   ( H01-315 ) but innocence is gone and what was right is wrong. EmptyMer 11 Jan - 10:56

Le pas rapide, plus lourd que celui de ta coéquipière, t’as le pied qui claque et s’enfonce, le genou qui plie un peu, et si elle a l’air de voler au-dessus du sol, gracile et légère, toi tu rebondis violemment. T’as l’attitude du gars qui a le diable aux trousses, dans la manière dont ton corps se plie vers l’avant, dans le regard qui scrute et fouille à la recherche de la moindre turbulence. T’es prêt à filer, tout le temps, tu rentrerais tête la première dans un mur si tu pensais qu’il pourrait te servir de couverture.
Peut-être que t’as passé toute ta vie à courir, tu sais pas, mais tu sens l’urgence dans chacun de tes pas.
Elle est désinvolte et t’es à l’affût, elle attaquerait et toi tu te casserais. T’as pas besoin d’y réfléchir, à ça, ça te semble aussi évident que– ça te semble évident, c’est tout, c’est comme ça. Tu peux pas comparer, parce que t’as rien pour ça, mais tu sais que toi tu courrais et tu te retournerais pas. Pourtant t’es là, le palpitant qui s’agite et s’affole, les muscles tendus, t’es venu. « Que tu dises oui ou non, j'y allais, hein. Je t'ai proposé de venir par pure politesse. » Clin d’œil et rictus moqueur, tu te vois sur ses traits à elle et ça te plait pas. Ça devrait pas être comme ça. T’as l’orgueil trop grand pour toi, la fierté placée à tous les endroits où il faut pas et quand tu ris tu grinces surtout, son rauque qui gratte ta gorge et a du mal à trouver la sortie. C’est comme ça, quand on s’étouffe dans sa propre indignation ? « Tu m’as proposé parce que tu t’amuses mieux quand j’suis là, mens pas. » Puisqu’elle ne se décide pas à te lancer des fleurs, tu le fais toi-même, pas de problème. « Et j’suis venu parce que si ça tourne mal tu feras un bon bouclier. » Elle a des airs de chien de combat, 157. C’est ce que tu t’es dit la première fois qu’elle est venue vers toi, l’œil pétillant et l’aura nauséeuse. Quelque chose qui cloche chez celle-là, un truc qui est pas droit. T’aurais bien pu vouloir le remettre à l’endroit, mais t’as préféré la laisser comme ça ; sans doute que t’y as vu quelque chose qui te rappelait toi.
À la regarder maintenant, toutefois, s’élançant tranquillement, t’es moins sûr de toi. Par quel bout on te prend, toi ? T’es pas sûr de vouloir savoir (probable que personne en voudrait, du gamin à l’air trop chaleureux, aux notes dissonantes et à l’attitude provocante). Tu joues la même mélodie depuis que t’es arrivé mais t’as toujours l’impression que ça sonne faux, les partitions pas assez complètes et tu t’interprètes de travers, comme un con. Alors elle te parle de vie passée et c’est toute ta vie que tu vois défiler, la nouvelle, pas l’ancienne, parce que peut-être que t’as jamais existé. Remplies de rien, rien du tout, les visions omniprésentes, le vide et le néant, comme le blanc qui t’entoure et te bouffe tout entier. « Faut suivre le délire, chochotte. » T’as peur des portes qui te coincent, de l’intoxication alimentaire inévitable, du regard que tu croises le matin dans le miroir, des visages que t’observes tous les matins et soirs du sol qui pourrait t’engloutir à chaque instant de ce que tu sais et puis de ce que tu sais pas. Surtout, t’as peur de toi. « À ce rythme-là, j’peux aussi t’inventer des situations débiles parce que théoriquement c’est possible. J’peux dire que j’ai un jour gravi une montagne, ou que j’me suis battu en duel avec un ninja ou que j’suis le fils caché d’un empereur oublié. Et que c'était plutôt cool. Ça s’peut, right ? » Tu railles, plus irrité que tu voudrais l’être, parce que sa nonchalance t’agace et ses sourires encore plus.
Tu savais pas que tu pouvais détester le sourire de quelqu’un.
Mais si, tu peux. Tes lèvres s’étirent à leur tour, dévoilant tes dents, et t’es plus prêt à mordre qu’à rire. Ça se retourne, à l’intérieur, les tripes, et la pomme d’adam qui monte, descend. T’es presque surpris quand tu te rends compte que c’est de la colère, ce que tu ressens, t’as tellement pris l’habitude de l’ignorer depuis ton arrivée que tu l’avais oubliée.
T’aimes pas ça, le serpent logé au creux de ton estomac. Le sol qui s’ouvre sous tes pieds, c’est ça, sensation dérangeante et aura malfaisante qui t’oppresse, tu supportes mal tes propres sentiments et préfères les enfermer quelque part, là où ils peuvent pas te faire de mal.
T’es pas vraiment en colère pour ça, si ?
Non, t’es pas vraiment en colère.
Tu te le répètes religieusement en progressant dans le couloir, et peut-être que t’as toujours la rage sur le bout de la langue quand tu lèves la main pour demander le silence (qu’elle ferme sa gueule, un peu, la môme irritante), et peut-être qu’elle s’en va jamais vraiment, chaîne invisible, mais tu fais du mieux possible, qu’elle soit assez enfouie pour que tu puisses prétendre qu’elle n’existe pas.
La colère, c’est pas pour toi. Plus pour toi. Tu sais pas. Elle te met mal à l’aise, ça gratte dans ton crâne, sous ta peau, pulse sous la surface et tu veux pas savoir. T’es pas quelqu’un qui gueule. Si on met de côté ta voix qui a ricoché une deux trois quatre fois contre les murs blancs de ta chambre, le premier jour. Si on met de côté l’effort que ça te prend, de faire un sourire un peu plus grand, à chaque fois que t’as envie d’écraser le poing dans le miroir. T’es pas colérique, parce que t’as décidé que tu le serais pas. Pas plus compliqué que ça. Et, une fois à l’intérieur, tes yeux détaillant les lieux, t’es plutôt convaincu (quant à savoir si t’es convaincant, y’a un pas). « Mais je reste la sociopathe du groupe. » Aussi surpris de ta référence que de sa réponse, elle a compris, t’y aurais pas cru. Tu réponds sans tarder, à la Watson usurpant ton trouble de la personnalité. « D’où ton statut de garde du corps et bouclier, suis un peu. » Cinq ans et toutes tes foutues dents, la rancune tenace derrière la façade dégagée, tu te détournes pour pas la voir sourire encore une fois ; pas sûr de pouvoir répondre de toi, si c’était le cas. T’avances dans la pièce, l’oreille toujours tendue, au cas où, tandis qu’elle te parle de trappe, de câble et d’utopies auxquelles toi aussi tu voudrais croire. « Parce que ça va être aussi simple que ça, la première porte qu’on ouvre et la sortie juste en face de nous. Fais gaffe aux dalles blanches, p’tête que la trappe est juste en dessous de toi. » T’erres un peu, tes doigts frôlant le mobilier et ton regard se posant partout. Tu te moques mais t’espères quand même, au fond, et t’en es presque à imaginer ce que tu ferais en premier, une fois dehors, si dehors est toujours là, s’il l’a un jour été, et si toi t’es bien là.
« RAS. » Une fois que t’as fait le tour, trois petites lettres qui tombent et s’échappent avant même que t’aies pu en saisir le sens. Meh. La porte d’une des chambres s’ouvre devant toi, et tu t’y glisses sans plus tarder, persuadé que ce serait là que t’aurais des informations à récolter. Le lit est fait, bien tiré et de la même couleur éclatante que tout le reste. Pièce tout aussi impersonnelle que la dernière, tout aussi impersonnelle que la tienne. Sur l’oreiller, cependant, un carnet juste comme ceux que tu trouves dans la salle commune. Pas le trésor auquel tu t’attendais, mais c’est déjà ça. Tu t’en empares et l’ouvres sans un mot, pas partageur ou simplement pas confiant, et souris tout seul en voyant une écriture serrée parcourir les pages autrefois vierges. « Je me souviens des roses rouges, du visage de papa, de l’odeur du chocolat. » Tu lis à haute voix, maintenant, affalé sur le lit comme si t’étais chez toi. Théoriquement, vu qu’il est question de ça, ça pourrait être le cas. « Hé, 157, il nous faut des carnets. Genre. Beaucoup de carnets. » Si vous trouvez rien par vous-mêmes, y’a plus qu’à se servir dans les indices éparpillés par les autres habitants, non ? Plutôt certain que te servir, tu sais faire.
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MessageSujet: Re: ( H01-315 ) but innocence is gone and what was right is wrong.   ( H01-315 ) but innocence is gone and what was right is wrong. EmptyDim 29 Jan - 16:00

315, il a le pas des fuyards. c'est une impression qui lui mord la peau, un peu fort: le long de sa colonne, qui remonte à sa mâchoire, glisse à son oreille. le son d'une cloche divine. pas une illumination, non,
une intuition.
le genre qu'on évite pas: 315, il a le pas des fuyards. il transpire la rapidité des gens qui courent à l'envers, qui courent de l'autre côté du danger. elle ne sait pas bien comme les gens comme ça peuvent avoir leur propre pas, leur propre façon de se déplacer, mais elle se dit que si on est prêt à courir au moindre souffle contre sa nuque, c'est peut-être parce qu'on est terrifié. et les gens qui ont peur, ils puent une odeur indolore, ils disparaissent comme des fantômes, tellement fort et tellement mal qu'on sait qu'ils ont peur. ils sont plus livides que le monstre qui les effraie. elle se dit que si la peur se voit, alors la lâcheté aussi. qu'importe qu'on ait oublié sa vie: c'est le genre de choses qui a des griffes. le monstre silencieux qui attend patiemment son heure. et qui griffe, qui accroche, qui blesse, qui tue parfois.
elle se demande si elle est déjà morte de la lâcheté d'un autre. faut bien que ce soit le cas, pour qu'elle haïsse la démarche de 315 à ce point. il faut que quelqu'un, quelque part, ait été son ami. il faut que quelqu'un, quelque part, lui ait planté un couteau dans le dos.
elle espère seulement que le couteau, elle l'a replanté elle aussi. comme une graine. dont des dizaines de fleurs auraient émergé. un joli couteau ensanglanté entre les deux yeux du fuyard qui aurait dû rester.

« tu m’as proposé parce que tu t’amuses mieux quand j’suis là, mens pas. » et c'est loin d'être faux: 157, elle aime la compagnie. surtout celle de 315. parce qu'il ne lui demande rien. pas plus que les autres en tout cas. il ne croit pas en l'absolution. il croit à peine en la ruche. en eux. il se pense dans un autre monde. un monde merdique et blanc et immaculé. un monde où ils n'existent qu'à moitié. elle aime bien ça, 157. ça égaie ses journées merdiques, blanches, immaculées. ça donne de la couleur là où il n'y a qu'une folie pâle. il comprend qu'elle a besoin de bouger, d'avancer. il ne comprend pas tout ce qu'elle fait, 157, tout ce qu'elle dit. mais ils ont rapidement appris à se tourner autour sans se gêner. c'était facile, brut, naturel.
comme s'ils l'avaient déjà fait, avant, rien qu'une fois.
« si tu le dis, 315. » « et j’suis venu parce que si ça tourne mal tu feras un bon bouclier. » ça, par contre, ça lui arrache un sourire. elle ne se voile pas la face: elle sait qu'elle est bonne à ça. donner, rendre les coups. prendre la douleur et en faire tout un art. elle a essayé, déjà. de se faire mal. contorsions, coups, égratignures et autres joyeusetés. il n'y a rien qui fait: elle prend la douleur comme une vieille amie et elle en joue. elle sait qu'elle a pas l'air du monstre qu'elle est. mais elle le sent, sous sa peau, qui vibre. la créature qui attend juste le coup d'éclat. elle sait que certains l'aperçoivent parfois, dans un jeu de lumière, au coin d'un couloir. elle sait que certains l'évitent, parce qu'elle a les dents pointues et le sourire morbide. elle sait que d'autres sont sympas, parce qu'ils savent que si ça tourne mal, 157 elle aurait les poings levés et personne veut se prendre un coup d'une gamine étrangement surentraînée. « j'aurais été déçue du contraire, de toute façon. » un haussement d'épaules. rien de plus.

« à ce rythme-là, j’peux aussi t’inventer des situations débiles parce que théoriquement c’est possible. J’peux dire que j’ai un jour gravi une montagne, ou que j’me suis battu en duel avec un ninja ou que j’suis le fils caché d’un empereur oublié. Et que c'était plutôt cool. Ça s’peut, right ? » le rire revient, délicat, violent. il ne tourne pas rond et ne va pas droit. quelque chose cloche dans le son moqueur. elle est amusée et elle sourit: elle penche la tête en le fixant. parce que 157, c'est le genre de gamine qui se fiche de tout et ne s'intéresse à rien. mais elle est curieuse et elle est intense. ce n'est pas le genre à faire les choses à moitié. ça se voit à sa façon de parler : elle a son corps tout entier tourné vers lui, ses yeux qui accrochent les siens sans les lâcher. la même expression qui ne lâche jamais ses traits. « votre majesté, bien que je ne doute point de votre ascencion fulgurante de la montagne, j'ai quelques doutes pour le combat avec un ninja. » et la phrase reste suspendue dans l'air alors qu'elle fait quelques pas, venant approcher son visage tout prêt de son oreille pour y chuchoter quelques mots de la même voix moqueuse. le même sourire goguenard. « si ça avait été le cas, il t'aurait brisé. t'as plus l'air d'être du genre caméléon. » puis elle s'éloigne pour reprendre l'observation, avant d'hausser les épaules. « si ça se trouve, t'étais un espion. t'aurais peut-être dû t'appeler 007. » et la référence naturelle dont elle ne se rappelle qu'à moitié. d'où est-ce qu'elle la sort, celle-là?

157, elle aime agacer 315. c'est un jeu auquel elle est plutôt bonne. il ne supporte pas son attitude nonchalante de je-m'en-foutiste et il a vite une overdose de ses sourires et son attitude barrée. elle est souvent à côté de la plaque, avec une bonne dose d'inexactitude. de trucs qui ne collent pas ou qu'à moitié qui a tendance à déraper. 315, il peut sentir le mot danger dans l'attitude qu'elle renvoie, l'aura rougeâtre et brûlante qui l'entoure. il sait qu'il vaut mieux s'en tenir éloigner mais il y arrive pas, tout comme 157 sait que 315 finira par courir pour s'échapper et qu'elle aura déjà les ongles sur ses mollets avant qu'il n'ait essayé.
ils sont des funambules, tout deux les mains l'un sur l'autre, priant pour que le premier qui tombe ne soit pas eux, pour qu'ils puissent lâcher dans le vide le malchanceux.
mais si vous demandez à 157, elle trouvera ça plutôt sympa. d'une voix tranquille et posée, elle vous dira juste que ça rend l'aventure plus excitante.

« parce que ça va être aussi simple que ça, la première porte qu’on ouvre et la sortie juste en face de nous. Fais gaffe aux dalles blanches, p’tête que la trappe est juste en dessous de toi. » elle s'arrête, le dos contre le mur blanc, les bras croisés sur la poitrine, l'air étonné. « t'es vraiment fâché, watson? pour si peu? » et elle n'a pas l'air d'y croire. c'est juste pour retourner le couteau dans la plaie. pour le voir fulminer. puis après un instant, elle lève les mains vers le ciel, l'air innocent, en soufflant simplement : « j'essaie juste d'aider. » puis elle repart chercher, fouillant les quelques pièces avec une attention tout particulière. ses doigts appuient sur les murs, ses yeux fixent le mobilier, ses jambes s'enfoncent dans le sol. mais rien n'est assez intéressant pour qu'elle réagisse ou ne s'exclame alors plus rapidement que prévu, elle se retrouve à se brosser les cheveux avec le peigne d'un autre dans la salle de bain d'une abeille inconnue. c'est en pleine tâche qu'elle entend la voix de 315 qui parle de chocolat et de roses rouges.

mais maintenant qu'elle a commencé, elle n'a pas envie d'arrêter. alors c'est en produisant les même mouvements lents et mesurés dans sa crinière qu'elle s'approche de la chambre où il se trouve pour l'entendre faire une proposition. puis elle hoche la tête, après y avoir réfléchi un instant. « on vole les informations des autres à défaut d'en trouver par nous-même. » puis petit sourire fier pour son acolyte. « il y a autre chose, sur ce carnet? » moment de réflexion, sourire haussé. elle se laisse tomber sur le lit, l'air un peu plus sérieux que d'habitude. « dis, 315, tu te souviens de quelque chose, toi? »
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