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 Another One Bites the Dust || F01-925

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Nicola De Santis
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MessageSujet: Another One Bites the Dust || F01-925   Another One Bites the Dust || F01-925 EmptyJeu 2 Fév - 15:48

Colère et frustration ne sont que le cadet de tes soucis en ce moment. Toi qui a simplement posé le pied dans la pièce sans accorder la moindre once d'attention à qui que ce soit. Toi qui t'es approprié les altères comme ta possession pour rageusement les soulever et les déplacer plus loin. Te trouver un coin de pièce tranquille pour décompresser, c'est de ça dont tu as besoin. Tu as besoin de te vider l'esprit. Tu as besoin de penser à tout sauf à ça. Tout ça. Tout ce qui s'est précipité dans ta tête dès que tu as prononcé ce si minime mot qui t'as échappé. Un mot bien simple, bien inoffensif à première vue. Un mot pourtant lourd de sous-entendus que tu n'étais pas prêt à affronter. Pas encore. Toi qui t'efforçait de repousser toute chose susceptible de te rappeler le moindre détail de ton passé. Tu t'es simplement laissé annihiler par le flot du moment qui t'a fait prisonnier. Le flot qui a noyé ton esprit dans une marre de sang que tu n'as pas demandé. Comment est-ce qu'on pourrait demander à avoir... ça? Peut importe ce que c'est ça. Toi qui croyais bien t'en tirer, commencer à t'acclimaté, tu t'es retrouvé devant le fait accompli. Tu t'es retrouvé coincé contre un mur sans savoir comment t'en séparer. Tout ce que tu voulais c'est vivre ta petite existence en paix ici. Manipuler quelques personnes pour arriver à tes fins. Écraser la concurrence pour ne plus avoir à te soucier de qui ou quoi que ce soit. Tu aspirais simplement te tailler ton petit confort et en profiter au maximum sans te soucier de ce que tu as pu être ou ce que tu as pu faire. Puis ça t'as frappé comme un coup de poing en pleine gueule. Comme une lame qui s'enfonce un millimètre à la fois dans ta chaire trop tendre et naïve. Tout se passait trop bien et toi tu étais trop confiant. Un sentiment qui te semble familier. Avoir une confiance démesurée en ta personne et tes capacités. Refuser de croire que tu as pu faire quoi que ce soit de mal. Refuser de croire que tout pourrait être ta faute.

Ça t'enrage et tu vois rouge. Le rouge de la colère qui s'écoule en chaque once de ton corps s'acharnant à soulever les altères malgré la douleur cuisante qui te scie les muscles. Tu en as besoin. Tu as besoin d'avoir mal. Mal à un tel point que tu n'arriveras à penser à rien d'autre que ça. Souffrir pour oublier. Il le faut. Tu as besoin de vider ta tête et ton esprit pour faire le point. Tu as besoin d'évacuer le trop plein d'émotions pour te ressaisir parce que tu aimerais croire que tout va bien, mais ce n'est pas le cas. Ça ne le sera pas tant que tu n'auras pas réussi à accepter tout ça. Tant que tu n'accepteras pas qu'il y a plus fort que toi et que toi tu n'es qu'un de ces sous-fifres que tu espérais tant avoir à tes pieds pour te la couler douce. Il faut accepter ça bien avant que tes nerfs te lâchent comme le font tes muscles bien trop tendus pour tout ça. Tes muscles qui ne supporte plus l'effort trop intense que tu leur imposes. Tu poses les altères au sol et appui ton dos contre le mur pour te laisser glisser jusqu'au sol. Tes mains se portent à ton chandail que tu retires pour t'essuyer le visage alors que tu essaies de reprendre ton souffle. Ton souffle qui s'est bien davantage emporté sous le coup de la colère que celui de l'effort. « Bordel... »

Tu marmonnes pour toi-même en t'essuyant de nouveau le visage, puis le cou, avant de poser ton chandail près de toi. Tes yeux se ferment alors que tu expires doucement. Tu appuis ta tête contre le mur et te frotte mécaniquement un bras. Un bras douloureux. Un bras qui te fait souffrir et ça te fait sourire. L'espace d'un bref moment tu ne penses qu'à ça. Foutue douleur qui aura raison de toi. La tête que tu vas te payer demain lorsque tu vas avoir du mal à bouger. La paix. Trente secondes, une minutes... Ça ne t'importe pas. Juste ça, ce moment, ça te fait du bien. Tu te sens soudainement vide et sans doute un peu con. Tu sens surtout que tu vas devoir arrêter d'agir comme un gamin et assumer ta vie. Si tu ne peux pas l'éviter ou t'en débarrasser il faudra apprendre à vivre avec. Avec tout ce qu'elle implique. « Ce merdier... c'est pas possible... »

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MessageSujet: Re: Another One Bites the Dust || F01-925   Another One Bites the Dust || F01-925 EmptyVen 3 Fév - 12:49

Another One Bite The Dust
9  &  925
« [...] We lost our way, took this too far. Now I'll never find the pieces of my heart, we've lost enough looking for a truth that was here all along… »

 
Elle quittait le réfectoire, satisfaite d’en avoir découvert un peu plus sur elle-même, mais dans cette crainte naissante d’avoir transgressé les règles. Ce 010 en question, méritai-t-il vraiment qu’elle se mette elle-même en danger ? Elle ne le connaissait pas, et très franchement il ne lui avait guère fait bonne impression. Quoi qu’il puisse en advenir, c’était fait et elle doutait clairement que ça passerait inaperçu. Le cerveau de cet endroit troublant semblait avoir les yeux rivés absolument partout, à chaque instant, demeurant pour autant invisible. Qui étaient les détenteurs de notre liberté et nos souvenirs ? La blonde s’abandonnait à quelques interrogations quand l’ascenseur dans une légère secousse s’ouvre  sur le niveau cinq : la salle de sport.

 Elle s’avance, penche la tête au travers des portes et découvre une salle toujours à l’égale de toutes les autres : lumineuse, aveuglante. Se délectant étrangement de l’odeur de l'épuisement, la force, la hargne et du courage des abeilles mêlée à celle des produits d’entretien, elle sourit. Elle n’avait peut-être aucun souvenir, mais elle était persuadée de n’avoir jamais pu un jour apprécier un tel parfum. Ici, il lui donnait une sensation de vie au beau milieu de cette immense boîte hermétique, close en toute part aux beautés du monde extérieur. Pressée par l’ascenseur qui tente de se refermer sur elle, 925 fini par entrer dans la salle. Il était 21h05, en sens inverse elle croisait des visages inconnus qui prenaient la direction des chambres guettant l’heure du couvre feu qui approchait.

 Comme si les magnificences d’un musée se dressait devant elle, l’abeille progressait habillement au milieu des machines, laissant glisser ses doigts autour d’elle, comme fasciné par l’instant. Lentement une sensation de bien-être grimpait en elle à mesure qu’elle avançait ; se laissant aller dans la douceur de ses émotions et son bien-être inapproprié au contexte, elle se réjouissait de voir la fin de cette première journée cauchemardesque approcher.
« Ce merdier... c'est pas possible... » Surprise dans sa ballade par la voix de cet inconnu brisant le silence entreprenant de la pièce qui s’était vidée à vue d’œil, 925 se stoppe net. Elle fait un tour sur elle-même à la recherche de la source des jurons, quand ses deux grosses billes bleues s’arrêtent à la rencontre d’un visage qui semble lui frapper en plein cœur.  

 La sol tremble sous ses pieds, l’atmosphère change, le temps semble se suspendre brutalement, l’immaculé se fond dans les ténèbres d’un noir intense quand soudainement une explosion de lumière vient la heurter. Elle est ailleurs. Le monde semble tourner à toute vitesse autour d’elle, des éclats de rire s’envolent et se brisent dans les airs en écho à une mélodie qu’elle reconnaît sur l’instant. Une secousse. Elle est là. Toujours assise jouant au piano, je la vois de dos, elle décompose méticuleusement chaque note de la partition sans relâche. Des pas résonnent. Debout, à côté d’elle, dressée auprès de l’enfant, bienveillante, à peine discernable l’ombre d’une femme. 925 tend la main, tente d’embrocher le pas vers la scène qui se déroule dans son propre esprit, quand elle est de nouveau frappée par une puissante explosion lumineuse.

 Retrouvant ses esprits comme à la redescente d’une forte pression, elle retrouve la réalité : l’enfer blanc. Qu'est-ce que ça pouvait encore signifier ? Elle s'égarait à nouveau un peu plus dans le bilan de son potentiel passé. Elle n'avait pas encore passé une journée entière ici qu'elle s'était déjà mentalement dressé une lourde liste des questions sans réponses qu'elle se devait absolument de résoudre.
Le regard toujours rivé vers l’inconnu. Machinalement elle s’avance vers lui, ralentie par le songe de sa vision, vision qui n'était qu'un complément du flash qu'elle avait déjà eu plus tôt dans la journée dans la salle commune. Le puzzle se complétait lentement.

925 troublée allait sans un mot s’assoie à côté du jeune homme, torse nu, en sueur, visiblement contrarié, tourmenté au premier coup d’œil.
Sans gène, ou naturellement, elle s’installa adossée au mur, à coté de lui. Elle joint ses mains sur ses genoux qu’elle ferme sur sa poitrine, recroquevillée sur elle même. Elle l’observe, silencieuse. Un long silence. Elle ne dit rien.
Ses yeux se détachent enfin de l’inconnu pour fixer le vide. Une nouvelle fois victime d’un naturel incontrôlable elle donne un coup de coude au jeune homme, lui adressant un sourire timide . « Dure journée ? »
Concrètement, à la seconde même ou elle venait d’agir, 925 avait regretté. Prise de conscience. Elle se redresse. «  Enfin, j’imagine que ça ne me regarde pas…» Elle rougit, embarrassée. «  Je, moi.. je suis 925… » Elle marque l’arrêt et sourit, face à cette absurdité, forcée d’en convenir.
« Apparemment… »
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MessageSujet: Re: Another One Bites the Dust || F01-925   Another One Bites the Dust || F01-925 EmptyDim 5 Fév - 16:55

Assis au sol, les yeux fermés, tu respires. Tu attends que la douleur se calme. La douleur de ton esprit malmené. La douleur de ton cœur en sharpie. Tu te concentre sur la douleur de tes bras que tu veux plus forte, plus puissante. Ce merdier, c'est la seule chose à laquelle tu arrives à penser. Les souvenirs qui se sont précipités, qui t'ont assaillit sans ménagement. Les souvenirs que tu ne voulais pas, que tu ne veux toujours pas. Pourtant ils sont là. Ils dansent sur tes paupières closes, ils résonnent dans ta tête. Tu revois les mains ensanglantés qui se sont présenté à ton esprit. Ce que tu supposes être tes mains même si c'est elle qui parlait de punition. C'est elle qui a parlé de trahison. Elle que tu as tout naturellement appelé Boss. Elle qui t'a tout naturellement appelé Nic. Ta respiration saccadée se coince. Nic. Tu secoues la tête pour chasser tout ça. Trop d'espoir pour trop peu de résultats. Tes doigts se portent toujours si naturellement à ton index comme pour y faire tourner une bague qui n'est pas là alors que tu sens un bref courant d'air te frôler le bras. Un geste que tu as nerveusement fait lorsque tu parlais à la Boss. Un geste que tu ne contrôle pas. Chasser le naturel et il revient au galop. C'est ce qu'on dit. Fuyez le naturel et il fera de votre vie un enfer de doutes. C'est ce que tu penses. À trop vouloir échapper à ton passé, trop vouloir essayer de ne pas te rappeler, tu précipites les choses. Tu en es certain. Ta tête se joue de toi de la plus sadique des façons. Elle aspire plus que tout te faire souffrir, te faire trembler de terreur comme tu as brièvement tremblé devant le Boss. Elle veut te faire comprendre que peu importe ce que tu feras c'est elle qui est maître de ton destin. C'est elle qui décidera si oui ou non tu te souviendras. Les souvenirs douloureux. Les souvenirs heureux. Tout de toi que tu voudrais juste repousser d'un geste de la main.

Ta main qui se porte à tes cheveux avant de se stopper net lorsque tu sens ce trop bref contact contre ton bras. Lorsque tu entends cette voix qui te fait frisonner. « Dure journée ? » Tu ouvres les yeux pour constater que quelqu'un s'est assis à côté de toi. Une présence que tu n'avais pas remarqué tant tu étais absorbé par tes pensées. Tu observes la femme qui semble trop vite regretter ses paroles. «  Enfin, j’imagine que ça ne me regarde pas…» La femme qui rougit et qui semble chercher ses mots alors que toi tu souris. « Je, moi.. je suis 925… » Tu souris de la voir si embarrassée. Pas pour te moquer d'elle. Simplement parce qu'une part de toi trouve sans doute la chose... mignonne? « Apparemment… » Ton premier réflexe aurait été de dire qu'apparemment tu as un nom. Un vrai nom. Pourtant tu te retiens. Tu ne te sens pas encore prêt pour ça. Pas encore suffisamment prêt à accepter que tu n'es plus neuf comme tu l'as été depuis ton réveil. Alors c'est ce que tu lui dis. C'est ce qui te rend le plus à l'aise. « Moi c'est neuf. T'en fait pas on s'y fait. » Tu aurais pu la repousser, lui signifier que tu as besoin de temps pour toi parce que tu essaies d'accuser le choc d'informations que tu ne voulais pas. Tu aurais simplement pu te lever et partir. Tu ne l'as pas fait. Tu ne saurais dire pourquoi. Peut-être parce qu'un contact qui ne te semble à première vue pas familier te fait du bien. Peut-être parce qu'il y a quelque chose à propos d'elle qui te fait du bien.

« Ça te regarde probablement pas non... mais on cherche de la distraction où on peut ici. » Et sur ce point tu en savais quelque chose. Si tu n'étais pas de ceux à systématiquement aller parler à tout le monde pour passer le temps, tu avais assurément trouver une utilité appréciable chez tes semblables. Une utilité qui te fait sourire un peu plus à cette simple pensée. « Ça serait probablement dures journées au pluriel dans mon cas. Vaut mieux que je t'embête pas avec tout ça. » Tu soupires et te gratte la nuque avec difficulté au vue de la douleur lancinante se répandant dans tes bras. Une douleur qui ne t'empêche pas de froncer les sourcils alors que tu la détailles du regard. « Je t'ai jamais croisé je crois. T'es ici depuis longtemps? » Pas que tu puisses te vanter de connaître tout le monde dans cet asile de fous, mais tu avais tout de même croisé une majorité de personnes. Surtout lorsque tu cherchais si activement des sous-fifres à faire manger au creux de ta main. Instinct manipulateur qui avait tôt fait de se faire partiellement calmer par la Boss.

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MessageSujet: Re: Another One Bites the Dust || F01-925   Another One Bites the Dust || F01-925 EmptyMar 7 Fév - 16:17

Que signifiait ce songe ? Qui était donc cette enfant qui avait hantée l’esprit de 925 toute la journée pour finalement réapparaître maintenant ? La scène fût exactement la même au détail près de cette silhouette de femme dressée au dessus des boucles blondes, baignées toutes deux dans une lumière douce et réconfortante. L’ombre semble chaleureuse, bienveillante. Et le trou noir. La réalité se dessine à nouveau sous ses pieds, ramenant les songes et les rêveries en état de considération. De mystères en énigmes, la nuit allait sans doutes être parsemée d’interrogations, mouvementée, courte, fatigante. Si bien qu’elle appréhendait le couvre feu imminent.

Ce visage lui était inconnu et réconfortant à la fois, ses yeux pleins de malice éveillaient en elle un tas de vibrations positives la conduisant dans cet état second une nouvelle fois. Cette sensation de chaleur stimulante, une vague de plénitude dans laquelle elle plongeait allègrement en immersion, se laissant porter par le courant d’une atmosphère familière et apaisante. Il se présentait, lui, c’était Neuf. Il portait lui aussi  une série de chiffres en guise de pseudonyme. Un sentiment de compassion vint noyer l’océan azur de la blonde au visage de poupée pendant qu’il poursuivait. Il avait de petits yeux bruns qui réfléchissaient une lumière pleine d’entrain pourtant ses pupilles semblaient brisées en des fragments de tristesse de rage et de désolation. Ses traits étaient fins, il avait l’air d’avoir été tracé à main levée par les dieux, la simplicité de ses courbes, nettes, franches arrondie et rebondies  venaient former entre elles le visage à la fois morose et malicieux de Neuf.

Semblant souffrir de jours pénibles il ne s’attardait guère sur la question,  se saisissant rapidement de l’occasion pour faire changer de direction la conversation. Il ne la connaissait pas. Elle ne se connaissait pas elle-même. Cette pensée lui arrachait un sourire timide.
« Je suis arrivée aujourd’hui.  » Elle semblait vouloir poursuivre mais elle s’arrête un instant. Des rires dans les airs. Elle tourne la tête de droite à gauche, de gauche à droite. Rien. La salle s’est vidée. Les rires persistent, effacés dans l’air, résonnant dans le vent. Est-ce une femme ? Un enfant ? Ce n’est pas un homme. Elle en est certaine. Le son s’intensifie quand un lourd bourdonnement violent lui assaille les tympans. La douleur ne se résume qu’à un millième de seconde. Elle grimace puis relève les yeux vers Neuf. « Je crois que j’ai encore un peu de mal à m’habituer au décalage horaire… » Elle sourit. Quelle ironie. Elle ne savait même pas d’où elle venait. « Tu es là depuis combien de temps ?  »

Ces rires étaient-ils le fruit d’un délire quelconque ? En réalité la blonde n’était plus du tout sûre d’elle-même en cet instant. Peut-être la fatigue et les émotions lui donnaient des hallucinations ? Avait-elle été droguée ? Le passé refaisait-il surface ? Trop d’interrogations, peu de réponses et personne à interroger. Il y avait bien cette fille, 42 qui l’avait accueillit mais malheureusement malgré la sympathie qu’elle s’était vu naître à son égard, l’abeille en question ne faisait que réconforter la théorie sur l’asile psychiatrique. Pourtant elle n’avait pas l’impression d’être folle, ni même de l’être devenue. Elle se sentait comme toujours elle avait pu être, elle se sentait à sa place, dans le bon corps, en phase avec son enveloppe, mais il lui manquait quelque chose.

Ce quelque chose c’était une vie, des émotions, de la joie, de la tristesse, des souvenirs, un passé, des proches, des paysages…Un tas de choses qui devait constituer un univers, le sien. Il lui manquait le scripte de sa vie. Elle se sentait comme une coquille pleine de vide, portant sur elle le poids de l’absence.
Intérieurement elle se gifle, il faut se ressaisir, même pas vingt quatre heures dans l’enfer blanc que la mélancolie et la nostalgie d’une vie perdue avait pris possession de son esprit. Elle se savait malgré tout combattante, courageuse, maligne et fière. Elle se l’était découvert récemment à la cafétéria. La peur ne l’avait pas emportée sur la situation, elle avait su s’en tirer la tête haute. Elle ne pouvait définitivement pas se laisser abattre. Elle pose les yeux sur le visage transpirant de Neuf et sourit.« J’aimerai bien avoir quelque chose à te raconter. » Elle hausse les épaules. « Tu crois qu’on a un jour imaginé à quel point c’est… frustrant d’être, une feuille blanche ? »

Déboussolée et tristement à court de conversation, 925 entrait petit à petit dans l’acceptation, elle pouvait ressentir un peu plus clairement ses émotions concernant la situation. Elle avait besoin de les exprimer. Peut-être n’était-ce pas vraiment ni l’endroit ni le moment, mais elle était tombée sur lui, et sans trop savoir pourquoi, elle était venue s’asseoir là, comme si il ne lui était pas vraiment inconnu. Elle  ne pouvait pas en témoigner, elle n’y pensait même pas. Pourtant elle s’était comportée comme tel.
« Désolée, c’est un peu étrange comme remarque. Je m’sens maladroite.»Elle baisse le menton. Gênée, resserrant ses jambes sur sa poitrine. Les sensations allaient et venaient. Elle se sentait comme une machine en cours de programmation. Les informations, insaisissables, surgissaient et disparaissaient dans une mouvance incontrôlable, pendant qu'elle subissait, et agissait, en conséquence.
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MessageSujet: Re: Another One Bites the Dust || F01-925   Another One Bites the Dust || F01-925 EmptyLun 13 Fév - 16:55

Tu l'observes sourire timidement et tu te surprends à te sentir bien trop calme soudainement. Comme si quelque chose chez elle arrivait à calmer la tempête qui gronde dans ton esprit. Comme si sa simple présence suffisait à t’apaiser et tu as vraiment du mal à te l'expliquer. Pas que tu sois de ceux qui semblent exploser aisément, mais tu te sais à cran depuis quelques jours. Tu te sais plus enclin à déraper parce que tu es fatigué. Tu es complètement épuisé autant moralement que physiquement à passer toute ton énergie à penser. Plutôt passer toute ton énergie à essayer de ne pas penser. Essayer de trouver comment reprendre le contrôle de la situation sans simplement t'écrouler sous la pression des derniers jours. Tu sais que c'est précisément ce qui te fait défaut en ce moment. Le contrôle. L'absence totale de contrôle que tu peux avoir sur le flot des images qui se sont imposées comme l'inconnue a imposée sa présence sans réellement demander. Ça ne te dérange pas. Ça aurait pu être le cas, mais ça ne l'est pas. Tu aurais simplement envie de lui prendre la main et jouer de ses doigts comme tu joues machinalement des tiens. D'appuyer ta tête contre son épaule et te laisser sombrer ne serait-ce que quelques secondes pour ne penser à rien. Il te manque ce néant. Cette absence totale d'informations que tu pouvais simplement modeler à ta guise. « Je suis arrivée aujourd’hui. » La chance. C'est ce que tu penses sur le coup, même si au fond tu n'en sais rien. Personne ne le sais vraiment ce qu'il y a dehors. Ce qu'il y avait avant ça pour mener ici. « Bienvenue dans ça alors. C'est difficile de décrire ça autrement. »

Tu l'observes tourner la tête de droite à gauche, relevant les yeux pour tenter de voir ce qu'elle fixe. Tu ne vois rien. Rien du tout. En fait tu vois que la salle s'est vidée. C'est ce qu'elle observait? « Je crois que j’ai encore un peu de mal à m’habituer au décalage horaire… » Tu reportes ton regard sur elle en souriant. « Ça aussi tu verras on s'habitue. Au moins on peut dormir en paix. Les logements sont verrouillés la nuit alors suffit d'avoir de bons colocs. » Puis réalisant que tes paroles pourraient en un sens être effrayantes tu ajoutes... « Enfin t'en fait pas. Les gens sont relativement sympas et ceux qui sont grognons s'enferment calmement le soir. Ça ira. » Tu lui donnes un petit coup de coude amical. Du moins que tu espères relativement amical. C'est tout de même étonnant comme tu te sens calme soudainement. Peut-être est-ce parce que c'est une fille et que ça ne te semble simplement pas concevable de passer tes nerfs sur elle. Peut-être. « Tu es là depuis combien de temps ? » Tu lèves les yeux aux ciel en essayant de compter, de te rappeler. « Hum... Je sais pas exactement en fait. Je dirais peut-être deux semaines. Je crois. Ça semble être une éternité... » Tu prends ton chandail près de toi pour t'essuyer le visage avant de le reposer. « J’aimerai bien avoir quelque chose à te raconter. » Quelque chose à raconter... De ton côté tu ne manques pas de détails à expulser, mais tu n'arrives simplement pas à le faire. L'information se coince dans ta gorge, dans ta tête. Elle veut cesser d'exister. Elle ne veut pas même si tout tourne en boucle encore et encore pour te faire comprendre que ça c'est ta vie. Ça c'est toi. Nic...

« Tu crois qu’on a un jour imaginé à quel point c’est… frustrant d’être, une feuille blanche ? » Tu soupires et appui ta tête contre le mur pour fixer le plafond en continuant de jouer avec cette bague fantôme. « Désolée, c’est un peu étrange comme remarque. Je m’sens maladroite.» Tu souris simplement un peu à son commentaire en haussant les épaules. « T'en fait pas. On se connait pas après tout... On est tous des inconnus... » Tous ou presque. Tous jusqu'à ce que votre tête décide de changer la donne sans vous prévenir comme elle l'a fait avec la Boss pour toi. « Je sais pas si j'ai déjà imaginé ce que ça serait, mais je trouve ça tout sauf frustrant. C'est plutôt... libérateur... On peut être ce qu'on veut. Sans savoir si on était une bonne ou une mauvaise personne. Sans savoir si on a fait de bons trucs ou des horreurs. On peut simplement recommencer à zéro et user de nos tripes pour... sentir comment on devrait agir. » Chose que tu faisais à ton arrivé. Profiter de l'environnement. Profiter de la situation sans réellement te préoccuper davantage de tout ça. Chose que tu as fait jusqu'à ce que tu frappes le mur de plein fouet pour en arriver là. À cet état où tu as besoin de te faire du mal d'une façon que tu espères saine pour penser à autre chose. « Enfin... c'est mon avis... »

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MessageSujet: Re: Another One Bites the Dust || F01-925   Another One Bites the Dust || F01-925 EmptyMer 15 Fév - 6:05

Elle n’en savait rien. Pourtant elle voulait se souvenir, se rappeler, juste de quelques instants bêtes d’innocence, comme la sensation de la pluie qui ruisselle sur son visage, le vent qui vient caresser et emporter ses cheveux, l’odeur de la pelouse tondue, la sensation du soleil qui vient réchauffer la peau au bruit des vagues qui vont et qui viennent sur les côtes. Tant de choses insignifiantes dont elle pouvait prononcer les mots sans même pouvoir se remémorer les sensation, elle savait mais ne touchait  que du bout des doigts le souvenirs détaillés de ces petits riens d’autrefois qui pourraient être les trésors d’aujourd’hui.

C’était flou, un paysage sans traits, sans couleurs et sans saveurs, le néant dans une tornade d’émotions sujettes à l’absence. Comme si tout était là, retenue dans une boîte. Derrière des barreaux. A son égale. 925 n’avait pas le souvenir d’avoir un jour été dans une prison, ou retenue contre son gré et quand bien même  si cela avait pu être le cas elle n’en savait  rien de toute façon. Cependant elle traduisait sa situation au même titre que ses souvenirs : emprisonnés. Pourtant libre de se déplacer aux travers des niveaux accessibles comme bon lui semble aux heures dûment indiquées. Elle se sentait malgré tout prise au piège dans cet effroyable enfer de clarté. Un peu plus tôt dans la journée elle s’était laissée croire que 42 pouvait bien avoir raison au sujet de ce supposé Paradis qu’elle avait rapidement évoqué. En revanche si le paradis se révélait être  cet étrange endroit, alors l’Homme était bien loin du compte. L’abeille illuminée n’avait finalement pas traînée en conversation, elle avait dût s’effacer, laissant derrière elle un parfum de solitude qui pris la blonde d’empathie pour cette pauvre femme visiblement déboussolée. Elle ne savait pas vraiment où la trouver mais elle s’était promise de la recroiser, se remémorant son visage, comme si elle devait en faire son tout premier nouveau souvenir.

Si elle s’était elle-même convaincue de ne pas être uniquement entourée de personnes saines d’esprit, les propos de Neuf ne rassurait qu’à moitié la blonde. Il ne semble pas vouloir s’attarder sur la question du néant pendant qu’il joue machinalement avec l’invisible autour de l’un de ses doigts. Elle observe le jeu de ses mains quand enfin il revient sur la question : « Je sais pas si j'ai déjà imaginé ce que ça serait, mais je trouve ça tout sauf frustrant. C'est plutôt... libérateur... On peut être ce qu'on veut. Sans savoir si on était une bonne ou une mauvaise personne. Sans savoir si on a fait de bons trucs ou des horreurs. On peut simplement recommencer à zéro et user de nos tripes pour... sentir comment on devrait agir. » C’était là son avis, il ne manque pas de le préciser. Elle levait le menton et entrouvrait la bouche dans une courte inspiration, prête à prendre la parole quand quelques secondes, elle s’arrête.  Était-ce là ce qu’elle attendait ? Était-elle satisfaite de son sort ? Oublier était-il finalement une bénédiction ? Les dieux eux-mêmes nous offraient-ils la chance de tout recommencer ? Durant son silence, les questions fusaient de part et d’autre dans sa tête. Et si Neuf avait raison ? Peut-être avait-elle été une horrible personne dans le passé et aujourd’hui elle avait la chance de se racheter ? Elle secoue la tête. Non. « Que fais tu du reste ? Du passé justement ? Penses-tu qu’il mérite vraiment de se résoudre à l’amnésie ? Que fais tu des personnes qui pleurent ton absence ? Ta disparition ? Tu as peut-être oublié ta vie, mais d’autres eux l’ont sûrement encore à l’esprit, tu manque peut-être à quelqu’un qui se souvient, là bas, dehors… » Elle se redresse, se ravise, un soupire. «  Enfin, c’est mon avis… »

Le discours de Neuf la laissait pantoise. « On ne peut pas tourner le dos à notre existence, je suis convaincue que d’une façon ou d’une autre, le passé nous rattrapera. » Elle se tourne vers lui, comme si elle le connaissait depuis toujours, sans aucune gène ni complexe elle s’était finalement laissée porter par la conversation. La blonde avait relâché la lourde pression de cette première journée riche en émotions, elle en oubliait la bienséance et le respect des positions de son interlocuteur. « Que compte-tu faire le jour où tu te souviendras d’avoir compté aux travers du regard de quelqu’un ? Que compte-tu faire quand le poids de tes choix refera surface ? » Elle s’arrête, s’empourpre. Aussitôt prononcées, aussitôt regrettées, elle n’avait pas évalué l’impact que pourraient avoir ou non ses dires. « Excuses-moi, je suis sûrement encore sous le choc de ce premier jour… » Les larmes montent, sans autorisation, sans prévenir, dévalant ses joues rondes une à une, inondant son visage de poupée. Gênée du revers de sa manche elle éponge son visage. « J’ai pas l’impression d’avoir mérité d’oublier. Je ne sais pas si j’ai réellement envie de me raccrocher au passé, j’aurai juste voulu avoir le choix. Dans le fond, nous l’avons peut-être eu, mais fatalement… » Elle rit aux travers des larmes ruisselantes, si elle avait eu le choix, manifestement elle l’avait aussi oublié. « Ce serait un comble d’avoir eu le choix pour en arriver à si peu me résoudre à mon sort… » Alors, elle se rappelait les marques qu’elle avait découverts un peu plus tôt sur son corps. Cette cicatrice sur le bas ventre, et cet étrange ligne de chemin de fer encrée en elle, le long de l’échine. Si elle avait pu être totalement rebootée sans doutes que ses bourreaux auraient aussi pris la peine de la purifier physiquement de toutes traces de son vécu. 925 ne savait pas s’il s’agissait d’une bonne idée de le mentionner ou non. Elle glisse une main jusqu’à sa première marque, par-dessus son chandail, dépliant ses jambes les écrasant de toute leur longueur sur le sol glacé de la salle de sport. Elle avait la sensation d’avoir existé pour quelqu’un, d’avoir elle-même créée et donné la vie, cette cicatrice semblait être la marque d’une césarienne. Elle ne savait peut-être rien sur son propre compte, pourtant étrangement certaines explications sur la vie et ce qui la constitue venaient à elle, naturellement. Elle n’avait été manifestement programmée que pour s’oublier-elle-même. Dans le processus, certaines parcelles de son savoir semblaient avoir été entravées mais lui revenir peu à peu. Voilà pourquoi elle en était convaincue, le passé reviendrait. La force de son esprit rattachée à son âme qui ne pouvait pas s’être envolée bien loin, la conduirait jusqu'à la vérité, sa vérité. Pour ce qui était du reste, elle n’en faisait, tout compte fait, pas tant une priorité que ça

Difficile pour 925  de se contenir, il lui semblait se trouver pour la toute première fois aujourd’hui face à quelqu’un de rassurant, et pour ne pas trop s’avancer : presque familier.
Ses pleurs silencieux s’estompent quand son visage perd toute émotion. Ses grandes billes bleues, brillantes, plantées sur le sol, 925 songe à cette douleur indescriptible naissante et grandissante en elle. Une sensation qui lui semblait pourtant déjà avoir été vécue. Une souffrance qu’elle n’avait jamais domptée. Une trace indélébile, aujourd’hui pourtant difficilement explicable. Si pour certains l’amnésie était une chance, pour la blonde c’était une malédiction.
Elle aurait pu se lever, et s’excuser auprès de Neuf d’avoir déballé ses émotions sur le tas, alors qu’elle ne le connaissait même pas. Pourtant elle n’en fît rien. Alors qu’elle abandonne le néant du sol et lui  adresse un sourire timide, elle reprends d’un ton moins dramatique : « J’espère qu’ils sont pas tous aussi torturés que moi dans le coin… »
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Nicola De Santis
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MessageSujet: Re: Another One Bites the Dust || F01-925   Another One Bites the Dust || F01-925 EmptyLun 20 Fév - 16:19

« Que fais tu du reste ? Du passé justement ? Penses-tu qu’il mérite vraiment de se résoudre à l’amnésie ? Que fais tu des personnes qui pleurent ton absence ? Ta disparition ? Tu as peut-être oublié ta vie, mais d’autres eux l’ont sûrement encore à l’esprit, tu manque peut-être à quelqu’un qui se souvient, là bas, dehors… » Tu soupires. «  Enfin, c’est mon avis… » Son avis et le tient ne sont assurément pas les mêmes. D'un autre côté, elle n'est ici que depuis peu de temps. Malgré le silence ayant plané après ton approche de la chose, elle a semblé convaincue de ses paroles. Elle a semblé plus qu'assurée que tout ceci ne peut pas se résumer à une amnésie perpétuelle pour son propre profit. Il y a les autres. Les autres qu'ils soient ici ou ailleurs. Les autres que tu as déjà croisé pour ta part. Du moins certains d'entre eux assurément. Peut-être est-ce pour cette raison que tu ne perçois pas les choses comme elle. Tu as vu de quoi est partiellement fait ton passé. Tu as vu cet homme dans l'ascenseur à qui tu ne voulais assurément pas être lié et pourtant son prénom t'a échappé trop naturellement. Un homme qui te semble tout sauf... bien. Il y a eu la Boss et tout ce que la chose impliquera. Toutes les horreurs pouvant découler de ce lien. Il y a eu celui que tu as eu envie de frapper tout autant qu'il t'a donné envie de pleurer toutes les larmes de ton corps... Puis il y a elle. Elle qui t'apaise trop pour ne pas engendrer de questionnements dans ta misérable petite tête. « On ne peut pas tourner le dos à notre existence, je suis convaincue que d’une façon ou d’une autre, le passé nous rattrapera. » Tu pinces les lèvres un moment pour ne pas simplement exprimer qu'elle n'a pas idée à quel point elle a raison. Peut importe à quel point vous allez essayer de fuir votre passé il vous rattrapera. Que ce soit toi ou quelqu'un d'autre. Ta tête t'a fait comprendre que c'est non négociable. C'est elle qui décide. Elle qui décide du sort de votre existence. Elle qui décide du niveau d'intensité du niveau de souffrance qui vous assaillira lorsque les souvenirs vont refaire surface. Tu en as encore les yeux brûlant tant tu as pleuré dans les bras du Boss. Ton esprit se souviens de la douleur peut importe à quel point tu veux l'écarte. Elle est là et y restera.

« Que compte-tu faire le jour où tu te souviendras d’avoir compté aux travers du regard de quelqu’un ? Que compte-tu faire quand le poids de tes choix refera surface ? » Tu ne le sais pas. Elle est là la réponse. Tu ne le sais tout simplement pas. Tu as l'impression que tu voudras fuir. Plus que tout tu voudras t'éloigner pour ne pas sentir ce poignard s'enfoncer en plein centre de ton cœur. Tu ne voudras pas affronter le regard de cette personne pour qui tu auras compter. Pour qui tu comptes peut-être encore. Tu ne voudras pas avoir à lui expliquer que des gens dans ton lit il y en a eu depuis ton arrivé et ce n'était pas lui. Tu ne voudras pas avoir à affronter le poids de tes actes. Tu ne voudras pas trembler de terreur de nouveau comme à cet instant où tu as cru voir tes mains souillées de sang. « Excuses-moi, je suis sûrement encore sous le choc de ce premier jour… » Tu penses. Tu réfléchis, mais tu ne trouves pas quoi dire. Tu ne trouves pas quoi répondre alors que tu fixes le plafond. Jusqu'à ce que tu entendes sa voix teintée de tristesse continuer et que tu tournes ton visage dans sa direction de nouveau. « J’ai pas l’impression d’avoir mérité d’oublier. Je ne sais pas si j’ai réellement envie de me raccrocher au passé, j’aurai juste voulu avoir le choix. Dans le fond, nous l’avons peut-être eu, mais fatalement… » Elle pleure. Elle rit. Tu aimerais pouvoir lui dire que tu la comprends, mais là encore tu n'y arrives pas. Tu aimerais la prendre dans tes bras pour la rassurer, la consoler. Là encore tu n'y arrives pas. Tu as sans doute peur de trop t'avancer. De trop pousser la familiarité. « Ce serait un comble d’avoir eu le choix pour en arriver à si peu me résoudre à mon sort… » Et si au fond elle avait raison? Et si c'était égoïste de ta part de tant chercher à repousser ton passé? Ça l'est sans doute. Sans doute bien plus que tu arrives réellement à l'admettre. Sans doute bien trop pour trouver les bons mots pour meubler le silence qui s’immisce alors que ses larmes se sèchent doucement. Est-ce que tu dois ajouter ça a la longue liste de tes défauts? Égoïste au point de prétendre sans réellement t'en rendre compte qu'il n'y a que toi qui compte? Prétendre qu'en fait il n'y a que toi qui a droit de regard sur ton passé et ce que tu voudras bien en admettre?

Tu ne peux pas être ça. Tu ne peux pas être une mauvaise personne. Tu ne peux pas te résoudre à croire que tu as pu être un beau salaud qui a fait des horreurs. C'est ce qui te bloque. C'est ce qui t'assaille et te vrille l'esprit dès que le mot passé est prononcé. La peur. La trouille bleu. La nécessité de ne pas être ce que tu as le sentiment d'être. « J’espère qu’ils sont pas tous aussi torturés que moi dans le coin… » C'est ironique sans doute. « Si tu savais... » Tu soupires de nouveau. Tu soupires de toi, de tes pensées. Complètement découragé. « La torture... elle est bien pire quand les souvenirs reviennent. Il te manque des éléments alors tu peux juste... supposer. Tu te fais une tête sur le truc alors qu'en fait tu as peut-être tout faux. » Tu marques une pause en inspirant. « Tu réalises surtout que... Tout ce que tu peux faire ici peut nuire aux souvenirs tu vois. Tu peux t'attacher à quelqu'un, démesurément. Vous ne savez rien. Vous parlez. Vous vous rapprochez. Vous développez des sentiments. C'est dans la logique de la chose. Imagine après le souvenir qui revient. T'avais quelqu'un dans ta vie. Cette personne là est ici aussi. Tu fais quoi? La torture c'est la raison d'être de cet endroit je crois. On a pas de contrôle sur les souvenirs. On a pas de contrôle sur ce qui va se passer. On peut que subir... Alors ouais, en ce sens je me préfère ignorant tu vois. Juste pour pas risquer de faire mal à quelqu'un sans le vouloir parce que j'ai été un pauvre con. » Tu roules des yeux avant de fixer un point devant toi. « Et toi tu viens d'arriver ici... Je dois sembler d'un motivant. Je veux pas te décourager. Ça se voit que t'as mal de pas savoir et... je m'excuse si je semble insensible. C'est pas le cas. C'est juste que... j'ai appris des trucs et... la seule chose que j'ai envie de faire en ce moment c'est fuir... parce que justement j'ai vu ça... j'ai vu ce que ça fait de compter pour le regard de quelqu'un et... les choix... Tu veux pas de ça. C'est... atrocement douloureux. » Tu renifles et te frotte distraitement le nez. « Pardon... J'ai accumulé beaucoup les derniers jours... »

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