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 Le chat et la souris [ F02-222 ]

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Qui es-tu petite abeille?
MessageSujet: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Dim 19 Fév - 11:39

J’ouvre la porte de la salle de sport en laissant échapper un léger bâillement. Je ne mange que rarement le matin, alors quitte à ne pas aller à la cafétéria, je viens toujours me dépenser un peu ici dès l’aube. A cette heure-là, il est rare d’y croiser quelqu’un, en plus. Moi ça m’arrange, je peux me focaliser sur moi, sur ma forme, et surtout sur ses réflexes étranges qui me reviennent quand je commence à sentir mon coeur s’accélérer sous l’effort. Quand une pulsion d’adrénaline commence à courir dans mes veines et que je tremble parce que je ressens un terrible besoin. Je ne sais pas ce qu’il est, je ne me souviens pas. Je sais juste que dans ces moments-là, il est plus fort que tout et que j’ai du mal à faire disparaître cette sensation de… manque. Même si ce n’est pas vraiment du manque, plutôt une envie brutale de faire une chose que je ne peux pas faire parce que je ne me souviens pas ce qu’elle est. Mais ici… C’est comme si je me sentais chez moi.

Je commence par m’échauffer rapidement en faisant quelques tours de pièce en courant. En temps normal, je pense qu’il faudrait que j’enlève mon haut, mais je n’en ai pas vraiment envie. Dans cette pièce, quand la sueur commence à couler, que la fatigue se fait ressentir et que je me dépense, j’ai l’impression de retrouver une vie… normale. Même si je ne me rappelle plus vraiment ce qu’est une vie normale. Disons que je me sens moins conditionné. Aseptisé. J’ai l’impression de ne plus être une souris de laboratoire que l’on observe vivre dans une boîte. Avec ce couvre feu et tout le reste, la salle de sport reste un lieu où on peut oublier un peu tout ça, même si c’est un peu ironique de le dire comme ça.

Après ma course, je vais me mettre dans un coin, et commence des séries de pompes et d’abdominaux. Ca dure de longues minutes. Ca fait du bien. Je sens mon corps tirer, la chaleur monte. Je suis en pleine forme. Rien à avoir avec le jour où je suis arrivé. Quand j’étais presque comateux, le corps usé, l’esprit perdu. Et pourtant, ça ne fait que quelques jours. Mais ce n’est pas le moment de penser à ça. Je suis là pour me vider la tête et rien d’autre. Me redressant, je finis par aller chercher une serviette afin d’essuyer la sueur qui perle sur mon front, tapotant lentement en essayant de contrôler ma respiration. Il est temps de passer au meilleur exercice.

Je jette un oeil aux sacs de sable. Ca, c’est un mystère qui m’intrigue. La première fois que je suis entré ici, c’est là-bas que je me suis dirigé. Comme un automatisme. Et j’ai commencé à balancer des coups de poings. C’était une évidence. Je savais le faire. Mon corps savait frapper. Et se défendre, j’imagine, même si j’ai jamais pu éprouver cette théorie à cause de la règle débile à propos de la violence entre résidents. Ca me paraît assez étrange ça, d’ailleurs. La violence est prohibée, mais il y a quand même des sacs de sable pour s’entraîner à donner des coups. Est-ce que ça veut dire qu’à un moment, on va devoir se battre avec d’autres ? Ou alors je me pose trop de questions et c’est simplement pour que les mecs comme moi puissent se défouler sur autre chose que la gueule des autres.

Je hausse les épaules et arme mon bras avant de donner le premier coup de poing. Le choc me remonte le long du bras et je me surprends à sourire. Putain, ça fait du bien. J’enchaîne inlassablement les coups. Directs, uppercuts. Crochets. Des deux bras. Je suis collé au sac, je lui balance des patates aussi forts que je le peux, à m’en faire presque mal aux articulations. Mais c’est une douleur que j’apprécie vraiment. Dont j’ai besoin, j’ai l’impression. Ca me donne presque envie de taper sur quelqu’un et de prendre des coups. Surtout de prendre des coups. Pour me sentir vivant, me sentir exister. Je m’épuise à la tâche. Mais comme à chaque fois, je suis surpris de mes capacités. J’ai l’impression de ne pas me fatiguer. Et pourtant, je fais tout pour. Est-ce que j’avais l’habitude de m’adonner à ce genre de chose, avant la Ruche ? Je continue de frapper encore et encore jusqu’à sentir une brûlure au niveau des doigts.

Je me redresse, en m’étirant, avant de jeter un oeil à mes mains. Ma peau est déchirée tellement j’ai tapé fort. Mon sang coule. La vision me fascine. Je lève mon bras pour l’observer de plus près. Ce rouge… Si différent du blanc auquel on est habitué ici. Mes pupilles se dilatent à mesure que j’observe les gouttes coulées le long du dos de ma main. J’imagine que c’est le sang d’un autre. Et mon sourire s’agrandit. Putain, y’a un truc qui va pas avec moi. Mais je n’arrive pas à m’arracher à la contemplation de ce vermeil. Jusqu’à ce que la porte de la pièce s’ouvre et que ma tête tourne rapidement dans la direction du bruit.

C’est une jeune femme, manifestement. Elle est sexy. C’est ma première pensée. Ca doit vouloir dire que j’aime les femmes, au moins. Déjà quelque chose de plus à ajouter à ma banque de données personnelles. Baissant la main, je l’observe entrer en penchant légèrement la tête de côté. C’est rare, de trouver quelqu’un dans cette salle à cette heure. J’observe sa silhouette féline, son visage aux traits marqués par une beauté qui ne me laisse pas indifférent. Et quelque chose me fait tiquer. Pendant une demi-seconde, mon cerveau m’a dit “ Je sais qui c’est. ”. Ca n’a duré qu’un battement de coeur mais tout de même. Je ne l’ai jamais croisé dans la Ruche. Hm… Etrange. Et me voilà, posant une main sur le sac de sable pour m’y appuyer un peu, avant de lui adresser la parole alors que je n’aurais pas eu le réflexe sans cette impression de déjà-vu.

“- Salut donzelle.

Je laisse un petit sourire éclairer un peu mes lèvres alors que mes yeux se fixent dans les siens. Cette manière de parler, aussi. Elle est caractéristique et elle me vient sans contrôle, et pourtant, en écoutant les autres, je m’aperçois bien que j’utilise parfois des mots qui ne me semblent pas appartenir à notre époque ou à une manière de vivre normale.

“- Qu’est-ce que tu fous dans le coin à une heure pareille ? J’suis presque toujours seul, le matin. Tout le monde est en train de grailler à la cafét’... Et puis une minette dans ton genre, c’est encore plus rare ici…
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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Dim 19 Fév - 15:05

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Tu boudes le petit-déjeuner. Parce que ça t’inspire pas. Parce que t’as pas faim. Parce que t’as cette boule au ventre continuelle qui te donne la nausée et qui t’empêche de manger quoi que ce soit. C’est pas rare, que tu loupes des repas. C’est presque une habitude. Et le pire, c’est que ça te fait pas grand-chose. Comme si c’était une habitude, que tu manges pas les trois repas habituels par jour. Et puis y’a peut-être aussi ton côté insociable et paranoïaque qui t’angoisse. Qui t’empêche d’aller spontanément dans des salles bondées en état totalement à l’aise. Te sentir en sécurité. Un sentiment qui te parait méconnu. T’as dû le ressentir. Mais avant. Pas depuis que t’es dans la Ruche. Pas depuis que t’es dans cet asile. Dans cette prison. Tu erres dans les couloirs, comme une âme en peine. Sans trop savoir où tu vas. Sans trop savoir ce que tu veux. T’aimes pas cet endroit. T’aimes pas la vie que tu mènes. Pourquoi t’es ici ? T’as du mal à croire que tu puisses t’être volontairement enfermée là-dedans. Que volontairement t’ais accepté qu’on t’enlève tes souvenirs. T’aimes trop la liberté pour pouvoir t’être infligée ça de plein grès. Non, si t’es là, c’est parce qu’on t’y a obligée. Kidnapping ? Pourquoi pas. T’y penses de plus en plus, à cette théorie.

T’aimes bien te promener pendant l’heure des repas. Parce que les étages te paraissent plus calmes, plus silencieux. C’est moins la cohue. Tu t’y sentirais presque bien. Presque en sécurité. Presque. Tu t’arrêtes devant une porte, puis après quelques hésitations tu te décides à la pousser. Lentement, avec maintes précautions, tu rentres dans la pièce. Pénètres dans la salle de sport. Habituellement bondée, tu t’étonnes de n’y voir personne. Ah, non, pas personne. Y’a quelqu’un derrière un sac de frappe. Tu l’avais pas vu en entrant, mais le bruit des poings contre le sac t’a mis la puce à l’oreille. Tu l’observes en silence, tandis qu’il ne tarde pas à s’arrêter et à remarquer à son tour ta présence. Un instant, vous vous observez, dans le silence le plus complet. Toi tu dis rien, tu bouges pas. Parce que t’as une impression étrange. Que t’avais encore jamais ressenti avant. Comme un déjà-vu. Cette sensation, tu la balaies rapidement d’un battement de cils. Parce que tu la comprends pas. Parce que tu ne lui apportes aucune importance. C’était qu’une impression fugace, à peine perceptible. Et t’es tellement tendue qu’au final t’es sur tes gardes, et t’as pas vraiment fait attention à ça. Si peu.

Tu tiltes quand il te nomme « donzelle ». Notes que c’est pas commun, de nommer quelqu’un comme ça. Mais en même temps, t’as l’impression que ça t’es pas inconnu. Ça résonne dans tes oreilles. Là encore une étrange impression. Tu sais pas si c’est le fait de te retrouver face à cet homme, en tête à tête dans cette salle de sport. Tu remarques qu’il a les poings en sang. Un entrainement intensif, que tu te dis. Il doit aimer ça, frapper. T’inclines ton regard vers le sac de sable. Te demandes si toi aussi, t’aimeras cette sensation. Si ça te fera ressentir quelque chose. Quelque chose d’autre que cette putain d’angoisse. Que tu seras autre chose qu’une coquille vide. Que l’ombre de toi-même. « Salut. » que tu souffles dans un murmure, plus par politesse que par désir d’enclencher la conversation. Ça te perturbe, tout ça. Cet homme, cette sensation dans ta poitrine, cette curiosité mêlée à l’appréhension de peut-être enfin découvrir une partie de toi. Il te parle, et tu l’écoutes d’une oreille distraite. Qu’est-ce que tu fais là ? La réponse semble évidente. Toi aussi, tu fuis la communauté. Toi aussi, tu cherches le calme et le silence. « J’avais pas faim. » T’as une haussement d’épaules tandis que ta voix se fait désinvolte. En fait, c’est pas tout à fait vrai. T’as un petit gargouillement dans l’estomac, mais tu arrives facilement à l’ignorer. Si t’avais l’opportunité de prendre un repas toute seule, tu te gênerais. Mais avec tout ce monde, c’est différent, et ça change la donne. Tu hausses un sourcil, quand il prétend qu’une jolie minette n’a pas sa place en un tel lieu. Tu laisses un sourire amusé en suspend. « Profites de chaque instant, dans ce cas. » que tu lui lances avec un clin d’œil aguicheur. Provocatrice. Sans plus attendre, tu t’avances dans la pièce. Ça te dérange pas, qu’il soit là. Il est tout seul. Et la pièce est assez grande pour vous la partager. Ou alors c’est parce qu’il dégage cette aura étrange. Qui a le don de ne pas te faire sortir les griffes. Presque en sécurité. « C’est la première fois que je viens ici. Bizarrement, c’est un lieu qui me parle. Qui m’inspire.  » Tu lui parles sans même le regarder, tandis que du bout des doigts tu caresses le sac de sable. T’as un doux frisson, qui confirme tes impressions. T’es déjà venue dans une salle de sport. Et t’aimais bien t’y rendre. Tu continues à te faufiler, à glisser entre les diverses machines, jusqu’à t’arrêter devant un grand miroir. Ta main agrippe la longue barre, tandis qu’instinctivement te voilà qui lèves une main et qui te mets sur la pointe des pieds. Lentement, et avec une agilité insoupçonnée jusqu’alors, un de tes pieds quitte le sol, jusqu’à venir toucher ta main levée. Tu restes un instant en suspens, profitant des sensations qui te submergent, jusqu’à retomber avec grâce au sol. Le tout dans un silence presque religieux. « Pas mal, hein ? » Tu sors de ta bulle, tandis que tu poses un regard pétillant dans sa direction. Tu te détaches de la barre, prends ton élan et fais un saut de chat, avant de te laisser glisser au sol dans un grand écart parfait. Tu te penches ensuite dans sa direction, et regroupes tes jambes tendues devant toi. « Ça fait du bien, de se découvrir. Ça change. » Un aveux qui veut tout dire.  
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Courir. Courir toujours. Sans s'arrêter. Fuir. Fuir ce putain de passé qui nous colle à la peau, nous pourri notre journée, notre avenir, tout ce qu'on pourrait envisager d'être, de devenir, nous empêche de changer. Sombres. Sombres Pensées. Sombres Cœurs. Sombres Passés.


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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Mar 21 Fév - 13:36

J’avais pas faim. Ouai. Elle est désinvolte. Elle aussi, elle doit pas se sentir à l’aise, entourée des autres. D’autant plus que j’ai pas l’impression qu’elle m’écoute réellement. Et pourtant, elle répond. Etrange femme, étrange impression. Elle est provocatrice. Je m’aperçois que j’adore ça, et je ne peux pas m’empêcher de répliquer, sans contrôler ma pulsion.

“- J’y compte bien, ma belle…

Accompagné d’un sourire qui me vient tout seul aux lèvres alors que j’observe encore son cheminement à travers la pièce. Elle s’approche de moi et ses doigts se posent sur le sac alors qu’elle parle à nouveau. Je hoche la tête. Oui, j’ai exactement la même sensation. Et je remarque la lueur dans ses yeux au moment où elle laisse courir sa main sur le cuir. Mon impression de déjà-vu se manifeste à nouveau. J’ai l’impression de sentir ses doigts sur ma peau plutôt que sur le sac de frappe. Bizarre… Elle finit par s’éloigner un peu. Elle glisse comme un chat entre les machines, les observant une à une sans jamais s’y attarder plus de quelques secondes, mais son pas est assuré. Elle me ressemble sur ce point. C’est un endroit qu’on a fréquenté tout deux avant de se retrouver dans cet enfer illuminé. Et qu’on aime tout les deux. Si je l’interroge et qu’elle me dit qu’elle n’a pas apprécié le toucher du sac de sable, je saurais qu’elle ment. Je souris en l’observant. Cette fille est décidément pleine de surprise, et c’est un régal à mater. Je laisse échapper un petit rire silencieux en m’appuyant de l’épaule contre le mur alors qu’elle s’arrête devant le miroir et agrippe la barre. Elle débute alors quelques mouvements et je hausse un sourcil ? Une danseuse ? Ca ne colle pas réellement avec l’image que je m’étais fais de la donzelle, mais pourquoi pas ? Après tout, nous avons tous de nombreuses facettes à découvrir de nous-même. Enfin. J’imagine.

Mais elle se meut avec grâce et délicatesse et ça colle toujours avec cette impression que j’ai de la connaître depuis longtemps et peut-être même un peu plus que ça. En tout cas, elle est sacrément souple. Lorsqu’elle touche le sol, elle me lance un regard brillant avec une demande. Souriant, je hoche la tête à nouveau.

“- J’dois dire que ouai. Ca me change du spectacle habituel des gros bourrins un peu débiles qui viennent ici pour se faire les muscles ou hurler en soulevant des poids de plusieurs dizaines de kilos... C’est bien plus agréable.

Elle s’écarte de la barre et fait un petit saut avant de retomber en grand écart. Je siffle. Pas de manière vulgaire, mais plutôt d’admiration. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai comme la sensation que ce qu’elle vient de faire n’est pas vraiment à la portée de tout le monde et que ça mérite un excellent jugement. Cette fille me fascine, en un sens. Peut-être parce qu’elle est talentueuse. Peut-être parce qu’elle est sexy en diable. Peut-être parce que son petit air taquin et ses yeux pétillants donnent envie de se damner pour en voir toujours plus. Ou peut-être que c’est parce que je sais qu’elle et moi, on est lié d’une manière ou d’une autre et que ça ouvre une porte sur des souvenirs disparus qui ne demandent qu’à ressurgir…

Et je crois que sa phrase confirme ma pensée. Se découvrir. Oui, ça fait du bien. Encore plus depuis qu’elle est entrée. Mais je crois qu’elle n’a pas encore saisi toute la portée de ce qu’elle pouvait apprendre à son sujet dans cette salle. Je me détache à mon tour du mur sans la quitter des yeux, avant de laisser échapper quelques mots.

“- Tu sais, donzelle… D’habitude, j’ai du mal à saisir ce qu’on fait ici. Dans cet environnement blanc, propre… Je me sens pas à ma place. Je crois que je viens d’un endroit plus crasse. Moins aseptisé. Mais depuis que t’es entrée… J’sais pas. C’est comme si j’étais un peu plus à la maison.

Je réfléchis quelques secondes à ce que je viens de dire. Je sais pas trop si c’est comme ça qu’il faut l’exprimer, parce que même si sa présence me paraît normale, le souvenir qui essaie de percer à travers ma caboche est plus fugace que ça. Comme si je l’avais croisé à un moment et que nos chemins s’étaient séparés. Une rencontre hors du temps. Un peu comme nous, ici. Oui, c’est probablement un peu de ça, et d’ailleurs… La Ruche c’est peut-être ça, au final. Un endroit suspendu hors du temps. Je secoue lentement la tête avant de me rapprocher encore un peu de la demoiselle toujours au sol.

“- Ca a pas forcément de sens, hein. Mais c’est ce que je ressens, en tout cas. Et comme d’habitude, je ressens pas grand chose vu qu’on a tous un peu des problèmes au niveau du cerveau dans le coin, ça change, ouai… Nous ne sommes pas des souris de laboratoire, nous sommes plus que ça... Tu m’es familière… Plus que ça, peut-être…

Je la fixe du regard, intensément, avant d’écarter un peu les bras en désignant la salle.

“- Comme cet endroit. C’est comme si j’y avais passé ma vie. Je crois que je peux me rappeler, si je viens souvent. C’est… Ca coule de source, tu vois ? Quand je frappe dans le sac de sable, ça me libère, en quelque sorte. Et je me surprends à certaines habitudes. Comme ce sang. Je tends la main vers elle, lui montrant mes phalanges ensanglantées. Je ne sais pas pourquoi, mais sa vue éveille quelque chose en moi. Et c’est la même chose que quand je te regarde…

Je me penche un peu, avant de lui tendre la main plus franchement, comme pour l’aider à se relever. Elle la saisit et je la tire pour qu’elle se remette debout, sans trop de difficulté. C’est la première fois que je la touche réellement. Le sentiment est particulier. Ca semble vibrer au creux de mon torse. Lui adressant un sourire, sans lâcher sa main, je me tourne légèrement et lui montre le sac d’un mouvement de tête et d’un oeil taquin, et intéressé.

“- Lui aussi, il t’est familier, hein ? J’ai vu ton regard quand tu y as posé tes doigts… Viens là.

Je l’attire avec moi alors que je reviens près du punching-ball. Je passe derrière elle, lâchant sa main pour saisir ses deux bras. Mon torse se colle à son dos et elle est maintenant en face du sac. En face du sang que j’y ai laissé en tapant beaucoup trop fort. D’un petit mouvement, je lui fais lever les bras.

“- Il est peut-être temps de découvrir autre chose… Serre les poings, verrouille tes hanches, et frappe. Donne tout ce que t’as. Accompagne tes coups avec ton corps…

Je lui parle au creux de l’oreille, chuchotant presque. Cérémonieux, en un sens, tout en lui montrant le mouvement en accompagnant son bras et son corps avec le mien contre le sien. Je sais, je suis même persuadé qu’elle est habituée à ça, mais il faut que son esprit se souvienne. Sa proximité me trouble, et je ne sais pas si ça la dérange, mais j’ai comme l’intuition qu’elle ne va pas en faire un fromage. Après tout… On se connaît. J’ai un sourire à cette pensée. Pour moi, maintenant, c’est clair. On s’est connu. Le reste viendra ensuite. Je me contente de la faire revenir à la position de base une fois que son poing a touché le sac, avant de murmurer.

“- Il est temps que le chat sorte ses griffes, ma belle…
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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Sam 25 Fév - 6:10

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T’as un sourire amusé qui se dessine sur tes lèvres, lorsqu’il avoue que le spectacle que tu lui offres change de ce qu’il a l’habitude de voir. C’est vrai que c’est différent. Peut-être pas innovant, mais bon. Les gens se rendent à la salle du sport pour se dépenser. Pour se défouler. Pour évacuer la rage et la frustration qui bouillonnent en eux. Pas pour faire des sauts de chat et des grands écarts. Ton regard se porte ensuite sur le grand miroir, d’où tu y lis ton reflet. T’as encore du mal à t’y faire, à ta tête. C’est pas facile de se découvrir du jour au lendemain. T’essais de t’imaginer avec un tutu et des ballerines. Et tu te retiens de rire, tellement cette image te parait ridicule. Mais pourtant, tu as des bases en danse classique. Et tu te sens toi quand tu enchaines ces mouvements. Alors c’est peut-être pas si ridicule que ça, de t’imaginer danseuse étoile. Peut-être que c’est ce que tu étais avant. Ça parait en contradiction avec l’image que tu avais de toi, de ce que tu imaginais. Mais après pourquoi pas. De toute manière t’as aucun souvenir pour te contredire. Et tes mouvements parlent pour toi. Toi t’es du genre à voir pour croire. Et vu la scène qu’il vient de se dérouler devant tes yeux… Va pour la danseuse étoile.

Tu reportes ensuite ton regard vers lui. Mine de rien, tu l’écoutes avec intérêt. Jusqu’à présent, tu dois l’avouer, tu n’as pas trop fait attention à cet homme. Tu t’es surtout focalisée sur la salle, qui semblait vouloir te rappeler quelques sensations. Puis sur la barre et le miroir, qui t’ont finalement fait découvrir que tu avais des notions en matière de danse classique. T’étais émue, t’étais dans ta bulle. Parce que c’est la première information que tu as découvert sur toi. Un moment à marquer d’une pierre blanche. Tu fronces les sourcils devant ses paroles. Interrogatrice. Il ne se sent pas à sa place, dans la Ruche. Qui le serait, de toute manière ? Mais tu reconnais que ses mots te parlent. Qu’ils font sens en toi. Toi non plus, tu ne t’y sens pas à ta place. Cet univers trop blanc, trop pur, il t’a toujours rendu mal à l’aise. Alors est-ce qu’il a raison dans le fait que c’est parce que vous venez d’un univers complètement différent ? Ou est-ce que c’est juste le sentiment partagé par tous les cobayes de la Ruche ? Parce qu’à moins d’être médecin et de vivre dans un hôpital, difficile de se sentir vraiment chez soit dans un tel endroit… La fin de sa phrase te laisse perplexe. « T’as l’impression qu’on se connait ? » Tu préfères demander pour être sûre de bien avoir interprété ses paroles. À mesure que tu réfléchis à cette possibilité, ton regard glisse sur l’homme. L’analyse avec un œil critique. Tu te concentres, fouilles dans les méandres brumeux de ton esprit. Avec tous les sentiments qui t’envahissent depuis que tu as mis le pied dans cette salle, difficile de faire le tri pour savoir si vraiment il te dit quelque chose. Il te confirme que c’est l’impression qu’il a. Que tu lui parais familière. Une sensation non partagée. « En tout cas de mon côté y’a rien qui me revient. » Tu lui avoues ça avec une once de déception. Dans un sens t’aurais bien aimé te souvenir de lui. Ou au moins partager cette impression. Savoir que t’es pas toute seule, que tu peux compter sur quelqu’un, ça t’aurait fait du bien. Mais après, ce n’est pas parce que toi tu ne ressens rien de précis que ça veut dire qu’il se trompe.

Il parle ensuite de la salle. Et là, ça fait plus écho en toi. Tu rejoins ses pensées, acquiesce légèrement à ses paroles. Il te parle de la vue du sang sur ses mains. Ça pourrait te surprendre, t’effarer. Merde t’es peut-être en face d’un psychopathe, ou d’un tueur, vu ses propos. Mais en fait tu réagis plutôt bien. Ou du moins t’en as pas peur. T’en serais presque même attirée. Et ça te déconcerte, dans un sens, que tu réagisses comme ça. À contre-sens du commun des mortels. « Tu te rends compte qu’à t’entendre on pourrait croire que t’es un criminel ? Avec tes impressions de venir d’un endroit sombre et d’aimer avoir du sang sur tes mains… » Ta voix n’est pas apeurée. Elle arbore des timbres allant de la malice à la provocation. « Le plus surprenant dans tout ça, c’est que ça me choque même pas. » Tu parles à voix haute, lui avoues tes sentiments. Ça te fait bizarre, de t’ouvrir à quelqu’un. De dire tout haut ce que tu penses tout bas. C’est comme si tu te mettais à nue devant lui. Devant cet inconnu. Pourquoi devant lui et pas un autre ? Tu ne l’as jamais fait, jusqu’à présent. Il t’inspire confiance. Ce qui est nouveau. Peut-être que tu le connais finalement. Ça expliquerait pas mal de choses. « Donc peut-être que t’as raison. Qu’on se connait. Et que je viens du même univers que toi. » Tu laisses tes hypothèses en suspend. Il te faudra du temps pour les analyser et les digérer.

En attendant, tu saisis la main qu’il te tend. T’as un frisson qui t’hérisse l’échine. C’est étrange. Est-ce que c’est ton corps qui veut te rappeler quelque chose ? Ou tu inventes tout ça parce qu’au fond de toi tu aimerais bien le reconnaitre ? Dans tous les cas, tu laisses tes doigts entremêlés aux siens. Tu cherches pas à le repousser. Et lui non plus. Il t’emmène jusqu’au sac de frappe. Tu écoutes ses instructions, te laisses prendre au jeu. Tu lèves tes bras devant toi, verrouilles tes poings. Un sourire provoquant se lit sur tes lèvres, tandis que tu sens son corps tout contre le tien. Son souffle chaud te chatouille la nuque. Ça résonne en toi. Ça te rappelle quelque chose. Et ça te déconcentre. Tu changes de centre d’attention. Et subitement, tu fais volte face. Te retrouvant face à lui. Ton nez frôlant le sien. Le temps semble se figer, tandis que ton regard se perd dans le sien. Depuis que t’es ici, t’as jamais été aussi proche de quelqu’un. Tes doigts agrippent les siens, tandis que tu ramènes ses poings ensanglantés au niveau de ton visage. Tu les observes un moment, avant d’en caresser un de ta langue. Le goût ferreux du sang s’imprègne dans ton palais, tandis que des sensations inondent ton corps. De son poing tu bascules ensuite vers ses lèvres. L’embrasement est instantané, bien que de courte durée. Lentement, tu te desserres de son emprise. « Je voulais juste tester. Voir si ça me parlait. » Timbre malicieux aux accents sensuels. Tu le dévisages encore un peu, laisses le feu vous consumer de l’intérieur. « Mais non, y’a rien qui m’est venu. » que tu déclares d’un air nonchalant en haussant les épaules. « Peut-être que j’aurais plus de chance avec le sac de sable. » Tu te retournes subitement, lui balançant tes cheveux blonds dans la figure. Sulfureuse, taquine. Et menteuse de surcroit.    
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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Mer 1 Mar - 15:03

Comme un criminel ? Peut-être bien…  Ca ne m’était pas réellement venu à l’esprit jusqu’à présent, mais maintenant qu’elle le pointe du doigt… Ce serait sûrement l’explication la plus logique quant à mes impressions et mes ressentis. Mais pour une raison qui m’échappe, ça ne me dérange pas de me voir de la sorte. Ou qu’elle me voit comme ça. Déjà, ça ne la dérange pas, et en plus, ça renforce ma pensée quant au fait que je la connais. Au moins un peu. Même si elle n’a pas l’air de se rappeler. Mais ça reviendra peut-être, si je ne fais pas erreur. Et si je me trompe, et bien… Tant pis. Ca aurait pu être un début de réponse, mais j’en trouverais bien d’autres à l’avenir. J’espère, en tout cas. En tout cas, là tout de suite, en sa compagnie, je me sens à l’aise. Plus que d’habitude, en tout cas. Plus que tous les autres moments que j’ai passé entre ces murs blancs. Ca veut forcément dire quelque chose. Je ne sais pas encore quoi, mais je compte bien le découvrir. Si ça peut m’empêcher de péter un câble à force d’être enfermé dans cette Ruche impersonnelle… Je vais pas cracher dessus.

Elle ne se rappelle pas, mais c’est pas grave. Parce qu’elle se rappelle d’assez pour savoir que ce genre de salle, c’est son lot quotidien. Ou c’était, en tout cas. Et les regards qu’elle lance ne sont pas anodins. Elle accepte, en plus, de me laisser la guider, elle se met en position. Elle me laisse la faire frapper le sac, mais je la sens se couler contre mon corps. Elle se laisse presque aller contre moi, et sa proximité m’évoque encore un peu plus que la vision qu’elle m’offre depuis qu’elle est entrée. Ca résonne au creux de mon esprit. Cette sensation, je la connais. Et pas seulement parce que je me rappelle la sensation d’un corps diablement séduisant contre le mien. Je me rappelle aussi de ce contact précis, de ces courbes identifiables. Cette femme… Je le sais, bordel, on a déjà été dans une position semblable. Peut-être pas dans le même contexte, le même environnement, mais à un moment donné.

J’ai à peine le temps de réfléchir à cette éventualité qu’elle se retourne entre mes bras. Le bout de nos nez s’effleurent délicatement. Mon regard plonge dans le sien. Je m’y noie, presque. Je remarque, non sans surprise, que j’ai soudain arrêté de respirer, ou en tout cas que ma respiration s’est faite si discrète qu’elle semble suspendue entre deux temps. Ce regard, ce visage, ces traits angéliques. Qui cachent des mystères bien sombres. Autant, je pense, que ceux que cachent mes iris quand je m’observe dans le miroir. Nos doigts se mêlent et elle soulève mes poings entre nos visages. Son regard quittent le mien et elle observe le sang. La lueur qui trône au fond de ses yeux ne fait aucun doute sur l’effet que lui fait le spectacle. Elle vient poser sa langue sur mes phalanges rougies, léchant doucement le sang et le cueillant comme un nectar. Je sens son corps se tendre contre le mien. Et lorsqu’elle décale ses lèvres, ce sont les miennes qu’elles trouvent.

Un baiser enflammé. Je sens mon coeur s’accélérer, ma peau qui chauffe et mes sens qui s’éveillent au contact de cette bouche qui vient prendre la mienne sans vraiment que je ne m’y attende. Mais c’est court. Trop court. Sa voix résonne quand le contact se brise et son ton est sans équivoque, malgré les mots qu’elle prononce. Mes yeux retrouvent les siens. Y’a rien qui te vient ? Tu parles. Tu l’as senti comme moi…

Elle a haussé les épaules et s’est détournée avec une petite pique, taquine. Elle est joueuse. Elle a trouvé à qui parler. Je me mordille la lèvre inférieure et un petit sourire éclaire mon visage. Ou l’assombrit. J’ai du mal à en définir la nature. Je ne le vois pas, mais il m’a l’air… prédateur. Je veux me jeter sur elle, et mon imagination ne laisse aucune place à ce que j’ai envie de lui faire. Mais si elle veut jouer, alors jouons. Mes mains viennent se poser sur ses hanches, la maintenant contre moi. Je glisse mon visage à côté du sien et murmure à son oreille.

“- Rien, vraiment ? Tu parles…

Je souris un peu plus avant de venir lui mordiller doucement la gorge, faisant quelques pas en avant, en l'entrainant avec moi. Ma voix reprend sa danse.

“- T’auras peut-être plus de chance si je te plaque contre le sac de sable, tu veux dire ?

Ce que je fais. Mon torse contre son dos, mon bassin contre ses fesses, mes lèvres à son oreille et mes mains parcourant délicatement ses courbes, remontant sur son corps. Sous mes doigts, la silhouette féline est familière. Je la parcours et c’est comme si je la découvrais à nouveau. Ses mains sont posées à plat contre le cuir du sac, et l’une des miennes vient recouvrir ses doigts. Ils ne se mêlent pas, mais presque, alors que mon souffle brûlant attise la peau de son cou. Mon autre main remonte jusqu’à sa joue et d’une pression un peu moins délicate que les précédentes, je l’oblige à tourner la tête pour trouver à nouveau mon regard. Je lui souffle.

“- Et maintenant, tu te souviens ?...

Et j’ai à peine terminé ma phrase que je mords sa lèvre et que je prends possession de son visage pour un nouveau baiser en me pressant un peu plus contre elle, comme un soudain besoin avide de me retrouver un peu plus encore à son contact, comme pour me remémorer de nouvelles sensations depuis longtemps oubliées. Je le fais durer cette fois, l’empêchant de se détacher de mon étreinte par mes bras et l’intensité que je donne à notre échange, venant chercher sa langue de la mienne. La lumière de la salle semble se tamiser légèrement, comme pour nous transporter dans un autre endroit. Un endroit du passé, d'une autre époque, d'un autre temps. Mais c'est sûrement juste mon imagination qui me joue des tours. Mon corps frissonne contre le sien, et je suis sûr qu'elle peut sentir mon cœur battre la chamade dans son dos. Et qu'elle ne vienne pas me dire que le sien est calme, parce que je saurais qu'elle ment... Après tout, c'est elle qui a débuté l'échange.

Tu veux jouer, donzelle ? On va jouer...
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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Mar 7 Mar - 6:45

le chat et la souris
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Rien, vraiment ? Tu parles. T’as un frisson qui parcourt à nouveau chaque fibre de ton corps. Tu parles. Même lui, il n’y croit pas, à ton petit mensonge. Ou peut-être qu’il se persuade que ça ne peut pas être vrai ? Que tu ne peux pas ne pas te rappeler ? Tu laisses tes questions en suspens, tandis que ton esprit est parasité par la proximité de l’homme. Son souffle contre ta nuque. Sa bouche contre ton oreille. T’en deviens électrique. Volcanique. Tu bouillonnes, et peines de plus en plus à réfréner des ardeurs dont tu ne soupçonnais jusqu’à présent pas l’existence. Il réveille en toi quelque chose d’animal. D’instinctif. De primitif. Tu le pressens. L’animal tapit en toi fait les cents pas, cherchant par tous les moyens à s’échapper. À jaillir hors de toi. À prendre le contrôle de ton corps. Mais tu le laisses pas faire. Pas maintenant. Parce que tu sais pas où tout ça va te mener. Tu t’en doutes, mais tu préfères le retenir. Autant que faire se peut. Parce que c’est pas le moment. Parce que c’est encore trop tôt. Parce que ça serait trop facile. Et Dieu sait Ô combien t’es pas une fille facile. Tu vas pas lui offrir ce qu’il souhaite aussi rapidement. Sans montrer tes griffes et sortir tes crocs. Sans te battre. T’es joueuse. Et il est on ne peut plus réceptif. Alors jouez. Profitez. Car ces moments ne sont que trop rares, dans cette Ruche aseptisée.

Tu laisses échapper un grognement, lorsqu’il plaque ses dents contre ta gorge. Une réaction de défense ? D’excitation ? T’en sais rien toi-même. Surement un mélange des deux. T’as le regard qui dévie sur le côté, cherchant à se retourner pour le regarder. Qu’il te plaque contre le sac de sable ? T’as même pas le temps de répliquer que déjà il s’empresse de mêler ses actes à ses paroles. Tu pourrais l’interrompre. Tu sais que t’en es capable. Que t’es pas si neutralisée que ça. Mais tu le laisses faire. Tu le laisses jouer. Tu le laisses croire qu’il a le pouvoir sur toi. Qu’il est le chat et toi la souris. Alors qu’en réalité, c’est plutôt toi qui le mènes par le bout du nez. Pas vrai ? Du coup, tu te contentes de simplement amortir la chute en appuyant tes mains contre le sac. T’as la chair de poule, tandis qu’il parcourt ton corps du bout de ses doigts. Qu’il te découvre dans les moindres détails. T’aimes ça, qu’il te touche. Et t’aimes encore plus sentir son corps contre le tien. Cette chaleur qui irradie de vous et qui s’entremêle. Ses doigts remontent jusqu’à ta joue, jusqu’à ce qu’il t’agrippe le menton pour te forcer à le regarder.  Douceur et sauvagerie. Tu te retiens de grogner, te contentant de l’observer. De plonger ton regard dans le sien. De savourer chaque instant.

Est-ce que tu te souviens, maintenant ? La voix est provocante. Et toi t’es à deux doigts d’imploser. T’es à bout de souffle, tandis qu’il vient chercher tes lèvres pour les plaquer contre les siennes. Tandis qu’il cherche à n’en faire qu’une bouchée. Tu laisses les émotions se déverser dans ton corps, tandis que tu sens la bête en toi devenir furie. Il pose ses bras autour de toi. Te serre comme dans un étau. Et toi t’aimes ça, tu savoures. Provocante, tu te cambres. Te frottes contre son intimité que tu sens irradier tout contre toi. T’as le cœur qui tambourine dans ta poitrine, tandis que ton corps surchauffe. Et tu libères la bête. Tu deviens calme. Incroyablement calme. Y’a comme une soupape qui vient de s’ouvrir en toi, clarifiant tes idées et ton esprit. Tu reprends le contrôle de ton corps. À moins que ce soit la bête en toi qui commande ? Tu le laisses se noyer dans ses désirs et ses pulsions. Tandis que toi, t’as un sourire sournois qui se dessine sur tes lèvres. Le jeu continue. Et de plus bel. Tu sens des failles dans sa position. Et tu en profites. Tu glisses à travers ses faiblesses, et à l’image d’une anguille tu te libères de son étreinte. Tu fais volte-face tout en collant tes lèvres contre les siennes. Lui faisant croire que tu souhaites te retourner pour mieux profiter. Pour mieux t’offrir. « Maintenant que tu le dis... » Et alors qu’il baisse sa garde, le coup part. Ton poing vient s’écraser contre son ventre, lui coupant la respiration. Il lâche complètement son emprise sur toi, et tu en profites pour le déséquilibrer en le frappant au niveau de l’arrière de son genou. D’une balayette, le voilà qui tombe lourdement au sol, sur le dos. Et toi qui bondis sur lui. Le dominant qui devient dominé. Le chat qui devient souris. Installée à califourchon sur son bassin, tu plaques ses mains en arrière, et mets tout ton poids pour le contrôler. Tu doutes que cela le retienne bien longtemps, mais tu profites de l’effet de surprise. Cambrée au-dessus de lui, tes cheveux lui chatouillant son visage et tes yeux de braise braqués dans les siens, tu lui susurres « Oui, je me souviens. » Et tu ne mens pas. Parce que y’a quelque chose qui s’est déclenché dans ton esprit, tandis que tu le frappais. Tandis que tu enchaînais les coups. Tu savais comment le neutraliser. Un soldat. Entrainé au combat. D’un calme effarant. Comme s’il avait fait ça toute sa vie. Comme s’il n’avait plus peur de rien. Pire, comme s’il aimait ça. Tu desserres ton emprise sur ses mains, caresses doucement ses bras nus tandis que tu te redresses. Tu poses tes mains sur ses hanches à découvert. Un pressentiment. Tes doigts rencontrent une boursouflure sur son flanc gauche. Une ancienne blessure, complètement cicatrisée, et ce depuis plusieurs années. « La lame a frôlé la rate. Un geste  intentionnel. Calculé. » Tu fais l’analyse de la blessure, tandis que des images défilent devant tes yeux. L’espace d’un battement de cils, tu perds le fil de la réalité. Tu plonges dans les méandres d’un souvenir oublié. Une chambre d’hôtel miteuse. Ta main ensanglantée, tenant un couteau planté dans le flanc d’un homme en chemise blanche. Le rouge déteint de plus en plus sur cette dernière. Et un sourire étire tes lèvres. Provocateur. Satisfait. Pas besoin de relever ton regard pour savoir à qui ce corps appartient. C’est lui. Cet homme. Et tu reviens dans la réalité. Dans cette salle de sport trop blanche. « C’est moi qui t’ai poignardé. » La sentence claque dans l’air. Pourquoi avoir cherché à le blesser ? Tu n’as pas voulu le tuer, tu l’as senti. T’as visé délibérément dans le flanc. Mais pourquoi ?     
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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Mer 29 Mar - 17:02

Elle fait volte face et vient prendre possession de mes lèvres. Un baiser court, mais intense. Baiser qui se termine par une phrase. J’avais donc raison, elle se s… Son poing m’atteint dans le ventre, me coupant le souffle. Je la lâche, me penchant un peu en avant. Elle m’assène un coup derrière le genou et je bascule en arrière, ne pouvant me défendre après son attaque surprise. Je grogne de douleur lorsque ma respiration revient. Mais elle me saute dessus et bloque mes mains au-dessus de ma tête, appuyant de tout son poids sur mon corps. Ses cheveux viennent chatouiller mon visage, et je croise son regard. J’aurais pu ressentir de la colère et de la haine après l’attaque, mais non. Je souris de toutes mes dents. Elle joue encore. Et le feu qui s’est allumée au creux de ses iris n’est pas sujet à discussion. Elle me dit qu’elle se souvient, et il ne fait aucun doute que c’est la vérité. Elle l’admets et je souris plus encore. J’ai l’habitude de prendre des coups. Et effectivement, elle sait frapper. Et de ce que je peux constater, on adore ça tout les deux… Elle finit par desserrer son emprise sur mes mains, mais je ne bouge pas. Je la laisse mener la danse pour quelques temps. Elle se redresse au-dessus de moi et caresse mes bras nus. Je frissonne un peu, sans la quitter des yeux. Elle finit par poser ses doigts sur mes hanches, non loin d’une de mes cicatrices que j’avais déjà remarqué. Elle y passe et prend la parole. Elle décrit la blessure, et effectivement, elle a raison. Je fronce les sourcils. Elle a l’air ailleurs, tout à coup. Plus du tout avec moi, dans cette pièce.

Et finalement, elle revient à la réalité. Et sa voix résonne. C’est elle qui m’a poignardé. Quoi ? Mes yeux s’écarquillent et je la jauge. Elle a l’air sûre d’elle. Je…

Je bascule. Moi aussi, je perds la réalité. Je la vois. Dans un autre contexte, dans un autre endroit. Dans un passé lointain. Plusieurs années, j’imagine, comme elle a décrit la blessure. Je baisse les yeux, dans mon souvenir. Parce que s’en est un, j’en suis sûr. Le premier depuis que je suis arrivé ici. Je me rappelle avoir regardé la plaie. Être tombé à genou. Je me souviens de la douleur et… De mon sourire ? J’ai souri à ce moment là. Comme si ça m’était égal. Je l’ai ensuite fixé. Je me suis redressé. J’ai tiré mon arme de ma ceinture. Un Glock. Je me souviens de cette arme. De son nom. Et j’ai tiré. Et ensuite…

Je reviens à la réalité à mon tour. Dans la salle de sport. Le blanc contraste avec mon souvenir. Ca se passait dans une chambre d’hôtel. Crasseuse, miteuse. Je reviens sur le visage de la jeune femme. Je fixe son épaule.

“- Oui, tu m’as poignardé. Et je t’ai rendu le coup.

Ma main droite se lève et vient effleurer son épaule. Je sens une cicatrice au niveau de ses deltoïdes. Ici. Je la caresse délicatement avant de reprendre la parole.

“- J’ai tiré. La balle a frôlé ton épaule. Elle a fendu ta peau. Le sang a coulé. Comme le mien quelques secondes auparavant. Je ne me souviens pas pourquoi. Mais je me rappelle, maintenant, de ce qui s’est passé ensuite.

Mon regard se teinte d’un désir que je ne peux, que je ne veux, réprouver. Je me redresse sur mes coudes, continuant de la fixer. Ma main quitte son épaule et vient glisser jusqu’à sa gorge. Jusqu’à sa nuque. Je me relève plus encore, me retrouvant assis contre elle. Mon torse contre sa poitrine. Mon désir brûle au niveau de mon bas ventre. Elle le sent, je le sais. Je l’attire contre moi sans dire un mot de plus, et mes lèvres prennent possession des siennes. Brutalement, sauvagement. Sans que je ne puisse le contrôler. Mon corps ondule légèrement contre le sien. Oui. c’est ça. Je goûte à ses lèvres, encore et encore. Nos langues s’entremêlent. Le baiser dure encore quelques secondes avant que nos visages se séparent et mon regard ne cesse de fixer le sien. Je m’y perds. Ma voix est grave, rauque. Elle frémit presque alors que je prononce les mots suivants.

“- Après, nous avons fait ça… Dans le sang et la passion. Intense.


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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Mer 5 Avr - 18:06

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Tu l’as poignardé. T’as blessé quelqu’un. Et le pire, c’est que t’as aimé ça. C’était un jeu, pour toi. Comme le jeu auquel tu joues avec lui depuis que t’es entrée dans cette salle de sport. T’aimes te battre. T’aimes donner des coups. T’aimes blesser. Avoir du sang sur tes mains. Est-ce que t’as déjà tué quelqu’un ? À en juger par ce souvenir, tu te doutes de la réponse. T’es un monstre. T’étais pas une bonne personne. Ou du moins c’est l’impression que t’as de toi, tandis que tu analyses ce qui vient de défiler devant tes yeux. T’es un putain de monstre. Tu les redoutais, tes souvenirs. Parce que tu savais, au fond de toi. T’avais déjà pressenti qu’il y avait quelque chose qui clochait chez toi. Que t’étais pas comme tous ces autres moutons. Au début, t’avais mis ça sur un caractère volcanique et une âme solitaire. Et puis il y avait eu ces réflexes. Cette idée saugrenue de forcément neutraliser tes adversaires, quand bien même ils ne te voulaient aucun mal. Et puis il y avait eu lui. Cet homme. Qui avait fait ressortir toute la partie sombre qui sommeillait en toi. Il t’avait fait découvrir ton goût pour le sang. Pour le combat. T’étais tellement en harmonie avec ton ancien toi et avec lui que t’en avais eu ce souvenir. Ce putain de souvenir que t’arrives toujours pas à assimiler. Tu l’as délibérément blessé. Tu lui as planté ce poignard dans le flan avec une précision que seules les personnes expérimentées peuvent faire. C’était pas ton premier coup. Et certainement pas ton dernier. Mais putain, t’étais qui, avant ?

T’es dissipée. Tu peines à te reconnecter à la réalité. T’es paumée entre tes souvenirs et lui. Oscillant entre deux feux. Tu fais même pas gaffe que lui non plus, il est plus vraiment dans cette salle de sport. Tu t’en rends compte lorsqu’il te touche l’épaule. Lorsque doucement il fait glisser le coin de ton tee-shirt pour dénuder ton épaule. Il caresse une de tes cicatrices, comme toi tu viens de le faire avec lui. Et il murmure qu’il t’a tiré dessus. Que la balle t’a frôlée. Tu penches ton regard vers ladite cicatrice. Ainsi, c’est ça, son histoire à elle. Une balle. Tu t’es longtemps questionnée sur les causes de toutes les cicatrices qui parcourent ton corps. Ça te fait bizarre, d’avoir à présent une des réponses. D’avoir une des histoires. Tu t’en souviens pas, de ce moment. Mais tu le crois sur parole. Après tout, il était dans la pièce avec toi. En tout cas, si toi t’es quelque peu paumée, lui, au contraire, il est totalement raccord avec lui-même. Comme si ça le choquait pas le moins du monde de se rendre compte que vous aviez failli vous tuer l’un l’autre et qu’en plus, c’était pour jouer. Un espèce de jeu sado-maso. Tu fronces les sourcils à cette pensée. Et puis tu comprends. Tu comprends que ce qui te choque, c’est pas ce que t’as fait. Ce qui te choque, c’est ce que t’as ressenti. Et ce que tu ressens au plus profond de toi. Du plaisir. Du désir. L’envie de recommencer. De lui faire mal. D’avoir mal. De sentir le sang parsemer tes mains. Ce qui semblait être du déni vole en éclat. Tandis que tu ouvres les yeux. T’étais un monstre. Et t’en es encore un aujourd’hui. Et t’as pas à en avoir peur. Parce que c’est ce que tu es. Ça a et ça fera toujours parti de toi. Quand bien même tu voudrais prouver le contraire, tu ferais que te leurrer. T’as pas le choix, faut que t’acceptes. Faut que t’embrasses le démon qui vit en toi. Et c’est ce que tu choisis de faire.

    
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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Mar 11 Avr - 13:50


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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Ven 14 Avr - 17:23

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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Jeu 29 Juin - 17:57


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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Jeu 20 Juil - 9:56

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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Jeu 17 Aoû - 1:17



Mes lèvres se joignent aux siennes alors que je l’enlace, pour un long baiser qui témoigne de l’intensité de ce qui vient de se passer. Je viens chercher sa langue, une de mes mains caresse son dos, l’autre effleure ses hanches, ses courbes. Et quand nos lèvres se séparent, un seul mot me vient et je le lui murmure au creux de l’oreille.

“- Merci…

Malheureusement, je ne peux pas lui rendre le cadeau qu’elle m’a fait. Je me souviens de la chambre d’hôtel, je me souviens de son corps, je me souviens de la blessure, je me souviens de l’importance que cette femme a eu dans ma vie à un moment donné. Mais son prénom ne me revient pas. Pour ça, je me sens obligé d’ajouter.

“- Et désolé… Je ne me souviens pas du tien. Pas encore…

Je romps le contact entre nos regards, avant de me mordiller la lèvre en relevant la tête pour la fixer de nouveau. Un petit sourire s’affiche sur mon visage.

“- Mais ça reviendra. Un jour. Tu as été trop importante pour qu’il en soit autrement.

Je reste tout contre elle, profitant du contact entre nos peaux nues encore chaudes de notre ébat tumultueux. Je rechigne à m’éloigner, parce que je veux profiter de ce moment. De mes premiers souvenirs de ce passé oublié mais profondément ancré quelque part au fond de ma tête. Un passé qui n’est, à première vue, pas glorieux. Mais qui a fait de moi ce que je suis, même en l’ayant complètement occulté pour ne plus me rappeler. Je secoue la tête lentement avant de rire sans pouvoir m’en empêcher.

La magie est toujours là, mais mon esprit taquin - et ma connerie - reprennent un peu le dessus. Je lui adresse un regard entendu, avant de balancer une phrase ironique, juste pour le faire rire.

“- Alors, heureuse ?

Je pars d’un rire un peu plus franc avant de me reculer d’un pas en lui volant un dernier baiser, vestige d’un plaisir inouï. Puis, je tourne les talons pour aller récupérer nos fringues et lui tendre les siennes, alors que je me rhabille rapidement. Maintenant que la chaleur s’est évanouie, le froid a pris le dessus et je ne sais pas encore s’il est possible d’être malade dans la Ruche. Et je préfère pas le découvrir. Souriant en me redressant après avoir remis mon pantalon, je regarde la jeune femme.

“- Si jamais t’as des moments de solitude, j’suis dans la 603. J’ai des colocs, mais honnêtement, j’en ai pas grand chose à foutre, et quelque chose me dit que ça te dérange pas non plus.

Je fixe ensuite le miroir et le sol, avant d’éclater de rire.

“- Ils ont intérêt à nettoyer après notre départ, parce que les prochains à entrer ici vont être surpris dans le cas contraire…

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MessageSujet: Re: Le chat et la souris [ F02-222 ]   Mer 23 Aoû - 4:45

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Toutes les bonnes choses ont une fin, malheureusement. Mais il n’en reste pas moins que t’as profité. Que t’as savouré. Et que t’as qu’une envie, maintenant que c’est terminé, c’est d’y goûter à nouveau. Ça t’a fait du bien, tout ça. Ça t’a permis de t’évader, ne serait-ce qu’un instant. De ne plus te sentir oppressée dans cette Ruche, mais loin, très loin d’ici. Avec lui. Myron. Tu ne sais toujours pas comment ça se fait que tu t’es souvenu de son prénom, là maintenant, comme ça, d’un battement de cils. Mais tu t’en fiches. L’importance, c’est que tu t’en souviennes. Que ça te soit revenu. Et que lui, à présent, le sache aussi. T’as un sourire franc et doux qui s’agrandit lorsque tu lis toute la gratitude dans son regard. T’es contente d’avoir pu l’aider. D’avoir réussi à lever un voile sur qui il est. « Au plaisir. » que tu lui glisses avec malice tandis qu’il te remercie. En rien tu ne regrettes tout ce que vous venez de vivre. T’as appris que t’aimais la danse. Tu t’es rappelée cette chambre d’hôtel miteuse, avec lui. Et puis tu t’es souvenue de son prénom. Ça fait beaucoup de nouvelles choses à assimiler. Mais ça fait du bien. Ça vous fait du bien. Parce que ça vous donne l’espoir que toute cette amnésie n’est que provisoire, et qu’il est possible, morceau par morceau, de refaire le puzzle pour ensuite renouer avec vos anciens vous.

Les baisers et les caresses s’enchainent, bien qu’elles aient de plus en plus le goût d’un plaisir terminé. D’une saveur qui bientôt sera oubliée. Tu frissonnes quand ses doigts frôlent ton corps. Quand vos lèvres s’unissent une dernière fois. Lorsqu’il se détache de toi, tu pousses un petit soupir. Toutes les bonnes choses ont une fin, oui. C’est pour ça qu’on apprend d’autant plus à les apprécier lorsqu’elles pointent le bout de leur nez. Il s’excuse de ne pas se souvenir de ton prénom, et tu te contentes en retour d’hausser les épaules avec un petit sourire. « C’est pas grave. » Et c’est vrai que ça ne l’est pas. Ce n’est qu’un prénom. Au final, ce n’est pas grand-chose. T’as appris bien des choses aujourd’hui. T’as touché du bout des doigts ton ancien toi. Et ça, même sans connaitre ton prénom. Cette journée est quand même une sacrée victoire et remplie de nombreuses découvertes, alors non, c’est vraiment pas grave si il ne s’en souvient pas. Il te dit que ça reviendra, et ça, t’en es persuadée. Ce qu’il ajoute t’en ferait presque rougir tant c’est adorable. T’as compté pour lui. T’étais importante. Des paroles qui te touchent et qui te font coller une nouvelle fois tes lèvres contre les siennes. Pour le remercier. Vos corps se mêlent une nouvelle fois l’un contre l’autre, tandis que tu poses ton menton contre son épaule. Une dernière étreinte. Dans un soupir lasse, tu le laisses rompre le contact et aller chercher vos vêtements.

T’en serais presque triste, que tout ça soit terminé. Qu’il faut vous séparer et retourner dans vos appartements. Parce que t’en as clairement pas envie, mais t’as pas vraiment le choix. Tu t’habilles en y mettant peu de volonté, tandis qu’il reprend la parole pour te demander si t’es heureuse. Sa bonne humeur est finalement communicative, car te voilà qui te met à sourire « Très heureuse. » Tout en mêlant ton rire au sien. Une fois habillée, tu vas dans sa direction tandis qu’il t’invite à le retrouver de temps en temps dans sa chambre. La 603. Tu ris de nouveau quand il te parle de ses colocs. « Qui sait, peut-être qu’ils voudront participer aussi ! » T’es pas contre l’idée d’être plusieurs. Ça pimenterait un peu. Bref. T’entremêles tes doigts aux siens une dernière fois tandis que ton regard se porte vers le miroir. « Je ne verrai plus jamais ce miroir de la même manière… » Tu poses ton regard vers Myron avant de claquer tes lèvres contre sa joue « Merci pour tout. » tout en lui murmurant ces quelques mots à son oreille. Tu lâches ensuite ses mains pour partir en direction de la sortie, tournoyant sur toi-même pour le regarder une dernière fois. « À la prochaine ! » Un grand sourire accompagne tes paroles tandis que tu lui fais un signe de la main. Tu disparais ensuite dans les escaliers, direction la douche bien méritée.
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Courir. Courir toujours. Sans s'arrêter. Fuir. Fuir ce putain de passé qui nous colle à la peau, nous pourri notre journée, notre avenir, tout ce qu'on pourrait envisager d'être, de devenir, nous empêche de changer. Sombres. Sombres Pensées. Sombres Cœurs. Sombres Passés.


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